UNE AUGMENTATION DE L’EFFECTIF A 18.716 AGENTS ENTRE 2013 ET 2022
La Fonction publique locale a connu une augmentation de plus de 100% de son effectif entre la période 2013 et 2022, passant de 9308 à 18.716 agents, selon diagnostic effectué par le Centre national de la Fonction publique locale et de la Formation (CNFPLF

La Fonction publique locale a connu une augmentation de plus de 100% de son effectif entre la période 2013 et 2022, passant de 9308 à 18.716 agents. C’est ce qui ressort du diagnostic effectué par le Centre national de la Fonction publique locale et de la Formation (CNFPLF) dont les résultats ont été restitués hier, mardi 25 mars 2025, lors d’un atelier présidé par le ministre de l'Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l'Aménagement des territoires. Les résultats de l’étude-diagnostic ont également révélé un taux d’administration faible au niveau national.
En vue de mieux cerner les caractéristiques et les particularités de la Fonction publique locale et dresser les problématiques liées à la formation des agents, l'Etat du Sénégal, avec le soutien de l’ambassadeur de France, a initié un diagnostic de la Fonction publique locale. Sous la conduite du Centre national de la Fonction publique locale et de la Formation (CNFPLF), ce diagnostic, articulé autour de quatre objectifs notamment l’évolution des effectifs, du taux d’administration, de la structure des effectifs par statut…, a révélé une augmentation des effectifs de plus 100% entre 2013 et 2022. Donc, de 9308 en 2013 la Fonction publique locale est passée à 18.716 agents en 2022, contrairement à la Fonction publique d’Etat qui a connu une évolution de moins de 75% pendant cette même période. Les résultats de cette étude diagnostic ont également fait état d’un faible taux d’administrations des Collectivités territoriales au niveau national. Le taux d’administration étant le nombre d’agents sur 1000 habitants, au Sénégal, ce taux dans les Collectivités territoriales varie entre 0,39 et 2,15 agents. Pendant ce temps, ce taux d’administration est autour de 14% dans les pays développés.
INÉGALITÉS DANS LA RÉPARTITION, LA STRUCTURATION DES EFFECTIFS ET LA MASSE SALARIALE
L’étude-diagnostic s’est aussi intéressée à l’inégalité dans la répartition de ces effectifs sur l’étendue du territoire, où la région de Dakar concentre le plus grand nombre d’effectifs des Collectivités territoriale et la région de Kédougou vient en dernière position
En ce qui concerne la structuration de ces effectifs dans les Collectivités territoriales, l’étude a constaté une Fonction publique locale assez atypique où il y a seulement 6% de fonctionnaire pour 41% d’agents non fonctionnaires, 37% de contractuels et 16% pour les autres types d’agents, comparé à la Fonction publique d’Etat où la structuration est de 80% de fonctionnaires et moins de 20% d’agents non fonctionnaires. La répartition de ces effectifs par Collectivité territoriale montre que 72% des agents des Collectivités territoriales travaillent dans les communes, 9% dans les Conseils départementaux (CD) et 19% dans les villes. Pour ce qui est du ratio de la masse salariale par rapport au budget de fonctionnement des Collectivités territoriales, le diagnostic note, au niveau des communes, un ratio de 22% du budget de fonctionnement. Pour les Conseils départementaux, ce ratio est de 44% ; alors que pour les villes, il est autour de 29%. Ce qui porte aux alentours de 25%, selon l’étude, le ratio plus le budget de fonctionnement dans les Collectivités territoriales, avec un salaire moyen mensuel de 164.861 FCFA. Au-delà de ces indicateurs cidessus, le diagnostic s’est également intéressé aux dispositifs de gouvernance des agents des Collectivités territoriales. A ce titre, il a été décelé que seuls 19% des Collectivités territoriales disposaient d’un personnel dédié à la fonction GHR dans les collectivités.
POUR L’ACTUALISATION DU STATUT DE LA FONCTION PUBLIQUE LOCALE ET L’AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
A l’issue de cette étude-diagnostic, plusieurs recommandations ont été formulées afin de corriger certaines anomalies. L’une des recommandations formulées par la mission du Centre national de la Fonction publique locale et de la Formation, c’est l’actualisation du Statut de la Fonction publique locale et l’amélioration des conditions de gestion des ressources humaines. Tout en saluant l’initiative politique de mettre en place une Fonction publique locale, la mission du CNFPLF estime que si derrière on ne met pas en place un statut qui épouse les spécificités des Collectivités territoriales, ça ne servira pas à grande chose. En outre, le CNFPLF préconise le renforcement de la professionnalisation des emplois par les Collectivités territoriales. Il en veut pour preuve l’inadéquation entre la nomenclature des corps de fonctionnaires et les métiers territoriaux. La mission a également recommandé de garantir l’accès équitable à des services du Centre national de la Fonction publique locale aux Collectivités territoriales…
L’ACTE 4 DE LA DÉCENTRALISATION EN VUE
Présent lors de cet atelier de restitution des résultats du diagnostic, le ministre Balla Moussa Fofana a salué l’initiative. Selon le ministre des Collectivités territoriales, ce «diagnostic vient en son heure parce qu’il nous permet, à partir de maintenant, de pouvoir définir une feuille de route, de lancer les grandes concertations et de pouvoir mettre les résultats de nos travaux dans la grande réforme que nous préparons, qui est l’Acte 4 de la Décentralisation.»