UN BONHEUR ÉTOUFFÉ DANS L’ŒUF
L’annonce d’une grossesse est souvent source de bonheur chez les futures mamans. Mais elle ne se passe pas toujours comme prévu

L’annonce d’une grossesse est souvent source de bonheur chez les futures mamans. Mais elle ne se passe pas toujours comme prévu. Des complications peuvent pointer le bout de leur nez comme c’est le cas dans une grossesse extra-utérine (Geu) où l’ovule fécondé s’implante dans les tissus à l’extérieur de l’utérus menaçant le fœtus et la santé de la mère.
Khady Mbengue a fait deux grossesses extra-utérines sur les deux trompes de Fallope. Elle a subi une première intervention en 2017 et une autre en début d’année 2022. C’est en 2017 qu’elle va entendre le terme de Geu pour la première fois. En effet, ce qu’elle considère être comme une première grossesse ne va pas se passer comme prévu. Après un retard de règles de sept jours, Khady se rend à l’hôpital. Le test revient positif. Un début de grossesse qui va se passer sans accroche. Mais c’est à dix semaines que la femme au foyer ressent de petites douleurs. Au bout de quelques jours, la douleur s’intensifie et s’accompagne de petits saignements. Après consultation, la sage-femme lui demande de faire une échographie d’urgence pour vérification. « Le gynécologue me confirme que c’était une Geu. C’était la première fois que j’entendais ce terme », lâche-t-elle plongée dans ses souvenirs.
«Je n’étais pas au bout de mes peines car je devais me faire opérer d’urgence », poursuit celle qui se languissait de devenir mère pour la première fois. Khady Mbengue va subir une ablation de la trompe. Cette douloureuse épreuve ne va pas l’empêcher de retomber enceinte en début 2022. « J’avais fait un malaise et j’ai eu la confirmation de la grossesse. Cependant il était très tôt pour faire une échographie », se remémore-t-elle. La trentenaire reprend alors ses activités. Au bout de quelques jours, elle commence à avoir de petits saignements. Ce qui n’est pas alarmant selon la sage-femme. Méfiante, Khady décide de se faire consulter par un gynéco. « Je n’avais pas l’esprit tranquille. Après consultation, j’avais encore une Geu sur la trompe droite », dit-elle avec une pointe d’amertume. Rebelote ! La jeune femme va se faire opérer à nouveau et va s’ensuivre une ablation de la trompe. « On m’a dit que je ne pourrais plus contracter une grossesse », se souvient-elle peinée. Khady Mbengue a défié les diagnostics et est devenue la maman de deux petites filles. « J’ai beaucoup appris et ça m’a permis de raffermir ma foi », dit-elle guillerette.
Entre douleurs et incompréhensions
Alimatou Niang a à peine eu le temps de savourer la nouvelle de sa grossesse. Entre l’annonce et son opération d’urgence, tout s’est enchaîné très vite. « Je n’étais pas au courant. J’étais sous stérilet et après de fortes douleurs, je suis allée aux urgences où j’ai découvert que j’étais enceinte », dit-elle revenant sur ce jour fatidique. Après une échographie, ils ont vu qu’il y a une hémorragie et la femme de 43 ans a perdu beaucoup de sang. « J’ai dû être opérée d’urgence et on m’a retiré une trompe », se souvient-elle d’un air triste. En bon croyante, la mère de deux enfants finit par encaisser le coup grâce au soutien de son époux.
L’histoire de Coumba Sène ressemble à quelques détails près à celle de Alimatou. La femme de 31 ans a su son état 30 min avant de passer sur le billard pour interrompre la grossesse. Coumba a été alertée par des maux de ventre et des saignements qu’elle met sur le compte de règles douloureuses. Mais cette dernière finit par se rendre à l’hôpital. « Je ne comprenais pas vraiment ce qui m’arrivait. Tout était nouveau pour moi », avoue-t-elle. Cette dernière prit peur sur le coup. « J’étais terrifiée à l’idée de ne plus revoir les siens », confie la trentenaire. Après l’intervention, on lui annonce qu’elle a perdu une trompe. Depuis cette mésaventure, Coumba Sène révèle avoir peur de refaire une autre Geu. En convalescence depuis un mois, elle espère retomber enceinte au plus vite.
« Je suis en quête de bébé depuis 8 ans »
Agnès Ndour a déjà eu la chance de connaître les joies de la maternité. Cette dernière est la maman d’un petit garçon né en 2015.Après cet heureux évènement, elle décide de ne prendre aucun moyen de contraception. Mais au bout d’un an, Agnès commence à s’inquiéter de ne pas tomber enceinte. « Je l’ai mis sur le compte de l’allaitement exclusif que je pratiquais. Par ailleurs, j’ai fait des consultations chez le gynéco mais rien à signaler», dit-elle peinée. Durant six ans, la mère de famille n’arrive toujours pas à tomber enceinte. « Rien ne m’empêchait de contracter une grossesse et il n’y avait rien à signaler également du côté de mon mari », explique Agnès. C’est finalement en fin janvier 2020, après examens, analyses, échographies qu’elle finit par tomber enceinte. «J’étais aux anges et j’avais hâte de revivre à nouveau l’expérience de la grossesse», avoue-t-elle. Mais deux jours après, un samedi, la jeune femme commence à se plaindre de légers maux de ventre.
« C’est à l’hôpital que j’ai appris pour ma grossesse extra-utérine. C’était tout nouveau pour moi et je ne pouvais m’arrêter de pleurer », confie-t-elle. Agnès avoue avoir pleuré ces années passées à espérer un nouveau bébé. «J’ai subi une intervention en urgence. Durant l’opération, j’ai eu un début d’hémorragie. J’ai cru que j’allais y laisser ma vie», dit-elle revenant sur cet épisode. Agnès révèle avoir beaucoup souffert après cette intervention. Elle en ressort avec une ablation de la trompe et l’ovaire gauche. Une dépression s’ensuivit «Mes proches me réconfortaient en me disant que j’avais au moins un fils. Mais ils ne comprenaient pas ma détresse », dit-elle d’un air triste. En dépit de sa Geu, la femme de 34 ans tente de retomber enceinte. « Je suis en quête de bébé depuis 8 ans. Je suis un traitement», informe-t-elle. Cette dernière confie aimer avoir plus tôt des informations sur la grossesse extra-utérine.