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6 avril 2025
International
PAR Djibril Ndiogou Mbaye
GAZA : SILENCE, ON TUE UN PEUPLE
EXCLUSIF SENEPLUS - Alors qu’on avait déjà dit « plus jamais ça ! », voilà que l’histoire a le hoquet. Elle s’étouffe en même temps que le peuple de Palestine, qui se meurt pendant que le reste du monde continue de vaquer à ses petites occupations
Elle est au paradis Firdaws* aussi, avec mes trois Sœurs ! Répondit Yanis, en sanglots, le visage méconnaissable de brûlures et de cendres, balafré d’une raie de sang qui va de la tête à son maillot rougit, au dossard de Cristiano Ronaldo.
Tel est le dialogue surréaliste entre un secouriste et un enfant de 4 ans errant dans les ruines d’une rue où il fait nuit à midi, qui vient d’être rasée par une MK-84, cette redoutable bombe fournie à Tsahal par les USA .
Cette scène se passe à Khan Younés, dans les territoires occupés, au sud de la bande de Gaza. Bienvenue en Palestine !
Ce petit territoire coincé entre Israël, l’Égypte et cette mer que les habitants auraient aimé pouvoir fendre comme Moïse, pour échapper à une mort planifiée par l’Etat hébreu. Un territoire où tous les jours, depuis le 7 octobre 2023, on massacre des civils, des femmes et des enfants, illustres innocents, dans le déni le plus absolu de leur droit premier à la vie. A cela s’ajoute la complicité impudique des USA qui fournissent les munitions et les condamnations timides des autres puissances occidentales.
C’est un génocide dans ce premier quart du XXIe siècle , c’est juste scandaleux !
Dans un contexte où l’information circule sur des « autoroutes » plus rapides que la vitesse de l’éclair, personne ne pourra dire « je ne savais pas ».
Il est quand même ahurissantd’avoir un État-électron-libre, assit sur le droit international et les mille et une résolutions des nations unies et qui continue encore à y siéger et à y avoir droit à la parole. On marche sur la tête.
L’ONU et toutes ces juridictions à vocation internationale, osent-elles encore parler de justice, d’équité et de démocratie ?
Pourront-ellesdemain arrêter et juger des criminels de guerre autres que les responsables de ce qui semble être une extermination planifiée ?
Ces juridictions, qui ne sont destinées qu’aux dirigeants du tiers monde ont perdu toute légitimité et toute crédibilité.
En effet, si une juridiction perd son autorité et son indépendance et est tributaire de lobbyistes et de commandes politiques contraires à tous les principes fondamentaux de justice et d’équité, elle perd incidemment le respect et la confiance des justiciables.
Aujourd’hui, la Cour internationale de justice est réduite à une instance qui enregistre des plaintes hautement recevables mais qui a du mal à instruire sereinement et à émettre des mandats d’arrêt, même de principe, contre Israël.
Les demandes de mandats d’arrêts contre des autorités israéliennes et du Hamas, le 20 mai 2024, par le procureur de la CPI Karim Khan, auraient dû être traitées depuis longtemps. Mais les magistrats font preuve d’un laxisme volontaire parce que se sentant piégés par les faits incontestables et qualifiés. Des faits juridiquement irréfutables, dans un génocide à ciel ouvert, retransmis par les réseaux sociaux et par toutes les télévisions du monde en prime time.
Aujourd’hui, Gaza est un grand Auschwitz, Rahfa un Vel-d’hiv (vélodrome d’hiver) et ce qui s’y déroule, une Shoa en plein XXI ème siècle.
Alors qu’on avait déjà dit « plus jamais ça ! », voilà que l’histoire a le hoquet. Elle s’étouffe en même temps que le peuple de Palestine, qui se meurt pendant que le reste du monde continue de vaquer à ses petites occupations quotidiennes.
Il est plus que temps pour l’Humanité, s’il lui reste une once d’humanisme, de se lever, de concert, pour s’indigner. Parce que le « nettoyage ethnique » est en train de s’installer dans la routine. Et c’est le plus inacceptable, car la routine a ce don macabre de pouvoir inscrire, à courte échéance, les crimes les plus odieux, dans le registre de la normalité.
La Palestine se meurt à grands feux et Nétanyahu s’en délecte. Mais il serait illusoire pour lui de penser sortir vainqueur de cette confrontation.
Aucune nation, aussi puissante soit-elle, ne peut s’opposer à la détermination d’un peuple, aussi faible soit-il.
En tuant pères et mères, Israël fait des enfants rescapés de l’enfer terrestre de Gaza, de redoutables futures combattants, parés à réitérer mille fois l’ignominie du 7 octobre 2023.
Rien ne semble pouvoir arrêter l’indécence et le ridicule. Tantôt ce sont des images des « partys» avec disc-jockeys, organisées par des militaires de Tsahal, les soirs de massacres, en live sur les réseaux sociaux . Tantôt c’est la publicité d’un sinistre promoteur immobilier sioniste, esquissant les contours en 3D d’une future ville coloniale, au milieu des ruines d’une cité balnéaire gazaoui.
Le cynisme et la folie sont devenus les choses les mieux partagées dans cet écosystème de la violence que la raison semble avoir déserté. Et où la violence et la barbarie se sont définitivement affranchies de toute limite.
En plus d’avoir perdu la guerre de l’opinion internationale, Israël s’est mis à dos les milieux intellectuels. Ainsi, après les grandes universités américaines comme Harvard, science Po Paris, certains lycéens et « la rue» des grandes villes françaises portent la lutte de libération de la Palestine. Tous demandent l’arrêt de cette agression à la justification fallacieuse et dévoyée.
Le cercle des États soutiens de la plainte devant la Cour internationale de justice ne cesse de s’élargir . En atteste la récente adhésion du Sénégal à ce cercle de l’honneur qui garde encore allumées les cierges de l’indignation et de l’espoir de cet autre peuple de Dieu .
La Palestine mérite l’indignation et l’attention de la terre toute entière, car l’histoire de l’Humanité y est en train d’être écrite avec le sang encore frais des femmes et des enfants palestiniens.
Un missile tomahawk vient de s’abattre sur un immeuble du centre de Rafah, la grande ville du Sud de Gaza, Les secours sont déjà sur les décombres encore fumants, à la recherche d’âmes qui vivent. Parmi eux, un petit garçon de cinq ans fouille à mains nues les tonnes de débris. Sa détermination est incroyable: c’est Yanis. Il est déjà un homme. À quelques mètres de lui, une petite fille en pleurs, s’époumone en demandant avec insistance à sa mère déjà morte :
Maman, je veux mes jambes !où sont mes jambes...!
Elle mourra à son tour quelques minutes plus tard.
Que Dieu protège le peuple de Palestine !
* Niveau le plus élevé du paradis.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana Bathily
CANAL+, OPA SUR L’AFRIQUE
EXCLUSIF SENEPLUS - Derrière les programmes alléchants se cache un projet politique controversé, aux relents de néo-colonialisme culturel et idéologique. « Qui te prête ses yeux, t’indique où et quoi regarder »
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 29/06/2024
Canal + est une entreprise française de télévision à péage, diffuseur de chaines de radio et de télévision par satellite qui donne accès à plus de 400 télévisions et de radios en Afrique francophone, des chaînes publiques nationales aux chaines locales privées, édite 40 chaînes spécifiques et produit 4000 heures par an de contenus et programmes.
L’entreprise diffuse ainsi en plus des programmes des télévisions et des radios publiques et privées des pays africains couverts, ceux des principales radios et télévisions publiques et privées françaises, dont CNews qui appartient au groupe Bolloré.
Elle diffuse également ses propres productions de cinéma et de divertissement, assure la retransmission des principaux événements sportifs mondiaux de sport et notamment les matchs des principaux championnats de football européens, projette quotidiennement des films français, américains et européens, diverses émissions des chaines françaises et divers programmes de jeunesse.
Elle diffuse aussi des films et séries africains notamment nigérians sur Nollywood TV et ivoiriens de A+ Ivoire, des chaines « dédiées », notamment Maboke TV, une chaîne en lingala et la chaine éducative Nathan TV présentée comme la « 1ère chaîne éducative en langue française » en Afrique francophone.
Canal + Afrique a entrepris aussi de produire et de diffuser des films et des séries réalisés par des équipes africaines avec des acteurs africains sur des sujets liés à l’Afrique.
La chaine comptait déjà en 2022, 7.6 millions d’abonnés en Afrique soit plus d’un tiers de l’ensemble de ses clients en France et dans le monde. Au premier trimestre 2023, elle a enregistré 519 000 abonnés soit la progression la plus importante de l’ensemble de son réseau.
Vincent Bolloré, le « patron » français de Canal vient de lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le groupe sud-africain MultiChoice, l’autre opérateur africain de télévision à péage. Ce rachat lui permettra de s’étendre sur les pays anglophones et lusophones du continent, de l’Afrique du Sud au Nigeria, du Mozambique au Ghana et à l’Angola. Ce qui lui donnera une position de quasi-monopole sur l’ensemble du continent.
Une perte de souveraineté
Le rachat de MultiChoice par Canal+ consacrera la perte de souveraineté de l’Afrique sur le secteur stratégique de la distribution de la voix, des données et de l’image ainsi que la perte d’un marché lucratif et d’avenir.
Pourtant dès l’apparition de la technologie au milieu des années 1990, des entreprises africaines, comme EXCAF au Sénégal, s’étaient lancées et avaient rapidement commencé à s’imposer sur le marché.
Les États africains auraient pu en faire des champions nationaux. Au lieu de cela, on a laissé Canal+ prospérer quand on ne l’a pas favorisé.
Canal+ est une menace pour l’Afrique
Canal+ représente une menace pour l’Afrique parce que Vincent Bolloré, est un patron de presse qui met ses médias au service de son projet politique d’extrême droite.
Propriétaire en France de nombreux journaux, de radios et de de télévisions dont Le Journal du Dimanche, Itele, Europe 1, Paris Match et CNews, Bolloré est désigné comme un des principaux responsables de la montée de l’extrême droite en France.
On sait comment il a fait, depuis plusieurs années, de ses médias des soutiens des partis politiques de droite et d’extrême droite, du LR de Nicolas Sarkozy hier au Font National aujourd’hui, sans aucune considération des règles d’éthique professionnelle des journalistes.
Il est considéré comme l’un des principaux responsables de la récente victoire électorale de l’extrême droite en France.
« Là où Bolloré passe, le journalisme trépasse. C’est un ogre qui digère les médias et les transforme en organes d’opinion », disait Christophe Deloire, le défunt secrétaire général de Reporters Sans Frontière.
Canal+ est aussi une menace parce que son patron qui intervient en Afrique depuis plus de vingt ans dans divers domaines s’est révélé peu soucieux des intérêts des Africains et du respect d’un minimum de règles sociales entrepreneuriales.
Il avait auparavant été accusé d’activités illicites en relation avec ses entreprises de logistique portuaires et de chemins de fer en Guinée, au Bénin, au Cameroun et au Niger notamment.
Comme le dit si bien l’adage wolof : « qui te prête ses yeux, t’indique où et quoi regarder ».
Canal+ permet certes aujourd’hui aux radios et télévisions africaines de s’adresser à tous les publics par-delà les frontières et permet la diffusion, souvent en direct à travers l’Afrique, des événements sportifs et culturels africains et internationaux comme la Coupe d’Afrique des Nations de Football, l’Africa Basketball League et les Jeux Olympiques.
Les championnats européens de football et les compétitions internationales d’athlétisme sont vécus en direct et avec une excellente qualité de réception à travers tout le contient.
Mais dans le même temps, les innombrables « émissions jeunesse » déversent à longueur de journée à l’intention de nos enfants, qui en raffolent à cause de leur qualité technique, des émissions venues d’ailleurs (de l’Europe et des USA) dont personne ne connait l’impact sur leurs jeunes cerveaux.
La propagande LGBTQ+ suinte insidieusement : ainsi en ce moment même une des chaines du bouquet diffuse un festival Gay Pride.
Le suprémacisme blanc est diffusé en prime time et « en clair » notamment par CNews de M. Bolloré et par I24, une chaine pro Israélienne déclarée en français qui en ce moment soutien éhontément le gouvernement israélien dans son génocide du peuple palestinien de Gaza.
Bolloré et Canal+, c’est la France Afrique 2.0
Quand on sait que la France est engagée avec l’Europe et l’Occident tout entier dans une offensive de reconquête économique et culturelle de l’Afrique, on apprécie le rôle que la chaine de M. Bolloré, Canal, jouera de plus en plus ouvertement. Canal+ est un instrument de contrôle mental, émotionnel, psychologique et esthétique. Un outil de domination autrement plus efficace que les méthodes violentes de répression et de subversion d’antan.
Il joue sur le plan culturel le rôle que le FCFA joue sur le plan monétaire et économique. En fait, Canal+, c’est la France Afrique 2.0. Il faut l’arrêter !
Par une réglementation appropriée avec un cahier de charges spécifique donnant lieu au paiement de redevances conséquentes à défaut d’une interdiction pure et simple. Pendant qu’il est encore temps !
MAROC, DÉCÈS DE LA PRINCESSE LALLA LATIFA, MÈRE DU ROI MOUHAMED VI
La princesse Lalla Latifa, née Latifa Amahzoune, est devenue princesse au moment d’épouser le roi Hassan II, le 9 novembre 1961.
Le porte-parole du palais royal marocain a annoncé, samedi, le décès survenu le même jour de la princesse Lalla Latifa, mère du roi Mouhamed VI, a-t-on appris de la MAP, l’agence de presse officielle du Maroc.
“Le porte-parole du Palais Royal annonce avec une immense tristesse et une profonde affliction, le décès de SAR la Princesse Lalla Latifa, que Dieu l’ait en Sa Sainte miséricorde, ce samedi 29 juin 2024, épouse de feu Sa Majesté le Roi Hassan II, et mère de Sa Majesté le Roi Mohammed VI”, peut-on lire dans le texte.
La princesse Lalla Latifa, née Latifa Amahzoune, est devenue princesse au moment d’épouser le roi Hassan II, le 9 novembre 1961.
Avec le roi Hassan II décédé en juillet 1999, elle aura cinq enfants : les princesses Lalla Meryem, Lalla Asmaa, Lalla Hasnaa, le prince Moulay Rachid et l’actuel roi du Maroc, Mohammed VI.
PRÉSIDENTIELLE MAURITANIENNE, UN TAUX DE PARTICIPATION DE 40 % À 17 HEURES
Les 4510 bureaux de vote où étaient attendus près de deux millions d’électeurs pour un choisir un président de la République ont commené à fermer à 19 heures
Nouakchott, 29 juin (APS) – Les 4510 bureaux de vote où étaient attendus près de deux millions d’électeurs pour un choisir un président de la République ont commené à fermer à 19 heures, alors que le taux de participation était de l’ordre de 40 % à 17 heures, selon la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
‘’La dernière mise à jour du taux provisoire de participation au niveau national a atteint 40 % à 17 heures’’, a notamment déclaré Mohamed Taqiyoullah Aldham, le porte-parole de la CENI lors d’un point de presse.
Il n’a pas manqué d’insister sur le fait que les opérations électorales continuaient à se dérouler normalement dans les 2024 bureaux de vote répartis à travers le pays.
Près de deux millions d’électeurs mauritaniens se rendent aux urnes depuis 7 heures pour choisir un président de la République parmi sept candidats, dont le chef de l’Etat sortant, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
LE COUPERET DU NEW YORK TIMES SUR BIDEN
Dans un éditorial choc, le journal somme le président américain d'abandonner sa candidature à un second mandat. Pour contrer la menace Trump, les démocrates doivent selon le NYT choisir un adversaire "plus solide"
(SenePlus) - À l'approche des élections aux États-Unis, le prestigieux New York Times vient de publier un éditorial choc appelant Joe Biden à se retirer de la course à l'investiture démocrate. Dans cette prise de position fracassante, le vénérable quotidien affirme que "la plus grande contribution que M. Biden peut désormais apporter au service public est d'annoncer qu'il ne se représentera pas".
Selon le New York Times, le débat de jeudi dernier a révélé que "M. Biden n'est plus l'homme qu'il était il y a quatre ans". Le journal déplore que "le président est apparu comme l'ombre d'un grand serviteur public" et estime qu'il a échoué "le test qu'il s'était lui-même fixé" pour prouver qu'il avait toujours les capacités requises.
"Les électeurs ne peuvent pas être censés ignorer ce qui était pourtant clair : M. Biden n'est pas l'homme qu'il était il y a quatre ans", martèle l'influent média dans un réquisitoire sans appel. "Plus d'une fois, il a eu du mal à aller jusqu'au bout d'une phrase."
Bien que saluant les accomplissements de la présidence Biden, qui a permis à la nation de "prospérer et commencer à relever une série de défis à long terme", le New York Times estime que le locataire de la Maison Blanche "met en jeu de manière imprudente" les intérêts des États-Unis.
"Il existe des dirigeants démocrates mieux armés pour présenter des alternatives claires, convaincantes et énergiques à un second mandat de Trump", argumente le quotidien, convaincu que "le pays a besoin d'un adversaire plus solide au candidat républicain présumé".
Selon le New York Times, "la vérité à laquelle M. Biden doit faire face maintenant est qu'il a échoué à son propre test". Le journal appelle donc les démocrates à "trouver le courage de dire des vérités crues au chef du parti" et à engager "un processus pour choisir quelqu'un de plus capable de le remplacer".
"C'est la meilleure chance de protéger l'âme de la nation - la cause qui a poussé M. Biden à se présenter en 2019 - contre la déformation maligne de M. Trump", conclut le plaidoyer cinglant. "Et c'est le meilleur service que M. Biden puisse rendre à un pays qu'il a noblement servi si longtemps."
GHAZOUANI FACE À SON DESTIN…
Devant choisir leur président parmi sept candidats, les Mauritaniens sont appelés à voter dans la sérénité après une campagne marquée par des incidents mineurs.
Devant choisir leur président parmi sept candidats, les Mauritaniens sont appelés à voter dans la sérénité après une campagne marquée par des incidents mineurs.
L a campagne pour l’élection présidentielle de samedi s’est achevée dans la nuit de jeudi à vendredi en Mauritanie où les principaux candidats ont tenu leur dernier meeting. Le président sortant et grand favori Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a promis la victoire à Nouakchott après avoir mené campagne dans toutes les régions. « Les forces de l’ordre sont prêtes à faire face à toute velléité de désordre, la sécurité étant la priorité des priorités des Mauritaniens », a-t-il déclaré.
La campagne s’est globalement passée dans le calme même si des incidents ont éclaté lundi soir à Nouadhibou, dans le nord, lorsque « certains partisans de l’un des candidats » s’en sont pris à un meeting de supporteurs d’un autre concurrent, a rapporté le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, sans plus de précision. Le candidat Biram Dah Abeid, deuxième des deux dernières présidentielles, a clôturé sa campagne dans cette ville. « L’ampleur de mon meeting signe la fin du régime de la corruption et de la gabegie », a-t-il déclaré. De son côté, le candidat islamiste du parti Tewassoul, première force d’opposition au parlement, Hamadi Ould Mohamed El Mokhtar, a mis en garde contre la fraude lors de son dernier meeting à Nouakchott. Les Mauritaniens sont appelés à choisir leur président parmi sept candidats. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, élu en 2019, part favori pour rester à la tête de ce vaste pays désertique qui a réussi à contenir la propagation jihadiste à la différence de ses voisins sahéliens et qui devrait commencer à produire du gaz cette année.
Par Fadel DIA
LA FRANCE SE RNISE... ET LES DIRIGEANTS D’AFRIQUE FRANCOPHONE REGARDENT AILLEURS !
Pourquoi donc nos dirigeants n’auraient-ils pas le droit d’élever la voix lorsqu’ils voient pointer à l’horizon l’arrivée à la tête du gouvernement de la France d’un parti qui a pour ADN le racisme, la xénophobie et l’islamophobie ?
Le Chancelier allemand, Olaf Scholz, s’est invité dans la campagne électorale française et dans une déclaration publique relayée par la télévision, il dit être « préoccupé par les élections en France » et « espérer que les partis qui ne sont pas ceux de Le Pen remporteront les élections ». Ce sont des paroles nettes et claires et murement pesées, qui d’ailleurs ont été reprises et adaptées par son ministre des finances.
L’Allemagne est le premier partenaire économique de la France et son plus proche allié stratégique, son Chancelier ce n’est pas Nicolas Maduro, elle est dirigée par un gouvernement de coalition plus proche du centre que de l’extrême gauche, et tout cela n’a pas empêché Olaf Scholz de mettre les pieds dans le plat, tant la perspective de l’arrivée au pouvoir, en France, d’un parti d’extrême droite soulève des inquiétudes.
Si Olaf Scholz s’exprime, en revanche ses homologues d’Afrique francophone ne pipent mot. Aurait-il fait acte d’ingérence ? Pour ceux qui, parmi nos dirigeants, craignent d’en être suspectés, il a fourni une réponse qui pourrait leur servir d’alibi. « Ce sont les Français qui décideront » dit-il, en conclusion, en assurant que son gouvernement continuera à collaborer avec celui qu’ils auront élu !
Comme on dirait chez nous, quand la case de votre voisin brule, vous avez au moins le droit de crier :au feu !
Mais, à supposer que cela soit une ingérence, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de nous ingérer, pour une fois, dans les affaires de la France, elle qui passe son temps à s’ingérer dans les nôtres ? Surtout lorsqu’on entend l’appel au secours lancé par la cinéaste franco sénégalaise Alice Diop qui considère qu’il s’agit pour elle et pour beaucoup d’autres afro-françaises d’une question « de vie et de mort » et qui dit se sentir comme une « grande brulée » saisie par la colère, la trahison et une profonde déception! Les autorités françaises se donnent le droit de juger et de jauger nos dirigeants, sans aucune logique, encensant Deby, déroulant le tapis rouge pour Nguema, mais vouant aux gémonies Goita, Traoré ou Tiani, alors que tous les quatre sont des putschistes qui ont accédé au pouvoir par la force des armes ! Elles se mêlent de notre mode de gouvernement, de la gestion de nos affaires, de nos choix de société et s’adjugent la prérogative de nous choisir nos amis. Pourquoi donc nos dirigeants n’auraient-ils pas le droit d’élever la voix lorsqu’ils voient pointer à l’horizon l’arrivée à la tête du gouvernement de la France d’un parti qui a pour ADN le racisme, la xénophobie et l’islamophobie ?
Plus encore que Olaf Scholz, les dirigeants de ce qu’on appelait naguère le pré carré français ont le devoir de manifester leur inquiétude. Parce que l’histoire nous a imposé des relations particulières avec la France, qui est souvent notre premier partenaire économique, dont la langue est la seule qui est enseignée dans nos écoles, qui contrôle notre monnaie et notre tissu industriel ... En régime de cohabitation la réalité du pouvoir est entre les mains du Premier Ministre, a rappelé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, et si cette fonction est exercée par le RN, cela ne pourrait que contribuer à détériorer nos relations avec la France, que nous voulons rééquilibrées, respectueuses de notre indépendance, de notre culture et de la dignité de nos compatriotes qui vivent sur son sol Le programme du RN est fait « à 100% de leurres… d’arnaques et de vieilles ficelles » et il a pour axe principal, le seul qui est resté inamovible, la lutte contre l’immigration, assimilée à la délinquance, avec pour corrélations la suppression du droit du sol et du regroupement familial et l’instauration de la préférence nationale, mesure xénophobe et anti constitutionnelle. Cela pourrait signifier que nos concitoyens, et en particulier les étudiants, auraient encore plus de mal que d’habitude pour entrer en France, alors que les Français ont porte ouverte, et gratuite, chez nous et que le rejet, discrétionnaire du visa Schengen a couté 36 milliards de francs CFA aux Africains en 2023 !
Cela pourrait signifier que nos compatriotes qui vivent et travaillent en France pourraient être condamnés à se passer de leurs familles, que leurs enfants n’auraient pas droit, à leur naissance, à la nationalité française, même s’ils ont choisi de faire leur vie dans ce pays.
Cela pourrait signifier que Mati Diop, autre réalisatrice franco sénégalaise, classée par Vanity Fair en 2019 parmi les cinquante Français les plus influents du monde, ne pourrait jamais occuper en France les fonctions de ministre de la Défense ou des Affaires étrangères, quels que soient ses talents et ses engagements politiques. Que Fatoumata Kébé, astrophysicienne de renommée internationale, classée également, en 2018, parmi les Françaises les plus influentes du monde, ne pourrait jamais exercer des responsabilités dans un service stratégique ou diriger, par exemple, une centrale nucléaire, au seul motif que ses parents sont d’origine malienne !
On notera au passage que la préférence nationale ne concerne ni le football, ni le basket, ni le judo entre autres domaines où la France s’est le plus distinguée.
Le RN n’est pas encore au pouvoir que déjà le pire se libère au cours de la campagne électorale. En quelques jours on a vu se propager dans les médias des chansons antiracistes, des soirées xénophobes sont organisées dans des bars, on a jeté de l’eau de Javel sur des migrants à Calais, une aide infirmière d’origine africaine est qualifiée de bonobo et sommée de « regagner sa niche » par une militante RN, fonctionnaire au ministère de la Justice, un apprenti boulanger d’origine ivoirienne a vu son logement incendié, un journaliste français d’origine maghrébine, officiant sur une chaine de télévision publique, a reçu des lettres de menaces à son domicile, s’est vu traiter de bicot et intimer l’ordre de « rentrer chez lui ! »
Comme le dit le Chancelier allemand, ce n’est pas à nous de choisir les dirigeants de la France, mais il est de la responsabilité de nos dirigeants de rappeler à ceux qui ont ce privilège que nous ne sommes pas prêts à tout accepter !
FIN DE LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE EN MAURITANIE
La campagne s'est globalement passée dans le calme même si des incidents ont éclaté lundi soir à Nouadhibou, dans le nord, lorsque "certains partisans de l’un des candidats" s'en sont pris à un meeting de supporteurs d'un autre concurrent.
La campagne pour l'élection présidentielle de samedi s'est achevée dans la nuit de jeudi à vendredi en Mauritanie où les principaux candidats ont tenu leur dernier meeting.
Le président sortant et grand favori Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a promis la victoire à Nouakchott après avoir mené campagne dans toutes les régions. "Les forces de l'ordre sont prêtes à faire face à toute velléité de désordre, la sécurité étant la priorité des priorités des Mauritaniens", a-t-il déclaré.
La campagne s'est globalement passée dans le calme même si des incidents ont éclaté lundi soir à Nouadhibou, dans le nord, lorsque "certains partisans de l’un des candidats" s'en sont pris à un meeting de supporteurs d'un autre concurrent, a rapporté le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, sans plus de précision.
Le candidat Biram Dah Abeid, deuxième lors des deux dernières présidentielles, a clôturé sa campagne dans cette ville. "L'ampleur de mon meeting signe la fin du régime de la corruption et de la gabegie", a-t-il déclaré.
De son côté, le candidat islamiste du parti Tewassoul, première force d'opposition au parlement, Hamadi Ould Mohamed El Mokhtar, a mis en garde contre la fraude lors de son dernier meeting à Nouakchott.
Les Mauritaniens sont appelés à choisir leur président parmi sept candidats. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, élu en 2019, part favori pour rester à la tête de ce vaste pays désertique qui a réussi à contenir la propagation jihadiste à la différence de ses voisins sahéliens et qui devrait commencer à produire du gaz cette année.
CONFLIT AVEC LE M23, KINSHASA EXCLUT DE NÉGOCIER AVEC KIGALI
"Je pense que le chef de l'État a été clair: nous n'allons pas négocier avec ceux qui nous agressent", a déclaré à la presse la nouvelle Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, en visite à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
Kinshasa a exclu jeudi de négocier avec le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23 dans l'est de la République démocratique du Congo, mais a réclamé contre Kigali des "actions fortes et des sanctions ciblées".
"Je pense que le chef de l'État a été clair: nous n'allons pas négocier avec ceux qui nous agressent", a déclaré à la presse la nouvelle Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, en visite à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.
La province est en proie depuis fin 2021 à une rébellion menée par le "M23" (Mouvement du 23 mars) qui, avec le soutien d'unités de l'armée rwandaise, s'est emparée de vastes pans de territoire. "Les voies diplomatiques" doivent "contraindre l'agresseur à arrêter", a-t-elle ajouté, alors que des combats se poursuivaient dans la région.
Dans le même temps, à Kinshasa, Thérèse Kayikwamba Wagner, nommée ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement investi le 12 juin, rencontrait pour la première fois le corps diplomatique. Elle a également dénoncé "l'agression rwandaise contre la RDC" et appelé à "des actions fortes et des sanctions ciblées" contre Kigali. La RDC "attend plus que des condamnations verbales" de la part des membres du Conseil de sécurité de l'ONU, a-t-elle insisté.
La ministre a par ailleurs salué le retrait progressif de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), qui a fermé mardi son bureau de Bukavu (Sud-Kivu). La jugeant inefficace, le gouvernement congolais a demandé le retrait de cette mission, qui ne mène désormais des opérations que dans le Nord-Kivu et en Ituri. "Le processus de désengagement de la Monusco représente une étape significative vers l'affirmation de notre capacité et volonté souveraine à garantir la sécurité et la paix", a estimé la ministre.
A Goma, Mme Suminwa a notamment visité un camp de déplacés de la périphérie ouest de la ville, où un bombardement attribué au M23 avait fait officiellement 35 morts le 3 mai dernier. "Nous sommes là pour chercher tous les moyens possibles de trouver une solution à vos problèmes", a-t-elle dit aux déplacés. "Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités, prenne en charge les déplacés qui continuent de souffrir", a de son côté déclaré le chef du camp, Janvier Luanda.
En visite jeudi à Abidjan, le président angolais Joao Lourenço, médiateur dans la crise, a indiqué que des négociations étaient en cours pour organiser "très prochainement" une rencontre entre les présidents de RDC et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
par Cheikhou Ndoye
COMMENT RÉUSSIR UNE RUPTURE INNOVANTE ET INCLUSIVE BUREAU ÉCONOMIQUE DE L’AMBASSADE DU SÉNÉGAL AUX USA
La défense active des intérêts, la mobilisation de la diaspora sont nécessaires pour doter le pays d'une représentation économique plus efficace
Entre une continuité dans une politique politicienne d’un parti au pouvoir et une rupture innovante et inclusive, quel nécessaire devrait être fait pour vitaliser le bureau économique de l’ambassade du Sénégal aux États-Unis d’Amérique et lui permettre de réussir sa mission ? Pour le Sénégalais que je suis, vivant depuis plus de trente (30) ans aux États-Unis et plus particulièrement dans la région métropolitaine du DMV (Washington DC, Maryland, Virginia), je reste convaincu que le bureau économique de l’ambassade doit être profondément enraciné dans la promotion des intérêts économiques du Sénégal. Il doit aussi nouer des connexions et des partenariats précieux et innovants au sein des communautés locales des cinquante-deux (52) États de l’Union, sans oublier les autorités sénatoriales et celles du Congrès.
Promouvoir et renforcer les relations économiques
Les États-Unis d’Amérique, en tant que première puissance mondiale, avec une économie dynamique et des industries diversifiées, peuvent constituer un partenaire commercial robuste et exaltant. Pour tirer parti de cet environnement, le bureau économique de l’ambassade du Sénégal devrait se concentrer sur le renforcement des relations économiques et de coopération dans les secteurs de l’investissement et de l’exportation. En collaborant activement avec les entreprises locales, les chambres de commerce, les agences et institutions de développement économique et financière. Le bureau économique doit identifier des synergies et des opportunités de collaboration bénéfique tant pour le Sénégal que pour ses partenaires de la sous-région ouest-africaine.
Diffuser des informations sur le Sénégal
La région métropolitaine de Washington DC est réputée être une zone d’influence et de « lobbying » pour l’État fédéral américain, le Sénat et le Congrès, mais aussi pour les institutions de Bretton Woods. Le bureau économique doit exploiter, de manière intelligente et ciblée, divers canaux pour diffuser des informations précises et convaincantes sur les opportunités d’investissement au Sénégal. Des efforts de sensibilisation ciblés, notamment des sorties médiatiques, des événements culturels sur le Sénégal ainsi que des séminaires éducatifs. Toute cette communication mettra en exergue la teranga (l’hospitalité) sénégalaise, la gouvernance démocratique et inclusive de notre système politique sans oublier sa stabilité économique. En mettant en avant les attributs positifs du Sénégal, le bureau doit viser à créer une perception favorable qui renforcerait l’attractivité du pays pour l’investissement des partenariats commerciaux.
Défendre la position du Sénégal
La région du DMV est un carrefour de la diplomatie internationale et du commerce, ce qui en fait une plateforme idéale pour défendre les intérêts du Sénégal sur la scène mondiale. Le bureau économique doit s’engager activement avec les décideurs politiques du pays, les groupes de réflexion locaux ainsi les ressources humaines de la diaspora sénégalaise en Amérique du Nord, pour expliquer et défendre la position stratégique du Sénégal en tant que porte d’entrée du continent africain. En effet, avec l’océan Atlantique, qui est en fait une frontière entre le Sénégal et les États-Unis d’Amérique, le bureau économique doit exploiter cette donnée naturelle pour en faire une destination privilégiée pour le tourisme et l’investissement étranger. Grâce à des partenariats stratégiques et des campagnes de plaidoyer, le bureau doit promouvoir des politiques et des initiatives qui soutiennent l’agenda innovant et transformationnel du nouveau régime en place.
Mobiliser la diaspora sénégalaise
Avec une importante communauté de la diaspora sénégalaise aux États-Unis, le bureau économique devrait travailler à mettre en exergue l’importance d’engager et d’autonomiser les membres de la diaspora en tant qu’acteurs du développement du Sénégal. À travers des événements ciblés de sensibilisation , des opportunités de « lobbying » et des programmes de renforcement des capacités, le bureau doit favoriser un sentiment d’appartenance et encourager les membres de la diaspora à participer activement à des projets communs et des initiatives qui peuvent promouvoir les intérêts économiques du Sénégal. En exploitant les talents et les ressources de la diaspora, le bureau doit pouvoir renforcer les liens entre le Sénégal et sa diaspora tout en favorisant une croissance économique inclusive.
En somme, ma vision pour un bureau économique réussi, repose sur un engagement proactif, une communication stratégique et des partenariats significatifs qui favorisent la réalisation de la mission qui lui est confiée. En adoptant cette vision et en exploitant les atouts du pays d’accueil, le bureau pourrait aider à positionner le Sénégal comme une destination dynamique et attrayante pour l’investissement, le commerce et les opportunités de partenariat international.