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3 avril 2025
Opinions
À L’ORIGINE, UNE CONJONCTION DE CHOCS
Le fardeau de la dette devient de plus en plus insupportable pour l’Afrique. Selon le Fmi, 21 pays en Afrique subsaharienne sont soit en situation de surendettement ou en risque élevé de surendettement. Une situation « assez alarmante ».
Le fardeau de la dette devient de plus en plus insupportable pour l’Afrique. Selon le Fmi, 21 pays en Afrique subsaharienne sont soit en situation de surendettement ou en risque élevé de surendettement. Une situation « assez alarmante ». Pour comprendre les enjeux de la nouvelle crise de la dette en Afrique, nous sommes allés à la rencontre de Daouda Sembène, Ceo d’AfriCatalyst, une société mondiale de conseil en développement basée à Dakar. Cet économiste qui a débuté sa carrière à la Banque mondiale est bien placé pour aborder cette question puisque durant sa carrière, il a notamment eu à siéger au Conseil d’administration du Fmi (il y a représenté 23 pays africains) et comme conseiller technique du Ministre de l’Économie et des Finances entre 2015 et 2016. M. Sembène a également été Ministre conseiller sur les questions économiques et financières à la Présidence de la République entre 2019 et 2020. Dans ce premier volet de notre entretien, il revient sur les causes de cette nouvelle crise de la dette en Afrique.
L’endettement est devenu un défi majeur pour beaucoup de pays africains. En effet, d’après le Fmi, 21 pays d’Afrique subsaharienne sont soit en situation de surendettement ou en risque élevé de surendettement ; « ce qui est quand même assez alarmant », constate l’économiste Daouda Sembène, Ceo d’AfriCatalyst, une société mondiale de conseil en développement basée à Dakar. En outre, beaucoup de pays allouent une partie importante de leurs ressources au service de la dette au détriment d’autres dépenses prioritaires, notamment l’éducation, la santé, le développement des infrastructures… « Donc, s’attaquer au problème de la dette est extrêmement important pour permettre à nos pays de pouvoir faire des avancées vers les objectifs de développement », explique-t-il.
Lors de la troisième édition de la Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCodd III), qui s’est tenue du 30 août au 1er septembre 2023 à Dakar, décideurs politiques, du secteur privé et de la société civile ont souligné la nécessité de trouver des solutions qui puissent permettre d’alléger le fardeau de la dette en Afrique. « Un consensus s’est dégagé entre les participants pour que les solutions au surendettement puissent tenir compte de la dimension sociale et humaine. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on ne peut pas régler le problème de la dette sans penser à l’impact que cela a sur les populations, parce que si les pays africains doivent allouer plus de ressources au service de la dette au détriment des dépenses sociales, cela ne serait pas une solution soutenable et viable », précise M. Sembène.
La Covid-19 comme élément déclencheur
Revenant sur l’origine de la nouvelle crise de la dette en Afrique, l’économiste note que le problème a démarré bien avant la Covid-19 où on voyait les prémices d’un endettement accru dans beaucoup de pays en développement. « Lorsque la pandémie a démarré, plusieurs États ont essayé, à juste titre, de trouver des ressources nécessaires pour y faire face, et donc, ils se sont endettés. Cela a contribué à accélérer le taux d’endettement. Il faut souligner que ce n’était pas le propre des pays africains. Même dans les pays développés qui avaient plus de marge de manœuvre budgétaire, on a vu une augmentation significative du niveau de la dette », analyse le Ceo d’AfriCatalyst. La crise en Ukraine est venue s’ajouter à la pandémie, créant une pression inflationniste sans précédent. Ainsi, les autorités ont senti le besoin de mobiliser des fonds supplémentaires pour soutenir leurs populations ; ce qui a également contribué à la hausse des taux d’endettement.
Plus récemment, poursuit M. Sembène, il y a eu le resserrement de la politique monétaire dans beaucoup de pays avancés, y compris les États-Unis. Ceci a provoqué des répercussions importantes en termes d’accroissement des taux d’intérêt, contribuant à alourdir le fardeau de la dette africaine. « Les pays ont dû faire face, en un temps record, à une augmentation du service de la dette qui a été occasionnée par la hausse des taux d’intérêt consécutive au resserrement de la politique monétaire. Sans compter d’autres facteurs auxquels les pays africains sont confrontés, notamment la crise sécuritaire et le changement climatique. Tous ces facteurs ont amené les Gouvernements à s’endetter davantage pour y faire face », dit-il.
Un allègement de la dette africaine ?
Un allègement de la dette africaine est-il possible dans les conditions actuelles ? « Un allègement de la dette obéit à plusieurs motivations », d’après Daouda Sembène. Selon lui, il faut d’abord qu’il y ait le besoin. « L’architecture financière de la dette prévoit des mécanismes de traitement ou de restructuration de la dette, à travers notamment le Club de Paris. Malheureusement, la situation est devenue beaucoup plus compliquée à cause d’une diversification des créanciers. Avant, on avait essentiellement les créanciers bilatéraux et multilatéraux, et à chaque fois qu’il y avait une crise de la dette, comme dans les années 1980-1990, on allait au Club de Paris pour trouver une solution. Mais, depuis deux à trois décennies, il y a une multiplication de créanciers privés, mais aussi de nouveaux créanciers bilatéraux qui ne sont pas membres de ce Club comme la Chine », constate l’ancien membre du Conseil d’administration du Fmi. Ceci fait que lorsque des pays sont confrontés à des situations de surendettement, il est difficile à l’état actuel de trouver des mécanismes pour leur permettre de restructurer la dette. Toutefois, le G20 a mis en place le cadre commun de traitement de la dette auquel des pays comme le Tchad, l’Éthiopie, la Zambie et le Ghana ont demandé à avoir accès. Mais, le problème, souligne le Ceo d’AfriCatalyst, c’est que cela prend du temps pour que ces pays-là puissent bénéficier d’un allègement de leur dette dans le cadre de ce mécanisme. La question qui se pose actuellement, indique-t-il, c’est comment on peut peaufiner ce cadre pour qu’il soit mieux adapté à la restructuration de la dette pour les pays qui en ont besoin. Par ailleurs, précise notre interlocuteur, en plus des mécanismes multilatéraux pour faciliter la restructuration de la dette, il faut aussi des approches et des mécanismes pour éviter aux pays d’être confrontés à une crise de liquidité qui, très souvent, se transforme en une crise de solvabilité. Bref, « plus on agit en amont, moins on aura besoin d’agir en aval », conseille Daouda Sembène.
Dette chinoise
Devenue le principal partenaire économique de l’Afrique, la Chine est souvent accusée par les Occidentaux d’exposer le continent au risque de surendettement. Ce que Pékin dément. Ce qui est constant, c’est que « la Chine est devenue le plus grand créancier bilatéral de l’Afrique », souligne Daouda Sembène, rappelant les nombreux prêts accordés aux pays africains, souvent à des taux concessionnels, dans le cadre de projets d’infrastructures. « La Chine est devenue une partie prenante importante des discussions liées à l’allègement de la dette des pays africains parce que l’idée qui sous-tend le cadre commun du traitement de la dette du G20, c’est de permettre un traitement équitable de tous les créanciers (bilatéraux, multilatéraux ou privés). Donc, toute solution au problème de la dette en Afrique devrait nécessairement inclure la Chine, mais aussi les créanciers privés », estime M. Sembène.
par Madiambal Diagne
ON N'EST JAMAIS TRAHI QUE PAR LES SIENS
Macky et Sonko vont se résigner à partager le même sort, on le devine cruel pour un homme politique, d’être condamné à rester en spectateur de combats épiques que se disputeront officiellement des candidats qui se seront plus ou moins imposés à eux
Macky Sall et Ousmane Sonko ont constitué les deux principales figures politiques du pays, depuis l’élection présidentielle de 2019. Le chef de l’Etat a été réélu de fort belle manière, mais la prouesse de son jeune farouche opposant, arrivé troisième à ce scrutin, laissait augurer un duel en perspective des joutes électorales suivantes. Ce fut le cas, d’autant que le candidat arrivé deuxième à cette élection, Idrissa Seck, avait fini par rallier à nouveau le camp de la majorité pour laisser ainsi la place de chef de l’opposition au leader du parti Pastef. Ce même parti sera la locomotive d’une coalition politique Yewwi askan wi (Yaw) qui a pesé sur le débat politique et a imposé un véritable rapport de forces à la majorité, notamment aux élections locales et législatives de 2022.
Mais le duel ultime ou le combat final, entre Macky Sall et Ousmane Sonko, qu’on présageait pour la Présidentielle prochaine dont le premier tour est prévu pour le 25 février 2024, n’aura pas lieu, du moins pas directement à travers les urnes. Tous les deux vont se résigner à partager le même sort, on le devine cruel pour un homme politique, d’être condamné à rester en spectateur de combats épiques que se disputeront officiellement des candidats qui se seront plus ou moins imposés à eux.
Macky Sall, un «canard boiteux»
L’histoire lui a donné raison d’avoir attendu jusqu’au dernier moment pour annoncer sa décision de ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2024. En effet, dès que l’annonce est faite, le 3 juillet 2023, qu’il confirme définitivement son engagement, de toujours, de ne pas demander un troisième mandat de président de la République du Sénégal en 2024, Macky Sall a observé des réactions qu’il devait être loin de s’imaginer. Des actes de rébellion ou de défiance ont été posés par nombre de ses collaborateurs qui, pourtant, lui montraient un zèle trop excessif pour être sincère. Assurément, aurait-il annoncé plus tôt sa décision de ne pas chercher à rempiler, qu’il n’aurait pas gouverné le Sénégal ces dernières années. C’est comme si désormais, tout le monde pouvait se permettre l’inobéissance, l’outrecuidance désinvolte, parce que simplement Macky Sall ne pourrait plus jouer de manière évidente sur le destin ou l’avenir des gens. Le plus tragique dans l’histoire est que ces comportements et attitudes ne sont observés que de la part de personnes qui mordent la main qui les aura nourries.
On observe en effet qu’elles ont toutes été «fabriquées» par le président Sall qui les aura sorties de l’anonymat. Franchement, quelle était l’épaisseur politique ou l’étoffe d’un Mahammed Dionne, d’un Abdoulaye Daouda Diallo, d’un Moustapha Diop, d’un Mame Boye Diao, avant de bénéficier d’un décret du Président Macky Sall ? Quels étaient les états de services dont ils pouvaient se prévaloir pour légitimer leurs positions dans l’appareil institutionnel de l’Etat ? Et même nommées à de hautes fonctions, ces différentes personnes n’ont point révélé de véritables compétences qui légitimeraient ou justifieraient a postériori les choix du chef de l’Etat. La surprise est que jamais aucune de ces personnes n’a eu auparavant à montrer du caractère devant le même Macky Sall, dans aucune situation politique ou administrative.
A la vérité, leurs qualités communes restaient l’obéissance aveugle, la platitude ou la veulerie. Sans doute que le chef voulait un personnel de cet acabit. Mais il le paie au prix fort car on observe que Moustapha Diop ne méritait point que Macky Sall se fasse autant violence pour présenter de plates excuses à des magistrats de la Cour des comptes, offensés par son ministre ; tout comme il devra réaliser s’être lourdement fourvoyé, s’il s’imaginait que le zèle que montrait Mahammed Dionne traduisait une volonté de rachat, de donner des gages pour ses trahisons et autres coups bas de 2008 !
Avec Mame Boye Diao, Macky Sall doit également avoir bien appris que les alertes, mises en garde ou objections formulées, pour l’amener à mieux mûrir sa décision avant de l’élever à certaines hautes fonctions, ne relevaient point d’un ostracisme coupable.
Il doit aussi avoir réalisé que pendant douze bonnes années de présence au niveau des plus hautes sphères de l’Etat, Abdoulaye Daouda Diallo trouvera difficilement à exhiber une prise de position publique pour défendre le régime de Macky Sall. Pourtant, à toutes ces personnes, Macky Sall aura donné tout ce qu’il pouvait leur offrir comme faveurs et avantages. Il ne manquera pas de réaliser enfin que la Convergence Avec Moustapha (Cam), initiée avec des groupements féminins, depuis le temps où ce dernier était ministre délégué à la Microfinance, poursuivait des objectifs politiques à long terme. Dire qu’on riait des ambitions présidentielles qu’on pouvait prêter à Moustapha Diop ! Le Président Sall, qui aura défendu et protégé plus que de raison ces différentes personnes, peut donc s’estimer être mal payé en retour. Mais qu’à cela ne tienne, il ne devra s’en vouloir qu’à lui-même ! Encore qu’il aura élevé toutes ces personnes à la dignité de présidentiable et leur aura offert une exposition médiatique, quand il leur a permis, dans une volonté d’inclusion, de se porter candidats à la candidature de la Coalition Benno bokk yaakaar.
L’histoire est encore plus suppliciante que tous ces rebelles à Macky Sall apparaissent bien riches et font un étalage bien indécent de telles fortunes et que chacun d’entre eux se mettrait dans une logique de l’utiliser, estimant certainement qu’elle pourrait lui permettre d’acheter un fauteuil de président de la République du Sénégal. Allez savoir quels étaient les états de leurs avoirs ou patrimoines avant qu’ils n’accèdent à de hautes fonctions dans l’appareil d’Etat, à la faveur de nominations décidées par Macky Sall ! «Il y a de ces services qu’on ne peut payer que par l’ingratitude», professa Dumas. Pour sa part, Aly Ngouille Ndiaye garde la décence de ne pas insulter Macky Sall. Sans doute que sa valeur intrinsèque ne l’y autorise pas encore.
Mais tout compte fait, le sort personnel de Macky Sall apparaît moins douloureux que celui de Ousmane Sonko qui, on le devine bien, doit être, du fond de sa cellule de prison, bourré de ressentiments et de frustrations. En effet, «mieux vaut être boiteux que toujours assis».
Ousmane Sonko, le supplice de réaliser qu’il n’était point si indispensable que cela !
Il paie sa folle fuite en avant et la naïveté de croire que sans lui le soleil ne se lèverait plus à l’Est du Sénégal. C’est une lapalissade de dire que Ousmane Sonko ne s’imaginait point que le pays ne serait pas à feu et à sang, comme du reste il en menaçait tout le Sénégal, au cas où il serait arrêté pour ses bravades et incartades. Il a épuisé tous les artifices, combines ou manœuvres, que sa situation n’aura pas changé. Il est cloîtré dans un cachot, encore qu’il pourrait s’estimer heureux ou privilégié d’être mieux traité que tout autre détenu au Sénégal, mais sans aucune perspective de libération dans un court terme. Tous ses alliés qui lui faisaient le serment, avec une sincérité touchante, de l’accompagner en prison, continuent de vaquer à leurs occupations, comme si de rien n’était. Pire, ils semblent même profiter de sa situation d’infortune pour chercher à lui ravir la vedette, lui voler son électorat. Ainsi rivalisent-ils d’impatience à laisser apparaître au grand jour leurs ambitions. Les candidatures à l’élection présidentielle de 2024, de Déthié fall, Khalifa Ababacar Sall, Aïda Mbodji, Habib Sy, Dame Mbodji, Aminata Touré et on en oublie, révèlent que tous ces alliés ont fini de conjuguer Ousmane Sonko au passé ; après que la dynamique de leur Coalition Yaw aura pourtant permis, à la plupart d’entre eux, d’obtenir des mandats électifs ou des positionnements politiques majeurs.
Mais c’est la course effrénée des militants du parti Pastef de souche, Birame Soulèye Diop, Abass Fall, Bassirou Diomaye Faye, Guy Marius Sagna, à se porter candidats, à la place de leur leader qui lui-même chercherait encore à l’être, qui doit rendre encore plus incrédule Ousmane Sonko. Tous ceux qui clamaient ne jamais envisager une candidature autre que celle de Ousmane Sonko à l’élection présidentielle, se mettent dans la course pour leurs propres comptes et ont tenu à retirer déjà les documents nécessaires à la collecte des parrainages.
Ousmane Sonko ne manque pas alors de vivre une tragédie personnelle, mais cette situation révèle un fait notoire que nous n’avons eu de cesse de souligner à travers ces colonnes. En effet, le parti Pastef reste constitué par un conglomérat d’obédiences, de courants ou d’intérêts les plus opposés ou les plus antagoniques possibles ; leur seul liant aura été que la personne de Ousmane Sonko pouvait être le bélier qui leur forcerait les portes du pouvoir. Ainsi y retrouve-t-on, côte à côte, des indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), des salafistes et autres islamistes assumés qui préconisent l’avènement d’un Etat théocratique au Sénégal, même au prix de la violence armée, des démocrates avérés, fourvoyés ou abusés, des révolutionnaires à la petite semaine, nourris et entretenus par des intérêts étrangers qui travaillent ouvertement à supplanter les alliés traditionnels du Sénégal que sont la France, l’Union européenne, les Etats-Unis d’Amérique et les pays musulmans dont la pratique religieuse est proche de celle de la majorité des Sénégalais et, enfin, une bande d’affairistes à tout crin, si pressés de dépecer la bête Sénégal et la dévorer à belles dents. «Ousmane Sonko avait pu constituer un parfait client pour tout ce beau monde. Il était un gros épouvantail dressé face au régime du Président Macky Sall. Les opposants de tout acabit trouvaient en lui la personne qui pouvait tout dire sans scrupules, comme mentir, calomnier, affabuler, et ainsi susciter l’aversion des populations et les braquer contre Macky Sall. La fin justifiant les moyens.»
par Nioxor Tine
DES ÉLECTIONS APAISÉES POUR UNE RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE
BBY doit se rendre à l’évidence : l’élection de février 2024 ne débouchera pas sur une alternance de plus. Il y a une nécessité de ruptures courageuses d’avec le modèle néocolonial avec les nouvelles générations de forces patriotiques
En refusant au mandataire du président Ousmane Sonko de disposer des fiches de parrainage, en principe libres d’accès pour tout citoyen sénégalais désireux de prendre part aux prochaines joutes présidentielles de l’année prochaine, la direction générale des élections vient de poser un acte aussi arbitraire que symboliquement chargé et un abus de pouvoir.
Il s’agit, en réalité, de la dernière forfaiture en date perpétrée par les pouvoirs publics à l’encontre de celui qui est désormais considéré comme le chef de l’opposition sénégalaise, victime d’un harcèlement judiciaire unique dans les annales de l’histoire politique de notre pays et devenu otage de l’État néocolonial. Tant et si bien qu’à cinq mois des élections présidentielles du 25 février 2023, la scène politique nationale renvoie des signaux inquiétants pour tous les patriotes et démocrates de notre pays.
Des symptômes inquiétants
Le signe le plus effrayant est très certainement cette absence totale de retenue voire de pudeur, de la part de ceux qui n’hésitent plus à s’afficher ouvertement comme des soutiens inconditionnels du régime tyrannique du Benno, ce qui augure de lendemains incertains pour notre pays, à type de chienlit ou de vendetta incontrôlée.
Il s’agit, en premier lieu, à tout seigneur tout honneur, de certains éléments isolés issus de milieux maraboutiques, dont on attendait plutôt une posture d’arbitrage et de régulation, comme savait si bien le faire le vénérable Abdoul Aziz Sy Dabakh. Bien au contraire, ils semblent prendre fait et cause pour la continuité incarnée par des pilleurs et des prébendiers intouchables, écornant le prestige de nos religions, versant, au passage quelques larmes de crocodiles, oubliant –peut-être- que le ndigël était passé de mode, depuis les années 80, au moins !
Il y a aussi de larges pans de l’administration territoriale et de certains secteurs de la Justice, qui font du zèle pour ne pas décevoir le Prince, qui même étant à deux pas de la retraite forcée, met un point d’honneur à parachever son entreprise de destruction de nos fondamentaux démocratiques et républicains, symbolisée par le fameux slogan réactionnaire : « réduire l’opposition à sa plus simple expression ».
De fait, ces supposés serviteurs de l’État – outil de domination et d’oppression par excellence – sont caractérisés avant tout par leur propension irrépressible à obéir aux injonctions les plus aberrantes et illégales de l’Exécutif central, prenant ainsi, à contrepied la maxime qui veut qu’un OUI n’ait de sens que quand celui, qui l’articule, a aussi la latitude de dire NON. C’est ce qui explique toutes ces fins de non-recevoir aux demandes d’autorisations de manifestations publiques et ces recours toujours rejetés par les institutions judiciaires. Il est vrai, que les dictateurs ont horreur d’être contredits …
Pour ce qui est de certaines composantes des FDS, elles semblent occulter la réalité des nervis, ce qui fait dire à certains, qu’elles sont de plus en plus dédiées à la dissuasion systématique de toute velléité de résistance constitutionnelle, devenant, à la longue, vectrices d’insécurité voire de violence d’Etat arbitraire et aveugle.
La grande omerta, qui règne concernant ces atteintes gravissimes et répétées aux droits et libertés, se traduisant par la substitution aux normes juridiques généralement admises (et très largement insuffisantes dans nos systèmes politiques), de nouvelles règles d’un pseudo-droit d’inspiration maffieuse, font pressentir une grande entente tacite pour barrer la route à une véritable alternative sociopolitique.
Sonko traqué par le système
On comprend alors mieux cet acharnement qui défie l’entendement, contre les forces qui proclament leur attachement à une véritable alternative sociopolitique, et qui vont au-delà du Pastef et son leader. Ce dernier tantôt qualifié de politicien inexpérimenté, (Dieu nous préserve de l’expérience de bureaucrates prédateurs !), tantôt de djihadiste violent semble, en tout cas, être pris au sérieux par la France et les autres puissances occidentales.
Il est encore snobé par une certaine gauche, dont des membres cheminent encore avec Benno Bokk Yakaar, tandis que d’autres viennent à peine de sortir de la grande Coalition présidentielle alors que les plus sincères sont encore, en quête perpétuelle d’une réunification souhaitable, mais plus ou moins éloignée, de la famille marxiste. Tous ont comme dénominateur commun, le fait de sous-estimer la dynamique autoritaire en cours ou de faire abstraction de la lourde chape de plomb, qui s’est abattue sur le pays.
A preuve, la multiplicité des dossiers judiciaires ouverts contre le président et les militants du Pastef, la tendance à placer tous les accusés d’office sous mandat de dépôt et/ou à inventer des chefs d’accusation factices…Toute cette saga juridico-politique, qui dure depuis plusieurs années, n’a pour objectif que d’installer un modèle obsolète d’autocratie pétrolière (comme au Congo ou au Gabon), ce qui passe nécessairement par une victoire du camp présidentiel à la prochaine présidentielle de février-mars 2024, éventualité ne pouvant être envisagée qu’en cas de sabotage du processus électoral et de neutralisation de l’opposition radicale.
Cela vaut à Ousmane Sonko d’être arbitrairement emprisonné, prétendument radié des listes électorales et de se voir même refuser l’obtention de fiches de parrainage, alors qu’il conserve encore intacte son éligibilité, selon les dires d’éminents et intègres juristes, libres de tout conflit d’intérêts. Or, le bon sens indique clairement qu’une éventuelle tenue d’élection au Sénégal, sans la participation du Pastef et de son leader risque d’ouvrir la boîte de Pandore de l’instabilité politique dans une sous-région en proie aux démons du djihadisme.
Pour une alternative socio-politique en 2024
Le régime de Benno Bokk Yakaar doit se rendre à l’évidence : l’élection de février – mars 2024 ne débouchera pas sur une alternance de plus.
Tout au long des douze dernières années, la supercherie de la « démocratie arachidière » a eu le temps de se dévoiler sans fard, sous nos yeux, les politiciens du pouvoir refusant délibérément de respecter des règles du jeu, pourtant inscrites en bonne et due forme dans la Constitution et notre arsenal juridique. Autant les forfaits des criminels à col blanc et ceux des forces de répression ont bénéficié d’une impunité révoltante, autant des citoyens/ militants faisant prévaloir leur droit à la résistance constitutionnelle et tentant de jouir de leurs libertés élémentaires (de manifestation, d’expression) croupissent en prison pour de longs mois.
Toutes ces horreurs se déroulent dans une atmosphère bon enfant, malgré quelques protestations de très rares organisations de la société civile, la plupart préférant se réfugier dans un équilibrisme de mauvais aloi. Les centrales syndicales prétextent leur caractère prétendument apolitique pour s’exonérer de leurs devoirs d’interpellation des hommes du pouvoir sur leur gestion, au moment où ils sont presque tous épinglés par les organismes de contrôle (OFNAC, IGE…).
Il faut reconnaître au président de Benno Bokk Yakaar qu’il a réussi à faire d’alliés politiques circonstanciels mais aussi de certaines autres forces conservatrices, des partenaires à part entière dans la pérennisation du système d’exploitation néocoloniale, ne rechignant pas à cautionner l’invasion militaire du Niger. Et il l’a fait d’autant plus aisément que notre pays ayant acquis, entretemps, le statut pétrolier et gazier n’a plus que faire des oripeaux de pseudo-démocratie bourgeoise, dont il a toujours aimé s’affubler.
Les stratégies dont use le régime de Benno Bokk Yakaar reposant sur la répression impitoyable, le tripatouillage de la Constitution et des textes de lois, l’instrumentalisation de la Justice et des FDS, les tentatives de subvertir Yewwi et Pastef de l’intérieur ainsi que l’éviction d’adversaires politiques sont vouées à l’échec, car une profonde lame de fond traverse nos sociétés en direction du changement. Tout cela nous amène à comprendre que notre pays se trouve à la croisée des chemins et qu’il y a une nécessité de ruptures courageuses d’avec le modèle néocolonial et d’un traitement politique adéquat des différends avec les nouvelles générations de forces patriotiques, qui dépassent le Pastef.
Il faut donc se dresser pour la tenue d’élection transparente, apaisée et inclusive pour – loin des tentations de putsch militaire – trouver une issue heureuse aux contradictions venues à maturité par le biais d’une révolution démocratique pacifique, suivant l’héritage des Assises Nationales.
Ils sont comme ces talibés qui font du porte-à-porte, tendant leur sébile. Les candidats ou leurs mandataires vont devoir le faire avec leur fiche de collecte pendant plus de 2 mois.
Ils sont comme ces talibés qui font du porte-à-porte, tendant leur sébile. Les candidats ou leurs mandataires vont devoir le faire avec leur fiche de collecte pendant plus de 2 mois. Ce sera presque du « laara biraanaan » à chaque citoyen pour obtenir une signature. Mais, arrivés au Conseil constitutionnel, le marabout, il y aura beaucoup de « sarax bi egg na ». Les autres vont rentrer bredouille avec leurs « potou tamaaté » de riz ou de mil. Sauf qu’ici, le mélange de genres n’est pas permis. Les règles sont claires et strictes pour le parrainage. Pour le talibé Sonko moom, il s’est fait taper sur les doigts, il ne doit même pas aller demander cette aumône au Sénégalais parce qu’il est puni.
par l'éditorialiste de seneplus, tidiane sow
REQUIEM POUR LES PERDANTS
EXCLUSIF SENEPLUS - Déjà 78 candidats à la candidature. Ne voient-ils pas comme c’est difficile pour Macky ? Combien ne sont porteurs d’aucun projet pour les Sénégalais ? Si Amadou Ba ne se démarque pas assez tôt du président, ce dernier le fera perdre
La liste s’allonge chaque jour un peu plus. À l’heure où j’écris ils sont 78 candidats à la candidature de l’élection présidentielle de février 2024. Cela donne le tournis. On n’est plus surpris par le nombre car on a compris le mécanisme. Ces gens cherchent des monnaies d’échange. La plupart se retireront quand il faudra déposer le dossier de candidature au Conseil constitutionnel. Ils sont sûrs d’échouer mais peu importe, ils ne se sont de toutes façons pas déclarés pour gagner.
Combien ne sont porteurs d’aucun projet pour les Sénégalais ? Une pléiade. Ils n’en voient même pas l’intérêt.
Combien sont porteurs de projets qui les dépassent ? Un certain nombre mais bien peu.
Combien seront minés par l’échec inéluctable qui les attend au bout de leur quête ambitieuse et souvent démesurée ? Presque personne.
Quel mystère réside donc en ces ambitieux dévorés par l’ambition du pouvoir ? Ne voient-ils pas comme c’est difficile pour Macky ? Les indécisions qui le minent, les souffrances qui l’habitent, la chasse à l’homme dont il est l’objet chaque fois qu’il se déplace à l’étranger ? N’est ce pas là autant de repoussoirs pour s’engager dans cette « galère » ?
Quand nous les voyons défiler sur notre petit écran, nous ne nous intéressons pas à leur face glorieuse, très peu en ont en vérité, mais plutôt à la liste de leurs échecs et les insatisfactions qu’ils nous ont procurées. C’est bien cela, et c’est triste, qui nous passionne. Nous aimons dire bienvenue aux futurs vaincus. Nous jubilons de notre future satisfaction de les voir mordre la poussière et de venir nous expliquer les raisons de leurs échecs. C’est notre ultime revanche sur eux. Nous nous demandons s’ils ne recherchent pas dans le fonds comme Morny, un voluptueux du pouvoir, « dans les ivresses imaginées de la puissance et des plaisirs, à fuir l’inexorable échec qui rythme leur vie » car ils savent qu’ils ne sont rien sans leur proximité avec les ors de la République.
Ces futurs vaincus ont de la ressource, ils se tourneront vers d’autres vainqueurs pour y arrimer leurs ambitions, ballottés dans les flots de leurs rêves et leur souffrance, sans aucun secret, ni aucune séquelle de leur échec cuisant.
Ils ont le talent de l’oubli instantané, rien ne les oblige si ce n’est la servitude du pouvoir.
Vous les verrez déjà aux parrainages, les premiers recalés, après avoir fustigé le pouvoir de les avoir retenus iront très vite rejoindre d’autres flots plus mugissants, plus florissants. Vous les verrez ensuite au deuxième tour rejoindre celui qu’ils pensent va gagner. C’est la vie de ces apôtres de la reptation qui se rebellent quand tout est en jeu, eux qui riaient aux éclats avec vous, eux qui applaudissaient vos discours. Ils se rangeront comme par enchantement quand l’heure du choix final sonnera. Combien de ceux-là ont rallié Macky Sall entre les deux tours de la présidentielle de 2012 ? Ils savent mieux que quiconque jeter la querelle dans la rivière évoquant un intérêt supérieur qu’ils n’ont jamais eu ni dans leur coeur, ni dans leur tête. Ils ne considèrent cet intérêt supérieur que quand il s’impose à eux et devient leur intérêt personnel.
Abdoulaye Daouda Diallo s’est finalement rangé derrière le choix qu’il contestait après avoir pourtant fini par convaincre la moitié de l’APR de la mauvaise idée du président. On verra comment lors de cette campagne il ravalera ses propos. Aly Ngouille Ndiaye et Mahammad Boun Dionne ont persisté dans leur rébellion et ont scellé une alliance de circonstance. Mais accepteront-ils de faire le compromis que l’un se range derrière l’autre après avoir refusé, l’un et l’autre, de se ranger derrière Amadou Ba ? Auront-ils un autre choix ? Pour exister il faut se mettre à plusieurs et accepter des sacrifices. Mame Boye Diao se devrait de rejoindre l’un ou l’autre des camps. Seul il se fera dévorer. Les loups chassent en meute et il ne faut pas s’isoler. L’amère expérience de feu Tanor (paix à son âme) et Niasse en 2012 a montré ce qu’il ne fallait pas faire.
Macky jouerait-il un jeu trouble ? Abdoulaye Daouda Diallo et Mahammad Boun Dionne s’estiment tous deux trahis par leur mentor qui, jusqu’ au dernier moment, leur aurait laissé entendre qu’ils tenaient la corde. Mais « on ne trahit bien que ceux que l’on aime », disait Maurice Sacks et de toute façon, pour ne pas « trahir » il faut d’abord gagner, ce qui n’est le cas de personne. Les jeux sont encore ouverts, tous ont encore droit à la légitimité de la trahison.
Si Amadou Ba ne se démarque pas assez tôt du président, alors ce dernier sera l’homme qui le fera perdre. Le caractère de M. Ba ne laisse cependant pas penser qu’il puisse s’extraire du piège dans lequel il est prisonnier.
En claironnant partout les critères qui ont conduit au choix d’Amadou Ba, Macky a savamment dressé les murs de la prison dans laquelle il l’a enfermé. « Avec Amadou Ba, ce sera la continuité, ce sera moi sans moi », semble t-il dire.
Parlant d’Amadou Ba, les opposants pourraient dire : « Lui, c’est Lui sans lui ». Cette saillie suffirait à galvaniser et mobiliser tous ceux qui sont contre le président, à voter contre son poulain.
Si d’aucuns pensent, que les candidatures internes de BBY sont suscitées par le président pour mieux contrôler son parti menacé d’implosion, quitte à affaiblir son Premier ministre, on ne pourrait leur donner tort. L’hypothèse reste possible tant le président montre sa volonté de vouloir rester au pouvoir même s'il n'est pas candidat. À chacune de ses récentes sorties, il n'a pu se refréner d’indiquer qu'il a bien droit à un deuxième quinquennat, ce qui en dit long sur son état d'esprit. Il lui faudrait alors dans cette perspective, à défaut d'être président, d'avoir la mainmise sur son parti. C'est la carte maitresse qu'il garde encore près de son cœur et qu'il entend jouer. Il ne faudrait pas, comme cela en prend le chemin, qu’à l’issue de cette bataille, que le cheval APR ne se mue en mulet, par l’incurie et les rivalités internes de ses chefs.
La sortie au vitriol de Madiambel décrivant Boun Dionne comme un franc-tireur, n'assoira pas dans l'esprit de la plupart des observateurs l'ex-Premier ministre en vrai opposant. Bien au contraire, elle contribue davantage à épaissir encore plus le mystère. On y verra de toute façon plus clair quand la composition des états-majors de campagne de ces « rebelles » sera dévoilée et qu’on connaitra leur sort réservé lors des parrainages. Ce sera le test ultime.
En attendant, parmi cette escouade de candidats, nous voterons comme le suggérait Jean D’Ormesson pour Aly Baba car nous serons au moins sûrs qu’il n’y aura que ... 40 voleurs !
Dr Tidiane Sow est Coach en Communication politique.
Par Moussa KAMARA
CAPITULATION
Le président Macron, après avoir joué au fanfaron avec les tombeurs de Bazoum, a simplement capitulé en rappelant son ambassadeur et ses soldats du Niger.
Le président Macron, après avoir joué au fanfaron avec les tombeurs de Bazoum, a simplement capitulé en rappelant son ambassadeur et ses soldats du Niger.
Certes les diplomates avec leurlangage châtié, utiliseraient des termes moins corrosifs; contrairement à nous qui avons pour principe, d’appeler un chat chat. L’élan populaire qui a suivi les trois coups d’Etat au Mali, au Burkina et au Niger a dépité les nombreux ‘’démocrates’’ de France, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et de la Cedeao. Tous ces pays qui brandissaient une possible intervention militaire au Niger se heurtent à la détermination des putschistes nigériens à faire front. Comme quoi l’alliance de ces trois pays, supposés être des plus pauvres de la région, marque la fin d’une époque.
La France, puissance coloniale infernale, est chassée de ces pays qui accueillent à bras ouverts les para militaires russes de Wagner. Ce que ne veulent pas les Etats-Unis quir edoutent une présence des Russes au Sahel. Si donc nos élites politiques, ici au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, les désormais fers de lance de la Françafrique, s’accommodent bon an mal an de la présence française, certains militaires disent carrément niet. Ces militaires qui ne participent pas aux élections mais peuvent prendre le pouvoir quand ça leur chante ou quand les urgences le nécessitent.
Les Français, après trois siècles de colonisation de nos pays, sont partis sans interrompre leur présence. Ce néocolonialisme ne semble plus être accepté parla nouvelle génération d’Africains. Cette génération née après les indépendances est plus explosive, plus directe et moins encline que ses devancières à des concessions ou à des accords de partenariat qui ne vont jamais nous développer. La preuve par le « miracle » ivoirien ou l’ « émergence » sénégalaise. Nos présidents ont consenti des efforts énormes pour construire des routes et des ponts. Mais les populations pour qui ces infrastructures sont érigées ne semblent pas trop les apprécier puisque ça ne se mange pas! Et pourtant on a vraiment besoin de ces réalisations. Mais, quand les jeunes qui ne travaillent pas chez eux ils vont forcément chercher du travail ailleurs. Au lieu de passer par les airs ils vont affronter les flots de l’Atlantique au péril de leurs vies. Et l’ancien colon les considère comme la ‘’misère du monde’’ ce qu’ils ne sont point car le voyage, bien que périlleux, n’est pas gratuit…
Ainsi donc, des militaires illustres inconnus ont pris la résolution de mettre fin à cette humiliation permanente. Si, pour accéder au pouvoir, il faut passer par des élections souvent biaisées, recourir à d’autres moyens ne doit pas être un frein. A la longue nous finirons par ne plus craindre personne et ouvrirons nos portes à tous les pays qui nous respectent. Forcément !
Dior Khalil
NOT IN MY NAME
La loi du plus fort n’a jamais réussi à construire un édifice admirable. La médiocrité et la médiocratie n’ont jamais mené nulle part
Comment faire cesser l’injustice sans détruire le bien commun ?
Comment crier son désaccord ?
Ce qu’on ne peut corriger avec la main, il faut le dire avec sa langue. A défaut, s’en désoler au plus profond de son cœur.
Comment tout ça a-t-il commencé ?
Par les Unes et les revues de presse de plus en plus violentes ? Dégommer, dézinguer, détruire, déshabiller, tuer, abattre. Ou par les insulteurs publics encouragés ? Ou les expressions soudainement apparues : « Force restera à la loi », « l’Etat a le monopole de la violence » ? Le « wakh wakheet » ? « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » ? Ou encore par le prix que toute conscience sénégalaise aurait, l’empêchant de résister à un milliard ?
Le réveil est brutal. Une cassure profonde. Entre ceux qui n’ont rien à perdre parce que n’ayant rien, qui se réveillent et se couchent la colère au ventre en plus de la faim. Et ceux qui discutent à longueur de journées de milliards qu’eux seuls voient, avec condescendance, avec arrogance.
Partir et suivre nos matières premières bradées n’a jamais coûté autant de vies. Rester et chômer n’a jamais autant pesé. D’ailleurs chômer a un nouveau pendant, travailleur pauvre, avec un salaire qu’on touche comme une punition supplémentaire. Un salaire déjà terminé avant d’être reçu, découpé entre échéances de prêts, et remboursements divers avant que le sac de riz ne puisse être acheté. On appauvrit comme on peut, avec application.
Qu’avons-nous fait pour mériter ça, à part les élire et espérer un changement pourtant promis qui n’est jamais venu ? Qu’avons-nous fait pour que vous nourrissiez une telle haine envers nous, nous tirant dessus, nous emprisonnant, nous bâillonnant, nous coupant de nos connexions internet à tout va, sans sommation?
Nous ne nous indignons plus quand une victime est torturée ; on lui demande d’encaisser et on ne retient plus le bras de son bourreau. Des encouragements pour le bourreau à passer aux prochaines victimes.
Un homme de Dieu nous l’a rappelé : tant que vous continuerez à être injustes entre vous dans vos transactions, vous serez laissés à vous-mêmes, avec des dirigeants qui vous maltraiteront et contre qui vous ne pourrez rien.
Alors nous en sommes là. Les mêmes maux qui reviennent. Entre coupures d’eau, inondations, repas de « couchant » pour avoir un quelque chose dans le ventre, vivres de soudure, poissons « immigrés involontaires », bientôt suivis du pétrole et du gaz, immigration clandestine, humiliations racistes aux frontières frontex et associés, échec scolaire, système de santé insuffisant, dignité bafouée, violences en tous genres, infrastructures saccagées, nous avons touché le fonds et nous continuons à creuser.
La loi du plus fort n’a jamais réussi à construire un édifice admirable. La médiocrité et la médiocratie n’ont jamais mené nulle part. Le pouvoir concentré sur son œuvre et non sur les personnes devient encore plus aveugle.
Personne ne sera épargné par ce qui va arriver. A un moment ou à un autre, nous allons tous payer.
Toutes ces jeunes vies au fond de l’océan et dans le désert libyen.
Tous ces emprisonnements à la chaîne.
Toutes ces exécutions morales et physiques.
Toute cette chasse à l’homme-opposant.
Toutes ces injustices organisées et diligentées devant notre silence.
Et maintenant des bruits de botte en direction de nos propres frères, malgré Zinder, malgré Gaya que nous avons en commun, malgré Bourba Djoloff Alboury Ndiaye.
Afin que nul n’en ignore.
SY MALICK !
La communauté musulmane commémore le Mawlid al Nabi ce mercredi 27 septembre 2023. Ce jour béni, est célébrée, durant toute la nuit, la naissance du Sceau des Prophètes, Seydina Mohamed (PSL).
La communauté musulmane commémore le Mawlid al Nabi ce mercredi 27 septembre 2023. Ce jour béni, est célébrée, durant toute la nuit, la naissance du Sceau des Prophètes, Seydina Mohamed (PSL). Comme chaque année, Tivaouane est le principal pôle d’attraction pour des milliers de fidèles musulmans. Tivaouane est la ville de Seydi El hadj Malick Sy dont le centenaire de la disparition a été célébré l’année dernière.
Mamoudou Ibra Kane, alors éditorialiste et aujourd’hui leader du mouvement DEMAIN C’EST MAINTENANT, avait saisi l’occasion pour rendre hommage au propagateur de la Tidjania et continuateur de l’œuvre de Cheikh Omar Tall.
Cent ans. Etre célébré 100 ans après sa disparition, il faut être… un être exceptionnel pour avoir un tel privilège. Seydi El hadj Malick Sy en est un. Ainsi donc, voilà un siècle que Mame Maodo n’est plus de ce monde. En effet le 27 juin 1922, disparaissait Cheikh al-Saïdi al-Hadji Malick ibn Ousmane ibn Demba Chamseddine Sy après avoir accompli sa mission de commandeur des croyants. A 67 ans à son décès, le fils de Mame Fawade Wélé rendait à son Créateur une copie propre avec la mention honorable tant était et est immense sa contribution à la diffusion au Sénégal, en Afrique et dans le monde, de l’École de jurisprudence malikite et de la Tarikha soufie tidjane. « Zéro faute », diraient les sages de Gaé, village au cœur du Walo où naquit le vénéré guide religieux. Si Seydi El hadj Malick est encore, et pour l’éternité, présent dans les cœurs et les esprits, c’est parce qu’il n’avait jamais dévié de la voie de la Tijanyya tracée par Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (RTA) avec le souci d’être et de rester le digne continuateur de l’œuvre d’El hadj Omar al-Foutiyou Tall. Le tout et avant tout au service exclusif d’Allah (SWT) et de son Prophète Mohamed (PSL).
Tous les chemins mèneront à Tivaouane la Sainte, à partir de ce vendredi 24 jusqu’au lundi 27 juin (Nda : 2022). Va donc pour Tivaouane ! Pour s’abreuver à la source intarissable que sont la vie et l’œuvre de Maodo en matière d’être et de savoir-être. En digne héritier et dans le sillage de ses prédécesseurs, le Khalife général des Tidjanes, Serigne Babacar Sy Mansour a fait preuve de leadership en célébrant le Centenaire de son vénéré grand-père. Il fallait y penser d’abord et le faire ensuite. Non seulement il y a pensé mais également il l’a fait. Lui, Mbaye Sy Mansour est aussi sur le point de réaliser une prouesse historique : achever les travaux de la Grande Mosquée de Tivaouane. Il faut remonter à très loin pour mesure la dimension de l’œuvre qu’il est en train d’accomplir. Sous le contrôle des historiens et archivistes, l’arrêté accordant une parcelle de terrain à Tivaouane à l’effet d’édifier une Mosquée fut signé le 17 février 1903 de la main du Lieutenant-Gouverneur du Sénégal, établi à Saint-Louis. Il accédait ainsi à la demande formulée par les nommés Diocounda N’Diaye et consorts agissant, bien entendu, au nom et pour le compte de Seydi El hadj Malick. A une époque où l’islam avait encore des bastions à conquérir en milieu ceddo (thiédo), la vision de l’érudit tidjane reposait sur le fait que « les règles d’application orthodoxe de la religion requéraient les dispositions suivantes : une mosquée, lieu de dévotion et de rencontre d’échanges ; une zawiya, centre de formation, d’éducation et d’hébergement et une surface cultivable (champ) où Mame Maodo tenait à exercer son métier de cultivateur pour nourrir sa famille. Ce n’est pas un hasard si son petit-fils Serigne Babacar Sy Mansour, fils de Serigne Mansour Sy Malick, porte sur ses frêles et larges épaules le surnom de « Gardien du Temple ».
Un centenaire peut en cacher ou en révéler un autre. La commémoration du siècle de la disparition de Cheikh al-Saïdi al-Hadji Malick Sy coïncide avec celle des 100 ans de la disparition d’un autre guide tout aussi prestigieux de la confrérie tidjane. Il s’agit de Cheikh El hadji Abdoullahi Niass, père du Cheikh al-Islam Ibrahim Niass dit Baye Niass. Ce n’est pas la seule coïncidence ou curiosité à relever dans la vie de nos vénérés. Seydi Hajj Malick Sy et El hadj Abdoulaye Niass, disparus la même année 1922, étaient les aînés de 5 ans de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Et tenez-vous bien, c’est également 5 ans après, en 1927, que disparut le fondateur du Mouridisme. Si le Sénégal commémore aujourd’hui le double centenaire de la disparition en 1922 d’El hadj Malick Sy et d’El hadj Abdoulaye Niass, père de Cheikh al-Islam Ibrahima Niass, cela signifie que notre pays se prépare déjà à commémorer dans 5 ans (Nda : 4 ans maintenant), un autre centenaire, celui de la disparition de Serigne Touba Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Et vous comprendrez mieux le lien qui existait et qui existe toujours entre Tivaouane et Touba quand on vous dit que parmi les grands bienfaiteurs des travaux de la Grande Mosquée de Tivaouane, figurent de célèbres talibés mourides que sont feus les richissimes Serigne Mouhamadou Mbacké Gayndé Fatma, El hadj Djily Mbaye et El hadj Ndiouga Kébé.
Après tout ce qui précède, se pose une question de contexte. Peut-on être d’une telle descendance d’érudition, de tolérance, d’ouverture, de solidarité et de générosité, en parlant de nous autres Sénégalais d’aujourd’hui, et promouvoir en même temps le manque d’éducation, de discipline, de dialogue et la violence ? Il y a matière à réflexion…
Par Cheikh Tidiane SY Al Amine
POURQUOI LE GAMOU N’EST PAS UN BIDAA
Un débat est apparu entre soufis et ceux qu’on appelle Ahlou sunna sur le caractère innovateur de la célébration du Mawlid tel qu’institué par El Malick Sy et d’autres foyers religieux au Sénégal et dans le monde
Cheikh Tidiane SY Al Amine |
Publication 27/09/2023
Un débat est apparu entre soufis et ceux qu’on appelle Ahlou sunna sur le caractère innovateur de la célébration du Mawlid tel qu’institué par El Malick Sy et d’autres foyers religieux au Sénégal et dans le monde
Le motif évoqué par les pourfendeurs du gamou relèverait de son caractère d’innovation (Bidaa) et sa non célébration par le Prophète lui-même ou par ses compagnons. Il faut noter que la célébration du Mawlid daterait du XIIIe Siècle soit plusieurs siècles après la disparition du Prophète. Sans rentrer dans un débat d’école sur la célébration du Mawlid dans le temps et dans l’espace, je me limiterais au cas de MAODO qui relève d’un contexte et d’un concept de célébration du Mawlid. D’abord, faut-il caractériser l’innovation en Islam avant d’appliquer le Hadith du Prophète qui dit que « toute innovation est blâmable ». Les soufis se défendent souvent en arguant que tout ce qui n’a pas été fait ou recommandé par le Prophète n’est pas forcément un Bidaa. Par exemple, utiliser les moyens techniques modernes dans la pratique des ibadat comme aller au pèlerinage à la Mecque en avion ou utiliser une montre pour fixer les heures de prières peuvent-ils être considérés comme des Bidaa? La lecture littérale du Hadith doit-elle primer sur le caractère innovateur de tout acte non posé par le Prophète ou ne figurant pas dans le Coran?
Il est important de se mettre d’accord sur ce postulat pour éviter le dialogue de sourds entre adeptes du soufisme et « Ahlou Souna », entre pro et anti Mawlid. Si on se réfère à la pratique du Mawlid telle que recommandée par MAODO, il faut partir de l’amour indéfectible que ce dernier voue au Prophète Mouhamed pour le célébrer. Quel jour serait plus approprié que sa naissance pour lui témoigner son affection? Vu sous cet angle, il ne saurait s’agir d’innovation si les pratiques qui accompagnent la célébration sont conformes à la charia et à la sunna. Faut-il rappeler que la première célébration du Mawlid par le Cheikh a été de réciter le Coran durant toute la nuit avec son compagnon El H Rawane Ngom. Par la suite, la récitation du Bourda, ce panégyrique d’imam Bousseyri sur le Prophète ne vient que conforter cet amour du Prophète. Jusqu’ici, rien de blâmable vis-à-vis de la Sunna et de la Charia.
Au plan conceptuel, MAODO a défini la manière de célébrer le Mawlid et Il le dit à travers ces vers « Ala’hazimû leilal wiladati hisbatan izâ lam yakun nahwal harâmi hudulu » où il bannit tout acte illicite de célébration du Mawlid. De même, si on se réfère au cadre contextuel dans lequel MAODO a lancé la célébration du Mawlid, on peut vite le considérer comme une forme de « Da’ wa » au vu du caractère festif de l’origine du Gamou qui était une fête païenne que MAODO a su transformer en fête religieuse. Cette mission de salubrité religieuse menée par le patriarche est une victoire de plus pour l’Islam et son expansion sous nos cieux.
Le Gamou est en quelque sorte une forme d’invite à l’appel de l’Islam qui a permis d’attirer un bon nombre de païens dans la religion, par la force des arguments et non par l’argument de la force. Ne faut-il pas y adjoindre le contexte colonial qui prévalait avec sa stratégie de christianisation des masses que MAODO a su contrecarrer?
Pour terminer, le Prophète nous rassure dans un Hadith que nos actes ne valent que par nos intentions. Alors, ayons envers nos prochains un préjugé favorable sur les nobles intentions qui motivent la célébration de la naissance du Prophète. Cette célébration repose sur notre amour en ce modèle parfait qu’il représente mais aussi une invite à cette religion pure qu’est l’Islam tout en sollicitant la miséricorde de Dieu.
Comme pour paraphraser Pape Makhtar Kébé : « le Maouloud sera bel et bien célébré »et nous espérons qu’Allah swt nous jugera sur nos belles intentions à sublimer la meilleure des créatures.
Bon Maouloud à tous les musulmans qui le célèbrent !
Par Cheikh Tidiane SY Al Amine
par Mamadou Ndiaye Ba
KHALIFA SALL : REAC-TIF
Sous ses dehors lisses et affables, se cache un homme d’actions qui a toujours su aller, à la conquête de ses combats politiques. Son parcours est très éloquent à cet égard
Le sous-estimer, c’est le méconnaitre. Sous ses airs d’homme lisse et affable, se cache une véritable figure politique.
Pas besoin d’arpenter les différentes contrées du Sénégal, Khalifa Ababacar Sall semble faire l’unanimité, il est apprécié pour son « calme », « sa politesse », « son esprit d’ouverture » et sa « capacité de dépassement » entre autres. Et pourtant, depuis que sa formation politique Taxawu Sénégal a répondu à l’appel au dialogue national, certains le traitent de « traitre ». Une qualification somme toute paradoxale, sourit un membre de son entourage qui demeure persuader « même la constance attise parfois les jalousies ». Que faire, se demande-t-il, avant de servir lui-même la réponse : « continuer et demeurer constant ».
Malgré les nombreux procès d’intentions dont il est victime, Khalifa Sall s’interdit de juger les autres et accepte volontiers, à la fois leur choix et orientations politiques. Ce qu’ils semblent, lui refuser en retour. « Il ne juge personne et se montre ouvert envers tous. Ces ombres furtives qui viennent à la nuit tombée, prendre conseil, redescendent tête baissée, pour ensuite aller l’attaquer, quelques jours plus tard, dans les médias. Ceux qui ne savent plus où donner de la tête, perdus dans les dédales de la réalité politique. Et tous ceux qu’on pourrait qualifier d’immatures, chacun a une place dans le cœur de Khalifa », confie un de ses collaborateurs.
En résumé, Khalifa Sall passe pour une sorte de mur de lamentations où on vient se confier quand tout va mal, pour ensuite se permettre de l’attaqueur, car sachant parfaitement qu’il ne vous en voudra pas. Faiblesse ? Non, confesse, son collaborateur qui parle plutôt de force. « Quelqu’un qui aspire à diriger doit savoir comprendre, tout le monde, en ayant toujours cette capacité de discernement et non de jugement », relève-t-il.
Khalifa Sall natif de Louga dans la zone nord du Sénégal a grandi à Dakar dans le quartier de Grand Yoff. Il a fréquenté l'école primaire Mor Fall. Il obtient baccalauréat, au Lycée Blaise Diagne vers la fin des années 1970. Il s'inscrit à la faculté des lettres au département d’histoire et de géographie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Entre-temps, il a enseigné comme professeur d’histoire-géographie de 1981 à 1982. En 1983, il obtient une maîtrise d'histoire, puis une maîtrise en droit constitutionnel, en 1987.
Sous ses dehors lisses et affables, se cache un homme d’actions qui a toujours su aller, à la conquête de ses combats politiques. Son parcours est très éloquent à cet égard.
Khalifa Ababacar Sall a été le plus jeune représentant du peuple. Époque qui coïncide avec une présence imposante de l’opposition, dirigée en cette année 1983, par Me Abdoulaye Wade. Il conservera ce poste de député, jusqu’en 1993, année où il rejoint l’attelage gouvernemental du président Abdou Diouf. A l’époque, il fallait batailler ferme pour exister. Les acteurs politiques étaient respectés, pour leur assise intellectuelle, leur plus-value politique et leur courage sans faille. N’était certainement pas député qui le veut. Khalifa Ababacar Sall, malgré son jeune âge marquera la législature, d’une empreinte indélébile. Sa capacité à se familiariser des dossiers lui vaudra une promotion. Il sera nommé ministre chargé des Relations avec les Assemblées. En 1998, il devient ministre du Commerce du dernier gouvernement du régime socialiste.
L’an 2000, la perte du pouvoir
Khalifa Ababacar Sall semble à l’aise autant au pouvoir que dans l’opposition. Un an après, la perte du pouvoir, il est redevenu parlementaire en 2001. Il occupe le poste jusqu’en 2007, période marquée par le boycott de l’opposition, dont il faisait partie lors des élections législatives. C’est à partir de ce moment que la carrière politique de Khalifa Ababacar Sall a connu une nouvelle tournure qui le conduit à la tête de la mairie de la ville de Dakar, sous la bannière de la coalition Benno Siggil Senegaal, une coalition pilotée par Moustapha Niasse. Les changements notés dans l’échiquier politique ont été à l’origine de la création de la coalition « Takhawu Ndakaru ». Liste avec laquelle le socialiste a été réélu lors d'élections locales de 2014. Khalifa Ababacar Sall poursuit sa conquête de l’espace politique. Il rafle la quasi-totalité des communes de la capitale.
Khalifa Sall est peint sous les traits d’un charismatique politique. « Il suffit de le côtoyer, pour être charmé, par ses capacités, peu communes », relève un de ses proches. Durant son mandat, Khalifa Sall a mis en œuvre plusieurs initiatives majeures, pour améliorer la vie des Dakarois. Parmi ces réalisations notables, la modernisation des infrastructures urbaines, notamment la réhabilitation de certaines routes et places publiques, ainsi que la création d'espaces verts et de zones de loisirs pour les citoyens. Il a également mis l'accent sur l'amélioration de la gestion des déchets et la promotion de pratiques de recyclage.
Khalifa Sall est surtout crédité de programmes sociaux, visant à soutenir les populations, les plus vulnérables. Il a initié le projet de recasement des marchands ambulants. De plus, il a travaillé sur l'amélioration de l'accès à l'éducation avec le programme dénommé lait à l’école et aux services de santé, en particulier, pour les populations défavorisées.
En tant que maire, Khalifa Sall a su renforcer les liens entre la municipalité et les citoyens, en promouvant, la participation citoyenne. Il a créé des plateformes de dialogue pour permettre aux habitants de contribuer aux décisions concernant le développement de la ville.
Victime de ses résultats
Khalifa Sall a laissé une empreinte significative, sur la ville de Dakar, grâce à de nombreuses réalisations, pour améliorer les infrastructures, les conditions de vie des citoyens et la participation démocratique.
En 2018, le leader de Taxawu Sénégal est arrêté, pour détournement de fonds publics, ce qui a suscité des débats sur la nature politique de cette affaire et a augmenté son code de popularité. Le 29 septembre 2019, il bénéficie d’une grâce présidentielle. Sa carrière politique semblait totalement compromise. Mais, c’est sans doute mal connaitre, ce Socialiste de sève, aussi bien à l’aise, dans le dialogue que dans la confrontation. Fin négociateur, il a patiemment tissé sa toile, pour constituer, en quelques mois, avec l’appui de quelques leaders de l’opposition, la coalition Yewi Askan Wi, une force de frappe qui secoue tout le Sénégal. Le 23 janvier 2022, l’ancien maire de Dakar acte son retour, dans le jeu politique sénégalais, avec la victoire de la coalition Yeewi Askan Wi. Il impose une reconfiguration politique, pour la présidentielle de 2024, dont il est candidat. Qui l’eut cru ?