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4 avril 2025
Opinions
Par Mamadou Oumar NDIAYE
LES PALESTINIENS DOIVENT ERIGER UN MONUMENT A LA GLOIRE DE NETANYAHOU !
S’il y avait un Panthéon mondial des dirigeants les plus idiots, les plus dangereux et les plus calamiteux pour leurs peuples, nul doute que Benyamin Netanyahu y décrocherait sa place d’office et avec une standing ovation du jury !
S’il y avait un Panthéon mondial des dirigeants les plus idiots, les plus dangereux et les plus calamiteux pour leurs peuples, nul doute que Benyamin Netanyahu y décrocherait sa place d’office et avec une standing ovation du jury !
Voilà en effet un Premier ministre qui, de par sa bêtise, sa méchanceté, son incompétence a valu à Israël le pire massacre de son histoire presque octogénaire. Plus de 1400 morts, 200 otages (dont des officiers de sa glorieuse armée, Tsahal), des lignes de défense supposées imprenables — comme la fameuse ligne Maginot française de la Seconde Guerre mondiale—enfoncées, des kibboutz détruits, des parties entières du territoire de l’Etat hébreu contrôlées par des combattants palestiniens…N’en jetons plus ! Au terme d’une opération commando qui a pris des allures de blitzkrieg avec des attaques coordonnées par terre, par air et par air, le mouvement de résistance palestinien Hamas a infligé à Israël une gifle dont il ne se remettra plus jamais. Pendant quelques heures, les combattants de ce mouvement ont contrôlé la situation, semant la panique au sein de la population, déstabilisant Tsahal et faisant blêmir le pauvre Netanyahou !
Bien sûr, l’instant de surprise passé, il a repris les choses en main et entrepris une contre-offensive qui se poursuit encore et dont la phase invasion terrestre devrait commencer incessamment après l’évacuation de plus d’un million d’habitants de la bande de Gaza ordonnée par Tsahal. Un nouvel exode que doit entreprendre le peuple martyr palestinien. La brute épaisse qu’est le Premier ministre israélien a promis d’écraser Hamas comme l’ont été, a-t-il dit, les mouvements « terroristes » Etat islamique et Al Qaïda. Déjà, depuis le début de la « riposte » israélienne plus de 2400 Palestiniens (dont 700 enfants) ont été tués, des centaines d’immeubles détruits sous des tapis de bombes, des milliers d’habitants ont tout perdu et errent désormais comme des âmes en peine. Netanyahou a prévenu : « Ce n’est que le début ! » Il n’a pas compris, l’idiot, que même s’il transformait les Palestiniens en charpie, le mal est déjà fait et qu’il ne pourra plus jamais effacer cette humiliation faite à son pays Le gouvernement américain a applaudi cette offensive, dépêché dans la région ses deux plus grands porte-avions, assuré Israël de son soutien indéfectible en lui disant en substance : « you’ll never be alone » ! Bien entendu aucune condamnation de la tuerie par Tsahal de populations palestiniennes innocentes.
L’Amérique ne se préoccupe que des pauvres victimes israéliennes et ne pleure qu’elles. Quant aux autres, c’est-à-dire les Palestiniens, qu’ils crèvent et soient écrasés comme des rats! Bien évidemment, telle est, en résumé, la position de la « communauté internationale », c’est-à-dire des pays occidentaux, USA en tête. Israël a beau se livrer à des massacres à grande échelle sur les Palestiniens — dont 250 ont été tués par ses forces de défense et de sécurité depuis le début de l’année—, la grande Amérique ne s’en émeut pas outre mesure. En revanche, qu’une attaque ou un attentat palestinien tue un seul Israélien, et c’est le déluge de condamnations de la « communauté internationale ». Depuis la création d’Israël sur les terres de la Palestine, en 1948, c’est toujours la même situation d’injustice qui prévaut avec une armée israélienne surarmée et aidée massivement mais aussi inconditionnellement par les Etats-Unis qui a carte blanche pour massacrer du Palestinien. On aura compris qu’à l’échelle des valeurs de ces Occidentaux, la vie d’un Israélien vaut celle d’au moins 100 Palestiniens.
Pauvres Palestiniens abandonnés à eux-mêmes y compris et en premier par leurs « frères » arabes, la dernière trahison en date étant celle de ces pays qui ont renoué leurs relations diplomatiques avec l’Etat hébreu et font commerce avec lui comme si de rien n’était ! Parmi ces pays signataires des accords d’Abraham, il en existe même un dont le roi est le « commandeur des croyants » dans son pays. Mais ne peut s’empêcher de faire ami-ami avec une puissance arrogante qui massacre des musulmans palestiniens et profane les lieux les plus sacrés de l’islam. Du « septembre noir » jordanien qui vit le roi Hussein massacrer des milliers de Palestiniens à ces accords d’Abraham que de trahisons subies par les Palestiniens ! Paradoxalement, c’est l’Iran, cet ennemi perse héréditaire des Arabes, qui est à la manœuvre et constitue le soutien le plus déterminé des Palestiniens mais aussi du Hezbollah libanais lui aussi en guerre contre Israël. Les autres dirigeants arabes, eux, on l’a dit pactisent et font du business avec l’Etat hébreu. S’ils ne lui confient pas leur sécurité. Quant aux Etats-Unis, si le prédécesseur de l’actuel président américain, Donald Trump, businessman en diable, avait vendu lesdits Accords d’Abrahams à des dirigeants arabes sur la base d’une promesse d’un Moyen orient prospère en échange d’une sécurité garantie à Israël, ils (les Etats-Unis) ne se préoccupent plus guère de cette région du monde depuis l’arrivée au pouvoir du président Joe Biden. Lequel concentre toute son énergie à contenir ce qu’il appelle les « visées expansionnistes » ou impérialistes de Pékin en Mer de Chine mais aussi à faire la guerre à la Russie par Ukraine interposée. Tiens, mais c’est vrai que les médias audiovisuels français ne sous tympanisent plus ces temps-ci avec « l’invasion de la Russie en Ukraine ». Ces temps-ci, il n’est plus question ici que des « terroristes » du Hamas!
Les « rois » Tsahal, Mossad et Shin Beth désormais nus!
Pour en revenir à l’idiot de première classe Benyamin Netanyahou, voilà donc un demeuré qui n’a pas compris qu’une guerre n’a jamais rien réglé et que la solution au conflit israélo-palestinien sera diplomatique ou ne sera jamais! Il n’a pas su — ou voulu — comprendre que seule la solution à deux Etats à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues pourra permettre d’instaurer une paix durable au Moyen-Orient. Hélas, le dirigeant israélien le plus intelligent et le plus lucide, Yitzhak Rabin, a été tué par un illuminé en 1995. On lui doit les accords d’Oslo qu’il avait signés avec le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) Yasser Arafat. Netanyahou, donc, a cru qu’avec la force et en s’alliant avec l’extrême droite pour former le gouvernement le plus réactionnaire et le plus ultra de l’histoire d’Israël, mais aussi en signant des accords séparés avec des pays traitres à la cause arabe, il allait gagner la guerre. La déception n’en a été que plus grande pour lui, à la mesure de la cruelle humiliation qu’il a fait subir à son pays.
Jusqu’au 7 octobre dernier, Tsahal avait la réputation d’être une armée invincible, et le Mossad et le Shin Beth étaient présentés comme les meilleurs services de renseignements du monde. Rien, disait-on, ne pouvait échapper à la sagacité de ces deux services (opérant respectivement à l’extérieur et à l’intérieur des frontières de l’Etat hébreu) ainsi qu’à leurs grandes oreilles électroniques qui pouvaient capter même les murmures au fond de l’océan. Et voilà qu’à leur nez et à leur barbe, un mouvement considéré comme terroriste — et, en tant que tel, représentant un danger vital pour Israël—a monté une opération de grande envergure pendant des mois et l’a exécutée avec le succès que l’on sait sans qu’ils s’en soient seulement doutés. Terrible désaveu et humiliation pour ces jadis fleurons du renseignement et débâcle retentissante pour Tsahal dont le mythe de l’invincibilité a vécu.
Désormais, le Roi Israël est nu, le héros a chuté de son piédestal et le Hamas a démontré que la puissance d’Israël — comme le disait le Président Mao à propos de la bombe atomique—est un tigre de papier. Israël peut dire merci à qui pour ce désastre qui lui est porté ? A la brute épaisse, pour ne pas dire au fier à bras, Benyamin Netanyahou !
Mamadou Oumar NDIAYE
PS :
A présent que le Mossad et le Shin Beth ont étalé toutes leurs limites et se sont fait ridiculiser par le Hamas, on souhaite bien du plaisir à Gaby Peretz et à ses grandes oreilles chargées de nous écouter pour le compte du président Macky Sall. Qui ferait mieux d’écouter lui-même les pulsions et colères de son peuple plutôt que de compter sur la technologie israélienne qui pouvait être aveugle et sourde comme on vient de le voir !
par Aliou Lam
AU-DELÀ DE L’ENGOUEMENT, LA PORTÉE DES CANDIDATURES MULTIPLES
Ni l’opposition n’ont pas bien préparé l’élection présidentielle de 2024. Le réveil semble brutal pour tous. Les convictions et plans ont été détruits. La confiance manque et le doute s’est installé dans toutes les écuries
Au fur et à mesure que la date fatidique du 25 février 2024 approche, le landerneau politique sénégalais s’agite à tel point qu’on peut l’assimiler à une crise d’angoisse politique. Que non ! Toutes choses étant égales par ailleurs, nous pouvons considérer que la classe politique dans sa globalité, opposition et pouvoir confondus, a été prise de cours et tous ses plans bousculés, parfois anéantis par les divers évènements vécus entre mars et juillet 2023.
Les conséquences de la bipolarisation de l’espace politique
Tout au long de ces cinq dernières années, la bipolarisation de la vie politique voulue et entretenue autour de Macky et Sonko a été la constante dominante sur la sellette, en vue de l’élection présidentielle prévue en 2024. Le scénario apparaissait simple et ne donnait plus beaucoup d’espace aux nombreux protagonistes pour se positionner hormis quelques rares figures. Cette dualité s’est rapidement mue pour l’opposition courant 2023, en d’autres données plus complexes qui semblaient être la solution pour d’une manière ou d’une autre écarter définitivement de la course le président Macky Sall dont les velléités jugées anticonstitutionnelles étaient de briguer un 3ème mandat. Cette éventualité a accéléré les choses.
L’effet boumerang d’un aveuglant jusqu'au-boutisme politique
L’opposition, à sa tête le Pastef, a ainsi mis la pression pour en finir par la stratégie du ‘’mortel combat’’. D’une part en chevauchant l’armure des affaires judicaires politisées du leader du Parti Pastef soutenu par la coalition Yewwi et toute la société civile. Les tournures prises et les conséquences engendrées ont fini par la mise aux freins du Candidat Sonko et l’implosion des coalitions formées au tour du Pastef. D’autre part la campagne non moins internationalisée du ‘’non au troisième mandat de Macky’’ qui était la belle trouvaille apparemment très prometteuse pour ‘’battre campagne sans programme’’ et encore élire un président sur les slogans déjà huilés de ‘’Tout sauf cette fois ci Macky ‘’ ou ‘’Jama guen 3ème mandat’’, a été stoppée nette par l’adresse faite à la nation le 3 juillet par le Président Sall annonçant sa non candidature. Ce message tant attendu, a été accueilli avec un grand soulagement par les populations. Mais, il n’a pas fait que des heureux. Il a eu l’effet d’une Bombe à Neutron aussi bien dans les rangs de la coalition au pouvoir que dans ceux l’opposition radicale ou modéré et de la société civile. Subitement les différentes structures comme dénudées de leurs âmes sont devenues des sortes de coquilles vides.
La coalition Benno Bokk Yakar dans sa campagne ouverte de soutien pour pousser Macky à se représenter avait déjà pris des positions qui rendaient tout autre choix inadapté et tout autre candidat que Macky inapte à assumer la continuité pour gérer ce pays. C’est certainement pourquoi les choses étaient devenues très difficiles voire impossible de s’entendre au tour d’un candidat unique. A priori, déjà jugés inaptes la plupart des ténors de BBY ne pouvaient plus que se conformer à la décision du président Sall.
Du côté de l’opposition, n’étant pas réellement préparée à faire campagne sans Macky, l’argument fédérateur et apparemment suffisant pour mobiliser les foules même sans véritable programme de gouvernance, ‘’le non au troisième mandat’’, était en quelques secondes devenu obsolète. Le renoncement de Macky a été comme une douche froide qui a fini par congeler toutes les synergies et énergies, laissant aphones les partis et coalitions qui comptaient, par la simple opposition à la personne du Président Macky ou par le Chaos d’une précampagne déjà houleuse avec le feuilleton judicaire des affaires sonko, faire tomber la république en leur faveur ou celle des militaires comme cela s’est passé dans des pays de la sous-région soumis à d’autres réalités.
Aujourd’hui, la coalition au pouvoir mal préparée est restée très perturbée voir inhibée par le renoncement inattendu du président Sall. L’opposition quant à elle a du mal à se concerter et à se retrouver pour rééditer le coup des élections municipales et législatives de 2022 qui avait ébranlé le pouvoir et ses alliés, décapitée qu’elle est par la péripétie des affaires Sonko combinées au tsunami induit dans ses rangs par la décision brusque de sa non-participation aux élections de 2024 annoncée par le président Macky.
Le cauchemar éveillé des ‘’intouchables’’ politiciens de la république
Sous cet angle il semble bien évident de constater que ni le pouvoir ni l’opposition n’ont pas bien préparé l’élection présidentielle de 2024. Le réveil semble brutal pour tous. Les convictions et plans ont été détruits. La confiance manque et le doute s’est installé dans toutes les écuries. Le jeu des alliances ne pouvant plus fonctionner, s’installe la débandade, chacun joue pour soi. Avec les échéances du parrainage et du dépôt de candidature, les déclarations de participation se multiplient à friser l’hystérie collective aux yeux de certains observateurs surpris et de politiciens professionnels rompus à l’accaparement qui sentent que le vent commence à tourner. Mais au fond il n’y a rien de plus normal.
La pléthore de candidatures déclarées à la présidentielle de 2024 est une conséquence normative de l’évolution depuis plus de 30 ans du multipartisme intégral ayant abouti à environ 350 partis et une dizaine de coalitions. La logique d’un parti étant de compétir à la gestion du pouvoir, quoi de plus normal et plus simple à admettre, qu’on puisse se retrouver avec plus de 100 candidats déclarés en attendant que les filtres du parrainage, de la caution et autres détails ne viennent trancher sur, qui officiellement peut ou non, participer. Restera au peuple de trancher.
Etant donné que 56% de la masse électorale n’a pas participé aux élections législatives de juillet 2022, empêchée ou s’étant très probablement abstenue, il est fort à parier que l’offre de représentation recherchée et attendue par la majorité des électeurs n’était pas encore mobilisée ou suffisamment impliquée. Voilà qui donne encore plus de sens ou de crédibilité aux multiples candidatures inattendues et qui dérangent. Et, pas plus de chances à celles de personnes bien connues pour leur engagement politiques mais qui n’ont pas jusqu’ici réellement convaincues.
Un scrutin qui s’annonce ouvert et un véritable défi pour la démocratie
On ne doit pas s’offusquer du nombre de candidatures déclarées. Il est normal que tous ceux qui le souhaitent et pensent pouvoir l’assumer se proposent aux choix des sénégalais qui semblent vouloir à l’aune des événements endurés du fait de la maladresse de la classe politique, un vrai changement en tout, une mutation totale dans la gestion de la cité et des affaires du pays.
Certaines candidatures sont perçues comme fantaisistes, inappropriées parce que ceux qui les incarnent ne sont pas assez ou pas du tout connus des sénégalais. Par contre, cette même opinion ne trouverait rien à dire et pense que les candidatures sont plus légitimes quand il s’agit d’anciens ministres de surcroit premiers du rang, révoltés parfois tardivement d’un système qui les a laissé au bord de la route au moment où ils n’avaient rien à reprocher au pouvoir qu’ils ont servi et ou accompagné sans remarquer que les manières d’opérer, les méthodes et les programmes de gouvernance qu’ils ont appliqué n’étaient ni les bons, ni les meilleurs pour sortir le Sénégal du sous-développement et de la dépendance servile de partenaires qui se gavent de nos ressources mal exploitées.
Ces ‘’plénipotentiaires’’ le savaient-ils sans réagir ou simplement ont-ils préféré gérer des intérêts personnels au détriment du peuple floué et paupérisé qu’ils se proposent de sortir aujourd’hui des ornières ? Avoir un bon carnet d’adresse suffit-il pour être un bon président ? Tous ceux qui du fait de leur présence dans ou à proximité des régimes passés ou présents, qui donnent l’impression de pouvoir assumer, l’ont été pour la majorité des cas par simples coïncidences et non par ce qu’ils étaient plus aptes à ces postes confiés par l’autorité. En conséquence riche de ses multiples protagonistes, le scrutin du 25 février 2024 qui s’annonce indécis et très ouvert, constitue à maints égards un véritable test de maturité pour la démocratie sénégalaise.
Reste à élire le bon président de la république
Rien ne prédestine à la fonction de chef de l’état dans une démocratie. Les bons présidents ont de la rigueur, sont honnêtes, entourés des meilleurs collaborateurs à chaque niveau, autour d’un programme clair, déroulé et constamment évalué pour répondre aux attentes du peuple pour lequel toute action est menée. Comme le disent certains, il n’y a pas d’écoles où on apprend à être Président ou ministre de la république. Avoir été dans l’appareil d’état pendant un certain temps peut être un atout pour présider aux destinées d’une nation mais cela ne suffit pas pour convaincre et opposer les ruptures nécessaires à faire évoluer un pays.
Pour élire un président le peuple reste souverain. Il faut que les sénégalais se rassurent pour le futur et soient bien plus critiques pour réaliser le bon choix le 25 février 2024, sur la base des programmes et modèles de gouvernance proposés par les candidats, beaucoup plus fiable que les supposés parcours d’hommes et de femmes qui n’ont conçu ou incarné aucune vision à propos de laquelle ils ont pris le temps de suffisamment réfléchir pour la faire valoir. Certains aspirants bien qu’ayant peu ou jamais assumé des responsabilités dans un gouvernement, ont l’avantage d’avoir eu le temps d’observer, de réfléchir, de critiquer librement et certainement, ce qui les rend encore plus crédibles, de n’avoir jamais été mêlés de près ou de loin à aucune affaire de corruption ou de mal gouvernance publique.
L’angoisse de la stabilité qui accorde beaucoup de crédit au parcours et à l’expérience des relations internationales, les enjeux de la gestion du gaz et du pétrole agités en épouvantail et autres détails qui ne manqueraient pas de peser sur la balance, ne sauraient être le bon prétexte pour choisir un candidat dont le programme n’inspire ni la confiance et ni la rupture avec ce que l’on a déjà connu et enduré depuis des décennies dans la marche ou mieux la gestion de notre cher pays.
Il ne faut pas oublier que le président choisi travaillera dans la continuité sur un fond déjà assez confortable, d’un état que constituent son administration et les corps constitués, avec leurs différents appareils qu’il suffit de mettre harmonieusement en marche, pour que les bons hommes et femmes à la place qu’il faut, mais pas à la place que l’on veut, prêts à rendre compte de la confiance accordée, fassent leur travail en synergie, pour que l’essentiel soit déjà assuré. Le président n’accompli pas la sécurité d’un pays, ni la cohérence de son économie ou le niveau et la qualité de son système sanitaire ou éducatif. Mais il les favorise. Il les rend possibles et efficients par son autorité, son contrôle permanent, sa vigilance, sa réflexion continue et surtout son leadership. Il doit toujours garder à l’esprit le contrat de confiance conclu avec le peuple qui est en réalité le maître auquel le tout-puissant l’a soumis et au nom de qui il gouverne. Etre président n’est pas une sinécure. C’est une lourde responsabilité qu’on ne saurait assumer au-delà de bien vouloir servir au mieux son peuple, en pensant à soi.
Pour conclure, on peut avancer que la portée du scrutin du 25 février prochain au-delà de l’engouement, est d’être au moins sûr, d’avoir un autre président grâce à la clairvoyance et au courage de Macky renonçant à la tentation de s’accrocher au pouvoir. Le choix devra être celui d’un peuple averti, riche de son expérience de multiples alternances, debout pour élire celui dont le programme pourra réellement changer son destin et le porter au niveau des nations les plus unies et les plus comblées au monde.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana Bathily
KEHINDE WILEY : LA CHOQUANTE GLORIFICATION DU POUVOIR NÉOCOLONIAL AFRICAIN
EXCLUSIF SENEPLUS - Avec ces portraits de chefs d’État africains, il opère une rupture artistique par rapport à ses œuvres antérieures. L’hubris de ces dirigeants, leurs égos démesurés, rencontré ici la naïveté politique de l’artiste Africain-américain
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 16/10/2023
L’exposition du peintre Africain-Américain Kehinde Wiley ouverte le 26 septembre dernier au musée du Quai Branly à Paris intitulée « Dédale du pouvoir » ou « Maize of Power » est une glorification d’autocrates et de despotes africains.
Elle se compose de douze portraits de très grands formats de chefs d’Etat africains contemporains : Olusegun Obasanjo. (Nigeria), Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Paul Kagamé (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (République du Congo), Alpha Condé (Guinée), Faure Gnassingbé (Togo), Sahle-Work Zewde (Ethiopie), Macky Sall (Sénégal), Nana Akufo-Addo (Ghana), Félix Tshisekedi (RDC) et Hery Rajaonarimampianina (Madagascar).
Ces tableaux qui reprennent comme toute l’œuvre du peintre les canons de la portraiture aristocratique, royale et militaire européenne des 17e, 18e et 19e siècle, suggèrent par les pauses, les attributs exhibés et l’éclairage tantôt l’autorité calme, l’audace inspirée, la vision prophétique, la majesté et la grâce au pouvoir. Ils confèrent ainsi à ces chefs d’État africains les attributs qu’ils cherchent à s’octroyer habituellement par la force et par une propagande effrénée, avec la complicité de thuriféraires et de propagandistes rétribués par toutes sortes de rapines et de prébendes.
Pourtant, contrairement aux artistes européens classiques dont il s’inspire, Wiley n’est pas le peintre de cour de ces présidents africains. Ils ne l’ont ni payé ni récompensé.
C’est lui-même qui a initié le projet qu’il a réalisé selon ses propres canons et méthodes, en mettant en œuvre son imaginaire et ses fantasmes.
Ces portraits sont cependant en complet déphasage dans leur signification avec les œuvres antérieures du peintre.
Considérons son « Napoleon traversant les Alpes » de 2005, œuvre iconique, qui est une reconstruction détournée de « Bonaparte franchissant le Grand-Saint Bernard », portrait équestre de Napoleon Bonaparte de Jacques Louis David. La figure héroïque de Napoléon devient sous son pinceau celle d’un jeune Noir quelconque, nommé Williams, habillé en streetwear des ghettos américains : pantalon de treillis, boots Timberland et bandana.
Regardons son portrait du rappeur Ice T de 2005 représenté dans le cadre et la composition de « Napoléon 1er sur le trône impérial » de Jean Dominique Ingres.
Ces œuvres sont éminemment révolutionnaires : elles subvertissent la peinture occidentale classique et la détournent pour montrer et valoriser des personnages d’Africains-Américains ordinaires.
Wiley se préoccupait alors en effet de « placer des jeunes Noirs dans des situations de pouvoir, établie par des sources historiques …Le but de la peinture étant de s’en prendre à l’histoire de la création d’images, à l’histoire du pouvoir dans la création d’images et façonner un espace pour les gens qui qui n’occupent pas d’ordinaire cet espace… ».
Son portrait du président Barack Obama qui date de 2018, qui l’a consacré comme l’un des plus grands noms de la peinture contemporaine, est naturellement une représentation du Noir au pouvoir. Mais aucunement dans le mode hagiographique : ici aucune emphase, aucune référence à une grandeur surhumaine. Obama qui pose en tant que 44e président des Etats-Unis d’Amérique, est représenté assis sur une simple chaise, le buste légèrement penché en avant, les bras croisés sur les jambes, dans une pause naturelle. Seule touche excentrique, le fond touffu de fleurs de lys, de chrysanthèmes et de jasmins.
Obama avait en effet exigé de l’artiste qu’il soit représenté avec sobriété.
« Je lui expliqué », rappellera-t-il plus tard, « qu’il devait se retenir…que j’avais assez de problèmes politiques, pour qu’il me représente en Napoléon… »
Hubris et culturalisme
Avec ces portraits de chefs d’État africains, Kehinde Wiley opère une rupture artistique par rapport à ses œuvres antérieures, particulièrement par rapport à son portrait du président Obama.
Aucune subversion ici, aucun second degré, aucun détournement de sens révolutionnaire. C’est plutôt l’emphase dans la mise en scène et la glorification du sujet représenté.
C’est que l’hubris de ces chefs d’État, leurs égos démesurés, leur désir pathétique et souvent criminel de capturer et de représenter le pouvoir totalement et sans partage, ont rencontré ici la naïveté politique de l’artiste Africain-américain. Celui-ci est visiblement inspiré par le culturalisme nationaliste noir, cet avatar idéologique de la Négritude, selon lequel le Noir au pouvoir, c’est l’avènement du Black Power, l’apothéose de la lutte de libération Noire.
La Dédale du pouvoir, un faux-pas
De ce fait, au plan artistique, la Dédale du pouvoir représente un faux-pas dans l’œuvre de Kehinde Wiley.
Les grands artistes se fourvoient quelques fois en commettant des œuvres antithétiques par leur formes ou leurs sens à leurs réalisations antérieures et à leur crédo artistique.
Ceci n’enlève cependant rien à l’importance de cet artiste qui reste l’un des plus grands peintres contemporains, sans doute l’un des plasticiens Africains-américains les plus significatifs de l’histoire avec Jacob Laurence et Jean-Michel Basquiat.
ENSEIGNANTS ET NICARAGUA
On commence à croire finalement que le recrutement des enseignants est nécessaire. Dans les coins les plus reculés, c’est la même rengaine : il n’y a pas de prof de... Il n’y a pas de maitre de telle classe.
On commence à croire finalement que le recrutement des enseignants est nécessaire. Dans les coins les plus reculés, c’est la même rengaine : il n’y a pas de prof de... Il n’y a pas de maitre de telle classe. Mais finalement "eche k sakh" des enseignants n’ont pas pris le chemin du Nicaragua ? Bon, quand des imams et des naïm le font... Il faut réactualiser le fichier des enseignants. Parce que c’est possible qu’il y ait eu des prêts bancaires et ou prêts, non pas DMC, mais...
Billet à retrouver dans votre quotidien Bes Bi Le jour de ce lundi 16 octobre 2023. Bonne lecture
Par Alpha Amadou SY
L’AFRIQUE FRANCOPHONE ET LE MALENTENDU DÉMOCRATIQUE
Les peuples s’attendaient à l’amélioration qualitative de leurs conditions d’existence, alors que la démocratisation reste plutôt une panacée imposée par les bailleurs de fonds aux États africains, empêtrés dans le bourbier du totalitarisme politique
La démocratisation des espaces politiques de l’Afrique francophone avait soulevé d’immenses espoirs auprès des peuples africains. Tout laissait penser que, corrélativement à l’ouverture du grand chantier qu’est l’édification de l’État de droit, ils allaient, enfin, satisfaire leurs attentes ratées par l’accession à l’indépendance. Celles-ci étaient posées en termes de souveraineté nationale, de croissance économique et de redistribution équitable des ressources.
Le rêve était d’autant plus permis que la perspective de l’enterrement au premier plan des autoritarismes politiques était à la fois le gage de l’expression plurielle et la garantie de la satisfaction des droits essentiels, tels que formulés dans les nouvelles constitutions désormais estampillées républicaines.
Mais, une trentaine d’années après la sommation de la Baule, le désenchantement est devenu presque total, comme en atteste la nature des contradictions qui, présentement, structurent l’espace politique de l’Afrique francophone.
Édifiante, à ce sujet, est la trajectoire empruntée par le Mali au cours de ces trois dernières décennies.
Au lieu de revenir ici sur le cours tumultueux qui a prévalu au Mali depuis l’avènement du Général Amadou Toumani Touré, nous mettrons plutôt l’accent sur les espoirs suscités par l’élection de Ibrahima Boubacar Keita.
L’enthousiasme avec lequel les Maliens s’étaient rendus aux urnes, lors du premier scrutin post crise de 2013, laissait entrevoir l’ouverture de nouveaux horizons. Mais, l’escalade de la guerre du Nord conjuguée avec la récession économique et le bras de fer avec les forces coalisées dans le M5 et le Président en exercice offrirent aux militaires, comme par rituel, l’opportunité de revenir au Palais de Koulouba. Ainsi, en août 2020, Bah Ndaw s’est vu confier la transition, avant d’en être évincé par son vice-président, le Colonel Assimi Goïta.
En Guinée, le 5 septembre 2021 un détachement de l’Armée, dirigé par un membre des unités spéciales, Mamadi Doumbouya mit un terme au pouvoir dictatorial d’Alpha Condé. La junte au pouvoir justifiera son acte par « la situation sociopolitique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la, justice, le piétinement des droits des citoyens, la pauvreté et la corruption endémique ».
Comme une épidémie, le Burkina Faso vivra un coup d’Etat...à la malienne. En janvier 2022, le Président élu, Roch Marc Christian Kaboré, est renversé par Paul Henri Sandaogo Damiba, lequel sera destitué, au mois de septembre de la même année, par le jeune capitaine Ibrahima Traoré.
Le syndrome des coups d’État militaires franchira les frontières de ce pays pour faire du Niger son théâtre d’opération. Un coup de force avec toutes les apparences d’un coup de théâtre si l’on considère que Mahamadou Issoufou, le prédécesseur de Mohamed Bazoum, le Président renversé, avait posé un acte majeur donnant le sentiment que, au moins, au Niger, l’État de droit était profondément ancré. Alors que dans la sous-région la quête du troisième était la forfaiture républicaine la plus partagée, Mahamadou Issoufou s’en était proprement démarqué faisant, du coup, montre d’une lucidité politique et d’un esprit républicain dont l’exemplarité a été magnifiée ! Toutefois, sur toile de fond de multiples contradictions, la tentative de coup d’État, jugulée en 2015, puis en 2022, a fini par réussir en juillet 2023. La junte militaire porta, à la présidence de l’Exécutif nigérien, le Général Abdourahmane Tchiani, Commandant de la garde présidentielle.
Pratiquement, un mois après, jour pour jour, le nouveau syndrome de coup de force militaire déborda l’espace ouest- africain pour élire domicile au Gabon sur lequel a régné la dynastie des Bongo depuis 1967. Ainsi, le 30 aout, dans un contexte marqué par de fortes protestations contre la réélection de Aly Bongo, le Général Brice Oligui Nguema, lui aussi ancien Chef de la garde présidentielle, prit la tête de l’Exécutif gabonais.
Ces juntes militaires, une fois au pouvoir, rencontrent de sérieuses difficultés pour tenir leurs promesses faites à leurs concitoyens. Économiquement, les sanctions, qui leur sont appliquées par les organisations sous-régionales voire par la Communauté internationale, réduisent drastiquement leur marge de manœuvre. Au niveau politique, elles sont souvent vivement contestées par des partis politiques et des organisations de la société civile qui leur reprochent, en plus de suspendre les libertés publiques, de se presser lentement pour réunir les conditions de retour à l’ordre constitutionnel. Dans un pays comme le Mali, le M5 donne le sentiment que les militaires lui ont presque usurpé le pouvoir. Enfin, au Burkina Faso et au Mali, des voix regrettent le bilan sécuritaire mitigé, alors que les militaires avaient fait de l’anéantissement des djihadistes un de leurs objectifs principaux.
Les autres pays de l’espace africain francophone, pour être encore gouvernés par des civils, n’en sont pas, pour autant, des terres d’ancrage des principes républicains. Au Cameroun, tout comme au Congo, sous l’apparent immobilisme politique, des contradictions grosses de tous les dangers couvent. Notamment, le pays d’Ahidjo, qui, en plus d’être confronté à la crise anglophone, est interpellé sur la délicate équation de l’après Paul Biya, avec la rumeur de faire monter au Sommet son fils, Frank Biya.
Au Tchad, au lendemain de l’intronisation de Mahamat Idriss Deby, à la suite du décès de son père, en avril 2021, la question de la stabilité du pouvoir demeure à l’ordre du jour. Les manœuvres pour la pacification de l’espace politique sont compromises par les rebelles du Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad (FACT) et la dynamique contestataire portée par les Transformateurs sous la direction de Succès Masra.
Même un pays comme le Sénégal, pendant longtemps crédité du statut flatteur de vitrine de la démocratie en Afrique, n’est pas épargné par les zones de turbulence. Le Président Macky Sall, après avoir réitéré à maintes reprises son engagement à s’en limiter à deux mandats, avait fini par servir à ses compatriotes un flou artistique par son « ni oui ni non ». Si on ignore quel désordre aurait résulté d’une déclaration " prématurée" de sa renonciation au troisième mandat on sait, en revanche, que son teaming choisi pour annoncer son attachement au code d’honneur a exposé le pays à pas mal de périls.
Des violences d’une rare intensité avec mort d’hommes, accompagnées de pillages et d’actes de vandalisme de sites du savoir, avaient, à partir de 2021, infecté le quotidien des Sénégalais. Présentement, l’embastillement de Mr Ousmane Sonko, suivi de la dissolution de son parti, au terme d’un processus rocambolesque et la nature des contradictions qui structurent les rapports entre la F24 (coalition de partis politiques, d’organisations de la société civile et de personnalités indépendantes) et la mouvance présidentielle témoignent de l’état grippal du système politique sénégalais.
En tout état de cause, la situation asphyxiante, qui prévaut dans l’espace de l’Afrique francophone, atteste du fait que, pas plus que les drastiques Politiques d’Ajustement Structurel, la démocratisation n’a pas mis un terme au mal-être des Africains. Et les peuples sont d’autant plus déroutés que les bailleurs de fonds ne se focalisent que sur le taux de croissance, au moment où la paupérisation se développe de manière vertigineuse. Le malentendu découle du fait que les peuples africains s’attendaient à l’amélioration qualitative de leurs conditions d’existence, alors que la démocratisation reste plutôt une panacée imposée par les bailleurs de fonds aux États africains, empêtrés dans le bourbier du totalitarisme politique et de la gabegie économique.
Par une approche fortement imprégnée de l’ultralibéralisme, Paris avait érigé l’instauration de l’État de droit en conditionnalité. Mais, cette stratégie s’est avérée progressivement anachronique dans un contexte où la complexité de la mondialisation permet de trouver des partenaires qui ont fait du formalisme démocratique le cadet de leur souci. Avec cette nouvelle donne, s’amorce une reconfiguration qui emporte le pré carré français.
Il est révélateur, à ce sujet, que des coups d’État ont été perpétrés au nez et à la barbe des Français. Bien plus, ces coups de force ont été accompagnés par de virulentes manifestations d’hostilité contre l’ancienne puissance coloniale, avec parfois - signe des temps- des drapeaux russes ! Au Mali, au Niger et au Burkina Faso, les militaires français ont été mis en demeure de plier armes et bagages.
Il se laisse à voir que le mal-être des Africains persiste. Toutefois, au regard des capacités de résilience dont les peuples ont toujours fait montre, l’espoir est permis. Aussi revient-il aux élites africaines de bien se garder de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il leur incombe de repenser le projet démocratique en le délestant de la perspective néolibérale qui a, jusqu’ici, présidé à sa tentative de greffage en Afrique francophone. Sous ce rapport, leur mission est de favoriser l’émergence d’une véritable citoyenneté dont la vertu est de donner de la vitalité à l’État de droit et d’insuffler l’âme républicaine aux institutions.
Auteur, entre autres, de L’espace politique de l’Afrique francophone, en question (25 ans après le Sommet de la Baule), Paris, édition L’harmattan, 2017.
L’ETAT PERD UN MATCH DÉCISIF
Après le match, remporté par l’Etat, sur le terrain de la Cour suprême, qui a acquiescé le refus de lui remettre ses fiches de parrainage, c’est le Tribunal de Ziguinchor qui a accueilli, hier, la manche retour entre Sonko et les avocats de l’Etat.
Après le match, remporté par l’Etat, sur le terrain de la Cour suprême, qui a acquiescé le refus de lui remettre ses fiches de parrainage, c’est le Tribunal de Ziguinchor qui a accueilli, hier, la manche retour entre Sonko et les avocats de l’Etat sur la radiation. Un match à domicile pour le maire de Ziguinchor qui a été poussé par ses supporters jusqu’au bout. Comme ambiance Allez Casa hier ! Et à l’arrivée, l’arbitre a infirmé le pénalty sifflé par l’Etat. Qui a retiré le capitaine de l’ex-Pastef de la feuille de match. Entre la cassation et le Conseil constitutionnel, tout est possible. Aller boo guiss nak amna retour !
Assane Gueye
JAKARTA EXPRESS RÉGIONAL
S’il y a un secteur émergent au Sénégal, ce sont bien les vélos-taxis qui marchent cinq sur cinq. Les emplois-Jakarta font fureur. Il n’y a pas meilleur baromètre pour mesurer le cuisant échec qu’aucun saupoudrage ne peut cacher.
S’il y a un secteur émergent au Sénégal, ce sont bien les vélos-taxis qui marchent cinq sur cinq. Les emplois-Jakarta font fureur. Il n’y a pas meilleur baromètre pour mesurer le cuisant échec qu’aucun saupoudrage ne peut cacher. C’est le résultat de politiques publiques calamiteuses des gouvernements successifs. En n’offrant que cette misérable perspective à la jeunesse, on ne fait rien d’autre que la trahir. C’est de la non-assistance à personnes en danger que cette activité de jakartamen, symptôme d’une méga-crise économique et sociale interne. Aussi léger que l’aile de moustique, cet engin horriblement laid n’est adapté ni à la sécurité routière ni au transport de personnes. Il n’y a que ces pays dépourvus d’amour propre pour l’adopter. On dirait des feuilles mortes roulantes et parfois volantes déversées sans retenue sur le macadam et positionnées maintenant à tous les carrefours et croisements. Ceux qui se posent des bonnes questions se demandent d’abord qui les importe aussi massivement au Sénégal ? Et comment se fait-il qu’un État responsable accepte toute cette pacotille et toute cette poubelle sur le territoire national ? Si c’est pour enrayer le chômage endémique, c’est absolument nul. Ça voudrait dire qu’on est à court d’idées et sans aucune vision.
Génération sacrifiée
Échappant à tout contrôle, sans aucune maîtrise de son parc, cette fausse bonne solution est tout simplement une catastrophe. Outre l’insécurité et la sinistralité qu’elle génère, on sacrifie toute une génération qui n’a plus que le choix d’un métier sans avenir, sans queue ni tête. L’explosion des vélos-taxis se fait sur l’autel des vrais corps de métiers. Maçon, menuisier-ébéniste, plombier, électricien, spécialiste de l’automobile, peintre, soudeur métallique, etc., souffrent déjà de pénurie de main-d’œuvre. Avec ce phénomène qui a tout l’air d’une invasion de sauterelles, les jeunes qui s’y engouffrent, sans autre qualification ou savoir-faire, ont les mains ligotées sur le guidon. L’échec est là. Terrible et global. Chacun a sa part de responsabilité dans ce délabrement sans précédent. Nos cœurs secs ont fini par ne creuser que tunnel, gouffre, vide et rien de bon sur le chemin sinueux de nos jeunes frères abandonnés à eux-mêmes. Génération sacrifiée et même estropiée des membres et du cortex. Ni ingénieurs, ni médecins, ni professeurs, ni écrivains dans le cortège. Pour beaucoup d’entre eux, c’est déjà la retraite avant même d’avoir commencé. Qui pourra un jour évaluer le préjudice ? Avec l’émigration clandestine et ses dégâts, c’est un continuum. Le même péril. Sans formation ni éducation pour la plupart, inutile donc de leur parler de soif de connaissances. Ce serait du charabia. Le goût des livres et de la lecture, connais pas. Ils en sont privés pour de bon. Quel scandale et quelle misère que cette politique qui prive des hordes de jeunes de tout ce qui fait sens. Il faut manger comme il faut boire et gagner sa vie coûte que coûte. Mais c’est essentiel de se cultiver. Ça nous différencie des autres vivants.
Dans un contexte de séisme démographique, l’émerveillement doit façonner le capital humain. Il apporte paix et sérénité intérieures qui tuent dans l’œuf les mauvaises insurrections et mauvais comportements. Sans code de conduite, la prévention routière n’est que canular. Faire une chose et son contraire s’apparente à de la schizophrénie. Seulement, quand on est dans l’impasse et au pied du mur, il ne faut pas s’émouvoir des attitudes de survie. Elles vont se décupler partout dans l’espace public. Dans pareils cas, les gouvernements ressemblent de plus en plus à des ornements totalement dépassés par les événements.
Par Moussa KAMARA
RIPOSTE
Chassés de l’Europe, ils ont retrouvé la terre de leurs aïeux au Proche Orient. Par la guerre et avec l’aide exceptionnelle des Occidentaux, les Juifs ont gagné et créé un Etat. Et depuis ce jour, les belligérants, Juifs et Arabes se mènent à la guerre.
Israël, l’enfant chéri de l’Occident, n’a apparemment pas beaucoup retenu de l’holocauste et du nazisme. L’Allemagne nazie, qui a méprisé les Juifs au point de les éradiquer dans des camps de concentration, a disparu avec la participation massive des Soviétiques à la prise de Berlin.
Chassés de l’Europe, ils ont retrouvé la terre de leurs aïeux au Proche Orient. Par la guerre et avec l’aide exceptionnelle des Occidentaux, les Juifs ont gagné et créé un Etat. Et depuis ce jour, les belligérants, Juifs et Arabes se mènent à la guerre. Malgré des accords de coopération signés avec des pays arabes dont le plus surprenant impliquait le Royaume saoudien en phase de finalisation et que la diplomatie juive sera obligée de mettre en pointillé, l’Etat juif n’a jamais cessé de martyriser les Palestiniens. En les privant de leurs terres colonisées par des Israéliens ultra-orthodoxes, en les parquant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, en faisant la police partout où ça lui plaisait.
L’holocauste que tout le monde déplore, est reproduit sur les Arabes et principalement les Palestiniens depuis plus de 70 ans. Avec le silence coupable des puissances de ce monde. Hitler avait entrepris de faire disparaitre les Juifs, par la force et par l’oppression, sans véritablement arriver à ses fins. Le silence quand il est coupable se transforme en honte. La Palestine qui n’a jamais été un Etat fort et puissant a été choisie pour accueillir les Juifs. Si les Palestiniens étaient aussi forts que l’Iran, malgré les liens avec la terre, l’Etat juif n’existerait pas.
L’Etat juif, certainement muni de la bombe atomique, fait tout pour que l’Iran, Etat indépendant et libre, ne puisse s’en doter. En vertu de quoi ? De la domination de l’Occident sur le monde ! Ce monde occidental qui traite de « terroristes » ses ennemis ou, tout simplement, les peuples qui veulent se libérer de son emprise. Que les Arabes qui investissent massivement en Europe et ailleurs se le tiennent pour dit. Le pétrole qu’ils vendent à l’Occident au prix fort sert le plus souvent aux rois et émirs du Golfe qui payent des avions, des yachts de luxe, des voitures sans prix et des palais où tout vient d’Occident.
Heureusement que le monde avance à grands pas et de nouvelles puissances voient le jour. Une reconfiguration de la géopolitique du monde se dessine sous nos yeux. La Turquie et l’Iran entre autres font notre fierté et celle des Musulmans et ce sont des Etats qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. La presse gouvernementale en Europe et en Amérique traite le Hamas de terroriste et adoube Israël. Parce que le Hamas a muri une riposte exceptionnelle.
Cette riposte que nul ne voyait venir tellement ils s’accordaient à voir en l’Etat juif une puissance régionale imprenable. Israël, pour laver l’affront, va détruire Gaza et tuer impunément des centaines voire des milliers de Palestiniens. Holocauste pour des apatrides prétendus terroristes arabes.
Par Abdoul Aly KANE
PRESIDENTIELLE DE 2024, LE TEMPS DES INCERTITUDES
La particularité de ce scrutin réside dans le fait que l’actuel titulaire du poste n’y participera pas, et que le principal opposant susceptible de remporter l’élection, est menacé de ne pas y prendre part si l’on s’en tient aux diverses péripéties...
Dans trois mois, le Sénégal va entrer dans une période d’incertitudes du fait de l’élection présidentielle de février 2024. La particularité de ce scrutin réside dans le fait que l’actuel titulaire du poste n’y participera pas, et que le principal opposant susceptible de remporter l’élection, est menacé de ne pas y prendre part si l’on s’en tient aux diverses péripéties judiciaires par lesquelles on le fait passer.
Cette situation inédite au plan politique est grosse d’une confusion qui aura des répercussions sur la configuration politique d’après-élection.
Les déclarations de candidature sortent de partout, donnant le sentiment que, pour les candidats à la candidature, les exigences du poste de président de la République sont désormais à la portée de tout un chacun, et que disposer d’un appareil politique est accessoire.
Quelles sont les causes qui sous-tendent ce regain d’intérêt pour cette fonction éminente ? Cette fin de présidence de Macky Sall s’accompagne d’une sortie de course d’une génération septuagénaire, voire octogénaire, présente sur le champ politique depuis Senghor.
Certains d’entre ses symboles comme Mamadou Diop Decroix sont d’ailleurs une nouvelle fois candidats à la candidature, prouvant ainsi une volonté de rester encore dans le jeu politique.
D’autres se sont rangés, lors du Dialogue national, derrière le président Macky Sall et, dès lors, sont plus enclins à soutenir le candidat de la continuité Amadou Ba.
S’il est vrai que l’on a l’âge de ses artères, il demeure que la distribution de la population du pays est largement en défaveur du maintien actif de ces « septuas » et « octos » dans la foire d’empoigne qu’est devenue la politique dans notre pays.
Pour ceux qui seraient tentés, sur ce plan, de convoquer la longévité politique de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade, il faudrait rappeler le caractère exceptionnel de sa venue au pouvoir, à un moment où il avait décidé de se retirer de la compétition électorale.
La petite histoire raconte qu’Abdoulaye Bathily et Amath Dansoko avaient dû aller à Paris le convaincre de venir récupérer un pouvoir à portée de main, et qu’Idrissa Seck avait inventé la marche bleue pour contourner la pénurie de moyens de campagne.
Pour en revenir à la présidentielle de février prochain, le camp du pouvoir est divisé comme le prouve amplement le maintien des candidatures de ténors de l’APR. L’opposition regroupée dans Yewwi Askan Wi, quant à elle, est dans une situation délicate.
Lui faudrait-il, par solidarité, boycotter l’élection à venir en cas d’élimination définitive de Sonko, figure de proue de la coalition ? Ou alors songerait-elle à capter les voies du Pastef au profit d’un éventuel plan B ?
La présentation simultanée de plusieurs candidatures à l’élection présidentielle était certes convenue dès le départ, et il n’est donc pas anormal de retrouver Habib Sy, Déthié Fall, Aïda Mbodj, Cheikh Tidiane Dièye etc. dans le lot des aspirants à la candidature.
En toutes hypothèses, l’activité des leaders de cette coalition semble davantage orientée vers la recherche de parrains plutôt qu’axée sur des manifestations pour la libération de Sonko et son inclusion dans les consultations à venir.
Le PASTEF sans Ousmane Sonko a un horizon assez trouble. Faudrait-il préparer ou non un plan B ? Cette hypothèse ne semble pas exclue totalement des analyses de certains responsables de ce parti qui se sont exprimés publiquement sur cette question.
Autre particularité notée dans le landernau des candidats: on ne note pas encore de formulation de programme économique. On pourrait donc se demander sur quels arguments ils comptent se baser pour obtenir des suffrages à même de leur permettre de diriger le pays.
Pour être un président de la République, il faut d’abord une vision déclinée en plans et programmes étalés dans un temps précis. La Vision attendue par les populations est celle d’un avenir meilleur, tendu vers un bien-être collectif
Pour les jeunes, qui constituent l’essentiel de la population, ce bien-être passe par le règlement de l’épineuse question de l’emploi, la progression du pouvoir d’achat pour les populations.
La quantité et la qualité des emplois pour les jeunes sont dépendantes du développement de l’agriculture dont la période d’activités est de trois voire 4 mois durant la saison des pluies, de la création et du renforcement d’une industrie performante et compétitive pour attaquer les marchés export, d’où la nécessité d’un modèle économique de substitution à celui adossé aux rentes issues de l’exportation brute de matières premières mal rémunérées et en proie aux spéculations des marchés boursiers internationaux.
Au-delà des investissements infrastructurels, le maître mot du développement de l’agriculture et de l’industrie est bien entendu la compétitivité. Les problématiques posées sont celles de savoir les réformes à mettre en œuvre pour produire aux meilleurs coûts des produits agro-industriels et industriels susceptibles de concurrencer ceux des entreprises chinoises et indiennes entre autres.
Où trouver les financements nécessaires aux investissements en capital matériel et humain ? Faudrait-il s’en remettre totalement à l’investissement direct étranger dépourvu d’apport en know-how apte à faire faire au pays des bonds technologiques ?
Le bien-être des populations, à relier à l’amélioration de leur pouvoir d’achat, dépend du rythme et du volume de la croissance de l’économie, et surtout de la politique redistributive au profit des populations.
De ce point de vue, l’utilisation à bon escient des ressources du budget devrait permettre de pourvoir aux besoins essentiels des populations dont le pouvoir d’achat est agressé par la hausse du coût des produits alimentaires, de l’électricité, des soins de santé et produits pharmaceutiques etc. Sans compter la hausse exponentielle des loyers.
Autre grande source de préoccupation pour tout président de la République : l’endettement public qui suit une courbe fortement ascendante. Selon le FMI, « La dette publique est estimée à 75 % du PIB, dont 67,5 % pour le gouvernement central. Le déficit des comptes courants s’est considérablement creusé en raison principalement de l’augmentation des factures d’importations. Les premiers signes d’un resserrement des conditions de financement sur le marché régional des titres publics appellent à la vigilance et à l’élaboration d’un plan de contingence ».
Dans ce contexte, l’institution financière de Washington prône « l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales et la rationalisation des dépenses publiques non prioritaires afin d’atténuer les pressions financières, tout en préservant la viabilité de la dette ». Les budgets publics sont lourdement lestés par le remboursement de la dette, en principal et intérêts.
Endettement public : le Sénégal en mode course-poursuite depuis l’indépendance !
Lorsque les montants empruntés ne sont pas utilisés de sorte à générer des capacités de remboursement correspondantes, cela déséquilibre les budgets et entraîne du surendettement, puisqu’on est obligé soit de demander la restructuration de la dette, soit de s’endetter à nouveau « pour payer la dette » ; ce phénomène de cavalerie financière a été constaté au Sénégal sur les eurobonds. En conclusion sur l’endettement public, il faut rappeler que depuis l’indépendance, le Sénégal est en mode « course/poursuite ».
Par le passé, lorsque l’endettement émettait des signaux d’alerte basés sur l’évolution du ratio « Endettement/PIB », et que les capacités budgétaires s’amenuisaient, le système était quasiment « réinitialisé » par des abandons de dettes, ou des réaménagements d’échéanciers de remboursements.
Aujourd’hui, l’endettement public est un phénomène mondial ; on note des ratios d’endettement dépassant les 100% du PIB aux USA, mais aussi en France, entraînant l’utilisation de la « planche à billets » et le maniement des taux d’emprunts obligataires par les banques centrales (via les taux directeurs) pour soulager les budgets publics.
Au regard de ce contexte, l’heure n’est plus pour les institutions financières internationales et les créanciers privés à envisager des initiatives du genre PPTE, mais plutôt à recouvrer les sommes dues.
Privés de planche à billets et faute de trouver des sources de financement à taux concessionnels (entre 0 et 1% de taux d’intérêt) et même difficilement des ressources financières du marché obligataire international (10%), il faudrait s’attendre à court terme à un recours de nos pays au FMI, comme ce fût le cas lors de la période de l’ajustement structurel des années 80.
Si d’aventure on était tenté de compter sur une capacité propre d’emprunt additionnelle permise par les revenus du gaz et pétrole, il faudrait savoir que les réflexions engagées au niveau des institutions financières internationales ne vont pas dans cette direction.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et Akinwumi Adesina, président de la BAD, ont conclu, lors d’un récent entretien, que « les prêts aux Etats adossés aux ressources naturelles sont non transparents, coûteux et de plus rendent difficile le règlement de la dette. Si la tendance se poursuivait, ce serait un désastre pour l’Afrique ».
Ils prévoient par conséquent de « parler d’une voix forte pour dire aux pays de ne pas ouvrir des voies à des prêts prédateurs et asservissants ».
Ce point de vue ne nous semble point évident non seulement parce qu’il met à mal le principe de souveraineté des Etats, mais surtout en ce qu’il met en doute la capacité des Etats à rembourser de leur propre chef, comme si ces prêts avaient pour finalité de financer des activités sans retour en termes de revenus.
A l’endettement public se rajoute la problématique de la transition climatique en Afrique dont l’effet majeur est de fermer à terme la porte aux énergies fossiles, en particulier à l’exploitation du charbon et du pétrole.
La raison avancée par l’institution financière est la suivante : « Bien que l’Afrique subsaharienne soit la région du monde qui contribue le moins aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle est la plus vulnérable face aux chocs climatiques »
« En outre, la demande d’énergie devrait augmenter fortement dans la région au cours des prochaines décennies. Suivre les mêmes sentiers de développement à forte intensité en carbone que ceux empruntés par d’autres économies risque de porter atteinte à l’effort mondial entrepris pour endiguer le réchauffement climatique » (FMI, 2021) .
Or, les investissements nécessaires à assurer une transition vers les énergies vertes sont réputés lourds
C’est pourquoi, dans une note sur les « perspectives économiques en Afrique subsaharienne », le FMI évoque la solution d’un financement « concessionnel » de l’action climatique en Afrique subsaharienne.
Faudrait-il alors s’attendre, à court terme, à un afflux de ressources financières longues vers l’Afrique pour assurer la transition mais également compenser les ressources pétrolières attendues du pétrole dont on serait amené à abandonner progressivement l’exploitation alors que les premiers barils sont escomptés en 2024 ?
Rien n’est moins sûr si l’on en croit Carlos Lopes, président de la Fondation pour le Climat en Afrique, qui informe que l’Afrique ne reçoit pour l’instant que 2 % des investissements dans le monde pour les énergies renouvelables.
par Idrissa Ndiongue
COMME DU DÉJÀ VU
Macky Sall peut s’appuyer à travers le gouvernement sur une équipe loyale sur laquelle il sait pouvoir compter. Qu’en sera-t-il du gain politique ?
A la lecture de la formation du nouveau gouvernement du Sénégal, il ressort que le président de la République, Macky Sall veut s’appuyer sur une équipe aguerrie pour accompagner son candidat désigné, Amadou Ba.
Il s’est efforcé, autant que faire se peut, de s’arc-bouter sur des piliers historiques de sa formation, tout en respectant les équilibres politiques de sa majorité. Un changement dans la continuité, avec quelques entrées remarquées donc.
Ce gouvernement est essentiellement fait de têtes connues, sur fond de dose de renouvellement, par quelques nouveaux visages. Un jeu de chaises musicales à outrance qui rappelle un peu le «Tournez manège» avec le sentiment de tourner en rond. En prenant son temps, Macky Sall a joué la montre pour anticiper sur la campagne présidentielle. Une stratégie déjà pratiquée dans les joutes électorales précédentes.
A quelques quatre mois de l’élection présidentielle, le camp du pouvoir n’a pas cru nécessaire de changer de politique et de pratique. Ce gouvernement s’inscrit dans la continuité avec en renfort certaines personnalités marquantes, du parti au pouvoir. Daouda Dia, frère du milliardaire Harouna Dia, intègre le gouvernement et hérite ainsi du portefeuille de l’Elevage. A travers ce choix, le président donne un gage de coopération sincère à son allié historique non moins bienfaiteur, dans les moments d’opposition, le richissime homme d’affaires Harouna Dia.
L’arrivée de Thérèse Diouf Faye au ministère du Développement communautaire, de la Solidarité nationale et de l’Equité sociale et territoriale contribue à canaliser la jeunesse de l’Apr. En effet, malgré quelques malentendus, avec une frange, elle demeure globalement très introduite, dans les différentes organisations de jeunesse du parti, où ses « poulains » occupent des positions stratégiques.
Les ministères régaliens sont tous confiés à des personnalités politiques de premier rang. Sidiki Kaba est nommé au ministère de l’Intérieur, entité chargée de l’organisation des élections, le ministère de la Justice revient à Aissata Tall Sall, département chargé de la proclamation des résultats de l’élection, Oumar Youm prend les rênes des Forces Armées, Doudou Ka est bombardé ministre de l’Economie, Ismaela Madior Fall est affecté aux Affaires Étrangères. Les alliés du Parti Socialiste (PS), de l’Alliance des forces du progrès (Afp) et du Parti de l’indépendance et du travail (Pit), maintiennent leurs postes dans le gouvernement et Momar Samb du Rassemblement des travailleurs africains- Sénégal (RTAS) devient ministre auprès du ministre de la Justice.
Ce gouvernement de Ba 2 fait aussi preuve d’un certain équilibre, ou du moins d’une représentation des différentes forces politiques de la majorité présidentielle. Macky Sall peut ainsi s’appuyer sur une équipe loyale sur laquelle il sait pouvoir compter. Mais qu’en sera-t-il du gain politique ?