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4 avril 2025
Opinions
Par Serigne Saliou DIAGNE
L’ENFANT GATE DE LA REPUBLIQUE ET SON UNIVERS DYSTOPIQUE
Le Sénégal est un pays bien spécial où l’on pourrait, par moments, se croire plongé dans un univers dystopique, tellement les scénarios qui animent la vie publique peuvent laisser sans voix.
Le Sénégal est un pays bien spécial où l’on pourrait, par moments, se croire plongé dans un univers dystopique, tellement les scénarios qui animent la vie publique peuvent laisser sans voix. Les récits dystopiques surfent entre la sciencefiction et des interprétations de la réalité. C’est un genre littéraire d’anticipation où le plus souvent, c’est une société imaginaire qui est régie par des forces et pouvoirs totalitaires, ayant un contrôle poussé voire total sur les individus. Depuis mars 2021, consécration par la violence aveugle de notre glissement en tant que société dans une séquence folle qui est le fruit d’un activisme sans limite d’entrepreneurs politiques, d’une passivité coupable et criminelle des services d’Etat et d’une abdication de la pensée critique chez les faiseurs d’opinions (intellectuels et médias) pour laisser place à la partisanerie primaire, l’absurde a pris le dessus sur tout. Le Sénégal ressemble au bout du compte à un univers dystopique où tout marche à l’envers. Rien de ce qui devrait se passer dans un pays normal, ne s’effectue maintenant dans les règles de l’art. Les agressions contre la Justice dont certains magistrats «encartés» s’accommodent ou les flagrants partis-pris dans la presse à la cause d’un homme qui devrait être poursuivi pour trahison et désigné ennemi domestique, après tous les actes qu’il a posés pour fragiliser la République, ont de quoi nous pousser à nous pincer pour nous sortir de ce fichu cauchemar. J’irai plus loin en disant que nous nous trouvons tous prisonniers d’une dystopie dont Ousmane Sonko est le metteur en scène. Il aura voulu par tous les moyens se faire roi, en usant de tous les stratagèmes, pour finir par se rendre omniprésent dans le débat public. Et cela, dans toutes les postures incongrues possibles. Il se sera imposé comme un Léviathan des consciences, une sorte de Big Brother boulimique quémandant sympathie et attention partout, en faisant de l’opinion le relais privilégié de toutes ses viles ruses. Beaucoup de monde, par mimétisme et effet d’entraînement, s’accommodent de tous ses caprices, pardonnent tous les abus à sa meute, se courbent face au poids de l’insolence de ses soutiens. Des juges qui se dégonflent, des intellectuels émasculés, des guides religieux conspués au moindre mot contre le Saint Patron des réelles alternatives au Sénégal dont on oublie qu’il se réfugiait dans les jupes de ses épouses pour fuir la case prison.
Une idéologie politique a voulu dans le sillage de la furie Sonko, faussement embarquer toute une jeunesse et diverses franges de la population dans le rêve d’une société parfaite avec tout ce qu’il faut en termes d’égalité, d’opportunités, de justice sociale, de respect des normes et de transparence. Face aux insuffisances des hommes qui ont voulu porter un tel projet et sous le poids de leurs nombreux errements, la machine aura fini par se gripper. Le porte-étendard du projet se révèle être un fieffé menteur qui, depuis son incursion dans le champ politique sénégalais, ne cesse de se contredire, de se dédire et de faire dans une surenchère dont seuls les lâches se voulant par la force de leur gueule des guerriers ont la clé. Tout dans le projet Pastef se révèle être d’une utopie malsaine qui arrive à bout de souffle. Il est donc très regrettable que, de tout ce que nous connaissons d’une telle machine et de ses acteurs, que l’Etat sénégalais s’entête à s’accommoder de gens qui font tout pour détruire le Sénégal et son idéal républicain. Le saut du récit dystopique vers un roman absurde risque d’être inévitable, si la complaisance criminelle et irresponsable que les dépositaires des pouvoirs publics font montre à l’égard de Ousmane Sonko se poursuit de plus belle, en le laissant mettre en œuvre tous les scénarios farfelus qu’il aura en tête avec ses sbires. C’est la première fois qu’on voit une personne en réanimation avoir le temps de s’agripper à une télécommande de télé pour imposer le choix des programmes à regarder à la télévision entre malades, tel un enfant gâté avec ses caprices. N’est-il pas aussi surprenant qu’un chantre du nationalisme qu’on voudrait vendre comme une réincarnation hybride d’un Thomas Sankara avec la poigne de Mamadou Dia déteste regarder les chaînes de télévision sénégalaises ? L’absurde est au contrôle, car dans aucun pays sérieux, un politicien comme Ousmane Sonko, après tous les forfaits qui lui sont reprochés, n’aurait trouvé de matière ou de soutien pour se rendre intéressant dans le débat public, même dans les liens de la détention. Ce qui s’offre à nos yeux a de quoi révulser et irriter. Un prisonnier bénéficie d’un traitement privilégié qu’aucun autre détenu sur le sol sénégalais ne saurait s’imaginer. De la simulation de fausses maladies à la mise en scène de fausses grèves de la faim, une suite royale aura été installée au détenu Sonko dans le Pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar. Il y a toutes ses aises et toutes ses habitudes, peut recevoir comme bon lui semble, ne se gêne pas de communiquer avec tout le pays, tout en se permettant le luxe de doux intermèdes que sont des visites conjugales. Le plus grave dans tout cela est que le contribuable sénégalais est le payeur des notes salées de Sonko sur son lit de malade imaginaire. Il a fallu que des révélations du journal Le Quotidien mettent à nu cela, pour que les officines de manipulation qui encadrent l’ex-président autoproclamé de la rue se trouvent l’altruisme d’un Sangoku pour entamer une nouvelle grève de la faim, en guise de solidarité à ses frères de parti dans les mains de la Justice pour différents forfaits et crimes. Ce pays est-il devenu un royaume où carte blanche est donnée à Ousmane Sonko de tout faire ?
Insulter et menacer des magistrats, chahuter des officiers, appeler au meurtre d’anciens dirigeants, faire des appels à l’insurrection et maintenant s’assurer une détention hors de prison, on ne peut qu’être dans un univers dystopique où Sonko tient le contrôle de la trame narrative pour que tout lui obéisse ainsi. Quel mal la détention de ce vulgaire délinquant sexuel tel que reconnu par la Justice sénégalaise après l’avoir condamné et cet instigateur de troubles graves qui a fini par se casser les dents peut-il encore représenter ? Il est compréhensible qu’il puisse avoir des soutiens bruyants, mais il est irresponsable pour un quelconque Etat de faire le jeu de cet entrepreneur politique en s’accordant au rythme de son tango populiste. Tous les actes subversifs qu’il pose doivent être matés avec une force lucide, qui ne ploie pas et sans compromission. Il a pour le moment la télécommande de sa réalité, tel un enfant gâté que cette République a malheureusement enfanté, il la manipule sans vergogne. Orwell a offert au monde le récit dystopique par excellence avec 1984. Philippe Dick proposera avec Le maître du haut-château un imaginaire d’un monde où l’Allemagne aurait gagné la Deuxième guerre mondiale. Ray Bradbury esquissera dans Fahrenheit 451, un monde sans livre et où la pensée individuelle serait anéantie. Les matinées de détention de Ousmane Sonko, où il s’amuse à jouer au malade imaginaire lui seraient bénéfiques, s’il lui venait d’écrire une dystopie à succès. Il a de la sacrée matière entre ses mains. Le seul regret est qu’en tant que pays, nous soyons bloqués avec lui dans son univers dystopique.
par Alioune Tine
LE RÈGNE DE LA VOLONTÉ DU PRINCE
On est dans un régime où l’administration fait plus allégeance au parti ou à la coalition au pouvoir qu’à la Constitution ou qu’aux valeurs de la République et de la démocratie. Le DGE s’est discrédité et devrait être limogé
Le parti pris et l’imposition du rapport de force sont en train d’empoisonner le processus électoral d’une présidentielle, la plus problématique de l’histoire politique du Sénégal. Parce que le régime actuel est en train de mettre un terme à un cycle démocratique démarré difficilement avec le code consensuel de 1991 et qui n’a cessé d’être renforcé avec la création de l’Onel en 97 dirigé par un général de l’armée et le ministère de l’Intérieur.
Ce cycle nous a permis de réaliser l’alternance de 2000. Wade a poursuivi cette tradition en nommant à la tête du ministère de l’intérieur une personne non partisane, indépendante et compétente. La raison est simple, rassurer l’opposition sur un processus électoral libre, équitable, apaisé et susciter la confiance des acteurs. Cette tradition démocratique fondée sur le respect des droits de la minorité, la concession consistant à nommer une personne indépendante, répondent à cette préoccupation.
Aujourd’hui, on a un régime qui ne fait aucune concession à l’opposition, on est dans un régime où l’administration fait plus allégeance au parti ou à la coalition au pouvoir qu’à la Constitution ou qu’aux valeurs de la République et de la démocratie. C’est tout le sens des interdictions des manifestations de l’opposition et le refus du Directeur général des élections (DGE) de respecter la décision de justice.
Manifestement, c’est la volonté du prince qui prévaut sur la loi. Toutes les conditions d’un changement sont subjectivement réunies, jamais l’opposition n’ayant été aussi affaiblie par le rapport de force et le parti pris de l’administration électorale.
Si nous voulons un processus électoral apaisé et équitable, il faut dialoguer pour trouver un minimum d’accord pour le retour de la confiance et de la sérénité. C’est la responsabilité du president Macky Sall qui, justement, a été élu grâce à la tradition démocratique et électorale établie par ses prédécesseurs.
Il faut nommer une personne indépendante chargée de l’organisation des élections. Car en refusant d’appliquer une décision de justice, le DGE s’est discrédité et devrait être limogé.
ETAT MAA BAGNE !
Lii nak moy maa tey ! Dans cette affaire de fiches de Sonko, l’Etat joue finalement au gamin. Refus de remettre des fiches, refus d’accepter que le juge Sabassy... juge. Refus d’appliquer la loi, lui qui en garantit… l’application effective.
Lii nak moy maa tey ! Dans cette affaire de fiches de Sonko, l’Etat joue finalement au gamin. Refus de remettre des fiches, refus d’accepter que le juge Sabassy... juge. Refus d’appliquer la loi, lui qui en garantit… l’application effective. Bon, ceux qui exigent le respect à la justice et aux magistrats ont quand même insulté ce corps et cette institution. Mais l’Etat ne peut pas être comme ce môme qui apprend à parler et qui lâche des « maa bagne » à toute chose. Avec les bras croisés et la moue de défiance. Il ne faut pas infantiliser notre administration ! Même si le juge de Zig keupp na yalwaan gui, la Cour suprême est là. Sabassy tamit saaba leu quoi !
par Assane GUÈYE
JE NE SIGNERAI PAS DE PÉTITION
Qui n’a pas une fois entendu ses parents raconter avec un brin de nostalgie les prix modiques appliqués sur tout ce qu’il y avait à vendre ou acheter. Les devanciers avaient ainsi l’air de dire qu’ils rasaient presque gratis.
Qui n’a pas une fois entendu ses parents raconter avec un brin de nostalgie les prix modiques appliqués sur tout ce qu’il y avait à vendre ou acheter. Les devanciers avaient ainsi l’air de dire qu’ils rasaient presque gratis. C’était il y a longtemps. Et ce temps ne resurgira pas. Rien ne sera plus comme avant. Tout va coûter plus cher. De l’électricité au petit appartement de la cité. Du sel au vermicelle. Du bonbon à la bonbonne de gaz. Sentant l’eau dans le gaz, les socialistes à l’époque s’étaient résignés avant que leur contrat ne soit résilié par la volonté populaire. Ils ont eu à expérimenter un bien curieux concept, le moins d’Etat mieux d’Etat avant que ne survienne le cataclysme de la dévaluation du franc cfa, dernière monnaie coloniale encore en circulation dans le monde. Sans le dire et peut-être même sans pouvoir rien y faire, ce fut l’arrêt de mort de l’Etat-Providence.
Avec la disparition de l’homme providentiel, il ne faut plus compter que sur soi en se serrant la ceinture pour espérer boucler les fins de mois. Ensuite, avec plein de libéralités, les libéraux sont arrivés en grande pompe. Plus enclins à la gabegie et au grabuge qu’ils n’ont donné de vrais gages. Le tape-à-l’œil des dépenses de prestige les a aveuglés au plus grand détriment du capital humain. Ils investissent plus dans la pierre que dans l’homme. On ne peut donc pas dire qu’ils ont en quoi que ce soit le sens des priorités. Lorsque l’essentiel est sacrifié, rien n’est jamais obtenu. Comme jamais, les Sénégalais tirent le diable par la queue.
La meilleure manière, c’est de faire des économies
Les pétitions à la queue leu leu contre la vie chère sont le fait de compatriotes qui ont le mérite de l’initiative voire de l’engagement. Bien souvent, c’est aussi pour mieux péter un câble dans le cas d’espèce du courant électrique. Il faut bien s’indigner pour ce qui en est digne. Seulement, réagir à chaud n’est pas garder la tête froide. Essayons donc d’analyser les choses froidement. Quand on se pose un instant pour réfléchir, on se dit qu’il est temps de changer de paradigme. La meilleure manière de faire face à la crise, à toutes les crises d’ailleurs, c’est de s’ajuster en faisant des économies et lutter contre tous les types de gaspillage. Ne pas faire comme si rien ne se passait est d’intérioriser que tout sera plus cher, plus salé, plus onéreux. En faisant mine de ne pas comprendre que tout bascule dans le mauvais sens, on pêche par manque de lucidité et de pragmatisme.
Il ne sert à rien d’avoir une dent contre tout le monde après s’être cassé les dents à vouloir vivre au-dessus de ses moyens et dépenser l’argent qu’on n’a pas. Il faut se souvenir que dans nos sociétés de consommation, la politique de l’offre est reine et le consommateur est en général traité comme un pigeon à déplumer. Ils sont toujours les dindons de la farce à côté des oiseaux de mauvais augure qui ne font que les taxer. Aux porteurs de pétition, ne les accusons point de vouloir se défendre avec les outils et moyens à leur disposition. Devant le manque de transparence notoire de la société d’électricité, ni l’apathie ni l’indolence ne seront jamais les bienvenues. Senelec assure de manière assez satisfaisante la continuité du service depuis quelques temps. C’est un point positif. Mais elle a négligé un aspect fondamental qui est la confiance. Dans une maison de verre, elle est une poutre essentielle. Aussi en matière de gestion, faut-il mettre du cœur.
La grande question est pourquoi le courant est si cher
Dans un contexte de chute vertigineuse du pouvoir d’achat, la suppression du moratoire a ravagé l’image de l’entreprise. La clientèle, surtout la plus vulnérable, en dit rarement du bien insinuant qu’elle est pauvre de sentiment. Au sujet de la subvention, son maintien en l’état signifierait que même les plus aisés sont subventionnés. Ce qui n’a aucun sens. Au bout du bout, la grande question est pourquoi le courant est si cher au point d’électrocuter la compétitivité du pays. De même, pourquoi le mix énergétique n’a pas pesé sur la balance en terme de baisse de prix. Chez nous, l’électricité a pourtant un régulateur contrairement aux réseaux sociaux dont les porteurs de pétition sont si friands. Une autre bonne question pour conclure. Que font les associations de consommateurs dans ce qui est dépeint comme un système de racket. Il n’a échappé à personne que les mêmes visages sont en présence depuis des temps immémoriaux. Et à force de durer, on prend les pires habitudes. Qu’en restera-t-il face à la dure réalité. Le consommateur doit se battre et se préparer à faire face à la morosité ambiante et à l’avalanche du coût de la vie. Face aux vents contraires, il devra avoir la capacité d’adaptation du roseau penchant qui toujours rompt mais jamais ne plie. Les temps sont difficiles. Le gâteau se rapetisse et les convives autour de la table sont plus nombreux. Et quand les temps sont durs comme disait l’autre, les gros maigrissent et les maigres meurent.
Par TOEWay
MONTRER L’EXEMPLE : LES PRINCIPES DE LEADERSHIP DE TONY ELUMELU
Les gens me demandent souvent TOE, comment puis-je apprendre le leadership. Dois-je suivre un cours ? Acheter un livre ? Trouver un mentor ? Les leaders sont-ils nés ou pouvons-nous devenir un leader ?
Les gens me demandent souvent TOE, comment puis-je apprendre le leadership. Dois-je suivre un cours ? Acheter un livre ? Trouver un mentor ? Les leaders sont-ils nés ou pouvons-nous devenir un leader ?
Tout comme je le dis à propos du succès d’une entreprise, le leadership comporte de nombreux éléments liés à la chance : être au bon endroit au bon moment. Mais je crois aussi que les talents et les disciplines que vous apportez, en créant une vision, ainsi que la résilience et la concentration qui permettent de concrétiser cette vision, peuvent également forger votre propre leadership personnel.
J’ai eu la chance de travailler avec le chef Ebitimi Banigo, au début de ma carrière. Ma philosophie de leadership s’est construite en travaillant avec lui. Tout a commencé lorsque le chef Banigo a pris le temps de lire ma lettre de candidature et m’a donné une chance de faire mes preuves à Allstates Trust Bank en 1988. Quand mes collègues me disent aujourd’hui : « TOE, tu réponds trop vite à nos mails », je ris car j’ai appris du maître lui-même, le chef Banigo. Lorsque je lui envoyais des mémos, il répondait dans les vingt-quatre heures ; alors pourquoi ne devrais-je pas réagir encore plus vite à l’ère de la technologie ?
Ce sont quelques-unes des valeurs de leadership que j’ai apprises au cours de mon séjour avec le chef Banigo, et je les mets toutes en pratique aujourd’hui.
Les leaders doivent exiger l’excellence : ce n’est qu’en faisant un effort supplémentaire et en nous poussant que nous pourrons vraiment nous développer et nous démarquer. Le travail acharné et l’excellence ont amené mes patrons Toyin Akin-Johnson et Ebitimi Banigo à le remarquer et, par la suite, à croire en moi. À vingt-sept ans, je suis passé du statut de stagiaire à celui de patron lorsque j’ai été nommé directeur d’agence, le plus jeune directeur d’agence bancaire de l’époque. Toutes les choses que j’ai apprises plus tôt ont été payantes et j’ai continué à apprendre.
Les bons leaders trouvent chez les gens ce que les gens ne savaient pas qu’ils possédaient. Les leaders reconnaissent le talent de leur équipe et s’efforcent ensuite de le libérer. Quand je travaille, je travaille pour atteindre mes objectifs, mais aussi pour libérer les compétences de mes équipes. Je sais que tout le monde avec qui je travaille a un énorme potentiel – pour moi, mon succès dépend également du succès des autres, du développement et de l’agrandissement de leurs talents, qui est le fondement de notre croissance au sein du groupe Heirs Hodings. Cette concentration sur le talent, les équipes et la transformation personnelle est la raison pour laquelle j’insiste tant sur la création d’institutions, de cultures et de parcours où le capital humain peut prospérer. C’est pourquoi je suis un investisseur dans des entreprises, mais aussi des entrepreneurs à travers l’Afrique.
Les leaders doivent prêcher par leurs paroles – Un leader doit être cohérent. Les gens veulent faire confiance à un leader qu’ils croient intègre. Le leadership ne consiste pas seulement à dire aux gens quoi faire, il s’agit aussi de donner l’exemple. Un bon leader doit donner l’exemple et mettre en pratique ce qu’il prêche, cela démontre l’intégrité, cela renforce la confiance et le respect.
Les leaders doivent transmettre leurs connaissances : j’ai bénéficié du mentorat du chef Banigo de la Allstates Trust Bank. Il m’a aidé à développer ma réflexion stratégique, mes cadres de référence et à canaliser mes idées en actions concrètes, de sorte que lorsque le moment de l’opportunité est arrivé, à l’âge de trente-quatre ans, j’ai eu la confiance en moi nécessaire pour rassembler un petit groupe. prendre le relais et relancer une banque en faillite – prendre ce pas énorme, qui façonne encore aujourd’hui une industrie et un continent.
Aujourd’hui, lorsque je suis confronté à une situation impossible, je me demande : « Que ferait le chef Banigo ? J’ai travaillé avec le chef Banigo de 1988 à 1995, jusqu’à aujourd’hui, c’est vers lui que je me tourne lorsque j’ai besoin de conseils.
par Madieye Mbodj
UNE ÉQUIPE NAWETAAN DE CAMPAGNE ÉLECTORALE
Un gouvernement « de missions et de combats » pour la continuité d’un système qui a fait faillite. Qui ose aujourd’hui vanter sans frémir le « Sénégal de la bonne gouvernance et des droits de l’homme » ?
Un gouvernement « de missions et de combats » pour la continuité d’un système qui a fait faillite !
Le gouvernement Macky Sall/Amadou Ba2/APR/BBY vient de monter sur scène et s’inscrit, pour une durée de vie de six mois, dans une continuité périlleuse, en tant que « gouvernement de missions et de combats » autour des quatre priorités suivantes : i)une bonne organisation de l’élection présidentielle du 25 février 2024 ; ii)une prise en charge des urgences économiques et sociales ; iii)un fonctionnement adéquat des services publics ; iv)la finalisation des projets prioritaires du chef de l’Etat et le déploiement du plan d’actions prioritaires du Plan Sénégal émergent /PAP3.
Pure hypocrisie en vérité, avec cette volonté affichée de piper les dés d’avance à travers un système de parrainage au contrôle nébuleux, un fichier électoral connu et détenu par le seul pouvoir, un MINT et une DGE ouvertement partisans, chargés d’organiser l’élection, sans parler des tentatives d’exclusion arbitraire et à tout prix du candidat Ousmane Sonko, leader de Pastef-Les Patriotes et chef reconnu de l’opposition. Par ailleurs, à quoi sert une « croissance » dont ne se satisfont que le FMI et la BM, loin des réalités vécues par nos braves populations des villes et des campagnes ? La hausse impitoyable et vertigineuse de tous les prix, les vagues incessantes de migrations dites irrégulières en direction de l’Europe et de l’Amérique, avec à presque tous les coups leurs lots de morts dans les flots des océans, les sables des déserts et sur les divers chemins vers un illusoire Eldorado, ne suffisent-elles pas comme preuves des échecs amers des politiques publiques du pouvoir Sall/Ba/ APR/BBY, qui ont fait perdre à nos jeunesses, couche la plus dynamique de notre pays et de notre continent, tout espoir de vie décente et digne sur leurs propres terres, pourtant si pourvues par la nature de richesses immenses en tous genres ?
Dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et des collectivités territoriales, à chacun suffit sa peine, pourrait-on dire. La dernière illustration en est la grève sans cesse renouvelée depuis plusieurs mois, des agents des collectivités territoriales, sans parler des menaces de perturbations, par les syndicats d’enseignants, de l’année scolaire et universitaire à peine démarrée, cela du fait de la persistance d’engagements signés mais non respectés par le régime en place.
Plus fondamentalement, douze longues années de PSE n’ont réussi qu’à enfoncer le Sénégal dans le groupe des 25 pays les plus pauvres au monde, avec une dépendance accrue vis-à-vis de l’extérieur, un cartel de milliardaires enrichis illicites face à des montagnes de misère et de pauvreté entassées dans nos villes comme dans nos campagnes. A ce train, l’exploitation en ligne de mire du pétrole et du gaz n’y changera pas grand-chose, ces ressources aussitôt découvertes étant déjà largement vendangées et bradées au profit de nos autocrates prédateurs et de leurs maîtres impérialistes, selon leur logique du ‘’festin de l’hyène’’ ou séddëleb bukki !
Voilà qui pose de plus en plus nettement l’exigence de mettre en œuvre un authentique Plan Sénégal Indépendant (PSI) comme alternative, dans la perspective d’une Afrique souveraine, unie, libre et prospère. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons disposer, non pas d’une éphémère équipe nawetaan de campagne électorale autour d’un Premier ministre candidat, maintenu à son poste pour pouvoir user à souhait des moyens de l’Etat, mais bien d’un gouvernement capable de remplir ses missions, de relever les défis et de remporter les grands combats conformes aux attentes de nos compatriotes, de notre jeunesse en particulier.
Le système, sa Justice et ‘’l’exception de Ziguinchor’’ qui confirme la règle
Tout d’abord, il n’est pas inutile de rappeler ici les recommandations formulées par le vénéré guide Cheikh Ahmadou Bamba Mbacke dans une lettre adressée à Samba Laobé Fall, dernier Damel du Cayor (1883-1886), l’exhortant à ne jamais tomber dans la tyrannie et l'injustice car « tout homme injuste le regrettera un jour» et « tout tyran assurera sa propre perte ».
Qui ose aujourd’hui vanter sans frémir le « Sénégal de la bonne gouvernance et des droits de l’homme » ? Un complot n’est jamais parfait, a-t-on l’habitude de dire, et bien souvent le grain de sable qui fait dérailler la machine bien huilée du Tyran, surgit là où l’on s’y attend le moins ! Qui aurait imaginé « la main de Dieu » dans l’affectation-sanction, au tribunal d’instance de Ziguinchor, du juge Sabassy Faye ? N’existerait-il pas quelque part une forme de justice immanente volant au secours des Hommes justes et clouant au pilori les Princes tyranniques ? Le juge Faye a su rester inébranlable : avec courage, probité morale et en fidélité à son serment, il a simplement dit le droit, ordonnant au ministre de l’Intérieur et à sa DGE de procéder immédiatement à l’annulation de la radiation d’Ousmane Sonko des listes électorales et par conséquent, de remettre ses fiches de parrainage à son mandataire.
Cette décision, somme toute normale et ordinaire dans tout État de droit digne de ce nom, a été accueillie avec à la fois un énorme soulagement et une grande surprise par les populations sénégalaises, plutôt habituées en l’espèce, à des verdicts de politique politicienne émanant d’une justice aux ordres. Craignant peut-être une seconde défaite qui pourrait apparaitre alors comme une humiliation, l’agent judiciaire de l’État a choisi in extremis de se désister en renonçant à poursuivre son recours devant la Cour d’appel de Ziguinchor, le système préférant sans doute miser sur l’audience du 26 octobre de la Cour Suprême, portant sur « l’affaire Mbaye Prodac ».
En effet, le système reste le système, en tant qu’ensemble organisé de relations et d’interrelations, expression d’un pouvoir au service d’intérêts déterminés, s’exerçant à travers des démembrements fonctionnels en termes d’Exécutif, de législatif et de judiciaire, avec son administration, son commandement territorial, ses gouverneurs, préfets et sous-préfets convertis en acteurs partisans, ses lois, règlements et institutions, ses organes répressifs, militaires et sécuritaires, son socle social, culturel et idéologique, ses mécanismes de reproduction et de perpétuation (CF ma contribution : Sonko, la désobéissance civique et l’antisystème, in SenePlus.com du 19 mai 2023).
Voilà pourquoi, quand l’opinion en arrive à souhaiter que l’exception devienne la règle, ou qu’une seule hirondelle suffise à faire le printemps, c’est là le signe irréfutable que le système est pourri et qu’il urge de le dessoucher ! Et dans ce cadre, à l’intérieur du système, des acteurs individuels armés de leur conscience, de leur probité et éthique de responsabilité, servent souvent d’éclaireurs, à l’exemple tout frais du Juge Sabassy Faye, ou juste quelques jours avant lui, de l‘Avocat général près la Cour Suprême Mme Marième Gueye Diop. A y regarder d’ailleurs de plus près, bien souvent ce type de postures n’est point de circonstance, il relève plutôt de toute une trajectoire, toute une éducation qui forgent l’âme de la personne : du tandale, jikko la !
L’UMS a eu à recadrer l’agent judiciaire de l’État, mais le système reste le système et il s’octroie toujours les moyens « légaux », surtout dans nos ‘’démocraties arachidières ou bananières’’, de faire bloquer, saboter ou remettre en cause les décisions de justice prononcées en sa défaveur. Les moments des tournants décisifs ou des choix clairs agissent bien souvent comme des révélateurs chimiques : les diables et les diablotins sortent de leurs boites, apparaissant au grand jour ; les rats quittent le navire ; les militant-e-s authentiques des causes justes assument leur éthique de responsabilité, d’abord personnelle puis collective, en fidélité à un choix libre et volontaire, porté par un engagement solidaire autour d’un idéal commun.
A présent, le constat est fait : le pouvoir ne peut plus diriger comme avant, et le peuple n’accepte plus d’être dirigé comme avant : seule la résistance populaire, légitime et diversifiée en marche, arrivera à inverser les rapports de forces, à créer les conditions nécessaires jusqu’à faire basculer des pans entiers du système en place dans le camp de ‘’l’antisystème’’, le camp de l’alternative populaire. Organiser et réussir, à travers le parrainage citoyen, le plébiscite de la candidature de Sonko, participe de cette résistance et de cette marche vers la victoire finale, dans l’engagement, la détermination et la solidarité.
Madieye Mbodj est Professeur de Lettres à la retraite.
NE NOUS PRIVEZ PAS DE NOTRE « NIOKHIT » !
Deet kay hana ! Après les factures salées, le loyer toujours pimenté, on veut encore rouler les baadoolo dans la farine de la hausse du prix du pain ! On veut nous priver de notre « niookhit » !
Deet kay hana ! Après les factures salées, le loyer toujours pimenté, on veut encore rouler les baadoolo dans la farine de la hausse du prix du pain ! On veut nous priver de notre « niookhit » ! Pourtant il y a « mil » et une céréales pour un ndekki plus consistant que la tyrannie du pain. Même mbourou... ak show se sont séparés. C’est vrai que « beignet dougoup » n’est pas là, mais il faut chercher des plan B comme le « lathiri ». Les candidats vont peut-être nous sortir une baguette magique. En tout cas, ce n’est pas du pain béni pour le candidat de Benno.
par Prabhat Patnaik
COMMENT LE FMI EST DEVENU LE GARDIEN DE L'ORDRE MONDIAL IMPÉRIAL MODERNE
Le Fonds est en effet devenu un agent du capital financier international, poussant les pays à entreprendre un "ajustement structurel" dont l'essence réside dans le démantèlement des régimes dirigistes qu'ils avaient érigés après la décolonisation
Le système de Bretton Woods, qui a donné naissance au Fonds monétaire international (le Fonds) et à la Banque mondiale (la Banque), avait pour objectif de faciliter l'intervention de l'État dans l'économie afin de surmonter les limites du capitalisme sauvage. Les deux principaux architectes du système, le Britannique John Maynard Keynes et l'Américain Harry Dexter White, croyaient en la nécessité de l'intervention de l'État. Keynes avait écrit un ouvrage classique en ce sens, et White représentait une administration, celle de F.D. Roosevelt, dont le New Deal avait été révolutionnaire. Le système de Bretton Woods a donc permis aux pays d'imposer des contrôles stricts des capitaux, afin que l'État puisse intervenir dans l'économie sans craindre la fuite des capitaux ; et, à titre de mesure complémentaire, il a également permis l'imposition de contrôles vis-à-vis des échanges extérieurs.
Le Fonds et la Banque opéraient dans cette perspective ; le premier, qui nous intéresse ici, accordait des prêts aux pays pour leur permettre de surmonter les crises de balance des paiements. L'un des échecs de l'accord de Bretton Woods était son incapacité à contraindre les pays dont la balance des paiements était excédentaire à procéder à des ajustements, car s'ils pouvaient se débarrasser de leurs excédents par une plus grande absorption intérieure, les pays déficitaires seraient automatiquement débarrassés de leurs crises. Le FMI a bien sûr imposé des "conditionnalités" comme un prêteur, mais celles-ci avaient trait à la "stabilisation" et non à l'"ajustement structurel", c'est-à-dire à la correction des déséquilibres macroéconomiques pour se débarrasser des déficits de la balance des paiements, et non à la modification de l'orientation de la politique. Pour corriger les déséquilibres, il a utilisé un modèle (le modèle Polak) qui n'utilisait que certaines identités que l'on ne pouvait pas contester.
Le rôle du FMI a toutefois évolué au fil du temps, parallèlement aux changements survenus dans l'économie mondiale. Les énormes concentrations financières entre les mains des banques métropolitaines, favorisées par les deux chocs pétroliers des années 1970, ont obligé à modifier le canal par lequel les emprunts du tiers monde ont commencé à être financés, en passant de l'"aide" gouvernementale multilatérale à des prêts commerciaux privés. Les banques métropolitaines avaient des fonds à prêter, pour lesquels elles avaient besoin d'un "contrôleur" ; et les pays du tiers monde, dont les déficits s'aggravaient à cause des chocs pétroliers, voulaient des prêts plus importants qu'auparavant, pour lesquels ils avaient également besoin d'un intermédiaire pour arranger les prêts. Le FMI, dont les fonds propres étaient dérisoires par rapport aux nouveaux besoins, est devenu cet intermédiaire-contrôleur.
Il est devenu un instrument permettant d'imposer l'agenda du capitalisme néo-libéral que le capital financier international était désireux de promouvoir. Il est en effet devenu un agent du capital financier international, poussant les pays à entreprendre un "ajustement structurel" dont l'essence réside dans le démantèlement des régimes dirigistes qu'ils avaient érigés après la décolonisation. Il favorisait les taux de change flexibles et unifiés par opposition aux taux de change fixes et multiples, désapprouvait les accords commerciaux bilatéraux qui contournaient le dollar américain, souhaitait une "législation sur la responsabilité fiscale" qui limitait le déficit budgétaire par rapport au PIB et encourageait l'adoption d'un régime de circulation transfrontalière plus libre des biens et des services, ainsi que des capitaux, y compris des finances. En bref, il a poussé à l'adoption d'un régime et de politiques qui étaient tout à fait à l'opposé des politiques souhaitées par Keynes.
Ce changement a une signification plus large. Le capitalisme métropolitain a besoin de toute une série de matières premières, non seulement des minéraux mais aussi des produits agricoles tropicaux et subtropicaux dont il ne peut se passer mais qu'il ne peut produire ni en totalité, ni en quantité suffisante, ni tout au long de l'année. Étant donné que la masse terrestre tropicale et subtropicale est plus ou moins pleinement utilisée (et que l'évolution technologique visant à "augmenter la superficie des terres" nécessite un activisme de l'État qui est généralement évité), la métropole souhaite généralement que ces produits soient mis à sa disposition en comprimant l'absorption locale de ces marchandises. Cela pouvait se faire facilement sous le colonialisme grâce au système fiscal (et ces biens étaient ainsi obtenus gratuitement) ; la décolonisation a toutefois créé un problème à cet égard, pour lequel le système de Bretton Woods n'avait pas de panacée.
L'ordre néolibéral que le FMI a contribué à promouvoir a comblé cette lacune et a ainsi créé un nouveau dispositif impérial. Chaque fois que la demande métropolitaine d'un produit primaire tropical et subtropical dépasse l'offre actuelle et génère de l'inflation, cette inflation est particulièrement marquée dans l'économie de la périphérie ; des mesures d'austérité anti-inflationnistes doivent donc être prises, de peur de déclencher une fuite des capitaux, qui freinerait automatiquement l'absorption locale du produit (ou de son substitut). Le FMI est ainsi devenu la sage-femme et le gardien d'un nouveau dispositif impérial.
CONTRE L'ANNULATION DU PRIX LIBERATURPREIS D’ADANIA SHIBLI
Alors que le « Détail du doyen » de Shibli a été sculpté comme étant antisémite par deux journalistes et rédacteurs littéraires, d’autres critiques littéraires sérieux l’ont clairement réfuté dans la presse allemande et ailleurs
Les événements choquants et tragiques qui ont commencé le 7 octobre et se poursuivent aujourd'hui ont eu des répercussions partout dans le monde, y compris dans le monde de l'édition. L'auteure palestinienne Adania Shibli, qui a été finaliste pour le prix du livre national 2020 pour son livre Minor Detail (New Directions/Fitzcarraldo, traduit par Elisabeth Jaquette), devait recevoir LiBeraturpreis 2023 en Allemagne pour le même livre, publié en allemand sous le nom d'Eine Nebensache (Berenberg Verlag, traduit par Gunth Orth) à la semaine 2023.
Le 13 octobre, les organisateurs du prix, Litprom, qui est financé en partie par le gouvernement allemand et la Foire du livre de Francfort, ont publié une déclaration disant que Shibli ne recevrait plus le prix lors de la foire du livre.
En outre, une discussion publique avec Adania Shibli et son traductrice Gunther Orth à la foire du livre a également été annulée.
La déclaration indiquait à l'origine que cette décision avait été prise conformément à l'auteur, qui a ensuite été relayée, sans vérification, par un article du New York Times (maintenant corrigée). Ce n'est pas vrai; Adania Shibli a déclaré que la décision n'avait pas été prise avec elle, elle a été saisie de la décision. Si la cérémonie avait eu lieu, a-t-elle dit, elle aurait profité de l'occasion pour réfléchir au rôle de la littérature en ces temps cruels et douloureux. (Litprom et The Times ont depuis apporté des corrections.)
L'éditeur américain de Shibli, Barbara Epler de New Directions, a écrit une lettre à la rédactrice en chef du New York Times, que nous exposons ici :
Avec l'incroyable chagrin qui est maintenant subi de tous côtés, il ne sert à ne pas proposer de mensonges, en particulier à propos de l'auteur d'un roman sur la Nakba qui est historiquement vrai.
Annuler la cérémonie et donc essayer de faire taire la voix d'Adania Shibli - « due à la guerre en Israel » - est lâche.
Mais dire que Shibli a accepté (avec toutes les souffrances à Gaza) est pire.
Alors que le détail mineur de Shibli a été étalé comme étant antisémite par deux journalistes et rédacteurs littéraires, d'autres critiques littéraires sérieux l'ont clairement réfuté dans la presse allemande et ailleurs. Le livre fait référence à des événements bien documentés liés au viol d'une fille bédouine en 1949 par une unité de l'armée israélienne.
L’éditeur britannique de Shibli, Jacques Testard de Fitzcarraldo, écrit : « L’un des objectifs de la littérature est d’encourager la compréhension et le dialogue entre les cultures. À une époque de violence aussi horrible et de chagrin, la plus grande foire du livre au monde a le devoir de défendre les voix littéraires de la Palestine et d’Israel. Nous sommes solidaires d’Adania Shibli et de ses éditeurs allemands, Berenberg Verlag. »
Dans cet esprit, ceux d'entre nous qui ont participé à l'écriture, à la traduction et à l'édition affirment fermement que l'annulation d'événements culturels n'est pas la voie à suivre. Nous nous souvenons de la foire du livre de Francfort qui a soutenu les éditeurs turcs et de la manière dont l'année dernière, le président ukrainien, M. zelensky, s'est adressé à la foire dans une allocution préenregistrée. La Foire du livre de Francfort a la responsabilité, en tant que grande foire internationale du livre, de créer des espaces permettant aux écrivains palestiniens de partager leurs pensées, leurs sentiments, leurs réflexions sur la littérature à travers ces temps terribles et cruels, et non de les fermer.
Nous devons chercher de nouvelles idées et des nouvelles idées afin d'aborder ces temps sombres d'une nouvelle manière.
Texte traduit de l'anglais par la rédaction.
Rana Idriss, Dar al-Adab, Arabic publisher of Minor Detail
Ana Paula Hisayama, Todavia, Brazilian publisher of Minor Detail
Chris de Jong, Koppernik, publisher of Minor Detail in the Netherlands
Daniel Álvarez, Hoja de Lata Editorial, Spanish publisher of Minor Detail
Laura Sandoval, publisher, Hoja de Lata Editorial, Asturies
Djûke Poppinga, Dutch translator of Minor Detail
Elisabeth Jaquette, English translator of Minor Detail
Elisabetta Sgarbi, publisher, La Nave di Teseo, Italian publisher of Minor Detail
Günther Orth, German translator of Minor Detail
Salvador Peña Martín, Spanish translator of Minor Detail
Safa Jubran, Brazilian Portuguese translator of Minor Detail
Jonathan Morén, Swedish translator of Minor Detail
Farouk Mardam-Bey, Actes Sud/Sindbad, French publisher of Minor Detail
Halfdan Freihow, Cappelen Damm, publisher of Minor Detail in Norway
Jacques Testard, Fitzcarraldo, UK publisher of Minor Detail
Johannes Holmqvist, Tranan, publisher of Minor Detail in Sweden
Mehmet Hakkı Suçin, Turkish translator of Minor Detail
Jung Hongsoo, publisher of Minor Detail in Korea
Filip Fierek, Agata Chmielecka, Wydawnictwo Drzazgi, publishers of Minor Detail in Poland
Michael Heyward, Publisher, The Text Publishing Company, Australia and New Zealand publisher of Minor Detail
Monica Ruocco, Italian translator of Minor Detail
Penny Hueston, Senior Editor, The Text Publishing Company, Australia and New Zealand publisher of Minor Detail
Şirin Etik, managing editor, Canyayinlari, Turkish publisher of Minor Detail
Stefanos Batsis of Plithos, Greek publisher of Minor Detail
Stéphanie Dujols, French translator of Minor Detail
PUBLISHERS AND EDITORS
Simona Gabrieli, publisher Alifbata
Joyelle McSweeney and Johannes Göransson, editors, Action Books
Stefan Tobler, publisher, And Other Stories
Tara Tobler, senior editor, And Other Stories
Michael Watson, UK Publicist, And Other Stories
María Rán Guðjónsdóttir, publisher, Angústúra
Jill Schoolman, publisher, Archipelago Books
Gianni Schilardi, publisher, Argo Editrice, Italian publisher of Sensi (Touch) and of the collection of short stories Pallidi segni di quiete
Les loups en meutes innombrables sortent du bois… Combien traverseront la plaine du Serengeti ? Chacun dit : « Je suis tellement beau que je devrais être sculpté en or ! » C’est là un des visages de la démocratie ! Personne d’entre tous ces libres prétendants au trône, ne développera le Sénégal en un mandat de…vingt ans. Le gap d’ici le paradis est encore sans fond! Mais l’élu de demain, 2024, pourra lui aussi placer ce pays sur le très long chemin du développement! Il n’y aura pas de miracle !
A chacun l’épaisseur de sa brique et la hauteur de son mur ! Et ce depuis Senghor. Nous avons assisté et vu des murs à trois briques, des murs à quatre briques, des murs à dix briques, des murs à cent briques ! Le plus haut jusqu’ici est, dans sa symbolique, celui qui a été élevé en premier pour tenir l’édifice et le toit d’une République et au-delà, d’une nation. Il fallait d’abord les fonder. Un poète a pris la truelle et le ciment était de grande qualité. Nous y logeons encore aujourd’hui en veillant aux lézardes, à la peinture, mais le mur tient et il doit être intouchable !
L’autre mur qui restera dans l’histoire de notre peuple, dans sa symbolique également, sera celui du progrès et du bien-être servi à chaque Sénégalais, où il se trouve sur le territoire national, pour lui assurer la dignité et le droit de bien vivre. La démocratie viendra après si on juge ou constate qu’elle n’est pas encore là. Si elle n’est pas, en même temps, inscrite et comprise dans le compte du progrès et du bien-être, tant pis. Elle attendra. Le bien-être établi de chaque Sénégalais est la priorité.
Partout la démocratie chemine avec son double : le désenchantement, L’illusion! La liberté est un redoutable leurre. Si nul ne se donne soi-même des frontières, et dans aucun camp, ou est donc la liberté, que signifie-t-elle et que vaut-elle ? En d’autres termes, le droit au développement : manger, se vêtir, se loger, s’instruire, se former, travailler, reste le fondamental! Tout le reste n’est que dessert, gadget, désir, leurre, tromperie, mensonge, manipulation, ruse, convoitise, vol et viol.
Aucun Président n’a failli. Si un seul a failli parmi eux, le peuple qui l’a choisi et élu a failli le premier, avant lui, en le choisissant. C’est une dure vérité, mais c’est la vérité. D’où la vigilance du choix à faire en février 2024. Il sera trop tard pour reculer ! Nous n’aurons que nos larmes pour cinq ans d’attente ! La démocratie compte-t-elle avant le développement et la sauvegarde de la République qui nous abrite tous ? Terrible et angoissante interrogation! La démocratie a un prix que ni la richesse, ni la pauvreté, ne peuvent payer ! Seuls l’esprit, le savoir, le désintéressement, le discernement, le culte de l’État de droit et du respect des droits de l’autre, en sont les monnayeurs !
Par ailleurs, la démocratie n’est pas forcément le développement et elle n’aide ni ne conduit forcément au développement économique, s’entend! Le développement intégral n’est pas non plus forcément l’accomplissement d’une démocratie réussie. Nous en avons des exemples à volonté par le monde ! Il est rare que la démocratie ait précédé le développement! Elle n’est pas un jeu de pauvres et d’affamés !
L’idéal, évidemment, serait que le droit au développement soit inclusif du droit à la démocratie. Servirait-il à grand-chose d’être libre mais d’avoir si faim que l’on part vendre sa liberté pour manger ? «Les droits démocratiques sont définis comme la liberté de pensée, de conscience et de religion. le droit de vote et d’être candidat à des élections. Le droit à un procès équitable dans les affaires civiles ou pénales. Le droit de posséder des biens et d’en jouir pacifiquement. » Celui qui veille à tout cela est l’État et cet État est gouverné par les représentants élus par le peuple qui délègue, de cette manière, sa souveraineté. On sait ce que cela donne souvent. Le peuple peut être nu et ses élus sous des couettes douillettes !
Pour dire combien la démocratie est une femme coûteuse, écoutez ce que dit froidement mon ami Dominique de Villepin, écrivain puissant et éphémère homme politique français sur la construction de la France vers la démocratie : « La France a déjà échappé plusieurs fois au naufrage malgré les obstacles dressés sur sa route : la guerre de Cent-Ans, les guerres de Religion, la Fronde, la Révolution française, la Commune, les deux conflits mondiaux, la décolonisation. De la Fronde à Mal 68 en passant par les chocs révolutionnaires et les coups d’État, poursuit-il, le passé de la France témoigne d’une propension naturelle à la guerre civile et à la division. Un siècle a été nécessaire pour passer de la Révolution à la République, un autre pour trouver un équilibre satisfaisant entre la démocratie parlementaire et la primauté de l’exécutif. » Fin de citation.
Pour dire, en un mot, que près de deux cents ont été nécessaires pour que la France devienne la France républicaine et démocratique que l’on connait aujourd’hui. L’Afrique, elle aussi, aura besoin de temps pour se construire, s’unir, et nourrir ses enfants. Certes, les raccourcis existent mais un enfant ne marche pas sur ses pieds dès sa naissance. Il est un temps pour naître, un temps pour marcher, un temps pour se hâter ! Quant à « grandir », il y faut autre chose que le temps ! Non, le plein développement de l’Afrique ne peut pas être enfermé dans les marges des dates des indépendances. Soixante ou soixante-dix ans, c’est si peu, très peu, tellement peu!
Le haut débit des candidatures à l’élection présidentielle prochaine de février 2024, ne doit pas faire ni peur ni sourire. Cela sent bon, tout simplement! C’est une bonne respiration ! Une conscience nouvelle est née par le flux vertigineux de tant de candidatures ! Un nouveau pays émerge et qui fait peur au regard du poids colossal de sa jeunesse vibrante mais sous-employée, non formée, et sous l’étau d’un analphabétisme effrayant ! Ce super flux de prétendants au pouvoir prouve que rien ne sera plus comme avant et que rien n’a été, tout simplement, comme avant. Formule creuse ! Bien sûr, tout ne sera pas acquis avec le prochain Chef de l’État. Il faudra encore compter près de 50 ans de marche vers la consolidation d’un véritable développement qui prendra enfin en charge une grande démocratie. Pas avant.
Le gaz et le pétrole ne seront rien d’autre que des accélérateurs. Pas plus. Mais viendra un grand petit pays où la jeunesse n’aura plus à courir les océans ! Ce sera devenu comme un vieux film comme celui du temps de la conquête de l’Amérique par les migrants d’Europe qui cherchaient leur pain!
Un Chef d’État, parmi les meilleurs, se doit d’être comme une pomme de terre, c’est à dire être populaire et VIP à la fois ! La pomme de terre, en effet, nourrit le pauvre comme le riche. Seuls les condiments chez l’un comme chez l’autre, font la différence et la parure de la table Le plus difficile aujourd’hui, dans le monde, n’est pas de mourir, mais de vivre !
Macky Sall aura bâti, beaucoup bâti pour le développement de son pays, au regard des actes posés et des réalisations sorties de terre. Son règne aura eu le goût des orages et la promesse sûre des semences. Chacun est libre de juger en mal ou en bien son héritage pour le Sénégal. Personne n’a raison. Personne n’a tort. Chacun est dans son fuseau horaire, selon son camp. L’histoire sera seul juge.
Ousmane Sonko, pour le nommer parmi les opposants les plus emblématiques apparus sous Macky Sall, aura beaucoup contribué à la naissance d’une nouvelle conscience citoyenne constructive ou destructive selon le camp choisi, mais unanimement courageuse, risquée, écervelée, tranchante, mordante, belliqueuse, rebelle, intrépide, engagée, implacable, qui aura ébranlé la République pour la conduire à plus de questionnements, de postures défensives, de certitudes trouées. Les Sénégalais sont à la fois foudroyés, charmés, étonnés, surpris, choqués, déçus, divisés, c’est selon, par ce jeune «Christ sans plaie » qui a tenu en haleine le Sénégal, tenu en joue l’État qui ne l’a pas laissé appuyer sur la dernière gâchette. Mais les marques sont profondes qui ont mis à mal un État qui a appris à la fois à avoir peur et à vite faire face pour préserver, sans faiblesse, ses fondements, en y mettant le prix responsable et impopulaire à payer !
Le phénomène Sonko ne peut qu’être plein d’enseignements. Il s’inscrit naturellement dans la marche d’une République qui grandit, souffre, apprend et s’affirme. Sonko est en effet un phénomène singulier apparut sous le régime de Macky Sall comme le furent les opposants comme Majmouth Diop et autres redoutables frondeurs politiques et intellectuels solides qui ont ébranlé et fait trembler le pouvoir de Senghor. Sans compter l’inoubliable Mamadou Dia, enfant de Khombole, né le 18 juillet 1910, souverainiste, acteur politique brillant découvert, parrainé, installé et révélé par Senghor. Il fut un idéaliste, un indomptable, un rebelle et un frondeur à l’intérieur même du système républicain où il occupait une place de choix comme Président du Conseil, avant de finir en prison pour très longtemps ! Parmi ses avocats on se rappelle d’Abdoulaye Wade et Robert Badinter. Parmi ceux qui avaient demandé sa libération, on peut citer Jean-Paul Sartre, le Pape Jean XXIII et un certain François Mitterrand ! Vrai ou faux, il déjeunera avec Senghor le jour de sa sortie de prison ! Après Senghor et ses redoutables opposants poussés dans le maquis, puis à l’exil ou mis en prison, seul Macky Sall a eu un opposant aussi singulier que Sonko, souverainiste, sans masque, debout, inébranlable, inflexible et comme possédé. Abdoulaye Wade qui a hanté le régime de Abdou Diouf était presque un opposant à l’eau de rose comparé à Sonko !
La fermeté, la riposte et l’autorité de Senghor furent inébranlables. Il nous confia même que ces farouches opposants qu’il qualifiait d’obédience communiste et marxiste, avaient été si radicaux et si dangereux pour la jeune République Sénégalaise, qu’il renonça à quitter le pouvoir comme il l’avait programmé et souhaité pour désormais prendre le temps de bâtir une République solide, stable et durable avant de la céder à son successeur dont il prit le soin, contrairement à toute démocratie, de le choisir lui-même et de l’installer lui-même directement au pouvoir, en ayant modifié la Constitution dans ce sens. En choisissant ainsi Abdou Diouf en lieu et place de ses plus proches compagnons de lutte qui ont tout donné au Parti socialiste, il installa une froide et durable gêne. Il s’en expliquera sans ôter une virgule à son choix ! Des années et des années plus tard, malgré ce que fut la désenghorisation par le régime de Diouf, il me confia ceci : « Si c’était à refaire encore aujourd’hui, je choisirais Abdou Diouf. » Senghor était unique !
Le piquant est que ce scénario n’est pas bien loin de celui de Macky Sall avec le choix d’Amadou Ba face aux premiers généraux, compagnons fondateurs de l’APR. Les grincements de dents ont ainsi débordé les mâchoires de certains de ses proches et amis qui ont choisi d’allumer leur propre moteur en ayant pris le temps, au pouvoir, de stoker assez de carburant pour rouler sans risque. Rien n’est véritablement nouveau au pays de Kocc Barma ! Seuls ceux qui savent, savent et se taisent. Tous les autres croient vivre un nouveau temps du Sénégal qui est loin de l’être. L’histoire politique du Sénégal sait être amusante et surprenante ! Ce temps de l’histoire de notre jeune République se devait d’être rappelée ici et méditée. Il reste que l’État doit être coûte que coûte préservé et les libertés coûte que coûte garanties, protégées. A tous les prix pour les deux, ce qui n’est pas toujours le cas pour les seconds, au nom de la raison d’État !
La marche du Sénégal vers son vrai développement et son plein épanouissement démocratique continue molo-molo. Elle durera le temps que durera sa consolidation, son affermissement, la cueillette finale des fruits. C’est une règle dure et douloureuse ! Elle s’imposera à tous, aux morts comme aux vivants !
Ce pays a beaucoup voyagé, depuis nos ancêtres, mais la route est longue, très longue encore pour arriver aux champs de la félicité. Jetons de l’eau ! « Jetons de l’eau trois fois aux pas des portes » pour ouvrir les fastes horizons ! D’ici là, beaucoup d’entre nous et nombre de générations auront passé… Ce n’est pas le prix à payer. C’est la marche normale des aiguilles de l’horloge pour que mûrissent les fruits ! A quoi servirait-il de tirer sur la tige pour la faire pousser plus vite ?