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5 avril 2025
Société
par Elimane H. Kane
ABDOULAYE DIÈYE, UN REPÈRE DE VALEURS TIRE SA RÉVÉRENCE
Nous venons de perdre un membre éminent de notre nation dont l’ampleur de sa contribution intellectielle et professionnelle est restée invisible car il ne s’est jamais préoccupé de la visibilité de sa propre personne
Abdoulaye Dieye qui vient de nous quitter est un homme d’une dimension rare. Un intellectuel rigoureux, spécialiste incontournable et inébranlable dans son domaine, mais surtout un adepte de la justice cognitive et militant engagé pour la République démocratique.
Je l’ai connu affable, humble et bienveillant et j’ai appris à travers les témoignages de ses parents, collègues et proches qu’il était un époux, un père et un camarade attentionné, solidaire avec un sens élevé de la famille et de la corporation.
J’ai découvert le jeune docteur en droit à un moment particulier de double opacité : un changement de siècle et une première alternance démocratique intervenue au Sénégal. Entre 1999 et 2000, alors jeune étudiant et militant du Forum civil, nous étions engagés dans l’organisation des débats publics sur l’élection présidentielle de février-mars 2000 et ensuite sur le projet de référendum proposé par Abdoulaye Wade en janvier 2021.
Pendant les joutes intellectuelles entre juristes et politistes qui avaient polarisé les débats de l’époque, j’ai été particulièrement fasciné par les positions justes et simples brillamment exposées par ce juriste hors du commun. Mes schèmes d’analyse sociologiques me rapprochaient davantage de ses positions, tellement il avait une ouverture d’esprit et une sensibilité aux réalités pratiques et dynamiques sociales, en sortant du cadre dogmatique et réactionnaire « des standards internationaux ». Pour lui, le peuple compte avant le prince.
Ce monsieur me parlait et j’ai cherché à mieux le connaître. Ce qui fut faciliter par notre engagement commun au Forum civil pendant plusieurs années, et aussi dans d’autres cadres comme les Assises nationales et dernièrement dans une large coalition d’OSC pour porter le Pacte National de Bonne Gouvernance proposé aux candidats de l’élection présidentielle de 2024.
Prof comme beaucoup l’appelait, était devenu mon consultant particulier sur les questions constitutionnelles et foncières. Nous avons eu beaucoup de débats numériques et en présentiel sur différents sujets. Son texte portant avant-projet de Constitution tiré des conclusions des Assises et affiné dans le cadre des livrables de la CNRI est un chef-d’œuvre qui mérite d’être considéré comme un document de référence par les autorités actuelles pour accomplir le travail de refondation.
Au moment où il refusait beaucoup de sollicitations et même de se prononcer publiquement sur certaines questions (il était dépité par l’absence d’actes conséquents des décideurs et la versatilité de certains de ses collègues par rapport aux conclusions des commissions de réformes sur les institutions et le foncier , il me consacrait de son temps pour des débats sur des questions importantes qui méritaient des éclairages. Il me fit même l’honneur de la confidence, lors du dernier débat que nous avons animé ensemble à la RTS pendant la soirée électorale des élections législatives dernières que désormais pour accepter une invitation à un débat, il doit s’assurer de la qualité des co-débatteurs et c’est parce que - il a tenu à le dire - c’était moi et le prof Sylla de l’UGB qu’il a donné son accord. Quelle marque sollicitude et de bienveillance !
Nous venons de perdre un membre éminent de notre nation dont l’ampleur de sa contribution intellectielle et professionnelle est restée invisible car il ne s’est jamais préoccupé de la visibilité de sa propre personne, encore moins des avantages et prestiges que pourtant son rang et sa dimension pouvaient lui permettre. Il a choisi de toujours rester humblement dans les rangs, comme un soldat de la patrie et de la vérité scientifique.
Que ton âme repose en paix, cher Abdoulaye et que le prestige et les honneurs cousent ton manteau dans les lieux les plus élevés du paradis.
Repose en paix à Saint-Louis que tu n’as jamais quitté, au service du savoir et de notre patrie.
PAR Aliou Gori Diouf
POUR UNE RECONSIDÉRATION DE L’APPROCHE DES ÉTUDES D’IMPACT ENVIRONNEMENTAL ET SOCIAL
Ces évaluations, qui devraient servir de garde-fou contre les dérives écologiques, se révèlent incapables de saisir la complexité des interactions entre activités humaines et écosystèmes sur le long terme
Les études d’impact environnemental et social, un outil d’évaluation aux perspectives limitées. Les études d’impact environnemental et social (EIES) sont souvent présentées comme des outils d’aide à la décision, permettant d’évaluer les effets potentiels d’un projet, y compris extractif, sur les écosystèmes et les populations. Elles abordent des aspects clés tels que la qualité de l’air, la pollution des sols, la dégradation des formations végétales, la disponibilité des ressources en eau, les impacts sur la faune et la biodiversité. Ces évaluations incluent des analyses qualitatives et quantitatives des impacts, mais sans une véritable mise en perspective à long terme.
Une vision trop limitée des impacts écologiques
L’une des principales failles des EIES est qu’elles ne prennent pas en compte la dynamique des écosystèmes sur le long terme. Lorsqu’elles identifient des impacts sur les ressources naturelles (eau, flore, faune, sols, micro-organismes), elles se contentent généralement de les quantifier et de les analyser dans le court terme sans intégrer leur impact sur les capacités de régénération des écosystèmes sur le
long terme. Or, toute pression anthropique sur un écosystème a des répercussions à court, moyen et long terme, sur la structure, sur le fonctionnement et sur les services écosystémiques (purification de l’eau, séquestration du carbone, régénération des sols, maintien de la biodiversité).
Ces dimensions fondamentales ne sont pas suffisamment approfondies dans les études actuelles dans une perspective long-termiste. Les analyses se limitent souvent à l’échelle temporelle du projet, en négligeant les transformations lentes et cumulatives qui continueront d’impacter les écosystèmes bien après la fin des activités des projets et qui pourraient les déstructurer et définitivement affecter leurs capacités à délivrer leurs services.
Une absence de prise en compte des coûts économiques et sociaux des dommages écologiques
Au-delà des impacts écologiques, les coûts économiques et financiers des dégradations écologiques sont rarement évalués dans les EIES. Or, la perte de biodiversité, la pollution des ressources en eau, la destruction des sols productifs et la déforestation ont des conséquences économiques directes et indirectes, qui se manifestent souvent sur le moyen et long terme par entre autres la réduction de la productivité agricole et des ressources halieutiques, la contamination des ressources en eau entraînant la multiplication des risques sanitaires et des plus tard l’augmentation des coûts de traitement de l’eau potable, l’exposition accrue aux risques climatiques et catastrophes naturelles, et enfin les coûts de restauration écologique extrêmement élevés.
De plus, les implications sociales sur le moyen et le long terme des dégradations écologiques sont rarement détaillées. La disparition des écosystèmes, et avec eux des ressources naturelles essentielles à la subsistance des populations locales conduirait ipso facto à, entre autres, un appauvrissement économique des communautés, des conflits sociaux liés à l’accès aux ressources, une migration forcée des populations affectées, une dégradation des conditions sanitaires due à la pollution et à la perte de services écosystémiques vitaux.
Ces aspects sont systématiquement sous-évalués ou écartés des rapports d’impact ainsi que le coût qu’exige leur correction.
Un besoin urgent de réformer l’approche des EIES
La manière dont les EIES sont conduites ne répond plus aux exigences du développement soutenable (durable). Il est incohérent de prétendre promouvoir un développement soutenable en se focalisant uniquement sur les impacts à court terme et en négligeant les effets écologiques, économiques et sociaux à moyen et long terme.
Il est donc essentiel de :
Repenser les méthodologies des EIES pour intégrer une analyse des impacts sur la résilience et la régénération des écosystèmes,
Inclure une comptabilité écologique et économique des dégradations environnementales dans l’évaluation des projets,
Exiger des études de suivi sur plusieurs décennies après l’arrêt des activités, afin de mesurer les impacts réels et leur évolution,
Mettre en place une obligation de compensation écologique renforcée, garantissant la restauration des écosystèmes dégradés.
Pour un alignement des études d’impact environnemental et social aux enjeux actuels et futurs. Donc, dans une perspective de la soutenabilité/durabilité, les EIES actuelles sont incomplètes, car elles n’intègrent pas les véritables coûts environnementaux, économiques et sociaux à long terme. Or, un projet qui génère des profits immédiats mais laisse derrière lui un passif écologique et social désastreux ne peut être considéré comme un projet de développement.
Si l’objectif est réellement de concilier croissance économique et préservation des systèmes écologiques pour les générations actuelles et futures, alors il devient impératif de réviser profondément la manière dont les impacts écologiques et sociaux sont évalués, anticipés et compensés. Sans cela, les EIES resteront un simple outil de validation administrative, et non un véritable levier de planification pour un avenir durable.
Dr Aliou Gori Diouf est géographe, spécialiste en environnement et changement climatique
Son parcours impressionnant, alliant expérience ministérielle et expertise à la BAD, illustre la tradition sénégalaise d'excellence dans les institutions internationales. Cependant, le chemin vers la présidence de la BAD s'annonce complexe
Amadou Hott, économiste, ancien ministre sénégalais de l’Economie, du plan et de la coopération et ancien vice-président de la Banque africaine de développement (Bad) en charge de l’énergie, du climat et de la croissance verte, est candidat pour la présidence de cette institution. Une candidature en droite ligne de ce qu’a été le Sénégal dans le monde : avant la découverte du pétrole et du gaz, la principale richesse de notre pays était la qualité de ses ressources humaines et de sa diplomatie. Le Sénégal ne compte pas sur l’échiquier mondial, il pèse.
En effet, d’illustres personnalités sénégalaises ont eu à diriger de grandes institutions africaines et mondiales ; ce qui a augmenté notre prestige. L’Unesco et la Fao ont été dirigées par Amadou Makhtar Mbow, de 1974 à 1987, et Jacques Diouf, d’août 1994 à fin juin 2011. Quant à Kéba Mbaye, il a été président du Tribunal arbitral du sport (Tas) et président de la Commission d’éthique du Comité international olympique (Cio). Et que dire de Lamine Diack, président de l’Iaaf de 1999 à 2011 ?
Plus récemment, nous avons, depuis mars 2021, Makhtar Diop, Directeur général de la Société financière internationale (Sfi), la branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée principalement au secteur privé dans les pays émergents. Auparavant, il était viceprésident de la Banque mondiale pour les infrastructures et vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne.
Ou encore Abdoulaye Diop, ancien ministre du Budget, nommé président de la Commission de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa). Abdoulaye Diop fut précédé à la présidence de la Commission de l’Uemoa par l’ancien Premier ministre Cheikh Hadjibou Soumaré et, à la création de cet organe communautaire, par Moussa Touré.
Sidi Ould Tah, actuel président de la Badea, pourrait faire la différence
C’est dire que la candidature de l’ancien ministre Amadou Hott, soutenue par le Sénégal, est une très bonne chose. D’ailleurs, le Sénégal mobilise un soutien régional et international pour son candidat dont les compétences et le leadership sont mis en avant pour diriger la Banque africaine de développement (Bad). «M. Amadou Hott, candidat du Sénégal à la présidence de la Banque africaine de développement, bénéficiera du soutien nécessaire», dira Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des affaires étrangères, lors de la cérémonie de lancement de la candidature de l’ancien ministre de l’Economie, du plan et de la coopération, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’autres personnalités sénégalaises, d’ambassadeurs au Sénégal de nombreux pays et de dirigeants du secteur privé. Pour Mme Fall, Hott est «un choix mûrement réfléchi et motivé par le parcours exceptionnel et les compétences remarquables de l’ancien ministre». C’est le «choix du président de la République, Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye». Mieux, «c’est une candidature très forte» qui «incarne parfaitement le leadership dont la banque a besoin». L’électrification, l’alimentation, l’industrialisation et l’amélioration de la qualité de vie des Africains sont les principaux défis que doit continuer à relever la Banque africaine de développement, selon Yassine Fall. Des «défis multiples» auxquels s’ajoutent l’urgence climatique, les crises sanitaires, la consommation numérique, la problématique des jeunes et l’autonomisation des femmes.
La Banque africaine de développement(Bad) va désigner, le 29 mai 2025 à Abidjan, le successeur du Nigérian Akinwumi Adesina. Le président de la Bad est élu par le Conseil des gouverneurs pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Le président actuel a été élu le 28 mai 2015 et a commencé son premier mandat le 1er septembre 2015. Il a été réélu le 27 août 2020 et a entamé son second et dernier mandat le 1er septembre 2020.
La Sud-Africaine Bajabulile Swazi Tshabalala, Viceprésidente principale de la Bad, a démissionné de ses fonctions en octobre dernier en raison de sa candidature à la présidence de cette institution financière. Amadou Hott a également démissionné de ses fonctions d’Envoyé spécial du président de la Bad chargé de l’Alliance pour l’infrastructure verte enAfrique. Selon le magazine économique et financier «Financial Afrik», le Béninois Romuald Wadagni, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli etle Zambien Samuel Maimbo sont également candidats.
Et la dernière candidature annoncée est celle du Mauritanien Sidi Ould Tah, actuel président de la Banque arabe pour le développement en Afrique (Badea). D’ailleurs, c’est une candidature qui pourrait faire la différence, car aucune candidature des pays d’Afrique du Nord ne se profile, alors qu’ils représentent plus de 20% des droits de vote. Mieux, Ould Tah est soutenu officiellement par le Président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, qui est un atout fort pour sa candidature. Le pays des Eléphants représente 3, 6% des votes et se trouve parmi les 20 pays qui ont le plus de pouvoir de vote.
Amorcer la rupture ou assurer la continuité ?
Pour cette élection, deux logiques s’affrontent : faire dans la continuité de l’action de Adesina (réélu en 2020, mais très controversé parce qu’accusé de népotisme, et ayant même fait l’objet d’une enquête). C’est dans ce camp que se situent Amadou Hott ou le Zambien Samuel Munzele Maimbo qui est vice-président de la Bad en charge du budget. Or, cette proximité avec l’actuel président Adesina pourrait, selon Jeune Afrique, «lui porter préjudice auprès des actionnaires non régionaux», même si elle ne semble pas affecter son image auprès des pays africains. En effet, est-ce de bon ton d’être perçu comme le continuateur de l’œuvre de quelqu’un dont le mandat a été jugé peu reluisant et fortement décrié par la Société civile africaine, qui lui reproche de trop miser sur l’investissement privé ?
Et de l’autre côté, il y a les partisans d’une rupture, comme le Tchadien Mahamat Abbas Tolli très soutenu par les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) et par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac). L’ancien Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) a réussi à fédérer toute l’Afrique centrale autour de sa candidature. D’ailleurs, le Cameroun a officiellement renoncé à présenter un candidat pour la présidence de la Bad, se rangeant derrière la candidature du Tchadien. En effet, dans l’impossibilité de départager ses deux prétendants potentiels, l’économiste Albert Zeufack, directeur pays de laBanque mondiale, et Marie-LaureAkin-Olugbade, actuelle vice-présidente de la Bad, Yaoundé a choisi de respecter son engagement régional en faveur de Abbas Tolli.
Enfin, Hott aura aussi à faire face à Samuel Munzele Maimbo, qui bénéficie déjà de soutiens conséquents. Jeune Afrique révèle que le Zambien, vice-président à la Banque mondiale, est soutenu par «près de la moitié des pays du continent» grâce aux appuis de la Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc) et du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa). Il se dit que son passé de directeur de Cabinet de David Malpass, l’ex-président de la Banque mondiale proche de Donald Trump, pourrait également peser dans la balance, les Etats-Unis étant le deuxième actionnaire de la Bad avec 6, 5% de pouvoir de vote.
Obtenir la double majorité des actionnai- res africains et des actionnaires non afri- cains pour passer
Pour remporter cette élection stratégique, les règles sont précises : le futur président devra obtenir une double majorité.Il lui faudra convaincre à la fois les actionnaires africains, qui détiennent 60% des droits de vote, et les actionnaires non régionaux, principalement occidentaux, qui contrôlent les 40% restants. Côté africain, le Nigeria pèse très fortement avec presque 8, 6% des voix, derrière l’Egypte 6, 5% et l’Algérie qui pèse environ 5%, tout comme l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire représentant, elle, 3, 6%. Parmi les bailleurs non régionaux, on retrouve les Etats-Unis qui représentent 6, 5%, le Japon qui possède 5% des droits de vote, l’Allemagne qui a 4, 1% de l’actionnariat, la France n’étant pas dans les 10 premiers actionnaires de référence, avec seulement 3, 7% des droits de vote
C’est dire que cette élection s’annonce complexe et le jeu des alliances n’est pas pour l’heure favorable au candidat sénégalais. En effet, là où les institutions sousrégionales du Centre et du Sud de l’Afrique font bloc derrière le candidat issu de leurs rangs, Amadou Hott devra faire face au Mauritanien soutenu par Ouattara, le puissant parrain de la zone Cedeao.
L’autre argument qui ne milite pas en faveur du Sénégalais est le «principe de la rotation» dans les institutions régionales et/ou internationales. En effet, il est de bon ton, après 10 ans de gouvernance d’un ressortissant d’un pays de l’Afrique de l’Ouest, de se tourner vers d’autres régions africaines. Donc les pays membres de l’Afrique centrale ou australe vont forcément souhaiter que le poste soit pourvu par une personnalité hors de la région ouest-africaine.
«Gros calibre» a effectivement un gros morceau
Elire Amadou Hott est une tâche ardue, un défi immense. Toutefois, il est loisible de se demander si notre diplomatie, avec à sa tête la ministre «Gros calibre», est capable de fédérer les Africains et même les non-Africains à la candidature du Sénégalais. «Gros calibre» a effectivement un gros morceau pour prouver qu’elle est à la hauteur des ambitions diplomatiques du Sénégal ; même si beaucoup en doutent. En effet, le Sénégal, pays en «ruines» et «sans marges de manœuvre budgétaire et financière», est devenu un pays isolé et sans influence. Déjà, personne n’est en mesure de dire si nos voisins immédiats (Mali, Guinée, GuinéeBissau, Gambie) apporteront leur soutien à Hott. Comme dans le domaine de la communication, une bonne communication interne (diplomatie de bon voisinage) a des effets positifs sur la communication externe (conquête de l’Afrique et de la présidence de la Bad). Si une bonne diplomatie de voisinage existait dans nos rapports avec eux, ces mêmes voisins ne seraient pas les fossoyeurs de nos ambitions africaines. La visite du Premier ministre en Mauritanie, suivie de l’envoi d’un émissaire mauritanien auprès du président Diomaye, sonne comme un désaveu du voyage de Sonko. L’on se rappelle que l’actuel Premier ministre avait fustigé l’accord de partage de la production du champ gazier de Gta. Il trouvait que ledit accord était en défaveur du Sénégal et promettait d’y revenir une fois au pouvoir, non sans dire que «ceux qui parlent de rapport de bon voisinage sont des hypocrites».En janvier 2017, lors de l’élection du président de la Commission de l’Union africaine, le candidat sénégalais Abdoulaye Bathily n’avait même pas reçu le soutien des voisins. En tout cas, le Sénégal n’a même pas pu obtenir tous les votes des pays de la Cedeao.
De plus, le Sénégal pourrait-il battre le candidat soutenu par ADO et la Côte d’Ivoire qui pèse 16 mille milliards de budget pour 2025 avec une balance commerciale excédentaire, première producteur de cacao et deuxième en café ? Non sans oublier que Birame Soulèye Diop, actuel ministre de l’Energie, alors opposant, avait créé un incident diplomatique en accusant le Président Ouattara d’avoir fait assassiner son successeur désigné, Amadou Gon Coulibaly. Les populistes ne règlent pas les problèmes, ils en créent d’autres pour cacher leur incompétence.
MOUSSA BALA FOFANA DELIVRE UN PLAN POUR PIKINE
Le Ministre de l'Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l'Aménagement des Territoires a consacré sa deuxième journée de séjour à Saint-Louis à une descente sur le terrain pour visiter quelques chantiers dans le cadre du renouveau urbain
Le Ministre de l'Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l'Aménagement des Territoires a consacré sa deuxième journée de séjour à Saint-Louis à une descente sur le terrain pour visiter quelques chantiers dans le cadre du renouveau urbain Moussa Bala Fofana révèle que le quartier de Pikine va être une priorité dans le Programme National d'accès au logement et de rénovation urbaine.
Également, la restructuration de Pikine sera une priorité du point de vue des enjeux et du poids démographique, a promis le Ministre avant d'inviter tous les citoyens et l'ensemble des délégués et conseillers de quartier à se mobiliser autour de l'activité du "Sétal Suñu Réew" de ce samedi.
La journée d’hier, vendredi 31 janvier, a été consacrée au renouveau urbain à travers une visite de travail effectuée par le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires, Moussa Bala Fofana accompagné d’une forte délégation de chefs de services.
« Quand on parle de renouveau urbain on parle à la fois de structuration urbaine mais aussi de rénovation urbaine. C’est dans le cadre du programme national d’accès au logement et au renouveau urbain. C’est un programme qui vise à aider les Sénégalais à avoir accès à au logement mais surtout aussi à un cadre de vie mais un cadre de vie qui répond à nos besoins et nos aspirations. Ce qu’il faut retenir c’est que Pikine est un exemple et un cas d’école avec des enjeux majeurs liés au poids démographique ; à l’assainissement ; au changement climatique qui me change rien aux besoins d’accès au logement et à un cadre urbain rénové et renouvelé. Voilà pourquoi nous sommes venus parler avec les citoyens, descendre sur le terrain voir nous-mêmes ce que le conseil de quartier voit comme priorité et objectif avec nos services, la Fondation Droit à la ville ; l’Urbanisme ; le cadre de vie et l’adjoint au Gouverneur qui nous a accompagné pour que nous puissions voir sur le terrain l’applicabilité des instructions que nous a donné le Président de la République, à savoir d’être proche des populations », a-t-il expliqué avant de reprendre les propos de celuici qui disait « gouverner, c’est écouter ». L’autorité ministérielle a rappelé que c’est bien de recevoir des rapports faire des audiences et faire des études mais à un moment donné il faut descendre sur le terrain et écouter le citoyen qui est tous les jours en contact avec les problèmes. Il a promis que Pikine va être une de leurs priorités dans le Programme National d’accès au logement et de rénovation urbaine.
« La restructuration de Pikine sera une priorité du point de vue des enjeux que nous avons, mais surtout du poids démographique qui est un poids assez conséquent. Aujourd’hui, nous sommes venus sur le terrain pour parler avec l’ensemble des services du Ministère, pas uniquement pour une concertation à propos de la décentralisation, mais nous voulons parler d’accès au logement et gestion du cadre de vie », a fait savoir M. Fofana. Ce samedi, il compte redescendre sur le terrain pour prendre part à l’activité de nettoiement communément appelée « Sétal suñu Réew ». Nous allons faire ce que nous avons l’habitude de faire à savoir sortir pour changer notre cadre de vie et j’encourage vraiment tous les citoyens et l’ensemble des délégués et conseillers de quartier à se mobiliser autour de cette activité et nous voulons qu’elle soit portée par nos communautés notamment les conseillers de quartier qui sont aujourd’hui les cellules de base de notre politique publique. Nous voulons faire de nos délégués de quartier les acteurs de ce changement systémique mais nous ne pourrons jamais réussir si ces derniers ne prennent pas en charge le changement que nous voulons », a-t-il conclu.
Par Fadel DIA
TRUMP IS BACK !
Il a démontré des ambitions dignes d'un monarque : grâce collective pour les assaillants du Capitole, expulsions médiatisées d'immigrés sous escorte militaire, et projets de déportation massive à Gaza et Guantanamo
Vous aviez aimé le 1e Trump ? Vous adorerez le 2e…et peut-être le 3e, puisque le nouveau président des Etats-Unis n’exclut pas de renier le 24e Amendement de la Constitution américaine qui limite à deux, les mandats présidentiels, tout comme il tente de révoquer le 14e Amendement, qui reconnait le droit du sol à ceux qui naissent sur le territoire américain.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a un monde, un gouffre plus profond que la Rift Valley, entre le discours inaugural du 45ème et 47ème président des Etats-Unis et celui du 35ème.
Le 20 janvier 1961, le président J.F. Kennedy (44 ans) invitait ses concitoyens à se dépasser et prononçait ces mots qui sont restés gravés au cimetière national d’Arlington : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays…et ce qu’ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l’Homme » ! Son discours avait duré moins de 14 minutes et celui prononcé le 21 janvier 2025 par Donald Trump (78 ans) n’est pas seulement deux fois plus long, c’est surtout une plate, fade et décousue énumération d’attaques contre ses prédécesseurs, de vantardises, de menaces et de fantasmes qui fait peu cas des droits humains et qui est indigne du chef de la première puissance mondiale. On croyait pourtant avoir déjà fait le tour des extravagances et des fanfaronnades de Donald Trump et on pensait que son second mandat nous réserverait moins de mauvaises surprises et même qu’il ferait profil bas, puisqu’il est poursuivi pour plusieurs délits et qu’il a même été condamné quelques jours avant son investiture dans une affaire de mœurs et n’a été dispensé de prison que de justesse.
D’ailleurs que pouvait-il faire d’autre de plus radical, que de fermer les frontières de son pays à ses voisins du Sud, aux pauvres et aux musulmans, de remettre en cause tous les acquis sociaux de ses concitoyens les plus démunis, d’encourager le port des armes ou d’accorder à Israël le droit de faire ce que bon lui semble au Moyen-Orient ? C’était sans compter sur son esprit fantasque puisque, dès le premier jour de sa prise de service, il a montré par ses prises de position et par ses gestes que nous n’étions pas au bout de nos surprises.
L’un des plus éminents historiens américains, Robert Paxton, qui est aussi l’un des meilleurs spécialistes du fascisme, avait trouvé « galvaudée et inadéquate » l’idée d’accuser Trump de fascisme. Il est revenu sur ses positions et en observant avec effarement les prises de position de celui-ci lors de son inauguration, son comportement et celui de ses militants et de ses proches, il pense désormais que le « Trumpisme » a bien des relents de fascisme.
Il lui a suffi de regarder la tribune : ce sont les chefs des grandes entreprises capitalistes qui sont aux loges d’honneur, scellant ainsi l’union entre le pouvoir et l’argent ! Trump est le premier président américain à inviter à son investiture des chefs d’Etat ou de gouvernements étrangers, mais il les a relégués au second rang, derrière une rangée d’oligarques. Pourtant si Elon Musk est l’homme le plus riche du monde, il n’exerce son pouvoir, toutes entreprises confondues (X, Tesla, SpaceX…) que sur moins de 150.000 personnes, qui ne sont que des employés, alors que Giorgia Meloni est la Première ministre, élue, de la 4e puissance européenne et d’un état de près de 60 millions d’habitants. Il est vrai qu’on peut aussitôt s’étonner qu’elle, tout comme le président argentin Milei, aient accepté de figurer à une place indigne de leur rang et irrespectueuse des règles du protocole diplomatique international. Cela découle d’un autre constat : Trump fascine tous ceux qui rêvent d’un pouvoir fort et il n’hésite pas à exercer un chantage sur ceux qui lui résistent. Paxton a aussi sans doute, écouté les premiers mots de Trump qui s’est présenté non comme un président élu par le peuple, mais comme un roi de droit divin, sauvé de la mort par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique. Son pays, ses concitoyens sont au-dessus des autres et au-dessus des lois et Il a le pouvoir de rebaptiser des mers et des montagnes, de s’accaparer d’entreprises ou de territoires étrangers, voire d’un pays indépendant et plus vaste que le sien, ou encore d’annuler d’un trait de plume des pratiques politiques instituées par ses prédécesseurs pour les remplacer par les siennes. Il célèbre la force et le culte de la masculinité et pour répondre aux vivats de ses militants, c’est une épée de cérémonie qu’il brandit. Il a fait du mensonge une arme politique et sa porte-parole peut, sans ciller, accuser Joe Biden d’avoir payé des capotes aux Gazaouis pour 50 millions de dollars !
Mais il n’y a pas que des milliardaires autour de lui, y compris certains qui l’avaient vertement critiqué et qui se sont ralliés à lui, sous la menace ou par intérêt. Il y a aussi des foules de personnes de tous les âges et même de toutes les couleurs qui le traitent comme un Messie, arborent sa photographie sur leurs tee-shirts, applaudissent à ses gestes, à ses frasques et à ses excès de langage, et sont prêts à tuer pour le défendre, comme le montrent les menaces de mort lancées contre l’évêque de l’église St John qui avait osé lui demander de faire preuve de miséricorde et qu’il a sommée de s’excuser.
Dans la hiérarchie de ses souteneurs, il y a un homme qui est un peu son clone et qui ne se retient plus. Il a achevé la journée d’investiture au Capitol One Arena par un salut fasciste, avant de s’illustrer par des propos minimisant le passé nazi de l’Allemagne.
On pourrait multiplier l’énumération des attributs monarchistes que s’est attribués Donald Trump en rappelant qu’en l’espace de quelques jours, il a gracié 1600 personnes qui avaient pris d’assaut le Capitole, forcé le barrage des policiers (en faisant des morts) et saccagé des bureaux, qu’il a fait procéder à une rafle médiatisée d’immigrés et à leur expulsion, menottés aux mains et aux pieds, par des avions militaires, en menaçant de représailles leurs pays d’origine ou de départ et qu’il se propose de déporter la population de Gaza et de transférer des milliers d’immigrés à Guantanamo, prison tristement connue comme lieu de détention et de torture de terroristes capturés par l’armée américaine, etc.
Qui arrêtera Donald Trump ? Certainement pas les Européens, divisés et paralysés par ses menaces de représailles et de hausse des droits de douanes, alors qu’ils pourraient être les principales victimes du Trumpisme ! Ce ne sont pas nous non plus, citoyens et dirigeants d’Afrique, qui amèneront Trump à refréner ses pulsions. Parce que nous n’existons simplement pas à ses yeux et sans doute ignore-t-il même que l’Egypte se trouve sur le continent africain.
D’ailleurs il suffit de comparer les menaces d’expulsion qui pèsent sur les immigrés en provenance des pays d’Amérique Latine d’une part- (plus de 250.000 personnes, chacun, pour le Guatemala et le Mexique, soit 1/3 du nombre total de la première vague de « déportables » ! ) - et sur ceux qui viennent du continent africain - (où, curieusement, la Mauritanie occupe l’une des premières places avec près de 4000 personnes concernées, probablement celles qui avaient fui les massacres de Ould Taya ! ) - pour comprendre que nous ne sommes pas la cible principale du courroux du nouveau président américain qui est bien trop occupé à se demander s’il doit combattre la Chine ou conclure un deal avec elle pour nous prêter attention.
S’il reste un espoir, il réside dans la Justice américaine, à condition que ceux qui la tiennent en mains, et qui ont la même légitimité populaire que Trump, continuent à se battre pour la séparation des pouvoirs, ce qui est le fondement de la démocratie américaine. Elle est à l’œuvre puisqu’elle a déjà mis à mal une des mesures phares du programme républicain, la suppression du droit au sol, et peut-être qu’un jour les menaces de Trump ne seront plus que des vœux pieux !
KHABY LAME, L’ART DU SILENCE QUI FAIT FORTUNE SUR LES RESEAUX SOCIAUX
Il n’a jamais prononcé un mot… et pourtant, il est devenu une icône des médias sociaux. Avec plus d’un milliard de likes (rien que sur TikTok), Khaby Lame compte aujourd’hui plus d’adeptes que Mark Zuckerberg
Il n’a jamais prononcé un mot… et pourtant, il est devenu une icône des médias sociaux. Avec plus d’un milliard de likes (rien que sur TikTok), Khaby Lame compte aujourd’hui plus d’adeptes que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Ce 31 janvier, à Dakar, il a été nommé ambassadeur de l’Unicef, à l’issue de quatre jours de visite au Sénégal, son pays natal.
Il existe des parcours de vie marqués par un destin pour le moins inattendu. Celui de Khaby Lame, de son vrai nom Khabane, en fait indéniablement partie. Ce jeune Sénégalais de 21 ans, qui vit à Chivasso, dans la banlieue turinoise, avec ses parents immigrés, préfère garder le silence dans ses vidéos, là où d’autres choisissent de s’exprimer bruyamment pour capter l’attention. Il mise sur des expressions faciales et une gestuelle très expressive, créant des vidéos courtes, drôles et toujours surréalistes.
Son succès est tel qu’il bat des records, allant jusqu’à surpasser le « boss » de Facebook, la maison mère d’Instagram. Avec 16,7 millions d’abonnés, Khaby Lame devance ainsi Mark Zuckerberg, qui en compte 7,5 millions. Ce dernier, à qui il a envoyé un message taquin, a réagi avec un émoji pouce levé en signe de « fair-play », soulignant l’humilité de la situation.
Tout a commencé début 2020, dans un contexte de confinement presque généralisé en Europe, avec l’arrivée du Covid-19. La crise sanitaire fait perdre à Khaby son emploi dans une société de matériel numérique. Confined et inoccupé, il se tourne vers TikTok. Sa démarche, aussi simple qu’efficace, consiste à tourner en dérision les défis réalisés par d’autres utilisateurs de la plateforme. Le public adhère immédiatement, et ses vidéos captent l’attention de millions de personnes. Alors qu’il était anonyme, ses pastiches attirent rapidement près de 62,3 millions de vues dans le monde.
20 millions de dollars de bénéfice en 2024
Sa vidéo la plus populaire à ce jour est une réponse à un tutoriel de découpe de bananes au couteau par un autre Tiktokeur. La solution de Khaby ? « Épluchez-la avec vos mains. » Cette vidéo a cumulé plus de 258 millions de vues. Un autre exemple : un utilisateur qui coince son t-shirt dans sa portière de voiture et décide de le découper. Khaby, lui, ouvre simplement la porte, pour une vidéo qui totalise plus de 235 millions de vues. Son créneau : pourquoi se compliquer la vie, alors qu’elle est parfois si simple ?
Son succès fulgurant l’a amené à prendre un agent qui gère désormais sa « carrière » à travers des partenariats et des demandes de collaboration. « Pour un post de sa part, qui peut atteindre les 3 millions d’interactions en une semaine, avec le nombre de personnes qui le suivent, les revenus varient de 70 000 à 180 000 euros (soit entre 45 et 117 millions CFA) », résume son agent au micro de TF1 dans un reportage. Selon le classement Forbes dévoilé en 2024, Khaby Lame, le tiktoteur sénégalais spécialisé dans les vidéos humoristiques, fait partie du top 10 des influenceurs les plus riches de 2024 avec un bénéfice de 20 millions de dollars cette année.
Pour l’avenir, Khaby confie vouloir s’engager dans le septième art. Inspiré par l’acteur Omar Sy, il rêve de marquer, à son tour, l’histoire du cinéma.
MIGRATION CIRCULAIRE : 1500 PERSONNES SERONT PRESELECTIONNEES
Le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, Amadou Chérif Diouf, a fait le point sur le processus de la migration circulaire en Espagne
Le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, Amadou Chérif Diouf, a fait le point sur le processus de la migration circulaire en Espagne. Il renseigne que 1500 personnes seront présélectionnées après la clôture des dépôts de candidatures.
Mais à la fin du processus, 370 dossiers seront retenus pour la saison 2025. Il s’agit, selon M. Diouf, de 100 saisonniers de la cohorte de 2024, plus 250 nouvelles recrues, en plus de 20 autres personnes à la demande de l’employeur.
Tous ces gens iront en Espagne pour une durée de trois mois, renouvelables.
par l'éditorialiste de seneplus, pierre sané
LE GRAND DÉCLIN OCCIDENTAL
EXCLUSIF SENEPLUS - Le dollar s’incline, la force militaire se révèle impuissante, l’influence morale a disparu. C’est la fin de cette civilisation, la plus barbare de l’histoire de l’humanité. Soyons audacieux : pensons le monde post-Occident
Le déclin d’un empire est toujours une farce qui se termine en tragédie. Donald Trump est l’annonciateur de la tragédie qui s’en vient en accélérant la chute de l’empire.
Il se dit que le début de la période de l’extinction des dinosaures a provoqué un changement radical dans le comportement de ces créatures. Leurs rugissements étaient devenus assourdissants et leurs agissements extrêmement agressifs.
C’est exactement le cas aujourd’hui quand on observe ce qui se passe dans cet Occident et particulièrement aux États-Unis. Ca à commencé il y à longtemps par des mensonges sur les peuples conquis et soumis (la farce), suivis par des guerres interminables qui affaiblissent l’empire à l’international. Et ne soyons pas naïfs, Trump mènera des guerres quoiqu’on en dise, car il faut bien faire tourner le complexe militaro-industriel, première cotation à la bourse de Wall Street. Ajoutons les inégalités qui les rongent à l’interne et qu’ils refusent de corriger. Et je ne mentionne même pas des classes politiques pitoyables au pouvoir qui ne sont sûrement pas à la hauteur des défis. Ce sont plutôt des dirigeants Tik Tok alliés à des oligarques insatiables. On sait ce que ça a donné dans les 1920-1930.
Depuis la révolution néolibérale et néoconservatrice de Ronald Reagan, les politiques publiques américaines et européennes ont pris des voies surprenantes qui auront comme effets évidents de :
- diviser la société, d’encourager la division le long de lignes raciales et idéologiques, et d’amplifier les conflits qui créent la méfiance et affaiblissent l'unité nationale ;
- d’affaiblir l'éducation, d’abaisser progressivement les normes et d’éloigner l'attention de la pensée critique ; de créer une population plus facilement influencée et moins informée ;
- de nuire à la santé publique ; de promouvoir l'utilisation généralisée d'aliments malsains, de produits chimiques et pharmaceutiques conduisant à des maladies chroniques et à une dépendance programmée.
- de briser les liens communautaires, de saper les structures familiales et communautaires, en favorisant l'isolement et l'individualisme plutôt que le soutien collectif ;
- de contrôler le récit, en limitant la liberté d'expression et la censure des points de vue alternatifs, de créer une culture où les gens ont peur de parler ouvertement ;
Tout cela concourt au déclin que les initiatives de Trump vont accélérer. L’objectif étant d’enrichir les riches. Encore et encore. Les empires s’écroulent de l’intérieur.
La production intellectuelle sur le déclin de l’Occident et du capitalisme est aujourd’hui florissante, mais très peu voire aucun Africain ne s’y est aventuré. C’est regrettable. Je me souviens de la production intellectuelle sur la fin du communisme et de l’Union Soviétique qui a nourri les stratégies géostratégiques de “containment”du communisme par les Occidentaux. Ou de l’apport des intellectuels dans les révolutions dans le Sud global.
J’interpelle donc nos historiens, politologues, etc. pour qu’ils nous éclairent sur les implications de ce déclin de l’Occident afin qu’on puisse anticiper et agir.
Les dinosaures ont disparu et l’Occident disparaîtra. Le dollar s’incline, la force militaire se révèle impuissante, l’influence morale a disparu, la technologie se propage et la Chine s’impose déjà comme la première puissance économique mondiale en synergie avec les BRICS. Aujourd’hui le poids économique du G7, c’est 26% du PIB mondial ; le BRICS c’est 35%. Cherchez l’erreur. Peu à peu, l’Occident disparaît de nos imaginaires.
Après tout, on parle d’un ensemble qui ne représente que 7% de la population mondiale, mais qui continue à avoir l’arrogance de prétendre diriger le monde. Par la violence militaire. Mais on voit qu’Israel, le bras armé de l’Occident au Moyen Orient a perdu sa « guerre » à Gaza malgré l’horrible génocide commis contre les Palestiniens, s’inscrivant dans la longue tradition des horreurs infligées aux peuples du Sud global. En Ukraine, l’Otan s’apprête à subir la défaite la plus humiliante de son histoire et à ravaler son arrogance.
On pourrait croire qu’ils tireraient les leçons de ces déconvenues. Mais non! La seule solution pour le Sud global, c’est de leur infliger des défaites dont ils ne se relèveront plus jamais. C’est le prix à payer pour la paix mondiale.
Oui. C’est la fin de cette civilisation qui a été la plus barbare de l’histoire de l’humanité, comme on le voit à Gaza aujourd’hui. Brutalité, genocides, extermination, sauvagerie sont les marques de fabrique de ce que nous Africains entre autres avons connu. Maintenant ils sont en plus tétanisés par les conséquences de ce qu’ils ont infligé à notre environnement naturel tout en exigeant que tout le monde en paye le prix.
Il nous appartient désormais de réfléchir et de dialoguer avec le Brésil, l’Inde, la Russie, l’Iran, la Chine, l’Indonésie et l’Afrique unie à comment bâtir un monde meilleur. Laissons l’Occident s’enfermer dans sa forteresse et crouler dans ses contradictions internes avec sa population déclinante. Quant à nous, notre dynamisme démographique nous portera sur le toit du monde avec 41% de la population mondiale en 2100. Quoi qu’on dise, c’est un atout, sauf pour ceux qui ont peur de l’Afrique. C’est leur problème.
Nous avons mieux à faire : inventer le futur et laisser les dynosaures disparaître puisque que nous n’y pouvons rien.
Oui, le Sénégal est un petit pays mais rien ne nous empêche de penser le monde et d’imaginer une Afrique prospère, juste et puissante. Au Sénégal, nous avons le privilège d’avoir enfin depuis 60 ans un leadership patriotique intelligent et déterminé. Soyons audacieux : pensons le monde post-Occident. C’est après tout l’héritage de Cheikh Anta Diop.
par Mamadou Ndoye
ABDOULAYE DIEYE, UN BÂTISSEUR DE PONTS POUR LA DÉMOCRATIE
EXCLUSIF SENEPLUS – Il laisse derrière lui un héritage inestimable dans la lutte pour la démocratie. Son engagement intellectuel et son sens du consensus ont marqué les Assises Nationales, la CNRI et Sursaut Citoyen
J’ai appris avec une profonde tristesse, la nuit dernière, le décès du Professeur Abdoulaye Dièye. Étant hors de Dakar, je n’ai malheureusement pas pu lui rendre hommage en assistant à la levée du corps à l’hôpital Principal. À sa mémoire, je tiens à témoigner en reconnaissance de son inestimable contribution à la cause de la société civile et en particulier à celle de Sursaut Citoyen (SC). Je n’insisterai pas sur ses remarquables compétences professionnelles, ni sur le rôle éminent qu’il a joué dans le déroulement et les résultats des Assises Nationales (AN) et de la Commission Nationale de Réforme des Institution (CNRI). D’autres, mieux qualifiés que moi, ses collègues de l’Ucad et les leaders des AN, en ont témoigné éloquemment.
Ce que je veux souligner ici, c’est le pont qu’il a non seulement construit, mais incarné pour permettre une transition interactive et fertilisante entre les conclusions des AN et de la CNRI d’une part et le Pacte de Bonne Gouvernance Démocratique de SC d’autre part. La question n’était pas simple : fallait-il écarter les conclusions des AN parce qu’elles appartenaient à un passé révolu ou étaient insuffisamment adaptées aux réalités locales ? La réponse que le Professeur Dièye a aidé à élaborer : s’asseoir sur la légitimité établie et l’approche d’élaboration collégiale de la substance des conclusions des AN et de la CNRI pour ouvrir les portes du consensus national requis par le contexte d’incertitude née de la crise et de la violence, celui centré sur l’essentiel : le vivre ensemble libres, dans la paix, la justice et la solidarité.
Au-delà du sens ainsi donné au consensus national, son expertise et sa pertinence ont fortement contribué à l’identification des piliers de ce vivre ensemble : État de droit et ses principales caractéristiques (séparation et équilibre des pouvoirs, indépendance de la justice, primauté du droit, respect des libertés individuelles et collectives, égalité des citoyens devant la loi…), gouvernance responsable (transparente, équitable, redevable, participative, efficace et efficiente) ; administration non partisane, compétente et dévouée au service du public ; démocratie participative (centrée sur le citoyen et la promotion d’une citoyenneté consciente et active aussi bien dans l’exercice de ses droits et libertés que dans l’accomplissement de ses devoirs et obligations). Ce rappel thématique me semble d’autant plus opportun qu’il évoque des moments exceptionnels. Les membres de SC ont vécu ces instants avec le Professeur Abdoulaye Dièye.
Que ce soit dans les combats démocratiques contre l’arbitraire et la répression tous azimuts du régime Macky Sall, où le Professeur Dièye a pris toute sa place pour jouer pleinement son rôle d’intellectuel engagé et de militant démocrate à travers la lumière apportée aux débats publics sur ce qu’est le droit en la circonstance et grâce à ses fortes prises de position publiques, individuellement ou au sein de collectifs. Que ce soit dans les fameuses « conversations citoyennes », tenues en présentiel au Radisson Blu, ouvertes à distance à des centaines de participants à travers le monde et dont la plupart ont été animées ou modérées par le Professeur Dièye. À toutes ces occasions, les membres de Sursaut ont pu pleinement apprécier, au-delà de la large expertise juridique du spécialiste de droit, la profondeur du penseur et la pondération de l’homme.
Oui, sa modestie impressionnait autant que sa science. Un modèle à offrir à la jeunesse ! C’est sans nul doute une immense perte pour SC, la société civile et le monde universitaire. Alors, le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de persévérer dans la lutte pour le triomphe des idéaux, des valeurs et des principes profondément humains qui ont guidé les combats qu’il a menés à travers les AN, le projet de la CNRI et le PBGD de SC.
Au nom de SC, j’adresse nos sincères condoléances à la famille du Professeur Dièye ainsi qu’à ses collègues et amis. Que la terre lui soit légère et que son âme trouve le repos dans un paradis à la hauteur de ce qu’il a été pendant son court voyage terrestre : un homme de bien.
Mamadou Ndoye est Coordinateur de Sursaut Citoyen, Groupe de réflexion et d’action pour la sauvegarde de la démocratie et l’État de droit.
LE PRÉSIDENT FAYE REND HOMMAGE À SON ANCIEN PROFESSEUR ABDOULAYE DIÈYE
Le professeur Dièye, reconnu pour son expertise en droit constitutionnel, était également un fervent défenseur d’institutions justes et solides, un engagement qui a inspiré de nombreux étudiants à poursuivre des carrières dans le domaine du droit.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa profonde tristesse suite au décès du professeur Abdoulaye Dièye, une figure emblématique du paysage académique sénégalais.
Ancien étudiant du Professeur à l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD), le Président a tenu à rendre hommage à un homme qui a su marquer de son empreinte des générations d’étudiants.
« J’ai appris avec une grande tristesse le décès du Professeur Abdoulaye Dièye », a déclaré le président Faye, soulignant l’impact indélébile que le professeur a eu sur ses élèves et sur la communauté universitaire dans son ensemble.
Le professeur Dièye, reconnu pour son expertise en droit constitutionnel, était également un fervent défenseur d’institutions justes et solides, un engagement qui a inspiré de nombreux étudiants à poursuivre des carrières dans le domaine du droit et de la gouvernance.
Le Président a également adressé ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses proches et à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître.
« Le Sénégal perd une référence incontournable », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de l’héritage intellectuel et moral laissé par le Professeur Dièye.
Dans un élan de spiritualité, le Président Faye a prié pour que « ALLAH SWT, dans Son infinie miséricorde, l’accueille en son Paradis et lui accorde le repos Eternel ».
La disparition du Professeur Abdoulaye Dièye laisse un vide immense dans le milieu académique sénégalais.