Après des mois à attendre les nouvelles autorités sur leur situation, les impactés de la phase 2 du Ter reliant Diamniadio à l’Aibd mettent le clignotant au rouge. Autour du collectif Taxawu sunu moomél qui leur sert de cadre d’action, ils ont tenu une mobilisation à Sébikotane pour étaler leurs inquiétudes.
«Ça fait 9 mois que nous avons un nouveau régime et personne ne nous a entendus piper mot parce qu’on voulait leur laisser le temps», a ainsi indiqué le coordonnateur du collectif, Amidou Diarra. Ceci d’autant plus, a-t-il fait savoir, que le nouveau Directeur général de l’Apix, Bakary Séga Bathily, les avait rassurés à l’occasion d’une rencontre au mois d’août. «L’Etat nous avait promis, au mois d’août, qu’en fin janvier nous aurions nos titres avec bail, qui tendraient vers des Tf (…) Ce qu’on demande à M. Bathily, c’est que les promesses qu’il nous avait tenues par rapport à notre situation puissent être respectées», a souligné M. Diarra lors du point de presse organisé à cet effet. «La situation aujourd’hui est que nous, en tant qu’impactés, après avoir été indemnisés sur le bâti, attendons toujours que les deux sites du Lac Rose et de Yeba (Sébikotane) soient opérationnels pour que nous puissions démarrer nos constructions».
Le site du Lac Rose était destiné aux impactés de la première phase qui, selon M. Diarra, n’ont jusque-là pas reçu de titre. Suffisant alors pour les impactés de la 2ème phase de nourrir des craintes légitimes. «Il se trouve qu’aujourd’hui, avec les impactés de la 1ère phase, ils n’ont jusqu’à ce jour reçu de titres et que nous, nous sommes au nombre de 1460 impactés pour la 2e phase. Ils ont commencé à nous donner des notifications. A ce jour, ils n’ont remis qu’une cinquantaine sur un nombre de 1460», a-t-il expliqué, non sans décrier le silence radio adopté par les tenants du nouveau régime sur la question.
«Les nouvelles autorités sont entrées dans un mutisme total. L’ancien régime avait l’habitude de répondre aux courriers qu’on leur transmettait. Mais ça fait trois à quatre courriers envoyés au nouveau Gouverneur, au Premier ministre et au Dg de l’Apix, mais on n’a pas eu de retour», a dénoncé le coordonnateur. Ce à quoi ils s’attendent, c’est l’aménagement des deux sites avec toutes les commodités requises, ainsi que l’accompagnement social qui doit aller avec. «Ils nous avaient aussi promis que chaque impacté recevrait l’accompagnement social et des indemnités d’invulnérabilité et de vulnérabilité (…) Nous demandons à l’Etat de respecter ce qu’il avait pris comme engagements», a mis sur la table M. Diarra.
Les membres du collectif, accompagnés d’autres associations lors de la rencontre avec la presse, ont aussi rappelé l’engagement pour l’érection d’une gare à Sébikotane. «Toutes les communes traversées ont une gare (…) Sébikotane est la seule commune avec une nouvelle ligne traversée par ce projet d’envergure qui risque de ne pas avoir une gare», a noté le coordonnateur.
LA PROBLEMATIQUE DU GENRE AU CŒUR DES CONCERTATIONS AU COEUR DIALOGUE SOCIAL
Le président Haut Conseil du Dialogue Social, Mamadou Lamine Dianté, souligne l'urgence de corriger les retards observés dans ce domaine, malgré les nombreuses conventions internationales ratifiées
La 37e session de l’Assemblée plénière du Hcds, qui s’est ouverte hier à Saly, est dédiée à une problématique essentielle, qui est la prise en compte du genre dans les relations professionnelles. Sous le thème : «Pour une meilleure appropriation du genre, de l’égalité des chances et de traitement au travail par les mandants tripartites du Hcds», cette 37e session marque un tournant dans l’engagement du Haut-conseil du dialogue social pour une gouvernance inclusive et équitable dans les relations professionnelles.
Dans son discours d’ouverture, Mamadou Lamine Dianté, président du Hcds, a rappelé l’importance du dialogue social dans le développement économique et social du Sénégal, conformément à l’Agenda national de transformation 2050.
Selon lui, le genre constitue un enjeu prioritaire dans les relations professionnelles. C’est pourquoi, dira-t-il, le choix de ce thème répond à un double besoin. D’abord, corriger les retards observés dans la promotion du genre au sein des activités du Hcds et enssuite renforcer les capacités des membres sur les normes internationales et nationales en matière d’égalité des chances et de traitement au travail.
Malgré la mise en place d’une commission spécialisée sur le genre, les activités consacrées à cette thématique n’ont pas été à la hauteur des ambitions de l’institution jusqu’à présent. Le Cadre stratégique d’intervention 2025-2027 se fixe ainsi pour objectif de combler ces lacunes en alignant les actions du Hcds avec les nouveaux référentiels des politiques publiques, notamment l’Agenda Sénégal 2050.
Mamadou Lamine Dianté a aussi rappelé que le Sénégal a ratifié plusieurs instruments internationaux de l’Oit, notamment : «La Convention n°100 sur l’égalité de rémunération, la Convention n°111 sur la non-discrimination dans l’emploi et les professions, la Convention n°183 sur la protection de la maternité, la Convention n°190 sur la lutte contre la violence et le harcèlement au travail. Ces conventions, intégrées dans la législation nationale, renforcent les principes d’égalité entre les travailleurs et les travailleuses, en bannissant toute forme de discrimination au travail. Cependant, leur application reste confrontée à des défis socioculturels et religieux propres au Sénégal», a souligné le président du Hcds.
En écho à ces propos, Mame Khar Bass, représentante du patronat, a également pris la parole pour souligner l’importance de l’égalité des chances comme levier de performance et d’innovation dans le milieu professionnel. Elle a appelé à des actions concrètes telles que «la refonte des politiques d’entreprises pour les rendre inclusives, la lutte contre les stéréotypes limitant certaines catégories sociales, la mise en place d’indicateurs pour mesurer les progrès réalisés».
Selon Mme Bass, l’égalité n’est pas une contrainte, mais une opportunité. Elle a invité les participants à faire de cette session un espace de construction de solutions concrètes pour un monde du travail plus juste et équitable.
Ainsi, selon les organisateurs, cette 37ème session se veut non seulement une plateforme d’échanges, mais également un point de départ pour intégrer pleinement la dimension genre dans les relations professionnelles. A cet effet, les membres du Hcds analyseront le Cadre stratégique d’intervention 2025-2027, tout en formulant des recommandations pour améliorer les conditions de travail, notamment en matière de congé de maternité et de paternité.
Par ailleurs, le président du Hcds a exhorté les membres à s’approprier les outils et les concepts abordés durant cette session. Il a également salué les contributions des mandants tripartites, rappelant que le dialogue social est un pilier essentiel pour la paix sociale et la prospérité au Sénégal.
le Général de division Magatte Ndiaye, a présidé, hier à Thiès, la cérémonie de remise de diplômes aux officiers de la deuxième session du Cours de formation des futurs commandants d’unité d’infanterie (Cfcu/Inf) de l’année 2024
Au nom du Général de corps d’Armée Mbaye Cissé, Chef d’état-major des Armées, le Général de division Magatte Ndiaye, Sous-chef d’état-major général des Armées, a présidé, hier à Thiès, la cérémonie de remise de diplômes aux officiers de la deuxième session du Cours de formation des futurs commandants d’unité d’infanterie (Cfcu/Inf) de l’année 2024.
Etape déterminante de la formation continue des officiers, qui vise fondamentalement à préparer les bénéficiaires à l’exercice de leurs futures fonctions, le Cfcu constitue un cadre formel de certification de la capacité de ces jeunes chefs fantassins à assumer efficacement le commandement d’une unité élémentaire, tant en garnison que dans le cadre de missions opérationnelles complexes, avec des conditions d’emploi de plus en plus exigeantes.
Le cycle de la session 2024-2, clôturé hier mercredi 29 janvier 2025, a débuté le 19 septembre 2024. Il a accueilli 25 officiers stagiaires dont 7 de pays amis (Bénin, Burundi, Guinée Equatoriale, République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda, Tchad,) et 18 Sénégalais répartis ainsi : 14 de l’Emat, 1 de la Bnsp, 1 de la Gendarmerie nationale, 1 de la Marine nationale/Fs Mer et 1 de l’Armée de l’air/fusilier commando de l’air. L’objectif de ce cours visait globalement, d’une part, à les rendre «aptes à commander d’emblée» une Unité élémentaire de combat d’infanterie dans un environnement interarmes et multinational et, d’autre part, à pousser leur formation d’officier en leur dispensant des connaissances sur «le travail d’état-major et au sein d’un Centre des opérations (Co) d’un Groupement tactique interarmes (Gtia)». Il s’agissait de développer en eux de solides connaissances militaires et générales nécessaires afin qu’ils puissent discerner dans la complexité des théâtres d’opérations, décider dans l’incertitude et agir dans l’adversité.
Selon le Colonel Mathieu Diogoye Sène, Commandant de l’Ecole d’application et de perfectionnement interarmées (Eapi), les objectifs ont été largement atteints pour cette promotion du Cfc 2024-2, qui se distingue par ses brillants résultats, son homogénéité et surtout son niveau particulièrement élevé dans le déroulement des missions opérationnelles. Il s’est réjoui de «voir que la montée en puissance est une réalité au sein de l’Eapi par le renforcement en moyens roulants et l’acquisition de nouvelles infrastructures, assurant une formation de qualité aux officiers stagiaires. Ces changements démontrent l’attachement du Commandement à fournir tout le soutien nécessaire pour l’amélioration des conditions de travail des stagiaires et de l’encadrement de l’école». Il n’a pas manqué d’exprimer, au nom de l’école, «notre satisfaction à la coopération militaire française pour son état d’esprit, sa disponibilité et son engagement qualitatif à nos côtés».
A l’attention des récipiendaires, Colonel Mathieu Diogoye Sène a souligné : «Vous avez choisi l’infanterie, donc vous avez choisi l’homme comme premier outil de combat. Accordez-lui toute l’importance qui sied. Plus que tout autre combattant, vous avez à l’esprit que ce choix engage votre vie. Vous allez bientôt tenir des emplois valorisants et exigeants. Vous en connaîtrez vite la grandeur et le prix. Vous saurez qu’ils exigent détermination et courage. Les réflexes que vous avez acquis en ces murs sont de ceux qui structurent et qui demeurent tout au long de votre carrière. Vous en aurez rapidement besoin car vous serez bientôt engagés dans des situations complexes, requérant de grandes qualités humaines et professionnelles. Il faudra donc donner le meilleur de vous-mêmes pour commander des hommes et des femmes qui attendent beaucoup de vous. Vous ne devrez jamais les décevoir, mais je sais que vous y êtes préparés.»
Le Commandant de l’Eapi rappelle que la sous-région dont la plupart d’entre les récipiendaires sont originaires, est aujourd’hui infestée d’organisations criminelles et djihadistes. Il s’agit là, leur dira-t-il, d’un «défi que seule votre foi inébranlable dans les valeurs cardinales qui fondent nos sociétés, et en particulier celles qui commandent l’exercice de la carrière militaire, vous permettra de relever».
LE VOCABULAIRE EXPLIQUE À SUFFISANCE LA VIOLENCE
"Attaque", "défense", "combat" : le langage même du sport révèle sa nature violente, analyse le sociologue Baye Ndaraw Diop. Cette violence verbale se traduit de plus en plus par des actes physiques dans les stades
La situation du pays ne laisse pas indifférent. Le sociologue Baye Ndaraw Diop diagnostique la violence dans le milieu sportif. L’ancien coordonnateur du service de l’action éducative en milieu ouvert (Aemo) estime que le langage est «très agressif». Le sociologue préconise des mécanismes pour endiguer le phénomène qui prend de l’ampleur. il a invité les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour assainir le milieu.
Le sociologue Baye Ndaraw Diop n’y est pas allé du dos de la cuillère pour parler de la violence en milieu sportif. «Les mots qui sont utilisés dans ce milieu sont les suivants : attaque, défense, tacle, combat, résistance, battre, écraser, chute…sont suffisants pour expliquer le phénomène de la violence.
En revisitant l’histoire de la violence dans le sport, on constate que de l’antiquité aux premiers jeux olympiques, la violence acceptée dans les pratiques et compétitions était supérieure et n’obéissait pas à l’esprit de loyauté. Toutefois, la violence persiste et se présente sous plusieurs formes», se désole Baye Ndaraw Diop pour qui, des violences existent dans la lutte comme dans le football notamment le navétanes. «Elles sont spontanées et sont le fait des supporters. Elles concernent aussi bien le sport professionnel qu'amateur. Ces violences se manifestent sous plusieurs formes et impliquent divers acteurs. Ces violences dans le sport et autour des sports font partie de ces phénomènes qui inquiètent la société en général et plus particulièrement les fédérations sportives, les pouvoirs publics, les sportifs eux-mêmes. Elles paraissent contraire aux valeurs du sport comme le plaisir de jouer, le fair-play, le respect des concurrents, l’antiracisme, même si la rivalité qui peut opposer deux compétiteurs ou deux équipes fait aussi partie du sport», relève le sociologue.
La violence concerne la plupart des activités sportives car elle ne se limite pas à la force qui porte atteinte à l’intégrité physique des personnes, elle revêt des formes, verbales et psychologiques, fait-il constater. «Et en conséquence, la violence n’est pas réservée à certains sports. Elle touche des sports collectifs, des sports de combat et des sports individuels», a-t-il rappelé. Un grand penseur ne disait-il pas que «le sport est le reflet de la société et donc tous les sports sont concernés, professionnels comme amateurs».
« La violence touche des sports collectifs, de combat et individuels »
Les violences concernent aussi bien les relations des sportifs entre eux que les relations des sportifs avec les entraîneurs, les dirigeants et les arbitres, les forces de l’ordre, les comportements des supporters, la presse (on accuse souvent à tort ou à raison certains journalistes d’alimenter et/ou d’entretenir la violence dans le milieu sportif). «Si le football et la lutte sont fortement liés à la violence, on remarque également que d’autres sports (basket, hand-ball etc.) ne sont pas aussi épargnés pour autant. La violence dans le sport est un sujet populaire abondamment traité dans les médias. Cette violence est principalement en lien avec la violence physique subie par les sportifs. La violence psychologique n’est pas autant visible que la violence physique, mais elle reste plus néfaste pour un athlète. Les actes d'agression ne sont pas propres au football», a précisé le sociologue pour qui «des actes de violence entre des joueurs opposés résultent généralement d'une escalade de la rudesse des contacts personnels. Mais le seuil des contacts personnels qui demandent une sanction n'est pas toujours facile à déterminer.
Les officiels (arbitres, juges) sont fréquemment pris à partie par les joueurs, et supporters par des insultes, des bousculades, des agressions violentes dans certains cas. Les situations constatées au cours des récents matches navétanes avec leur cortège de blessés et de morts en sont une parfaite illustration», a encore soutenu M. Diop.
Toutefois, il pense que les autorités sportives (ministère-ORCAV) doivent participer à la conception et à la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre les violences dans le sport. Leurs missions sont de contribuer à renforcer le dispositif de traitement des signalements dans un cadre interministériel, d'apporter des éclairages pour la mise en œuvre de la stratégie nationale en faveur de la prévention des violences dans toutes les manifestations sportives.
« Une vaste campagne de sensibilisation permanente doit également etre menée a tous les niveaux... »
«De façon concertée, tous les acteurs du monde sportif doivent se réunir, faire un diagnostic approfondi du phénomène et proposer des pistes de solutions appropriées à ce fléau qui ternit l’image du sport et apporte malheur et désolation dans le pays. En plus des sanctions très sévères appliquées avec rigueur et sans discrimination. Une vaste campagne de sensibilisation permanente doit également être menée à tous les niveaux pour améliorer le niveau de conscience et de responsabilité des uns et des autres. Mieux, il faut penser à la fusion des équipes dans les quartiers pour éviter les violences», a préconisé le spécialiste de la protection sociale, estimant que les autorités doivent «prendre les dispositions idoines pendant les manifestations sportives et adopter la tolérance zéro contre tous les contrevenants. Elles ne doivent pas céder aux chantages des dirigeants». Il a salué les dispositions prises par le président de la République lors du conseil des ministres d’hier, interpellant le ministre des Sports, de la Culture et de la Jeunesse. « Il revient aux parents d’assumer leurs responsabilités en tenant un discours responsable à leurs enfants. Des jeunes bien éduqués auront toujours et partout un comportement responsable quel que soient les évènements. On ne manquera pas de conseiller les dirigeants sportifs de veiller à leur formation pour être à la hauteur des défis», a déclaré Baye Ndaraw Diop qui invite les dirigeants du mouvement à assurer des formations pour un changement de comportements.
LA COLÈRE DES BÂTISSEURS SÉNÉGALAIS
Un nouveau bras de fer oppose les syndicats du BTP à la SN HLM autour d'un projet immobilier. Au cœur de la discorde : un accord avec une entreprise française pour la construction de 25 000 logements, jugé contraire aux intérêts nationaux
Les syndicats patronaux du Btp sénégalais affiliés au Cnp et à la CneS (SpebTpS et Sn BTp) sont montés au créneau pour dénoncer l’accord de partenariat entre la Sn HLm et les entreprises françaises sur un projet de construction d'un lot de 25 000 logements. Les syndicats patronaux du Btp relèvent à travers cet acte un paradoxe et une absence de considération pour le secteur privé national.
Un éternel paradoxe! C’est ainsi que les syndicats patronaux du BTP qualifient la décision du directeur général de la SNHLM, Bassirou Kébé qui aurait paraphé un contrat de partenariat avec une société française basé à Montpellier portant sur un projet de 25 000 logements. Dans un communiqué parvenu à «l’As», les syndicats patronaux du BTP sénégalais affiliés au CNP et à la CNES (SPEBTPS et SNBTP) dénoncent la mise à l’écart des sociétés nationales. Alors que les nouvelles autorités optent pour le patriotisme économique.
De plus, ils reprochent à la direction de la SNHLM de vouloir créer une société de droit sénégalais qui serait signataire d’un contrat de type PPP et promettent le transfert de compétences et de technologies ainsi que le recrutement de sénégalais pour l’exécution des travaux. «Nous syndicats patronaux du BTP, déplorons et regrettons l’absence totale de considération pour le secteur privé national dont ferait ainsi montre une société nationale dont la mission première est de construire des logements sociaux en ayant recours à l’expertise nationale. Nous déplorons en outre que la voie détournée envisagée pour maquiller cette entorse à notre souveraineté économique serait d’attribuer ce marché à une entreprise 100% sénégalaise appartenant à 100% à des ressortissants étrangers», fulminent-ils dans leur communiqué.
Non sans fustiger «le peu de considération que la SNHLM aurait alors vis-à-vis des entreprises sénégalaises de promotion immobilière et de construction», dans «un contexte de patriotisme économique maintes fois prôné et rappelé par nos autorités actuelles». Ils estiment que la SNHLM devait réunir les promoteurs sénégalais associés à des promoteurs étrangers afin de réaliser un ambitieux programme de logements pour la Nation. L’expression la plus accomplie du patriotisme et de la souveraineté devant être de faire en sorte que 100% des travaux soient réalisés par des entreprises sénégalaises et le fruit des ventes domiciliés dans des banques sénégalaises. Ils invitent en outre les responsables SNHLM à revoir leur position sur ce dossier et à privilégier, comme le font leurs homologues étrangers, la conclusion d’accords de partenariats de cette nature avec les sociétés sénégalaises d’immobilier et de construction dont l’excellente réputation n’est plus à prouver au Sénégal tout comme à l’étranger.
LA SN-HLM MET LE BTP SENEGALAIS EN ROGNE
Les syndicats patronaux du btp sénégalais ont, dans un communiqué commun, dénoncé une absence totale de considération suite à un protocole d'accord qui aurait été signé entre la Sn-hlm et un groupe d’entreprises françaises.
Les syndicats patronaux du Btp sénégalais ont, dans un communiqué commun, dénoncé une absence totale de considération suite à un protocole d'accord qui aurait été signé entre la Sn-hlm et un groupe d’entreprises françaises.
C'est une nouvelle qui est loin de ravir le secteur du Btp sénégalais. En effet, dans un communiqué, les syndicats patronaux du BTP sénégalais affiliés au CNP et à la CNES (SPEBTPS et SNBTP) ont dit apprendre par voie de presse notamment de nos confrères du Journal Enquête que la SNHLM envisage de signer un contrat de construction de 25 000 logements avec un groupe d’entreprises françaises. En attendant la rédaction d’un contrat, selon les syndicats, un protocole d’accord marquant l’ouverture de négociations aurait d’ores et déjà été signé entre la SNHLM et un groupe d’entreprises françaises basées à Montpellier.
Les syndicats patronaux du BTP ont également relevé dans l’article que les parties envisagent la création d’une société de droit sénégalais qui serait signataire d’un contrat de type PPP et promettent le transfert de compétences et de technologies ainsi que le recrutement de sénégalais pour l’exécution des travaux. “ Si de tels faits sont avérés, nous syndicats patronaux du BTP, déplorons et regrettons l’absence totale de considération pour le secteur privé national dont ferait ainsi montre une société nationale dont la mission première est de construire des logements sociaux en ayant recours à l’expertise nationale. Nous déplorons en outre que la voie détournée envisagée pour maquiller cette entorse à notre souveraineté économique serait d’attribuer ce marché à 100% sénégalaise à des ressortissants étrangers”, ont déclaré les syndicats du Btp..
Plus loin, ils ajoutent : “Dans un contexte de patriotisme économique maintes fois prôné et rappelé par nos autorités actuelles, nous ne pouvons que nous attrister de constater le peu de considération que la SNHLM aurait alors vis-à-vis des entreprises sénégalaises de promotion immobilière et de construction. La logique aurait voulu que la SNHLM réunisse des promoteurs sénégalais associés à des promoteurs étrangers afin de réaliser un ambitieux programme de logements pour la Nation. L’expression la plus accomplie du patriotisme et de la souveraineté devrait être de faire en sorte que 100% des travaux soient réalisés par des entreprises sénégalaises et le fruit des ventes domiciliés dans des banques sénégalaises”. Enfin, les syndicalistes ont appelé les responsables SNHLM à revoir leur position sur ce dossier et à privilégier comme le font leurs homologues étrangers la conclusion d’accords de partenariats de cette nature avec les sociétés sénégalaises d’immobilier et de construction dont l’excellente réputation n’est plus à prouver au Sénégal tout comme à l’étranger.
DEUX JOURS DE RESSOURCEMENTS ET DE SPIRITUALITE POUR ENTRETENIR LA FLAMME
Les localités de Camberène, Diamalaye, Ngor et Yoff seront à partir de ce jeudi 30 et demain vendredi 31 janvier, les points focaux de la communauté musulmane et Layéne.
Les localités de Camberène, Diamalaye, Ngor et Yoff seront à partir de ce jeudi 30 et demain vendredi 31 janvier, les points focaux de la communauté musulmane et Layéne. Pendant deux jours, des milliers de fidèles Layène ou « Partisans d’Allah », tous de blanc vêtu, vont converger dans les sites religieux et commémorer l’Appel du Seydina Limamou Laye (1843-1909). Un « Dakhwa » (Appel) qu’avait lancé, il y a 45 ans à ses coreligionnaires et les «Djinns » les appelant à le suivre « Mahdi » et se consacrer au service exclusif de Dieu. 116 ans après son rappel à Dieu, la flamme a été entretenue par Issa Rohou Laye et perpétuée par les différents guides qui se sont succédé à la tête de cette communauté fondée en 1883 à Yoff. Le thème retenu pour cette 145e édition tourne autour des « valeurs islamiques et le développement durable à la lumière des enseignements de Seydina Limamou Laye ».
«ÔHumains et Djinns ! Venez répondre à répondre à l’appel de votre messager ». Ce messager est le même. Cet appel est l’acte fondateur de l’appel qui sera célébré ce jeudi 30 et demain vendredi 30 janvier tour à tour dans les localités de Cambérène, Diamalaye, Ngor et Yoff. Cette 145e édition est placée cette année sous le thème : « Les valeurs islamiques et le développement durable à la lumière des enseignements de Seydina Limamou Laye ».
Pendant deux jours des milliers de fidèles musulmans et particulièrement des Layenne (partisans de Dieu Allah », revêtus de leurs habits blancs vont à l’unisson se consacrer à des forts moments de communion, de dévotion et de ressourcement spirituel. Pendant deux jours, les disciples layennes vont converger vers Cambérène au mausolée du premier Khalife Seydina Issa Rokhou lahi, fils aîné de Seydina Limamoulaye. Ils poursuivront la ziarra à Ngor pour les séances de prières et de Zikr. Ce sera un lieu de pèlerinage au « Khountou bi », une grotte mythique pour la communauté. Ce sera en prélude de deuxième et dernière journée, communément appelé le « Yor Yorou Diamalaye » qui se déroulera en face de l’Océan et le Mausolée de Seydina Limamou. Ce moment qui se situe dans la matinée (10 heures) correspondra à l’heure et l’endroit où Seydina Limamou avait lancé son retentissant appel à sa communauté traditionnelle et aux Djinns (génies) en 1883. A quarante ans révolus alors qu’il venait de perdre sa sainte mère Sokhna Coumba Ndoye qui s’éteignit en cette année.
Reclus pendant trois jours, le natif de Yoff se révèle à sa communauté à ses termes : :"Adjibo dahiya la hi ya marsaral ins wal djin ini raasouloulahi ileykoum" littéralement (Venez à l'appel de Dieu vous, hommes et djinns, je suis l'envoyé de Dieu). Il ajouté en confortant qu’est le Mahdi annoncé par l’Islam, l’Envoyé de Dieu « Seydina Limamoulaye dit qu'il est réincarnation de Mahomet « l'Arabe Mohamed qui avait la peau blanche à La Mecque blanc vous est revenu avec la peau noire"). Seydina Mouhammadou Limamou Laye (1843-1909) est comme la majeure partie des Saints de l'Islam au Sénégal n’échappera pas à la persécution. Mis d’abord au ban de la société et marginalisé. Il est qualifié d’illuminé, taxé de fou, envoûté et désorienté suite à la disparition de sa mère. Son oncle Daouda Ndoye, un de ses protecteurs est indexé. Les habitants de Yoff lui exigent de s’occuper de son neveu. Rien de tout cela, Limamoulaye poursuit son combat contre le syncrétisme religieux, l’unicité et le bannissement de certains tares culturelles.
Son appel commencera à faire écho dans les localités environnantes, sa communauté s’élargie. A quelques Kilomètres, à Dakar l’iman Ratib de la Grande Mosquée Blanchot à l’époque et cadi le rejoindra. Tout comme d’autres saints comme Abdoulaye Diallo ou Ndiké Wade grands érudits venus de SaintLouis entre autres ne tardent à renforcer les rangs de Limamou. Face aux difficultés rencontrées à Yoff, le Saint homme sera contraint de s’exiler avec ses premiers fidèles vers un lieu qui prit plus tard le nom de Cambérène.
La communauté Layéne s’étend et gagne d’autres localités. L’administration coloniale qui commençait à nourrir des craintes à l’endroit du saint homme tentera de limiter son influence. Elle décide de le déporter loin du pays et tentera de l’isoler sur l'île de Gorée avec son serviteur Abdoulaye Diallo. Seydina Limamoulaye demeura trois mois à Gorée à cause de son disciple Abdoulaye Diallo qui a été emprisonné à sa place car les colons n'avaient pas pu l'enfermer. Seydina Limamou Laye continua à enseigner et à prêcher la droiture et un culte religieux conforment à l'islam.
«Baye Laye» laissera son empreinte. Il abolit dans sa communauté, les barrières liées aux castes, aux rangs sociaux qui entravent les bonnes pratiques religieuses. Il instaure le zikr, choisit la couleur blanche immaculée dans les assemblées et les lieux de cultes, l’aumône ou encore le sens du partage intercommunautaire
Après sa disparition en 1909, à l’âge de 66 ans, il laissa un livre, divisé en six parties et connu sous le nom de Khoutba «Sermon». Illettré, comme le prophète Mahomet, il avait dicté son message à Matar Lo qui se charge de l’écrire en arabe et de le traduire en langue wolof. Son fils Seydina Issa Rohou Laye lui succéda. Il se chargera de parachever, à 33 ans, ce que son père avait commencé. Mais Seydina Issa Laye avait aussi une double mission puisqu’il se présente comme la réincarnation du Prophète Insa ou encore celle du Christ. Fondateur du village de Cambérene, Seydina Issa resta à la tête de la communauté 40 ans (1949). Contrairement à son père « Baye Laye » qui n’a jamais été photographié, Seydina Issa Laye a été immortalisé par de nombreuses images.
Son frère, Seydina Madione Laye II lui succède de 1949 à 1971. Le petit-fils du prophète, Seydina-Issa Laye « Baye Seydi » lui succède enfin de 1971 à 1987.
Les destinés de la communauté Layéne ont été confiées à Seydina Mame Alassane Laye dit Mame Rane. Fils de Seydina Mandione, il a été rappelé à Dieu en 2001 à Yoff. Il était à la tête de la confrérie de 1987 à 2001. Seydina Abdoulahi Thiaw Lahi, fils de Seydina Issa Rohou Laye, assure le Khalifat du Mahdi à partir de 2001. Le 5e Khalife du « Mahdi » a été rappelé à Dieu le 10 août 2021 à l’âge de 95 ans. C’est Seydi Makhtar Laye qui a repris le flambeau et guide depuis trois ans la communauté.
LE PROJET «JE T’ACCOMPAGNE» INVESTIT DANS LE MARAICHAGE ET LA TRANSFORMATION
L’extrême de la région de Sédhiou en Casamance connait une situation de vulnérabilité accrue accentuée par les conséquences de la crise armée et l’insuffisance des investissements structurants.
L’extrême de la région de Sédhiou en Casamance connait une situation de vulnérabilité accrue accentuée par les conséquences de la crise armée et l’insuffisance des investissements structurants. En réponse aux besoins prioritaires et primaires des populations, la plateforme collaborative Sud/Nord dénommée « Je t’accompagne » a réalisé des périmètres maraîchers à Kamako et Témento avec une unité de transformation des produits locaux. Une aubaine pour les populations, une action humaniste selon les partenaires qui promettent de les accompagner davantage. Ils ont visité ces sites cette semaine.
Cette visite des deux périmètres maraîchers de Kamako et ceux de Témento articulée à l’inauguration de son unité de transformation entre dans le cadre du suivi de terrain du projet de renforcement des moyens d’actions de la mission paroissiale pour réduire la pauvreté et la vulnérabilité socio-économique des populations de Témento. Le projet vise également la réduction de la vulnérabilité des populations de Kamako face aux changements climatiques et l’amélioration des moyens d’existence durable dans cette partie sud du pays. L’ensemble de ces projets sont portés par la plateforme collaborative Sud/Nord dénommée « Je t’accompagne » en appui aux initiatives de développement local. La chargée de projet Mme Fatou Kiné Tall explique la pertinence de cette mission en ces termes : « après une année de mise en œuvre, en matière de développement, il est bon que tous les acteurs engagés dans un projet se retrouvent pour évaluer et faire le bilan de l’exécution annuelle des activités. Tout ce qui était prévu l’année dernière est réalisé à 80% », rassure-t-elle.
Le curé de la paroisse de Témento appelle au soutien des bonnes volontés : « Témento comme les villages environnants connait le phénomène de non emploi de la jeunesse alors qu’ici en Casamance, le soutien aux nécessiteux demeure encore faible. Et donc cet investissement est une réponse à un grand besoin qui est là », déclare le père Joseph Ndong.
L’ENGAGEMENT REAFFIRME DES PARTENAIRES
Michel Barbancey, le président du conseil d’administration de SOS Sahel Luxembourg est déjà dans la perspective de recherche de d’autres financements : « la possibilité pour nous à travers SOS Sahel Luxembourg de présenter d’autres projets et de demander d’autres financements est un défi réalisable et auquel nous allons nous atteler avec engagement ». Un appel qui trouve l’engagement de Patrice Roy, parrain de ce projet de Témento et représentant de celui de Kamako pour davantage soulager ces populations : « je me porte volontaire pour me battre et trouver des financements pour aller vers les prochaines étapes que vous avez évoquées » s’engage-t-il.
Au nom des bénéficiaires, Astou Sané et Fatou Mané expriment leur satisfaction. «Au début, c’était trop difficile pour nous de trouver des moyens de subvenir à nos besoins primaires, mais avec la mise en œuvre de ces projets de maraîchage, nous arrivons à améliorer nos repas quotidiens, à acheter des vêtements de valeur et à nous soigner en cas de nécessité. Vraiment, nous remercions les partenaires tout en leur demandant de continuer à nous accompagner ». Quant à Alioune Diouf, l’adjoint au sous-préfet de Djiabanar, il exhorte à la sécurisation des périmètres maraîchers et de l’unité de transformation ainsi qu’à l’engagement des communautés en vue d’une appropriation durable de ces projets qui sont les leurs, a conclu l’autorité.
PAR Ndongo Samba Sylla & Jomo Kwame Sundaram
UN PRIVILÈGE EXORBITANT POUR TOUS ?
EXCLUSIF SENEPLUS - La fin de la domination du dollar américain ne suffira pas à mettre fin à l'impérialisme monétaire. Le développement durable du Sud exige de repenser la compensation des paiements internationaux
La fin de la domination du dollar américain ne suffira pas à mettre fin à l'impérialisme monétaire. Seules de meilleures dispositions multilatérales pour la compensation des paiements internationaux peuvent répondre aux aspirations des pays du Sud en matière de développement durable.
De Gaulle contre le dollar américain
Les défis lancés à l'hégémonie du dollar américain n'ont pas commencé avec les BRICS. Le président français Charles de Gaulle s'est illustré par sa posture de dissident dans les années 1960.
Valéry Giscard d'Estaing, son ministre des Finances et des Affaires Économiques entre 1962 et 1966, a inventé l'expression « privilège exorbitant » pour se plaindre de la domination du dollar américain.
Le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale permet aux États-Unis d'acheter à crédit les biens, les services et les actifs étrangers. Cela leur donne également la possibilité de dépenser beaucoup plus pour les bases militaires et les guerres à l'étranger.
Ce privilège autorise de telles extravagances avec des effets négatifs limités sur la balance des paiements et le taux de change du dollar. L'économiste français Jacques Rueff observait que les États-Unis pouvaient ainsi maintenir des déficits extérieurs « sans larmes ».
De Gaulle exigeait de la Réserve fédérale américaine qu'elle convertît les « eurodollars » excédentaires de la France en or monétaire. Le défi français allait faire éclater le bluff des États-Unis, les obligeant à mettre fin en 1971 à la convertibilité dollar-or qui était au cœur des accords de Bretton Woods de 1944.
Pour renforcer son statut économique dans un système dominé par le dollar, la France d'après-guerre a imposé un dispositif monétaire à la plupart de ses anciennes colonies africaines, lui conférant un privilège néocolonial similaire à celui des États-Unis à l’échelle mondiale.
Avec la zone franc CFA, la France a bénéficié de deux avantages. Premièrement, elle n'avait pas besoin de détenir des dollars pour acheter des biens et des services dans les territoires qu'elle dominait. Deuxièmement, elle dispose d'un contrôle discrétionnaire sur les revenus en dollars de la zone.
Le remplacement du franc français par l'euro en 1999 n'a pas mis fin à cet impérialisme monétaire. Aujourd'hui, 14 pays d'Afrique subsaharienne comptant plus de 200 millions d'habitants utilisent encore le franc CFA.
Créé en 1945, ce dispositif monétaire a permis d'utiliser les colonies pour accélérer la reconstruction de l'économie française d'après-guerre. Il demeure encore sous la tutelle légale du Trésor français.
Le fait que la France tire profit de ses relations monétaires avec ses anciennes colonies implique que les rivaux des États-Unis pourraient également en faire de même s'ils parviennent à saper la domination du dollar sans renverser l'impérialisme monétaire.
De la dédollarisation
Le terme de dédollarisation fait actuellement référence au développement d'initiatives alternatives de paiements bilatéraux et plurilatéraux réduisant le rôle du dollar et des arrangements financiers basés sur le dollar dans le règlement des transactions économiques internationales et la gestion des réserves de change.
Ce phénomène s'est accentué. En 2022, le commerce international était estimé à 46 000 milliards de dollars, dont plus de la moitié était facturée dans des monnaies autres que le dollar américain. De plus en plus de pays commercent entre eux et règlent leurs transactions dans des monnaies autres que le billet vert.
Bien que cette tendance ait érodé la part du dollar dans le total des réserves officielles de change, le temps est encore loin où le dollar sera détrôné en tant que monnaie de réserve mondiale.
En effet, le commerce international n'est que la partie émergée de l'iceberg des transactions financières internationales, qui restent principalement libellées en dollars américains.
La remise en cause actuelle de l'hégémonie du dollar a beaucoup à voir avec les sanctions financières unilatérales prises par les États-Unis et leurs alliés, principalement européens, à l'encontre de plusieurs pays, dont la Russie, l'Iran et le Venezuela.
Ces pays ont été exclus du système de messagerie SWIFT et/ou ont vu leurs avoirs à l'étranger, en particulier leurs réserves en dollars, en euros ou en or, confisqués unilatéralement sous divers prétextes.
Face à ces sanctions, de plus en plus de pays souhaitent développer des systèmes de paiements alternatifs, réduire leurs réserves en dollars et en euros et trouver des moyens plus sûrs de sauvegarder leurs excédents extérieurs.
Un récent rapport du gouvernement russe pour les BRICS a critiqué l’instrumentalisation par l'Occident du système international des paiements. Il appelle à la mise en place d'un système monétaire et financier international conforme aux principes de sécurité, d'indépendance, d'inclusion et de durabilité.
Les pays riches en ressources et disposant d'importants surplus extérieurs sont à juste titre préoccupés par cette menace. Mais le rapport n'aborde pas les problèmes et les besoins des pays déficitaires qui constituent la grande partie de ceux du Sud.
Union internationale de compensation
L'un des problèmes fondamentaux du système monétaire et financier international actuel est qu'une monnaie nationale - le dollar américain – joue le rôle d'actif de réserve pour le reste du monde.
Cette situation oblige la plupart des pays, en particulier ceux du Sud, à accumuler des dollars américains pour honorer leurs obligations extérieures. Parce qu’ils peinent à en obtenir suffisamment, ces pays sont particulièrement vulnérables aux crises de dette extérieure.
Leurs problèmes ne seront pas résolus si la domination du dollar américain recule et si son privilège doit être partagé avec d'autres monnaies de réserve internationales.
Un système monétaire et financier international équitable et favorable au développement durable devrait éliminer l'obligation d'accumuler des réserves de change, par exemple en permettant à chaque pays de payer ses importations dans sa monnaie, ce qui est techniquement possible.
Avec une Union internationale de compensation, Ernst Friedrich Schumacher notait que « chaque monnaie nationale [deviendrait] une monnaie mondiale, ce qui [rendrait] inutile la création d'une nouvelle monnaie mondiale ».
Cette proposition permettrait de résoudre les crises financières, d’endettement et climatiques auxquelles le Sud est confronté. Cependant, depuis 1944, aucun effort n'a été renouvelé pour obtenir le consensus multilatéral nécessaire à une telle transformation.
Ndongo Samba Sylla est Économiste sénégalais, Directeur Afrique de l’International Development Economics Associates (IDEAs)
Jomo Kwame Sundaram est Économiste malaysien, ancien professeur d'économie, a été sous-secrétaire général des Nations unies pour le développement économique et a reçu le prix Wassily Leontief pour avoir fait avancer les frontières de la pensée économique.
Cet article a été traduit de l’anglais à partir de l’original paru dans Inter Press Service News Agency.
À GOMA, LA DIPLOMATIE DANS L'IMPASSE
René Lake dévoile sur VOA Afrique, les mécanismes d'un conflit en RDC où la dimension identitaire se mêle aux enjeux économiques. Selon lui, l'intervention de Marco Rubio pourrait marquer un tournant pour l'implication américaine dans la région
La situation à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), semble irréversible ce mercredi 29 janvier 2025. Le mouvement rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise, contrôle désormais la quasi-totalité du centre et des faubourgs de la ville. Cette crise, qui s’est étendue à Kinshasa où plusieurs ambassades ont été attaquées, soulève des questions cruciales sur les perspectives de sa résolution.
Interrogé par VOA Afrique sur la possibilité d’une solution diplomatique, René Lake, analyste politique, a exprimé ses doutes. « Il est très difficile de répondre à cette question avec certitude* », a-t-il déclaré, soulignant le refus catégorique du gouvernement congolais de dialoguer avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. En revanche, le Rwanda insiste pour que le M23 soit inclus dans les négociations, une demande rejetée par Kinshasa.
L'invité de VOA Afrique a évoqué le processus de Luanda, initié il y a deux ans, comme le cadre de négociations le plus abouti jusqu’à présent. Comme le rappelle René Lake, ce processus, qui avait réuni les présidents congolais, rwandais, angolais et burundais, avait abouti à un communiqué final appelant à un cessez-le-feu, au retrait du M23 et à la poursuite du dialogue politique.
Cependant, les récentes tensions et le refus du président congolais Félix Tshisekedi de participer à une réunion de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (CAE) convoquée par le Kenya ont jeté un froid sur les efforts régionaux. « C'est malheureux que cette réunion n'ait pas pu se tenir au Kenya, en tout cas avec la participation des principaux acteurs, le président Kagame et le président Tshisekedi », a regretté Lake.
Lake a également souligné les dimensions politiques et économiques du conflit. Il a évoqué les accusations de « haine anti-tutsi » en RDC, un sentiment qui alimente les tensions identitaires. « Les Congolais très clairement ont indiqué qu'il s'agit d'intérêts économiques et financiers, notamment dans l'exploitation des mines, qui poussent le Rwanda à maintenir cette instabilité au Congo parce que cela leur profite économiquement », a déclaré Lake.
La réaction du département d’État américain, marquée par l’intervention du sénateur Marco Rubio, a suscité des interrogations. « L'intervention directe de Marco Rubio qui a appelé Kagame, son implication plus importante me semble indiquer qu'il se pourrait que l'administration Trump soit plus engagée dans l'espace africain et dans ce conflit en particulier », décrypte René Lake.
Cette implication accrue des États-Unis pourrait marquer un tournant dans la gestion internationale de la crise. « On ne sait pas encore si cela est dû à un ajustement de la politique étrangère américaine de Trump ou à la personnalité de Marco Rubio, qui est un spécialiste des relations internationales et qui s'intéresse à l'Afrique », a-t-il conclu.