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5 avril 2025
Société
LAT DIOP NIE TOUT DEVANT LE JUGE D’INSTRUCTION
L’ancien Directeur général de la LONASE a été entendu jeudi par le juge d’instruction du Pool judiciaire financier. Ses avocats dénoncent l’absence de preuves dans les accusations et préparent une demande de liberté provisoire.
L’ancien Directeur général de la LONASE, Lat Diop, a fait face, jeudi, au juge d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF).
Selon un de ses avocats qui s’est confié au journal L’Observateur, l’ancien ministre des Sports a déclaré n’avoir jamais détourné un seul franc depuis qu’il est fonctionnaire de l’État. Et encore mieux, qu’il a eu à gérer beaucoup de postes avant d’arriver à la direction de la LONASE, mais il n’a jamais été pris à défaut dans sa gestion. Devant le magistrat instructeur, il a affirme avoir non seulement triplé le chiffre d’affaires, mais également créé plus de 1500 emplois.
Sur la dette de 380 millions d’impôts, Lat Diop déclare avoir trouvé à son arrivée 4 milliards FCFA de cumul d’impôts à la LONASE qu’il dit « avoir complètement épongé ».
En ce concerne les accusations de corruption formulées par l’ancien Dg de 1Xbet au Sénégal, Mouhamed Dieng, la défense de Lat Diop affirme que jusqu’ici aucun élément de preuve n’a été versé prouvant la remise d’argent.
« Depuis ses accusations, Mouhamed Dieng s’est réfugié à Dubaï. Il n’a même pas répondu à l’invitation de la DIC qui tentait d’organiser une confrontation avec notre client », se sont offusqués les avocats du responsable apériste. Ces derniers s’organisent pour déposer une demande de liberté provisoire en faveur de leur client.
LE MESSAGE DE SEYDINA ISSA THIAW LAYE AU TANDEM SONKO-DIOMAYE
Le fils aîné de Baye Abdoulaye Thiaw Laye, ancien Khalife général des layènes, a livré ses conseils aux nouveaux gouvernants. Il les a exhortés à se concentrer sur les véritables préoccupations des Sénégalais.
iGFM - (Dakar) Fils aîné de Baye Abdoulaye Thiaw Laye, ancien Khalife général des layènes, Seydina Issa Thiaw Laye a formulé des conseils aux nouveaux gouvernants, dans les colonnes du journal Le Soleil.
«Ousmane Sonko est un homme que je connais bien. Il est venu me voir deux fois chez moi, mais je ne connais pas le Président Diomaye. Les deux incarnent le visage du nouveau régime, nous prions pour eux.»
Le chaos évité de justesse
«Dieu a fait que j'avais des relations personnelles avec le Président Macky Sall mais aujourd'hui, Bassirou Diomaye Faye est le président de la République, élu démocratiquement. Si le Président Macky Sall avait suivi certains pyromanes de son camp, le pays serait dans le chaos. Il a organisé l'élection de façon démocratique et les vaincus ont très tôt félicité le vainqueur. Le lundi 25 mars 2024, les Sénégalais sont allés tranquillement au travail.»
«Diomaye est le Président de tous les Sénégalais et Layène n'est pas une communauté de maître chanteur. Maintenant, on a le courage de dire nos vérités si on n'est pas d'accord. Je l'exhorte à travailler pour le bien des Sénégalais parce qu'ils sont fatigués. Nous collaborons avec le nouveau pouvoir dans le sens positif du terme pour le bien des populations. Les autorités doivent mettre au centre de leurs préoccupations les intérêts du Sénégal et éviter ce qui peut déstabiliser le pays.»
Recommandations au tandem
«Si j'avais un message pour le tandem Diomaye-Sonko, c'est de voir les insuffisances de l'ancien régime pour amorcer le développement à partir de là. Macky Sall a fait beaucoup de choses, mais il y a des insuffisances, ce qui est normal. Le nouveau pouvoir ne doit pas suivre la rue.»
AMADOU BA, LE DÉPUTÉ FANTÔME
Depuis son installation comme député le 2 décembre 2024, l'ancien Premier ministre se fait particulièrement rare dans l'hémicycle, au point que sa présence lors du vote sur l'immunité de Farba Ngom a fait événement
Amadou Ba, chef de file de la coalition « Jamm Ak Njariñ » lors des dernières législatives et député non-inscrit, brille souvent par son absence depuis le début de cette 15e législature. Cette situation interroge sur les vraies intentions de l’ancien Premier ministre. Pour certains observateurs, cette posture découle d’une faible marge de manœuvre dans l’Hémicycle, alors que d’autres évoquent une subtile stratégie politique.
C’est un quasi-néophyte qui a pris place près des bancs de l’opposition à l’occasion de la plénière pour la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, vendredi 24 janvier 2025. Amadou Ba, en boubou traditionnel gris, n’a pas pris la parole, laissant ce privilège à Abdou Mbow (orateur contre la procédure) et Aïssata Tall Sall (défenseur du député), opposés à la levée de l’immunité parlementaire du député-maire des Agnam. Par ailleurs, l’ancien Premier ministre et ses camarades de « Jamm Ak Njariñ » ont décidé de ne pas suivre l’initiative des députés de « Takku Wallu » qui, après l’intervention d’Abdou Mbow, avaient décidé de boycotter le vote pour la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Ce dernier fait l’objet d’une enquête judiciaire pour « association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie portant sur des deniers publics, corruption, trafic d’influence et fraude fiscale, entre autres ».
En guise de solidarité envers le responsable apériste, le nouveau parti d’Amadou Bâ, « La Nouvelle responsabilité », va publier, dans la foulée, un communiqué pour dénoncer « l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques », dont la dernière en date, dit-il, est la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom.
Cette plénière correspondant à la deuxième apparition d’Amadou Ba lors de cette 15e législature, après son installation, le 2 décembre 2024, marque-t-elle une rupture dans le positionnement politique de l’ex-ministre des Finances à l’Assemblée nationale ?
Son absence lors de la Déclaration de politique générale (Dpg) d’Ousmane Sonko, le 27 décembre dernier, a été considérée comme « une faute politique » dans la mesure où tout prétendant au statut du chef de l’opposition doit honorer de sa présence ce rendez-vous incontournable de la vie politique nationale. Mais, pour beaucoup d’analystes, cette situation découle d’un rapport de force désavantageux face à Pastef et « Takku Wallu », la première force de l’opposition au Parlement. Pour l’analyste politique Mamadou Sy Albert, ce désintérêt pour le débat parlementaire de la part d’Amadou Ba peut s’expliquer par son faible score lors des législatives.
« Amadou Ba qui a terminé deuxième de la présidentielle s’est retrouvé dans l’incapacité de former un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale avec sept députés. Cette situation qui la place derrière « Takku Wallu » lui offre peu de marges de manœuvre et l’empêche de pouvoir peser dans les débats à l’Assemblée nationale », affirme-t-il. M. Sy a indiqué qu’Amadou Ba, qui est ainsi dans l’incapacité d’occuper le costume de chef de l’opposition parlementaire, doit désormais se concentrer dans la structuration de son parti en vue des prochaines échéances : locales en 2027 et présidentielle en 2029. « Amadou Ba est arrivé à l’Assemblée sous la bannière d’une coalition qui regroupe son parti et diverses forces politiques souvent issues de la gauche.
Son but sera d’utiliser sa position de député comme tribune politique afin de rallier le maximum de soutiens et de sympathisants en vue de la massification de son parti », affirme l’analyste politique. Dans la même dynamique, Ibrahima Bakhoum, ancien directeur de Publication de « Sud Quotidien », explique ce manque d’investissement d’Amadou Ba pour l’institution parlementaire par la nature de notre régime politique présidentiel. « Amadou Ba doit, en théorie, hériter du statut de chef de l’opposition avec sa place de dauphin à la présidentielle de mars 2024. Toutefois, l’Assemblée ne me parait pas le meilleur cadre d’expression pour lui.
Amadou Ba qui a recueilli le suffrage des Sénégalais ne peut pas brader son siège de député. Dans cette optique, il doit bâtir, avec ses équipes, une stratégie politique lui permettant d’enjamber l’institution parlementaire et d’apparaître comme une alternative crédible pour les prochaines échéances », souligne le journaliste analyste politique. Pour sa part, Pape Amadou Fall, ancien directeur de Publication du magazine « La Gazette », voit dans cette attitude de l’ex-ministre des Finances une stratégie politique bien réfléchie et visant à jouer la stratégie du temps.
« Amadou Ba, au regard des différents postes de responsabilité qu’il a eu à occuper au sein de l’État, était très attendu par les Sénégalais. Mais, connaissant la nature de l’homme, je crois qu’il veut se donner le temps pour marquer son espace et éviter toute saturation en se privant de bousculer et de harceler le nouveau pouvoir. Il entend ainsi se démarquer de l’opposition frontale au nouveau régime dans le but de s’offrir un champ d’expression plus dégagé dans le futur », affirme-t-il.
Amadou Bâ était arrivé deuxième à la présidentielle de mars 2024 avec 35,8 % des voix. Lors des législatives de novembre dernier, sa coalition, « Jamm Ak Njariñ », avait obtenu sept sièges.
PRES DE 19 CORPS RETROUVÉS DANS UNE PIROGUE AU LARGE DES CARAÏBES
Une scène macabre a été découverte dans une pirogue dérivant au large de Saint-Christophe-et-Niévès, dans les Caraïbes. Les autorités locales ont confirmé la présence de 19 corps en état de décomposition avancée, potentiellement des migrants ...
Une scène macabre a été découverte dans une pirogue dérivant au large de Saint-Christophe-et-Niévès, dans les Caraïbes. Les autorités locales ont confirmé la présence de 19 corps en état de décomposition avancée, potentiellement des migrants originaires d’Afrique de l’Ouest, principalement du Mali.
Selon les premières informations révélées par la police de l’île, des documents d’identification retrouvés dans l’embarcation indiquent que plusieurs des victimes étaient de nationalité malienne. Bien que les circonstances exactes de cette tragédie maritime restent floues, il est supposé que la pirogue était initialement destinée aux îles Canaries, en Espagne, et aurait dévié de son itinéraire, se perdant dans l’océan Atlantique.
Le bateau a été repéré par les garde-côtes de Nieves avant d’être remorqué jusqu’à Saint-Christophe. Le commissaire adjoint de la police, Cromwell Henry, a précisé que tous les occupants étaient déjà morts lorsque l’embarcation a pénétré les eaux territoriales de l’île. La police et les experts médico-légaux s’attèlent désormais à identifier les victimes et à établir une chronologie des événements ayant conduit à ce drame.
Les premières estimations parlaient de 13 corps, mais le bilan a ensuite été révisé à 19. Les autorités n’ont pas encore confirmé la présence éventuelle d’enfants parmi les victimes.
Ce drame met en lumière les dangers extrêmes auxquels sont confrontés les migrants dans leur quête désespérée d’une vie meilleure. Les conditions de voyage périlleuses et l’absence d’un itinéraire clair exposent de nombreuses vies à des risques souvent fatals.
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LES ETUDIANTS DE L’UCAD RECLAMENT TOUJOURS JUSTICE
Les étudiants exigent que toute la lumière soit faite sur la mort de Balla Gaye et appellent les autorités à prendre leurs responsabilités
Deux décennies après le décès de Balla Gaye, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) restent mobilisés pour exiger que justice soit faite. Lors d’un rassemblement ce vendredi 31 janvier 2025, ils ont dénoncé la précarité des conditions d’études et les retards de paiement des bourses, des revendications pour lesquelles Balla Gaye avait perdu la vie.
Vingt-quatre ans après la mort tragique de Balla Gaye, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) continuent de réclamer vérité et justice. À l’occasion d’un rassemblement tenu ce vendredi 31 janvier 2025, ils ont réitéré leurs revendications en faveur de meilleures conditions de vie et d’étude dans les universités sénégalaises.
Serigne Saliou Fall, porte-parole du jour et membre du collectif des amicales, a exprimé la détermination des étudiants "depuis 24 ans, nous luttons pour exiger la lumière. Balla Gaye s’est battu pour nous, nous devons aujourd’hui nous battre pour lui. C’est pourquoi nous allons nous rendre chez lui pour prier en sa mémoire."
Le rassemblement a réuni des étudiants venus d’autres universités du pays, notamment celles de Ziguinchor et de Bambey, témoignant ainsi de la portée nationale du combat.
Serigne Gackou Aïdara, coordinateur des écoles et instituts, a pour sa part insisté sur l’urgence de résoudre les difficultés que traversent les étudiants sénégalais "les autorités doivent éviter de payer les bourses en retard. C’est dans ce combat pour de meilleures conditions de vie que Balla Gaye a été tué. Aujourd’hui encore, les mêmes problèmes persistent."
Les étudiants exigent que toute la lumière soit faite sur la mort de Balla Gaye et appellent les autorités à prendre leurs responsabilités pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
LES MAGISTRATS OUTILLES SUR LE NOUVEAU DISPOSITIF DE SAISIE ET CONFISCATION EN MATIERE PENALE
Des magistrats ont bénéficié pendant deux jours, à Saint-Louis, d’une formation sur le nouveau dispositif de saisie et confiscation en matière pénale
Des magistrats ont bénéficié pendant deux jours, à Saint-Louis, d’une formation sur le nouveau dispositif de saisie et confiscation en matière pénale, a appris l’APS des organisateurs.
Initié par le Centre de formation judiciaire (CFJ), le séminaire de formation qui a pris fin jeudi avait pour objectif général de renforcer les capacités des acteurs de la chaîne pénale sur le nouveau dispositif de saisie et confiscation ainsi que le recouvrement des avoirs criminels, indique un document transmis à l’APS.
Le but est d’aboutir à une meilleure appropriation, par les acteurs de la chaîne pénale, des procédures applicables en matière de saisie et confiscation dans la lutte contre la délinquance économique et financière, renseigne le même document.
« Cette thématique +saisie et la confiscation en matière pénale+ correspond à une expression de besoins des acteurs que sont les magistrats. C’est sur la base de ces expressions de besoins que nous avons élaboré un catalogue qui recense l’ensemble des sessions de formation continue que nous comptons dérouler au titre de l’année 2025’’, a déclaré Souleymane Téliko, Directeur général du Centre de formation judiciaire (CFJ).
Le séminaire de Saint-Louis, a-t-il souligné, »est donc la première de cette série d’activités. Et ensuite, nous comptons aller dans les autres Cours d’appel que sont Kaolack, Tambacounda, Ziguinchor, Thiès et Dakar ».
»Au sortir de ce séminaire, nous comptons parvenir à l’objectif qui est de renforcer les capacités et surtout de faire de telle sorte que les sessions de formation organisées par le Centre de formation judiciaire puissent avoir un impact réel à la fois sur le fonctionnement des juridictions et sur les pratiques professionnelles des uns et des autres », a-t-il fait valoir.
Madické Diop, secrétaire général de la Cour d’appel de Saint-Louis a, de son côté, magnifié la tenue de cette rencontre qui a permis de passer en revue cet arsenal juridique pour une mise à niveau de tous les acteurs de la chaîne pénale.
Il espère tout de même qu’au sortir de ce séminaire, les magistrats du ressort judiciaire (Saint-Louis, Louga et Matam) vont s’approprier les mécanismes et procédures de saisie et de confiscation afin d’anticiper une probable recrudescence de la délinquance financière.
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ABDOULAYE DIÉYE, LA VOIX DU DROIT S'EST TUE
La figure tutélaire du droit constitutionnel sénégalais, s'est éteint jeudi, laissant derrière lui un héritage considérable : celui d'un enseignant passionné, d'un intellectuel rigoureux et d'un homme profondément humain
La communauté universitaire sénégalaise est en deuil. Le Professeur Abdoulaye Diéye, éminent spécialiste du droit constitutionnel et figure emblématique de la Faculté des Sciences juridiques et politiques de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, s'est éteint jeudi 30 janvier 2025.
Fils de Saint-Louis, ville dont il gardait précieusement l'héritage culturel, Abdoulaye Diéye incarnait l'excellence du système éducatif sénégalais. Son parcours académique, jalonné par les turbulences de l'année blanche de 1988 et de l'année invalide de 1994, témoignait d'une résilience exceptionnelle qui allait caractériser toute sa carrière.
L'enseignement n'était pas pour lui un choix par défaut, mais une véritable vocation. "Ce n'est pas le hasard qui m'a conduit à l'enseignement", aimait-il à rappeler, évoquant ses premiers pas dans les lycées techniques avant de rejoindre l'université. Sa passion pour la transmission du savoir se manifestait dans des amphithéâtres bondés où régnait un silence révérencieux, uniquement rompu par les applaudissements nourris qui concluaient invariablement ses cours.
Expert reconnu en droit foncier, sa thèse de doctorat sur le Domaine national avait fait de lui une référence incontournable sur les questions foncières au Sénégal. Son expertise rayonnait au-delà des frontières, notamment à l'Université du Mali où il dispensait également ses enseignements.
Derrière le professeur se cachait un homme d'une rare élégance, tant dans sa tenue vestimentaire que dans son comportement. Son sourire caractéristique et son regard profond derrière ses lunettes témoignaient d'une bienveillance naturelle envers ses étudiants. Il refusait catégoriquement le discours défaitiste sur le niveau des étudiants, préférant chercher des solutions constructives aux difficultés rencontrées.
Nelson Mandela et Mamadou Dia comptaient parmi ses modèles, reflétant son attachement aux valeurs de justice et d'intégrité. Homme de culture, il trouvait refuge dans la littérature et nourrissait une passion pour le cinéma, le football - supporter inconditionnel de Liverpool - et la lutte sénégalaise traditionnelle.
Le Professeur Diéye laisse derrière lui un héritage considérable : celui d'un enseignant passionné qui aura formé des générations de juristes, d'un intellectuel rigoureux qui aura contribué à façonner le droit sénégalais, et d'un homme profondément humain qui aura su allier l'excellence académique et générosité de cœur.
Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage universitaire sénégalais, mais son influence continue de rayonner à travers les milliers d'étudiants qu'il a formés et inspirés tout au long de sa carrière.
PAR Ismaila Madior Fall
HOMMAGE AU PROFESSEUR ABDOULAYE DIÉYE
EXCLUSIF SENEPLUS - Avec un sens élevé des relations humaines, il était détenteur de la méthode pour être bien avec tout le monde. Il dédaignait les positions convoitées pour s’intéresser à celles qui n’avaient pas de preneur
Avec la disparition soudaine du professeur Abdoulaye Diéye, la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop vient de perdre un de ses éminents membres qui faisait l’unanimité.
Ayant cheminé avec lui pendant une trentaine d’années dans les équipes pédagogiques, le département de droit public, la Faculté et d’autres activités extra-universitaires, je voudrais, pour saluer, sa mémoire et lui rendre hommage, dire quelques mots sur l’homme (I) et l’universitaire (II).
L’homme
Notre collègue Abdoulaye Diéye, que ses proches appelaient affectueusement Pape, était pétri de qualités exceptionnelles dont je retiendrai l’humanité et l’urbanité. Il nourrissait un sentiment de bienveillance, de compassion envers autrui. D’une courtoisie exquise et d’une générosité connue de tous, Abdoulaye était toujours prêt à porter assistance, apporter aide et soutien. Il accueillait toute l’équipe pédagogique de droit constitutionnel chez lui pour les pré-délibérations, avec un « tiebou djeun » du standard saint-louisien. Sa maison était ouverte à tout le monde. On côtoie chez Pape, membres de la famille, amis, voisins…
Doté d’un savoir-vivre à nul égal, il savait identifier avec discrétion les situations où son apport s’avérait utile. Il était à la disposition exclusive de la Faculté et disponible pour les collègues et les étudiants. Avec un sens élevé des relations humaines, il était détenteur de la méthode pour être bien avec chacun et tout le monde. Dans ce monde, par essence controversé qu’est l’Université, il a su faire l’unanimité.
L’universitaire
L’universitaire a une double vocation : enseignant et chercheur. Souvent l’un l’emporte sur l’autre chez la plupart des universitaires. Abdoulaye Diéye a su concilier les deux et répondre à la double obligation : former pour l’Humanité et publier pour la carrière et la gloire scientifique.
Recruté en 1994 comme assistant, Abdoulaye Diéye était un enseignant compétent, dévoué à la tâche et maître dans la pédagogie. Il savait parler un langage accessible aux étudiants, recenser le matériau du cours approprié au niveau de ses apprenants. Sa manière d’évaluer les étudiants et le grand soin qu’il donnait aux examens exprimaient son sens élevé du devoir et de la déontologie. Cette grande maîtrise de la pédagogie innée, mais qui lui venait aussi de son passage au Lycée où il a enseigné, a fait sa réputation au niveau des jeunes enseignants à qui il donnait les ficelles pour bien débuter la carrière et les étudiants qui se bousculaient à ses séances de TD.
Il dédaignait les positions que tout le monde visait pour s’intéresser à celles qui n’avaient pas de preneur. C’est ainsi qu’il a assuré pendant de longues années la coordination de l’équipe pédagogique de droit constitutionnel dont l’enseignement était assuré par le professeur El Hadj Mbodj. Son office se caractérisait par la rigueur, la flexibilité, l’ouverture d’esprit, le travail bien fait. Il faisait partie des enseignants qui s’acquittent le plus consciencieusement de leur service. Toujours disponible pour servir, il a dispensé des enseignements dans la plupart des disciplines du droit public (droit administratif et droit constitutionnel) et à tous les niveaux : de la capacité au master. Un des rares qui s’apprêtait, avec le cours de droit administratif, à prendre sa retraite au premier cycle dans les amphithéâtres souvent désertés par les séniors. C’était un enseignant dans l’âme.
Le chercheur, rigoureux et persévérant qu’il a su être, a pu effectuer les publications requises pour accéder au grade de rang magistral. Auteur d’une thèse en droit foncier sénégalais, Diéye était un juriste ouvert sur toutes les disciplines. Ses travaux, patiemment réalisés, qui portent autant sur le droit administratif, que le droit constitutionnel ou le droit communautaire, lui ont ouvert les portes de la reconnaissance par les pairs et la communauté épistémique.
Après l’Université qu’il a servi avec dévouement et bravoure, le Professeur Abdoulaye Diéye a aussi été utile à la cité dans d’innombrables missions au service du pays dont je ne citerai que deux : les travaux de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) et ceux de la Commission nationale de réforme foncière (CNRF) dont il a été rapporteur. Il était un grand intellectuel qui savait travailler de concert avec d’autres ou assumer seul des positions dans des rubriques occasionnelles qu’il appelait : « ce que je pense ».
Cher Abdoulaye, tout, dans ton parcours de vie, indique que le Bon Dieu t’a accueilli dans son Paradis.
Que la terre de Ndar, que tu as tant aimée, te soit légère.
AWLN SÉNÉGAL MOBILISÉ POUR LA RDC
Le chapitre sénégalais de l'organisation dénonce les atrocités commises contre les populations civiles, particulièrement les femmes et les enfants de Goma. Il appelle la communauté internationale à l'action
Alors que le sang coule à nouveau dans l'Est de la RDC, les voix des femmes leaders du Sénégal s'élèvent pour dire "stop" à la violence. Le chapitre sénégalais d'AWLN dénonce avec force les atrocités commises contre les populations civiles, particulièrement les femmes et les enfants de Goma. Face aux déplacements forcés, aux violences sexuelles et au recrutement d'enfants soldats, leur message est sans équivoque : la communauté internationale doit agir maintenant.
Lettre de Soutien d’AWLN Sénégal à nos sœurs d'AWLN RDC
Le chapitre AWLN Sénégal exprime sa profonde compassion et sa solidarité sans faille envers AWLN RDC, les habitants de la ville de GOMA, et toutes les populations de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) durement affectées par l’intensification du conflit armé. Nous savons que, dans ces situations, les femmes et les enfants sont touchés de manière disproportionnée. Nous suivons par conséquent, avec une immense tristesse, l’escalade de la violence, les déplacements forcés de populations, les attaques contre les civils, les pillages, et les brutalités abjectes contre des innocents, ainsi que la recrudescence des cas d’agressions sexuelles et des violations des droits humains qui en résultent.
La situation des femmes enceintes, des enfants et des personnes vivant avec un handicap, privées d’accès à l’eau potable et aux soins médicaux, est particulièrement préoc cupante. Les exactions commises, y compris les violences sexuelles et le recrutement forcé d’enfants, sont tout à fait inacceptables.
Nous, membres D’AWLN Sénégal condamnons fermement ces actes barbares et appelons à une cessation immédiate des hostilités. Nous demandons au mouvement armé du M23 et à toutes les parties belligérantes de respecter le droit international humanitaire et de garantir la protection des civils. Nous exhortons également la communauté internationale à intensifier son soutien humanitaire afin de répondre aux besoins urgents des populations affectées. Le rétablissement de la paix et de la sécurité en RDC requiert une action rapide et concertée, tant au niveau régional qu’international, pour mettre un terme aux souffrances des populations de la RDC.
Nous, membres D’AWLN Sénégal réitérons notre soutien indéfectible à nos sœurs de AWLN RDC, mais aussi aux femmes et aux enfants de la RDC et lançons un appel à la paix. Nous réaffirmons notre engagement à œuvrer pour la paix, la sécurité, la justice et la protection des droits humains. Nous soulignons l'importance du respect des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin de permettre une inclusion effective des femmes et des jeunes dans les processus de paix et de sécurité.
ON A DAVANTAGE BESOIN D’ORIENTATIONS CLAIRES ET DURABLES QUE DE SIMPLES MESURES EPHEMERES
Professeur Aly Tandian, enseignant-chercheur au Département de Sociologie de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, fait une analyse de la migration circulaire et partage sa réflexion
Professeur Aly Tandian est enseignant-chercheur au Département de Sociologie de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Il est le Directeur du laboratoire d’études et de recherches sur les migrations et président de l’Observatoire Sénégalais des Migrations. Dans cet entretien, le sociologue fait une analyse de la migration circulaire et partage sa réflexion.
Au Sénégal, depuis quelques jours, nous avons constaté une forte mobilisation de jeunes pour se faire inscrire aux BAOS (Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi) dans l’espoir de faire partie des personnes à sélectionner dans le cadre de la migration circulaire. Quelle est votre réaction à ce sujet?
La migration circulaire peut inciter au départ des candidats auparavant non prédestinés à la migration, mais qui saisissent cette opportunité de partir surtout de manière tout à fait régulière et légale. Donc, la migration circulaire élargit la base de recrutement des candidats au départ et peut constituer sous ce rapport, une incitation au départ. En plus, elle individualise les départs et affaiblit les réseaux de départ qui souvent, étaient le fondement des réseaux d’insertion et de réinvestissement dans les pays d’origine, quelle que soit leur obédience villageoise, ethnique ou confrérique.
On semble dire que c’est un exploit de trouver du travail aux jeunes ?
A présent, le constat est qu’il y a beaucoup de bruits sur l’envoi des jeunes en Espagne. Pour certains, c’est l’inquiétude. Pour d’autres c’est un exploit politique, une ingéniosité d’un quelconque projet. Non, je pense qu’au-delà de la passion politique, il faut rappeler que l’État du Sénégal a envoyé des travailleurs en Arabie Saoudite. Ces travailleurs étaient en majorité spécialisés en maçonnerie, en électricité et autres secteurs du BTP. Cette même situation s’est présentée en 1992, mais cette fois-là pour la reconstruction du Koweït après les attaques irakiennes. Ainsi, plusieurs contingents de travailleurs sénégalais constitués de maçons, d’électriciens, etc., ont été sélectionnés et envoyés au Koweït. Ces envois ont permis à l’État du Sénégal, lessivé par les politiques d’ajustement structurel, d’offrir du travail à ses populations qui ne cessaient d’en exiger, tout en manifestant leur détermination à s’exiler pour trouver du travail. Vingt ans plus tard, le président sénégalais Abdoulaye Wade, a signé un accord avec l’Espagne. A l’époque, José Luis Zapatero, Premier ministre espagnol avait déclaré que « les accords signés avec le Sénégal permettaient à l’immigration de se faire dans un cadre légal sous la conduite du ministère espagnol du Travail et selon l’état du marché du travail en Espagne. L’Espagne tiendrait sa promesse de donner 13 milliards de FCFA (20 millions d’euros) au Sénégal pour financer la formation et l’emploi et créer des opportunités économiques pourles jeunes ». Je pense qu’on oublie parfois que ce pays a une histoire en matière de migration circulaire. On a plus besoin d’orientation claire et objective, en termes d’offre d’emploi, que de simples politiques spontanées.
Quelle analyse faites-vous de la migration circulaire et surtout de cette voie choisie par le Sénégal d’envoyer des personnes en Espagne et au Qatar ?
L’élaboration d’une politique de migration circulaire nécessite une approche stratégique et inclusive pour répondre aux besoins des pays d’origine et de destination, mais également aux besoins des migrants eux-mêmes. Je pense qu’il faut aider nos politiques à comprendre que la migration circulaire a des exigences à suivre pour son succès. Il y a des étapes fondamentales qui semblent être des impératifs : une évaluation des besoins, un engagement des parties prenantes, une conception de cadres juridiques et institutionnels, une identification des compétences, un souci d’intégration socio-économique des migrants, bref un suivi, une évaluation et un ajustement permanent et surtout une communication et une sensibilisation. Je pense que certains de ces points ne sont pas pris en compte pour des raisons peut-être de précipitation, d’ignorance ou de recherche d’exploit.
En plus du Royaume d’Espagne, l’État du Sénégal a prévu toujours dans le cadre de la politique de migration circulaire d’envoyer des personnes au Qatar. Que pensez vous de cette option ?
Je pense que l’État du Sénégal doit davantage se mobiliser pour informer les candidats à la migration circulaire. Le Sénégal doit d’une part, diffuser des informations claires sur les opportunités et les obligations liées à la migration circulaire et d’autre part il doit lutter contre la désinformation en contrant les pratiques frauduleuses et les réseaux illégaux grâce à des campagnes de sensibilisation.
Pour le Qatar, l’établissement de la migration circulaire est beaucoup plus complexe. Le Sénégal doit veiller aux restrictions et aux obstacles qui limitent la liberté de mouvement des travailleurs migrants qui les empêchent de mettre fin à leur relation de travail en cas d’abus. Cela me semble important tout comme la possibilité d’autoriser les travailleurs migrants à quitter leur emploi à certains intervalles ou moyennant un préavis raisonnable. Dans les pays du Golfe, les travailleurs étrangers sont le plus souvent confrontés à la confiscation de leurs passeports.
J’ignore le niveau d’engagement du Sénégal dans le projet d’envoyer des travailleurs au Qatar mais il me semble fondamental de prendre les mesures nécessaires en droit et en pratique pour s’assurer que les Sénégalais soient pleinement protégés contre des pratiques et des conditions abusives qui pourraient relever du travail forcé.
C’est le lieu de rappeler que le Sénégal est dans l’impératif de mettre en place une politique migratoire. car en En matière de migration circulaire, le Sénégal est à encourager fermement à prendre des mesures afin de permettre à ses populations de pouvoir accéder aux mécanismes de protection et de pouvoir, dans la pratique, s’adresser aux autorités compétentes et demander réparation en cas de violation de leurs droits ou d’abus, sans crainte de représailles. Pour réussir cela, il y a une réelle urgence de repenser des représentations diplomatiques.
Pensez-vous que cette option d’envoyer des Sénégalais est la meilleure en termes de politique migratoire ?
Je me limite à ma posture de chercheur en rappelant modestement qu’en termes de politique de migration circulaire, les difficultés administratives et juridiques ne manquent pas. Nos recherches précédentes en Espagne et spécifiquement à Huelva et à Alméria, nous apprennent que les procédures peuvent quelques fois être complexes avec de longs délais pour obtenir ou renouveler un permis de travail et de séjour. A côté, il y a les barrières à la reconnaissance des diplômes, les conditions de travail précaires, etc.
Assez souvent, des personnes mobilisées pour la migration circulaire sont contraintes de travailler avec des salaires bas et sans protection sociale. Elles peuvent également tomber dans des situations d’abus et d’exploitation dans certains secteurs comme l’agriculture, les services à domicile et la restauration.
A ce jour, au Sénégal, on a plus besoin d’orientations claires et durables en matière de gouvernance des migrations et de politiques d’emploi que de simples mesures éphémères.
Nous avons des Sénégalais qui ne veulent plus continuer à être de simples victimes de la mondialisation ; ils veulent être des acteurs de la mondialisation