VIDEOAES : LE SENTIMENT DE SÉCURITÉ N'EST PAS LA SÉCURITÉ
Les pays de l'AES ont réussi la prouesse d'une montée en puissance en termes d'arsenaux. Mais, pour le colonel Adje, ils ne sont pas forcément en sécurité, vu est l'asymétrie de la lutte. D'où la nécessité d'une unité de tous les pays ouest-africains

Aujourd'hui, le Burkina Faso, le Mali et le Niger font incontestablement partie des pays les mieux équipés militairement dans la sous-région ouest-africaine. En effet, ces pays ont acquis, ces dernières années, de nombreux équipements de dernière génération, une fois que les militaires ont pris le pouvoir à la suite de coups d'État. Toutefois, pour le colonel Mamadou Adje, officier supérieur de l'armée sénégalaise à la retraite et consultant en sécurité-défense, cette capacité militaire certaine ne rime pas forcément avec efficacité.
Pour le colonel Mamadou Adje, la lutte contre le terrorisme ne doit pas être uniquement de nature militaire. En clair, malgré leurs nouveaux équipements de pointe acquis par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ces pays ne sont pas nécessairement plus en sécurité aujourd'hui qu'hier. Ils ont un sentiment de sécurité, mais cela ne signifie pas qu'ils le sont réellement.
Les moyens ne garantissent pas l'efficacité, car la projection de force ne signifie pas la projection de puissance. On peut posséder tous les moyens possibles, mais on ne gagnera jamais une bataille asymétrique contre les terroristes si celle-ci n'est pas globale. Les groupes terroristes n'ont pas de frontières ; il faut donc une réponse globale pour faire face à cette menace mondiale. Menace globale, globalisation de la réponse. Ces pays ne peuvent pas, à leur échelle, vaincre le terrorisme. La force ne fait pas la puissance. Dans une bataille asymétrique, ce n'est pas toujours la force qui triomphe.
Pour mémoire, les pays occidentaux, avec la France en tête, ont longtemps refusé de vendre de véritables armes de guerre à ces États pour combattre le terrorisme. Pire encore, si l'on en croit le ministre des Affaires étrangères du Mali, Monsieur Abdoulaye Diop, la France aurait mis son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour empêcher la livraison d'armes létales à ces pays. Elle leur aurait même envoyé des armes défectueuses ou obsolètes alors qu'en face, les terroristes ont des armes loudres de dernière génération. Ce qui pose d'ailleurs la question de la sécrité dans l'appui supposé que l'occident prétend apportér aux pays du Sahel mais aussi la question de qui armes les terroristes.
Lorsque les conditions de rupture entre la France et ces pays ont été réunies et qu'ils se sont affranchis de l'influence française, grâce à leur alliance stratégique avec la Russie et d'autres partenaires non occidentaux, les trois pays de la Confédération des États du Sahel ont chacun pu se doter d'arsenaux de guerre de pointe afin de faire face au péril terroriste qui ensanglante leurs peuples depuis plus d'une décennie. Ils ont ainsi gagné en puissance dans le classement des pays les mieux équipés de la sous-région.