DAKAR, SAINT-LOUIS, DIOURBEL ET ZIGUINCHOR CIBLES
Dans l’objectif de montrer l’importance de lutter contre les violences faites aux femmes, le collectif Jama a initié une tournée intitulée « Deet du waaw (Siif na dakk) » en vue d’éradiquer les violences et autre viols que subissent les femmes.

En prélude à cette campagne prévue dans les régions de Dakar, Ziguinchor, Saint-Louis et Diourbel, le collectif a organisé un point de presse tournant principalement autour de la sensibilisation sur les viols et la compréhension de l’acceptation du NON.
En conférence de presse à Dakar, le collectif Jama est revenu sur l’importance de sa campagne intitulée « Deet du waaw (siif na dakk)» qui est une tournée de réflexion et de mobilisation contre le viol et les violences conjugales. A cet effet, il appelle toutes les femmes de Dakar comme des régions, qui sont concernées par ces questions de violences conjugales et de viols, à s’impliquer dans cette lutte basée sur le genre de manière générale.
Selon Leyty Fary Ndiaye, membre du collectif Jama, la tournée est pour lutter contre le viol et faire la promotion du consentement: «On a des activités itinérantes qui vont se dérouler à Dakar, Saint-Louis, Diourbel et Ziguinchor d’ici à novembre avec des groupes qui sont dans les villes qu’on va visiter et l’idée est de travailler avec tout le monde pour déconstruire les stéréotypes liés aux femmes, aux genres et pour remettre au centre la question du contrôle de son corps, remettre au centre la femme et dire qu’elles font un travail important dans les régions, aussi reparler de tout ça ensemble et défendre les droits de tout le monde » souligne-t-elle.
Avant de revenir sur le choix des régions : « Les régions visées sont Ziguinchor, Diourbel, Saint-Louis et Dakar. En fait, c’est un choix plutôt aléatoire sauf pour le cas de Diourbel où on parle beaucoup de violences. On a choisi ces régions-là parce qu’il fallait faire un choix, mais le travail est important dans toutes les régions et on espère pouvoir le faire éventuellement dans toutes les localités », renchéritelle.
Dans la foulée, elle fera part des activités que le collectif compte mettre en place pour cette campagne : « Les activités que nous mettrons en place vont être des « waxtaan » où des groupes non mixtes juste des femmes à peu près vingt (20) personnes vont parler des situations qu’elles vivent, qu’elles ont vécues, et vont parler de violences conjugales, de viols etc.
L’idée c’est que ces « waxtaan » là soient repris par les communautés et que même quand on n’est plus là, que ces femmes puissent continuer à créer ces espaces-là pour elles-mêmes, à se les approprier.
A côté de ça, on a des « open mike » (microphone ouvert) qui sont des activités de micro ouvert où ça va être des groupes composés de slameurs, rappeurs, des personnes qui font de la photo, des dessins, qui vont venir s’exprimer sur ces questions-là encore une fois , donc par un moyen plus artistique. On va aussi faire la sensibilisation dans les écoles, lycées et universités en plus de ces panels comme celui-ci. Mais qui sont des conversations encore une fois, sans expert. Tout le monde a quelque chose à dire sur le viol et a son avis là-dessus et on doit le combattre ensemble. L’idée n’est donc pas de parler pour mais plutôt de parler avec les communautés », termine-t-elle.
A noter que ce collectif dirigé par 5 femmes aspire à ce que le viol soit criminalisé et que les femmes victimes puissent s’exprimer aisément sans complexe ni gêne.