LA GCO VOUEE AUX GEMONIES
Qui protège Eramet Gco ? C’est la question que se pose un collectif d’habitants des Niayes qui a initié une pétition. Ils reprochent à la société d’exploitation minière de fouler au pied les lois et les principes de la bonne gouvernance

Les habitants des Niayes sont très remontés contre la société d’exploitation minière, Grande Côte opérations (GCo). ils accusent la société de ravager l’écologie du désert de Lompoul et d’abus contre eux. Dans une lettre ouverte adressée au président de la République et son Premier ministre, ils crient leur désarroi en invitant les autorités à appliquer le «Jub Jubal Jubanti» dans toute sa rigueur.
Qui protège Eramet Gco ? C’est la question que se pose un collectif d’habitants des Niayes qui a initié une pétition. Ils reprochent à la société d’exploitation minière de fouler au pied les lois et les principes de la bonne gouvernance. «Dans le désert de Lompoul, un scandale d’une ampleur dramatique se déroule sous nos yeux : d’un côté, une exploitation minière incontrôlée et destructrice menée par Grande Côte Opérations (GCO), filiale du groupe français Eramet, qui ravage notre environnement et met en péril l’avenir de milliers de Sénégalais ; de l’autre, des intimidations de toutes sortes contre l’Ecologie du désert de Lompoul et Cheikh Yves Jacquemain ; ou encore, des tentatives d’intimidations judiciaires inacceptables contre Julien Potron, lanceur d’alerte et entrepreneur solaire à impact et Gora Gaye, maire de commune Diokoul Diawrigne, dont les seuls torts sont d’avoir dénoncé ces abus», dénoncent les signataires de la lettre adressée au chef de l’Etat. Ils soulignent que GCO s’enrichit outrageusement, les habitants des Niayes, eux, subissent encore la misère. «Comment expliquer qu’en une décennie, d’après le quotidien Libération du 17 janvier 2025, GCO ait généré plus de 1 106 milliards de FCFA de Chiffre d’Affaires tout en ne reversant que 51 milliards de redevances minières à l’État sénégalais, soit à peine 4,64% des richesses extraites de notre sol ? Comment accepter que cette même entreprise n'ait jamais reversé la quote-part de 10% de dividendes qui revient de droit à l’Etat, contrairement à toutes les entreprises sénégalaises soumises à cette obligation ?» regrettent les signataires de la lettre.
A les en croire, cette entreprise qui affirme ne pas frauder au niveau du versement de ses impôts et de ses redevances minières a déjà subi des redressements fiscaux et douaniers d’un total de 18,4 milliards de FCFA depuis le début de ses activités (source rapport ITIE). «Comment accepter, d’après toujours les rapports de l’ITIE, que cette entreprise n’ait déposé que 274 millions de garantie de réhabilitation à la CDC, alors que des milliers d’hectares sont concernés par cette exploitation qui avale sur 15m terres, flore, faune, écosystèmes et nappe phréatique de surface ?», s’interrogent-ils.
DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT
En plus, les signataires soulignent que l'eau n’est pas propre à la consommation. « Les terres détruites, les cimetières profanés, les dunes effacées, les familles déplacées. Des hommes et des femmes meurent, comme Diary Keita, 36 ans, décédée après avoir bu une eau impropre dans un village de recasement. Les cimetières sont rasés, les mosquées et les écoles détruites, les récoltes anéanties. Pendant que des vies sont brisées, GCO engrange des milliards, en toute impunité», fulminent-ils. Face à cette situation, ils invitent les autorités à agir rapidement avant qu’il ne soit trop tard et à appliquer le «Jub Jubal Jubanti» dans toute sa rigueur, sans exception, et sans protection invisible pour GCO. «Nous demandons un moratoire immédiat pour effectuer un audit environnemental et économique indépendant et public sur l’exploitation de Lompoul, des compensations dignes et immédiates pour les populations locales déplacées et affectées et surtout une transparence totale sur les contrats miniers, les profits générés et les impôts réellement payés parGCO», ajoutent-ils en exigeant l’arrêt immédiat des pressions judiciaires contre Julien Potron et la fin de toute tentative d’intimidation des lanceurs d’alerte. «L’heure n’est plus aux discours. La peur doit changer de camp ! L’intimidation doit être bannie et punie ! Si nous voulons bâtir un Sénégal bu Jub, alors il faut que justice soit rendue. Si nous voulons avancer vers du Jubal, il faut que la lumière soit faite. Et si nous aspirons à du Jubanti, alors ceux qui exploitent nos ressources au détriment de notre peuple doivent être tenus responsables», laissent-ils entendre.