POUR UNE STRUCTURE DE PREVENTION, DE GESTION ET DE RESOLUTION DES CONFLITS
Le conflit au sein de la Fédération sénégalaise de karaté, qui a longtemps duré, a finalement atterri devant les tribunaux. Une issue judiciaire que regrette Souleymane Boun Daouda Diop.

Le conflit au sein de la Fédération sénégalaise de karaté, qui a longtemps duré, a finalement atterri devant les tribunaux. Une issue judiciaire que regrette Souleymane Boun Daouda Diop. L’ex-Dhc, à travers une «lettre ouverte», de proposer «une structure de prévention, de gestion et de résolution des conflits dans le sport». Une manière d’anticiper sur ce genre de crise.
L’affaire de la Fédération sénégalaise de karaté est au cœur de l’actualité judiciaire ces dernières semaines. Appartenant au milieu des arts martiaux, Souleymane Boun Daouda Diop s’est exprimé sur le sujet, à travers une «lettre ouverte à tous les acteurs du mouvement sportif».
L’ancien Directeur de la haute compétition (Dhc) dénonce d’emblée «l’inaction du mouvement sportif face à une situation injuste lors de la crise du karaté. Par votre manque de réaction, la Justice s’est impliquée dans les affaires privées du sport, et vous avez jeté en pâture des dirigeants sportifs bénévoles. Et pourtant, ces individus vilipendés sont tous des acteurs essentiels dans le développement et la promotion de leur discipline. Ce qui est révoltant dans cette situation, c’est de constater que ces pères, frères, amis et voisins, qui sont jetés en pâture, ont pourtant consacré leur temps, leur jeunesse, leur famille et leur énergie au service du rayonnement du sport national».
«Que plus jamais le sport ne traîne le sport devant les tribunaux»
Et M. Diop de poursuivre : «Je reste aussi convaincu que la principale cause de votre inaction est le manque de structures appropriées qui pourraient vous aider à faire face à de telles situations. Malheureusement, ce dysfonctionnement dans la gouvernance du sport a non seulement causé la souffrance des personnes concernées, mais a également entaché la crédibilité du sport dans son ensemble. C’est pourquoi je vous invite à réfléchir sur des mesures à prendre afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent à l’avenir. A mon avis, il est temps de prendre des décisions justes afin de garantir aux bénévoles, qui sont au cœur du développement sportif, tout le soutien nécessaire en cas de besoin. C’est plus juste que d’être condamnés pour des décisions prises au nom de l’intérêt général, mais qui peuvent se retourner contre vous, une fois exportées en dehors du domaine sportif. Il ne faut jamais oublier que le sport a ses propres tribunaux. Vous devez les utiliser jusqu’à prouver leurs limites objectives, avant de vous tourner vers d’autres juridictions.»
Enfin, Souleymane Boun Daouda Diop de proposer : «Il est également urgent de mettre en place une structure de prévention, de gestion et de résolution des conflits dans le sport, pour que plus jamais le sport ne traîne le sport devant les juridictions de droit commun.»
DEUX CLANS S’AFFRONTENT A LA FEDE KARATE - VIVEMENT QUE LE MINISTERE DES SPORTS REPRENNE LE DOSSIER EN MAIN
Le conflit qui existe au sein de la Fédération sénégalaise de karaté a trop duré. Et ce n’est pas une surprise si l’affaire opposant deux camps au sein de l’instance fédérale a atterri devant les tribunaux. Une issue judiciaire déplorée par tous, à l’image de la «lettre ouverte» de l’ex-Dhc. Mais peut-être qui est un mal pour un bien. En effet, le ministère en charge des Sports, qui n’est pas exempt de reproche, devrait du coup reprendre le dossier en main. En tentant d’abord de rapprocher les deux camps ou, à défaut, d’aller vers une Ag extraordinaire ou élective pour mettre en place démocratiquement un nouveau bureau, avec par ricochet l’élection d’un Comité directeur. Toute autre démarche ne ferait qu’impacter une discipline qui n’a pas besoin de diviser les acteurs du monde très sage des arts martiaux.