LA BCEAO MAINTIENT SON TAUX DIRECTEUR A 3,5%
Le CPM a décidé à l’issue de sa réunion ordinaire de maintenir le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques à 3,50%, et le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5,50%, niveaux en vigueur depuis 2023

La 1ère réunion ordinaire du comité de politique monétaire (CpM) de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (Bceao) au titre de l’année en cours s’est tenue hier à Dakar, sous la présidence du gouverneur de la banque Jean-Claude Kassi Brou. Une rencontre qui a permis audit comité de dresser un bilan rétrospectif de l’année 2024. au terme de la réunion, le CpM a décidé de maintenir à 3,5% son taux directeur de même que son taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5,50%.
Une bonne nouvelle pour les banques! LaBanque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a décidé de ne pas augmenter son taux directeur. L’annonce a été faite hier par le gouverneur de laBCEAOà l’occasion de la première réunion du comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque. «Le CPM a décidé à l’issue de sa réunion ordinaire de maintenir le principal taux directeur auquel la Banque Centrale prête ses ressources aux banques à 3,50%, et le taux d’intérêt sur le guichet de prêt marginal à 5,50%, niveaux en vigueur depuis le 16 décembre 2023», a indiqué Jean-Claude Kassi Brou face à la presse. Donnant les raisons d’une telle décision, il avance que le comité s’est basée sur l’analyse de l’activité économique, de l’évolution des prix et de la situation extérieure de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
En effet, l’activité économique de l’Union demeure dynamique, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 7,0% au quatrième trimestre 2024 après 5,8% le trimestre précédent. Pour l’année 2024, la hausse du PIB réel de l’Union est estimée à 6,2% après 5,3% en 2023 et devrait ressortir à 6,3% en 2025. Cette croissance est portée par l’ensemble des secteurs, notamment les secteurs extractif, manufacturier et agricole. L’activité économique a bénéficié d’un financement approprié. Les crédits bancaires au secteur privé se sont accrus de 6,3% en glissement annuel à fin décembre 2024 contre une hausse de 5,8% à fin septembre 2024. Une tendance qui devrait se poursuivre, selon M Brou, en 2025 avec une augmentation prévue de 8,6%. Pour ce qui est de l’inflation, le gouverneur de la BCEAO révèle qu’elle s’est établie à un taux de 2,9%, après 4,1% le trimestre précédent. Cette détente des prix a été favorisée par la baisse des cours des produits alimentaires et énergétiques importés. A cela s’ajoutent les meilleures récoltes de la campagne vivrière 2024/2025 qui ont également contribué à réduire les pressions sur les prix.
S’agissant des prévisions, il avance que l’inflation devrait se situer à 2,7%en 2025 après 3,5% en 2024. Cependant, les risques d’une résurgence des pressions sur les prix restent élevés, en raison notamment de la persistance des problèmes sécuritaires dans la sous-région, de l’effet du changement climatique qui pourrait réduire la production vivrière ainsi que de l’impact des tensions géopolitiques et commerciales sur les prix mondiaux des produits énergétiques et alimentaires.
UNE CROISSANCE DE 6,2% ANNONCEE MALGRE LES INCERTITUDES
Malgré un ralentissement de la croissance mondiale, qui s'est établie à 3,2% en 2024, l'économie de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a affiché une progression soutenue avec un taux de croissance de 6,2%, contre 5,3% en 2023. Cette performance, annoncée par Jean-Claude Kassi Brou repose sur la bonne tenue des secteurs agricole et extractif ainsi que sur l'essor des activités pétrolières et gazières. Le financement bancaire a aussi accompagné cette dynamique, avec une hausse de 6,3% des crédits au secteur privé en 2024.
Par ailleurs, l’inflation a poursuivi son ralentissement, s’établissant à 3,5% en moyenne annuelle, contre 3,7% en 2023, grâce à la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi qu’à une récolte rizicole supérieure aux attentes. Sur le plan extérieur, la balance des paiements s'est améliorée après deux années difficiles, soutenue par des termes de l’échange plus favorables, des levées de fonds sur les marchés internationaux et le renforcement des exportations de pétrole. Toutefois, le gouverneur de la BCEAO met en garde contre les risques liés aux tensions géopolitiques et commerciales, qui pourraient ralentir cette dynamique.