UNE CARGAISON D’AVENIR
Une nouvelle page de l’histoire énergétique sénégalaise s’écrit avec l’arrivée de la première cargaison de pétrole brut extraite du champ offshore de Sangomar et destinée au raffinage local.

Une nouvelle page de l’histoire énergétique sénégalaise s’écrit avec l’arrivée de la première cargaison de pétrole brut extraite du champ offshore de Sangomar et destinée au raffinage local. Cette étape majeure marque un tournant stratégique dans la gestion des ressources naturelles du pays, longtemps dépendant des importations de produits pétroliers raffinés.
Une avancée vers la souveraineté énergétique
Jusqu’ici, la production pétrolière issue des gisements sénégalais était essentiellement orientée vers l’exportation. L’acheminement de cette première cargaison vers les installations de raffinage locales témoigne de la volonté des autorités d’internaliserla chaîne de valeur énergétique. «Ce jalon historique est une avancée concrète vers l’autosuffisance énergétique et la souveraineté nationale», a déclaré le ministre de l’Énergie lors d’une conférence de presse organisée à Dakar.
Avec ce premier raffinage local, le Sénégal ambitionne de réduire sa dépendance aux marchés étrangers, de maîtriser les coûts énergétiques et de sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers. Selon les prévisions du gouvernement, le raffinage du brut de Sangomar pourrait couvrir jusqu’à 30 % des besoins nationaux en carburant dès la fin de l’année 2025.
Un impact économique et social attendu
L’exploitation du champ pétrolier de Sangomar, situé à environ 100 kilomètres au large de Dakar, est le fruit d’un partenariat entre la société australienne Woodside Energy et la Société des Pétroles du Sénégal (PETROSEN). À pleine capacité, le site devrait produire jusqu’à 100 000 barils par jour. Une partie de cette production sera désormais traitée localement, réduisant ainsi les importations de carburant et favorisant la stabilité des prix sur le marché intérieur.
«Le raffinage local constitue un levierstratégique pour la création d’emplois, la formation de compétences spécialisées et la dynamisation de l’économie», souligne Mamadou Fall, expert en énergie et consultant auprès de l’État. Les autorités espèrent également que ce tournant permettra de capter une plus grande part des revenus issus de l’exploitation pétrolière et d’alimenter les fonds souverains dédiés aux projets d’infrastructures et au développement durable.
Des défis à relever
Si cette première cargaison marque un succès symbolique, plusieurs défis restent à surmonter. La modernisation des infrastructures de raffinage, en particulier la raffinerie de la Société Africaine de Raffinage (SAR), est essentielle pour absorber et transformer efficacement le brut national. Des investissements supplémentaires seront nécessaires pour augmenter la capacité de raffinage et garantir un approvisionnement continu en produits pétroliers de qualité.
En outre, la gestion transparente des revenus pétroliers demeure une préoccupation majeure pour la société civile. Plusieurs organisations plaident pour une meilleure redistribution des richesses issues de l’exploitation des hydrocarbures afin d’améliorer les secteurs clés comme la santé, l’éducation et les infrastructures sociales.
Une ambition régionale affirmée
Au-delà de ses frontières, le Sénégal aspire également à devenir un acteur majeur du marché pétrolier ouest-africain. Le raffinage local pourrait à terme permettre d’exporter des produits pétroliers transformés vers les pays voisins, renforçant ainsi l’intégration économique régionale
«Ce premier raffinage local est plus qu’une simple étape technique : c’est le signal d’un avenir où le Sénégal maîtrise ses ressources et joue un rôle de premier plan sur la scène énergétique régionale», conclut un responsable de PETROSEN.
Avec cette avancée, le Sénégal s’inscrit dans une dynamique de transformation économique profonde, plaçant ses ressources pétrolières au cœur de ses ambitions de développement et de souveraineté énergétique.