DES ASSISES SUR L’ENSEIGNEMENT CORANIQUE CONVOQUEES
L’annonce a été faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui présidait hier, jeudi 28 novembre, la Journée nationale des daaras. Cette rencontre permettra de passer au peigne fin tous les problèmes du secteur.

Des assises sur les daaras seront convoquées prochainement. L’annonce a été faite par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui présidait hier, jeudi 28 novembre, la Journée nationale des daaras. Cette rencontre permettra de passer au peigne fin tous les problèmes du secteur.
La Journée nationale des daaras (écoles coraniques, en wolof), la troisième édition du genre, a été tenue hier, jeudi 28 novembre 2023, sous la présidence du chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye. C’était l’occasion d’amorcer l’analyse des problèmes du secteur. Pour le chef de l’Etat, «il serait injuste de taire les défis qui ternissent parfois l’image des daraas et leur noble vocation. Le phénomène de la mendicité forcée des enfants et souvent visible dans nos rues constitue une déviance qu’il faut corriger par rapport à l’esprit originel des daaras».
Dès lors, le président Diomaye Faye annonce déjà la convocation des premières assises nationales des daaras. «Ces assises qui réuniront tous les acteurs concernés, éducateurs, décideurs politiques, familles religieuses, partenaires techniques et financiers, auront pour mission de réfléchir à une refonte en profondeur du système des daaras». Il s’agira, dans le cadre de ces assises, estime le président de la République, «de repenser leur place dans le système éducatif national. Afin de garantir une équité totale entre tous les enfants sénégalais, quelle que soit leur voie éducative».
«LA RÉFORME DES DAARAS NE VISE PAS À LES DÉNATURER, MAIS…»
Selon toujours le chef de l’Etat, les assises nationales sur daaras permettront «de diversifier le contenu pédagogique, en introduisant des disciplines modernes telles que les mathématiques, les sciences, les langues étrangères et les compétences techniques, pour préparer les jeunes à un monde en constante évolution». L’objectif de cette rencontre est également «de créer un cadre institutionnel et financier stable pour soutenir les daaras à travers notamment des partenariats publics privés et en appui inclus de l’État».
Rassurant les participants, Bassirou Diomaye Faye a indiqué que «la réforme des daaras ne vise pas à les dénaturer, mais à leur permettre de répondre avec efficacité et pertinence aux exigences de notre époque, tout en préservant leur âme et leur vocation première». Convaincu de la nécessité de cette réforme, il cite, en exemple, les daaras modernes. «Déjà, les daaras modernes témoignent de leur capacité à s’adapter et à exceller. Les succès éclatants des ‘’ndongo daaras’’ (apprenants, ndlr) lors des compétitions internationales de mémorisation et de récitation du Saint-Coran en sont une preuve éclatante. Ces jeunes garçons comme filles font honneur à la Nation», s’est-il réjoui.
LES DAARAS MODERNES, DES EXEMPLES DE RÉUSSITE
Le président de la République juge ainsi que les «élèves portent haut le flambeau de l’excellence sénégalaise. Par ailleurs, les élèves issus des daaras qui poursuivent des études classiques dans nos universités et établissements d’enseignement supérieur illustrent la complémentarité qui peut exister entre tradition et modernité. Ces réussites individuelles, souvent méconnues, nous rappellent le potentiel immense des daaras et la nécessité de leur offrir un cadre optimal d’épanouissement»
Il reste convaincu que «la préservation et la valorisation des daaras sont une obligation morale». Mieux, ajoute-il, «elles sont un acte de foi envers notre identité et notre avenir. Ces institutions, bien plus que des écoles, sont des lieux où se transmettent les valeurs de solidarité, de respect mutuel, de justice qui forment le socle de notre société».
Bassirou Diomaye Faye a invité les participants à la rencontre «à œuvrer pour faire des daara un modèle d’excellence éducative et de cohésion nationale. C’est ensemble que nous réussirons à bâtir un Sénégal où chaque enfant, quelles que soient ses origines, quelles que soient ses croyances, pourra s’instruire et s’élever dans la dignité». Enfin, il a jugé que, instituée par décret 2023-225 du 18 janvier 2023, «la Journée nationale des daaras traduit la volonté collective de rendre hommage à ces établissements qui ne sont pas seulement des lieux de transmission du savoir religieux, mais aussi des sanctuaires où se forge l’âme de notre Nation».
VERS UNE CARTOGRAPHIE DES DAARAS
Le Directeur des daaras, Babacar Samb, est revenu sur le Conseil national de concertation autour des daaras, antérieur à la journée d’hier et qui avait pour mission de créer un cadre harmonisé de discussion, de gestion. Parmi les mesures prises lors de ce Conseil national, il y a l’intégration des diplômés des daaras dans le Concours de recrutement des élèves-maitres (CREM). Car ces diplômés sont maintenant capables de concourir à cet examen.
Une autre décision concerne la cartographie des daaras qui sera faite également. Selon Babacar Samb, le budget de cette étude a été mobilisé. Le Comité de pilotage de cette cartographie est installé. Le Directeur des daaras annonce le démarrage, le 15 décembre prochain, des activités de ce comité.
En outre, las acteurs ont convenu que le Projet d’appui et de modernisation des daaras (PAMOD) doit être élargi, par la création de daaras moderne. Babacar Samb souhaite également le renforcement de la formation dans les daaras, en appuyant les apprenants à l’apprentissage professionnel. Les 527 daraas accompagnés par le ministère bénéficieront de cantines scolaires. 600 nouveaux seront sélectionnés pour le même programme. Une certification des enseignements est aussi demandée