FARA NDIAYE PRECONISE LES «ASSISES NATIONALES SUR LA JEUNESSE»
Le président du conseil régional de la jeunesse (crj) de SaintLouis salue cet appel à candidatures mais préconise des assises de la jeunesse.

La mobilisation des jeunes pour le programme-pilote de «migration circulaire» initié par l’Espagne ne laisse pas indifférent Fara Ndiaye. Le président du conseil régional de la jeunesse (crj) de SaintLouis salue cet appel à candidatures mais préconise des assises de la jeunesse.
«L’affluence massive des jeunes pour l’émigration circulaire traduit une quête légitime d’opportunités et d’amélioration de leurs conditions de vie. Ce phénomène met toutefois en lumière les défis persistants liés à l’accès à l’emploi et aux opportunités économiques dans notre pays. Cela démontre également que notre jeunesse est prête à travailler dur, mais aspire à des cadres de travail mieux organisés, plus valorisants et économiquement viables. Si l’émigration circulaire, lorsqu’elle est bien encadrée, peut offrir une expérience enrichissante et des revenus pour les jeunes, il est essentiel de réfléchir à des solutions durables». Ces propos sont de M. Fara Ndiaye.
Le président du Crj de Saint-Louis invite l’État du Sénégal, les collectivités territoriales, et les Partenaires techniques et financiers (Ptf) à «organiser des Assises Nationales sur la Jeunesse, où tous les acteurs pourront échanger sur les politiques publiques nécessaires pour offrir aux jeunes des opportunités économiques dignes ici, au Sénégal». Cependant, il n’y a pas de «honte» en allant en Espagne. «De quoi avoir honte, mais c’est plutôt de conditions structurelles et de valorisation des métiers. Lorsque les jeunes choisissent de cultiver en Espagne plutôt qu’au Sénégal, cela ne signifie pas qu’ils méprisent l’agriculture locale. Cela révèle plutôt les défis liés à l’accès à la terre, aux intrants agricoles, et à des mécanismes de production modernes et compétitifs. Au Sénégal, les jeunes font souvent face à des obstacles majeurs : difficulté d’accès au foncier, absence de mécanisation, faibles revenus, et manque de structuration des filières agricoles», a signalé M. Ndiaye avant d’ajouter avec insistance «ceci doit être un signal d’alarme pour transformer notre modèle».
«SI NOUS INVESTISSONS DANS LA MODERNISATION DE L’AGRICULTURE, NOUS POURRONS RETENIR NOTRE JEUNESSE»
Pour le membre du cadre des jeunes de l’Union européenne au Sénégal, l’agriculture doit être perçue comme un «secteur stratégique, moderne, et générateur de richesses». Pour cela, il faut une réforme ambitieuse pour faciliter l’accès des jeunes à la terre et aux facteurs de production, tels que les équipements, le financement et les marchés. «Si nous investissons dans la modernisation et la rentabilité de l’agriculture, nous pourrons retenir notre jeunesse sur nos terres et en faire des acteurs du développement durable», a-t-il pensé.
Toutefois, il estime que l’émigration circulaire peut constituer une solution partielle et ponctuelle pour répondre au chômage des jeunes, mais elle n’est pas une réponse structurelle. « Elle offre des opportunités temporaires et des revenus immédiats, mais ne règle pas les défis profonds liés à l’emploi au Sénégal, tels que l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché, le faible accès à la terre pour les jeunes agriculteurs, et le manque d’infrastructures pour soutenir les secteurs porteurs. Il est donc essentiel d’adopter une approche stratégique à long terme, en axant nos efforts sur des réformes profondes et inclusives garantissant entre autres un accès équitable à la terre et aux ressources de production, des opportunités de formation technique et professionnelle adaptées aux besoins des secteurs porteurs, des mécanismes de financement incitatifs pour les jeunes entrepreneurs. «Je lance un appel à l’État pour organiser des Assises Nationales sur la Jeunesse, afin de rassembler tous les acteurs autour d’une vision commune pour l’avenir de notre jeunesse. Avec des efforts conjugués, nous pouvons créer un environnement où nos jeunes n’auront plus besoin de chercher des opportunités ailleurs, car ils trouveront chez eux les conditions nécessaires pour réussir et contribuer pleinement au développement de notre nation», a-t-il conclu.