L’ETAT AVANCE SES PIONS POUR LA PÊCHE
Les récentes instructions présidentielles pour des concertations inclusives avec tous les acteurs s'inscrivent dans une vision globale de redynamisation d'un secteur dont dépend une part significative de la population

Pour asseoir la relance et le développement du sous-secteur de la pêche artisanale qui est vitale à l’économie nationale, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a instruit son gouvernement d’engager des concertations inclusives avec les acteurs. Cela pourrait contribuer à la redynamisation de ce sous-secteur qui fait face à d’énormes contraintes, ces dernières années. Ce volontarisme étatique intervient dans la foulée des mesures prises, dès l’arrivée du nouveau régime au pouvoir, pour la relance de la pêche artisanale. Dans cette sorte de « Plan Marshall », on notait l’arrêt de l’accord de pêche avec l’Union européenne, le renforcement des dispositifs de lutte contre les activités de pêche illicite ; la révision et l’application rigoureuse du Code de la pêche entre autres.
La pêche est une des mamelles de l’économie sénégalaise avec une contribution de plus de 200 milliards de francs et plus de 600 mille emplois directs et indirects. Mais, le secteur fait l’objet de nombreuses controverses de la part des acteurs notamment entre les pécheurs et les organisations de la société civile. En effet, les acteurs qui évoluent dans le secteur de la pêche artisanale relèvent un manque réel de politique d’une gouvernance transparente de ces ressources halieutiques au Sénégal. Aujourd’hui, elles sont menacées par une pêche non réglementée caractérisée par de nombreux accords illicites avec des navires étrangers qui s’adonnent à de mauvaises pratiques de pêches. Ce qui représente une menace pourla sécurité alimentaire des Sénégalais. On note pour autant une rareté de la ressource halieutique au niveau des eaux sénégalaises. Du coup, les acteurs déplorent tous la non application des textes réglementaires et des documents stratégiques. Ils attendent ainsi du nouveau régime de faire en sorte que ce pillage des ressources aux larges de nos côtes s’arrête le plus rapidement possible. Eu égard à tous ces contraintes qui plombent le développement du secteur de la pêche au Sénégal, protéger la pêche artisanale de l’incursion des bateaux étrangers est aujourd’hui une nécessité.
Pour revigorer un sous-secteur de la pêche vital pour l’économie et les moyens de subsistance au Sénégal, il est question pour le régime du président Bassirou Diomaye Faye de protéger la pêche artisanale qui emploie plus de 600 000 Sénégalais et qui est capitale dans la préservation des moyens de subsistance locaux. De plus, le renforcement des dispositifs de lutte contre les activités de pêche illicite s’avère crucial pour assurer la durabilité des ressources halieutiques et protéger les intérêts des pêcheurs artisanaux. C’est dans cette dynamique d’ailleurs que le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a instruit avant-hier, mercredi 5 mars en conseil, des ministres à son gouvernement d’engager des concertations inclusives avec tous les acteurs concernés en vue d’assoir la relance et le développement de ce sous-secteur important pour l’économie nationale.
Il faut relever que dès mai 2024, le président Bassirou Diomaye Faye avait déjà esquissé un véritable « Plan Marshall » de redynamisation de la pêche sénégalaise. A travers une batterie de mesures touchant les différents segments de ce secteur d’activités, le chef de l’État avait rappelé au gouvernement la place primordiale de la pêche (notamment la pêche artisanale) dans le développement économique et social du Sénégal. Saluant d’abord la publication, le 06 mai 2024, par le ministre en charge des pêches, de la liste des navires autorisés à opérer dans les eaux sous juridiction sénégalaise, en gros 132 navires industriels battant pavillon sénégalais, 19 étrangers, à côté des 17 400 pirogues artisanales, le Président avait requis l’audit du pavillon sénégalais et l’évaluation des accords et licences de pêche. Dans ce même sillage, il avait « requis le recensement et l’évaluation des interventions, subventions et financements de l’État dans le secteur des pêches en termes d’infrastructures réalisées et de soutien aux acteurs ». Non sans demander au Premier Ministre et son gouvernement de « veiller au renouvellement et à la sécurisation de la flotte de pirogues artisanales ». La révision et l’application rigoureuse du Code de la pêche était aussi au menu, en relation avec un programme de relance du sous-secteur basée sur « l’urgence de la définition d’une politique nationale de gestion durable des ressources halieutiques »,