Après l’évaluation de son 1er plan d’actions entamé le 16 avril, le comité de lutte du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) durcit son combat. C’est par une autre grève générale de 48 h, mardi et mercredi prochains, qu’il compte pousser le gouvernement au respect des accords et à prendre ses responsabilités en cas de ponctions sur leurs salaires.
Apres une série de sit-in, marches et grève, le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) n’est pas prêt à baisser la garde dans son combat pour la matérialisation des accords signés avec l’Etat depuis février 2014.
Dans le 2e plan d’actions du comité de lutte du Sutsas, en plus d’une grève générale de 48 heures prévue mardi et mercredi prochains avec le respect des urgences et du service minimum, les camarades de Mballo Dia Thiam prévoient aussi des assemblées d’information et de mobilisation dans les sections et unions régionales.
Le Sutsas déplore toujours l’attitude du gouvernement qui «continue à faire dans les manœuvres dilatoires et à jouer la carte du pourrissement». Ledit syndicat n’envisage pas de reculer dans son combat pour la satisfaction de ses revendications «quels qu’en soient la durée et les obstacles». Dans ce bras de fer, le Sutsas n’écarte pas de connaitre le même sort que celui des syndicats d’enseignants.
«Nous n’avons pas peur des ponctions de salaires. On les a tout le temps subies. De 84 à nos jours, il y a des mois où certains n’ont perçu que 12500 francs. Si on coupe nos salaires aussi, nous sommes prêts à assumer … Nous avons même été victimes de radiation et de rétrogradation pour avoir nos accords», a déclaré Mballo Dia Thiam.
Toutefois face à la presse, le Sutsas tient le gouvernement pour responsable de cette détérioration du climat social dans le secteur de la santé. «C’est l’Etat qui est responsable de cette grève. Car, c’est lui qui a signé des accords qu’il n’a pas respectés. On s’est battu pour ces accords. Aujourd’hui, le gouvernement nous oblige encore à nous battre pour leur matérialisation», regrette le secrétaire général du Sutsas.
Rappelons que parmi les 7 points qui font l’objet du mouvement d’humeur du Sutsas, il y a l’élection de représentativité syndicale dans le secteur de la santé, le statut du personnel, le paiement des heures supplémentaires et le statut des Pca et des directeurs d’Eps. Le Sutsas a, par ailleurs, profité de ce face à face avec la presse pour fustiger la position de sa centrale syndicale (Unsas) qui «n’a pas fait preuve de solidarité pour renforcer leur lutte».
Mballo Dia Thiam de préciser que «le rôle d’une centrale syndicale n’est pas de faire de la médiation mais de soutenir les syndicats de base qui sont en lutte».
LES SOCIALISTES ANIMENT «UNE FAUSSE OPPOSITION»
CADRES ET JEUNES DE L’APR PILONNENT OUSMANE TANOR DIENG
Les «apéristes» réunis dans les instances des cadres et des jeunesses apportent encore la réplique aux socialistes qui persistent à dire que le bilan du régime reste celui du président, Macky Sall. Et demandent la tenue du référendum pour réduire le mandat de ce dernier.
La guerre larvée entretenue au sein de la Coalition Benno Bokk Yakaar, continue de plus belle. Les responsables des cadres et des jeunes de l’Alliance pour la République (Apr) pilonnent leurs alliés socialistes.
«La sortie du Parti socialiste sur la temporalité du référendum est une fausse opposition au Président Macky Sall. Nous avons enregistré deux positions différentes de deux porte-paroles pour le compte rendu d’une séance d’un seul parti. Cette cacophonie est symptomatique d’une formation politique qui se cherche.
Pour conjurer ses contradictions internes, le Parti socialiste essaie de construire une ligne politique en vue de recoller les morceaux. Cette fausse opposition est donc une tactique pour se donner bonne figure aux yeux de l’opinion nationale.
Or le PS ne peut pas être le chef de file de l’opposition en étant dans la mouvance présidentielle. Ce n’est pas cohérent», soutient Diamé Diouf de la Convergence des cadres Républicains. Dans ce même sillage, ce dernier ajoute :
«Cette ligne politique n’est pas défendable à moins que les socialistes ne veuillent faire de la provocation. Dans ce cas nous répondons par le mépris parce que le Président Macky Sall n’a pas le même agenda que les socialistes.» Le chef de l’état est au-dessus de toute considération politicienne.
Il n’est pas là pour répondre aux socialistes qui expriment leurs états d’âme. Le seul agenda connu du Président Macky Sall est de s’employer quotidiennement à améliorer les conditions de vie des populations.»
S’interrogeant sur les agissements des hauts responsables du Parti socialiste (Ps), Abdoulaye Khouma, responsable à la Convergence des jeunes républicains (Cojer) du département de Kaolack, réitère son invite à la démission à l’endroit des alliés «encagoulés». «Que veulent Ousmane Tanor Dieng et le Ps?
Cette question taraude les esprits des Sénégalais avec les sorties ré- pétées des jeunesses socialistes, sous la houlette du député maire et lieutenant du secrétaire général de ce parti, Barthélémy Dias. Comment peut-on être à l’intérieur d’une Coalition présidentielle et prendre une posture dans les rangs de l’opposition en même temps ?
Ce sont autant de questions sans réponse que nous interprétons comme une grande fuite en avant. Nous savons que le commanditaire derrière les jeunes tireurs d’élites du Ps, qui sont instrumentalisés depuis le Bureau politique (Bp), n’est personne d’autre que, Ousmane Tanor Dieng», a déclaré ce dernier.
«Nous demandons, encore une fois, aux leaders du Parti socialiste d’avoir le courage de faire comme Idrissa Seck. Ils n’ont qu’à démissionner, prendre leur courage à deux mains et affronter la réalité du terrain de l’opposition», ajoute M. Khouma qui est convaincu que les socialistes veulent pousser le Chef de l’Etat, leader «incontestable» de la Coalition Benno Bokk Yakaar à la faute.
MACKY A FAIT PIRE QUE ABDOULAYE WADE EN 12 ANS
LES JEUNESSES SOCIALISTES DE RUFISQUE TIRENT SUR LE REGIME
Les jeunesses socialistes du département de Rufisque ont tiré à boulets rouges sur le président Macky Sall à qui ils ont rappelé ses promesses vis- à-vis de Rufisque. C’était ce dimanche au Cnfa où ils accueillaient leurs camarades de la région de Dakar. Selon eux, ce qui se passe est pire que les 12 ans de gestion d’Abdoulaye Wade.
Les jeunes socialistes du département de Rufisque ne sont pas contents du régime du président Macky Sall. Ils l’ont manifesté ce dimanche au Cnfa où ils recevaient leurs paires de la région de Dakar qui bouclaient leur tournée régionale par la vieille ville après Dakar, Pikine et Guédiawaye.
Le responsable départemental des jeunesses socialistes de Rufisque indique, de manière très acerbe, que le régime du président Macky Sall fait du sur place. «Si on ne veut pas créer des industries, si on ne veut pas renforcer les industries qu’on a, si on ne veut pas créer d’emplois à telle enseigne que les jeunes se jettent dans la mer, nous de Rufisque, nous disons au pouvoir, qu’il nous faut revenir à une réelle politique de jeunesse», a martelé Stanislas Ndiaye.
Qui suggère que «les Sénégalais s’arrêtent pour dire que ça ne marche pas». Car, constate-t-il, «on a essayé les libéraux, on a essayé maintenant les pseudorépublicains. On voit ce qu’est la gestion républicaine. C’est encore pire que ce qu’Abdoulaye Wade a fait en 12 ans».
Ils ont aussi rappelé au président de la République ses promesses vis-à-vis du département et de la ville de Rufisque. Le leader des jeunesses socialistes de Rufisque explique qu’entre les deux tours de l’élection présidentielle, Macky Sall avait parlé d’un programme d’urgence destiné à la localité, «en s’engageant à refermer le grand canal. Mais, jusque là rien.
Maintenant, il faudrait que le président prenne ses responsabilités et qu’il les assume». Dès lors, poursuit-il, «Rufisque attend la concrétisation». Entre autres promesses faites par Macky Sall aux Rufisquois, le responsable des jeunesses socialistes signale : «Il avait parlé de la pêche notamment de la motorisation.
Il avait parlé de la culture maraîchère dans l’inter land parce que nous sommes une zone des Niayes. Nous ne voyons rien venir. L’industrialisation, on ne voit rien venir. Au contraire, on est en train de tuer le secteur privé sénégalais».
Suffisant pour laisser entendre que le Parti socialiste est la seule alternative. Du coup, ils se disent déterminer à voir leur parti présenter un candidat en 2017. Un rendez-vous auquel ils tiennent. Car, estime Stanislas Ndiaye, «le président de la Ré- publique avait dit qu’il va faire un mandat de 5 ans. Maintenant, il n’a qu’à s’assumer.
C’est un président de la République, il représente une institution. Bien sûr, il a dit cela en tant que candidat. Mais, le candidat est devenu président de la République. Donc, ce n’est pas rien; il ne faut pas qu’on fragilise les institutions en faisant du wax waxeet».
PAR PATRICE SANÉ
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QUAND LE FMI FABRIQUE LA MISÈRE
Wade avait déréglé le système de rémunération des agents de l'État, portant les inégalités à un niveau jamais atteint ! Mais faut-il sacrifier certains fondamentaux économiques pour stimuler le rythme d'une croissance inclusive ?
Depuis trente ans, le docteur FMI tue tous les patients qu'il soigne. Un seul traitement dans sa sacoche : la saignée. Si le patient ne guérit pas ? C'est qu'il faut saigner encore ! Le voilà qui agonise ? Saignons-le davantage ! Il meurt ? C'est qu'il a refusé de se laisser saigner assez.
Après l'Europe ravagée, l'Amérique du Sud ruinée, l'Asie enfoncée, les «plans d'ajustement» du Fonds monétaire international gagnent désormais l'Afrique, jusqu'au Sénégal. Mais des expériences passées, on pourrait tirer une leçon d'espoir : les cancres s'en tirent mieux que les bons élèves.
À nouveau, aucune surprise aux propos du FMI sur le Sénégal. En bref : l'économie ne fait pas trop mal, mais des nuages orageux pointent à l'horizon. Pour les éviter, il faut une réforme des pensions, assainir sur les soins de santé et revoir notre système d'indexation automatique des salaires. Le discours du FMI sonne comme un écho à ce que l'establishment tente de nous faire croire depuis déjà longtemps. Un tel discours est en effet prononcé sur base de données mises à disposition par le gouvernement sénégalais.
Il est vrai que Wade avait pris des décisions qui ont fondamentalement déréglé le système de rémunération des agents de l'État, portant les inégalités de traitement à un niveau jamais atteint ! Mais faut-il sacrifier certains fondamentaux économiques pour stimuler le rythme d'une croissance inclusive ? L'un des paramètres de cette équation, et l'un des éléments de réponse, est le niveau d'endettement de l'économie et surtout la soutenabilité des dettes.
Actuellement, les pourparlers entre le Sénégal et le FMI avancent à grands pas. Et comme à l'accoutumée, le recours à une source de financement ou à une autre n'a jamais fait l'unanimité des économistes, encore moins des politiciens. Mais cette fois, les réserves grimpent d'un cran. Car, le passage par le «pompier» éveille les souvenirs du Programme d'ajustement structurel (PAS) initié, ou plutôt imposé, en 1984, par l'institution internationale. Pis, le recours aux bailleurs de fonds étrangers semble devenir un réflexe, voire une solution de facilité !
En effet, avec des ressources naturelles limitées et des recettes fiscales insuffisantes, l'endettement extérieur demeure une source incontournable de financement du budget de l'État. Un budget constamment révisé à la hausse pour répondre aux demandes sociales pressantes. Il est à noter, par ailleurs, que le Sénégal a toujours gardé des niveaux de dette relativement maîtrisés et acceptables. D'ailleurs, le taux d'endettement public extérieur du Sénégal «n'est que» de 42,9% en 2014, de loin inférieur à celui du Japon, 185%, ou à d'autres économies avancées, à l'instar des États-Unis ou de la France.
L'analyse de la viabilité de la dette publique indique un risque de surendettement faible certes, mais avec une vulnérabilité qui s'accroit. Or, il est question pour les pays comme le Sénégal, qui souhaite «émerger», d'éviter de retourner à la situation antérieure de PPTE et de l'Initiative de l'allègement de la dette multilatérale (IADM).
Ce qui, d'emblée, pose la question de la pertinence du recours aux institutions internationales tel le FMI et celle de savoir s'il n'existe pas d'autres alternatives et d'autres solutions nationales (reprise des exportations du secteur des phosphates et dérivé, relance du secteur touristique et celui de la pèche…) qui éviterait au Sénégal de subir le diktat du FMI…
De nombreux défis sont lancés à ce nouveau programme d'ajustement structurel que le FMI veut nous imposer : la progression du secteur informel, la montée de la pauvreté et des tensions sociales (grèves, insécurité urbaine). Ces tensions viendront s'ajouter au coût social des politiques de développement menées, sans succès, depuis l'Indépendance. L'accès aux services de base (éducation, santé, eau potable, électricité, infrastructures collectives) est de plus en plus difficile pour la majorité de la population. Selon la plupart des enquêtes, deux habitants sur trois sont touchés par la pauvreté. Une étude menée sur les ménages note que «les Sénégalais sont surendettés et vivent au-dessus de leurs moyens».
Le FMI fait une "réponse du berger à la bergère" , en voulant incriminer les salaires des agents de l'État, pour répondre à ceux qui incriminent le train de vie exorbitant de l'État, dans ses dépenses matérielles et salariales, notamment, celui des grandes institutions de la Républiques (Présidence, Gouvernement, Assemblée nationale, Conseil économique, social et environnemental, ministère des Affaires étrangères avec la fameuse prime des épouses des ambassadeurs), et celui des dirigeants des entreprises parapubliques et autres Agences ! Combien sont- ils ? Combien pèsent–ils ?
Patrice Sané, militant APR et membre CCR et du CICR
EN EXIL AU BURKINA, DADIS CAMARA SE PORTE CANDIDAT
Ouagadougou, 11 mai 2015 (AFP) - L'ex-chef de junte de Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara a annoncé lundi à Ouagadougou où il vit en exil depuis 2010, son intention de se porter candidat à l'élection présidentielle prévue en octobre dans son pays, a constaté un journaliste de l'AFP.
"J'accepte volontiers d'être candidat (à l'élection présidentielle d'octobre 2015)(...) dans notre chère patrie commune à nous tous: la Guinée", a déclaré le capitaine Moussa Dadis Camara qui a dirigé la junte en Guinée de 2008 à 2009.
"Je suis guinéen avant tout et rien ne m'interdit de rentrer dans mon pays", a lancé l'ancien chef de l'Etat vêtu d'un costume gris et portant des lunettes noires, refusant toutefois de donner une date précise sur son éventuel retour.
L'ancien putschiste guinéen s'exprimait lors d'une rencontre avec des membres de la nouvelle formation politique, le Parti des forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD), venue à Ouagadougou pour lui demander d'en être le président et le candidat pour le prochain scrutin.
"Je prends aujourd'hui la destinée de ce parti qui se veut national, rassembleur (...). Ce parti ne doit être ni ethnique, ni discriminatoire", a déclaré l'ex-président guinéen.
Appelant au rassemblement autour de sa nouvelle formation pour en faire "un véritable parti national sans étiquette communautaire ni religieuse", le capitaine Camara a annoncé qu'il quittait les forces armées guinéennes pour éviter des "conflits d'autorité".
Moussa Dadis Camara était à la tête de la junte qui a pris le pouvoir en Guinée fin 2008, à la mort du président Lansana Conté, avant d'être président de transition du 23 décembre 2008 au décembre 2009.
Il est notamment cité dans l'assassinat d'au moins 157 opposants, tués le 28 septembre 2009 par des soldats lors d'un rassemblement pacifique à Conakry, contre sa candidature à la présidentielle de l'année suivante.
M. Dadis Camara, blessé par balle en décembre 2009 par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité dit "Toumba", à Conakry, s'était installé pour sa convalescence au Burkina Faso où il vit depuis.
Dakar, 11 mai (APS) – Les exportations sont évaluées à 126,6 milliards de FCFA en mars contre 120,6 milliards de FCFA au mois précédent, soit un relèvement de 5,0%, selon l’ l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
‘’Comparées au mois de mars 2014, les exportations ont connu un accroissement de 19,8%’’, indique l’ANSD dans un document transmis à l’APS, lundi.
La même source relève que les importations ''sont ressorties à 238,2 milliards de FCFA, au cours de la période sous revue, contre 239,3 milliards de FCFA au mois précédent, soit un repli de 0,5%''.
‘’Comparées au mois de mars 2014, les importations ont connu un relèvement de 27,0%’’, mentionne le document.
Le texte souligne que le solde commercial ‘’s’est établi à -111,6 milliards de FCFA au mois de mars 2015 contre -118,7 milliards de FCFA au mois précédent’’.
CAMEROUN: DEUX SOLDATS TUÉS LORS DE COMBATS AVEC BOKO HARAM À LA FRONTIÈRE NIGÉRIANE
Yaoundé, 11 mai 2015 (AFP) - Deux soldats camerounais ont été tués et au moins deux blessés samedi dans une attaque attribuée à des combattants du groupe islamiste nigérian Boko Haram, a appris l'AFP lundi de sources sécuritaires.
"Deux militaires du rang" sont morts samedi à la suite d'"un accrochage" avec des islamistes, a affirmé sous couvert d'anonymat un responsable militaire camerounais impliqué dans la lutte contre les islamistes nigérians, ajoutant: "un officier et un soldat ont été blessés".
Selon une autre source sécuritaire dans la région, les militaires camerounais "sont tombés dans une embuscade" lors d'une patrouille à un kilomètre de la frontière entre les deux pays dans la localité de Krawa-Maffa.
Côté nigérian, "les frappes de l'armée nigériane sur les positions de Boko Haram (au Nigeria) sont quasi-quotidiennes et les +terroristes+ cherchent à tout prix à entrer chez nous", a-t-il expliqué.
Les islamistes, qui ont subi de sévères revers depus le déclenchement - début février - d'une offensive terrestre des armées tchadienne et nigérienne au Nigeria, conservent néanmoins des positions le long de la frontière camerouno-nigériane, dans la forêt de Sambisa et dans les monts Mandara.
Selon des sources nigérianes, l'armée nigériane a détruit depuis fin avril des camps de Boko Haram et libéré plusieurs centaines de personnes - femmes et enfants - retenues en otages par les insurgés islamistes dans la forêt de Sambisa.
Les autorités nigérianes affirment être en train de gagner leur guerre contre Boko Haram et se disent déterminées à en finir avec le repaire de Sambisa d'ici l'investiture le 29 mai du président nouvellement élu, Muhammadu Buhari.
Le Nigeria, longtemps accusé de passivité face aux exactions du groupe islamiste, a repris ces dernières semaines une série de localités aux islamistes, avec l'appui notable des troupes tchadiennes.
Des forces tchadiennes ont également pris poisition aux côtés de l'armée camerounaise face à la forêt de Sambisa et dans la zone des monts Mandara.
Niamey, 11 mai 2015 (AFP) - La cour d'appel de Niamey dira le 13 juillet s'il y aura un procès dans une affaire sensible de trafic de bébés dans laquelle l'opposant Hama Amadou, ex-président du Parlement nigérien, est l'un des accusés, a-t-elle annoncé lundi.
En janvier dernier, le parquet avait fait appel de la décision d'un juge du tribunal correctionnel, qui s'était déclaré incompétent pour juger une vingtaine de personnes accusées d'avoir participé à un trafic régional de bébés, une affaire sensible dans l'optique de la présidentielle de 2016.
Après avoir écouté les arguments de la défense et du parquet, la cour d'appel a indiqué lundi qu'elle ferait connaître sa décision "le 13 juillet" concernant la compétence du tribunal correctionnel.
Au cours de cette audience, les avocats de M. Amadou ont également demandé "l'annulation" d'un mandat d'arrêt lancé à l'encontre de leur client.
"Nous vous demandons d'annuler ce mandat d'arrêt", a lancé Christian Bournazel, l'avocat français de l'ancien président du Parlement, estimant qu'il s'agissait d'une "mauvaise manière" pour "donner du crédit à une accusation qui ne résiste pas à l'examen".
Le mandat d'arrêt "a été délivré de manière régulière" contre Hama Amadou et "la cour d'appel n'a aucune compétence pour l'examiner", a rétorqué le représentant du ministère public.
Une vingtaine de personnes, dont M. Amadou, sont poursuivies pour "supposition d'enfants", un délit consistant à attribuer la maternité d'un enfant à une femme qui ne l'a pas mis au monde.
Toutes sont accusées d'avoir participé à un trafic de bébés qui auraient été conçus au Nigeria puis amenés au Niger via le Bénin. Hama Amadou, opposant au président Mahamadou Issoufou, avait précipitamment quitté le Niger fin août 2014 après l'autorisation par les députés de son audition par la justice dans cette affaire.
Il vit depuis lors en France. Il dénonce un "dossier politique", ce que réfute le gouvernement, parlant d'un "dossier de droit commun".
MALI : NEUF MILITAIRES TUÉS À QUATRE JOURS DE LA SIGNATURE PRÉVUE D'UN ACCORD DE PAIX
Bamako, 11 mai 2015 (AFP) - Neuf militaires maliens ont été tués lundi au cours d'une embuscade tendue par la rébellion à dominante touareg du nord du pays, à quatre jours de la signature prévue d'un accord de paix qui paraît de plus en plus illusoire.
Le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mongi Hamdi, a condamné cette nouvelle "violation du cessez-le-feu", constamment bafoué depuis deux semaines, exhortant tous les protagonistes à "démontrer leurs engagements sur le terrain dans le processus qui doit conduire à la signature d'un accord de paix le 15 mai".
"Une paix juste, durable et crédible ne peut être réalisée que par les Maliens eux-mêmes", a-t-il réaffirmé, déplorant l'attaque lancée dans la matinée par la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion) contre l'armée sur l'axe Tombouctou-Goundam.
Le ministère de la Défense a annoncé dans un communiqué que neuf militaires avaient péri et quatorze autres été blessés dans cette embuscade "tendue par des éléments de la CMA" à une mission de ravitaillement en provenance de Goundam près de la localité de Tin Telout.
Le responsable d'une ONG de Tombouctou avait auparavant fait état de "huit militaires tués et plusieurs blessés". "Deux véhicules de l'armée malienne ont été brûlés", alors que les "rebelles ont perdu un véhicule", a précisé cette source sous le couvert de l'anonymat, soulignant que les assaillants étaient repartis avec leurs éventuels blessés ou pertes.
Une source militaire au sein de la Minusma à Tombouctou a affirmé à l'AFP que les rebelles, à bord de quatre véhicules, attendaient les militaires maliens qui devaient assurer la relève, expliquant qu'il s'agissait d'une "embuscade minutieusement préparée".
Tôt dans la journée, un responsable de la CMA avait affirmé à l'AFP que des rebelles de la Coordination avaient "tendu une embuscade aux militaires maliens", sans pouvoir fournir de bilan.
- Reconnaissance de 'l'Azawad' -
La veille, deux Casques bleus de la Minusma avaient été grièvement blessés par l'explosion d'une mine ou d'un engin improvisé à 25 km de Ténenkou, dans le centre du pays, mode opératoire fréquent des jihadistes qui écument cette zone et le nord du pays.
Après quasiment deux mois de blocage, une éclaircie était apparue, des représentants de la CMA exprimant le 26 avril au chef de la Minusma leur intention de parapher l'accord pour la paix et la réconciliation au Mali, comme l'avait déjà fait le camp gouvernemental le 1er mars à Alger.
Mais à la suite de la prise le 27 avril par des groupes pro-gouvernementaux de ses positions à Ménaka (nord-est), près de la frontière nigérienne, la rébellion a répliqué par une série d'attaques, avec de nombreux morts de part et d'autre, invoquant la "légitime défense" contre les forces armées maliennes "et leurs milices affiliées".
Sa demande d'amendements ayant été rejetée, la rébellion avait de nouveau refusé le 18 avril de parapher en l'état l'accord d'Alger, malgré les pressions de la communauté internationale qui a enjoint les protagonistes de venir tous le signer le 15 mai à Bamako.
Le texte prévoit la création d'Assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au suffrage universel direct, mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni fédéralisme et reconnaît l'"Azawad", nom par lequel les rebelles désignent le nord du Mali, comme une "réalité humaine", mais sans contenu politique.
La CMA réclame la "reconnaissance officielle de l'Azawad comme une entité géographique, politique et juridique", la création d'une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de "80% de ressortissants de l'Azawad" dans les forces de sécurité.
Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.
Les jihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette zone par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours. Mais des zones entières échappent encore au contrôle du pouvoir central.
YEMEN : APPEL À UNE MARCHE À DAKAR MERCREDI CONTRE L'ENVOI DE SOLDATS SÉNÉGALAIS EN ARABIE
Dakar, 11 mai 2015 (AFP) - Un Collectif comprenant des organisations de la société civile, dont le mouvement pro-démocratie "Y'en a marre", a annoncé lundi une marche à Dakar mercredi contre l'envoi de 2.100 soldats sénégalais en Arabie saoudite, engagée militairement au Yémen contre les rebelles houthis.
Le Collectif "Bou Diambar Dem" (que les soldats ne partent pas, en wolof) a appelé lundi, lors d'une conférence de presse, à manifester contre l'envoi de ces soldats pour venir en aide à l'Arabie saoudite qui conduit, depuis le 26 mars, avec huit alliés arabes une campagne aérienne contre les Houthis, rebelles yéménites soutenus par l'Iran.
C'est "une décision injustifiée, inopportune, imprudente et même dangereuse pour la sécurité des Sénégalais", a affirmé Mme Fanta Diallo, une responsable du Collectif formé de "Y en a marre", de responsables politiques et de la société civile et de membres de familles de soldats.
"On sent un président (Macky Sall) qui veut réussir son plan (de développement), qui a besoin d'argent qui, pour lui, n'a pas d'odeur", a dit Fadel Barro, un des leaders de "Y'en a marre", mouvement à la pointe du combat contre un troisième mandat du président Abdoulaye Wade (2000-2012), le prédécesseur de Macky Sall.
Des analystes estiment que la décision d'envoyer des soldats en Arabie saoudite est liée au soutien apporté par Ryad au Plan Sénégal Emergent (PSE), la stratégie de développement économique du président Sall, ce que le gouvernement dément.
"On fait jouer aux soldats sénégalais le même rôle que les tirailleurs. Est ce que nous sommes des mercenaires des causes extérieures, qui plus est, injustes?", s'est interrogé Malick Noël Seck, un des membres du Collectif.
Le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, a annoncé le 4 mai aux députés l'envoi prochain de 2.100 militaires en Arabie "en vue d'une contribution de notre pays à la lutte commune menée par la coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite".
Trois des dirigeants de "Y'en a marre" ont été arrêtés puis expulsés en mars de la République démocratique du Congo après une conférence à Kinshasa contre un éventuel troisième mandat du président Joseph Kabila.