Célébrée pour la première fois à Kédougou, la Journée mondiale de la sage-femme a été l’occasion de mettre un focus sur la mortalité maternelle qui est de 1 611 décès par 100 mille naissances vivantes dans la région. Ces décès élevés ont fait l’objet d’un panel, tout comme les conditions difficiles de travail des sages-femmes.
En effet, en plus de l’exiguïté des maternités et un plateau technique au rabais, ces sages-femmes sont confrontées à un manque terrible de matériels d’accouchement, notamment au centre de santé de Kédougou où la maternité est une «honte».
Diabou Cissokho, sage-femme audit centre, n’y est pas allée avec dos de la cuillère pour faire l’état des lieux. «Nous travaillons dans des conditions très difficiles, car nous ne disposons que de deux tables d’accouchement, avec une qui tient à peine pour 5 000 grossesses attendues dans l’année», fait-elle remarquer.
Aussi, les sages-femmes affrontent des kilomètres pour certaines, dans des conditions chaotiques et risquées eu à égard à l’état des routes peu praticables. D’ailleurs, dira Diabou Cissokho, «l’accessibilité est un problème» pour sage-femme comme pour les populations.
Mme Danfakha, matrone au centre de santé de Kédougou, n’a pas dit le contraire de sa collègue. Interrogée, juste après avoir fait accoucher deux femmes, elle dit amère : «Dans la salle d’accouchement, on n’a qu’une table d’accouchement qui est bonne.
On travaille dans la chaleur et les femmes accouchent en suant de grosses gouttes, alors qu’il devrait y avoir un minimum de confort. Nous n’avons pas de climatiseurs encore moins de ventilateurs et les lits dans la salle de garde, sont cassés et les matelas ne tiennent plus.»
Pour réduire la mortalité maternelle, à défaut de l’éradiquer complètement, elles demandent l’implication de tous et de l’Etat au premier chef, en améliorant les conditions de travail des sages-femmes, tout en facilitant l’accès des populations aux services par la création de routes praticables.
15 MESURES SUR 17 EFFECTIVES, L’INDICATEUR DE PERFORMANCE PASSE DE 49,3% A 52%
REVUE D’EXECUTION DU PLAN D’ACTIONS POUR L’AMELIORATION DU CLIMAT DES AFFAIRES
Pour maintenir sa position parmi les pays faisant partie des meilleurs réformateurs et améliorer son classement dans la notation Doing Business, le Sénégal a finalisé 15 de ses 17 mesures prises. Cependant l’obtention de crédits, le permis de construire, le payement de taxes restent, entre autres, les lacunes qu’il faudra rectifier.
Le classement Doing Business du groupe de la Banque mondiale tient à cœur l’Etat du Sénégal. Après un gain de 10 points lors du dernier classement, le gouvernement avait pris des mesures pour améliorer ce classement en 2016. Des mesures qui tournent autour de trois axes majeurs sur lesquels le Directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix), Mountaga Sy, est revenu, hier. C’était lors de la présentation de la Revue d’exécution du plan d’actions pour l’amélioration du climat des affaires au Sénégal.
«Le Plan Sénégal émergent a consacré le secteur privé comme étant le moteur de création de richesses et d’emplois productifs pour trois axes majeurs. A savoir : le redressement des classements d’attractivités du Sénégal à travers l’instrument de classement du Doing Business, la construction des plateformes viables et constructives, et enfin la consolidation du pacte de stabilité sociale qui a été signé entre l’Etat et les partenaires sociaux en avril 2014», a expliqué le Dg de l’Apix.
Il soutient que «dans le postulat qui définit l’amélioration de la façon de faire des affaires au Sénégal, nous avons trois axes stratégiques majeurs. C’est mettre à disposition une administration d’émergence plus efficace, capable de délivrer des actes administratifs à moindre coût et dans les délais. Le deuxième postulat, c’est de travailler pour un cadre juridique légal qui permettrait davantage la protection des investisseurs, la réduction des délais d’exécution de contrat et l’accès facile à l’information économie et financière. Et enfin, la mise à disposition d’un foncier aménagé pour pouvoir favoriser les investissements au niveau du Sénégal».
D’après le Dg de l’Apix, «les 11 mesures ont été exécutées et à date, les 15 mesures sur 17 ont été finalisées et effectives. Il s’agit de 5 mesures de baisse des coûts, 2 mesures d’amélioration des listes, 2 guichets uniques et 5 mesures de demandes de corrections des données». Il soutient que «les mesures de demandes de corrections des données sont motivées par le fait que les actions ont été menées et sont effectives l’année dernière. Et comme il n’y avait pas suffisamment de recul pour les considérer et les valider, on a proposé une correction de ces mesures qui viendront impacter positivement le travail de la période juin 2014 au 31 mai 2015. Donc, 11 activités de communications ont été menées auprès de contributeurs, auprès des usagers et auprès des parties prenantes».
Crédits, permis de construire, payement de taxes… indicateurs à améliorer
Mountaga Sy de faire cas aussi des mesures à finaliser. Il s’agit «de la sécurisation des dossiers d’instance des permis de construire au niveau des collectivités locales, des mairies. Les dossiers sont transférés et on va accélérer le processus pour que tous les dossiers soient finalisés avant la fin du mois, le conseil interministériel sur les décisions de justice va être fait et le décret sur l’encadrement des émolument des notaires aussi».
Même si 15 sur les 17 mesures ont été finalisées et effectives, les Sénégal traîne des lacunes qu’il faudra rectifier rapidement. «L’année dernière, nous avons affiché un gain de rang de 10 places. Et notre objectif d’évoluer en termes de rang, nous indique qu’on doit travailler davantage pour le Doing Business 2016, c’est-à-dire la performance 2015 sur les indicateurs d’obtentions de crédits, de permis de construire, d’accès à l’électricité, de payement de taxe et le transfert de propriété», renseigne M. Sy.
Concernant l’indicateur de performance attendu, il renseigne que le Sénégal est «passé de 49,3% à 52% en termes d’indicateur. Ce qui est une amélioration nette de la façon de faire des affaires au Sénégal. L’indice de compétitive global de Lagos a été également amélioré de 3,7% à 3,8%. La perspective de 2015, c’est la délivrance des actes administratifs liés à l’investissement et au commerce, un cadre juridique et fiscal harmonisé et incitatif qui constitue le dispositif national et enfin la finalisation de la réforme foncière et la levée des contraintes d’accès aux fonciers».
LE SENEGAL MISE SUR LE DIVIDENDE DEMOGRAPHIQUE POUR FAÇONNER SON AVENIR
POUR FAVORISER LE DEVELOPPEMENT ET ACCELERER LA CROISSANCE
Pour susciter la croissance économique au Sénégal, les acteurs misent sur la transformation démographique et l’employabilité des jeunes. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’atelier national sur le dividende démographique qui s’est tenu, hier, à Dakar, en vue d’accroître les rendements économiques.
Les termes de référence de l’atelier soulignent, en effet, que le Sénégal présente des conditions favorables de transition démographique pour la capture du dividende démographique. Il se situe dans la 3e phase de sa transition démographique, caractérisée par une baisse de la fécondité et une poursuite de la mortalité. Ce qui entraîne d’une part un processus de ralentissement de la croissance démographique et d’autre part part une augmentation plus rapide de la population en âge de travailler par rapport à la population à charge.
En 2002, le poids relatif des individus en âge de travailler a ainsi augmenté avec 93 inactifs pour 100 actifs. Le rapport de dépendance démographique est lui passé de 84 à 100 en 2013, ouvrant ainsi la fenêtre d’opportunité démographique au cours de laquelle le volume de la population sera plus important que celui de la population à charge. Ainsi, d’après la note conceptuelle, le Sénégal peut avoir jusqu’à 15% de dividende démographique avec l’accélération de la transition démographique, un investissement dans le capital humain (santé et éducation), l’amélioration de la gouvernance et la création d’emploi.
Andréa Wojner Diagne, représentante du Fonds de développement des Nations unies pour la population (Unfpa) au Sénégal, renseigne que le rapport sur la population mondiale de 2014 de l’Unfpa note que «la frange des adolescents et des jeunes est à un niveau jamais atteint, avec 1,8 milliard de personnes âgées de 15 et 24 ans. Les investissements faits sur les jeunes au cours de la période 2015 à 2030 vont façonner leurs vies et l’avenir d’un monde. La forte proportion de jeunes en âge de travailler constitue une opportunité et peut contribuer à l’accélération de la croissance économique. C’est ce que l’on appelle le dividende démographique».
Selon Mme Diagne, «la spectaculaire croissance économique des pays de l’Asie de l’Est, estimée entre 30 et 50%, est liée au fait que ces pays ont saisi l’opportunité du dividende démographique. Si l’Afrique subsaharienne s’inspire de cette expérience et si elle fait des investissements comparables chez les jeunes, la région pourrait connaître un miracle pareil, avec un gain annuel de 500 milliards de dollars sur une période de 30 ans. Cela permettrait de sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté, d’augmenter le niveau de vie et de booster les économies. Des études ont montré que la fenêtre du dividende démographique n’est ouverte que sur une période limitée d’environ 50 ans».
Pour sa part, le Secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, Cheikh Tidiane Diop, estime que «le dividende démographique n’est pas seulement subordonné à la transition démographique, mais exige également des politiques sociales et économiques audacieuses». Il ajoute qu’«il se manifeste par la croissance économique accélérée, résultant du changement de la structure par âge d’une population, suite à une baisse de la fécondité et de la mortalité. Ce phénomène crée sans doute une opportunité de croissance économique et de développement humain plus rapide pour un pays».
MACKY SALL CHARGE LA PRESSE ET APPELLE A UNE ORGANISATION COLLECTIVE
PUBLICATION FREQUENTE DE DOSSIERS CLASSES SECRET DEFENSE
Le chef de l'Etat n'apprécie que très peu la manière dont la presse Sénégalaise traite les questions sensibles liées par exemple aux dossiers classés secret défense. Il l'a dit, hier, lors de la remise du rapport du Cnra au Palais, allant même jusqu'à prôné une organisation collective.
Exposition du public à des programmes incitatifs, prolifération des scènes de violences, publication fréquente des dossiers classés secret défense. Telles sont, entre autres, les «dérives» de la presse sénégalaise qu’a déplorées, hier, le président de la République lors de la remise du rapport 2014 du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) au Palais.
«Je regrette vivement la publication fréquente dans la presse de certains dossiers classés secret défense. C’est une pratique qui met en péril beaucoup de choses que les auteurs de la publication ignorent. Ces dérives constatées dans la presse sont préjudiciables à toute la société et au jeune public en général», a indiqué Macky Sall. «Aujourd’hui, les griefs sérieux et récurrents portent sur la frénésie de l’information. Le public est exposé à des contenus inappropriés», a ajouté le Président Sall.
Pour le chef de l’Etat, il faut que les mentalités changent dans nos médias publics. «Nous ne pouvons plus continuer à gérer les télévisions comme il y a 20 ans. Il y a trop de non-professionnels qui prennent en otage ce métier. Pour d’autres c’est un moyen de chantage et pour d’autres encore un moyen politique économique», a regretté Macky Sall qui souhaite que le passage de l’analogie au numérique puisse «réparer certaines imperfections» notées dans l'audiovisuel. Car dit-il: «La question du contenu diffusé dans la presse reste entière. Il faudrait veiller à diffuser des contenus de qualité. Tous ces manquements appellent à une organisation collective».
Concernant l’adoption du nouveau Code la presse qui dort encore dans les tiroirs de l'Assemblée nationale, Macky Sall s’est voulu prudent. «C’est une question qu’il faut examiner à l’aune de la Constitution. Parce qu’on ne peut pas permettre à une catégorie de personnes de ne pas aller en prison en commettant une faute. La République est symbole de respect et de responsabilité, mais j’ai parlé avec le président Moustapha Diakhaté, la procédure suit donc son cours à l’Assemblée», a dit le chef de l'Etat qui a, par ailleurs, rassuré que l’Etat veillera de son côté à accompagner «une presse vecteur de développement», tout en continuant à aménager des conditions optimales et le libre accès à l’information.
DU FOND DE SA CELLULE…
…Karim Wade appelle les militants du Pds à la mobilisation en vue la prochaine présidentielle
Le détenu le plus célèbre de Rebeuss et de toutes les prisons sénégalaises a décidé de prendre son destin politique en main. Comme s'il s'attendait à un coup de baguette magique qui va le tirer d'affaire, Karim Wade affiche un optimisme béat.
Nos radars qui lui ont rendu visite dans sa cellule ne se l'expliquent pas. Hier, il a reçu plusieurs libéraux, mais l'audience qui intéresse le plus nos fouineurs est sans doute celle qu'il a accordée à l'ancien président du défunt Conseil régional de Kolda, Fabouly Gaye.
En effet, c'est le fils de l'ancien président de la République qui a demandé à voir le secrétaire général adjoint de l'Ujtl.
Ainsi, dans un discours parfois en "wolof académique", le candidat du Pds à la prochaine présidentielle a demandé aux jeunes libéraux et aux responsables de son parti de prendre toutes les dispositions pour la reconquête du pouvoir.
"J'accepte d'être le candidat du Pds et je vous demande de ne pas être des militants de permanence ou de bureau. Notre vocation est de reconquérir le pouvoir. En 2017, Macky Sall doit retourner dans l'opposition. L'emprisonnement de certains de nos frères ne doit pas non plus être une raison pour que nous nous apitoyions sur notre sort. Les affaires judiciaires ne doivent pas vous préoccuper ; il y a des gens qualifiés qui s'en occupent. Vous êtes des militants, descendez sur le terrain, dans le Sénégal des profondeurs, faites inscrire le maximum de jeunes sur les listes électorales", a dit l'ancien ministre du ciel et de la terre. Karim Wade a fait montre d'une détermination et d'un engagement qui tonnent ses partisans.
"Tout le monde sait que je suis injustement condamné, mais ne vous en faites pas, je vais bientôt recouvrer la liberté. Je compte sur vous les jeunes pour gagner la prochaine élection présidentielle. Il faut organiser une tournée nationale dans tous les départements du pays pour sensibiliser les militants", recommande Karim Wade.
"Ne vous souciez pas des problèmes de logistique, je m'en occuperai", a-t-il ajouté en direction du secrétaire général adjoint de l'Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl) à qui il a donné un autre rendez-vous la semaine prochaine.
Par ailleurs, informé du renvoi de certains de ses visiteurs lundi dernier, le prisonnier le plus célèbre a exprimé son mécontentement au garde pénitentiaire mis en cause avant de présenter ses excuses à ceux qui ont été éconduits.
DES ECHANGES DE TIRS ENTRE GARDES FORESTIERS ET CHARBONNIERS SEMENT LA PANIQUE DANS LA VILLE
Les habitants de la commune de Dahra ont été réveillés, hier, par des échanges de coups de feu. Cela, suite à une course poursuite entre des gardes forestiers et des charbonniers qui avaient refusé d’obtempérer pour sauver leur cargaison frauduleuse de charbon de bois.
DAHRA - Les habitants des quartiers de Dahra Mbayène et Ndiambor, dans la commune de Dahra, se sont réveillés, hier matin, dans la stupeur. A l’origine, une course poursuite entre des gardes forestiers de la commune et des charbonniers qui a failli virer au drame. Car il y a quelques échanges de tirs entre les fuyards et leurs poursuivants.
En effet, c’est tôt le matin que des échanges de coups de feu et les bruits de ronronnement de moteurs de véhicules ont réveillé la population qui est aussitôt sortie en masse pour regarder ce spectacle digne d’un film western, malgré le danger et le risque de ramasser une balle perdu. En fait, il s’agissait d’un pick-up avec à bord des éléments de des Eaux et forêts de Dahra qui étaient à la poursuite d’un autre véhicule 4X4, chargé de sacs de charbon de bois frauduleux.
Les gardes forestiers qui procédaient à des contrôles ont sommé le chauffeur des charbonniers de s’arrêter en vue de leur livrer la marchandise. Mais celui-là n’a pas obtempéré. Et pendant un tour d’horloge, on se croirait au far West avec ces échanges de coups de feu. Le tout, sous le regard impuissant des habitants de la commune qui n’en reviennent toujours pas.
Déterminés à mettre la main sur le charbon de bois frauduleux, les gardes forestiers verront leur souhait se transformer en chimère. Car leur véhicule a fini par tomber en panne au milieu de la course poursuite. Et les charbonniers, profitant de cette situation rocambolesque, ont finalement réussi à se volatiliser dans la nature. Fort heureusement, aucun blessé n’a été enregistré de part et d’autre, ni parmi la foule de curieux qui, inconsciente du danger, a suivi la scène. Mais la brigade de gendarmerie de Dahra a ouvert une enquête pour retrouver les malfaiteurs.
Il faut souligner que des affrontements entre gardes forestiers et exploitants de la forêt sont très fréquents dans la commune de Linguère. Le dernier cas remonte au mois de janvier dernier, dans le village de Déali, plus précisément au poste des Eaux et forêts où un garde forestier avait tiré sur un charbonnier qui s’était retrouvé avec une jambe cassée. Aussi, cette exploitation abusive de la forêt du Djoloff inquiète le service départemental des Eaux et forêts qui a décidé de mobiliser tous les moyens humains et logistiques pour traquer les délinquants, aux fins de faire reculer ce fléau qui fait des ravages avec la déforestation.
Aliou Sall président de l'Uael, cela n'a duré que le temps d'une rose. Face au tollé suscité par sa dernière nomination, le maire de Guédiawaye a préféré jeter l'éponge. Avant de se plaindre des conséquences de ses liens familiaux avec le président de la République.
Finalement, Aliou Sall n'aura été le président de l'Union des associations des élus locaux (Uael) que le temps d'une rose. En 48 heures, il aura été désigné, chahuté et presque contraint à la démission. Il a abandonné la partie avec une certaine amertume et nervosité.
On l'a senti à travers les colonnes du journal l'Observateur, accuser "des acteurs politiques manipulateurs et une presse facilement manipulable", selon ses termes. Aliou Sall a été "emporté" par le débat sur la monarchisation de l'État.
Maodo Malick Mbaye n'a pas hésité à qualifier l'image de "puante" et "répugnante". Pour le leader du mouvement Guem Sa bopp, c'est une marche vers l'inféodation du pouvoir local au pouvoir central. D'aucuns y ont même vu deux frères qui sont l'un président de la République, élu au suffrage direct ; et l'autre, une sorte de vice-président élu au suffrage indirect. Le fameux et éternel débat sur la supposée ou réelle dynastie Faye-Sall.
Des affirmations dégagées en touche par le porte-parole de l'Alliance pour la République (Apr). Joint par téléphone, Seydou Guèye est catégorique : "C'est tout faux, cela ne procède pas d'une succession dynastique. On comprend ce qu'a été la tentation monarchique avec Wade. Ce n'est pas l'Apr qui est arrivé au pouvoir grâce à la forte mobilisation contre cela qui va procéder à une gestion dynastique".
Si l'on en croit le porte-parole de l'Apr, Aliou Sall a été élu parce qu'il y a deux principes qu'il remplissait : un, il avait les qualités d'un candidat, parce qu'étant maire ; deux, "la règle postule une alternance entre les deux ordres de collectivités".
Pour lui, le débat fondamental, c'est qu'on est dans une République. Par conséquent, on ne peut pas s'accommoder de la qualité de super-citoyen. Mais de la même manière, il ne doit pas y avoir de sous-citoyen. C'est-à-dire un citoyen qui n'aurait pas certains droits parce qu'appartenant à une telle ethnie ou étant le frère d'untel. A son avis donc, Aliou Sall a bel bien la possibilité d'être le président de l'Uael.
"Cela n'est incompatible ni à l'éthique ni à l'élégance républicaine, d'autant plus que l'entité est le fruit de pouvoir décentralisé qui n'est en aucune manière un ordre de pouvoir à l'intérieur de l'État central". De ce fait, il estime plutôt que c'est l'acte d'Aliou Sall (démission) qui mérite d'être salué.
Malgré tout, le titre "frère de…" reste difficilement réfutable. Inconnu du grand public avant l'arrivée de son frère au pouvoir, Aliou Sall a pris de l'importance avec l'élection de son frangin à la tête de l'État. Le rappeur Malal Tall alias fou malade a battu campagne contre lui, parce que le considérant comme un responsable politique importé, voire imposé. Pour qu'il soit maire, il a fallu d'abord que Malick Gackou, pourtant bien placé, se fasse harakiri, afin de lui céder le passage. Ensuite, les autres responsables de l'Apr comme Abdoulaye Diouf Sarr, Mor Ngom, entre autres se sont désistés à son profit pour qu'il devienne président de l'Association des maires du Sénégal (Ams).
Aliou Sall se plaint du fait que ses liens de parenté avec Macky Sall lui portent tort sur le plan politique et professionnel. Pour les activités professionnelles, peut-être. Mais pour la politique, il serait important qu'il se pose cette question de Cheikh Hamidou Kane : "Ce que nous gagnons vaut-il ce que nous perdons ?"
Le fossé se creuse de plus en plus entre responsables de la ligue démocratique. Et ceux qui s'attendaient à une convocation du bureau politique aujourd'hui doivent prendre encore leur mal en patience.
En effet, il nous revient de sources dignes de foi que le patron en chef des "Jallarbistes" n'est pas pour le moment dans des dispositions de convoquer le bureau politique de son parti. La tension est si vive que Mendoza qui est de nouveau à Dakar depuis hier, ne veut pas prendre le risque de réunir le Bp dans un contexte marqué par une vive tension entre certains responsables du parti.
Certains parlent même de deux camps qui s'opposent, à savoir les proches du ministre Khoudia Mbaye et ceux du secrétaire général Mamadou Ndoye. Les premiers nommés reprochent à leur leader qui n'était pas là "au moment où ils se battaient pour élire Macky Sall" de vouloir les embarquer dans une confédération de la gauche dont ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants.
Alors que les partisans de Mendoza accusent le ministre Khoudia Mbaye de manœuvrer pour rester dans les grâces du Chef de l'Etat Macky Sall. D'où sa décision de limoger son directeur de cabinet Moussa Sarr, qui se trouve aussi être le porte-parole du parti. Depuis lors, ils sont nombreux les militants de la Ld à en vouloir à leur camarade ministre.
Même si cette dernière a déclaré être prête à quitter le gouvernement de Mahammed Boun Abdallah Dionne, si son parti le lui demandait. C'est donc sur toutes ces questions que devrait se pencher la réunion du prochain bureau politique. Un conclave de tous les dangers, ce qui explique sans doute la décision du secrétaire général Mamadou Ndoye de ne pas encore se prononcer sur la question. Affaire à suivre…
STROMAE, LE ‘’FORMIDABLE’’ BONHOMME EST À DAKAR
POUR SON SPECTACLE PRÉVU CE SOIR AU MONUMENT DE LA RENAISSANCE
Le musicien belge d’origine rwandaise Stromae est à Dakar depuis hier pour son spectacle prévu ce soir au Monument de la Renaissance. En conférence de presse au restaurant Alkimia, il a assuré que ce «Stromae Africa tour» est super important pour lui et qu’il offrira à ses fans du Sénégal et des autres pays africains des moments inoubliables.
Sa seule présence au restaurant Alkimia a suffi pour que l’entrée soit filtrée. La liste des journalistes et partenaires invités, est attentivement scrutée sous le regard intimidant de plusieurs gros-bras préposés afin de dissuader tout esprit malveillant ou tout curieux non invité.
«Nous avons invité un journaliste par organe de presse» notifie-t-on d’emblée, pour retenir au portail certains jeunes confrères envoyés par leur rédaction. Sur place, les noms des titulaires ou chefs de desk Culture sont les seuls retenus sur les listes.
«L’artiste du moment» est déjà au présidium aux cotés de Didier Awadi et de ses partenaires sur le projet. Face à Stromae, on ressent l’étrange impression d’être devant un adolescent qui vient de débuter sa carrière artistique. Il est tout frêle. Pourtant, Paul van Haver (son nom à l’état civil) à 28 ans, est l’un des artistes très en vogue et l’un des plus sollicités sur les plateaux du monde. Ceci explique d’ailleurs le méticuleux dispositif sécuritaire qui accompagne son séjour.
En réalité, sa venue à Dakar est vue par des milliers de fans comme un cadeau du ciel. Stromae en est conscient. Mais pour cet artiste, le plus important est d’être là, pour faire plaisir. «Cette tournée africaine est très importante pour moi... Partout où on a besoin de moi, je viens. Et venir faire des concerts en Afrique a toujours été une priorité» dit-il, avec une simplicité, qui cache mal sa notoriété.
Physiquement, Stromae n’a non plus rien d’exceptionnel. Avec son tee-shirt de jeune garçon, il parle en agitant constamment ses grands bras ou en souriant du coin des lèvres après avoir servi à son auditoire une blague succulente. A ce propos, l’artiste semble bien très taquin.
Il répond spontanément à chaque question des journalistes tout en commençant ou en terminant ses réponses par des tournures de phrases qui font éclater de rires son auditoire. «Qu’il est mignon !!! En plus, il sait faire rire son monde» mentionne une invitée surexcitée et qui venait de prendre place sur une chaise.
Sénégal, le concert de raison
La Stromania s’empare donc à petit feu de la capitale sénégalaise. Même si le New York Times écrivait que «Personne ne sait jamais sur quel pied danser avec Stromae», ici, l’on sait d’avance que l’on dansera sur tous les pieds. Les 12 mille places réservées sont déjà prises.
«Il n’y a plus de tickets de 5 000 francs. Ceux de 10 000 francs sont épuisés aussi et pour les entrées de 25 000 francs, les gens accourent prendre les derniers lots» confie un membre de l’organisation, qui assure que la fête sera belle. Une fête belle, c’est justement ce que souhaite le Studio Sankara, maître d’œuvre de l’évènement.
«Nous savons qu’il y aura beaucoup d’enfants et de nombreuses familles. Donc nous avons mis les bouchées doubles pour sécuriser le spectacle. Nous avons à disposition 300 gendarmes, renforcés par 100 agents privés de sécurité et plusieurs sapeurs-pompiers» affirme Didier Awadi. Il mentionne également que si Stromae a débuté sa tournée africaine par le Sénégal, c’est parce qu’ «il avait aimé son séjour ici et en avait eu de bons souvenirs».
L’auteur de Papaoutai, le tube de l’été 2013, indique lui-même que commencer par Dakar et terminer par le pays de son père qui a perdu la vie lors du génocide rwandais de 1994, est «ce qui est de plus normal». «Je sais qu’ici, il y a la logistique adéquate pour que j’offre un spectacle de ce type...» dit-il.
Non sans cacher ses appréhensions sur sa prestation à Kigali qui se présente comme un retour aux sources. Il disait à Jeune Afrique, «face à cela, je ne serai personne, je ne serai pas Stromae, juste le petit Paul, à la recherche de son papa, juste un fils qui veut renouer le dialogue avec son père mort».
Aujourd’hui à Dakar, il cherche encore ses mots, lorsqu’on l’interpelle sur le sens qu’a pour lui, son concert final. Sur ce seul sujet, Stromae balbutie presque ému et cherche ses mots : «Je ne sais pas ce qui m’attends. A part le concert que je donnerai là-bas, il y a de la famille à voir sur place. Je sais que pas mal de choses vont ressortir... Des choses personnelles...»
Kigali, l’étape du cœur
Toutefois, poursuit-il, «C’est aussi important pour moi que tous les autres pays qu’on va faire. Ça ne sert à rien d’essayer de prévoir ce qui va arriver. On va vivre ça, on va voir ce qui va se passer. On va essayer de faire au mieux pour le concert. Après, personnellement, j’avoue que je ne sais pas ce que je vais vivre, ce que je vais ressentir... Je ne sais pas prévoir, mais forcément je me sens mal. Mais bon, c’est la vie», a-t-il conclu.
Non sans omettre d’ajouter qu’à Praia au Cap-vert également, «il y aura forcément un truc particulier par rapport à Cesaria Evora». Mais à quoi doit-on s’attendre pour le concert de ce soir ? «Ici, il y a des attentes. Ce qu’on me raconte, c’est qu’il y a des gens qui connaissent Papaoutai (son premier grand succès), mais pas forcément Stromae. Il y en a qui connaissent Stromae. Il y a tout ça.
Je vais essayer de rencontrer ce public, de le saluer, de m’entendre avec lui et de le convaincre. Je n’ai jamais fait de concert ici, je dois faire mes preuves en fait», a-t-il affirmé. Avouant qu’il appréhendait cette première rencontre avec un public du continent africain, l’artiste confesse qu’il a «peur de l’inconnu».
«J’appréhende un peu, pour être honnête, comme chaque continent sur lequel on a été et qu’on connaissait moins bien que celui où j’ai grandi (l’Europe)», a-t-il dit avant de poursuivre : «J’ai peur de l’inconnu, étant donné que je suis assez rigide et calculateur, forcément, dès que je suis face à l’inconnu. Je perds un peu mes moyens. C’est cet inconnu qui me fait un peu peur. Mais c’est l’excitation, évidemment. Comme chaque excitation lorsqu’on monte sur scène.
C’est l’imprévu, c’est positif, c’est super ». Cette «peur» en effet, est surtout liée à son caractère personnel. «J’aime bien savoir ce qui va se passer. Et forcément, quand je ne sais pas ce qui se passe, j’appréhende un petit peu (...) Comme tous les publics que je découvre, j’appréhende, parce que je ne sais pas comment il va réagir. Je ne sais pas s’il (le public dakarois) va réagir à mes blagues.
En général, s’ils ne rigolent pas, je suis plutôt content. J’appréhende, même s’il y a un vrai enthousiasme. Il y a quand même pas mal de gens qui promettent le déplacement. On ne sait jamais comment ça va se passer». Il insiste : «J’appréhende, comme quand on a été aux Etats-Unis. Mais c’est encore différent, parce qu’aux Etats-Unis, c’était un projet en développement».
Les autres dates
Outre Dakar et Praia au Cap-Vert, le musicien belge sera en concert à Douala, au Cameroun (19 mai), à Abidjan, en Côte d’Ivoire (23 mai), à Libreville, au Gabon (6 juin), à Brazzaville, au Congo (10 juin), à Kinshasa, en Rd Congo (13 juin) et à Kigali, au Rwanda (20 juin).
Mais pourquoi ces pays africains et pas les autres ? «C’est plus des rencontres entre les promoteurs locaux et Karim (son manager), et puis des choix et des réalités de planning aussi, qui font qu’on ne peut pas passer partout», a relevé Stromae.
Il conclut tout de même que «si on pouvait passer partout, on l’aurait fait. On a essayé de passer plus ou moins partout. Evidemment, la priorité pour nous, c’était des pays francophones. C’était une façon de résumer le passage ici de la meilleure manière, en essayant de ne déplaire à personne. Avec le temps qui était imparti, évidemment».
LES LIGNES DE TIDIANE KASSÉ
LUTTEURS MANNEQUINS
La beauté du sport est dans les atours qui lui sont propres. Et quand une communication impose un décalage trop important entre le signifiant et le signifié, les risques de déperdition du message sont grands
Quand vous roulez dans Dakar et dans sa banlieue, vos regards n'ont pu manquer cet insolite qui dure depuis quelque temps. On vous met en voiture, parce que ce dont il est question s'affiche sur le bord des routes. Et c'est même énorme.
Que voyait-on de "gros comme ça" dans la ville, le long des rues et des boulevards, en pareille période, dont les images ont changé du tout au tout ?
Allez, ça suffit pour le "teasing". Fixez les panneaux publicitaires.
Etes-vous sûr que c'est Zoss, Guy Gui, Tapha Tine et Ama Baldé qu'on voit s'étaler sur les surfaces de 8 mètres carrés ? Les faciès ne trompent pas, mais les "accoutrements" créent un décalage énorme. Ces "mannequins" qu'on dirait sortis d'une revue de mode ont bien quelque chose qui tient d'une faute de goût.
On en ferait des beaux-fils pour un mariage tous frais pris en charge, tant ils sont "bon chic bon genre". Mais on éprouve une pointe de regret devant ce qu'ils sont "devenus", au souvenir des mastodontes bodybuildés et anabolisés, bardés de gris-gris, le regard fauve, dégoulinant de saafara et de sueur, dont l'image tranchait dans le décor de la masse publicitaire qui transforme Dakar en ville placard.
Quand on dit "Sport de chez nous", qu'on en revendique autant l'aspect sportif que le cachet culturel de la lutte, l'originalité qui s'en dégage demeure un facteur identitaire à préserver et à cultiver. Ces lutteurs placardisés ne sont pas "de chez nous".
Un ami arrivé à Dakar pour la première fois, après deux panneaux publicitaires rencontrés sur la route de l'aéroport et sur la Vdn, ne put s'empêcher d'étaler sa curiosité. Autant fasciné par l'image que captivé par le récit qu'on lui fit sur la passion des Sénégalais pour la lutte, il se retournait à chaque fois qu'il tombait sur la même affiche.
Si la mutation actuelle est le prix à payer par la lutte pour devenir "civilisée", effacer les images de "bad boys" prêts à se bouffer les oreilles et entrer dans les bonnes grâces des annonceurs, on pense qu'il y a erreur de casting.
En costume-cravate ou en demi-saison, on dirait des vendeurs de rêves pour banquiers ou pour concessionnaires de voitures. A-t-on idée d'aguicher pour un Real-Barça en mettant Messi sur un cheval et Ronaldo sur un autre, lancés vers une ligne d'arrivée ?
La beauté du sport est dans les atours qui lui sont propres. Et quand une communication impose un décalage trop important entre le signifiant et le signifié, les risques de déperdition du message sont grands.
On vend certes des icônes qui font partie du quotidien des Sénégalais, qu'on ne confondrait ni à des saltimbanques ni à des amuseurs publics, mais la pertinence de l'image publicitaire est dans sa force de transfert vers le réel.
Il y a des domaines où le lutteur peut sortir de son attirail. C'est ainsi qu'on verrait mal Modou Lô vendre son dentifrice dans les rues de Dakar enfoncé dans un ngimb et chargé du barda qui va avec. Mais si l'habit ne fait pas le moine, le moine a bel et bien ses habits.
Une discipline sportive forge ses repères sur des traditions et des valeurs. Elles se manifestent dans son esprit, s'expriment à travers ses représentations, prennent sens dans les rites qui symbolisent sa philosophie (échanger des fanions au foot n'est pas juste fait pour collectionner des souvenirs) et s'enracinent dans les manifestations culturelles qui en font un patrimoine.
On ne peut nier l'influence positive de la modernité sur le sport et cela se manifeste souvent dans le marketing. Mais quand une activité humaine veut défier le temps et se perpétuer, il doit lui rester des référents de base qui font sa traçabilité historique et l'ancrent dans son symbolisme.
Le travestissement a commencé depuis longtemps dans l'arène même. La chorégraphie a remplacé les baak, les chœurs de lutte versent plus dans le laudatif qu'ils ne sont des hymnes au courage et à la magnificence de l'athlète. Des chœurs qui n'ont plus cette puissance qui guide "(…) la danse finale des jeunes hommes, buste / Penché, élancé (…)" (Senghor, Joal).
Si le ngimb reste un bastion inexpugnable, il doit sans doute sa survie à la masse de gris-gris qu'il aide à contenir et au fait qu'il fait partie de l'arsenal mystique.
La lutte a donc ses mannequins. Et à partir du moment où les combats de lutte se vendent avec costards, qu'on ne s'étonne pas de voir un lutteur débarquer en smoking dans l'arène.
C'est ainsi qu'on devient petit à petit orphelin de soi-même sans le savoir.