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4 avril 2025
LES EXPLOITANTS AGRICOLES DISENT NIET
Le Collectif des paysans pour la défense du foncier dans le département de Diourbel, secteur Ndiourbel Tocke, a fait face à la presse pour dénoncer le projet de lotissement de 54 hectares dénommé lotissement Ngognick-Nébé.
Le Collectif des paysans pour la défense du foncier dans le département de Diourbel, secteur Ndiourbel Tocke, a fait face à la presse pour dénoncer le projet de lotissement de 54 hectares dénommé lotissement Ngognick-Nébé. Ces exploitants agricoles demandent aux plus hautes autorités d’ordonner l’audit du foncier mais aussi d’arrêter toutes les procédures, à l’image de Mbour 4, à Thiès.
L e projet de lotissement de Ngognick-Nébé, dans la commune de Tocky-Gare, pour une superficie de 54 hectares, fait couler beaucoup d’encre et de salive. En effet, le Collectif des paysans pour la défense du foncier dans le département de Diourbel, secteur Ndiourbel Tocke, a fait face à la presse, avant-hier mercredi, pour dénoncer ce projet de lotissement.
Aly Diockel Ngom, le responsable du Collectif des paysans pour la défense du foncier dans le département de Diourbel, secteur Ndiourbel Tocke, explique : «Depuis deux ans, nous avons informé qui de droit, le Sous-préfet de Ndoulo, le Préfet de Diourbel, sur ce projet de lotissement. On ne peut pas avoir un projet de lotissement sans discuter avec les exploitants agricoles, sans le procès-verbal de lotissement. Il n’y a pas de démarche inclusive. Les populations ne veulent pas de ce lotissement.
La démarche du maire de Tocky Gare consiste à discuter avec une seule personne, à signer soi-disant un protocole d’accord de morcellement, aidé en cela par les services techniques dont l’urbanisme et le cadastre, sans l’aval du Sous-préfet de Ndoulo. Des familles sont divisées, des gens de même père ne se parlent plus. Et il y a risque de confrontation entre les deux camps sur le site, avec des conséquences que l’on ne saurait estimer. C’était le cas ce matin (hier, ndlr). C’est la raison pour laquelle, nous alertions pour la nième fois. Ce qui s’est passé à Mbane, ce qui s’est passé à Ndengler, risque de se passer à Diourbel.
Les exploitants agricoles invitent le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, (à veiller) sur la situation foncière de Diourbel. Nous demandons au président Bassirou Diomaye Diakhar Faye d’ordonner l’audit du foncier de Diourbel et d’arrêter toutes les procédures. Trop, c’est trop !».
Il ajoute : «Pour rappel, le maire de Tocky Gare, Dr Moussa Thiao, faisait partie de notre collectif, pour dénoncer les pratiques malsaines de son prédécesseur. Actuellement, il est en train de faire pire. Il nous reste des terres de survie que nous défendrons, au prix de notre vie. Nous n’accepterons plus le morcellement et nous mettons en garde les services techniques. Nous voulons des délibérations pour faire du maraîchage, de l’élevage, des activités créatrices d’emplois».
DR MOUSSA THIAO APPELLE LES EXPLOITANTS AGRICOLES A LA RETENUE
Le maire de la commune de Tocky Gare, Dr Moussa Thiao invite les exploitants agricoles à «la retenue. On ne peut accepter que des exploitants, au lieu de venir adhérer à ce projet, trouvent les moyens de saboter ce que nous sommes en train de faire».
Selon lui, «c’est un projet de lotissement qui a été autorisé par arrêté ministériel numéro 9686 en date du 5 avril 2023 et qui porte sur 54 hectares 8 ares 78 ca. Nous avons trouvé ce projet en cours lors de notre arrivée à la tête de la municipalité de Tocky Gare. Le collectif était venu me rencontrer, le 8 février 2023, dont les concernés habitent à Diourbel. Je leur avais demandé d’organiser des rencontres dans leurs quartiers et moi-même je vais me déplacer pour venir éclairer les populations sur ce projet. Ils ont refusé. Nous avons la prérogative de supprimer un plan d’occupation et d’aménagement du sol. Les délais de démarrage du projet de lotissement sont fixes à 2 ans. Au-delà de cela, si le lotissement ne démarre pas, l’arrêté devient caduc. C’est la raison pour laquelle ils étaient dans le dilatoire. Nous sommes dans la légalité. Ce n’est pas à eux de définir les politiques de développement de ma commune».
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE VENDREDI 28 MARS 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien,
Sud Quotidien, Walf Quotidien, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien,
L'ÉGYPTE HÉRITE DE L’ORGANISATION DE LA CAN U20
La compétition débutera le 27 avril 2025 et s'achèvera le 18 mai 2025. Le Sénégal, champion en titre, évoluera dans le groupe C aux côtés de la Zambie, du Kenya et de la Sierra Leone.
Dakar, 27 mars (APS) – La Confédération africaine de football (CAF) annonce qu’elle a attribué à l’Association égyptienne de football (EFA) et au gouvernement égyptien les droits d’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations U20.
Dans un communiqué, la CAF explique que cette décision fait suite à la décision de la Fédération ivoirienne de football (FIF) et du gouvernement de Côte d’Ivoire de se retirer de l’organisation du tournoi, en raison de circonstances imprévues.
”L’Association Égyptienne de Football et le gouvernement égyptien avaient précédemment soumis une candidature pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations U20 2025”, renseigne la même source.
Elle signale que le match d’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 se jouera le dimanche 27 avril 2025 et la finale le 18 mai 2025.
Le Sénégal, vainqueur de la dernière Coupe d’Afrique des nations des moins de 20 ans est en préparation depuis des semaines.
Le Sénégal, tenant du titre, a hérité de la poule C, en compagnie de la Zambie, du Kénya et de la Sierra Leone.
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL POUR TRANCHER LA PROPOSITION DE LOI SUR L’AMNISTIE
Face à la controverse, les défenseurs des droits humains appellent à la prudence et recommandent l'arbitrage de la haute juridiction pour préserver la paix sociale avant l'examen parlementaire prévu le 2 avril
La Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal (CNDHS) et d’autres acteurs de la société civile ont recommandé jeudi à Dakar la proposition de loi d’interprétation de la loi d’amnistie, portée par le député Amadou Ba, soit soumise au Conseil constitutionnel pour arbitrage.
Au-delà de la concertation, “il y a d’autres préalables, si la loi interprétative doit passer à l’Assemblée nationale”, a avancé a Amsatou Sow Sidibé, présidente de la CNDHS.
La loi interprétative de la loi d’amnistie doit d’abord être soumis au Conseil constitutionnel pour qu’il puisse l’apprécier, a suggéré Mme Sidibé, au terme d’un atelier de réflexion organisé par la CNDHS, ex-Comité sénégalais des droits de l’Homme (CSDH).
Cette rencontre a été initiée en collaboration avec le Haut commissariat des Nations unies section Afrique de l’Ouest (BRAO), Amnesty International et des organisations de la société civile sénégalaise.
Le député Amadou Ba du groupe parlementaire des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef-Les Patriotes, parti au pouvoir) a soumis une proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie.
Cette initiative vise à délimiter le champ d’application de cette loi votée sous le régime de l’ancien président Macky Sall et portant sur les faits liés aux manifestations politiques ayant secoué le pays entre février 2021 et février 2024.
Cette proposition de loi a soulevé des réactions de désapprobation au sein de l’opposition et de la société civile, qui rappellent aux nouvelles autorités leur engagement d’abroger totalement ce texte adopté par l’Assemblée nationale en mars 2024.
Les experts, spécialistes du droit, universitaires et divers autres acteurs ont pris part aux échanges autour de cette “problématique très sérieuse dont les conséquences qui peuvent avoir des relents forts pour le pays”, s’est inquiétée Mme Sidibé.
La présidente de la Commission nationale des droits de l’homme estime que le Conseil constitutionnel “va éclairer tous les esprits” sur ce sujet.
“Taper aux portes d’une haute juridiction qui est le Conseil constitutionnel, va nous mettre plus à l’aise pour toucher à cette loi d’amnistie parce que, encore une fois, la paix, la cohésion sociale doivent nous guider”, a insisté la professeure de droit.
De cette manière, a signalé Amsatou Sow Sidibé, les problèmes relatifs aux dédommagements seront gérés par la justice.
“Mais sachons comment faire, sachons par quelle voie passer. La meilleure voie, c’est d’abord la patience qui guide toujours”, a-t-elle insisté.
Elle considère que les Sénégalais doivent ensemble faire face aux nombreuses priorités, notamment dans le secteur de l’éducation et du développement de manière générale.
Selon la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme, “tout est priorité, donc nous ne pouvons pas perdre du temps dans une dislocation sociale. Il nous faut cette cohésion sociale”.
Amsatou Sow Sidibé estime que seule une concertation inclusive peut faire éviter “les risques d’un désamour” entre le peuple et ses représentants.
Les recommandations issues de cette rencontre seront remises “aux plus hautes autorités de ce pays qui vont l’utiliser certainement à bon escient”, espère-t-elle.
Les députés vont examiner la proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie, le 2 avril prochain.
PAR Djibril Ndiogou Mbaye
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L’AFRIQUE À L’ÉPREUVE DES MUTATIONS GÉOPOLITIQUES
EXCLUSIF SENEPLUS - Sur la scène internationale où se joue en ce moment le concert des nations, le continent africain, éternel musicien sans instrument fonctionnel, dort et ronfle devant sa partition, une fois de plus, une fois de trop
À l’heure où la plupart des pays occidentaux s’activent et s’unissent avec beaucoup de dynamisme à refaire les « lois » qui gouverneront le monde politique et économique de demain, les États d’Afrique résonnent par leur silence et une absence quasi-totale de réaction. L’Afrique est inerte et aphone, pendant que le monde occidental bruit de mutations. Aucune initiative majeure à l’échelle africaine, aucun sommet, aucun rendez-vous marquant, même pas pour faire un état des lieux dans cette période charnière.
Les pays africains semblent ne pas être concernés par ce qui se trame outre-Atlantique. N’est-ce pas inquiétant ? Pourtant, à l’issue des confrontations en cours, émergera un univers géopolitique complètement réinitialisé, qui impulsera à coup sûr de nouvelles relations géoconomiques, qui s’imposeront à leur tour, aux pays africains, sans aucune possibilité pour ces derniers d’y échapper.
De la disponibilité des céréales ukrainiennes et russes, aux prix des équipements high-tech, dont les composantes sont issues des minerai critiques et des terres rares de l’Ukraine, tous les prix seront unilatéralement fixés par l’Occident et opposables aux consommateurs africains.
L’Amérique de Trump scellera le sort de l’USAID ou pas, mais définira la nouvelle nomenclature des relations USA-Afrique pour les prochaines décennies. C’est la raison pour laquelle la léthargie de notre continent et du tiers monde plus généralement, en ces temps de manœuvres aux sommets, inquiète.
Sur la scène internationale où se joue en ce moment le concert des nations, l’Afrique, éternelle musicienne sans instrument fonctionnel, dort et ronfle devant sa partition, une fois de plus, une fois de trop ! Elle attend que l’Occident, comme de coutume, décide à sa place. Est-elle à la hauteur des enjeux géostratégiques du moment ? Est-elle capable de se prendre entièrement en charge, planifier son avenir politique et sa survie économique en se projetant activement et intelligemment dans les meilleurs partenariats géostratégiques ? Bref, l’Afrique est-elle prête à écrire elle-même sa propre histoire ?
Hegel écrivait que l’Afrique, en dehors de l’histoire consciente de l’humanité dort dans les ténèbres. Faut-il donner raison à cet impertinent et laisser encore « les autres » définir notre avenir et réécrire notre histoire ?
Si on se réfère à la situation actuelle, marquée par des problèmes de sécurité économique pour les uns et de sécurité intérieure (qui entraine forcément de l’insécurité alimentaire et économique) pour les autres, le pessimisme est permis.
Les pays africains stables essaient de s’inscrire dans des perspectives de développement à moyens et longs termes, mais sont confrontés à la pression soutenue de populations démunies et impatientes.
Dans des pays confrontés à l’instabilité comme le Mali ou la RDC, les populations vivent l’incertitude et le martyr. Les populations africaines, dans leur grande majorité, souffrent pendant que le continent se disloque.
Récemment, trois États putchistes et donc illégitimes ont quitté la CEDEAO. Et comme si cela ne suffisait pas, ont créé dans la foulée l’AES (Alliance des États du Sahel). Pendant ce temps, l’Union Africaine cafouille et marque le pas comme de coutume, en montrant toutes ses insuffisances et son incapacité à être le cadre d’une vraie unité politique crédible et efficace. Elle se complaît, comme l’ONU, dans son statut de « mieux que rien ». L’Afrique est devenue entre-temps le champs délocalisé de la confrontation entre la Russie et la France et l’Union européenne plus généralement.
Ainsi, Ni la vision de l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié, fondateur se l’OUA en 1963, ni celle du jamaïcain Marcus Garvay, ni le mouvement panafricaniste et l’ébauche des « États-unis d’Afrique» issue de la conférence de Manchester de 1945, animée par Patrice Lumumba, George Padmore, Jomo Kenyatta, Modibo Keïta, Kwame Nkrumah, et Ahmed Sékou Touré, pour ne citer que les plus populaires, n’auront permis l’éclosion d’une vraie communauté politique et économique africaine crédible.
Lorsqu'il prît la présidence tournante de l’Union Africaine (UA), remplaçant l’OUA début 2009, le colonel Kadhafi avait présenté à nouveau son projet d'États-Unis d'Afrique aux pays africains. Il envisageait une force militaire africaine conjointe, une monnaie africaine unique, et un passeport africain permettant la libre circulation en Afrique des ressortissants de tout pays africain.
Le projet était presque parfait mais c’était sans compter avec une Afrique divisée, des États fébriles et instables parce que gangrenés par des putschs à répétition, des chefs d’États aliénés à des puissances occidentales que l’avènement d’une Afrique forte n’enchantait guère et des pays plus préoccupés par leurs problèmes internes, qui ont finalement eu raison de ce projet qui aurait sûrement propulsé notre continent au rang de géant économique et de puissance militaire incontestée. Une grande puissance qui pourrait s’asseoir à la même table que les autres puissances économiques occidentales ou asiatiques, avoir les mêmes prérogatives politiques à l’international et un destin économiques plus enviables.
Aujourd’hui, l’Afrique est un continent faible et dépendant, sensible et souvent vulnérable, dont certains dirigeants tentent de souffler, vainement, sur la braise de l’unité pour la faire prendre. Et pourtant, c’est plus que jamais d’actualité. Mais l’Afrique est restée divisée avec beaucoup de leaders encore inféodés et partisans de la courtisanerie et des courbettes. Des dirigeants en quête de légitimité démocratique ou n’ayant aucune vision prospective dépassant leurs frontières terrestres, aucune ambition régionale et panafricaine, imbus juste de leurs intérêts personnels. Ces situations, transposées dans la plupart des pays d’Afrique, y auraient la même pertinence, tellement nos réalités sont similaires et superposables.
Face à cette situation, quel doit être le positionnement des pays africains ? Doivent-ils se recroqueviller dans des schémas politiques et économiques introvertis et afro-africains ? Ou doivent-ils prendre la mesure de l’interdépendance des économies dans un monde devenu global et s’organiser en vue de prendre toute leur place dans la nouvelle configuration des échanges internationaux ? Même si la désillusion a été grande de constater que l’interdépendance économique des États ne garantissait pas la paix et la stabilité du monde .
En effet, l’imbrication des relations internationales n’a pas réussi à empêcher l’annexion partielle de territoires souverains comme l’Ukraine ou la Palestine par Poutine et Netanyahu. Elle n’empêche pas non plus les saillies verbales et décisions révoltantes d’inhumanité et d’injustice du président américain Donald Trump, contre le Groenland, le canal de Panama ou le Canada. Des décisions prises en période de paix, contre des pays démocratiques et respectés avec lesquels les USA entretiennent des relations politiques, diplomatiques et économiques sans ambages.
Donc nous vivons une époque incertaine et dangereuse. Une époque néocolonialiste pendant laquelle les délires des superpuissances militaires remettent en cause la pacification présumée de l’espace politique international, longtemps promise et supposée garantie par l’interdépendance entre États souverains et démocratiques.
La géopolitique est le « réalisme », elle est aujourd’hui, comme qui dirait, le moteur de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux. Elle enfantera des nouvelles bases géoéconomiques auxquelles toutes les économies du monde devront se plier.
Il est pourtant impossible de nos jours de s’enfermer dans un esprit de clocher. La misère et l’injustice n’affectent plus seulement ceux qui en souffrent mais menacent la prospérité et les droits de tous. Aucun État, aussi puissant soit-Il, ne peut tirer son épingle d’un jeu économique solitaire et isolé.
Donc les États africains doivent faire preuve de plus de responsabilité, en s’activant sérieusement dans l’édification d’une unité africaine capable de leur garantir une place respectable, vectrice de développement.
Il est nécessaire de consolider la CEDEAO et l’UA, les rares espaces communautaires dans lesquels certains États « légitimes » et démocratiques du continent peuvent se retrouver et s’organiser. Il est nécessaire de leur insuffler plus d’énergie pour accroître la volonté politique des États membres.
Si l’Afrique n’a pas de guerre totale en perspective, elle est cependant rongée par des guerres intestines archaïques. Des guerres ethniques, de religions, des guerres basiques, primitives, des rebellions armées. Mais aussi et surtout la menace jihadiste qui ronge et mine le Mali et menace la très fébrile stabilité politique de l’ouest africain. L’Africain est-il prêt à déléguer une partie de sa souveraineté à une organisation supranationale qui conférerait à tous ses membres encore plus de force ?
En tout cas en ces temps où le souverainisme a le vent en poupe, il est plus que jamais nécessaire de savoir en définir la portée et les limites. Parce qu’il n’incite pas à se « fédérer ». Car se fédérer, c’est aussi renoncer à une partie de sa souveraineté pour la déléguer à une entité fédérale qui, elle, serait autant de fois souveraine qu’elle aurait de membres. Donc on reçoit forcément plus que ce que l’on concède. Mais les chefs d’État africains ont longtemps aimé l’autocratie à travers des régimes présidentialistes forts.
Une organisation supranationale a des règles et y adhérer impose de les respecter. Nombreux sont les chefs d’Etat africains qui développent une allergie à toute formes de structures supranationales, qu’ils considèrent comme liberticides et fortement enclines à l’ingérence dans leurs affaires intérieures. Ce qui restreint leur souveraineté et juge leur façon de gouverner.
Il est urgent pour l’Afrique de se mobiliser pour sa propre survie économique et ensuite pour son existence en tant qu’entité territoriale significative sur la scène internationale.
Le 25 mai 1963, lors de la création de l’OUA, le fondateur, l’empereur Haïlé Sélassié déclarait déjà : "Ce dont nous avons besoin, c'est d'une organisation africaine par laquelle l'Afrique puisse faire entendre une seule voix. " La philosophie et les acquis des mouvements panafricains ou panafricanistes peuvent-ils servir de base à l’émergence d’une unification plus efficace ?
Le panafricanisme est « un mouvement et une idéologie politique qui promeut l'indépendance totale du continent. Un mouvement d'émancipation, d'affirmation et de réappropriation politique et culturelle de l'identité des sociétés africaines contre les discours colonisateurs des Européens ». Les mouvements diasporiques ayant animé l’évolution « vagabonde » du panafricanisme, l’ont documenté exhaustivement sur le plan intellectuel et doctrinal.
Depuis le mouvement des droits civiques de Martin Luther King, jusqu’à l’installation des blacks Powers de Stokely Carmichael à Conakry, en passant par le mouvement porté en Amérique du Sud et par des figure comme Fidel Castro, jusqu’à Nelson Mandela et Steven Biko et la lutte contre la politique de développement séparé ou apartheid.
Donc les générations actuelles doivent faire l’économie de confrontations idéologiques inutiles, énergivores et chronophages. Ces joutes intellectuelles, pseudo-révolutionnaires sont désormais obsolètes. L’heure est à l’action. Il faut être pragmatique. Les célébrations mémorielles ? Oui, mille fois oui, mais les Africains ne font que cela depuis toujours. Ne serait-il pas temps de célébrer autrement en se concentrant sur l’urgence économique du continent ? Les célébrations et autres demandes ne sont pas comestibles et les populations africaines ont faim et soif .
L’urgence est sur le plan des actes politiques réalistes et aux schémas économiques réalisables. La survie est la principale préoccupation des populations et sa sécurité économique doit être le principal défi.
Face à cet Occident qui s’organise pour ses propres intérêts et son avenir, sans aucun état d’âme et en abusant parfois de discours guerriers et d’actes criants d’injustices, l’Afrique doit se prémunir de tout ce qui pourrait constituer une menace géopolitique et géoconomique existentielle. Il faut un leadership fort. Une locomotive pour sensibiliser, convaincre à nouveau et porter le combat panafricain au sens ordinaire du mot.
Mais trêve de discours, de forums, de symposiums et autres conférences à n’en finir, pour définir, dénoncer, réinventer un concept qui existe déjà et a fait ses preuves intellectuelles . Maintenant, il faut avancer avec pragmatisme et méthode, organiser le réveil et jeter les bases du parachèvement d’une unité politique et économique.
Il faut des actes, des rencontres entre les dirigeants africains, entre jeunes étudiants, leaders africains partageant ce même idéal. Il manque une ou plusieurs personnes, une ou plusieurs voix et un ou plusieurs visages de référence pour porter le triomphe au dernier round du combat panafricain, sur le ring africain d’abord et ensuite à l’international. Cette locomotive charismatique, indiscutable et reconnue de tous manque à l’appel de cette dynamique nécessaire à notre temps.
Le défi pour l’Afrique d’aujourd’hui, est de garantir sa souveraineté politique pour pouvoir sécuriser ses ressources naturelles en vu de son indépendance économique. La responsabilité historique des chefs d’État africains est engagée. Ils doivent être des présidents de leur temps. C’est une lourde et impérieuse responsabilité car le destin de l’Afrique pour les prochaines décennies se joue en ce moment. Il est pendu à chacun de leurs actes.
Parallèlement aux rencontres et tractations des Occidentaux, les pays africains devaient déjà être également en branle-bas de combat. En train de se réunir, de s’organiser, d’organiser la riposte. Au lieu de tout cela, on a l’impression que l’Afrique est dans l’attentisme. Elle attend que les Occidentaux scellent le destin du monde …une fois de plus …une fois de trop.
Les États d’Afrique semblent sujets à un dilemme cornélien : s’enfermer ou s’ouvrir ? « Enracinement avant ouverture » semble applicable à la réalité économique africaine. S’appuyer sur ses ressources et moyens pour une ouverture plus optimale et des échanges aux termes moins dégradés.
En attendant, les populations africaines se nourrissent d’espoir et c’est déjà heureux, car l’Afrique disparaîtrait si elle s’abandonnait au désespoir. Mais il faut surtout se réveiller . C’est maintenant !
L'ÉPARGNE NATIONALE AU SERVICE DE L'ÉTAT
L'État sénégalais fait appel aux investisseurs locaux pour financer son budget 2025 avec une émission obligataire de 150 milliards FCFA, offrant des taux d'intérêt compris entre 6,40% et 6,95%
La société de gestion et d’intermédiation Invictus Capital & Finance déclare avoir été désignée par l’État du Sénégal pour effectuer une levée de fonds locale de 150 milliards de francs CFA en recourant à l’épargne nationale, pour financer des investissements prévus dans le budget de l’État en cours d’exécution.
‘’Cet emprunt obligataire, le premier de cette ampleur sous le mandat du président Bassirou Diomaye Faye’’, sera utilisé pour ‘’financer les investissements prévus dans le budget de l’État pour 2025’’, selon un communiqué d’Invictus Capital & Finance.
‘’Offrant des taux d’intérêt attractifs compris entre 6,40 % et 6,95 %, cette opération présente une opportunité intéressante pour les investisseurs, tout en assurant un financement stable et sécurisé pour l’État’’, affirme la société de gestion et d’intermédiation.
Selon elle, l’émission est orchestrée par la direction générale de la comptabilité publique et du Trésor, sous la supervision du ministère des Finances et du Budget.
‘’Invictus Capital & Finance joue un rôle central en tant qu’arrangeur principal et chef de file, aux côtés de Société générale Sénégal et de la Société générale Capital Securities West Africa, agissant en qualité de co-arrangeurs et co-chefs de file’’, ajoute le communiqué.
Les obligations seront cotées à la Bourse régionale des valeurs mobilières, ce qui, selon Invictus Capital & Finance, garantira leur liquidité et leur attractivité pour les investisseurs institutionnels et particuliers.
‘’Cette émission obligataire s’inscrit dans une stratégie de rationalisation des dépenses publiques et de mobilisation de financements internes. En cas de succès, elle contribuera à stabiliser le déficit budgétaire, à investir dans les infrastructures et à assurer une croissance durable’’, assure la société de gestion et d’intermédiation.
Elle affirme que ‘’la transparence dans la gestion de ces fonds, ainsi que l’efficacité des politiques fiscales et d’investissement seront déterminantes pour garantir la soutenabilité de la dette et restaurer la confiance des marchés’’.
La croissance économique du Sénégal devrait atteindre 9,3 % en 2025, selon le Fonds monétaire international. Il dit que cette croissance inhabituelle sera portée par la production de gaz du pays.
LA FIN DE L'USAID, UNE CRISE LIBÉRATRICE ?
L'arrêt de l'aide américaine par Trump pourrait paradoxalement libérer certains pays du Sud d'une relation d'assistance devenue, selon ses critiques, un instrument de contrôle géopolitique et de perpétuation des inégalités
(SenePlus) - La suspension de l'aide américaine au développement pourrait être l'occasion pour certains pays d'Afrique de réduire leur dépendance aux financements étrangers et de repenser leur modèle économique, selon plusieurs analystes.
Partout dans le monde, le gel brutal des financements de l'USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) par l'administration Trump a provoqué stupeur et inquiétude. Pourtant, certaines voix s'élèvent pour voir dans cette crise une potentielle opportunité, notamment en Afrique.
Comme le rapporte Courrier international dans son édition du 27 mars au 2 avril 2025, cette décision américaine pourrait constituer "un déclic pour l'Afrique", selon l'expression du chroniqueur zimbabwéen Tafi Mhaka, cité sur le site d'Al-Jazeera.
"Pour certains Africains, cette suspension de l'aide américaine offre une occasion en or à nos pays qui en dépendent de repenser les politiques et stratégies nationales de réponse aux besoins essentiels des populations", confirme également le média malien Bamada.net, cité dans l'article.
L'écrivain haïtien Patrick Prézeau Stephenson, sur le média participatif Rezonodwes, reconnaît que pour Haïti, le gel des 400 millions de dollars d'aide américaine annuelle "représente une crise existentielle pour des millions de citoyens". Mais il ajoute que "cette coupure brutale oblige également Haïti à se confronter à une réalité souvent éludée : la nécessité de repenser son modèle de développement et de réduire sa dépendance à l'aide extérieure".
L'article évoque également les "effets pervers sur le long terme" de la dépendance à l'USAID, notamment le "sabotage de l'agriculture locale", "l'érosion de la souveraineté" et les "projets de développement ratés".
Si ces pays redoutent des conséquences catastrophiques à court terme, les critiques du modèle d'aide actuel sont nombreuses. L'anthropologue sud-africaine Kathryn Mathers, citée dans l'article, estime que "l'aide humanitaire s'est toujours inscrite au sein d'un projet néocolonial".
Le journaliste kényan Patrick Gathara va plus loin dans Al-Jazeera en affirmant que "le système d'aide internationale est un outil de contrôle géopolitique qui a servi à perpétuer les inégalités plutôt qu'à les effacer".
La question demeure néanmoins : ces pays parviendront-ils à "transformer cette crise en une occasion de renouveau, ou sombreront-ils encore plus profondément dans le chaos?" comme s'interroge Patrick Prézeau Stephenson.
SARKOZY FACE À 7 ANS DE PRISON
Après douze semaines d'audience dans l'affaire du financement libyen, des peines sévères ont été requises contre les prévenus. Le procureur dénonce "un tableau très sombre d'une partie de notre République", marqué par "une corruption de haute intensité"
(SenePlus) - Le Parquet national financier (PNF) a requis jeudi 27 mars des peines exemplaires contre Nicolas Sarkozy et ses coaccusés dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, au terme de douze semaines d'audience marquées par des révélations accablantes.
"C'est un tableau très sombre d'une partie de notre République qui s'est dessiné", a déclaré le procureur Sébastien de La Touanne, évoquant "une corruption de haute intensité, attisée par l'ambition, la soif de pouvoir, la cupidité et qui a tissé sa toile jusqu'aux plus hautes sphères de l'État", selon le compte-rendu d'audience publié par Le Monde.
Le ministère public a dressé un portrait sans concession de l'ancien président, décrivant un homme politique dont "l'énergie et le talent" auraient été mis au service d'une "quête effrénée" de financements pour satisfaire ses "ambitions politiques dévorantes". Cette quête l'aurait conduit à conclure ce que le parquet qualifie de "pacte de corruption faustien, avec un des dictateurs les plus infréquentables", en la personne de Mouammar Kadhafi.
Le procureur a rappelé que le dirigeant libyen était responsable de la mort de 170 personnes dans l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989, et de 270 autres dans celui de Lockerbie. Un pacte qui, selon l'accusation, "signe la négation des devoirs de probité et d'exemplarité qu'attendent nos concitoyens, heurte la mémoire des victimes et méprise les règles du financement de la vie politique".
Des réquisitions historiques contre tous les prévenus
Pour Nicolas Sarkozy, poursuivi pour "corruption", "association de malfaiteurs", "recel de détournement de fonds publics" et "financement illégal de campagne", le parquet a requis sept ans de prison ferme, 300 000 euros d'amende, cinq ans d'inéligibilité et d'interdiction d'exercer une fonction juridictionnelle, notamment au Conseil constitutionnel.
L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant, décrit comme un "haut fonctionnaire à la carrière préfectorale en apparence exemplaire" mais qui aurait "réceptionné des valises de billets", risque six ans de prison, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Le parquet a également demandé la confiscation de son appartement dans le 16e arrondissement de Paris, acquis grâce à "un demi-million d'euros de la Libye".
Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, est visé par une peine de trois ans ferme, 150 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Quant aux intermédiaires, Ziad Takieddine, qualifié d'"agent de corruption" et actuellement en fuite au Liban, encourt six ans de prison et trois millions d'euros d'amende, tandis qu'Alexandre Djouhri, "reçu à cinquante-neuf reprises à l'Élysée", risque cinq ans ferme et 4 millions d'euros.
D'autres accusés font l'objet de réquisitions sévères, notamment le Libyen Bechir Saleh (six ans ferme et 4 millions d'euros), le banquier suisse Wahib Nacer (quatre ans et un million d'euros) et les cousins milliardaires saoudiens Khaled et Ahmed Salem Bugshan, qui auraient "prêté leurs comptes bancaires pour noyer les flux de la corruption".
La défense dénonce "l'outrance" des accusations
Face à ces réquisitions, Nicolas Sarkozy a immédiatement réagi dans un communiqué publié sur le réseau social X, dénonçant "les constructions intellectuelles" du parquet qui "bafouent les principes fondamentaux du droit". L'ancien président français estime que "la fausseté et la violence des accusations et l'outrance de la peine réclamée" ne visent "qu'à masquer la faiblesse des charges alléguées", rapporte Le Monde.
Le procès, d'une ampleur inédite pour un ancien chef d'État français, doit se poursuivre lundi 31 mars avec les premières plaidoiries de la défense. Selon l'accusation, il est "parfaitement établi que Nicolas Sarkozy a agi en dehors de ses fonctions de ministre de l'intérieur pour conclure un pacte de corruption avec Mouammar Kadhafi" et qu'"une fois élu président de la République, il a poursuivi l'exécution du pacte de corruption en détournant les moyens de sa fonction pour favoriser les intérêts du régime libyen".
PAR SIDY DIOP
L’ÈRE DU CACHE-CACHE
Tout ce qui devrait être clair et limpide finit sous le tapis, derrière un rideau, dans un compte offshore. Le phénomène n’a pas de frontières. Un ministre jure qu’il ne possède rien, avant qu’un enquêteur trop curieux ne tombe sur un joli pactole oublié.
«On nous cache tout, on nous dit rien », chantait Dutronc. Il ignorait sans doute qu’il décrivait aussi bien son époque que la nôtre. La dette ? Cachée. L’épouse ? Cachée. La fortune ? Dissimulée.
Tout ce qui devrait être clair et limpide finit sous le tapis, derrière un rideau, dans un compte offshore. Le phénomène n’a pas de frontières. Un ministre jure qu’il ne possède rien, avant qu’un enquêteur trop curieux ne tombe sur un joli pactole oublié.
Un chef d’entreprise, en pleine faillite, pleure sur le sort de ses salariés, tout en préparant son exil fiscal sous les cocotiers. Même en amour, la mode est au mystère : certains cachent leurs doubles vies avec autant de soin qu’un banquier suisse protège ses clients. Mais ne soyons pas naïfs. Si l’on cache, c’est que l’on craint d’être vu.
L’ère de la cachotterie est aussi celle de la révélation. Tout finit par éclater, souvent trop tard, parfois trop tôt. Et pendant que certains s’ingénient à masquer, d’autres s’emploient à dévoiler.
Les temps modernes n’ont pas seulement inventé l’art de la dissimulation, ils ont aussi perfectionné celui de la fuite. À force de jouer à cache-cache avec la vérité, il arrive toujours un moment où quelqu’un soulève le voile.
PAR OUMAR NDIAYE
ÉVITER LA CONFRONTATION AU MAGHREB
"Les tensions semblent encore tenaces et vivaces au Maghreb avec toujours en toile de fond la confrontation entre l’Algérie et le Maroc. Depuis presque une dizaine d’années, le Maroc a réussi à prendre une avance et une revanche face à son rival..."
Les tensions semblent encore tenaces et vivaces au Maghreb avec toujours en toile de fond la confrontation entre l’Algérie et le Maroc.
Depuis presque une dizaine d’années, le Royaume du Maroc, de par une politique étrangère développée avec réalisme, pragmatisme et dynamisme économique a réussi à prendre une avance et une revanche face à son rival et voisin algérien, sur le dossier du Sahara occidental, point central et principal des frictions et contradictions entre ces deux pays de l’Afrique du nord.
Les récents soubresauts diplomatiques entre la France et l’Algérie ont ainsi suivi les courbes d’évolution de la position française sur la question sahraouie. En effet, le 30 juillet dernier, la diplomatie française avait opéré un grand tournant dans ses relations avec le Maroc. Jusque-là prudente sur le sujet, la France avait décidé ainsi de s’aligner sur le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental de 2007 qui, selon une lettre d’Emmanuel Macron, « est la seule base pour aboutir à une solution politique juste, durable et négociée conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies». Ainsi, en l’espace d’un mois, le Maroc a réussi la prouesse d’accueillir deux grands chefs d’État du monde.
Le Président français, Emmanuel Macron, y était du lundi 28 au mercredi 30 octobre 2024 pour une visite considérée comme celle de la « réconciliation » tant les points de frictions étaient nombreux entre la France et le Royaume chérifien. Ensuite, le chef d’État chinois, Xi Jinping, y a fait escale, de retour de sa participation au Sommet du G20 à Brasilia, au Brésil. Boosté par la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara lors du premier mandat de Donald Trump, le Maroc a multiplié les succès sur ce dossier. Une question qui, depuis plus de deux ans, est revenue au-devant de la scène marquée surtout par la résurgence et la fréquence des tensions avec le voisin algérien.
Dans cet épineux dossier qui est à la fois d’un intérêt vital et stratégique pour le Maroc, l’Algérie a été pendant longtemps à l’initiative en servant de mentor au Front Polisario. Cette avance du Maroc sur le dossier sahraoui n’est pas le seul où le Royaume tente de surclasser et même de dépasser son voisin.
Sur la question du Sahel où l’Algérie a longtemps été un des maillons essentiels de la médiation internationale, elle commence même à y perdre du terrain. Les Accords d’Alger de 2015 qui étaient censés apporter la réconciliation au Mali ont volé en éclats depuis que les autorités maliennes ont accusé leur voisin du nord « d’ingérence ».
Avec son Initiative Atlantique en faveur des pays du Sahel, le Maroc compte ainsi se positionner comme un appui et un allié économique des pays de l’Alliance du Sahel qui sont en rupture de ban avec leur organisation communautaire, la Cedeao. Ses relations, très poussées avec ces trois pays, ont même conduit le Maroc à jouer les bons offices et faire libérer, en décembre dernier, quatre fonctionnaires français accusés d’espionnage au Burkina Faso.
Cette dualité et rivalité entre l’Algérie et le Maroc s’est même vue au dernier Sommet de l’Union africaine qui a consacré le retour algérien dans le leadership continental avec la victoire de sa candidate Selma Malika Haddadi au poste de vice-présidente de l’Union africaine face à la… marocaine Latifa Akherbach.
C’est dire que les tensions toujours latentes dans cette zone entre le Maroc et l’Algérie risquent de se prolonger dans une spirale de confrontations dont elle n’a pas besoin au vu de tout ce qu’elle a traversé ces dernières années