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28 février 2025
LANCEMENT D’UNE COMPÉTITION ORATOIRE À L’UGB POUR UNE MEILLEURE GOUVERNANCE DES RESSOURCES NATURELLES
Sensibiliser et impliquer la communauté universitaire et la jeunesse sénégalaise dans la gouvernance des ressources naturelles, tel est l'objectif de ces joutes oratoires.
Saint-Louis, Sénégal - Une initiative majeure pour la transparence dans le secteur extractif. Dans l’effervescence de l’amphithéâtre CRAC de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le club OHADA a lancé officiellement, samedi 11 mai, une compétition de joutes oratoires en partenariat avec l’USAID. Cette compétition, qui s’étendra jusqu’en juillet, a pour thème provocateur : ‘´Exploitation des hydrocarbures et développement socio-économique du Sénégal : un fardeau déguisé ?’´.
L’objectif est clair : sensibiliser et impliquer la communauté universitaire et la jeunesse sénégalaise dans la gouvernance des ressources naturelles. “L’accès à l’information et aux données pertinentes est crucial pour permettre un suivi efficace des activités extractives et encourager une participation active à la gouvernance de nos ressources minérales”, a souligné Mamadou Yéro Baldé, chef du projet USAID/TRACES.
Le vice-recteur de l’UGB, le professeur Saliou Diouf, a salué cette initiative, rappelant le soutien de longue date de l’USAID à l’institution. La cérémonie a également été l’occasion de formaliser un partenariat entre l’UGB et le projet USAID/TRACES.
Des personnalités telles que Birahim Seck, coordonnateur du Forum civil, et Papa Fara Diallo, président de la section sénégalaise de la coalition ‘´Publiez ce que vous payez’’, ont assisté à l’événement, soulignant son importance pour la promotion de la transparence et de la redevabilité dans les industries extractives du pays.
La compétition est une composante clé du programme TRACES, qui vise à renforcer la transparence et la redevabilité dans les secteurs minier, pétrolier et gazier du Sénégal. Elle est le fruit d’un travail collaboratif entre le club OHADA, les autorités universitaires et l’USAID/TRACES, et s’inscrit dans le cadre du plan de travail annuel 2 du programme.
Les résultats attendus sont ambitieux : renforcer les compétences analytiques des participants, promouvoir leur rôle en tant que futurs leaders de la société civile, et établir un réseau d’informations fiables pour un débat public éclairé. La compétition, qui a débuté par un match entre les équipes de l’UFR LSH et de l’UFR CRAC, promet d’être un catalyseur pour l’engagement des jeunes dans la gouvernance du secteur extractif au Sénégal.
Par Kaccoor bi - Le Temoin
ENFANTS DU NET
On peut ignorer ce que font nos enfants, ne pas savoir qui ils fréquentent encore moins les pratiques auxquelles ils s’adonnent. On peut être un bon père de famille mais il arrive que nos mômes échappent à notre vigilance.
On peut ignorer ce que font nos enfants, ne pas savoir qui ils fréquentent encore moins les pratiques auxquelles ils s’adonnent. On peut être un bon père de famille mais il arrive que nos mômes échappent à notre vigilance. Personne d’ailleurs ne peut être en mesure de les surveiller. On a beau se défausser sur les parents, les accusant d’avoir démissionné de l’éducation de leurs enfants, la vérité est autre et peut être cruelle. Surtout dans un monde où les frontières sont devenues artificielles. Et où les réseaux sociaux ont remplacé les parents dans l’éducation des garnements. Au-delà des actes répréhensibles que posent certains de nos mômes, c’est la société sénégalaise, elle-même, qui est pourrie de la tête aux pieds. Le « Ndeup national » auquel appelait, il y a plus de trente ans, le clinicien et psychologue Serigne Mor Mbaye, devient plus qu’urgent. Il est d’une brûlante actualité. Ce charmant pays est un grand corps malade, et sa jeunesse particulièrement est atteinte.
Faut-il se nourrir d’illusions quand ce sont des adultes, eux-mêmes, qui viennent enfreindre l’ordre établi, offrant à la jeunesse le visage répugnant de leurs pratiques ? On est à la quête effrénée de jouissances, on court derrière le profit. Plus les rétributions sont importantes, plus on en veut encore, devenant ainsi, à notre corps défendant, les esclaves d’une société de consommation et de plaisirs.
Au rang des priorités, l’argent et le sexe. Le couple infernal et démoniaque qui a fini de détruire toutes les strates d’une société gangrenée par la corruption, la cupidité et le mensonge. Des pratiques érigées en modèles d’ascension sociale. Tout le monde veut s’enrichir sans effort, et vite ! Quitte à emprunter des raccourcis peu recommandables. Les derniers rapports de la Cour des comptes et de l’Ofnac montrent que les adultes ne sont guère des références dans la gestion des affaires publiques. Ils offrent ainsi à une jeunesse désorientée et sans repères axiologiques des exemples dangereux et corrosifs. L’argent mal acquis, le sexe, l’alcool et la drogue. Choix de vie d’une certaine jeunesse. On est souvent effaré de recevoir des vidéos dans lesquelles ils s’accouplent à visage découvert avec une audace qui frise la folie. Loin du cocon familial, ils vivent leur vie, jusqu’à ce que tout explose devant des parents incrédules qui étaient loin d’imaginer leurs progénitures dans de telles postures dégradantes. Ce qui arrive, ces derniers temps, à des enfants de personnalités de la vie politique, économique etc… constitue un échec. Personne ne souhaiterait vivre ce que ces parents vivent à travers leur progéniture. Le chemin de la rupture, c’est aussi donner à cette jeunesse des rêves autres que le sexe, l’argent mal acquis, l’alcool et la drogue. Des ingrédients qui sont en train de les détruire.
L'ALLIANCE POUR LA RÉPUBLIQUE ANNONCE LA REPRISE DE SES ACTIVITÉS
Dans un communiqué signé par Seydou Gueye, la formation politique dirigée par Macky Sall informe de sa tournée dans les régions de Sédhiou, Kolda, Ziguinchor, Kaolack, Fatick et Diourbel
Dans un communiqué signé par Seydou Gueye, son porte-parole, la formation politique dirigée par Macky Sall informe de sa tournée dans les régions de Sédhiou, Kolda, Ziguinchor, Kaolack, Fatick et Diourbel. Des étapes précédées par celles de Kaffrine et Tamba. «Le secrétariat exécutif de l’Apr décide de poursuivre cette dynamique d’écoute et d’échange afin de procéder à l’évaluation objective et sans complaisance des résultats de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 et à l’analyse du cours politique actuel au regard des actes inauguraux préoccupants posés par les nouvelles autorités», lit-on.
Le Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Apr estime que cette remobilisation du parti et de la coalition Benno témoigne de leur «engagement pour la reconquête» du pouvoir. Il invite, par conséquent, à «maintenir cette démarche de proximité» pour la «valorisation du bilan, l’unité du parti, la veille active permanente», mais aussi «la consolidation et l’élargissement de la coalition».
Conseil interministériel sur les inondations
Le Premier ministre enchaîne les conseils interministériels pour la prise en charge des urgences. Ousmane Sonko préside aujourd’hui, à Diamniadio, une rencontre consacrée à la prévention et à la gestion des inondations de l’hivernage 2024. Le chef de l’Etat avait donné des instructions pour une meilleure prise en charge de la question des inondations. Sonko va réunir tous les ministères et services de l’Etat concernés, mais aussi les acteurs territoriaux et autres membres de la société civile impliqués dans la gestion des inondations. Au terme de la rencontre, le Premier ministre déclinera une série de mesures phares en vue d’une meilleure préparation de l’hivernage 2024.
Diomaye au Nigeria et au Ghana
Le Président Diomaye reprend les airs. Il continue de sillonner la sous-région. Le chef de l’Etat a informé le Conseil qu’il effectuera une visite d’amitié et de travail au Nigeria et au Ghana, à partir d’aujourd’hui. Par ailleurs, le Premier ministre Sonko a évoqué les préparatifs de sa Déclaration de Politique Générale.
Incongruité dans le communiqué du conseil des ministres
Il y a une incongruité flagrante dans le communiqué du conseil des ministres. D’aucuns parlent d’absence de rigueur des nouvelles autorités. Car le chef de l’Etat a nommé hier Lamine Bara Lo, Dr d’Etat en Science politique et Sécurité au poste de Directeur général de l’Office national de formation professionnelle (ONFP), en remplacement de Souleymane Soumaré. Alors que ce dernier a été limogé par Macky Sall et remplacé par Mounirou Ly.
Le chauffeur de camion écope 3 mois avec sursis
Trois mois assortis de sursis. C’est la peine infligée à M. S. Sall, chauffeur de camion de son état pour le délit d’homicide involontaire. Il avait provoqué un accident sur l’autoroute à péage qui avait fait deux morts dont l’un était un douanier. L’accident s’est produit le 10 mai 2024 vers 5 heures du matin sur l’autoroute à hauteur de la bretelle de Hann Maristes. Le camion est tombé en panne sur la route. Un douanier qui était à bord de son véhicule avec son ami a violemment heurté le camion. Ils sont tous décédés. Les éléments de la section des accidents et des préventions routières de Dakar avaient interpellé M. S. Sall qui a comparu devant le prétoire des flagrants délits de Dakar. A l’en croire, il s’est garé sur le trottoir avant de poser un panneau de signalisation. Il a dormi dans la voiture jusqu’à 12 heures avant de rentrer chez lui. Toutefois, les enquêteurs ont relevé que le mis en cause avait juste mis un gilet sur l’arrière gauche du véhicule et qu’il n’y avait pas de triangle de signalisation. Le juge a ordonné la restitution de son permis.
Lac de Guiers 2 en garde à vue
De son vrai nom P. Cissé, le lutteur Lac de Guiers 2 est actuellement en garde à vue dans les locaux de la police de Guédiawaye pour une histoire d’escroquerie au visa. Il a été interpellé par les limiers suite à des plaintes de ses victimes au poste de police de Wakhinane-Nimzaat et au Commissariat central. Nos radars renseignent que le lutteur recherché depuis plusieurs mois par la police a été arrêté à l’aéroport, au retour d’un séjour à l’étranger. Cependant, nos sources indiquent que des proches sont en train de jouer aux sapeurs-pompiers pour rembourser la dette aux victimes. Toutefois, l’enquête suit son cours au niveau de la police de Guédiawaye.
Accident mortel de circulation
La série noire des accidents se poursuit. Hier, un violent accident s’est produit à l’autoroute à hauteur de l’école Mariama Niass. Le bilan est d’un mort après ceux enregistrés vendredi dernier à hauteur de la foire. En tout état de cause, il faut des assises du transport routier pour remettre de l’ordre dans ce secteur marqué par le désordre. Autant de maux que l’actuel ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens doit résoudre.
Un fils d’Idrissa Seck arrêté pour trafic de drogue
C’est un séisme pour Idrissa Seck et sa famille. Son fils A. Seck a été arrêté pour trafic international de drogue, a appris E-Media. En effet, il fait partie de la bande qui a été interpellée par l’Ocrtis avec 18 kg de cocaïne. Ce, après une opération rondement menée par les limiers de Dakar, Kaolack et Mbour. Dans cette moisson figurent aussi des titres de propriétés foncières et des armes.
Impasse au foirail des grands ruminants de Diamaguène
C’est toujours l’impasse au foirail des grands ruminants de Diamaguène Sicap à cause d’une guerre ouverte entre le collectif des acteurs du foirail de Diamaguène et des responsables du comité de gestion, avec la volonté affichée de ces derniers de réaliser un projet de 06 milliards 700 millions. Le collectif des acteurs du foirail qui dénonce la gestion de leur équipement marchand a même porté plainte auprès du procureur de la République contre des responsables dudit comité. En fait, les deux entités se regardent en chiens de faïence. Ce qui oblige la police de Sicap Mbao à toujours veiller au grain pour prévenir des affrontements.
Saisie de 18 kg de cocaïne
La police a saisi une importante quantité de cocaïne et interpellé huit individus. Cette saisie a été faite hier par des services et unités de l'Office Central de Répression du Trafic Illicite des stupéfiants de Dakar, Kaolack et Mbour. Selon un communiqué, l'opération a permis dans un premier temps d'arrêter, au niveau du poste frontalier de Keur Ayib, en compagnie d'un de ses acolytes, le chef d'un réseau d'importation de cocaïne de pays de la sous-région, suivie de sa réexpédition vers l'Europe, à travers un groupe de mules. Ainsi, les investigations subséquentes ont conduit à l'arrestation de six autres individus impliqués dans les activités de ce réseau international de trafic de cocaïne. En outre, précise le document, quatre véhicules, un lot de documents administratifs, du haschich, un kit de consommation de skunk, une arme et des munitions, des titres de propriété portant sur du foncier, du matériel de télécommunication, ainsi qu'une importante somme d'argent, en CFA et en devises étrangères (Dollars et Pounds) ont été saisis par devers les mis en cause. Les individus arrêtés sont actuellement placés en garde à vue et les investigations se poursuivent en vue d'interpeller toute autre personne mêlée à ces activités criminelles. Il faut souligner que cette saisie fait suite à une opération de surveillance de cibles d'importance majeure lancée depuis plusieurs mois par l'Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants, en relation avec ses partenaires. Dans le communiqué, la police nationale réaffirme sa détermination à combattre le trafic illicite des stupéfiants sous toutes ses formes et réitère son appel à la population pour une meilleure synergie contre la criminalité.
Le secrétaire d'État Amadou chérif Diouf en Espagne
Amadou chérif Diouf, secrétaire d'État aux Sénégalais de l’Extérieur, était en Espagne les 09 et 10 mai 2024, suite une invitation de son homologue espagnol. Profitant de l’occasion, ce dernier a demandé aux représentations diplomatique et consulaire sur place d’organiser des rencontres avec les communautés sénégalaises en Espagne afin d'échanger sur les problématiques relatives à différents défis les concernant. Selon une note, c’est dans ce registre que deux réunions ont été programmées par l'ambassade et le consulat général du Sénégal à Madrid. D’après la source, des autorités diplomatiques et consulaires, en coordination avec les entités sénégalaises, des participants venus de diverses zones d'Espagne, ont pris part aux activités. Lors de son voyage, Amadou Chérif Diouf a rencontré les 152 Sénégalais qui y sont arrivés récemment dans le cadre du programme de la migration circulaire entre l'Espagne et le Sénégal. Dans leurs échanges, le secrétaire d'État aux Sénégalais de l’Extérieur a apporté des réponses à ses concitoyens et a pris bonne note des difficultés évoquées.
Feu vert de l’Omvs pour le prélèvement de l’eau…
L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a autorisé le prélèvement de l’eau à partir du fleuve Sénégal pour l’exécution de l’autoroute de l’eau, selon le Premier ministre Ousmane Sonko. Pour le chef du gouvernement, le fleuve Sénégal va traverser une bonne partie du pays pour régler tous les besoins en eau pour usage personnel, l’élevage et l’agriculture.
Sidath suspendu de la RFM
Le célèbre animateur de la RFM a été suspendu hier par le directeur de la radio, El Hadji Assane Guèye. Selon ce dernier, il lui a été donné de constater à travers une vidéo diffusée dans les réseaux sociaux, que Sidath a tenu des propos irrespectueux, relevant d'une insubordination hiérarchique à l'encontre du directeur de la RFM. Par conséquent, El Hadji Assane lui a adressé une lettre pour lui notifier une interdiction d'antenne à compter d’hier, jusqu'à nouvel ordre.
La formation duale comme une solution alternative
Chaque année plus de 300 000 jeunes arrivent sur le marché de l’emploi. C’est dans ce sens qu’un forum national a été organisé sur la formation école et entreprise hier. Selon le conseiller technique du ministre de la Formation professionnelle, Ndiogou Sène, l'analyse des modèles des formations antérieures montre qu'il y avait toujours ce problème d'insertion des jeunes formés. A l’en croire, dans les pays où la formation duale est appliquée, le taux de chômage est devenu le plus bas surtout en Europe, notamment en Allemagne et en Suisse. Selon M. Sène, l'adéquation formation emploi ne veut pas dire que nous n'aurons pas des gens bien formés. Cependant, la formation duale appliquée dans les pays développés fait face à une réalité socio-économique différente de celle du Sénégal. L'entreprise recrute déjà les jeunes et les met en pratique moyennant un salaire ou un contrat d'apprentissage alors qu’au Sénégal, l’économie est basée sur l'informel. Il promet que le Sénégal va se réadapter. Dr Nina Neubecker chargée de coopération à l’ambassade d’Allemagne renseigne que des classes, dans 12 métiers très divers, dans 5 secteurs, ont été lancées avec la participation de 30 établissements, 200 entreprises et plus de 800 nouveaux apprenants.
I Tall assène un coup de poing à un policier
Ivre comme un polonais, I Tall a osé insulter et donner un coup de poing au limier, M Kanté. Il a été traîné en justice pour rébellion, outrage à agent dans l’exercice de ses fonctions et violences et voies de fait. Le prévenu a réfuté les accusations devant le tribunal de grande instance de Dakar statuant en flagrant délit. Selon lui, il est victime dans cette affaire. Le juge renseigne que le policier qui était en faction avait vu I Tall en train de se disputer avec le taximan. Lorsqu’il est intervenu, il lui a asséné un coup de poing. Le mis en cause n’était pas à son coup d’essai car il a purgé des peines ferme d'un et 3 mois pour mise en danger de la vie d'autrui et coups et blessures volontaires. Me Iba Mar Diop et Me Mame Coumba Kane de la défense ont plaidé l’application de la loi parce que l'alcool a eu raison de leur client. Le tribunal a déclaré I. Tall coupable avant de le condamner à 6 mois dont deux ferme.
FONDS COVID-19, LE MINISTRE DE LA JUSTICE PRÉPARE L’OFFENSIVE JUDICIAIRE
Dans son rapport, la Cour des comptes avait relevé de nombreuses fautes de gestion, des conflits d’intérêts et autres entorses au Code des marchés. Elle avait même réclamé l'ouverture d'une information judiciaire contre au moins dix responsables.
Le régime en place semble préparer une offensive judiciaire sur les conclusions du rapport de la Cour des comptes sur le la gestion du Fonds Force Covid-19.
Le ministre de la Justice prépare une offensive judiciaire sur les nombreux cas de prévarication de nos deniers publics constatés par la Cour des Comptes, sur la gestion du Fonds Covid-19. mercredi, la question a été évoquée en Conseil des ministres.
En effet, selon le communiqué officiel de la réunion, Ousmane Diagne, le Garde des Sceaux ministre de la Justice, a même «fait une communication sur le traitement judiciaire du rapport de la Cour des Comptes portant sur la gestion des fonds Covid».
Dans son rapport, la Cour des comptes avait relevé de nombreuses fautes de gestion, des conflits d’intérêts et autres entorses au Code des marchés. Elle avait même réclamé l'ouverture d'une information judiciaire contre au moins dix responsables.
CE QUE L'ON SAIT DE L'ARRESTATION D'ABDOULAYE SECK
Exploitant une information de longue date, l'Ocrtis a arrêté 8 personnes, dont le fils de l'ancien Premier ministre, en possession de 18kg de cocaïne. Les investigations mettent au jour un vaste réseau opérant en Afrique et en Europe
Les policiers de l'Office central de la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) ont arrêté Abdoulaye Seck, fils d'un ancien premier ministre du Sénégal et ses complices.
Les éléments de l'Ocrtis de Dakar ont été aidés par leurs pairs des zones de Kaolack, Mbour et Dakar, pour saisir une énorme quantité de drogue dure. Au moment de leur interpellation, les «trafiquants» étaient en possession de 18 kilogrammes de cocaïne et d'autres matériels directement liés au trafic international, renseigne L'Obs.
Cette arrestation serait partie d'une information exploitée depuis plusieurs mois par des policiers de l'Office central de la répression du trafic illicite des stupéfiants, basés à Dakar. L'info faisait état d'un vaste réseau de trafic international de drogue, entrepris par une bande de huit (08) malfaiteurs dont A. Seck, fils de Idrissa Seck. Munis de cette information, les policiers, spécialisés dans la lutte contre le trafic de drogue, vont soigneusement surveiller cette opération avant de procéder à l'arrestation des mis en cause, en provenance de la sous-région avec 18 kilogrammes de drogue.
Les forces de l'ordre vont également mettre la main sur un important lot de matériels destiné à l'exportation vers des pays de l'Europe. Il s'agit, entre autres, des munitions, un kit de consommation de skunks, des titres de propriété portant sur du foncier, une arme, du haschich, quatre (04) véhicules et du matériel de télécommunication. Une forte somme d'argent en Dollars et Livres sterling a été découverte par devers les malfaiteurs. Toutes les personnes interpellées sont actuellement placées en garde à vue dans les locaux de l'Ocrtis à Dakar. Ils cheminent directement vers la Chambre criminelle, si les charges sont confirmées à l'enquête et à l'instruction.
ORPAILLAGE CLANDESTIN, LA GENDARMERIE INTERPELLE 18 PERSONNES À SARAYA
Sous la direction de l’adjudant Ndao, les éléments de la brigade de gendarmerie territoriale de Saraya ont récemment effectué une descente surprise à Sansamba, mettant fin à des activités d’extraction illégale.
Les opérations de démantèlement des sites d’orpaillage clandestins continuent de porter leurs fruits à Saraya. Sous la direction de l’adjudant Ndao, les éléments de la brigade de gendarmerie territoriale de Saraya ont récemment effectué une descente surprise à Sansamba, mettant fin à des activités d’extraction illégale de substances minérales.
Lors de cette opération, seize ressortissants burkinabés et deux Maliens ont été interpellés. En plus des arrestations, les gendarmes ont saisi un lot important de matériel, comprenant dix-sept motos, quatre motopompes, trois groupes électrogènes, deux pompes à eau, six poulies et 21 grammes d’or.
Les dix-huit individus sont actuellement en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Saraya et seront déférés au parquet près du tribunal de grande instance de Kédougou pour exploitation illégale de substances minérales et altération du domaine forestier. Ces actions illustrent la détermination des autorités à lutter contre l’orpaillage clandestin et à protéger les ressources naturelles du pays.
Par Idrissa Doucouré & Magaye Gaye
VERS UNE SOUVERAINETE ECONOMIQUE AUDACIEUSE
Le Sénégal, une nation en pleine évolution, se prépare à affirmer sa souveraineté économique face aux institutions de Bretton Woods et autres institutions de développement international.
Le Sénégal, une nation en pleine évolution, se prépare à affirmer sa souveraineté économique face aux institutions de Bretton Woods et autres institutions de développement international. Cette démarche décisive est marquée par l'arrivée d'une nouvelle génération de dirigeants, qui hérite d'un pays confronté aux défis de la dette, de la dépendance économique et d'une économie mal équilibrée.
L'Afrique subsaharienne, y compris le Sénégal, a longtemps souffert des conséquences négatives de la pression exercée par les institutions de Bretton Woods. Ces dernières ont souvent imposé des politiques "one-size-fits-all", qui ignorent les spécificités locales et les besoins réels des pays en développement. Le résultat a été une explosion de la dette, qui a réduit la capacité du gouvernement sénégalais à investir dans les secteurs clés du développement, tels que l'éducation, la sécurité sociale et les infrastructures.
En dépit du talent et de l'expertise des cadres africains au sein de ces institutions, ils semblent souvent plus disposés à servir de bouclier qu'à exercer une influence efficace en faveur des pays africains. Cette observation souligne l'importance d'une réévaluation des relations qu’entretient le Sénégal avec les institutions de Bretton Woods et d'une démarche visant à renforcer sa souveraineté économique.
Le chemin vers la souveraineté économique passe par une réduction de la dépendance du pays aux institutions de développement international. Cela implique la promotion des investissements dans les secteurs clés pour le développement durable et inclusif, tels que l'agriculture, l'éducation, la sécurité sociale et les technologies de l'information.
La nouvelle génération de dirigeants sénégalais a l'opportunité unique d'adopter une approche différente pour renforcer la souveraineté économique du pays. Il s’agit essentiellement d’une nouvelle approche qui favorise une économie de marché plus forte et plus résiliente.
Le moment est arrivé pour les autorités sénégalaises d'adopter des mesures importantes pour réorienter les politiques économiques du pays vers une souveraineté nationale renforcée. Cela doit inclure la réduction des pressions extérieures, la diversification des partenariats économiques et la mise en place de politiques qui favorisent l'indépendance économique.
Le Sénégal doit également se concentrer sur la gestion efficace de ses ressources endogènes, y compris la renégociation des contrats sur nos ressources naturelles, la réforme des pratiques fiscales et la rationalisation des ressources publiques.
Enfin, le Sénégal doit adopter une approche proactive pour gérer sa dette, y compris la réduction des taux d’intérêts, la conversion de ces intérêts en capital et l'élaboration d'un plan de restructuration de sa dette. La récupération des avoirs illégalement subtilisés et l'engagement dans des partenariats financiers diversifiés, pour une mobilisation accrue des investissements directs étrangers, le rôle central de la diaspora pour des investissements privés massifs et le transfert de technologies, sont également des voies pour renforcer les capacités du Sénégal à maîtriser sa nouvelle dynamique économique.
Le Sénégal a le potentiel d'affirmer sa souveraineté économique et de construire un développement durable et inclusif sur la base de ses propres ressources et compétences. Pour y parvenir, il est essentiel que le pays se concentre sur la mise en place de politiques et de pratiques économiques qui favorisent l'indépendance, la justice et le bien-être de tous les Sénégalais.
Avec toute notre considération et notre engagement pour un Sénégal souverain et prospère.
Par Jabulani Sikhakhane
LES MARGES DE MANOEUVRES LIMITEES DU NOUVEAU POUVOIR
L'avènement d'un nouveau pouvoir offre l’occasion de renforcer la gouvernance transparente et de lutter contre les inégalités dans le pays.
L'élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence du Sénégal le 24 mars 2024, après un processus électoral mouvementé, reflète la résilience des institutions démocratiques du pays. L'avènement d'un nouveau pouvoir offre l’occasion de renforcer la gouvernance transparente et de lutter contre les inégalités dans le pays. C'est la première fois depuis l'indépendance du Sénégal de la France en 1960 qu'un candidat de l'opposition gagnait une élection dès le premier tour.
Faye, qui a été libéré de prison dix jours avant le scrutin, a en effet remporté le scrutin avec 54,28 % des suffrages, devant ainsi le cinquième président du Sénégal. Il a immédiatement nommé son camarade et leader de parti Ousmane Sonko au poste de Premier ministre.
Les médias occidentaux ont tenté de montrer que Faye, présenté comme un “panafricaniste de gauche”, souhaitait promouvoir une culture africaine authentique pour rompre avec l'influence occidentale postcoloniale. L'orientation politique du duo Faye-Sonko correspond surtout à celle de leur parti, les Patriotes du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité (Pastef), une organisation fondée par Sonko en 2014.
Bien que leurs intentions paraissent radicales, leur principal objectif est de renforcer l'indépendance nationale du pays. Cette orientation nationaliste rapprochera également le nouveau gouvernement du Sénégal des juntes militaires voisines qui gouvernent la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Paris, qui a toujours eu à cœur de préserver sa présence postcoloniale, notamment ses bases militaires, le franc CFA et la langue française, est désormais contraint de suivre les événements.
En tant que chercheur, j'ai analysé les transitions démocratiques au Sénégal. Ma récente étude analyse les forces, faiblesses, opportunités et menaces associées aux politiques des nouvelles autorités. Selon moi, le gouvernement sénégalais devra bientôt s'adapter à la dure réalité des inégalités économiques.
CONTRATS DE “DEPOSSESSION”
Faye et Sonko ont promis de renégocier les termes de la monnaie CFA, soutenue par la France, ainsi que les contrats pétroliers et gaziers avec des sociétés étrangères, tels que BP, Kosmos Energy et Woodside Energy Group afin d'augmenter les revenus de l'État issus de ces ressources énergétiques.
Sonko a qualifié à plusieurs reprises ces contrats de “dépossession” des Sénégalais, parce que les ressources auraient été vendues bien en dessous de leur valeur. De quoi provoquer une agitation au sein du secteur, après plusieurs milliards de dollars d’investissements cumulés entre majors et sous-traitants locaux, directement ou indirectement. En outre, les prévisions de croissance sont devenues plus sombres en raison de l’effondrement de la demande mondiale de nouvelles sources d’énergie.
L'intention de “protéger” l'industrie pétrolière et gazière de tout contrôle étranger pourrait décourager les investissements dans ce secteur.
Du côté de la demande, la croissance de la consommation privée a ralenti, reflétant la perte de pouvoir d'achat liée à une inflation élevée, tandis que l'investissement a été affecté par les incertitudes liées au climat sociopolitique.
Du côté de l'offre, l'activité dans le secteur tertiaire, touchée par les troubles sociaux et les tensions politiques, a ralenti. L’inflation est restée élevée, même si elle devrait se modérer à 6,1 % en 2023, après avoir culminé à environ 9,7 % en 2022, suite à la chute des prix internationaux des matières premières et à la normalisation des chaînes d’approvisionnement.
Les vulnérabilités structurelles telles qu'une faible productivité, un capital humain limité, des niveaux élevés d'activité informelle et l'émigration des jeunes ont persisté et ont été exacerbées par des chocs externes tels que la pandémie de COVID-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
SENTIMENT D'EXCLUSION
L'écart entre le potentiel économique et les niveaux de pauvreté alimente la frustration et le sentiment d'exclusion de la population, la rendant vulnérable au recrutement par des groupes extrémistes. Citons l'exemple de la région aurifère de Kédougou dans le sud-est du pays, l’une des plus pauvres du pays. Cette région représente un risque sécuritaire pour le Sénégal, selon l’Institut d’études de sécurité (ISS) qui a appelé à accélérer la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle pour réduire l’exploitation illégale et renforcer le contrôle de la chaîne de commercialisation de l’or.
Mais le Fonds monétaire international (FMI) a déjà mis en garde le gouvernement et ajusté ses prévisions de croissance économique pour le pays, les réduisant de 10,6 % à 8,3 % en raison de retards antérieurs dans ces projets énergétiques clés.
D'autres doutes ont été soulevés quant à la légalité des accords antérieurs, notamment celui de cession des concessions d'exploration de Saint-Louis et Cayar (Kayar), actuellement détenues par BP. Par exemple, en novembre 2023, des rapports ont révélé que BP s’était retiré du champ de gaz naturel de Yakaar-Teranga au large du Sénégal à la suite de désaccords avec le gouvernement local.
Par ailleurs, la société Petrosen, la compagnie pétrolière nationale du Sénégal, a confirmé un certain attentisme. Il estime qu'il sera difficile de renégocier les contrats de gaz de Sangomar ou de GTA, déjà en cours, et insiste sur le fait que ce dernier champ est partagé physiquement et commercialement avec la Mauritanie. Rien ne pourrait donc se faire sans la Mauritanie, qui n'a jamais parlé de renégociation des contrats.
INEGALITES ECONOMIQUES
Cependant, Dakar devra bientôt s'adapter à la dure réalité des inégalités économiques. Il doit tenir ses promesses électorales de lutter contre la corruption, donner la priorité aux intérêts économiques nationaux et créer des emplois pour la population du pays, notamment pour les jeunes chômeurs.
Les jeunes en âge de travailler représentent plus de la moitié des chômeurs. L’écart entre le potentiel économique et les niveaux de pauvreté alimente la frustration. Il existe un sentiment d’exclusion parmi les jeunes, ce qui les rend vulnérables au recrutement par des groupes extrémistes.
Le nouveau président entend également renégocier les accords de pêche et développer la production locale tant alimentaire qu'industrielle afin d'assurer la sécurité alimentaire tout en réduisant les importations coûteuses. Cependant, les subventions probables aux biens essentiels pourraient conduire à des conflits avec le FMI sur la mise en œuvre du programme.
En ce qui concerne la création d'une monnaie souveraine, il est logique de mettre en œuvre les plans existants visant à remplacer le franc CFA au sein de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) par la monnaie indépendante, “l'éco”, la monnaie régionale en gestation.
Cependant, l’administration est confrontée à plusieurs défis qui pourraient entraver la réalisation de ses objectifs. Ceux-ci incluent les formalités administratives, l’insuffisance des infrastructures et l’accès limité au financement pour les petites et moyennes entreprises. En outre, la persistance des inégalités socio-économiques constitue une menace importante pour la cohésion sociale et la stabilité politique.
Néanmoins, l’administration doit faire face à des menaces potentielles telles que le changement climatique, les risques de sécurité et l’instabilité régionale. La vulnérabilité du Sénégal aux risques environnementaux, notamment les sécheresses et l'élévation du niveau de la mer, constitue un risque important pour la productivité agricole et la sécurité alimentaire.
En outre, les conflits en cours dans les pays voisins pourraient avoir des retombées sur la stabilité politique et le développement économique du Sénégal.
LES PERSPECTIVES
En définitive, le programme politique défini par l'administration Faye-Sonko est à la fois prometteur et porteur de défis pour les perspectives politiques et économiques à long terme du Sénégal.
Même si leur engagement en faveur d’une gouvernance démocratique et d’un développement inclusif est louable, la lutte contre les obstacles structurels et les menaces extérieures seront cruciales pour concrétiser leur vision d’un Sénégal prospère et stable.
En tirant parti des opportunités et en atténuant les menaces, l’administration peut ouvrir la voie à une croissance et à une prospérité durables pour tous les citoyens sénégalais.
par Fatoumata Bernadette Sonko
UN SIÈCLE DES FEMMES SANS LES SÉNÉGALAISES ?
La toponomie, qui reflète une reconnaissance symbolique, immortalise les hommes et enterre les femmes. Masculine et coloniale, elle les efface de notre mémoire collective. Ainsi a été conçu et perpétué un imaginaire difficile à déconstruire
La logique quantitative de la sous-représentation des femmes dans les instances décisionnelles domine le débat au Sénégal : 4 femmes ministres sur 30 membres du nouveau gouvernement, soit 13% pour 49,6% de la population. La même tendance s’observe avec les nominations hebdomadaires du Conseil des ministres pour les principaux postes décisionnels. En somme, un sevrage brutal, suivi d’un régime draconien, digne d’un « programme d’ajustement structurel » au féminin. Au-delà de l’indignation collective, cette minorisation des femmes interpelle et fait réfléchir sur ses origines, la construction idéologique qui la sous-tend et ses structures de légitimation.
Bâtie sur des fondements patriarcaux, notre société perpétue le processus d’ostracisation des femmes non seulement depuis la « déterritorialisation » occasionnée par l’arrivée des religions du Livre et la colonisation, mais aussi la poursuite de cette exclusion par les autorités sénégalaises à partir de 1960. On comprend mieux pourquoi des interprétations conservatrices des préceptes religieux sont encore mises en avant pour essayer de justifier la relégation des femmes dans la catégorie des « cadets sociaux ».
Dans les sociétés négro-africaines adossées aux logiques du matriarcat telles que définies par Cheikh Anta Diop dans L'Unité culturelle de l'Afrique noire (1959), les femmes participaient à toutes les instances de pouvoir politique, social et même religieux au sein de la famille et de la communauté. La division sexuelle du travail ne reposait ni sur une hiérarchie, ni sur une oppression d’un sexe par l’autre. Il existait « un dualisme harmonieux, une association acceptée par les hommes et les femmes où chacun s’épanouit pleinement en se livrant à l’activité qui est la plus conforme à sa nature physiologique » (p. 114).
Le système colonial a déstructuré cette organisation sociale et politique en arrimant la place des femmes à une logique patriarcale. Les colonisateurs portaient un regard spéculaire sur les Africaines à l’image des femmes de leur pays qui avaient un statut de mineure et étaient sous la dépendance des hommes (père, frère, mari et fils). En imposant l’hégémonie masculine, l’État colonial a dépossédé les femmes. C’est ainsi que la loi foncière de 1904, qui attribue toute propriété au chef de famille, c’est-à-dire le mari, seul propriétaire des biens, a réduit leurs conditions d’accès à la terre. Dans le domaine de l’éducation, l’École normale de filles n’a été mise en place qu’en 1939, vingt ans après celle des garçons, pour les initier à des métiers subalternes. Pour mieux écarter les femmes de la vie politique décisionnelle, l’administration coloniale a ostensiblement ignoré leur pouvoir traditionnel, leurs chefferies et leurs prêtrises. L’idéologie patriarcale a servi de pivot à la politique coloniale et à ses relations avec les différentes aristocraties locales, puis avec les milieux maraboutiques.
À l’Indépendance, en 1960, les nouvelles autorités héritent des valeurs infériorisant les femmes, les perpétuent à travers les institutions et prolongent le « contrat social sénégalais » - expression que nous empruntons à Donal Cruise O’Brien - avec les chefs confrériques. Engagées en première ligne dans la lutte pour la décolonisation et l’émancipation du pays, les Sénégalaises n’ont pas vu leur situation changer. Au contraire, elles étaient encore confinées et orientées par le pouvoir des hommes (politique, syndical, législatif) dans des espaces discursifs réduits (mouvements de femmes, associations féminines).
Taillé sur mesure par et pour les hommes, le Code de la famille (1972) ne fait que cristalliser l’assujettissement des femmes. L’essentiel de ses dispositions leur sont défavorables. Par exemple dans le cadre du mariage, le mari est reconnu comme le seul chef de famille (art. 152, CF), l’autorité, celui qui choisit exclusivement la résidence conjugale (Art. 153, CF) et exerce la puissance paternelle (art. 277, CF). En cas de divorce, les femmes peuvent même être condamnées à payer une pension alimentaire pour leurs enfants quand la garde est attribuée au père. La mère, même si elle participe à l’entretien du ménage et à l’éducation des enfants communs, ne peut pas bénéficier des suppléments pour charge de famille. « Ces charges pèsent à titre principal sur le mari » (art. 375, CF).
La socialisation différenciée par une stratification liée au sexe fabrique des attentes différentes. Les filles sont éduquées à rendre service aux autres et à conjuguer au quotidien les verbes « Plaire, Avoir et Satisfaire », des P.A.S à assimiler systématiquement pour entrer dans le schéma social et œuvrer pour leur réussite conjugale. Elles doivent se prévaloir d’une « langue courte » renvoyant à un silence construit et validé par la société, avoir des « pas courts » pour ne pas franchir l’espace assigné qu’avec une autorisation masculine et un « regard court » qui ne questionne pas les fondements de leur subordination. Étroitement surveillées, elles subissent, à chaque étape de leur vie, les contrôles d’une société panoptique, au sens foucaldien. Une surveillance qui contraste avec celle des garçons encouragés à monopoliser l’espace, à le conquérir, à y bâtir et conserver leur réussite professionnelle.
L’école, une passerelle qu’empruntent plusieurs générations, exclut les femmes des pages de l’histoire. De fines traces apparaissent dans les manuels scolaires pour mieux les occulter, voire les oublier. L’oralité, « moyen d’expression féminine par excellence », est négligée.
La toponomie, qui reflète une reconnaissance symbolique, immortalise les hommes et enterre les femmes. Masculine et coloniale, elle les efface de notre mémoire collective.
Les représentations véhiculées par les médias accordent plus de visibilité et de poids aux hommes. Ce miroir déformé, qui n’est qu’une réplique réflexive de la configuration sociale, renforce l’invisibilité et l’inaudibilité des femmes dans les sphères décisionnelles. Ainsi a été conçu et perpétué un imaginaire difficile à déconstruire.
Aussi, cette somme de facteurs, entre autres, entrave-t-elle les fragiles avancées des droits acquis par les femmes. Et, sans un changement d’imaginaire social, nommer des femmes à des postes de « visibilité » ne permet pas de briser les stéréotypes solidement ancrés dans les mentalités. La loi sur la parité ne bouleverse pas le système d’inégalité dénoncé et ne change pas, non plus, la réalité sociologique. Il ne suffit pas de changer la culture politique, mais les soubassements de pratiques culturelles qui les marginalisent. Il urge, donc, de s’attaquer aux fondements des structures sociales basées sur des privilèges et des curricula masculins.
La rupture prônée par le gouvernement, qui met l’accent sur le bien-être social de tous les Sénégalais, commence par la famille et dans la famille. Les femmes en constituent le socle, le « poteau mitan ». Pour atteindre ce bien-être, elles doivent être au cœur du « Projet ». Leur mise à l’écart est une reconnaissance a minima de leur central rôle communautaire.
Le débat sémantique sur l’appellation du ministère de la Famille à la place du ministère de la Femme ne doit pas s’embourber dans des raccourcis de pensée. Il doit aller au-delà de ce clivage pour apporter des réponses diversifiées et conjuguées aux préoccupations quotidiennes de toutes les femmes comme la sécurité, l’adaptabilité des services publics et du transport en commun, l’accès au foncier et aux crédits, l’encadrement du travail des employées domestiques, la prise en charge par l’État des traitements de fertilité pour les couples en difficulté de procréation, les congés de maternité pour toutes, etc.
La redéfinition des luttes à partir d’un schéma endogène est une priorité pour éviter le piège d’un féminisme médiatique communiquant à tout va, un féminisme sans boussole, ni colonne vertébrale qui emprisonne les femmes.
Le rapport au pouvoir des femmes ne doit pas se résumer en une énumération quantitative de leur présence dans les instances décisionnelles ou se limiter à la parité en termes de représentativité politique. Ces tendances conjoncturelles ont aussi montré leurs limites.
La sous-représentation des femmes, qui régit tous les compartiments de la vie sociale, au-delà d’un sémantisme construit, n’est qu’un continuum. Elle est politique et l’engagement politique en est l’antidote. C’est dans l’arène politique, lieu d’exercice du pouvoir, que les femmes doivent mener le combat pour faire bouger les lignes, s’en approprier comme un lieu de libération malgré le coût social élevé du billet d’entrée, refuser de servir « d’escaliers » aux hommes et assumer leur leadership au lieu d’attendre des substituts de reconnaissance pour se débarrasser de leur « mussoor de verre ».
Fatoumata Bernadette Sonko est Enseignante-chercheure, CESTI-UCAD.