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28 février 2025
SONKO DÉFEND LA SOUVERAINETÉ MONÉTAIRE, UN ENJEU CRUCIAL POUR L'AFRIQUE
Lors d'une intervention remarquée ce jeudi 16 mai 2024 à l'Ucad, le leader du Pastef a développé sa vision économique plaçant la conquête d'une souveraineté monétaire au cœur de la relance industrielle du Sénégal
Lors d'une conférence publique conjointe à l'Ucad ce jeudi 16 mai 2024, Ousmane Sonko et Jean-Luc Mélenchon, figures de proue respectives du Pastef au Sénégal et de la France Insoumise, ont plaidé avec force pour la souveraineté monétaire des nations africaines. Un sujet brûlant qui fait souvent figure de tabou sur le continent.
Sonko a rappelé avec verve les mots visionnaires du Général de Gaulle qui, à la veille du débarquement allié en Normandie, s'opposa farouchement au projet américain d'imposer un "billet drapeau" à la France libérée. "Allez, faites la guerre avec votre fausse monnaie", lança alors le célèbre homme d'État français, bien décidé à préserver la souveraineté monétaire de son pays.
Pour le leader du Pastef, cette anecdote historique illustre l'importance vitale pour tout État de maîtriser pleinement sa monnaie, "puissant levier économique et instrument de souveraineté". Il a dénoncé le fait que les pays africains soient contraints de s'endetter en devises étrangères, les exposant aux aléas des marchés financiers mondiaux.
Sonko a ensuite développé la vision économique de son parti, plaidant pour une "sortie prudente" du Franc CFA au profit d'une monnaie nationale flexible, adossée à plusieurs devises de référence. Objectif : stimuler la compétitivité, relancer l'activité industrielle et reconquérir des marges de manœuvre monétaires actuellement bridées par les réserves obligatoires.
Reprenant la parole, Jean-Luc Mélenchon a salué ces analyses "éclairantes" et rappelé les débats houleux ayant entouré la création de l'Euro en France, preuve que la question monétaire soulève les passions au sein même des démocraties les plus solides.
"Nous n'avons pas le droit de parler de notre propre monnaie, on refuse d'en débattre (...) Et pourtant en France, on peut débattre de l'Euro à l'Assemblée nationale", a martelé Sonko, regrettant les entraves au débat monétaire qui perdurent en Afrique.
SONKO APPELLE À UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT MADE IN AFRICA
Lors d'une conférence à l'Ucad aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, le Premier ministre a lancé un vibrant plaidoyer pour une rupture radicale avec les schémas traditionnels basés sur la dette et la dépendance aux investissements étrangers
Ousmane Sonko a lancé un vibrant plaidoyer pour un modèle de développement entièrement repensé pour l'Afrique, lors de sa conférence publique à l'UCAD aux côtés de Jean-Luc Mélenchon ce jeudi 16 mai 2024. Résolument tourné vers la mobilisation des ressources endogènes, ce projet vise à briser les schémas paternalistes hérités du passé.
"Je n'implique pas tous ces maux qui nous gangrènent à des responsabilités extérieures", a tonné le leader de Pastef. Selon lui, l'ensemble des problèmes qui rongent le continent - détournements de fonds publics, mauvaises politiques - ne peuvent plus être imputés aux partenaires étrangers mais incombent à "l'irresponsabilité des élites" africaines.
Sonko rejette avec force le modèle actuel imposé par "le libéralisme ambiant" qui a relégué les Africains au rang de "marginaux sur leur propre continent". Une croissance extravertie, dépendante des investissements étrangers et d'une dette libellée en devises, qui n'a fait qu'accroître pauvreté et chômage selon ses termes.
Face à ce constat amer, le leader de Pastef prône une rupture radicale : "L'Afrique peut et doit être sa propre locomotive de croissance mondiale". Un développement endogène, tiré par le secteur privé national et les PME dans un cadre juridique stabilisé, avec le soutien d'investissements et de transferts de technologies ciblés des partenaires internationaux.
"Nous avons été élus sur un programme, un projet, une vision", a insisté Sonko, martelant que son équipe appliquera ce "modèle opposé" au système actuel qui n'a fait que perpétuer la marginalisation du continent.
LES GRIEFS DE SONKO CONTRE L'OCCIDENT
"Pourquoi faudrait-il que des problèmes politiques en Afrique soient réglés par les Africains sur commande extérieure, en s'attaquant à des pays frères et à leur population ? Nous ne pouvons pas l'accepter!", a martelé le leader de Pastef
L'Occident et l'Europe, si prompts à donner des leçons de démocratie, semblent avoir un double standard flagrant lorsqu'il s'agit de traiter avec les pays africains. C'est le constat amer dressé par Ousmane Sonko et Jean-Luc Mélenchon lors de leur conférence publique à l'UCAD ce jeudi 16 mai 2024.
Sonko a dénoncé avec force les sanctions et embargos imposés aux pays du Sahel par ces mêmes nations occidentales qui ferment les yeux sur les dérives antidémocratiques quand leurs intérêts économiques sont en jeu. "Pourquoi faudrait-il que des problèmes politiques en Afrique soient réglés par les Africains sur commande extérieure, en s'attaquant à des pays frères et à leur population ? Nous ne pouvons pas l'accepter!", a martelé le leader de Pastef.
L'hôte du leader de la France Insoumise a pointé du doigt "cette ambivalence dans les prises de position" de l'Occident, qui a fini par discréditer celui-ci aux yeux des peuples africains "éveillés" et informés. Selon lui, il est inacceptable que l'Europe négocie du pétrole ou des marchés avec des "régimes non démocratiques" quand cela l'arrange, tout en condamnant sans nuance d'autres pays pour les mêmes travers.
Les deux hommes politiques ont appelé à "refonder" les relations entre l'Afrique et l'Europe, lassés des "tergiversations" et du "deux poids deux mesures" de l'Occident sur le continent. Ils dénoncent une ingérence sélective qui ne fait qu'attiser les rancœurs plutôt que de résoudre les crises.
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL TCHADIEN CONFIRME L'ELECTION DE MAHAMAT IDRISS DEBY
Au Tchad, le président du Conseil constitutionnel Jean-Bernard Padaré a passé de longues minutes à détailler la décision de l’institution pour motiver le rejet des recours, dont celui d’Albert Pahimi Padacké.
Au Tchad, le président du Conseil constitutionnel Jean-Bernard Padaré a passé de longues minutes à détailler la décision de l’institution pour motiver le rejet des recours, dont celui d’Albert Pahimi Padacké. Ce dernier demandait l’annulation des votes dans cinq provinces, dans l’espoir de monter à la deuxième place du scrutin.
Dans 12 points présentés, le parti de Succès Masra réclamait pour sa part l’annulation totale de l’élection, s’appuyant sur son propre décompte pour se prévaloir de la « vérité des urnes ».
Il n'y a « pas assez de preuves et pas assez de précisions dans les allégations », a tancé le Conseil, face au siège vide du candidat numéro 7. Celui-ci, réservé à Succès Masra, était l'un des deux seuls adversaires de Mahamat Idriss Déby à avoir boudé cette cérémonie.
Les rectifications apportées par le Conseil aux chiffres de l’autorité électorale (Ange) sont marginales. Le président de la transition est officiellement élu avec 61 % des voix, contre 18,54 % pour son Premier ministre, et 16,93 % pour Albert Pahimi Padacké. Le taux de participation est lui de 75,78 %.
Succès Masra joue l’apaisement et reconnaît ne plus avoir de recours
Peu après ces annonces, Succès Masra s’est exprimé sur les réseaux sociaux, choisissant de jouer l’apaisement : pas de déclaration forte, le contraire de jeudi dernier lorsqu’il avait affirmé que les chiffres avaient été truqués. Succès Masra reconnaît ne plus avoir de voies de recours juridiques. Mais il a appelé à préserver son pays, à être patients, à servir le peuple « à tous les échelons ».
Néanmoins, « le changement est irréversible » dit-il, ajoutant que « le soleil de la vérité est fixe ». Succès Masra appelle à reprendre le bâton du pèlerin et à poursuivre la mobilisation pour un « Tchad nouveau », sans céder aux provocations.
De son côté, Albert Pahimi Padacké était lui représenté par son directeur de campagne. Celui-ci a regretté le rejet des recours de son candidat contre les résultats de cinq provinces, mais s’incline devant la décision du Conseil et estime que la page de la présidentielle est désormais tournée.
LA 32E EDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ OFFICIELLEMENT LANCEE
Une cérémonie consacrée à l’ouverture de la 32e édition du festival international de Jazz de Saint-Louis (nord), s’est déroulée jeudi après-midi, sur le mythique bateau ”Bou El Mogdad”, en présence de plusieurs personnalités dont le maire de la ville...
Saint-Louis, 16 mai (APS) – Une cérémonie consacrée à l’ouverture de la 32e édition du festival international de Jazz de Saint-Louis (nord), s’est déroulée jeudi après-midi, sur le mythique bateau ”Bou El Mogdad”, en présence de plusieurs personnalités dont le maire de la ville Mansour Faye.
Ce festival international est organisé à l’initiative de l’Association Saint-Louis Jazz, laquelle a été créée en 1992.
”En ma qualité de premier magistrat de la ville, je souhaite la bienvenue à tous les festivaliers venus d’horizons divers”, a déclaré l’édile de la ville au cours de cette cérémonie.
”Ce festival, a-t-il dit, crée un impact pour l’économie de la ville. Il y va de l’avenir de la commune. Saint-Louis Jazz doit rester et je suis davantage disponible à l’accompagner. Il faut garder l’âme du festival, surtout le +in+”.
Driss Benjelloun, secrétaire général de l’Association Saint-Louis Jazz est revenu sur le programme de cet évènement, rappelant que ce festival figure depuis 2016 dans le catalogue des plus importants festivals de jazz du monde.
Venu présider la cérémonie d’ouverture officielle de la 32e édition du Festival international de Jazz, l’adjoint au préfet du département Abdou Khadre Dieylani Bâ, a assuré que tout le nécessaire sera fait pour garantir la sécurité de ce grand rendez-vous culturel.
La directrice déléguée de l’institut français à Saint-Louis, Isabelle Boiro-Gruet, des représentants des différents partenaires entre autres, ont pris part à cette cérémonie.
Des artistes talentueux de renommée internationale à l’image de Carmen Souza (Portugal), Raphaël Pannier (France) vont également prendre part à ce grand rendez-vous inscrit dans l’agenda culturel national voire international, selon le comité d’organisation.
Pour cette année également, des artistes et talents locaux seront mis en lumière pour l’animation de la scène +Off+.
Évènement de dimension mondiale, le festival international de Jazz de Saint-Louis célèbre sa 32e édition à partir de ce jeudi jusqu’au lundi 20 mai 2024.
SONKO DÉNONCE LA COMPLICITÉ COUPABLE DE LA FRANCE DANS LA RÉPRESSION AU SÉNÉGAL
"Mutisme approbateur", "incitation à la répression"... Dans un discours musclé, le président de Pastef a vertement tancé, en compagnie de Mélenchon, l'attitude complaisante de Paris face aux violences qui ont ébranlé la démocratie sous Macky Sall
Lors d'une conférence publique à l'Université Cheikh Anta Diop avec Jean-Luc Mélenchon, leader de la France Insoumise, ce jeudi 16 mai 2024, Ousmane Sonko a vivement dénoncé l'attitude de la France face à la répression sanglante menée par l'ancien régime de Macky Sall contre son parti d'opposition, le Pastef.
Dans un discours cinglant, le dirigeant de Pastef a fustigé le "mutisme approbateur" et la "complicité coupable" du gouvernement français alors que des dizaines de manifestants ont été tués, des milliers blessés et plus d'un millier d'opposants emprisonnés sous le régime précédent.
"Vous n'avez jamais entendu le gouvernement français dénoncer ce qui se passait au Sénégal, vous n'avez jamais entendu l'Union européenne dénoncer ces violences", a martelé M. Sonko, dénonçant le soutien tacite accordé à Macky Sall malgré la répression brutale.
Pire encore, le président Macron a même "félicité" son homologue sénégalais "d'avoir fait ce qu'il fallait pour sauver son pays" au plus fort des violences contre l'opposition démocratique, a rappelé avec amertume le Premier ministre, qui dit se prononcer en qualité de chef de parti, le Pastef en l'occurence.
"C'est une incitation à la répression, une incitation à la persécution et à l'exécution de Sénégalais qui n'avaient comme seul crime que d'avoir un projet politique majoritaire", a cinglé Ousmane Sonko auprès de son hôte Jean-Luc Mélenchon.
Tout en dénonçant les "postures néocoloniales" et la volonté de "l'élite gouvernante française" d'entraver son "discours souverainiste", le président du Pastef a toutefois assuré vouloir "collaborer avec tous les États, y compris la France". Mais ses positions de fermeté face aux ingérences semblent promises à se poursuivre.
Cette prise de parole musclée marque un tournant dans les relations entre Dakar et Paris, au terme d'une période de violences meurtrières ayant profondément ébranlé la démocratie sénégalaise.
MÉLENCHON DÉFEND L'ÉMANCIPATION POPULAIRE
Pour l'homme politique français, la "révolution citoyenne" signifie le contrôle populaire sans instrumentalisation partisane. Elle garantirait souveraineté et indépendance en associant tous les niveaux d'action
Lors d'une conférence publique à l'Ucad ce jeudi aux côtés d'Ousmane Sonko, Jean-Luc Mélenchon a défendu son concept de "révolution citoyenne". Pour lui, cette révolution populaire n'est pas menée par des partis d'avant-garde mais par le peuple lui-même, via son auto-organisation. L'objectif est d'assurer la souveraineté du peuple et le contrôle populaire, deux éléments clés pour garantir l'indépendance et la liberté.
Mélenchon estime qu'un pouvoir issu d'une telle révolution citoyenne ne peut échapper au contrôle des masses. Il partage également avec Sonko l'idée d'une action politique inclusive qui repose sur la complémentarité et la symbiose entre les différents niveaux d'action.
La souveraineté du peuple est l’objectif de la révolution citoyenne.
Le PASTEF a raison : l'action politique n'est pas une injonction, elle doit être inclusive et auto-organisée.
Nous devons réaliser une révolution citoyenne, jusqu’à la victoire, comme celle des Sénégalais. pic.twitter.com/TK6lxlcr0L
DAKAR-ACCRA, UNE RÉORIENTATION DE LA COOPÉRATION VERS L’EXPLOITATION DU PÉTROLE ET DU GAZ EN PERSPECTIVE
La coopération du Sénégal avec le Ghana, un pays que le président Bassirou Diomaye Faye visite vendredi, va s’orienter vers le partage d’expériences réussies dans le domaine de l’exploitation des ressources naturelles.
Dakar, 16 mai (APS) – La coopération du Sénégal avec le Ghana, un pays que le président Bassirou Diomaye Faye visite vendredi, va s’orienter vers le partage d’expériences réussies dans le domaine de l’exploitation de ressources pétrolières et gazières, a souligné le Bureau d’information gouvernementale.
‘’Comme il l’a fait avec le Nigéria, le Sénégal a hissé l’exploitation des ressources pétrolières et gazières au centre de ses relations avec le Ghana. Il s’agit, pour les deux pays, de partager les expériences réussies en vue d’exploiter de manière optimale les ressources qui suscitent beaucoup d’espoir chez les populations’’, a notamment indiqué le BIG dans une note d’information parvenue à l’APS.
Le Bureau d’information gouvernementale assure qu’avec le Ghana, le Sénégal entretient des relations bilatérales solides, en évoquant par exemple la présence remarquée de Nana Akufo-Addo, le 02 avril dernier, à la cérémonie d’investiture de Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
‘’Au plan politique, l’axe Dakar-Accra est au beau fixe. Les visites effectuées par les différents dirigeants ont fini ces dernières années de consolider les liens entre les deux Nations’’, a expliqué le BIG en insistant sur le ‘’rôle important que jouent les deux pays dans le cadre du renforcement de la coopération au sein de la CEDEAO”, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest.
D’après des données avancées par le BIG, le Ghana demeure un partenaire commercial important pour le Sénégal.
‘’Ses exportations vers le Sénégal sont évaluées à 43,6 milliards FCFA, soit 9,0% en 2022. Ce qui en fait l’un des principaux fournisseurs du pays dans la zone CEDEAO, derrière le Nigéria (331,2 milliards FCFA, soit 68,7%) et la Côte d’Ivoire (72,8 milliards FCFA, soit 15,1%)’’, fait valoir le Bureau d’information gouvernementale.
Il signale que ces pays détiennent 92,8% des importations du Sénégal venant des pays de la CEDEAO.
Inversement, les exportations du Sénégal vers le Ghana sont estimées à 21,2 milliards FCFA en 2022 contre 14 milliards FCFA en 2021, rappelle le BIG.
PAR DR IDRISSA DOUCOURE
GRAINES DE CHANGEMENT : L’AGRICULTURE, NOUVEAU FER DE LANCE DU DÉVELOPPEMENT AU SÉNÉGAL
Dans le contexte actuel de la mondialisation où l’agriculture est de plus en plus reconnue comme un levier crucial pour le développement durable, certains États africains ont pris les devants grâce à l’adoption de politiques agricoles ...
Dans le contexte actuel de la mondialisation, où l’agriculture est de plus en plus reconnue comme un levier crucial pour le développement durable, certains États africains ont pris les devants grâce à l’adoption de politiques agricoles à la fois innovantes et efficaces. Notamment, le Maroc et l’Afrique du Sud se sont illustrés en adoptant des politiques basées sur le modèle d’agrégation agricole, ce qui les positionne comme des références dans ce domaine. Leur expérience accumulée est d’une grande source d’inspiration pour le Sénégal, qui cherche à transformer son secteur agricole en un moteur essentiel de sa croissance économique.
Le Plan Maroc Vert, lancé en 2008, est un exemple éloquent de cette stratégie. Ce plan avait pour objectif de repositionner l’agriculture comme le principal moteur de la croissance économique nationale. Au cœur de ce plan se trouve l’agrégation agricole, une approche visant à structurer le secteur en regroupant les petites exploitations familiales et les grands producteurs autour de projets communs. Ces projets sont coordonnés par un agrégateur, qui joue le rôle d’intermédiaire entre les agriculteurs, les fournisseurs d’intrants, les institutions financières, les industriels et les marchés. Cette approche a permis une augmentation significative de la production agricole, avec une croissance de 15 à 25 %, tout en améliorant la qualité des produits et en facilitant l’accès des petites exploitations aux marchés.
En parallèle, en Afrique du Sud, la politique d’agrégation agricole est intégrée au Comprehensive Agricultural Support Programme (CASP), qui vise à offrir un soutien exhaustif aux agriculteurs. Ce programme met l’accent sur l’intégration des petites exploitations dans des chaînes de valeur agricoles élargies, leur permettant ainsi d’accéder plus facilement aux marchés, aux financements et aux technologies modernes. Cette stratégie a entraîné une augmentation de la productivité estimée à 10 %, tout en améliorant la résilience des petites exploitations face aux fluctuations du marché.
Ces modèles de réussite mettent en évidence l’importance vitale des petites exploitations dans l’économie agricole, en les intégrant dans des systèmes d’agrégation qui renforcent leur capacité de production, de transformation et de commercialisation. Les bénéfices sont considérables : amélioration de la sécurité alimentaire, création d’emplois en grand nombre, augmentation des revenus des agriculteurs, et une contribution significative à l’économie nationale.
Pour le Sénégal, l’adoption d’un modèle similaire nécessite une approche systémique, stratégique et bien structurée. Il est crucial d’identifier des leaders agri-producteurs qui ont les capacités et l’intérêt à soutenir les coopératives communales agricoles pour endosser le rôle d’agrégateurs. Il est également essentiel de s’inspirer des succès modestes déjà obtenus au Sénégal, comme les initiatives Baay Seddo ou le projet du sous-secteur de la banane à l’exportation. Ces pionniers pourraient servir de modèle et de catalyseur pour l’intégration des petites exploitations, qui représentent plus de 70 % de la production agricole du pays.
Le financement est un autre aspect crucial de cette transformation. Des modèles de financement innovants, tels que les contrats de production et le financement intégré, sont nécessaires pour fournir les ressources essentielles à cette transformation.
La généralisation des assurances agricoles et les récépissés d’entrepôt sont également des instruments qui peuvent offrir plus de sécurité aux institutions de financement.
Selon nos estimations, il est possible de relever la productivité et la compétitivité de l’agriculture du Sénégal de l’ordre de 165 %, comparativement à ses potentialités actuelles.
De plus, l’intégration avec le secteur de l’élevage pourrait générer des synergies bénéfiques, en créant des chaînes de valeur intégrées qui maximisent la valeur ajoutée de chaque segment.
En conclusion, le Sénégal se trouve à un tournant décisif. En s’inspirant des succès obtenus par le Maroc et l’Afrique du Sud, et en adaptant ces modèles à son propre contexte, le Sénégal a l’opportunité de révolutionner son secteur agricole. Cela nécessite un engagement ferme de la part de tous les acteurs concernés, une vision claire et une détermination inébranlable. Ensemble, il est possible de transformer les défis en opportunités et de garantir un avenir prospère pour l’agriculture sénégalaise.
MÉLENCHON DÉFEND À DAKAR LE BRASSAGE FÉCOND DES CULTURES
Pour le leader de la France Insoumise, ignorer le lien culturel entre l'Afrique et sa diaspora, c'est se priver de comprendre l'histoire. Les échanges entre les peuples ont permis l'enrichissement mutuel des cultures selon lui
À conférence publique à l'Ucad avec Ousmane Sonko, Jean-Luc Mélenchon est intervenu pour défendre le lien profond qui unit chaque être humain à l'Afrique. Selon lui, l'histoire ne peut être comprise si on rompt ce "cordon ombilical". Il a rappelé que les premières mondialisations sont dues aux migrations humaines, qui ont permis aux sociétés d'accueil "d'apprendre" et à l'humanité de s'enrichir de nouvelles expériences.
Pour Mélenchon, le processus qui a uni les grands royaumes de l'Antiquité doit être compris dans sa "réalité concrète" à travers les échanges entre les hommes qui se "créolisent", mélangent leurs cultures. Face aux courants "racistes et ethnicistes" qui méprisent ces mélanges, il défend la "fécondation de l'humanité par sa migration et sa créolisation".
Un cordon ombilical unit chaque être humain à l’Afrique. Quiconque cherche à le rompre s’interdit de comprendre l’Histoire.
L’Histoire a commencé, s’est déroulée et rebondit aujourd’hui en Afrique par votre révolution citoyenne. pic.twitter.com/QEG17yB3iI