NDOGOU SUD
Ton’s, la peau de mouton en guise de natte de prière sous le bras, le bonnet carré bien vissé, sortait de la mosquée après ses dévotions de timis, quand sa route croisa celle d’Adja Awa « nekh derett »

Ton’s, la peau de mouton en guise de natte de prière sous le bras, le bonnet carré bien vissé, sortait de la mosquée après ses dévotions de timis, quand sa route croisa celle d’Adja Awa « nekh derett » qui, écumoire en main prenait la tête de la petite file indienne formée par ses assistantes.
Ton’s les naseaux dilatés, suivait le petit cortège. Ce que portait ces jeunes filles sur la tête ferait perdre le chapelet à tout vaillant jeûneur. Ça sentait le cumin, le curcuma, la coriandre, le curry, le carvi et de la cardamone dont Ton’s savait qu’elle apportait une touche légèrement poivrée aux viandes cuisinées à l’orientale. Ton’s a le nez comme, on le dit dans la parfumerie.
Par l’odeur alléchée, Ton’s suivait le convoi tel un zombi en murmurant : « tey la leylatou khadri, la nuit du partage ». « Non du destin » renchérit Adjia Awa « nekh deratt » en pénétrant dans le hall de Sud fm où l’attendait les guerriers de l’équipe du soir, tous armés jusqu’aux dents, de cuillères, de fourchettes et de couteaux prêts à l’attaque.
Dès que le mbakhalou saloum brûlant fut posé sur la table, Ton’s sans attendre y plongea lestement la main et se retrouva la bouche en feu. Tirant sur la camisole de Adja Awa « nexx derett », Ton’s la bouche ouverte de dire « kakatang, wolma sapeur yi » Et Aja Awa de rétorquer « extincteur bi mo gueune gaw ».