LES JEUNES BRISENT LE PLAFOND DE VERRE
Agés respectivement de 50 ans, 44 ans, et 42 ans, Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, et El Malick Ndiaye incarnent aujourd’hui l’élite dirigeante du Sénégal. Ils ont ainsi mis à la retraite toute une génération d’acteurs politiques

Agés respectivement de 50 ans, 44 ans, et 42 ans, Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, et El Malick Ndiaye incarnent aujourd’hui l’élite dirigeante du Sénégal. ils ont ainsi mis à la retraite toute une génération d’acteurs politiques qui voulait faire encore de la résistance
Jamais dans l’histoire du Sénégal, on n’a eu en même temps de si jeunes Présidents d’institutions. Bassirou Diomaye Faye a été porté à la magistrature suprême, à 44 ans, à l’issue de la présidentielle du 24 mars 2024. Une fois au pouvoir, il nomme son mentor en politique, Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre. Neuf mois après, le nouveau régime organise des élections anticipées qu’il remporte haut la main. Avec 54, 97% de l’électorat, PASTEF se retrouve avec 130 députés à l’hémicycle. Ce qui lui a permis d’élire El Malick Ndiaye, à 42 ans, Président de l’Assemblée nationale. Ces trois hommes ont en commun d’être tous issus de PASTEF, le parti au pouvoir ; et personne parmi les trois ne dépasse la cinquantaine. Ils sont relativement jeunes comparés à ceux qui, jusque-là, occupaient ces positions-là au sein de l’architecture institutionnelle.
Avec ces nouveaux hommes forts de la République, une nouvelle ère politique s’ouvre au Sénégal.
Mieux, l’alternance générationnelle est définitivement actée. La présence de ces jeunes au sommet de nos institutions est perçue d’ailleurs par certains observateurs comme une exception. Or, cela doit être la norme au regard de la proportion des jeunes dans la population sénégalaise. En effet, selon les dernières statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les personnes âgées de moins de 35 ans représentent 72,2% de la population.
Souvent, on disait que les jeunes n’étaient pas trop engagés en politique, qu’ils n’étaient pas suffisamment représentés dans les institutions ou qu’ils jouaient les seconds rôles dans les formations politiques. Mais avec l’avènement PASTEF, la tendance a été renversée. Les Patriotes ont à vrai dire bouleversé les codes établis dans les cercles politiques sénégalais.
«CETTE ALTERNANCE GENERATIONNELLE POURRAIT OUVRIR LA VOIE A UN CHANGEMENT SYSTEMIQUE …»
Cette alternance générationnelle réclamée depuis longtemps vient ainsi à son heure. En effet, les jeunes se voient facilement en Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, ou El Malick Ndiaye. Et ces nouveaux leaders d’une autre génération ont plus de facilité à communiquer avec la jeunesse et à comprendre ses préoccupations.
Aussi, dans ce monde en perpétuel mutation, il est plus facile pour ces leaders Patriotes de se mouvoir dans le concert des nations. Ils sont en effet branchés sur les avancées technologiques et ils ne nourrissent aucun complexe d'infériorité envers les pays occidentaux ou les partenaires internationaux.
Par contre, ils ne sont pas très expérimentés dans la gestion d’un Etat. Ils sont taxés à tort ou à raison de stagiaires. Il demeure évident cependant qu’ils sont résolument déterminés à changer le pays avec tous les risques que cela peut comporter en termes d’engagement ou de prise de décision politique.
En outre, le spécialiste des questions politiques et de développement en Afrique de l'Ouest, Ousmane Faye a publié récemment une tribune pour dire que le Sénégal se trouve à un moment décisif de son histoire, marqué par l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs politiques. Selon lui, cette alternance générationnelle pourrait ouvrir la voie à un changement systémique attendu depuis longtemps par le peuple, qui exige des élus des actions concrètes et transparentes. Les jeunes, particulièrement impatients, dit-il, aspirent à un avenir meilleur dans leur pays, sans envisager de migrer vers d’autres horizons. “Ils ont besoin de formation et de compétences pour pouvoir eux aussi assurer l’élite de transition à venir. Ils représentent l’avenir du Sénégal et ont soif de changement”, a-t-il déclaré.
Toutefois, il souligne que la concrétisation de ces aspirations dépend, d’une part, largement de la volonté du gouvernement à promouvoir le progrès, surtout dans un contexte économique favorable, marqué par l’exploitation du gaz et du pétrole, qui propulsera le pays parmi les nations bénéficiant de ces ressources. D’autre part, ajoute-t-il, le changement tant attendu ne pourra avoir lieu que dans un environnement où la justice et les institutions sont indépendantes et justes.