VERS UNE GESTION RÉGIONALE DU LOGOTYPE 'ENRICHI' CONTRE LES CARENCES EN MICRONUTRIMENTS
Face aux enjeux de la malnutrition en Afrique de l’Ouest, un atelier régional réunit des experts pour discuter de la gestion d’un symbole clé, destiné à identifier les produits enrichis.

La malnutrition et les carences nutritionnelles restent des enjeux de taille en Afrique de l’Ouest, affectant des millions de personnes chaque année. Avec environ 282 millions de personnes souffrant de sous-alimentation, la fortification des aliments apparaît comme une solution essentielle pour pallier ces carences et améliorer la santé publique.
Dans ce contexte, un atelier régional, organisé par l'Association des Industriels de la Filière Oléagineuse de l'UEMOA et de la CEDEAO (AIFO UEMOA-CEDEAO) en partenariat avec Catholic Relief Services (CRS) et GIZ, s'est penché sur l'adoption du logotype « ENRICHI ». Ce label, destiné à identifier les produits alimentaires enrichis à travers la sous-région de la CEDEAO, « joue un rôle central » dans cette initiative, garantissant la qualité et la visibilité des produits fortifiés et permettant aux consommateurs de facilement identifier ceux bénéfiques pour leur santé.
Cette rencontre de Dakar qui s’est ouverte ce lundi 16 décembre 2024 et qui se poursuit jusqu’au 18 décembre fait partie du projet de Fortification Alimentaire à Grande Échelle (LSFF), lancé en septembre 2022, visant à augmenter la couverture des consommateurs de produits fortifiés à plus de 70% dans les pays de l'Afrique de l'Ouest. Ce projet est soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates et le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) via la GIZ.
Une initiative régionale pour la santé publique
Amadou Sall Dial, directeur du Déploiement industriel du Sénégal et président de l'Alliance Sénégalaise pour la fortification des aliments en micronutriments, a souligné l'importance de créer un consensus régional autour de ce logotype. Lors de son intervention, le représentant du ministre de l’Industrie, du Commerce et des PME/PMI a insisté sur le fait que la question des carences en micronutriments est un problème de santé publique majeur, et que l'adoption d'un logo unique, reconnu à l'échelle de la CEDEAO, est une priorité pour assurer la reconnaissance des produits enrichis dans tous les pays membres.
"Un logotype enrichi, c'est bien plus qu'une simple identité visuelle, c'est un symbole de notre engagement collectif à travailler ensemble pour un avenir commun", a-t-il souligné, tout en se félicitant de quelques avancées. "On a pu s’accorder sur un certain nombre d’instruments ou d’outils, qui permettent une libre circulation de nos produits. Notamment, je peux parler par exemple du certificat d’origine, qui permet d’envoyer des marchandises du Sénégal vers le Nigeria, le Ghana, etc."
Le Sénégal, qui a « déjà pris des mesures concrètes depuis 2009 » pour lutter contre les carences nutritionnelles, notamment en s'attaquant à l'anémie qui touche plus de 51% des femmes en âge de procréer, reste un modèle pour la région, poursuit M. Sall Dial. Toutefois, dit-il, certains pays voisins ont encore du chemin à parcourir.
L'atelier de Dakar est donc l'occasion de discuter des stratégies à adopter pour convaincre ces pays de se joindre à l'initiative et d'adopter ce logo unique, qui serait une première étape vers la gestion régionale de la fortification alimentaire.
L'engagement des industriels
El Hadji Ndane Diagne, directeur général de la SONACOS et représentant du Bureau exécutif de l'Association des industriels de la filière oléagineuse de l'Afrique de l’Ouest, a apporté un éclairage supplémentaire sur l'importance du rôle des industriels dans cette initiative. Selon lui, l'adoption du logotype « ENRICHI » est une responsabilité partagée entre les producteurs, les autorités sanitaires et les associations industrielles. En plus d'améliorer la qualité des produits, cette démarche contribue à réduire les carences en micronutriments, notamment en vitamines et minéraux.
M. Diagne a insisté sur le fait que, bien que l'adoption du logotype soit un progrès indéniable, le véritable défi réside dans sa vulgarisation et sa gestion à long terme. "Une fois le logotype validé, il sera crucial de mettre en place des stratégies de communication et de suivi pour garantir son utilisation cohérente et son impact sur la santé des populations. Cela inclut la création de plans de sensibilisation à l’échelle régionale", a-t-il précisé, pour encourager les industriels et les consommateurs à adopter le logotype « ENRICHI ».