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4 avril 2025
Développement
90 % DE LA MENUISERIE SÉNÉGALAISE A DISPARU
Lors de son intervention dans l’émission « Salimtoo » sur RTS, Masseck Diop, Président des Professionnels du Bois, a souligné les défis auxquels font face les artisans sénégalais
Lors de son intervention dans l’émission « Salimtoo » sur RTS, Masseck Diop, Président des Professionnels du Bois, a souligné les défis auxquels font face les artisans sénégalais. Il a révélé que près de 90% de la menuiserie au Sénégal a disparu, en raison de la rareté et du coût élevé du bois de qualité. Face à cette situation, les artisans se voient contraints d’utiliser du bois aggloméré, qui, selon lui, est de moindre qualité, mais indispensable en raison des réalités du marché : « C’est moins cher, donc nous n’avons pas le choix. »
Masseck Diop a également critiqué le choix des autorités qui privilégient les meubles étrangers. Il a rappelé qu’à l’époque de SENGHOR et de DIOUF, les artisans géraient la commande publique de toutes les administrations, et que ces derniers recevaient même des financements pour se former à l’étranger. Toutefois, il estime que depuis l’arrivée de WADE, la situation a radicalement changé. « Même au ministère de l’Artisanat, les meubles proviennent de l’étranger. C’est incompréhensible et inacceptable. Nos jeunes menuisiers partent chercher de meilleures opportunités ailleurs. L’artisanat devrait être au centre du développement », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que le mandat de Wade a gravement affecté le secteur, et que le président Macky SALL n’a pas respecté les engagements pris dans une convention signée avec les artisans. Selon lui, des concurrents tels que les Chinois et les Indiens ont envahi le marché, menaçant les artisans locaux. « Nos artisans étaient parmi les meilleurs au monde. Nous ne pourrons pas nous développer avec cela », a-t-il souligné.
Masseck Diop a révélé que le plus grand constructeur de meubles a récemment ouvert un établissement à Diamniadio, peu avant le départ du président Macky SALL, intensifiant ainsi la concurrence avec des entreprises turques, chinoises, marocaines et françaises. Il a lancé un appel au ministre des Finances et de la Douane, demandant l’interdiction des déchets de bois et la surtaxe sur les meubles importés, afin de protéger l’industrie locale.
LES 1000 MILLIARDS DU POPULISME ET DE LA MANIPULATION
Senegaal Kese accuse les autorités de détourner les revendications populaires pour influencer l'opinion. La coalition rappelle que le Procureur peut déjà enquêter sur l'affaire des 1000 milliards, sans attendre une nouvelle majorité parlementaire
La quête de justice ne doit pas servir de prétexte à des manœuvres politiciennes, affirme la coalition Senegaal Kese. Dans le communiqué ci-dessous, elle s'attaque aux récentes révélations du gouvernement concernant un mystérieux compte de 1000 milliards FCFA. L'organisation démonte l'argument de l'attente d'une majorité parlementaire pour agir, citant les dispositions constitutionnelles en vigueur.
"La demande de justice au sein de la population est extrêmement forte. Elle reflète une aspiration profonde à l'équité et à la transparence dans les institutions. Cependant, au lieu d'y répondre de manière adéquate, les autorités cherchent fallacieusement à exploiter cette quête légitime à des fins politiciennes.
Sous prétexte de répondre aux attentes populaires, elles détournent les revendications pour influencer l'opinion. Cette stratégie reste de la pure tromperie. Elle ne s'attaque pas aux racines des problèmes, mais affaiblit davantage la confiance des citoyens envers la parole des dirigeants.
Les nouvelles autorités excellent dans la manipulation, sans doute pour dissimuler leur incapacité à répondre promptement aux urgences et aux attentes légitimes des Sénégalais. Le modus operandi consiste à un lynchage médiatique de citoyens Sénégalais qui se voient jetés en pâture et définitivement condamnés par la rue, alors qu'aucune procédure judiciaire ne les concerne pour le moment.
La déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko indiquant avoir repéré un compte bancaire appartenant à un responsable de l'ancien régime contenant une somme de 1000 milliards francs CFA s'inscrit dans cet ordre. Alors que beaucoup de Sénégalais doutaient de la crédibilité de cette affirmation du Premier ministre, Monsieur El Malick Ndiaye, ministres des infrastructures et des transports terrestres et aériens, a confirmé l'existence des faits évoqués et laissé entendre que le compte bancaire en question serait logé à l'étranger. Dans la foulée, il a promis que cet argent sera récupéré après les élections législatives quand la Haute Cour de justice sera installée.
Selon l'article 101, alinéa 2 de la Constitution, « le Premier ministre et les autres membres du gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions […]. Ils sont jugés devant la Haute Cour de justice ». Cette disposition montre que le privilège de juridiction dont bénéficient les ministres ici n'est valable que pour les actes accomplis dans l'exercice de leurs fonctions. Pour tous les actes commis hors de ce cadre, les ministres sont jugés par les juridictions de droit commun. Dans cette affaire sombre de compte bancaire contenant une somme de 1000 milliards francs CFA, il n'est pas nécessaire d'attendre l'installation de la Haute Cour de justice. Il faudrait d'abord déterminer si les faits présumés s'inscrivent dans l'exercice des fonctions ministérielles. Le Procureur de la République peut donc d'ores et déjà ouvrir une enquête sur cette affaire et dispose du pouvoir d'entendre toute personne impliquée.
Le discours consistant à dire que les autorités ne peuvent rien faire pour la reddition des comptes en l'absence de majorité parlementaire relève d'une manipulation pure et simple. La facilité avec laquelle les autorités étatiques émettent des discours contraires à la vérité est inquiétante. Les Sénégalais sont dès lors avertis : il est nécessaire d'envoyer à l'Assemblée nationale une opposition sérieuse, crédible et républicaine. La Coalition Senegaal Kese vous y invite vivement.
Par Ibou FALL
DE QUEL CURIEUX ANIMAL «SENEGALAIS» EST-IL LE NOM ?
À quelques semaines des législatives, le pays replonge dans ses vieux démons politiques. Une caravane dispersée, un QG incendié, des révélations explosives sur des comptes bancaires suspects - la campagne prend des allures de règlement de comptes
C’est parti, mon kiki ! La campagne pour les Législatives du 17 novembre 2024 est lancée. En dépit de l’appel solennel du président Bassirou Diomaye Faye à une campagne non violente, comme il faut s’y attendre, pour ne rien changer, les invectives voltigent d’entrée, et ça s’envoie des joyeusetés en dessous de la ceinture. Mieux, une caravane est dispersée et un QG incendié. Le Premier ministre Ousmane Sonko, comme d’habitude, fait le buzz. Cette fois, il frappe fort en révélant, devant le parterre de ses disciples énamourés, qu’on aurait trouvé mille milliards de nos misérables Cfa dans le compte bancaire d’un dignitaire du régime de Macky Sall. Bien entendu, son titulaire reste un mystère et la banque coupable de blanchiment également.
On ne se refait pas…
Ça tombe bien, le Fmi, après mûre réflexion, décide de «geler» le versement de plus de trois cents milliards de francs Cfa, en attendant d’y voir plus clair dans les chiffres controversés du gouvernement et même sans doute l’avenir du régime Pastef. Certes, d’un optimisme béat, le régime pastéfien, qui s’adosse à un robuste baobab virtuel, se projette jusqu’à l’an 2050, pour que chacun mange à sa faim, se sente en terre authentiquement africaine, de surcroît dans un pays de Droit. Ils peuvent toujours rêver en attendant le verdict du 17 novembre 2024 ?
Qui disait que le vrai pouvoir est de ne pas avoir à se justifier ? Macky Sall, grandeurs et servitudes du destin, depuis son exil doré marocain, bat campagne via WhatsApp en multipliant les justifications : non, il n’a jamais «dealé» avec les actuels tenants du pouvoir ; il a juste voulu rendre les clés de la maison de l’avenue Senghor dans une ambiance de carnaval.
Que personne ne lui parle de connivences entre lui et ses anciens virulents opposants, malgré les révélations aussi imagées qu’érotiques de Barthélemy Dias sur les pourparlers pudiquement désignés sous le vocable mystérieux de «Protocole du Cap Manuel»… Démonstration par l’absurde de Macky Sall : s’ils avaient conclu un accord, Ousmane Sonko et ses troupes ne lui réserveraient pas une place en prison si jamais ils remportaient les législatives.
En suivant sa logique, ce brave Macky Sall pourrait nous démontrer que si le Président Wade avait été son mentor, jamais Karim Wade n’aurait été embastillé sous son régime. La seule conclusion raisonnable dans toute cette ténébreuse affaire est que le courage n’est pas la vertu première de notre ancien «chef suprême des Armées».
Question idiote : à quoi a-t-on réellement échappé ces douze dernières années ?
Toutes ces sénégalaiseries nous égarent. Pour l’heure, le traditionnel jeu de chaises musicales des élections est lancé. Ça déménage de conviction, comme il y a de cela des siècles, les ancêtres de ces braves gens poignardent les leurs et changent de nationalité. Les roitelets locaux, selon leurs intérêts du moment, se déclarent résistants contre les Français, ou les appuient pour guerroyer contre d’autres potentats indigènes.
La félonie est dans l’ADN sénégalais
Ça fait semblant de l’ignorer, mais ce sont les spahis, ancêtres des gardes rouges de la présidence, des gens bien de chez nous, qui sont la cheville ouvrière de la conquête coloniale, au Sénégal, comme dans le reste du monde… Blaise Diagne, premier député français originaire d’Afrique, se remarque par son zèle à recruter des tirailleurs, histoire de gonfler les troupes françaises contre l’envahisseur allemand. Les dignitaires locaux faisaient même enrôler leurs enfants en gage de loyauté…
Les Anciens Combattants dont le sort émeut les Sénégalais, durant les guerres mondiales, prennent les armes pour défendre la Mère-Patrie, la France, plutôt que de donner leur vie pour bouter les étrangers, comprenez les Toubabs, hors de nos terres. Mieux, ils sont traités comme des héros de notre Nation, qui défilent le Quatre avril pour célébrer l’indépendance, alors qu’ils sont les artisans de l’autorité coloniale, les bras armés en Indochine, en Algérie et contre tous les peuples qui finissent par obtenir la liberté au prix de leur sang…
Les habitants des Quatre-Communes, qui se gaussent d’être des citoyens français et regardent les indigènes de haut, nous laissent des petits Sénégalais malgré eux. L’indépendance, en 1958, ils n’en veulent pas. C’est ce plouc de Sékou Touré qui fout le bordel avec sa foucade devant De Gaulle en 1958 et contraint ces braves Français à la peau noire, à demander poliment leur indépendance.
Il y a même des velléités de résistance dans la Presqu’île du CapVert : ces indécrottables patriotes français préfèrent se détacher de l’ensemble indigène et demeurer un Département d’Outre-Mer. Mamadou Dia, alors président du Conseil de gouvernement, que l’on met au parfum de la conjuration, quitte à se faire des ennemis mortels, transfère la capitale du Sénégal, SaintLouis jusque-là, à Dakar.
Ce n’est que partie remise…
Comme il faut s’y attendre, lorsque le Sénégal devient indépendant, la vraie question de souveraineté est économique. La Chambre de commerce est le bastion imprenable des traitants français sous la coupe du célèbre et redoutable Henri-Charles Gallenca, que certains surnomment en son temps «le Maître du Sénégal», et du richissime armateur Robert Delmas.
Pour obtenir la motion de censure qui fait tomber le gouvernement Dia, ils reçoivent nuitamment des députés qui ont le bon goût d’adhérer à leurs thèses après entrevue. Surtout pour éviter de rapporter la mesure d’augmenter leurs émoluments, que les parlementaires prennent à l’époque. Sans parler de tous ces dignitaires, d’anciens Français devenus contre leur gré de nouveaux Sénégalais, qui ont d’astronomiques ardoises dans les banques, ou vivent des marchés publics et autres subsides liés à leur proximité avec l’ancienne métropole…
Le 17 décembre 1962, quand Mamadou Dia est mis aux arrêts, dans les quartiers chics, c’est la joie parce que les affaires se relancent. L’histoire du Sénégal est un chapelet de trahisons. Si la bande à Iba Der Thiam se voit contrainte de retirer la version de nos épopées, c’est bien parce qu’aucune famille durant les cinq derniers siècles ne se révèle digne d’inscrire ses hauts faits dans le marbre. Comment glorifier les ancêtres d’un Peuple de renégats et d’hédonistes, qui renient leurs coutumes et leurs croyances devant le premier prêcheur de religion révélée ou le dernier explorateur ?
Ceux qui nous servent de héros depuis des temps immémoriaux vendent alors leurs semblables pour un cheval, une bouteille de genièvre ou un fusil. Ce sont les descendants de ces gens-là qui s’essaient à la politique pour, disent-ils, à partir du 17 novembre 2024, nous réserver un meilleur avenir…
En vérité, chacun de ces gens pourrait brûler ce pays pour un massage.
par Aoua Bocar LY-Tall
SOULEYMANE BACHIR DIAGNE PLAIDE-T-IL POUR LA NON RESTITUTION DES ŒUVRES D'ART AFRICAINS ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Le philosophe sénégalais affirme que les objets d'arts sont "chez eux" au Louvre, oubliant le combat historique pour leur retour. Sa conception de l'universalité apparaît comme une caution intellectuelle au statu quo colonial
Nul ne peut nier que Souleymane Bachir Diagne est un philosophe rigoureux et un érudit. Cependant, il lui arrive de mettre cette rigueur sous le paillasson par des pirouettes intellectuelles qui en étonnent plus d’un. Ce fut encore récemment le cas. J'ai lu avec étonnement ses propos dans une entrevue accordée au quotidien français La Croix du 13 octobre 2024, recueille par Mme Marianne Meunier (Cf. :https://www.la-croix.com/culture/restitutions-d-ouvres-les-objets-venus-dafrique-sont-chez-eux-au-louvre-20241013).
La Croix a d'ailleurs intitulé son entrevue par le fond de sa pensée, notamment : "Restitutions d’œuvres : « Les objets venus d’Afrique sont chez eux au Louvre »" Ce, au nom de son nouveau paradigme d'universalité que le président Macron s'est fait le plaisir de citer dans son discours d'ouverture de la XIXe session de la Francophonie tenue le 5 août 2024 à Villiers-Cotterêts, en France.
À la question de Mme Meunier : "Vous sentez-vous confronté, ici, à un récit colonial, qui célèbre une France au centre du monde, comme certaines voix le dénoncent ?", Souleymane Diagne répond : " Je me faisais cette idée du Louvre jusqu’à l’inauguration, en 2000 […] Dès lors, j’ai commencé à reconsidérer cette notion […] et à me dire que, d’une certaine façon, ce pavillon des Sessions recevait ces objets chez eux. "
Pire, Professeur Diagne renforce son argumentaire par des propos de feu Amadou Mokhtar Mbow. Il affirme que : " ... mais dans le même temps, il (Ndir Mbow) reconnaissait que ce patrimoine avait pris racine sur sa terre d’emprunt." Prendre racine dans un pays étranger pour y avoir duré ne signifie pas qu'on perd ses racines originelles et qu'on ne veut plus et/ou qu'on ne va plus retourner à ses vraies racines. Bien entendu avec leurs valeurs, leurs beautés, leurs spécificités, ces œuvres africaines ont rehaussé le statut des musées européens, et surtout, celui de Quai Branly. C'est cela que le patriarche Mbow soulignait. Cependant, l'historienne Bénédicte Savoy nous apprend dans son essai, « Le long combat de l’Afrique pour son art », Édition Seuil qu'en 1978, alors qu'il était directeur de l'Unesco, le Sénégalais, Amadou Mahtar M’bow, dans un discours qui fera date, défend fermement que : « ces biens de culture qui sont partis de leur être, les hommes et les femmes de ces pays ont droit de les recouvrer. » Et, monsieur Mbow n’a jamais vacillé de cette position qui avait été saluée ce jour là par le présentateur français Roger Gicquel dans le journal télévisé de TF1, à 20 heures. (La Croix).
Madame Savoy rappelle d’ailleurs dans son ‟passionnant et minutieux essai sur les efforts sans relâche d’un continent pour son art‟ que la demande de la restitution des objets d’art arrachés de force avait débuté par une « bombe » en forme d’injonction : « Rendez-nous l’art nègre », exige en 1965 le journaliste béninois Paulin Joachim à la une du mensuel sénégalais Bingo, lu dans toute l’Afrique francophone. (La Croix, 2024). Combat que poursuivra Mbow et beaucoup d’autres Africain-e-s et repris aujourd’hui par la jeunesse africaine.
Pourquoi professeur Diagne, votre plaidoyer au nom de l'Universel s'en tient-il uniquement à des objets d'art et ne s’étend-il pas aux Humains ? N'était-ce pas par là qu'il aurait dû commencer ? Pourquoi ne dites-vous pas aux Français au nom de votre conception d’universalité que les Africain-e-s qui arrivent en France sont chez eux ? Ce qui est fondamentalement vrai et fondé. Car, leurs ancêtres ont défendu cette France, ont versé énormément de leur sang sur cette terre française en vue de la sauver de la domination nazie et des humiliations hitlériennes. De même, les Africain-e-s resté-e-s sur leur continent ont nourri au nom de "l'effort de guerre" les Français et les ont sauvés de la faim engendrée par la première, et surtout, la seconde guerre mondiale. Les biens et les ressources (diamant, or, argent, manganèse, cobalt, uranium, phosphate, cuivre, uranium, etc.) de l'Afrique ont enrichi l'Europe et contribué à sa construction et à son essor économique. La force de travail des Africain-e-s drainée par l'ignoble "Traite des Humains" a enrichi la France et mis en valeur le dit "Nouveau monde" à savoir l'Amérique au point qu'elle soit devenue la première puissance mondiale. Aussi, ces objets d’art africains sont aussi une importante source d’enrichissement pour l’Europe, car, nul n’entre dans un musée sans payer. Pourquoi ne pas retourner une part de cette richesse à l’Afrique ? Alors, Souleymane Bachir Diagne, les Africain-e-s ne sont-ils pas chez eux en Europe, surtout dans les pays colonisateurs et aux États-Unis ?
Pourquoi avec votre puissante voix, ne faites-vous pas le plaidoyer des Africain-e-s mal traité-e-s, emprisonné-e-s, malmené-e-s, humilié-e-s, enchaîné-e-s et jeté-e-s au fond des mers, en plein désert ou au fond des geôles européens où ils sont malmené-e-s comme des bandits de grands chemins ? Pourtant, leur unique tort face à leurs pays laissés en ruine par des siècles de domination politique, d'exploitation économique, d'humiliation culturelle, c’est d'aller chercher dans cette Europe que l'Afrique a enrichie, de meilleures conditions de vie et des moyens pour aider leurs familles et leurs communautés ?
Alors, pourquoi ne le dites-vous pas aux Européens au nom de l'universalité ?
"Détruire l’universel, c’est détruire l’idée d’humanité", dites-vous toujours au cours de cette entrevue avec le journal La Croix. Détruire l’universel, n'est-ce pas plutôt déshumaniser une partie des Humains à travers des pratiques reconnues aujourd'hui comme "un crime contre l'Humanité", à savoir l'esclavage et ses séquelles qui perdurent à des traves le racisme et les discriminations. Professeur, la priorité n'est-il pas de contribuer à restaurer cette Humanité par entre autres votre conception de l'universel ?
Quand vous répondez à propos de la sculpture fon attribuée à Akati Ekplékendo, avant 1858, Bénin/Capucine-BARAT--GENDROT que : ‟« Ce “dieu du fer”, qui provient du Bénin, m’évoque la question des restitutions. Dans le film Dahomey (1), les étudiants béninois déplorent son absence parmi les 26 objets que la France a rendus à leur pays. De mon côté, je le vois bien rester ici. Cet objet est chez lui au Louvre. ‟ Là, je reste sans voix. Ainsi, vous alliez à l'encontre des aspirations du peuple africain, surtout de sa jeunesse ?
Je suis assurée que votre grand-frère, le grand combattant pour la liberté de l'Afrique et la dignité des Africain-e-s, le patriote Pathé Diagne (paix à son âme) était encore en vie, il vous aurait réprimandé en vous disant : "Non Bachir, il ne faut pas dire ça. Ce n'est pas juste. Rendons à César ce qui lui appartient. Il faut restituer aux Africain-e-s leurs objets d'art qui sont d'ailleurs dans la plupart des cas, des objets sacrés en Afrique. ..."
Dre Aoua Bocar LY-Tall est chercheure associée à l'Institut d'Études des Femmes de l'Université d'Ottawa au Canada, Historiographie et membre du COPIL de l'H.G.S ou Histoire Générale du Sénégal, sociologue/analyste, écrivaine et conférencière internationale.
Le tribunal de Tambacounda allège considérablement les charges qui pesaient sur le leader de Gueum Sa Bopp, ne retenant que le refus d'obtempérer. Les accusations de rébellion et d'outrage ont été abandonnées
(SenePlus) - Le tribunal de Tambacounda a rendu ce mercredi 30 octobre, son verdict dans l'affaire opposant le parquet à Bougane Guèye Dany. Le leader du mouvement Gueum Sa Bopp écope d'un mois de prison avec sursis et d'une amende de 100 000 francs CFA pour refus d'obtempérer. Le tribunal l'a en revanche relaxé des charges de rébellion et d'outrage à agent, alors que le procureur avait requis trois mois ferme et 500 000 francs CFA d'amende.
Cette décision intervient après les événements du 19 octobre 2024 à Bakel, où Bougane Guèye Dany avait été interpellé alors qu'il se rendait auprès des victimes de la crue du fleuve Sénégal. Selon le communiqué de la gendarmerie nationale, l'incident s'est produit vers 13h40 au poste de gendarmerie de Bondji, où les forces de l'ordre avaient demandé au cortège de l'opposant de marquer un arrêt pour laisser passer le convoi présidentiel.
Face au refus de l'opposant de se conformer aux instructions, un peloton de l'Escadron de Surveillance et d'Intervention (ESI) avait été déployé en renfort. L'interception du cortège s'était finalement produite au pont de Tourime, à 12 kilomètres de Bondji.
Placé initialement sous mandat de dépôt le 21 octobre après son audition par le procureur, le leader politique voit ainsi sa situation judiciaire partiellement allégée, la justice n'ayant retenu qu'un seul des trois chefs d'accusation initiaux.
La défense de Bougane Guèye Dany avait contesté l'ensemble des charges, arguant notamment de la légitimité de son déplacement auprès des populations sinistrées. Cette affaire avait suscité de vives réactions dans la classe politique nationale, certains y voyant une entrave à la liberté de circulation des opposants.
par Thierno Alassane Sall
IL EST TEMPS DE FAIRE LE BON CHOIX
Bougane n’aurait-il pas le droit, s’il le souhaitait, de manifester devant le président de la République à Bakel, muni de pancartes et de sifflets ? Quelle disposition de notre droit positif l’en empêcherait ?
En direct du procès de Bougane au tribunal de Tambacounda, je ressens honte et tristesse en écoutant la défense déconstruire le communiqué de la Gendarmerie nationale. Question à Amnesty International Sénégal, Afrika Jom Center et compagnie : Bougane n’aurait-il pas le droit, s’il le souhaitait, de manifester devant le président de la République à Bakel, muni de pancartes et de sifflets ? Quelle disposition de notre droit positif l’en empêcherait ? Vivons-nous dans une démocratie de façade où un simple coup de fil de l'autorité peut bâillonner le droit fondamental de se déplacer dans une ville parce que le président s’y trouve ?
Senegaal Kese s’engage, dans son programme législatif, à abroger la loi d’amnistie, et les récents événements soulignent la nécessité de cette proposition. Les appels à l’usage des armes par un responsable du camp présidentiel, suivis d’une attaque aux cocktails Molotov contre le siège d’un parti politique, révèlent l’existence d’une culture de violence en politique, confortée par cette loi d’amnistie.
Qui pourrait croire que ceux ayant récemment lancé des cocktails Molotov contre le siège d’un parti en étaient à leur coup d’essai ? Qui pourrait croire que la Justice applique la même diligence que celle réservée à Bougane et autres, dans l’affaire de l’apologie de la violence assumée par un représentant du camp présidentiel ?
Le 17 novembre, les électeurs devront trancher. Soutenir ces dérives, ou voter pour une Assemblée déterminée à exercer un contrôle fort et juste sur l’exécutif. Il est temps de faire le bon choix.
LE SÉNÉGAL PLAIDE POUR LA CRÉATION D’UN FONDS MONDIAL DÉDIÉ À LA CONSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ
”La flexibilité d’un tel fonds correspondra à un critère majeur pour faire face à l’urgence des réponses d’inversion durable de l’érosion de la diversité biologique”, a soutenu le ministre de l’Environnement, Daouda Ngom
Le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom, a appelé, mardi, à mettre en place un Fonds spécialement dédié à la conservation de la biodiversité et administré par la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).
‘’Pour ce qui est du financement de la conservation de la biodiversité, en plus d’un nécessaire rehaussement de l’allocation de ressources financières domestiques, de la définition de mécanismes innovants de financement et de la mise à contribution du secteur privé, il est important conformément à la position affichée par le Groupe africain, de mettre en place un Fonds spécialement dédié à la biodiversité et administré par la CDB”, a-t-il préconisé.
Daouda Ngom intervenait au cours du Segment ministériel de haut niveau de la 16e session de la Conférence des Parties (COP 16) de la Convention sur la biodiversité biologique (CDB) qui se déroule à Cali, en Colombie, du 21 octobre au 1er novembre 2024.
La présidente de la COP 16 de la CDB, Susana Muhamad, la secrétaire exécutive de la CDB, Astrid Schomaker, ainsi que des ministres de plusieurs pays en charge de l’environnement et de la biodiversité étaient présents.
”La flexibilité d’un tel fonds correspondra à un critère majeur pour faire face à l’urgence des réponses d’inversion durable de l’érosion de la diversité biologique”, a soutenu le ministre de l’Environnement.
Il a indiqué que le Sénégal milite aussi pour la mise en place d’un mécanisme multilatéral approprié de partage des avantages découlant des Informations de séquençage numérique (ISN) afin de permettre une équité dans l’accès et le partage des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques, tout en réaffirmant la place centrale du Protocole de Nagoya.
”Nous appelons à définir une démarche inclusive de plaidoyer pour influencer la mise en œuvre desdites politiques et susciter un engagement en faveur de la conservation de la biodiversité et de la transition écologique pour la pleine intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles et à travers les secteurs de développement”, a-t-il lancé.
D’après lui, ”il est également nécessaire à ce sujet de favoriser l’intégration de la biodiversité dans la planification locale”.
Daouda Ngom a indiqué que ”le renforcement du niveau de conservation de la biodiversité induira de notre part d’élargir les réseaux d’aires protégées, d’encourager de manière importante les autres mesures de conservation efficaces, en particulier celles découlant des peuples autochtones et des communautés locales”.
Il nécessite également, selon lui, de mettre en place des aires marines protégées (AMP), au-delà des zones de juridiction nationale, dans le cadre de l’adoption du Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (BBNJ, en anglais).
Concernant la contribution durable de la nature au bien-être des populations, le ministre a souligné qu’il faudra nécessairement passer par la gestion durable des espèces sauvages, l’amélioration de la biodiversité et la durabilité dans les secteurs agricoles, aquacoles, halieutiques et forestiers et par la préservation des biens et services écosystémiques en vue d’en assurer une bonne disponibilité pour les populations.
Et enfin, pour atténuer les effets des changements climatiques sur la biodiversité et renforcer la résilience des écosystèmes, la mise en œuvre des solutions fondées sur la nature s’appuiera sur une bonne synergie entre les Stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) et les Contributions déterminées nationales, a-t-il préconisé.
Il a invité les Etats membres de la Convention sur le biodiversité biologique (CDB) à des ”actions et des réflexions solidaires” à partir de ces propositions émises pour une réconciliation avec la nature, tout en réaffirmant l’engagement du Sénégal, ”à mettre en œuvre les recommandations de la CBD pour la conservation de la biodiversité”.
La 16e session de la Conférence des Parties (COP 16) de la Convention sur la biodiversité biologique se déroule à Cali est la première rencontre internationale depuis l’adoption du cadre mondial Kunming-Montréal, et elle marque un moment clé pour finaliser les modalités opérationnelles des engagements pris par les États pour valoriser les ressources biologiques.
LE MINISTÈRE DE L’AMÉNAGEMENT DES TERRITOIRES LANCE DES CONCERTATIONS SUR LES PÔLES TERRITOIRES
Cet atelier d’échanges, inscrit dans la “Vision Sénégal 2050,” vise à renforcer la gouvernance locale et à promouvoir des territoires compétitifs et durables, tout en définissant une feuille de route claire pour une mise en œuvre harmonisée des pôles.
iGFM - (Dakar) Le ministère de l’Urbanisme, des Collectivités Territoriales et de l’Aménagement des Territoires a lancé un atelier d’échanges avec les élus et les acteurs territoriaux, au cœur des discussions sur les pôles territoires.
Cette rencontre marque une étape essentielle dans notre démarche partenariale et inclusive, plaçant la concertation au cœur des stratégies de décentralisation et de développement.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité de l’engagement du ministère à appuyer les efforts de territorialisation des politiques publiques, en alignement avec la “Vision Sénégal 2050” récemment présentée par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Les pôles territoires, prévus comme des leviers de compétitivité et de développement durable, constituent une réponse innovante pour une meilleure gouvernance territoriale et pour la transformation structurelle du pays.
Les travaux de cet atelier permettront, d’une part, de préciser les vocations spécifiques de chaque pôle, et, d’autre part, de définir une feuille de route ambitieuse, orientée vers une mise en place réussie et harmonisée des pôles territoires. Une attention particulière est accordée aux modèles de gouvernance adaptés aux caractéristiques de chaque région, au dialogue inclusif et à la collaboration entre toutes les parties prenantes.
Le ministre Moussa Bala Fofana réaffirme son engagement pour un Sénégal compétitif, souverain et équitable, en promouvant une action publique orientée vers le local, au service de tous les citoyens.
par l'éditorialiste de seneplus, oumou wane
DIOMAYE INVESTIT LE FUTUR EN ARABIE SAOUDITE
EXCLUSIF SENEPLUS - À Riyad, le président a présenté une stratégie centrée sur l'industrialisation locale, la transition énergétique et le capital humain. Aux passéistes sourds à la révolution qui est en cours, il devrait être une source d’inspiration
A elle seule, l’intervention de notre président Bassirou Diomaye Faye à la 8e édition de la « Future Investment Initiative », illustre qu’il y a enfin une autre actualité possible dans notre pays. La politique et ses violences absurdes nous minent le moral. Interrogé lors de sa première visite officielle en Arabie Saoudite par Richard Attias sur les principales priorités de la Vision 2050 pour atteindre la croissance, le chef de l'Etat sénégalais a fait savoir que toute la différence pourrait se faire grâce à la transformation des matières premières au pays avant toute exportation.
Au cours de ce rendez-vous prestigieux, visant à promouvoir l'investissement dans les pays participants, le plus jeune président de l’histoire du Sénégal a eu l’occasion de détailler sa stratégie de transformation économique.
Au cœur de cette vision donc, la transformation locale des matières premières pour générer de la valeur ajoutée en créant des emplois. Mais aussi, la transition énergétique, « Notre ambition, c’est de faire que le kilowattheure baisse au moins jusqu’à 60% », a déclaré le président Faye. Un projet phare de 4 gigawatts d’énergie solaire est notamment en cours de développement. Autre pilier central de sa stratégie, l’amélioration du climat des affaires, « pour donner les meilleures opportunités aux investisseurs d'arriver dans le pays dans des conditions favorables », a ajouté Bassirou Diomaye Faye. Le capital humain enfin constitue le cœur de cette transformation. Avec une population dont 75% a moins de 35 ans et un âge médian de 19 ans, le Sénégal mise sur sa jeunesse pour porter sa transformation économique.
« L’Afrique représente le futur », a insisté le président, en invitant les investisseurs à « regarder l’Afrique avec un autre œil ».
« Nous avons décidé de sortir de la logique des urgences électoralistes », avait d’emblée annoncé le chef de l’État sénégalais. Plutôt encourageant pour l’avenir et sur un ton qui appelle à ne pas se faire peur avec des scénarios catastrophes, il a affirmé son ambition de rompre avec les pratiques du passé.
Aux passéistes sourds à la révolution qui est en cours, il devrait être une source d’inspiration.
Au Sénégal, pendant ce temps-là, Ousmane Sonko et le mouvement Pastef révolutionnent le financement en politique. Alors que la campagne électorale pour les législatives bat son plein depuis le 27 octobre dernier, le Premier ministre compte sur la générosité des militants du parti au pouvoir pour conquérir l’Assemblée nationale.
Une preuve encore, qu’avec moins de moyens et plus de créativité, si nous le croyons tous, transformer le Sénégal est possible.
C’est peut-être cela la nouvelle signature de notre exécutif, en même temps que Diomaye partage sa vision avec Mohammed bin Salman bin Abdelaziz Al Saoud, Prince Héritier du Royaume d’Arabie Saoudite, pour un avenir prospère et durable au bénéfice des deux peuples, Ousmane Sonko, lui, à la maison, bat la campagne, en quête d’une majorité large mais « irréprochable ». Il est déterminé à remporter ces élections législatives, pour faire face aux défis économiques et politiques à venir.
Notre pays est une démocratie d’une qualité reconnue, avec des institutions crédibles, dans une Afrique qui est jeune dans son indépendance politique mais aussi dans sa démocratie. Jeune surtout dans sa démographie.
Après de longues années de stagnation économique, l'Afro-optimisme est de retour dans les milieux financiers internationaux, qui voient dans notre continent le dernier réservoir de croissance mondiale.
Avec deux milliards et demi d'habitants attendus sur le continent en 2050, l'Afrique va devenir le plus grand réservoir de main-d'œuvre et de consommateurs du monde. Un quart de la population mondiale vivra en Afrique d'ici 2050, alors pourquoi ne pas être optimiste et croire dans le futur ?
Oumou Wane est présidente Citizen Media Group-africa7.
LE SÉNÉGAL SÉDUIT WALL STREET
Le ministère des Finances vient de lever 300 millions de dollars sur le marché international. L'opération, qui bénéficie d'un taux d'intérêt maîtrisé de 6,33%, avec une souscription intégrale par JP Morgan, est un signal fort à la communauté financière
(SenePlus) - Le ministère des Finances et du Budget vient d'annoncer une opération financière majeure sur le marché international avec la mobilisation réussie de 300 millions de dollars US, équivalant à environ 181 milliards de francs CFA. Cette opération, finalisée le 30 octobre 2024, s'inscrit dans le cadre de l'exécution budgétaire de l'année en cours.
Selon le communiqué ministériel, l'opération a été structurée sous forme de réouverture des titres obligatoires émis en juin 2024, avec une échéance en 2031, et a été intégralement souscrite par la banque américaine JP Morgan. Le ministère précise que les conditions financières obtenues comprennent un coupon de 6,33% et une couverture contre le risque de change, tenant compte de la parité fixe entre le franc CFA et l'euro.
Les services de Cheikh Diba contextualisent cette levée de fonds, qui intervient après l'audit préliminaire des finances publiques par la Cour des Comptes et le report des décaissements initialement prévus du FMI. Face à cette situation, le communiqué indique que le gouvernement engage des discussions avec le FMI pour établir un nouveau programme aligné sur les objectifs d'assainissement macroéconomique.
L'opération, souligne le ministère, survient stratégiquement après les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, où le Sénégal a mené une communication « transparente et responsable » auprès de ses partenaires.
Le texte précise que cette émission, la dernière du Sénégal sur le marché financier international pour 2024, répond à deux nécessités : la baisse de la liquidité dans le marché domestique en fin d'année et l'importance du volume des ressources recherchées. Le ministère souligne qu'elle s'inscrit dans la vision « Sénégal 2050 » et les nouvelles orientations gouvernementales en matière de gestion transparente des finances publiques.
Selon le ministère des Finances et du Budget, cette réussite consolide la position du Sénégal comme émettant crédible auprès des investisseurs internationaux, tout en renforçant sa trajectoire de transparence dans la gestion des finances publiques.