SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
International
NIGER, LA JUSTICE ORDONNE LA LEVEE DE L’IMMUNITE DU PRESIDENT DECHU BAZOUM
La Cour d’État du Niger a levé vendredi l’immunité du président déchu Mohamed Bazoum, ouvrant la voie à un possible procès pour celui qui a été renversé par un coup d’État militaire en juillet 2023.
Le président renversé est accusé de « complot d’attentat à la sécurité et à l’autorité de l’État », « crime de trahison », « faits présumés d’apologie du terrorisme » et de « financement du terrorisme ».
La Cour d’État du Niger a levé vendredi l’immunité du président déchu Mohamed Bazoum, ouvrant la voie à un possible procès pour celui qui a été renversé par un coup d’État militaire en juillet 2023.
« La Cour ordonne la levée de l’immunité de M. Mohamed Bazoum », a déclaré Abdou Dan Galadima, président de la plus haute juridiction du Niger, créée en novembre 2023 par le régime militaire.
Les autorités de Niamey accusent le président renversé de « complot d’attentat à la sécurité et à l’autorité de l’État », « crime de trahison », « faits présumés d’apologie du terrorisme » et de « financement du terrorisme ».
Mohamed Bazoum est détenu dans des conditions spartiates depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 dans la résidence présidentielle, avec son épouse Hadiza.
À l’issue de l’audience de vendredi, Me Ould Salem Mohamed, l’un des avocats de M. Bazoum, a déclaré « prendre acte de la décision » et indiqué que le collectif des avocats de l’ex-président allait communiquer « incessamment ».
Il est reproché à M. Bazoum d’avoir parlé au téléphone avec le président français Emmanuel Macron et le secrétaire d’État américain Antony Blinken pour qu’ils l’appuient « par une intervention armée », lors du coup d’État du 26 juillet 2023.
Il lui est également reproché d’avoir affirmé « avoir libéré des terroristes et de les avoir reçus à la présidence ».
L’audience de vendredi avait été reportée à deux reprises, les avocats de M. Bazoum ayant dénoncé plusieurs entraves au droit de la défense.
En décembre, la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait ordonné la libération de M. Bazoum.
La demande est restée lettre morte et le Niger a quitté en janvier la Cédéao, l’organisation ouest-africaine qui avait sanctionné le Niger après le coup d’État, avant de lever ses sanctions le 24 février dernier.
LA PAROLE RELIGIEUSE PÈSE-T-ELLE ENCORE ?
Avec 62% des Sénégalais favorables à leur intervention en politique, leur influence reste indéniable. Néanmoins, une majorité croissante, particulièrement parmi les jeunes, appelle à une séparation plus nette entre religion et politique
(SenePlus) - Le Sénégal, nation réputée pour sa diversité culturelle et religieuse, a toujours entretenu des relations étroites entre les sphères religieuse et politique. Une étude menée en décembre 2023 par l’Institut Timbuktu en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, intitulée “Perceptions de la place et du rôle des acteurs religieux dans le jeu électoral du Sénégal,” éclaire de manière détaillée l’influence et les défis auxquels font face les acteurs religieux dans le contexte électoral sénégalais.
Depuis les indépendances, le Sénégal a vu se développer une imbrication significative entre ses dirigeants politiques et religieux. Historiquement, les leaders religieux ont joué un rôle de stabilisateurs dans les moments de crises, comme ce fut le cas lors des événements de mars 2021 où des interventions religieuses ont contribué à apaiser les tensions politiques et sociales. Cet héritage se manifeste encore aujourd’hui, alors que les guides religieux continuent d’être des acteurs influents dans la régulation des conflits et la médiation politique.
L’étude révèle que 62% des Sénégalais estiment que les guides religieux doivent intervenir dans le jeu politique. Cette opinion est partagée autant par les jeunes que par les plus âgés, soulignant l’importance perçue de ces figures religieuses comme médiateurs et influenceurs dans le processus électoral. Leur soutien peut conférer une légitimité et une crédibilité supplémentaires à certains candidats ou partis politiques, en renforçant la mobilisation électorale et en influençant les décisions des dirigeants politiques.
Cependant, cette influence n’est pas sans controverse. Une majorité de 58% des répondants, en particulier parmi les jeunes et dans certaines régions comme Tambacounda, exprime une réticence vis-à-vis de l’implication des acteurs religieux dans le processus électoral. Certains leaders politiques et sociaux suggèrent que les religieux devraient se concentrer sur leur rôle spirituel et éducatif, plutôt que de s’engager activement dans la politique électorale.
La question de la laïcité reste centrale dans ce débat. Le Sénégal, bien que majoritairement musulman, est une république laïque où la séparation entre l’État et la religion est constitutionnellement établie. Cependant, dans la pratique, les frontières sont souvent floues. L’étude souligne la complexité de dissocier entièrement la religion de la politique dans un pays où l’imaginaire religieux est profondément enraciné dans la conscience nationale.
À l’approche des élections de 2024, les perspectives d’une implication accrue des religieux dans le jeu politique restaient incertaines. L’étude suggère que leur rôle pourrait évoluer vers une fonction de pacificateurs et de médiateurs, plutôt que d’influenceurs directs sur les choix électoraux. La jeunesse sénégalaise, en quête de sens et de changement, pourrait également redéfinir cette dynamique, en privilégiant des leaders politiques autonomes des consignes religieuses.
En somme, les acteurs religieux au Sénégal continuent de jouer un rôle crucial dans la stabilité politique et la cohésion sociale. Toutefois, leur influence dans le domaine électoral est de plus en plus contestée, reflétant une société en mutation où les jeunes générations aspirent à une séparation plus nette entre le sacré et le politique.
Cette étude offre un éclairage précieux sur ces dynamiques et ouvre des perspectives sur l’évolution du rôle des religieux dans les futures échéances électorales du pays.
L’ANC ANNONCE UN ACCORD AVEC D’AUTRES PARTIS POUR GOUVERNER L’AFRIQUE DU SUD
L’annonce de cet accord ouvre la voie à une reconduction de président de l’ANC, Cyril Ramaphosa, à la tête de la Nation Arc en Ciel pour un second mandat.
Dakar, 13 juin (APS) – Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud depuis la fin de l’apartheid, a, par la voix de son secrétaire général, Fikile Mbalula, annoncé avoir trouvé un accord avec d’autres formations politiques en vue de la formation d’un gouvernement de coalition.
‘’Nous sommes parvenus à un accord commun sur la nécessité de travailler ensemble’’, a déclaré le responsable du parti de Nelson Mandela, dans des propos rapportés par plusieurs médias.
Fikile Mbalula a fait savoir que le gouvernement de coalition devant être prochainement formé allait graviter autour du centre en incluant notamment l’Alliance démocratique (DA), parti arrivé deuxième des récentes élections législatives, le parti nationaliste zoulou Inkatha Freedom Party (IFP) et d’autres petites formations politiques.
L’annonce de cet accord ouvre la voie à une reconduction de président de l’ANC, Cyril Ramaphosa, à la tête de la Nation Arc en Ciel pour un second mandat.
Le Congrès national africain (ANC) est arrivé en tête des élections législatives en Afrique du Sud avec 40, 19 % des suffrages, mais n’a pas réussi à conserver la majorité absolue au Parlement, une première en trente ans.
Le parti au pouvoir a été crédité de 159 sièges sur les 400 que compte l’Assemblée nationale sud-africaine. Ce qui l’a placé dans l’obligation de trouver un accord avec d’autres formations politiques pour continuer à gouverner l’Afrique du Sud.
A FREETOWN, LES PRÉSIDENTS FAYE ET BIO ONT PARLÉ DU RENFORCEMENT DE LA COOPÉRATION BILATÉRALE
Ce déplacement de Bassirou Diomaye dans la capitale sierra-léonaise entre dans le cadre d’une série de visites entreprise par le nouveau président de la République du Sénégal après sa prise de fonction officielle.
Dakar, 13 juin (APS) – Le chef de l’Etat sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, et son homologue de la Sierra Leone, Julius Maada Wonie Bio, ont échangé, jeudi à Freetown, sur les voies et moyens de renforcer la coopération entre les deux pays tout en abordant d’autres sujets d’intérêt commun, a-t-on appris de source officielle.
Au State House, la résidence officielle du président de la Sierra Leone, Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Wonie Bio ont tenu des entretiens pour renforcer la coopération bilatérale entre le Sénégal et la Sierra Leone, indique notamment la présidence sénégalaise dans un message publié sur le réseau social X.
Elle ajoute que les deux chefs d’Etat ont également abordé d’autres sujets ayant notamment trait à l’intégration en région ouest-africaine.
Ce déplacement de Bassirou Diomaye Faye dans la capitale sierra-léonaise entre dans le cadre d’une série de visites entreprise par le nouveau président de la République du Sénégal après sa prise de fonction officielle. Il s’est déjà rendu en Mauritanie, en Gambie, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, au Ghana, au Cap-Vert, au Mali et au Burkina Faso.
VIDEO
COUP DE POUCE POUR LE POUVOIR D'ACHAT
Après des mois de hausse continue, le gouvernement sénégalais a dévoilé jeudi un vaste plan de réduction des tarifs sur les produits alimentaires de base. De quoi soulager bon nombre de familles éprouvées par la cherté de la vie
Le gouvernement a annoncé, jeudi, une révision des grilles tarifaires des produits de première nécessité, marquant ainsi une étape importante dans la lutte contre la cherté de la vie.
Cette décision, tant attendue par les Sénégalais, a été présentée en conférence de presse par le secrétaire général du gouvernement, Ahmidou Aminou Lo.
L’une des mesures phares concerne la baisse du prix du sucre cristallisé, avec une réduction de 50 Francs CFA par kilogramme. Désormais, le sucre sera vendu à 650 F CFA par kilogramme, au lieu de 700 F CFA. De même, le riz brisé non parfumé a vu son prix baisser de 40 F CFA, portant le nouveau tarif à 410 F CFA le kilogramme. En complément, le gouvernement a annoncé l’arrivée imminente de bateaux de riz en provenance d’Inde, ce qui pourrait encore influencer les prix à la baisse d’ici le mois d’août.
Pour l’huile raffinée, une réduction de 100 F CFA par bidon a été décidée, ce qui devrait apporter un soulagement notable aux ménages. Le prix du pain, denrée de base pour de nombreux Sénégalais, a également été revu à la baisse. La baguette de 190 g passe ainsi de 175 F CFA à 160 F CFA, soit une réduction de 15 F CFA.
Outre les denrées alimentaires, le gouvernement a introduit des mesures visant à alléger le coût de la construction. La taxe parafiscale sur le ciment, fixée à 2000 FCFA, a été suspendue de manière ciblée pour les habitations. Les entreprises ne bénéficieront pas de cette suspension, ce qui montre une volonté de cibler les ménages et les constructions résidentielles.
En ce qui concerne le foncier, des mesures spécifiques ont été annoncées, notamment pour la région de Mbour, ces terrains seront affectés à des promoteurs pour leur mise en valeur.
Pour le digital également, les données mobiles, les opérateurs ont donné accord pour baisser les coût d’accès à l’internet.
Pour l’engrais, une baisse de 22% a été notée, selon le secrétaire général du gouvernement.
Les représentants du gouvernement ont indiqué que les discussions avec les acteurs concernés se poursuivraient pour s’assurer de la mise en œuvre effective de ces réductions et pour aborder d’autres aspects liés au coût de la vie.
Il y a également des mesures d’accompagnement qui ont été prises par les autorités pour la régulation et la maîtrise des prix au centre de tout renforcement du contrôle économique. Les autorités promettent le retour des magasins témoins dans toutes les localités avec l’implication des populations mais également un contrôle sera fait sur le terrain pour pousser les commerçants à respecter les prix.
LE PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE EN VISITE D’AMITIÉ ET DE TRAVAIL À FREETOWN
Les discussions entre les deux dirigeants porteront sur des sujets d’intérêt commun, visant à renforcer les liens d’amitié et de coopération entre les deux pays.
Le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce matin pour se rendre à Freetown, en Sierra Leone. Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre des relations bilatérales entre les deux pays, est une occasion pour le Chef de l’État de rencontrer son homologue sierra-léonais, Julius Maada Bio.
Les discussions entre les deux dirigeants porteront sur des sujets d’intérêt commun, visant à renforcer les liens d’amitié et de coopération entre le Sénégal et la Sierra Leone. Cette rencontre est particulièrement significative dans le contexte actuel de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest, où les deux nations cherchent à consolider leurs partenariats dans divers domaines tels que l’économie, la sécurité, et les échanges culturels.
IL EST TEMPS D’INSTAURER UN CESSEZ-LE-FEU À GAZA
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi "qu'il est temps d'imposer un cessez-le-feu et la libération inconditionnelle des otages" dans la bande de Gaza.
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi "qu'il est temps d'imposer un cessez-le-feu et la libération inconditionnelle des otages" dans la bande de Gaza.
C’est ce qui ressort du discours du Secrétaire général des Nations unies lors de la "Conférence sur la réponse humanitaire d’urgence à Gaza", organisée par la Jordanie et l’Égypte en coopération avec les Nations unies, au Centre de congrès du roi Hussein Bin Talal, dans la région de la mer Morte.
Lors de la conférence, Guterres a salué l’initiative, dont les grandes lignes ont été récemment présentées par le président américain Joe Biden, et a exhorté toutes les parties à "saisir cette opportunité".
Fin mai, Joe Biden a déclaré qu'Israël avait présenté un accord en trois phases qui mettrait fin aux hostilités à Gaza et garantirait la libération des prisonniers détenus dans l'enclave côtière.
Ce plan prévoit un cessez-le-feu, un échange de prisonniers et la reconstruction de Gaza.
"Il est temps d’instaurer un cessez-le-feu et libérer les otages dans la bande de Gaza", a déclaré António Guterres.
Le Secrétaire général a noté que "huit mois se sont écoulés depuis que les civils palestiniens à Gaza subissent des souffrances continues et incessantes".
Guterres a expliqué qu'il n'a jamais assisté à de tels massacres depuis son entrée en fonction, en janvier 2017.
Le responsable onusien est revenu sur "la détérioration de la situation sécuritaire et des conditions de vie ainsi que la pénurie de fournitures médicales, de carburant et d'eau potable pour plus d'un million de Palestiniens, à Gaza".
"Au moins la moitié de toutes les missions d'aide humanitaire se voient refuser l'entrée pour des raisons opérationnelles ou de sécurité", a déclaré António Guterres.
La Conférence de réponse humanitaire d’urgence de Gaza a démarré, ce mardi, en Jordanie en présence de l'Égypte et des Nations unies, au Centre des congrès du roi Hussein ben Talal, dans la région de la mer Morte.
Des chefs d'État et de gouvernement et des organisations humanitaires ont pris part à cet événement, dans le but "d'identifier les moyens de renforcer la réponse de la communauté internationale à la catastrophe humanitaire en cours dans la bande de Gaza".
Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre à outrance dans la bande de Gaza qui a fait plus de 122 000 victimes civiles, (entre morts et blessés), en majorité des enfants et des femmes, et près de 10 000 personnes portées disparues dans un contexte de famine et de destruction massive, selon des données palestiniennes et de l'Onu.
Le conflit a également provoqué une catastrophe humanitaire sans précédent et une destruction massive des infrastructures, qui ont conduit Tel-Aviv à comparaître devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour "génocide".
LES CHIFFRES DE LA MANNE PÉTROLIÈRE SÉNÉGALAISE
Alors que l'opposant Ousmane Sonko évoquait une portion congrue de 10% pour l'Etat, Africa Check révèle que la part réelle du Sénégal dans ses hydrocarbures se situe entre 50 et 64%. Un éclairage nécessaire sur cet enjeu stratégique
(SenePlus) - Quelques jours après l'annonce par Woodside de la production du premier baril de pétrole sur le champ de Sangomar, les déclarations controversées d'Ousmane Sonko, à l'époque chef de l'opposition, refont surface. En 2022, celui qui est désormais Premier ministre avait affirmé que « le Sénégal ne détenait que 10% de ses ressources pétrolières et gazières ».
Mais une enquête publiée en 2023 par la plateforme de fact-checking Africa Check contredit ces allégations. Selon l'organisation, "l'affirmation de M. Sonko est tout simplement fausse".
Africa Check explique que, dans aucun des contrats pétroliers actuellement en vigueur, le Sénégal ne cède 90% des revenus aux compagnies étrangères comme l'avait soutenu l'ancien opposant.
Pour étayer ses dires, Africa Check s'appuie sur les éclaircissements de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives du Sénégal (ITIE Sénégal) et de la société nationale Petrosen. Ces deux institutions affirment que les 10% évoqués par Sonko concernent uniquement la participation "portée" de Petrosen en phase d'exploration, sans frais pour l'Etat.
En réalité, la part réelle de l'État provient de trois sources : celle de Petrosen (jusqu'à 20 % en phase d'exploitation), le profit pétrolier (50 à 70 %) et les impôts et taxes sur les entreprises. Au final, selon les experts cités, l'Etat pourrait engranger entre 50 et 64% des revenus sur les gisements comme Sangomar et Grand Tortue/Ahmeyim.
"Dire que l'Etat ne détient que 10% est factuellement faux", tranche l'expert pétrolier Mohamed Julien Ndao, interrogé par Africa Check. L'enquête conclut donc que les propositions du Premier ministre Sonko, relayés en 2022 lors de la campagne présidentielle, sont incorrectes.
"Dire que l'Etat ne détient que 10% est factuellement faux", tranche l'expert pétrolier Mohamed Julien Ndao, impliqué par l'organisation de vérification des faits.
Alors que le Sénégal s'apprête à tirer les premiers bénéfices de la manne pétrolière, cet rappel d'Africa Check souligne l'importance d'une communication transparente sur ce dossier sensible lié à l'exploitation des ressources nationales.
BURKINA FASO : MOUSBILA SANKARA, PROCHE DE THOMAS SANKARA, ENLEVÉ PAR DES INCONNUS
Il exhortait le chef du régime à protéger les droits fondamentaux des travailleurs acquis de longue date et à ouvrir l'espace public aux citoyens pour l'expression de leur liberté.
(Seneplus)-Mousbila Sankara, ancien diplomate et proche du père de la révolution burkinabée Thomas Sankara, a été enlevé mardi matin à son domicile à Ouagadougou par des individus se disant appartenir aux services de renseignement, ont annoncé ses proches.
M. Sankara, âgé de 74 ans, est un ancien ambassadeur du Burkina Faso en Libye et un compagnon de lutte de Thomas Sankara, assassiné en 1987. Il avait récemment critiqué le régime militaire au pouvoir dans une lettre ouverte, demandant notamment la protection des droits des travailleurs et l'ouverture de l'espace public.
Selon ses proches, M. Sankara a été enlevé vers 5 heures du matin par des hommes armés qui l'ont emmené vers une destination inconnue. Depuis, aucune nouvelle de lui n'a été donnée.
Cet enlèvement suscite l'inquiétude des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une nouvelle violation des libertés individuelles au Burkina Faso. Depuis le coup d'État de septembre 2022, plusieurs voix critiques du régime ont été arrêtées ou enlevées, dont le célèbre avocat Guy Hervé Kam et l'ancien chef de corps militaire Emmanuel Zoungrana.
La famille de Mousbila Sankara appelle à sa libération immédiate et sans condition.
ESPAGNE: DES SENEGALAIS EXPLOITES DANS LES CHAMPS D'ALBACETE
Arrivés en Espagne depuis le 2 mai dernier, 145 jeunes sénégalais sélectionnés dans le cadre de cette migration sont en train de souffrir le martyr. En raison d'une mauvaise gestion, nos compatriotes sont surexploités...
Le Sénégal et le Royaume d'Espagne ont signé une convention dans le cadre de la migration circulaire pour mieux gérer les flux migratoires entre les deux pays. La migration circulaire permet aux travailleurs migrants de se déplacer de manière temporaire et répétée entre leur pays d'origine et le pays d'accueil, souvent en fonction des besoins saisonniers ou des projets spécifiques.
L'un des principaux objectifs de cette convention est de faciliter et de réguler les mouvements de travailleurs entre le Sénégal et l'Espagne. Ce cadre vise à contribuer au développement économique des deux pays en répondant aux besoins de main-d'œuvre spécifiques de l'Espagne, tout en offrant des opportunités d'emploi aux Sénégalais. La convention prévoit également des programmes de formation et de développement des compétences pour les travailleurs migrants, augmentant ainsi leur employabilité. En encourageant des voies légales et sûres pour la migration, elle vise à réduire les risques associés à l'immigration clandestine.
Bien que les résolutions de cette convention soient ambitieuses et nobles, il faut reconnaître que la gestion de la migration manque de transparence et cache bien des réalités. Initialement, les BAOS (Bureaux d'Accueil et d'Orientation) étaient les points focaux des recrutements, avec pour mission de recruter 10 personnes chacun. Cependant, le manque de transparence a entravé leur travail, et à l'arrivée certains bureaux comme ceux de Kédougou et Tambacounda se sont retrouvés avec zéro candidat recruté. Un scandale qui ne dit pas son nom.
Arrivés en Espagne depuis le 2 mai dernier, 145 jeunes sénégalais sélectionnés dans le cadre de cette migration sont en train de souffrir le martyr.
En raison d'une mauvaise gestion, nos compatriotes sont surexploités, travaillant plus de 10 heures par jour pour se retrouver avec seulement moins de 200 euros (130 000 F CFA) après 18 jours de travail (du 13 au 30 mai 2024), ce qui constitue une véritable violation du code du travail en Espagne.
Cette situation a créé de vives tensions dans les champs d'Albacete, entraînant une intervention musclée de la garde civile dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Cette intervention a conduit à l'arrestation du responsable de l’entreprise Frutalinda et de notre compatriote Issa Mbaye libéré après 48 heures de détention. Ils sont accusés d'avoir reçu de l'argent des jeunes candidats pour venir en Espagne et de ne pas leur verser leurs salaires comme il se doit.
Selon nos sources, l’Espagne s'était engagée à couvrir les frais d’hébergement et de transport de ces jeunes, et ceux-ci ne devaient donc payer aucune commission.
Interpellées sur la situation de ces jeunes Sénégalais aujourd'hui dans la tourmente les autorités diplomatiques et consulaires surveillent attentivement la situation en attendant les résultats des enquêtes menées par la garde civile espagnole. De plus, le Consul général se rendra à Albacete ce Jeudi pour évaluer personnellement la situation.
Une chose est sûre, cette situation est la résultante de la gestion opaque de la migration circulaire. Une synergie des efforts pour une meilleure gestion de celle-ci s’impose, en mettant de côté le clientélisme et les quotas des uns et des autres. Il est fondamental de renforcer la transparence et l'équité dans les processus de recrutement et de gestion des travailleurs migrants. En impliquant davantage les communautés de la diaspora et en assurant une meilleure coordination entre les autorités sénégalaises et espagnoles, il est possible de créer un système de migration circulaire qui profite réellement aux travailleurs et aux économies des deux pays.
Cette affaire souligne la nécessité urgente de revoir les mécanismes de gestion de la migration circulaire pour garantir la protection des droits des travailleurs migrants et favoriser un développement économique mutuellement bénéfique.
Une approche plus inclusive et transparente, impliquant toutes les parties prenantes, peut contribuer à établir des pratiques équitables et durables dans la gestion de la migration entre le Sénégal et l'Espagne.