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3 avril 2025
International
VINCENT BOLLORÉ SE RAPPROCHE DU BANC DES PRÉVENUS POUR CORRUPTION EN AFRIQUE
Selon un réquisitoire du Parquet national financier, l'industriel aurait orchestré un vaste système de financement illégal de campagnes présidentielles au Togo et en Guinée. En jeu : des avantages économiques indus pour son groupe en contrepartie
(SenePlus) - Le magnat français Vincent Bolloré pourrait bien se retrouver sur le banc des accusés dans une affaire de corruption électorale présumée au Togo et en Guinée, selon un réquisitoire définitif du Parquet national financier (PNF) dont Mediapart a eu connaissance.
Comme le rapporte le média en ligne, le PNF demande la tenue d'un procès pénal contre l'industriel de 72 ans, l'accusant d'avoir personnellement "participé aux échanges et aux négociations" sur le financement illégal présumé des campagnes présidentielles de Faure Gnassingbé au Togo et d'Alpha Condé en Guinée en 2010.
"Vincent Bolloré a également validé le montant des dépenses et sciemment donné des instructions" pour favoriser financièrement Gnassingbé à hauteur de 300 000 euros et Condé de 170 000 euros, affirment les procureurs dans leur réquisitoire de 41 pages. Des dépenses assumées par une filiale de Bolloré en dehors de son objet social, ce qui constituerait un abus de confiance selon le PNF.
Au Togo, Bolloré est également soupçonné de corruption, son groupe ayant obtenu "des contreparties diverses" comme des avantages fiscaux et le renouvellement d'une concession portuaire en contrepartie du soutien financier à Gnassingbé et de l'embauche de son demi-frère.
"Contrairement à ses déclarations, il apparaît que Vincent Bolloré suivait personnellement [...] les activités du groupe au Togo, qu'il avait engagé le groupe dans la campagne électorale de Faure Gnassingbé", soulignent les procureurs, citant des courriers, agendas et mails à l'appui.
En 2018, Bolloré avait nié avoir été impliqué dans ces campagnes, affirmant déléguer beaucoup. Sur le volet guinéen, il avait minimisé le financement d'un livre pro-Condé, jugeant que "ce livre ne s'adressait pas à des électeurs africains".
S'il avait plaidé coupable en 2021, l'accord a été invalidé par la justice. Ses avocats promettent désormais de demander un non-lieu, dénonçant un "dossier juridiquement vide".
Mais pour l'avocat de Sherpa et Anticor, parties civiles, "la justice anticorruption ne peut pas être une justice de transaction. [...] Compte tenu du rôle de Bolloré, la justice ne peut pas donner le sentiment qu'il bénéficie d'un régime dérogatoire. Il en va de la survie de l'État de droit."
Au juge d'instruction désormais de décider du renvoi éventuel devant un tribunal de l'influent homme d'affaires dont le conglomérat médiatique est accusé d'être le "marionnettiste" de l'extrême droite française.
par l'éditorialiste de seneplus, Arona Oumar Kane
MULTIPLE PHOTOS
OUI, IL S’AGIT BIEN D’UNE BOMBE
EXCLUSIF SENEPLUS - Un gouvernement gonflant artificiellement les salaires sans fondement économique mais par calculs électoraux, c'est grave ; un économiste renommé encourageant de telles politiques, c'est pire
Arona Oumar Kane de SenePlus |
Publication 08/06/2024
Le Professeur Abou Kane de l’Université Cheikh Anta Diop a été le seul économiste, voire même le seul Sénégalais, à publier une contribution contredisant la thèse exposée dans l’article intitulé "La Bombe Salariale : Le Legs Empoisonné De Macky À Diomaye”.
Pour rappel, cet article, publié le 5 avril 2024 sur senenews.com et repris par la quasi-totalité des sites en ligne sénégalais, certains quotidiens et quelques publications étrangères, alertait sur les risques qui pèsent sur nos comptes publics en raison de hausses massives spontanées des salaires de la fonction publique à des moments spécifiques : à l’approche d’élections nationales. Le texte avait été rédigé avec beaucoup de minutie, après un travail sérieux d'analyse, de vérification et de recoupement qui a duré plusieurs mois, avec des sources vérifiables et une approche utilisant des outils avancés d'analyse et de calcul mis au point spécialement pour cette étude.
Un travail que l’enseignant de la FASEG qui, par ailleurs, mérite tout le respect que lui confère sa qualité d’agrégé d’économie et son érudition incontestable en la matière, a étonnamment tenté de discréditer. Et il l’a fait dans un papier produit à la va-vite, truffé de formules à l'emporte-pièce et “d’affirmations faciles” [1], teinté d'ironie et comportant une contradiction flagrante, le tout sans citer la moindre source ou référence. Tout le contraire de l'article qu'il s’est employé à démolir.
Le professeur avait notamment ironisé sur le passage suivant de notre texte, que nous maintenons : "Dans une économie qui peine à produire de la richesse sur une base endogène, et une mobilisation des ressources internes poussive et très insuffisante, le seul moyen de couvrir ces dépenses de personnel supplémentaires est de recourir à la dette. À moins que les nouvelles autorités ne trouvent une solution miracle ou décident de dire la vérité au peuple sénégalais sur cette véritable bombe qui ne demande qu’à exploser, nous sommes partis pour poursuivre cet endettement exponentiel - autre “legs aux générations futures” du président Macky Sall - et ce, jusqu’à une éventuelle cessation de paiement, avec tous les risques de déstabilisation sociale et sécuritaire que cela comporte pour notre pays. Les ressources internes, dons budgétaires et autres “aides” au développement qu’on arrive à mobiliser, sous la gouvernance et les orientations de politique économique que nous observons jusque-là, ne suffiront pas à maintenir cette masse salariale dans la durée."
L’endettement effréné de notre pays, tout le monde en convient, est évidemment un très grand problème, d’ailleurs soulevé dans l’article attaqué. Mais l’existence d’un problème particulier, quelle que soit son ampleur, n’efface pas tous les autres. Nous avons une multitude de problèmes, la masse salariale en est un. Un problème causé par l'irresponsabilité et l’escroquerie politique du défunt régime et, dans une moindre mesure, de ceux qui l’ont précédé. Il faut l’adresser avec responsabilité et lucidité et ne pas le balayer d’un revers de la main en affirmant qu’il faut au contraire gonfler cette masse salariale d’avantage. Un gouvernement qui gonfle la masse salariale de manière artificielle, sans fondement économique valable mais guidé par des calculs électoralistes, c’est suffisamment grave ; un économiste renommé et très médiatique, enseignant de surcroît, qui justifie et encourage une telle politique, c’est encore pire.
Nous avions rédigé un droit de réponse exposant l’absence de rigueur intellectuelle notée dans l'article intitulé “Vous Avez Dit Bombe Salariale ?”, pointant la faiblesse de l’analyse, les erreurs factuelles et affirmations non fondées que les faits sont en train de battre en brèche. Notre contradicteur hâtif déclarait lui-même, quelques semaines plus tard au 13h de la RTS, rapportant le service de la dette aux exportations et aux recettes budgétaires, que “le Sénégal est dans une zone rouge [ce qui en fait] un pays qui peut ne plus pouvoir honorer ses engagements.”
Un proche nous avait convaincu de ne pas publier ce droit de réponse, écrit en première intention et beaucoup moins retenu et mesuré que le texte que vous avez sous les yeux. En grand frère bienveillant, nous avions donc décidé d'écouter ce proche, non moins bienveillant ! Mais, il serait toutefois intéressant de demander à cet économiste et à ceux qui l'ont applaudi dans la section commentaires de ses réseaux sociaux, notamment ceux d'entre eux qui, comme lui, ont un conflit d’intérêt manifeste sur le sujet, de nous expliquer comment et où va-t-on trouver de quoi payer les salaires de la fonction publique sans puiser dans les ressources de trésorerie, autrement dit les eurobonds et autres emprunts qui nous coûtent un bras.
Le nouveau gouvernement qui, selon Bloomberg, vient de réaliser une émission de 450 milliards FCFA d'Eurobonds, n'a manifestement pas encore trouvé la solution à ce problème, si l'on en croit le tableau récapitulatif (à voir en illustration de ce texte), extrait du Rapport Trimestriel d'Exécution Budgétaire du 1er trimestre 2024 (lire LFI et non LFR).
Ce rapport indique un taux de recouvrement des recettes (internes et externes réunies) à 17.11% et un taux d'exécution des dépenses à 24.30%. Ce qui signifie que nous dépensons beaucoup plus vite que nous faisons rentrer des sous dans les caisses. Il est d’ailleurs à noter que, comme à l’accoutumée sous le régime Sall qui a exécuté cette première tranche du budget, les dépenses de fonctionnement (27.80% de taux d’exécution, au-delà du prévisionnel trimestriel) qui comprennent la masse salariale, ont encore grignoté sur les dépenses d’investissement (17.47%, largement sous le prévisionnel), ce qui explique beaucoup de nos soucis.
On le voit bien dans ce rapport d'exécution budgétaire, le danger sur lequel nous alertions dans La Bombe Salariale se précise. Cette bombe est toujours là, non encore désamorcée et prête à exploser à tout moment, si le changement radical de politique budgétaire, indispensable pour remettre de l'ordre dans nos comptes publics, n'est pas enclenché. Et cela commence par le vote d’une loi de finances rectificative de toute urgence.
[1] Expression empruntée à Mody Niang, ancien expert de l’OFNAC, qui avait posté un généreux commentaire sur La Bombe Salariale, largement partagé dans les groupes WhatsApp. Qu’il en soit ici remercié !
L'ARME DE SÉDUCTION MASSIVE
Chaque régime au Sénégal a su habilement exploiter les slogans pour incarner son projet politique. Du "Natangué" socialiste au "Jub, Jubal, Jubanti" actuel, ces formules racontent une histoire et projettent une identité forte
Amadou Camara Gueye et Mamadou Makhfouse Ngom |
Publication 08/06/2024
Les slogans et les noms de programmes sont des outils stratégiques essentiels dans la propagande politique. Chaque régime, depuis le Parti socialiste, s’est employé à mettre en avant un certain nombre de slogans dans le but d’incarner une vision et une promesse politique. Des années 80-90 avec le "Natangué" du Parti socialiste au récent "Jub, Jubal, Jabanti" de Sonko, chaque slogan raconte une histoire et projette une image claire du projet politique et de l'identité des leaders.
Le vert "Natangué" du Parti socialiste et le bleu du "Sopi"
Dans les années 80 et 90, le Parti socialiste (PS) dominait le champ politique sénégalais avec son slogan emblématique, le vert "Natangué". Ce slogan, qui symbolisait la prospérité, incarnait la promesse de croissance, de stabilité et de prospérité. Le choix du vert et du mot "Natangué" visait à rassurer les électeurs sur la capacité du PS à maintenir un Sénégal florissant et stable.
Mais ce slogan ne va pas résister à la conjoncture économique (Plan d’ajustement structurel, dévaluation du franc CFA, privatisation des services publics) qui va enterrer les derniers espoirs des populations pour une amélioration de leurs conditions de vie.
Malgré le plan de redressement du duo Loum-Sakho, le slogan "Natangué" passe vite aux oubliettes au profit des promesses libérales de changement et d’emploi des jeunes.
Le 19 mars 2000, lors du second tour de l'élection présidentielle, le Sénégal connait une alternance historique. Abdoulaye Wade, soutenu par une coalition de partis politiques regroupés au sein du Front pour l’alternance, met fin à plusieurs décennies de domination socialiste avec son slogan "Sopi", qui signifie changement.
Ce slogan puissant et simple a capturé l'aspiration collective à un renouvellement profond. La reconnaissance rapide de sa défaite par le président sortant Abdou Diouf a permis une transition pacifique, évitant les craintes de blocage électoral et de violences.
Cette formule va, au fil des années, se déliter au gré des scandales financiers et de la spoliation des deniers publics. Ce slogan, qui sera vidé de sa substance à la fin du règne d’Abdoulaye Wade, symbolisera les espoirs déçus de toute une frange de la population qui souhaitait un changement jamais obtenu.
Macky Sall, l’ère du ‘’Yoonu Yokkuté’’ et la gestion sobre et vertueuse
Les slogans politiques ont aussi marqué l’ère du régime de Macky Sall. Ce dernier, lors de sa campagne de 2012, avait mis en avant des slogans comme ‘’Yoonu Yokkuté’’ (la voie du développement), ‘’La patrie avant le parti’’, ‘’La gestion sobre et vertueuse’’ ou bien ‘’Dèkkal Ngor’’ (restaurer les valeurs). Autant de formules mises en avant par les militants de l’APR qui voulaient marquer la rupture avec Abdoulaye Wade dont la gestion avait été marquée par la multiplication des scandales financiers et la spoliation des deniers publics.
À travers ce ‘’Yoonu Yokkuté’’, Macky Sall voulait proposer un nouveau contrat de développement économique et social basé sur la rigueur et la réduction du train de vie de l’État.
Toutefois, ce slogan va rapidement laisser le champ libre au Plan Sénégal Emergent de 2014. Ce programme, qui constitue le référentiel de la politique économique et sociale jusqu’en 2035, s’appuie sur des investissements massifs dans les infrastructures, l’énergie et l’accès à l’eau au détriment de l’aspect social qui fut à l’origine de la pensée sociale de ’’Yoonu Yokkuté’’.
Le candidat avait plus marqué les esprits avec sa formule "Une gestion sobre et vertueuse" de l’État. Dans cette dynamique, il a déclenché la reddition des comptes avec la traque des biens mal acquis. Ainsi, des autorités du régime de Wade avaient été poursuivies pour enrichissement illicite.
Mais cette devise a vite été mise aux oubliettes, lorsqu’après la condamnation de Karim Meissa Wade, le procureur de la CREI a voulu s’attaquer aux membres de la liste des 25 responsables de l’ancien régime libéral visés par ladite traque. Alioune Ndao avait été démis de ses fonctions, sans autre forme de procès. C’en était fini de la traque des biens mal acquis.
Il faut aussi souligner que la ‘’gestion sobre et vertueuse" a tourné à la farce, lorsque le président de la République s’est entêté à protéger, vaille que vaille, les nombreux dignitaires de son régime épinglés dans les rapports de l’Ofnac, de la Cour des comptes et de l’IGE. En lieu et place de la ‘’gestion sobre et vertueuse’’, l’impunité fut ainsi érigée en règle du côté du pouvoir. Ce qui a participé à discréditer le règne de Macky Sall.
Cette dichotomie entre le discours et les actes a été un boulet qui a précipité le régime de Macky Sall au fond de l’abîme, donnant l’image d’un régime incapable d’assainir les finances et d’assurer une gouvernance transparente.
Le dernier grand slogan de l’ère Macky Sall fut le ‘’Fast Track’’ pour marquer la volonté du gouvernement d’aller plus vite dans la gestion des affaires publiques. Ce slogan a été mis en exergue par la communication gouvernementale, à la suite de la suppression du poste de Premier ministre le 14 mai 2019.
Ce nouveau mode de gouvernance, qui devait permettre d’aller vers plus d’efficacité dans la mise en œuvre de l’action gouvernementale, n’a pas engendré les résultats escomptés. Le rapport direct entre Macky Sall et ses ministres n’a pas insufflé plus de dynamisme dans la gestion de l’État, semant au passage la confusion, car l’absence de Premier ministre, qui est un chef d’orchestre de l’action gouvernementale, a nui à l’efficacité du gouvernement. Macky Sall mettra fin à ce pari en restaurant le poste de PM en décembre 2021.
"Jub, Jubal, Jubanti" : la nouvelle ère de Sonko
Pour Ousmane Sonko et ses alliés du Pastef, le maître mot est devenu "Patriote", un terme qui incarne l'engagement profond envers la nation et les citoyens. Les membres du Pastef se surnomment eux-mêmes les "patriotes", faisant de ce terme un symbole et une identité forte pour le parti. Le terme "Patriote" est devenu plus qu'une simple affiliation politique ; il représente une identité partagée, un sentiment d'appartenance à un mouvement qui prône le patriotisme, l'intégrité et le changement. Cette identité commune renforce la cohésion au sein du parti et mobilise ses membres autour d'objectifs communs. L'adoption de ce terme par les militants du Pastef bouscule les conventions politiques traditionnelles au Sénégal et reflète leur volonté de se démarquer de l'establishment.
Une fois au pouvoir, le slogan "Jub, Jubal, Jubanti" (transparence, justice, redressement) a pris le relais, reflétant une volonté de gouvernance transparente et de reddition des comptes.
En avril 2024, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a illustré cet engagement en ordonnant la publication des rapports de la Cour des comptes, de l'inspection générale d'État (IGE) et de l'Ofnac pour les cinq dernières années, marquant un cas concret vers la transparence promise.
Pour Bruno Walther, directeur de la communication de la campagne d'Europe Écologie Les Verts, le slogan permet de "synthétiser le narratif de campagne". Il doit offrir une compréhension rapide de l'orientation générale du programme et refléter la ‘’personnalité’’ du candidat, selon l'historien de la communication politique Christian Delporte.
Les slogans sont souvent testés par des instituts de sondage pour s'assurer qu'ils résonnent avec l'électorat et suscitent les réactions souhaitées, faisant ainsi du slogan une véritable marque de fabrique du candidat.
En conclusion, les slogans des partis politiques au Sénégal ne sont pas de simples outils de communication. Ils sont des reflets puissants des visions et des promesses des leaders politiques. Chaque slogan est marqueur d’une identité et d’un sceau destiné à symboliser une espérance et une vision au profit des populations. La prospérité, le changement ou la transparence joue un rôle crucial dans la dynamique électorale et l'engagement des électeurs.
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ÉVITER LA CONFUSION DES RÔLES
"Il faut accepter qu'Ousmane Sonko n'est pas un Premier ministre ordinaire." Alioune Tine pointe du doigt l'inédit de la situation politique actuelle et la nécessité d'une meilleure communication gouvernementale
C’est un esprit libre qui a fait face aux Rédactions de E-Media, hier. Alioune Tine dénonce les insultes et accusations gratuites. Mais souhaite une pédale douce dans la répression judiciaire. Justice, politique.
"J’ai été victime de Bah Diakhaté, mais…"
C’est l’une des affaires qui ont marqué les premières semaines du régime de Diomaye Faye. Bah Diakhaté, proche de l’Apr, a été condamné pour des propos jugés outrageants contre le Premier ministre, Ousmane Sonko, relativement à l’homosexualité. «Les accusations de Bah Diakhaté sont inadmissibles. Moi-même j’ai été victime de ses sorties. Il faut qu’on en finisse avec cette façon de s’opposer. Alors, que tous ceux qui ont fait dans l’excès présentent leurs excuses. Mais je pense aussi que dans le cas de diffamation, un démenti devrait suffire au lieu d’envoyer les gens en prison», a dit le fondateur de Afrikajom Center.
Alioune Tine prudent sur la plainte contre Macky Sall
Les démons de la division commencent à resurgir avec l’idée d’une plainte contre l’ancien président, Macky Sall, brandie par Boubacar Sèye et Cie. Alioune Tine préfère ne pas en parler «pour le moment», pour préserver son statut de médiateur. Il a rappelé, cependant, que c’est «la loi d’amnistie qui a sorti le pays d’une crise politique» et qui a «sauvé notre vivre-ensemble». Le droit-de-l’hommiste prône la «réparation pour les détenus» des événements politiques et même l’érection d’un monument.
«Il faut communiquer pour lever cette confusion des rôles»
C’est la suite de sa sortie relatée par la presse de ce vendredi sur l’alerte contre un «Etat pastéfien». Alioune Tine constate que Ousmane Sonko est un «hyper premier ministre». «Il faut que l’on accepte qu’il n’est pas un Premier ministre ordinaire et qu’il est investi d’une forte légitimité. C’est inédit et ça c’est depuis la campagne. Mais Comment il faut gérer ça ?», se demande M. Tine. Qui préconise une «communication gouvernementale pour lever la confusion des rôles». Il a ajouté que leur travail, en tant que société civile, c’est de «prévenir des menaces». Sur les audiences que le chef du gouvernement accorde à des diplomates, Alioune Tine n’y voit pas de problème, si tant est «qu’ils s’entendent sur ces questions». Pour lui, c’est aussi peutêtre l’occasion de régler l’hyperprésidentialisme.
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LE FARDEAU DE L'EMPIRE FRANÇAIS
Plus de 60 ans après les indépendances, le ressentiment né de la colonisation française reste tenace. Excuses, restitutions, fin de la "Françafrique" : les demandes pleuvent de toutes parts. Jusqu'à quand l'Hexagone pourra-t-il faire la sourde oreille ?
Dans un échange instructif, les historiens français Pascal Blanchard et Benjamin Stora ont dressé un constat glaçant : les cicatrices de la colonisation française en Afrique restent grandes ouvertes, empoisonnant les relations entre l'ex-puissance coloniale et ses anciennes possessions.
"Le cas africain cristallise les tensions autour du legs colonial", assène Pascal Blanchard, fin connaisseur des faits coloniaux. De l'Algérie au Mali en passant par le Burkina Faso, les jeunes générations africaines ont les yeux rivés sur l'Histoire. Elles réclament à cor et cri vérité et réparations à l'ancienne métropole.
Un vent de rébellion souffle sur le continent, avive les braises de la colère contenue trop longtemps. Comme le souligne Benjamin Stora, "Les demandes affluent de toutes parts : restitution des biens pillés, excuses officielles, fin de la gestion opaque héritée de la Françafrique...Ces questions ne sont plus de l'ordre de l'anecdotique, elles sont entrées dans le champ diplomatique."
Sur les berges de la Seine, le malaise est palpable. Les élites dirigeantes, de droite comme de gauche, ont longtemps fui le débat. "La repentance idéologique est brandie pour museler la réflexion", dénonce Blanchard. Coincée entre la nostalgie réactionnaire d'un passé mythifié et l'agressivité des révisionnistes, la recherche historique peine à se faire entendre.
La solution ? Donner un écrin, une vitrine nationale, à l'exploration apaisée de ce pan douloureux de l'Histoire française. "Un Musée de la colonisation s'impose en France, à l'image de ce qui existe déjà ailleurs", plaide Blanchard. Un lieu pour transmettre, pédagogiquement, les mémoires plurielles et le récit partagé du fait colonial.
Le message est clair selon les deux spécialistes : la France ne pourra plus longtemps éluder les demandes de vérité et de justice émanant d'Afrique. Jusqu'à quand la France pourra-t-elle tourner le dos à cette part d'elle-même ? L'avenir de ses relations avec le continent pourrait bien en dépendre.
2e ÉDITION DU PRIX DES YVELINES : LE LYCÉE DE MADINA NDIATHBÉ SUR LE TOIT DU MONDE FRANCOPHONE
Le lycée Aného de la commune Lac 1 du Togo, 2e, a reçu le Prix Partenaire et le Collège Poissy Chant de la France est 3e.
Le premier Prix de l’édition 2024 du Prix des Yvelines de la Francophonie a été remportée par le duo Malick Ndiath et Ramata Sy du lycée de Madina Ndiathbé. 10 autres groupes étaient en compétition.
Le lycée Aného de la commune Lac 1 du Togo, 2e, a reçu le Prix Partenaire et le Collège Poissy Chant de la France est 3e. La finale se jouait ce jeudi à Podor entre 11 établissements du moyen-secondaire des départements de Kanel, Matam, Podor du Sénégal, de la commune de Lac 1 du Togo, du département de Mono du Bénin et du département des Yvelines. Malgré la forte chaleur d’après-midi, toute la population de Madina Ndiathbé est sortie pour réserver un accueil chaleureux à ceux qui ont «représenté dignement les écoles du département de Podor et hissé leur lycée sur le toit du monde francophone».
L'OMBRE D'UN ÉTAT AUX ORDRES DE PASTEF
Le spectre d'un "État pastéfien" plane sur le Sénégal selon Alioune Tine. Le président d'Afrikajom Center juge sévèrement les premières nominations du nouveau régime. Il estime que la "surcharge de légitimité" de Sonko risque de décentrer le pouvoir
Alioune Tine, président-fondateur d’Afrikajom Center, déclare avoir l’impression d’assister à la mise en place d’un «Etat pastéfien», au vu des nominations aux postes de responsabilité faites par le nouveau régime. Une position que cette personnalité de la Société civile a défendue lors d’une table ronde.
La remarque est de taille. Elle émane de Alioune Tine. Le président du think-thank Afrikajom Center a sa lecture de la marche du pays depuis l’avènement du Président Bassirou Diomaye Faye. «De mon point de vue, après avoir assisté à ce qu’on peut appeler un Etat agressif, nous n’avons pas l’impression d’avoir tourné la page de l’Etat-partisan», constate Alioune Tine, qui continue de contester l’invalidation des candidatures de Sonko et de Karim Wade à la dernière élection présidentielle. M. Tine, qui intervenait lors de la table ronde organisée hier par l’Association sénégalaise de Droit constitutionnel (Asdc), dira à l’attention de l’assistance, souligne Seneweb : «On a l’impression qu’il se met en place petit à petit un Etat pastéfien.»
Les nominations aux postes stratégiques de nombreux membres du parti Pastef laissent transparaître ce sentiment qui habite Alioune Tine. Ce dernier, durant son intervention, est aussi revenu sur le nombre d’étapes de la crise politico-électorale que le pays a eu à traverser avant d’aboutir à l’élection du 24 mars dernier.
Ce membre éminent de la Société civile a poursuivi sa réflexion en soutenant : «Le défi, c’est de voir comment on peut traverser cette nouvelle mutation de la démocratie, et ne pas réduire notre démocratie à une démocratie électorale. Et ne pas réduire la légitimité à une seule légitimité de ceux qui sont élus. Il y a de nouvelles légitimités qui émergent, qui sont fortes.»
Analysant l’évolution du duo Diomaye-Sonko à la tête du pays, Alioune Tine souligne : «L’inversion qu’il y a au niveau de la hiérarchie du parti au pouvoir (Pastef) fait que nous avons quelqu’un qui a une surcharge de légitimité (Ousmane Sonko, Ndlr) qui devient Premier ministre. Cela va décentrer le pouvoir totalement, et on y assiste. Cela va créer de nouvelles tensions qu’il faut prévenir dès maintenant.»
«De l’autre côté, on a la dette politique de Diomaye (le président de la République). Une dette extrêmement forte qui est un poids sur ses épaules à l’heure actuelle. C’est cela qui crée de la tension au sommet du pouvoir», fera-t-il encore remarquer.
Et Alioune Tine de rappeler, non sans évoquer le rejet par le Président Macky Sall de la candidature de Amadou Ba, son propre candidat, au sujet des bouleversements intervenus en février dernier : «S’il y a un paramètre qui a échappé à Macky Sall et qui a tout chamboulé, c’est Bassirou Diomaye Faye. La validation de la candidature de Diomaye a été un moment de déstabilisation du régime. C’est à ce moment que beaucoup de choses se sont passées avec le report, les accusations du Pds contre les juges du Conseil constitutionnel.»
5 NIGERIENS ARRETES POUR INTRUSION SUR LE SITE DE WAPCO
Dans un communiqué publié le jeudi 6 juin 2024, le procureur spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a annoncé l’arrestation de cinq ressortissants nigériens sur le territoire béninois.
Deux des cinq Nigériens arrêtés seraient des agents du CNSP, avec de faux badges de WAPCO-Niger. Le procureur de la CRIET a indiqué que les investigations se poursuivent « dans un contexte où des informations indiquent la planification d'actes menaçant la sûreté de l'Etat du Bénin ».
Dans un communiqué publié le jeudi 6 juin 2024, le procureur spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a annoncé l’arrestation de cinq ressortissants nigériens sur le territoire béninois.
D’après Mario Metonou (photo), les individus arrêtés se seraient introduits « frauduleusement » sur le site de la station terminale de WAPCO-Bénin, filiale de la société chinoise qui exploite le pipeline Niger-Bénin.
« Au lieu d’emprunter l’entrée principale et de s’enregistrer à la guérite, ces personnes ont préféré une entrée dérobée située à l’arrière du site. Pour justifier cette entrée frauduleuse sur le site, les intéressés ont indiqué être tous des employés de WAPCO-Niger dont ils arborent les badges et précisé, qu’en cette qualité, ils n’avaient pas l’obligation de s’enregistrer à la guérite » souligne le communiqué. Et d’ajouter : « une telle justification est inopérante en raison de la sensibilité du site ».
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre le Bénin et le Niger, au sujet de la fermeture des frontières. Niamey reproche à Porto-Novo d’avoir appliqué les sanctions de la CEDEAO. Bien que les autorités béninoises aient fini par rouvrir leurs frontières après avoir ouvertement milité pour une levée des sanctions, le Niger a décidé de maintenir ses frontières fermées, arguant d’un risque sécuritaire.
Depuis, les accusations se multiplient de la part des autorités nigériennes qui reprochent au Bénin d’héberger des légionnaires français et de former des terroristes pour attaquer le Niger. Des accusations démenties par les autorités béninoises qui ont de leur côté affiché leur volonté d’apaiser les tensions et de renouer le dialogue.
Malgré une médiation chinoise qui avait permis l’embarquement d’une cargaison de pétrole nigérien bloquée au port de Sèmè-Podji par le Bénin, les relations entre les deux pays semblent se refroidir de plus en plus. En réponse au refus nigérien d’ouvrir les frontières, le Bénin a décidé de fermer la voie fluviale de contournement vers le Niger, qui permettait aux commerçants et passagers de contourner la fermeture de la frontière.
D’après la justice béninoise, deux des cinq nigériens arrêtés seraient des agents nigériens au service du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui se seraient faits confectionner de faux badges d’employés de WAPCO Niger. « Les investigations se poursuivent pour déterminer les motivations réelles des mis en cause, dans un contexte où des informations récurrentes font état de la planification d’actes d’atteinte à la sûreté de l’Etat du Bénin », a précisé Mario Metonou.
RDC : OUVERTURE PREVUE DU PROCES DE LA TENTATIVE DE COUP D’ETAT DU 19 MAI
Le procès de la « tentative de coup d’État » que l’armée de la République démocratique du Congo dit avoir déjouée le 19 mai doit s’ouvrir vendredi à Kinshasa pour une cinquantaine d’accusés, dont plusieurs étrangers, a-t-on appris auprès de la justice mil
Les chefs d’accusation dans ce dossier sont « attentat, terrorisme, détention illégale d’armes et munitions de guerre, tentative d’assassinat, association de malfaiteurs, meurtre, financement du terrorisme ».
Le procès de la « tentative de coup d’État » que l’armée de la République démocratique du Congo dit avoir déjouée le 19 mai doit s’ouvrir vendredi à Kinshasa pour une cinquantaine d’accusés, dont plusieurs étrangers, a-t-on appris auprès de la justice militaire.
L’audience, censée commencer dans la matinée, est prévue devant le tribunal militaire de Kinshasa-Gombe siégeant dans l’enceinte de la prison militaire de Ndolo, dans la capitale de la RDC.
En fin de nuit, le dimanche 19 mai, dans le quartier huppé de la Gombe, plusieurs dizaines d’hommes armés avaient attaqué le domicile d’un ministre, Vital Kamerhe, devenu depuis président de l’Assemblée nationale, avant d’investir le palais de la Nation, bâtiment historique abritant des bureaux du président Félix Tshisekedi.
Les assaillants s’y étaient filmés en brandissant le drapeau du Zaïre, ancien nom de la RDC du temps de Mobutu, le dictateur renversé en 1997, et en réclamant le départ de l’actuel chef de l’État, au pouvoir depuis 2019 et largement réélu en décembre dernier.
Leur aventure s’était arrêtée là, avec l’intervention des forces de sécurité qui, selon l’armée, avaient interpellé une quarantaine d’assaillants et en avaient tué quatre autres, dont leur chef, Christian Malanga, 41 ans, Congolais de la diaspora installée aux États-Unis.
Le porte-parole de l’armée avait rapidement parlé de « tentative de coup d’État étouffée dans l’œuf », le gouvernement évoquant ensuite une « tentative de déstabilisation des institutions ».
Les partisans de Vital Kamerhe croient plutôt qu’il s’agissait d’une tentative d’assassinat. Sinon, disent-ils, pourquoi aller s’attaquer en premier à sa résidence, avant de se rendre dans un bâtiment certes symbolique, mais vide la nuit ?
Cette opération commando pose de nombreuses questions, notamment sur d’éventuels commanditaires. « L’opacité » autour des interrogatoires des présumés putschistes est aussi dénoncée par certains défenseurs des droits de l’Homme, qui doutent de la capacité du procès à faire toute la lumière sur cette affaire.
Selon une liste figurant sur « l’extrait de rôle » de l’audience de vendredi, 53 prévenus seront jugés, dont Christian Malanga, bien qu’il soit mort.
Il y a aussi son fils, Marcel Malanga, qui a la nationalité américaine et figure parmi les personnes détenues, de même que deux autres ressortissants américains, l’un connu comme proche de Malanga père et l’autre étant semble-t-il une connaissance du fils.
Au moins un Congolais naturalisé belge est aussi parmi les prévenus.
Les chefs d’accusation dans ce dossier sont « attentat, terrorisme, détention illégale d’armes et munitions de guerre, tentative d’assassinat, association de malfaiteurs, meurtre, financement du terrorisme », selon le même document.
Une autre enquête est menée sur des exécutions sommaires qui auraient été commises par des militaires après l’opération.
ANTONIO GUTERRES CONDAMNE FERMEMENT L’ATTAQUE MEURTRIERE DES FSR CONTRE UN VILLAGE AU SOUDAN
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a condamné ‘’fermement’’ l’attaque meurtrière qui aurait fait plus de 100 morts dans le village de Wad Al-Noora, dans l’État de Gezira au Soudan
Dakar, 7 juin (APS) – Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a condamné ‘’fermement’’ l’attaque meurtrière qui aurait fait plus de 100 morts dans le village de Wad Al-Noora, dans l’État de Gezira au Soudan en raison d’une guerre qui perdure depuis un an.
Cette attaque aurait été perpétrée le 5 juin dernier par des Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023.
António Guterres ‘’demande instamment à toutes les parties de s’abstenir de toute attaque susceptible de blesser des civils ou d’endommager des infrastructures civiles’’, a indiqué, jeudi, son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Dans une déclaration relayée par Onuinfo, l’agence d’information de l’ONU, le Secrétaire général des Nations unies a exprimé son inquiétude face ‘’aux immenses souffrances’’ de la population soudanaise en raison de la poursuite des hostilités.
M. Guterres appelle l’armée et les paramilitaires à ‘’taire leurs armes’’ pour l’intérêt du Soudan et à s’engager ‘’sur la voie d’une paix durable pour le peuple soudanais’’.
Stéphane Dujarric a fait part de la détermination des Nations Unies à soutenir les efforts de médiation de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Ramtane Lamamra dans le but d’arriver à une paix durable au Soudan.