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3 avril 2025
International
LE BURKINA FASO EN TÊTE DU CLASSEMENT DES CRISES DE DÉPLACEMENT LES PLUS NÉGLIGÉES DANS LE MONDE
Le rapport annuel du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) met en lumière les crises de déplacement les plus négligées dans le monde, et pour la deuxième année consécutive, le Burkina Faso occupe la première place de ce classement alarmant.
Le rapport annuel du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) met en lumière les crises de déplacement les plus négligées dans le monde, et pour la deuxième année consécutive, le Burkina Faso occupe la première place de ce classement alarmant. En 2023, la situation dans le pays s’est considérablement détériorée, avec plus de 700 000 nouveaux déplacements internes et 150 000 réfugiés fuyant vers d’autres pays. Ce chiffre record s’accompagne de plus de 8 400 décès, soit plus du double par rapport à l’année précédente.
Le NRC souligne que près de 2 millions de personnes vivent dans 39 villes assiégées par des groupes armés, sans accès aux services de base. Cette crise humanitaire est aggravée par une baisse des financements et une couverture médiatique insuffisante, exacerbée par l’interdiction de plusieurs médias internationaux dans la région.
La liste des dix principales crises négligées inclut également d’autres pays africains, avec le Soudan à la 10e place, la République centrafricaine à la 8e, le Niger à la 5e, et le Mali à la 4e position. La domination des pays africains dans ce classement met en évidence un échec chronique des décideurs, des donateurs et des médias à répondre aux souffrances sur le continent
Cette situation alarmante met en évidence la nécessité d’une action urgente de la part de la communauté internationale pour répondre aux besoins des populations touchées et pour mettre fin à ces crises de déplacement persistantes et souvent oubliées.
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DES PROPOSITIONS CHOC POUR LA JUSTICE
De la composition du Conseil constitutionnel à l'équilibre des pouvoirs entre parquet et instruction judiciaire, en passant par l'indépendance de la magistrature, tous les pans du système judiciaire sénégalais ont été débattus aux assises de Diamniadio
De larges concertations ont été menées ces derniers jours dans le cadre des assises de la justice, une initiative du président Bassirou Diomaye Faye visant à réformer en profondeur un système judiciaire sénégalais fortement décrié. L'universitaire Jean-Louis Corréa, Agrégé des Facultés de Droit en poste à l'Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), a fait ce mardi 4 juin 2024, la restitution des travaux.
Recomposition du Conseil constitutionnel
Parmi les pistes avancées, une refonte du Conseil constitutionnel fait l'objet de vives réflexions. "Ce qui est proposé, c'est qu'on ouvre le conseil à des magistrats, des professeurs d'université, des avocats et d'anciens hauts fonctionnaires, mais aussi à d'autres universitaires issus des sciences sociales comme des anthropologues ou des historiens", expose M. Corréa. Une recommandation phare consiste également à mettre un terme aux pratiques qui ont fait du Conseil "une maison de retraite", en exigeant que ses membres soient en activité, qu'ils soient magistrats ou universitaires.
Institution d'un juge des libertés
Par ailleurs, l'instauration d'un juge des libertés et de la détention est ardemment préconisée. "Dans notre tradition juridique, le procureur dispose de pouvoirs considérables, parfois même illégaux, comme l'illustre la pratique du 'retour de parquet' dont on a usé et abusé ces dernières années", dénonce le juriste. Un juge dédié permettrait de mieux préserver les libertés individuelles et de mieux contrôler les lieux de détention. Des ajustements techniques seraient néanmoins indispensables pour rééquilibrer les prérogatives respectives du parquet et du juge d'instruction, ce dernier disposant d'une faculté remise en cause de prononcer des libérations provisoires.
Cesser les dérives illégales
Si M. Corréa insiste sur la nécessité d'"orthodoxie" dans la mise en œuvre de certaines procédures, il rejette toute idée d'entériner les pratiques illégales ancrées dans les traditions. "L'idée n'est pas d'annuler ces pratiques car illégales, mais de rappeler à plus d'orthodoxie dans leur application", martèle-t-il, alors que les magistrats eux-mêmes ont dénoncé ces dérives.
Améliorer les conditions de détention
Reprenant les constats alarmants des anciens détenus auditionnés, le rapport insiste sur l'urgence d'investir massivement dans la rénovation des prisons où la dignité humaine est trop souvent bafouée. L'adoption d'un statut digne pour l'administration pénitentiaire, dont les conditions de travail sont "déplorables", est un autre levier d'action prioritaire identifié.
Accroître les effectifs et l'accès au droit
Outre les greffiers, réclamant eux aussi une revalorisation, les assises ont mis en lumière une grave pénurie d'avocats qui contraste avec la surreprésentation des magistrats. "Au Sénégal, nous avons plus de 530 magistrats contre seulement 400 avocats environ, ce qui pose un réel problème d'accès au droit", alerte Jean-Louis Corréa, appelant à faciliter et rendre réguliers les concours d'accès aux professions juridiques et judiciaires.
Repenser la présidence du Conseil supérieur de la magistrature
Deux questions épineuses ont par ailleurs été au cœur des débats: l'ouverture du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à des personnalités non-magistrats, et la présidence de cette instance actuellement dévolue au chef de l'État. Si une frange des participants a plaidé contre cette ouverture, une "recommandation forte" est toutefois ressortie pour retirer au président la présidence de l'organe de gestion de la magistrature, une prérogative jugée contraire au principe de séparation des pouvoirs.
Des divergences ont néanmoins persisté sur ces deux questions qui, à l'instar des autres propositions de réforme, seront soumises à l'arbitrage du président Bassirou Diomaye Faye, dans l'optique de réformer en profondeur un système judiciaire plombé par de profondes carences.
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LE FRANC CFA EN DÉBAT AU PARLEMENT FRANÇAIS
Cette monnaie cristallise les tensions entre héritage colonial, avantages économiques et désir de souveraineté. La commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale a récemment ausculté ce serpent de mer monétaire aux réalités complexes
La commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale a réuni, le 29 mai dernier, des experts et débattu sans concession du dossier très épineux de la souveraineté monétaire en Afrique et du devenir du franc CFA. Si les interventions ont permis de bien cerner les enjeux, forces et faiblesses de ce système hérité de la colonisation, elles ont aussi et surtout mis en lumière sa grande complexité et l'absence de solution miracle.
D'un côté, le franc CFA apporte une stabilité monétaire et des prix appréciés, facilite l'intégration régionale et mutualise les réserves de change. Mais de l’autre, il prive les États de leur pleine souveraineté, son arrimage à l’euro apparaît de plus en plus inadapté, et son symbole colonial reste une pièce ouverte.
La nouvelle marginalisation du rôle de la France n'a pas suffi à éteindre les critiques, bien ancrées dans un rejet plus large de la tutelle européenne persistante. L'alternative d'une monnaie régionale autonome comme l'Eco se heurte à d'immenses défis techniques et politiques.
"On ne peut que constater l'extrême difficulté de ce dossier monétaire, miné par les spectres de la domination économique et de la souveraineté bafouée, sans parler des complications économiques objectives", résume un intervenant.
Faut-il tout remettre à plat ? Conserver les avantages acquis en réformant en profondeur ? La table ronde a surtout fait émerger la nécessité d'arbitrages douloureux, sans issue claire pour l'instant. Une chose est sûre : le statu quo actuel, aussi complexe soit-il, ne pourra pas durer éternellement.
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LE RÉQUISITOIRE ANTICOLONIAL DE FOKA
"Critiquer la France ne fait pas de nous des anti-Français !" L'ancien journaliste de RFI répond aux accusations d'Anne Sophie Ave, ambassadrice pour la diplomatie publique de la France en Afrique devant la commission d’enquête du Sénat français
Dans une vidéo à la fois incisive et passionnée, le journaliste Alain Foka dresse un réquisitoire implacable contre la politique française en Afrique, qu'il accuse de perpétuer un « néo-colonialisme » indigne du 21ème siècle.
S'attaquant aux propositions tenues par Anne-Sophie Avé, ambassadrice française pour la diplomatie publique, qui a déclaré ce qu'elle qualifie de "propagande anti-française" de certains médias, Foka réfute catégoriquement cette accusation. Selon lui, critiquer l'ingérence de Paris et remettre en cause son influence ne fait pas des Africains des "anti-Français", mais des citoyens libres et conscients du lourd tribut payé par le continent à la traite négrière et à la colonisation.
"Critiquer une action, une mauvaise politique, une décision négative ne fait pas de l'auteur un anti-français", martèle le journaliste, ancienne figure emblématique de RFI. Il dénonce avec vigueur la propension des autorités françaises à vouloir imposer leurs vues, leur modèle, et même parfois leurs chefs d'États fantoches aux pays africains.
Au cœur de sa diatribe se trouve le rejet grandissant, notamment par la jeunesse africaine ultra-connectée, du système de la « Francafrique » - ce modèle d'influence économique, militaire et politique d'énoncé comme une forme moderne de colonialisme. Foka pointe du doigt la survie du Franc CFA, les interventions répétées dans les affaires intérieures, ou encore le maintien de bases militaires vues comme des "forces d'occupation".
"La jeunesse africaine n'a plus envie d'être dans tel ou tel camp, d'être obligée de servir la cause de telle ou telle puissance qui ne la concerne pas", lance-t-il, appelant à l'avènement d 'un partenariat enfin respectueux de la souveraineté africaine.
Dénonçant la "propagande" française, le journaliste exhorte Paris à reconnaître ses erreurs et à tourner la page d'un passé douloureux. Seul un dialogue réel d'égal à égal, sans conditionnalités ni ingérences, permettra selon lui de reconstruire une relation apaisée.
CLAUDIA SHEINBAUM, LA SCIENTIFIQUE DE RENOM DEVENUE LA PREMIÈRE FEMME PRÉSIDENTE DU MEXIQUE
Elle présidera un pays qui compte 130 millions d'habitants, un taux de pauvreté de 36 %, une frontière avec les États-Unis et un taux alarmant de féminicides et de violences commises par le crime organisé.
Nous sommes en janvier 1987 et les étudiants de l'UNAM, la plus grande université publique du Mexique, sont en grève pour protester contre les projets d'augmentation des frais de scolarité.
Les leaders de la manifestation lancent un appel à la foule : "Qui accrochera le drapeau de la grève dans le bureau du doyen ?".
Une étudiante en physique de 24 ans s'avance : "Moi !".
Plus de 40 ans plus tard, cette étudiante - Claudia Sheinbaum Pardo - a été élue présidente du Mexique pour le parti de gauche Morena.
Les Mexicains l'appellent simplement "Claudia". Mère de deux enfants, cette femme de 61 ans est titulaire d'un doctorat en ingénierie environnementale et a été maire de la capitale du pays, Mexico, qui compte plus de neuf millions d'habitants.
À partir du 1er octobre, elle deviendra également la première femme présidente du pays.
"J'ai toujours été comme ça, très aventureuse", explique Mme Sheinbaum à propos du moment de la manifestation estudiantine. "Ce n'est plus le cas aujourd'hui. J'ai plus de responsabilités."
Mme Sheinbaum présidera un pays qui compte 130 millions d'habitants, un taux de pauvreté de 36 %, une frontière avec les États-Unis et un taux alarmant de féminicides et de violences commises par le crime organisé.
Malgré ces responsabilités, Diana Alarcón, amie et conseillère politique de Mme Sheinbaum, estime que cette dernière restera fidèle à elle-même.
"Ce n'est pas qu'elle ait cessé d'être rebelle. C'est que sa position dans le mouvement a changé, mais la conviction de se battre pour le peuple, qu'elle assumait quand elle était enfant, est intacte."
Depuis six ans, le Mexique est gouverné par Andrés Manuel López Obrador, du même parti. Connu sous ses initiales - Amlo - il termine son mandat avec un taux d'approbation de 60 %, une économie stable et un sentiment d'optimisme chez la plupart des Mexicains, que Mme Sheinbaum espère faire perdurer.
Au Mexique, les présidents sont limités à un seul mandat de six ans, ce qui signifie qu'Amlo ne pouvait pas se représenter. Il y avait au moins six candidats pour lui succéder, dont une seule femme : Sheinbaum.
Selon la projection des résultats officiels du décompte rapide de l'Institut National Électoral (INE), Sheinbaum a obtenu entre 58,3% et 60,7% , loin devant son grand rival, Xóchitl Gálvez , qui a obtenu entre 26,6% et 28,6% des voix.
Mme Sheinbaum a été un élément clé du projet d'AMLO visant à changer le Mexique. Mais elle a quelque chose de différent à offrir : c'est une scientifique primée qui a appliqué ses recherches à des politiques publiques fructueuses.
Une enfance politique
Sheinbaum est née le 24 juin 1962 à Mexico, de parents militants de gauche et pionniers dans leurs travaux universitaires.
Son père, Carlos Sheinbaum, était un homme d'affaires et un chimiste dont les parents, juifs ashkénazes, sont arrivés de Lituanie au Mexique dans les années 1920. Sa mère, Annie Pardo, était une biologiste et un médecin dont les parents, juifs séfarades, sont arrivés de Bulgarie dans les années 1940.
Mme Sheinbaum a grandi dans un quartier de la classe moyenne supérieure du sud de la capitale, où l'on parlait de politique au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Ses parents l'emmenaient souvent rendre visite à leurs amis militants en prison.
La jeune Sheinbaum a fréquenté une école laïque qui encourageait l'autonomie des élèves, ce qui était inhabituel dans un pays catholique. C'est là qu'elle aurait développé une personnalité méticuleuse et énergique. Elle est connue pour vérifier ses idées avant de tirer des conclusions.
Alarcón, ami de Sheinbaum depuis les années 1970, dit : "Elle est timide. C'est pourquoi elle peut sembler sérieuse, mais une fois que vous vous asseyez avec elle, elle est chaleureuse, pleine d'humour et d'empathie".
Mme Sheinbaum dit souvent "Je suis une fille de 68", en référence au mouvement mondial de protestation auquel ses parents ont participé.
Les années 1980 ont également été une décennie clé pour elle. Les scandales de corruption ont commencé à ternir l'ancienne classe politique mexicaine et le modèle économique néolibéral - qui favorise le transfert des facteurs économiques du gouvernement vers le secteur privé - a été mis en place. Pour Sheinbaum, ce modèle est synonyme d'inégalité et de pauvreté pour le peuple mexicain.
La politique a toujours été chère au cœur de Mme Sheinbaum. Son premier mari était Carlos Ímaz, un homme politique de gauche. Ils ont ensuite divorcé avant qu'elle n'épouse Jesús María Tarriba en 2023, un analyste des risques financiers qu'elle a rencontré pour la première fois à l'université.
Elle a consacré beaucoup de temps au monde universitaire. Outre son doctorat, elle a rédigé plusieurs thèses sur des sujets tels que les fours à bois efficaces dans les communautés indigènes.
Comment Sheinbaum est entrée en politique
En 2000, deux événements politiques ont contribué à ouvrir la voie à la présidence actuelle de Mme Sheinbaum.
Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a perdu les élections présidentielles pour la première fois en plus de 70 ans. À Mexico, un militant de gauche originaire de Tabasco, dans le sud pauvre du pays, a remporté la mairie. Il s'agit d'Amlo.
C'est également à cette époque qu'Amlo et Sheinbaum se sont rencontrés après qu'un professeur de mathématiques et militant de l'UNAM l'a recommandée pour le poste de secrétaire à l'environnement dans son administration.
Amlo a nommé Sheinbaum et lui a confié deux tâches : assainir l'une des villes les plus polluées du monde et construire le deuxième étage du Periférico, la plus grande autoroute de la ville. Elle s'est acquittée de ces deux tâches.
À la fin du mandat d'Amlo, en 2006, Mme Sheinbaum est retournée dans le monde universitaire et a fait partie d'une équipe lauréate du prix Nobel de la paix qui s'est penchée sur le changement climatique.
Mais elle a gardé un œil sur la politique et est devenue la porte-parole des campagnes présidentielles ratées d'Amlo en 2006 et 2012.
Puis, en 2015, elle a fait son entrée sur le devant de la scène politique. Elle s'est présentée à la mairie de Tlalpan, le plus grand quartier de Mexico, où elle a grandi, et l'a emporté.
LE CHEF DE LA DIPLOMATIE RUSSE ENTAME EN GUINÉE UNE NOUVELLE TOURNÉE AFRICAINE
Selon l'agence Tass, M. Lavrov doit rencontrer des "dirigeants politiques" de ce pays côtier d'Afrique de l'Ouest riche en ressources naturelles, dans le cadre de cette première étape d'une "tournée" africaine.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé lundi en Guinée où il entame une nouvelle tournée africaine, ont indiqué les ministères des Affaires étrangères guinéen et russe. C'est sa première visite dans ce pays depuis 2013, selon la diplomatie russe.
Dans la nuit de dimanche à lundi, le chef de la diplomatie russe a été accueilli à l’aéroport international de Conakry par son homologue guinéen Morissanda Kouyaté. Le diplomate russe sera reçu en audience lundi par le chef de la junte qui a pris la tête de ce pays après un coup d'Etat en 2021, le général Mamadi Doumbouya, a indiqué le ministère guinéen des Affaires étrangères.
Selon l'agence Tass, M. Lavrov doit rencontrer des "dirigeants politiques" de ce pays côtier d'Afrique de l'Ouest riche en ressources naturelles, dans le cadre de cette première étape d'une "tournée" africaine.
L'agence d'Etat n'a pas précisé quelles seraient les autres étapes de cette tournée. Selon afrinz.ru, qui se présente comme une "agence de presse russe sur les évènements du continent africain", M. Lavrov est aussi attendu au Tchad mercredi, "à la tête d'une importante délégation". Le même article évoque aussi une possible étape au Burkina Faso, sans donner de date.
La Russie n'a cessé ces dernières années de renforcer ses positions sur le continent africain. Vladimir Poutine a invité des dirigeants africains pour un sommet à Saint-Pétersbourg en juillet 2023. Une réunion de ministres des Affaires étrangères africains autour de M. Lavrov est prévue cet automne en Russie, à Sotchi (ville située au bord de la mer Noire), à une date encore non précisée.
LE PREMIER SOMMET COREE-AFRIQUE S’OUVRE CE MARDI À SÉOUL
Après les États-Unis, la France et la Russie, c’est au tour de la Corée du Sud d’organiser son propre sommet avec les pays africains.
Après les États-Unis, la France et la Russie, c’est au tour de la Corée du Sud d’organiser son propre sommet avec les pays africains. La première édition de ce sommet s’ouvre ce mardi 4 juin sous le thème « L’Avenir que nous construisons ensemble : Croissance partagée, Durabilité et Solidarité », avec la participation des chefs d’États africains et des responsables d’organisations internationales liées à l’Afrique. Le mercredi 5 juin, Séoul accueillera également le Sommet des affaires Corée-Afrique 2024, réunissant les chefs d’États ainsi que des entrepreneurs africains et coréens.
Ce sommet fait suite à l’annonce officielle du 23 novembre 2022, où la Corée du Sud avait exprimé son intention d’organiser cet événement, démontrant ainsi son engagement à renforcer la coopération avec l’Afrique. « Fondée sur la vision de la Corée de devenir un État pivot mondial et la vision de l’Union africaine (UA) pour l’Agenda 2063, l’Afrique et la Corée travailleront à établir un partenariat stratégique mutuellement bénéfique et orienté vers l’avenir », a déclaré le gouvernement coréen.
La coopération entre la Corée et l’Afrique s’est intensifiée dans divers secteurs, notamment le commerce, l’investissement, les infrastructures, les minéraux et l’énergie, la défense, l’e-gouvernement, ainsi que les technologies de l’information et du numérique. Ce partenariat vise à maximiser les avantages réciproques pour les deux régions, en mettant l’accent sur la croissance partagée, la durabilité et la solidarité.
L’édition inaugurale du Sommet Corée-Afrique en 2024 est perçue comme un tournant majeur. « En tant que partenaires égaux, l’Afrique et la Corée s’engagent à créer un avenir ensemble, axé sur la croissance partagée, la durabilité et la solidarité », ont souligné les organisateurs du sommet.
Ce sommet marque une nouvelle étape dans les relations internationales, soulignant l’importance croissante de l’Afrique sur la scène mondiale et la volonté de la Corée du Sud de jouer un rôle central dans le développement et la croissance économique du continent africain.
LE FRANC CFA, UN BOULET POUR L'AFRIQUE SELON DUPONT-AIGNAN
La position de la France se dégrade dangereusement en Afrique à cause du franc CFA. C'est l'avertissement lancé par le député, qui voit dans cette monnaie le symbole d'une tutelle postcoloniale désormais rejetée par les peuples africains
Lors d'une table ronde à l'Assemblée nationale sur la souveraineté monétaire en Afrique le 29 mai, le député Nicolas Dupont-Aignan a appelé à une refonte complète du système monétaire entre la France et ses anciennes colonies, jugeant que le franc CFA est désormais vu comme "le maintien d'un lien ancien" dont il faut se défaire.
S'exprimant devant la Commission des Affaires étrangères, le président de Debout la France a estimé que "la dégradation de la position de la France en Afrique est catastrophique" en raison notamment du franc CFA. "Si nous continuons comme cela, nous aurons un sérieux problème", a-t-il mis en garde.
"Il n'y a pas de souveraineté nationale sans souveraineté monétaire", a asséné M. Dupont-Aignan, ajoutant: "Moi je comprends totalement la volonté des peuples africains de retrouver leur liberté monétaire qui est indissociable de la construction de leur avenir."
Dénonçant "un contre-sens total que la France s'arqueboute sur cette zone franc CFA", il a jugé que Paris "en devient le bouc émissaire et nous sommes en train de nous fâcher avec toute l'Afrique à cause de cela."
Sur le plan économique, le député souverainiste a plaidé pour que les pays africains puissent ajuster leur taux de change, actuellement arrimé à l'euro au sein de la zone franc. "Quand on a une monnaie trop chère, on ne peut pas se développer", a-t-il tranché, citant l'exemple du Sénégal qui "importe tout".
"C'est quand même incroyable de voir que tous les pays ont utilisé la dévaluation pour se développer et qu'on le nie à ces pays", a-t-il poursuivi, appelant à s'inspirer des stratégies monétaires menées par Singapour, l'Asie et les États-Unis.
M. Dupont-Aignan a donc plaidé pour "un retour à des monnaies nationales dans les pays qui le peuvent, Sénégal, Côte d'Ivoire, etc." Reconnaissant les défis pour les États les plus fragiles, il a souligné que "la difficulté est énorme" mais qu'une "vraie formation à la gestion d'une monnaie nationale" permettra d'y arriver.
Cette prise de position intervient sur fond de critiques grandissantes en Afrique sur le franc CFA, vu comme un symbole du néo-colonialisme français. Plusieurs pays ont déjà engagé une réforme, mais M. Dupont-Aignan appelle à aller plus loin pour rompre définitivement avec "le maintien d'un lien ancien".
L'ENFER DES PÈLERINS D'AIR SÉNÉGAL
Alors que de nombreux pèlerins attendaient déjà un vol retardé, la compagnie nationale a de nouveau déçu en annulant un vol prévu ce weekend. Depuis, près de 300 personnes sont bloquées à l'aéroport, sans informations fiables
Décidément, Air Sénégal est en train de devenir un fleuron à problèmes. Alors que sa responsabilité est engagée dans le retard d’un jour du vol A 1B devant transporter 290 pèlerins, la compagnie nationale a récidivé. En effet, les passagers du vol HC7023 de Air Sénégal dont le départ était prévu le samedi 1er juin à 06 40 à l’Aéroportinternational Blaise Diagne (Aibd) sont toujours cloués à Dakar.
Convoqués le vendredi 31 mai à 23 heures, les pèlerins ont déjà fait les enregistrements. Sauf qu’à l’heure de l’embarquement, Air Sénégal leur a dit qu’il n’y a pas de vol. Ils sont restés désemparés à l’aéroport. Non seulement, ils n’ont pas pu voyager à l’heure indiquée mais Air Sénégal les a fait attendre toute la journée au sein de l’aéroport, sans aucune information. C’est finalement vers 17 heures qu’Air Sénégal les a acheminés dans trois hôtels différents à Dakar notamment à Pullman, Novotel et Onomo. Jusqu’à hier, dans la soirée, les pèlerins étaient dans ces hôtels à attendre leur vol alors qu’ils ont payé leurs billets d’avion et fait leurs réservations d’hôtel à Médine.
Parmi les pèlerins de vol toujours cloués à Dakar à cause de Air Sénégal, il y en a qui sont pris en compte par les voyagistes privés. Le voyagiste privé Unacois Yoonu Maka dont au moins 98 pèlerins sont concernés attendent dans des hôtels de Dakar alors que l’Agence a payé les billets et rempli toutes les formalités du pèlerinage à La Mecque.
Il faut rappeler que ce vol annulé ce samedi faute d’avion est différent de celui du jeudi qui devait transporter 290 pèlerins. Finalement, après un retard d’un jour, ils ont pu trouver un vol dans la journée du samedi. Cheikh Bamba Dièye, directeur général de Aibd : «nous reconnaissons le tort qu’Air Sénégal vous a causé».
Malgré la polémique, il faut noter qu’Air Sénégal n’a fait aucune communication pour s’expliquer. Mais dans une vidéo disponible sur les réseaux sociaux, le Directeur général de l’AIBD s’est expliqué devant des pèlerins sur la situation. Sans donner les raisons de ces retards de vol enregistrés, Cheikh Bamba Dièye s’est contenté de reconnaître le désagrément causé par la compagnie nationale aux pèlerins. «Nous reconnaissons le tort et le désagrément qu’Air Sénégal vous a causé. Nous reconnaissons et assumons nos responsabilités dans ce retard. Nous allons prendre toutes nos responsabilités pour vous chercher un avion. Nous n’allons pas vous donner de fausses informations», a reconnu le Directeur de l’Aibd S.A non sans ajouter : «Il n’y a pas de solution possible. On ne peut pas vous mettre sur d’autres vols, c’est pourquoi on vous prie d’attendre, ne serait-ce qu’un jour, le temps de nous permettre de nous organiser et de vous convoyer.»
LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT DE CAPITAUX : LES RÉSULTATS PEU RELUISANTS DE LA CEDEAO SELON LE GIABA
Il est temps que les membres du Comité interministériel prenne l’initiative d’assurer l’efficacité des cadres juridiques et de la législation sur la lutte…
Les résultats obtenus par les 15 États membres de la CEDEAO dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, sont peu reluisants, a révélé, Edwin Harris, directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
”Alors que nous achevons le second cycle des évaluations mutuelles en novembre 2024, les résultats obtenus par les 15 États membres de la CEDEAO renvoient une image peu reluisante de notre région et soulignent la nécessité pour nous tous de redoubler d’efforts et de travailler plus ardument afin de changer la réalité des choses“, a-t-il dit, lors de la 28-ème réunion du comité ministériel du GIABA.
”La plupart de nos États membres évalués à date, ont obtenu des résultats faibles dans les volets relatifs à l’efficacité de leur évaluation mutuelle“, a rapporté l’officiel.
Parmi les organismes d’évaluation, a poursuivi Harris, ”le GIABA a enregistré 138 notes faibles en matière d’efficacité, tandis que cinq de nos pays ont obtenu de faibles notes au titre de l’efficacité dans tous les 11 résultats immédiats“.
Il estime qu’ “il est temps que les membres du Comité interministériel prenne l’initiative d’assurer l’efficacité de nos cadres juridiques et de notre législation sur la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération, ce qui renforcera le niveau d’efficacité en vue du prochain cycle“.
La 28-ème réunion du comité ministériel se tient après la 41-ème réunion de la Commission technique plénière du GIABA.
Après que l’organe technique s’est penché sur certaines questions et a fait des suggestions, le comité ministériel, s’est retrouvé à Pointe Sarène (Mbour, Ouest) pour valider lesdites suggestions et s’assurer de l’existence de moyens d’améliorer la situation, a expliqué Prince Lateef Fagbemi, président du 28-ème Comité ministériel du GIABA, par ailleurs procureur général et ministre de la Justice de la République fédérale du Nigéria.
Pour sa part, le ministre de la Justice et Garde des sceaux, Ousmane Diagne, a assuré le Comité de l’engagement de son département ”à mettre en œuvre toutes les recommandations relatives à la prévention, à la détection, aux poursuites, aux condamnations et recouvrement des avoirs, sur la base d’une large coopération internationale“.
Il a rappelé par ailleurs que les nouvelles autorités sénégalaises accordent un intérêt particulier à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes, un des piliers majeurs d’une politique de bonne gouvernance viable.