Elle fait bien moins que son âge. Elle est belle, gracieuse et a de l’allure. Avec son éternel foulard, Khadja Nin séduit et se meut aisément au milieu de ces jeunes d’Afrikki. La ‘’Dame aux pieds nus’’ était, en effet, l’hôte de la 2e édition de l’Université populaire de l’engagement citoyen (Upec) qui s’est tenue à Dakar en décembre dernier. Avec ‘’EnQuête’’ et Africulturelle (vous trouverez une vidéo de l’entretien sur www.africulturelle.com), elle est revenue sur le sens de son engagement, sa participation à Afrikki, l’actualité au Burundi, son pays.
Comment se passent les échanges de cette 2e édition de l'Université populaire de l'engagement citoyen ?
Je suis membre du mouvement Sindimuja (NDLR : Je ne suis pas esclave) qui est né de la contestation du 3e mandat du président Nkurunziza. J’ai le grand honneur de faire partie du comité d’Afrikki. La tenue de la 2e édition de l’Upec a été compliquée. Mais on a tenu à l’organiser même en hybride, surtout en cette période difficile. On a tellement de challenge, de défis qui nous appellent, surtout avec le Covid.
Mais on tenait justement, dans ce contexte de grandes difficultés, à nous retrouver et réfléchir ensemble. Dieu merci, avec la technologie, tous les mouvements sont en ligne. On a organisé un panel sur le défi de l’exil ; c’était émouvant. Nous avons écouté un membre du mouvement Filimbi qui est exilé en Belgique depuis un bon moment. Il y a un autre qui est gambien et dont l’exil est soldé par un divorce. Ce qui est extrêmement bouleversant. On se rend compte que plus on persécute les militants, plus on les rend forts. Ainsi, ce qui ne te tue pas te rend plus fort. La cause est juste. Ils veulent juste le respect des droits fondamentaux pour les peuples. Il y a l’Union africaine qui est celle des Etats et Afrikki est l’union des peuples. Je suis la doyenne et ce que cette jeunesse réclame est tellement juste. Prenez quelqu’un comme Mo Ibrahim ; il clashe ces présidents sur leur âge et personne ne l’arrête. Quand c’est un militant qui dit cela, on l’emprisonne et on l’accuse d’atteinte à la sécurité de l’Etat, d’attaque contre le chef de l’Etat, de choses qui n’ont aucun sens. Il faudrait que cet Etat soit vulnérable et faible pour avoir peur d’un jeune des quartiers, non armé, alors qu’eux envoient leurs soldats au Burundi, etc.
Pourquoi avez-vous intégré le mouvement Sindimuja ?
Je me suis décidée quand on a commencé à tirer à balles réelles sur des manifestants. Je ne pouvais pas me taire. J’étais au sommet de l’Union africaine et je leur ai dit : ‘’OK, on n’est pas d’accord, mais on ne peut pas tirer sur des gens.’’ La police n’est pas là pour soutenir des gouvernements, des hommes de pouvoir. Elle est là pour protéger les populations. C’est sa mission première, tout comme celle de l’armée, de la gendarmerie, etc.
A mon âge, je me dis que si j’étais président, décideur, les membres de ces mouvements seraient mes experts, mais pas ceux venus d’Europe ou d’Amérique qui ne savent même pas comment nous vivons. Il y a tout une jeunesse qui est sur le terrain, qui sensibilise sur le vote, l’utilité du Parlement et différentes autres questions, et aident ainsi les Africains dans leur choix. Cette démocratie, on ne l’explique pas aux Africains. C’est une espèce de copier-coller qui nous arrive de loin.
Finalement, les gens votent sur la base de quoi ? D’un programme, normalement. Mais quand on n’a pas compris le programme, on vote pour quelqu’un de ma région, celui qui m’a donné de l’argent ou un tee-shirt. Tout est pipé d’avance, en réalité, sans compter qu’en bout de course, on va quand même tricher sur les résultats. La responsabilité incombe à ceux qui sont en charge de l’instruction. Nos enfants ne sont pas instruits. Les professeurs peuvent être en grève pendant des mois, parce qu’ils ne sont pas payés. Ceux qui sont là aujourd’hui, n’y seront pas demain. Mais cette jeunesse y sera toujours. C’est une jeunesse instruite, informée, intelligente et qui a un amour démesuré pour cette Afrique, au point d’avoir décidé de sacrifier leur vie, et même leurs relations avec leurs familles.
Vous avez parlé tout à l'heure d'experts étrangers qui viennent en Afrique. Aujourd'hui, comment appréciez-vous le retrait du Burundi de l'agenda du Conseil de sécurité des Nations Unies ?
C’est une posture, une réponse désespérée d’un Etat pauvre qui opprime son peuple. Vous savez, au Burundi, depuis 2015, avec l’élection de Nkurunziza, il y a des milliers de personnes en prison. On vient de condamner un militant des Droits de l’homme qui n’a fait que défendre les autres toute sa vie. Il a été condamné à 32 ans de prison ferme, pour atteinte à la sécurité de l’Etat. On marche sur la tête. Et je me demande comment un pays minuscule comme le Burundi peut prendre cette posture ? Quand on refuse de donner sa voix, on prive au peuple qu’on représente de pouvoir témoigner dans la société des nations. C’est une faute. Pour moi, c’est juste ridicule.
Mais il y a des Burundais qui sont sortis dans les rues pour saluer la décision. Ils en sont tous contents, eux.
Que voulez-vous qu’ils disent ? Depuis 2015, toutes les radios libres, les télévisions indépendantes ont été brûlées ; les journalistes exilés. Plus de 200 mille personnes sont en exil dans les pays voisins et qui ne veulent même pas rentrer. On veut qu’ils rentrent, mais ils refusent, parce qu’ils n’ont plus confiance. Qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent, s’ils ne sont pas comme ces jeunes qui sont là aujourd’hui, qui sont tous passés par la case prison. Le côté positif des choses est que les mouvements progressent, prennent de l’ampleur, deviennent de petits cailloux dans les chaussures des dirigeants, des sentinelles.
Au Burkina Faso, ils ont fait tomber un dictateur. Cela progresse. Aucun droit n’a été octroyé. Ils ont tous été gagnés, arrachés. Avant nous, Lumumba est mort, Sankara est mort, Mandela est allé en prison. En 2019, on a assassiné un gamin de 22 ans à Beni. Ce n’est pas fini. La lutte, c’est ça et c’est pourquoi je suis là et non pas parce que je suis une militante de la rue. Je veux accompagner, comprendre et être là. Cette jeunesse est plus forte que nos dirigeants qui se retrouvent à l’Union africaine qui est financée par l’Union européenne quand même ! Quelle liberté peut avoir cet organisme, dans ce contexte, quand il s’agit de négocier le cuivre, l’or, les richesses d’Afrique ? Comment va-t-on dire à quelqu’un qui nous nourrit : ‘’Moi, je ne vais pas vous donner mon or.’’ C’est eux qui financent. Les Etats africains ne sont-ils pas assez riches pour se financer eux-mêmes ? Comment est-ce possible ? Comment on peut manquer autant d’honneur, de dignité ? Il n’y a pas assez d’argent en Afrique pour financer un organisme comme l’Union africaine ?
Les mouvements, eux, sont forts grâce à cette plateforme Afrikki. Le jour où leur temps viendra, parce qu’il viendra, car comme dit Mo Ibrahim, les autres vont vers la tombe et eux vont vers le futur. Le jour où ils se connaitront tous, du Nord au Sud, d’Est à l’Ouest, des hommes, des femmes de toutes les religions, ils auront le temps de se préparer, mais ils se connaitront. C’est un réseau. Cette Afrique dont tout le monde rêve et qui a été à chaque fois anéantie, parce qu’il y a des intérêts supérieurs et forts qui financent l’Union africaine. Le monde est riche de nous. Imaginez le jour où on exploitera nous-mêmes nos richesses dont le monde entier a besoin pour se développer… Ce jour-là, l’Afrique sera le premier continent du monde. J’y crois et je sais que ça viendra.
Cette Upec se tient dans un contexte politique particulier en Afrique de l'Ouest. En Guinée et en Côte d'Ivoire, leurs présidents ont imposé un 3e mandat à leur peuple. Comment appréciez-vous cela ?
C’est l’énergie du désespoir. Ils sont au bout de la ligne, de la course et ils le savent. Ils n’ont pas de parole. Ils disent qu’ils ne vont pas se présenter, mais le font quand même. Comment est-ce que leur parti accepte ça déjà ? Cela veut dire qu’autour de ce président, il n’y a que des incompétents incapables de conduire le pays. Quel mépris pour les membres de leur parti ! Même quand on considère qu’on a bien travaillé, le mandat est le mandat. C’est comme ça. Après deux mandats, on part. Quand on commence à ne plus avoir de règles, on travaille alors pour soi-même et non pour le peuple. Cela voudrait dire que pendant ses deux mandats, il n’a pas pensé à l’après-lui.
Est-ce les présidents qu'on devrait changer ou le système, vu qu'au Burundi, par exemple, il y a un nouveau président, après le décès de Nkurunziza ? Mais, apparemment, les choses n'ont pas vraiment changé ?
C’est peut-être même encore pire. Mais c’est une question de temps. C’est un long chemin. Comme disait Fred Bauma du mouvement Lucha RDC, c’est un long voyage qui commence. Les voyageurs sont jeunes et vigoureux. Ils sont armés pour faire ce voyage. Je trouve qu’Afrikki, qui est une plateforme à peine née, a pu accomplir de grandes choses déjà avec des moyens très limités. Je trouve ça extraordinaire. Il y a une dynamique qui est là et ces jeunes y croient, parce que c’est eux qui ont inventé cette plateforme. Il est sûr qu’au fur et à mesure qu’on cheminera ensemble, il faudra se remettre en question. Plus on grandit, plus il faut réfléchir autrement. On n’avait pas, par exemple, l’année dernière, beaucoup de mouvements de femmes. Cette année, on en a un peu plus venus du Soudan, d’Ethiopie, de Tunisie, etc. Ce qui est formidable.
Il y a eu un débat sur l’engagement des femmes que j’ai particulièrement apprécié, parce qu’elles ont punché et j’aime ça. Les femmes, quand elles ont un micro, elles parlent. Maintenant qu’elles sont là, il va y avoir un mouvement des femmes du comité Afrikki pour organiser une journée ou demi-journée au cours de la prochaine édition de l’Upec. C’est important. On dit qu’il y a beaucoup d’hommes militants, c’est vrai ; mais comment sont nés les mouvements ? Il y a trois copains d’abord, puis 4, 5, 6 et une femme. Une femme ne se balade pas la nuit au risque de se faire violer, par exemple, ou se faire renier par sa famille. Elle peut ne pas être tout le temps disponible, parce qu’elle est mère. Les femmes cumulent beaucoup de fonctions et de choses qui font qu’il n’est pas toujours facile pour elles d’intégrer les mouvements. Tout cela n’est pas simple, mais les femmes sont tellement extraordinaires qu’elles peuvent faire plusieurs tâches en même temps. Elles sont là. On a la chance d’avoir ces mouvements de femmes qui ont rejoint Afrikki. Elles seront là à la prochaine session de l’Upec pour re-imaginer le futur des femmes. A elles aussi, personne ne leur donnera rien. Tous les droits sont arrachés. Il y a des avancées. Quand on prend l’exemple des grandes institutions, par exemple, il y a beaucoup de femmes qui sont au sommet. Elles n’y sont pas pour faire le chiffre. Quand elles sont ministres, c’est pour faire la photo. Mais quand elles sont patronnes de grandes institutions comme les banques, c’est parce qu’elles sont compétentes.
Vous êtes une femme et vous vous êtes engagée très tôt. Comment est né votre engagement ?
Cela va vous surprendre, mais ça vient d’Angela Davis. J’étais petite et j’avais un cousin qui rentrait des USA et qui ne parlait que des droits civiques. C’est à cette période que j’ai appris à lever mon poing. Partout où on me voit, je le fais. C’est devenu un réflexe. J’ai accompagné des actrices noires, quand j’étais membre du jury au festival de Cannes. Elles avaient écrit un livre manifeste intitulé ‘’Noire n’est pas mon métier’’. Je trouvais leur lutte juste. Quand elles se présentent à un casting, elles peuvent être femme de ménage, infirmière, etc. Mais pas avocate ou patronne d’une banque. Cette image qu’on a des Noirs et qui a fini par entrer dans leur tête en général, il faut la gommer. On n’est pas plus idiot que les autres. On a des choses à dire et surtout, on a notre continent. On n’a pas besoin de s’exiler. Quand on voit ces gamins qui traversent la mer…
Il ne leur manque que le cadre. Quel est le désespoir derrière eux qui les poussent à traverser un océan en pirogue ?
Il n’y a rien de prévu pour eux. Ils vous disent qu’ils n’ont rien à perdre, ils sont déjà morts. J’étais ambassadrice de l’Organisation internationale pour les migrations. La migration la plus importante est celle horizontale. On n’en parle pas beaucoup. On parle plus de ceux qui vont vers le Nord, la migration verticale. Mais il y a beaucoup plus de réfugiés, de déplacés et de migrations entre les pays d’Afrique. Malheureusement, ces migrants ne sont pas toujours bien accueillis. Ce qui se passe en Afrique du Sud est triste. On persécute des étrangers, alors que c’est un pays qui a connu l’apartheid. Ces Noirs d’Afrique du Sud ont espéré des choses qui ne sont pas venues. On doit sublimer l’image des Noirs. Je suis fière d’être noire et je le montre. Quand je monte les marches de Cannes, on ne peut se tromper sur mes origines. Même si on ne sait pas qui je suis, on se dit ‘’c’est une Africaine’’.
Y a-t-il un message ou symbole derrière ce foulard que vous portez tout le temps et à toute occasion ?
(Elle sourit) La question me surprend toujours. Dans n’importe quel pays africain où vous descendrez, vous verrez des femmes avec leur foulard. Je ne sais pas ce que le mien à de particulier mais, au moins, il fait parler. C’est un foulard comme les autres. Chaque femme a sa manière particulière de mettre le sien. Celui-ci, c’est le mien.
«CE QUI FAISAIT LA FORCE DU SUPER DIAMONO… »
Certains le considèrent comme le surdoué de la musique sénégalaise. Mamadou Lamine Maiga, chanteur à la voix d’or qui a fait les beaux jours du Super Diamono et du Lemzo Diamono, aspire à retrouver le devant de la scène.
Certains le considèrent comme le surdoué de la musique sénégalaise. Mamadou Lamine Maiga, chanteur à la voix d’or qui a fait les beaux jours du Super Diamono et du Lemzo Diamono, aspire à retrouver le devant de la scène. Dix ans après la sortie de son album confession, « Retour vers l’enfer », il revient avec l’opus, « Expérience ». Le Témoin l’a rencontré.
Maiga, vous arrive- t-il de regarder dans le rétroviseur ? Des regrets ?
Dans la vie, il y a forcément des regrets. Cependant, il y a un genre de regrets qui est plutôt bénéfique et te sert de levier pour mieux réajuster ton présent. Dans ce cas, il convient juste de rendre Grace à Dieu. J’aurais vraiment souhaité que mes parents assistent à cette autre partie de ma vie. Mais telle est la volonté de Dieu. Honnêtement, ces regrets, après une longue introspection, sont juste devenus des sources de bienfaits et je n’ai rien à regretter car cela m’a servi.
Qu’est-ce qui vous a manqué durant cette période assez sombre…
C’est pratiquent le prolongement de la question précédente. Car, entre les regrets et les moments sombres, il fallait se surpasser pour pouvoir tourner la page. Et comme on dit, charité ordonnée commence par soi et rien ne vaut la compagnie et le soutien des membres de ta famille. Grace à Dieu, ma famille a été toujours à mes côtés. Je ne pourrai occulter le soutien de tous les instants de mon épouse Lindsay. Il y a aussi de très proches amis qui ont toujours été à mes côtés au cours de ces moments sombres. Vraiment, je ne pourrai jamais les remercier assez. Car si une personne traverse ces moments sombres sans avoir des gens à ses côtés, cela devient terrible et inquiétant à la fois.
Personne n’avait essayé de vous guider pour vous faire prendre conscience de votre talent ?
Pour s’en sortir, il faut juste procéder à une sérieuse introspection et repartir sur de nouvelles bases. Car pour certaines personnes, quelles que soient les difficultés, leurs comportements de tous les jours et leur nature vont toujours leur permettre de s’en tirer garce à Dieu.
Quel a été l’environnement du Super Diamono ?
La force du Super Diamono résidait essentiellement dans ce semblant de désordre qui y régnait. Chaque membre était une référence et un leader. C’était un bien commun qui nous appartenait à nous tous. C’est cette sorte d’indiscipline-là qui faisait réellement notre force. L’autre jour, Fou Malade rappelait que c’est ce qui l’attirait chez nous. Nous étions vus comme des rebelles, et cela attirait la frange jeune de la population. Notre secret réside dans le fait que nous étions imprévisibles au niveau de la création musicale. Nous étions avant-gardistes et nous surfions sur tous les genres sans perdre notre identité. Je parle dans le cadre de l’expression de nos feelings et nos sensations au niveau de la composition musicale. Grace à Dieu, cela a payé et contribué à nous faire connaitre. Avec cette singularité, nous avons réussi à faire le tour du monde à plusieurs reprises Et partout où nous jouions, aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger, le succès était toujours au rendez-vous. Au Super Diamono, tout le monde était star. Ce qui est très difficile, mais nous l’avions parfaitement réussi. Malheureusement, cet état d’esprit n’existe plus puisque chacun aspire à tout accaparer au sein du groupe.
De qui vous avez hérité cette belle voix qui faisait l’unanimité ?
Honnêtement, cela découle de la volonté divine. C’est un merveilleux cadeau du ciel. Je ne suis pas issu d’une famille de griots. Encore une fois, c’est juste un don de Dieu et je Lui en suis vraiment reconnaissant. Cependant, il a fallu bien apprendre son métier et abattre un énorme travail pour en arriver-là. Car si tu disposes d’une belle voix sans pour autant pouvoir bien chanter, cela ne sert à rien du tout. Donc il faut travailler pour tirer le meilleur profit de sa belle voix et c’est ce que j’ai réussi à faire Alhamdoulilah.
Vous avez essayé de revenir au-devant de la scène, il y a dix ans, sans succès. Qu’est ce qui n’avait pas marché ?
Effectivement cet album n’avait pas bien marché. En venant au Sénégal, tu es dans l’obligation de faire confiance à des gens. Je parle du management car tu confies des responsabilités à certains. Et malheureusement, ils ne se déploient pas sérieusement comme cela se doit. Cela avait vraiment fait capoter le travail et m’avait considérablement irrité. J’avais investi énormément d’argent dans cet album dans le seul but de marquer mon retour. Mais je me suis rendu compte que j’avais mal choisi mes collaborateurs. Les choses ont beaucoup changé et les gens mettent surtout l’accent sur l’aspect pécuniaire. Ce qui fait qu’ils ne s’investissent pas à fond et se contentent juste de toucher leur argent. C’est vraiment dommage que les choses se soient ainsi passées car on aurait pu faire énormément de trucs. Cependant, je me suis dit que ce n’est pas grave car l’essentiel était de marquer le retour. Pour éviter les mêmes travers, je me suis entièrement occupé de tous ces aspects pour ce nouvel album. Car, comme on dit, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est pour cette raison que nous avons réussi ce magnifique travail et In chAllah, il y aura un suivi pour cette fois ci.
Pensez- vous avoir votre place dans ce creuset de talents avec les Pape Diouf et Wally Seck ?
(Rires) Mais écoutez, ces artistes-là sont mes jeunes frères. Très sincèrement, je prie pour eux afin qu’ils atteignent leurs objectifs. Je crois que j’évolue à un autre niveau. Maïga est un cas particulier car j’ai démarré avec les sommités et les icones de notre musique. D’ailleurs, ils sont toujours en activité. Je fais partie de cette génération de pionniers. Pape Diouf est plus âgé que Wally et c’est juste la musique qui les a mis devant, mais ils ne sont pas de la même génération. Sincèrement, ils sont tous les deux en train d’abattre un énorme travail et c’est tant mieux pour eux et pour notre musique. Puisse Dieu les aider à poursuivre dans cette voie et à poursuivre sur cette belle lancée. Je n’ai vraiment rien à voir avec mes petits frères. Wally est un neveu pour moi. Ils sont très doués. Pape Diouf dispose d’un talent indéniable, car il a été formé à la bonne école du Lemzo Diamono. Je l’ai côtoyé et on a cheminé ensemble. Donc c’est un très grand musicien. Il en est de même pour Wally qui est venu imposer son style et il chante bien. Il y a aussi le fait que son père est un très grand artiste. Mais en parlant de niveau, très honnêtement, ils sont juste mes petits frères et neveux.
La question reste entière…
J’ai toujours ma place dans le milieu musical sénégalais et c‘est une évidence... Je suis incontournable dans le milieu musical sénégalais. J’ai mon nom qui figure déjà en bonne place dans notre Panthéon musical et c’est un fait connu et reconnu par tout le monde... Il faut marquer son territoire et imposer son style de sorte que même si tu es hors du Sénégal, personne ne pourra prendre ta place. Je crois très honnêtement que je fais partie de ces rares privilégiés et ma place est indiscutable.
Quelle est votre position dans le débat concernant la (Société sénégalaise du droit d’auteur et droits voisins (Sodav) ?
Je ne maitrise pas très bien le mode de fonctionnement de la Sodav. Je connais mieux le BSDA et je dois essayer de mieux cerner les rouages de la SODAV. Ils viennent de démarrer et je n’ai pas grand-chose à dire pour l’instant. Il fut un temps où, au Bureau sénégalais du Droit d’Auteur (BSDA), les choses marchaient très bien. Les artistes étaient très bien payés et à temps….Les artistes ont besoin de ces structures… Déjà, qu’au Sénégal, les gens n’achètent plus de CD et les pirates continuent de sévir sans crainte. Tu as beau investir des millions dans un produit, dès sa sortie, les pirates s’en emparent au nez et à la barbe de tout le monde. Ce qui a forcément une incidence sur les droits des artistes. Mais je dois reconnaitre que j’étais vraiment habitué au nom du BSDA. Je prie pour que la Sodav puisse réussir sa mission au grand bonheur de tous les artistes.
Qu’est ce qui manque à la musique sénégalaise ?
A chaque fois que je viens au Sénégal, cette question revient toujours. Mais je peux constater que les gens continuent d’évoluer dans la facilité. Les jeunes n’écoutent pas trop souvent les anciens. Au contraire, ils usent et abusent des commodités des nouvelles technologies. Et cela les entraine forcément vers un mur sans issue. Ce qui fait qu’ils se perdent. Il leur arrive de faire cinquante morceaux en une seule journée grâce à la technologie. Il faut reconnaitre que ce n’est pas du travail sérieux. C’est la machine qui produit à leur place. C’est une manière d’occulter le travail des anciens et cela n’est pas possible. La musique requiert énormément de travail et beaucoup d’efforts. Les instruments comme la guitare, les claviers, les percussions font partie de l’arsenal et c’est pour cela que l’on parle de prestations scéniques de qualité. Il ne suffit pas de prendre sa petite machine, de s’enfermer dans une chambrette pour proposer au gens du n’importe quoi. J’ai constaté que tout le monde reconnait que la musique est malade au Sénégal. Ce qui est vrai ! On trouve du n’importe quoi. Je me suis dit qu’en sortant l’album, « Expérience », que cela va ouvrir leurs yeux et les inciter à arrêter cette mascarade et revenir à l’orthodoxie. Il est temps d’effectuer un retour salutaire en zone. Ceci, en privilégiant le travail de recherche. La matière première existe bel et bien. C’est pour cela que j’ai choisi le titre, « Expérience ». C’est une façon de m’adresser au plus grand nombre. Il se pourrait qu’avec l’aide de Dieu, le message passe. ..
Comment avez-vous conçu ce nouveau produit ?
J’ai pris le temps de murir et de peaufiner cet album. Il a fallu mobiliser énormément de moyens grâce au soutien de mon ami Lat Diop de la LONASE. Je suis vraiment revenu pour indiquer la bonne voie aux jeunes. C’est un travail colossal qui a pris trop de temps. On s’est vraiment tué à la tâche. Il reste énormément de choses à faire pour une bonne promotion de cet album et nous allons tout faire pour l’imposer… Je lance un appel aux Sénégalais. Il faut qu’ils prennent conscience que la pandémie de la Covid- 19 existe bien et il faut tout faire pour l’abattre définitivement. ..
L'AS MONACO SUR LE POINT DE BOUCLER LE GROS COUP KREPIN !
Le club du Rocher et le FC Bruges sont en pleine négociation pour le transfert du milieu offensif sénégalais de 21 ans, qui régale actuellement en Belgique.
Discret pour l'instant sur le mercato, l'AS Monaco est sur le point de frapper un grand coup avec Krépin Diatta. Le club du Rocher et le FC Bruges sont en pleine négociation pour le transfert du milieu offensif sénégalais de 21 ans, qui régale actuellement en Belgique.
Monaco est actuellement en grande forme avec 4 victoires sur les 5 derniers matches de Ligue 1. En plus des résultats, le club de la Principauté gagne avec la manière et surtout enfile les buts comme les perles grâce à un Kevin Volland qui marche sur l'eau. Et avec le retour en forme de Wissam Ben Yedder, l'ASM peut voir venir. Mais il faut croire que les bons résultats monégasques en Ligue 1 donnent des idées à Paul Mitchell sur le mercato.
Selon HLN, Monaco fonce sur Krépin Diatta, le milieu offensif international sénégalais du FC Bruges. Une information que nous sommes en mesure de vous confirmer. Les différentes parties sont en pleines négociations et sont confiantes quant à la conclusion finale de l'opération qui pourrait osciller aux alentours de 16 M€. Le joueur de 21 ans, qui avait débarqué à l'âge de 18 ans en Belgique après avoir découvert l'Europe en Norvège du côté d'Oslo trois ans plus tôt, s'apprête donc à découvrir la Ligue 1, un championnat qu'il a toujours souhaité rejoindre et qu'il aurait pu découvrir il y a trois ans si l'OM ne s'était pas fait doubler par le FC Bruges.
Paul Mitchell travaille sur le dossier Diatta depuis plusieurs semaines
Après deux premières saisons compliquées en Belgique, Krépin Diatta monte clairement en puissance depuis sa CAN 2019 éblouissante, où il avait notamment été sacré meilleur jeune de la compétition. Cette saison 2020-21 est d'ailleurs celle de la confirmation, puisqu'il a inscrit 10 buts et délivré 2 passes décisives depuis le début de saison en Jupiler League. Un renfort de poids à venir donc pour l'attaque de Monaco et un très joli coup à venir pour Paul Mitchell et la cellule de recrutement de l'ASM qui travaillent sur le dossier depuis plusieurs semaines.
MACKY SALL POURRAIT ÊTRE LE PREMIER SÉNÉGALAIS À SE VACCINER
A l’image du président élu des États-Unis, Joe Biden, le chef de l’Etat pourrait être le premier Sénégalais à être vacciné contre la Covid-19, si la situation l’exige, selon Birame Faye, Directeur général de l’ASP
A l’image du président élu des États-Unis, Joe Biden, le chef de l’Etat, Macky Sall, pourrait être le premier Sénégalais à être vacciné contre la Covid-19, si la situation l’exige. C’est du moins la conviction du Directeur général de l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (ASP). Invité de l’émission « Jury du dimanche » sur Itv, Birame Faye relève que le président de la République « est toujours prêt à prendre des risques pour sauver son peuple ».
Lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre dernier, Macky Sall avait annoncé que le Gouvernement travaillait à acquérir un vaccin anti-Covid-19 qui pourrait être disponible dans le premier trimestre 2021. Une annonce qui n’a pas fait l’unanimité notamment sur les réseaux sociaux. « On ne peut pas avoir l’unanimité quand on gère un pays. L’essentiel est de savoir que c’est une décision qui vise essentiellement à protéger les citoyens », a rappelé le DG de l’ASP, qui soutient que des réticences ne devraient pas se jouer sur la vaccination des populations.
« Le processus d’acquisition du vaccin est bien encadré », rassure Birame Faye. Il ajoute : « c’est une démarche très responsable. Il faut rappeler que le Sénégal est dans l’initiative Covax avec 174 pays -initiative mondiale visant à assurer l’accès rapide et équitable de tous les pays aux vaccins contre la Covid-19- qui ont décidé d’acquérir le vaccin de façon responsable et solidaire. Au-delà de cette initiative, il y a la souveraineté de notre pays. Le président a été très clair. Le Sénégal est prêt à aller chercher un vaccin si les conditions le permettent ».
Le Sénégal a répertorié, à ce jour, 19 697 cas positifs de Covid-19 dont 17 515 guéris, 421 décédés, 1 évacué (finalement décédé en France) et 1760 de malades suivis dans les hôpitaux.
LA FIN DES HARICOTS POUR TRUMP
René Lake commente sur VOA TV, la réunion du collège électoral américain qui confirme la victoire de Joe Biden au scrutin du 3 novembre dernier, au grand dam du président sortant toujours mauvais perdant
L'analyste politique, René Lake commente sur VOA, la réunion du collège électoral américain qui confirme ce lundi la victoire de Joe Biden au scrutin du 3 novembre dernier, au grand dam du président sortant toujours mauvais perdant.
ANXIEUSE ATTENTE AUX ÉTATS-UNIS
René Lake et Claude Porsella évoquent sur VOA, les derniers devéloppements autour de la présidentielle à l'heure où tous les regards se portent sur les opérations de dépouillement dans six Etats clés
L'analyste politique, René Lake et le journaliste, Claude Porsella donnent leurs apprécations de l'actualité politique américaine suspendue aux opérations de dépouillement toujours en cours après la présidentielle du 3 novembre dernier.
MOI SAMBA FALL, TITULAIRE DE 2 MASTERS, VENDEUR DE PIMENTS AU MARCHE DE THIAROYE
C’est bien d’étudier, d’avoir des diplômes mais quand cet apprentissage n’est pas adossé à une employabilité, c’est une perte de temps
Voir ce qu’est devenu Samba Fall donne une idée de l’abnégation avec laquelle il a bossé pour être aujourd’hui une personne respectée et respectable. Définir son mystère c’est tout simplement montrer qu’on peut réussir dans tout ce que l’on fait, à la condition d’y croire. C’est bien d’étudier, d’avoir des diplômes mais quand cet apprentissage n’est pas adossé à une employabilité, c’est une perte de temps. Et bonjour le chômage, à moins de prendre son courage à deux mains pour se reconvertir dans des métiers dits dévalorisants. Ce qu’a fait Samba Fall.
Au populeux et célèbre marché de Thiaroye, on l’appelle « Fall Kani ». En moins de trois ans de présence sur les lieux — puisqu’il a débuté la vente de piments entre 2017 et 2018 —, Samba Fall a réussi à se faire un nom. De partout devant sa table couverte de ce précieux légume, les « Fall kani » résonnent sortant de la bouche de clients traditionnels, mais aussi de celle de collègues marchands qui vendent d’autres produits. Le soleil brulant n’est pas un handicap pour le garçon qui s’échine à attires les acheteurs vers sa table de fortune.
Très tôt le matin, il se ravitaille au « Parc kani » sis sur le marché même. il cherche les meilleurs piments qu’il se charge de nettoyer à nouveau avant de les placer sur sa table située à quelques encablures, justement, du « Parc kani ». « Je gagne bien ma vie » consent-il tout juste à dire lorsqu’il est apostrophé sur son chiffre d’affaires. « J’ai commencé la vente de piment en 2017-2018 juste après le master II parce que je n’avais pas pu obtenir un boulot et que cela était très difficile pour moi. J’ai compris après l’obtention de mes diplômes universitaires que pour réussir dans la vie, on ne doit attendre rien de personne, ni même de l’Etat », confie Samba Fall.
En effet, poursuit-il, « si j’avais croisé les bras pour attendre l’Etat, peut-être qu’aujourd’hui je serais au village à ne rien faire, mais Dieu merci, grâce à la vente de piments, je gagne bien ma vie. Ce n’est pas facile pour moi, mais je suis un homme et un homme digne ne doit attendre rien de personne ». Le décor est campé en ce début de semaine. Le marché Thiaroye grouillant de monde est balayé par de légers vents annonçant un changement de climat doux après un été particulièrement chaud. Samba Fall est debout.
Tenue légère, il marmonne des slogans, un mélange de wolof et sérère pour développer un courant de sympathie autour de lui surtout pour attirer une nouvelle clientèle. Teint noir, cheveux à la forme afro comme pour dire que le jeune homme essaie de se faire pousser des rastas comme les « Baye Fall », l’homme est disciple de Serigne Touba. Son 1,80 mètre lui donne une corpulence d’athlète et lui fait dégager une apparence d’homme de charme. il fait partie de ces rares étudiants qui ont très vite compris que certaines filières ne mènent à rien dans un pays comme le nôtre et qu’il vaut mieux faire une formation professionnelle pour espérer trouver du travail.
Samba Fall a fait ses études élémentaires et secondaires dans son village natal de Bocco Dior, avant d’aller à l’université Cheikh Anta diop de Dakar en 2011. Malgré les nombreuses difficultés rencontrées, il parviendra cependant à obtenir deux masters. Un master 2 en agriculture et développement rural obtenu à la Faculté des sciences et techniques de l’université Cheikh Anta diop de Dakar et un master à l’institut Confucius. Il pensait alors qu’avec ces deux masters en poche, un avenir radieux lui était balisé parce que, comme nombre de jeunes de son âge, on leur a fait toujours croire que les études sont le passage obligé pour un avenir radieux. Ce qui, selon lui, constitue une fausse représentation de la valeur des études à notre époque.
Réussir dans les études n’est pas synonyme d’une brillante carrière professionnelle
Deux masters ne lui ont pas permis de trouver du travail. il vit difficilement une telle situation surtout qu’en débarquant à Dakar et en se sacrifiant jour et nuit dans les études, il rêvait surtout d’un bon parcours professionnel. Surtout, il voulait s’afficher comme une fierté pour son village et ses parents. Hélas, les fruits du travail n’ont pas la promesse des fleurs de brillantes études. Juste après les deux masters, Samba Fall vivra à Dakar des moments de chômage difficiles. Il s’oriente alors vers le business de la vente de piment. Un tel saut s’explique par le fait que Samba Fall est issu de parents pauvres vivant dans la région de Fatick. « La vente de piment n’est pas un choix de cœur pour moi, c’est un business parce que j’ai soutenu mon master 2 depuis 2018 et je peinais à trouver un boulot, raison pour laquelle je me suis retiré pour me concentrer dans la vente de piment afin de subvenir à mes besoins », confie Samba Fall.
Cet originaire du village de Bocco Dior, marié il y a juste une année, se souvient de cet épisode douloureux de sa vie. « Quand j’ai terminé les études, je me suis trouvé confronté à un problème d’emploi parce qu’on avait fait notre master à la Fastef. Nous avons un master pour enseigner et on était prêt à servir mais depuis rien. Le gouvernement nous avait promis une insertion dans la fonction enseignante après notre formation à la Fastef, mais depuis on attend encore ces promesses. Malgré nos nombreuses grèves, nous n’avons pas pu obtenir un recrutement dans la fonction publique ou dans le privé », témoigne avec tristesse Samba Fall.
A en croire ce jeune vendeur de piment, lui et ses camarades avaient levé leur mot d’ordre de grève pour retourner dans les classes espérant qu’ils allaient avoir gain de cause suite aux nombreuses promesses qui leur avaient été faites par les innombrables médiateurs. « Ils nous avaient demandé de lever le mot d’ordre, de retourner dans les classes mais hélas rien de tout ce qu’ils nous avaient promis n’a été fait », se désole-t-il encore.
Poursuivant, l’originaire de Bocco Dior regrette le fait d’avoir fait de longues études parce que, pour lui, c’est ce qui l’a le plus retardé dans sa vie. Pour cause, il a obtenu des diplômes qui ne lui ont jamais servi à rien. « Je dirais qu’aujourd’hui, j’ai perdu mon temps à l’école et comme l’a dit Youssou Ndour dans l’une de ses chansons « si je pouvais retourner pour être un bébé, je ne ferais pas l’école », rappelle Samba Fall.
Pour terminer, le jeune vendeur de piment martèle qu’on ne doit pas tout attendre de l’Etat. « Nous sommes des soutiens de familles, donc nous ne pouvons pas rester les bras croisés en attendant on ne sait trop quoi. J’ai une femme, donc il faut que je travaille pour subvenir à ses besoins, de même que ceux mes parents. C’est surtout à cause de cela que je me suis retiré des bancs pour pouvoir les aider, ce n’est pas mon choix mais je suis obligé », ajoute le jeune Samba Fall alias « Fall kani ».
par Nioxor Tine
REMANIEMENT, REPLÂTRAGE OU PURGE ?
Au lieu d’organiser sa formation politique et de structurer la coalition qui soutient son action politique, le président semble plutôt promouvoir la docilité et le dévouement aveugle chez ses collaborateurs
Le récent remaniement ministériel entre dans la longue série de comportements politiques irrationnels auxquels nous a habitué le régime de Benno Bokk Yakaar depuis la prétendue réélection de son président en Février 2019.
Comment, en effet, expliquer le fait qu’un candidat sortant censé être réélu avec une majorité confortable de 58%, appelle au dialogue, avant même la proclamation définitive des résultats de l’élection ? Qu’est-ce qui justifie le peu d’empressement de la Coalition présidentielle à confirmer la majorité confortable obtenue par son leader, en organisant des élections locales, le plus tôt possible ? Pourquoi cette persistance dans les errements (violations des droits de l’homme, atteintes aux libertés, floraison de scandales fonciers, impunité pour les auteurs de crimes économiques proches du pouvoir...), en lieu et place d’une rectification de l’orientation politique initiale ?
En appelant au dialogue politique, juste après sa réélection contestée, le président Sall donnait, malgré tout, l’impression de vouloir faire amende honorable et de vouloir terminer son dernier mandat en sortant par la grande porte.
Malheureusement, force est de constater que, depuis lors, son comportement politique exhale de forts relents d’intrigues pour lui permettre, sinon de postuler pour un troisième mandat, tout au moins d’assurer ses arrières en se choisissant un dauphin dévoué.
En définitive, l’appel au dialogue, loin d’être sincère, visait plutôt à décrisper une atmosphère post-électorale lourde, du fait de sa victoire usurpée grâce à des artifices plus que douteux (emprisonnements et exil de rivaux politiques, loi sur parrainage citoyen, tripatouillages du fichier électoral et même celui d’état-civil...).
Jusqu’à présent, aucune date n’a été retenue pour la tenue des Locales, avec en perspective, un chamboulement suspect du calendrier républicain cachant des desseins inavoués. Il est vrai que la majorité actuelle court le risque de réaliser des scores moins probants qu’aux présidentielles truquées, sans oublier la possibilité d’émergence de puissants leaders locaux (syndrome de Khalifa Sall), qui pourraient mettre à mal la cohésion de cette majorité unanimiste et grégaire. Il faut comprendre la philosophie de la coalition Benno, qui consiste à ne laisser aucune tête émerger, en dehors de celle du leader bien-aimé. Certains des ministres remerciés lors de ce remaniement, aux allures de purges, savent à quoi s’en tenir !
Au lieu d’organiser sa formation politique et de structurer la coalition qui soutient son action politique, le président semble plutôt promouvoir la docilité et le dévouement aveugle chez ses collaborateurs et alliés, auxquels on restreint les libertés d’agir, de parler et même de penser, sous peine d’être défenestrés.
Pendant ce temps, on lance des clins d’œil suggestifs à l’opposition modérée, avec laquelle on finit par se réconcilier, grâce à l’intermédiation de notabilités religieuses. Ainsi donc, en nommant M. Idrissa Seck, arrivé deuxième à la présidentielle de 2019, à la tête du C.E.S.E, on l’a contraint à changer ses projets.
Lui qui aspirait, il y a peu, à devenir le chef de l’opposition politique dans notre pays, va surseoir - tout au moins provisoirement – à ses ambitions présidentielles et se satisfaire de la station de président de la quatrième institution du pays.
Il s’agirait, selon lui, d’aider le pouvoir à faire face aux conséquences économiques dévastatrices de la Covid-19 et aux menaces sécuritaires, qui agitent notre sous-région.
Les mauvaises langues susurrent qu’on lui aurait plutôt fait miroiter une éventuelle station de dauphin, dans le cadre d’une majorité réaménagée, au cas où le contexte sociopolitique en pleine mutation au niveau de la sous-région ne permettrait plus la matérialisation d’une troisième candidature de l’actuel locataire du palais présidentiel.
En réalité, le récent remaniement du gouvernement ne fait que confirmer la vraie nature du régime du président Sall, similaire à ceux de la Guinée et de la Côte d’Ivoire, reposant sur une gouvernance autoritaire avec un vernis démocratique.
Pour surmonter les défis qui nous assaillent, notamment la récession économique d’après Covid-19 et les menaces sécuritaires, les seuls remaniements politiciens n’y suffiront pas.
Il faudra se résoudre à instaurer une gestion vertueuse et à s’inscrire résolument dans la perspective d’une société véritablement démocratique, où règneront la justice sociale et la paix civile, telle qu’esquissée par les Assises Nationales du Sénégal.
LES VACANCES LUXUEUSES DE TEODORIN OBIANG NGUEMA CHOQUENT SUR INSTAGRAM
Le journaliste d'investigation Emmanuel Freudenthal a tweeté que le vice-président équato-guinéen est en vacances aux Maldives. Il est logé dans un hôtel, situé sur une île privée, dont les tarifs s’élèvent à près de 27,8 millions de FCFA par nuitée
Le vice-président de la Guinée équatoriale publie ses vidéos de vacances sur Instagram
Teodorin Nguema Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président, est parti en vacances sur une île paradisiaque et a partagé des vidéos et des photos sur Instagram.
Sa dernière vidéo, filmée à l’aide d’un drone, le montre marchant sur une plage de sable déserte, puis enchaîne avec une autre séquence où il fait de la plongée en apnée dans des eaux turquoises.
La vidéo se termine par un plan aérien révélant toute l'étendue de l’île ainsi qu’un yacht ancré à proximité.
Le journaliste d'investigation Emmanuel Freudenthal a tweeté que M. Obiang est en vacances aux Maldives depuis le début du mois d'octobre.
Il est logé dans un hôtel, situé sur une île privée, dont les tarifs s’élèventà 50 000 dollars (près de 27,8 millions de FCFA) par nuitée, a tweeté M. Freudenthal.
En 2017, le magazine The Economist a consacré un reportage au train de vie de M. Obiang dans un article intitulé « Le playboy, vice-président de la Guinée équatoriale.
Cet article contenait des photos du vice-président montrant ses voitures et ses maisons de luxe.
Selon Bloomberg, ses biens - notamment des véhicules de luxe, des manoirs et des montres de luxe - ont été saisis sur trois continents au cours de la dernière décennie.
En 2017, un tribunal français lui a infligé une peine de trois ans de prison avec sursis pour corruption.
Malgré la richesse de son sous-sol en pétrole et en gaz, 76 % des 1,5 million d'habitants de la Guinée équatoriale vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU et la Banque mondiale.
Le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo dirige le pays depuis 41 ans.
Moustapha Diakhaté propose l'exclusion de l'Assemblée nationale d’Alioune Demboury Sow - Il demande à l'APR et à BBY de condamner fermement les déclarations du député et au Procureur d'engager des poursuites judiciaires contre lui
SenePlus publie ci-dessous l'intégralité de la déclaration de l'ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar Moustapha Diakhaté publiée sur sa page Facebook et dans laquelle il appelle à l'exclusion du député Alioune Demboury Sow qui aurait inviter les Peuls à "prendre des machettes pour défendre la candidature de Macky Sall à un troisième mandat en 2024".
"Appel à la violence à caractère ethnique par un élu de la République: Alioune Demboury Sow doit être déchu de son mandat de député
Au moment où il y’a partout dans le monde libre, des vagues de mobilisations contre le racisme et les discriminations, il est inacceptable qu’au Sénégal, un Elu de la République appelle son ethnie à s’armer de machettes pour faire face aux opposants du 3ème mandat pour le Président Macky Sall.
Ce discours doit être dénoncé par l’Alliance pour la République, le Groupe Parlementaire BBY, et les compatriotes de la Communauté Al Pulaar que le député Alioune Demboury Sow appelle à s’amer de machettes pour combattre ceux qui tenteraient de s’opposer au 3ème mandant.
Le Président Macky Sall, leader de l’Apr et de Bby, s’il ne cautionne pas pas la provocation à la haine ethnique de Monsieur Alioune Demboury Sow, doit exiger du député et Président du Conseil départemental de Ranéro de démissionner de tous ses mandats électifs.
Face à la gravité de ses dangereux propos contre la cohésion sociale et le vivre ensemble sénégalais, le Ministre de la Justice doit, sans délais, instruire le Procureur aux fins de diligenter une action judiciaire pour mettre Monsieur Alioune Demboury Sow hors état de nuire à l’unité nationale.