Bés bi a donné la parole à un chimiste qui explique et décortique les composantes des produits utilisés, leurs manifestations et leurs effets. Dr Bédié Mbow, professeur assimilé en chimie organique à la Faculté des sciences et techniques de l’Ucad. Il s’arrête aussi sur la peau, cet organe qui subit la loi des «ennemis de la nature».
La peau est le plus gros organe du corps. Elle recouvre tout notre corps et nous protège contre les éléments nocifs de l’environnement comme les températures chaudes et les germes. La peau est importante pour de nombreuses fonctions corporelles. Elle participe à la synthèse de la vitamine D qui est essentielle à la croissance et à la santé osseuse. Cette vitamine D est indispensable pour fixer le calcium. Elle joue un rôle important dans le maintien de l’homéostasie phosphocalcique. Un déficit en vitamine D a pour conséquence des troubles de croissance chez l’enfant (rachitisme) et une augmentation du risque de fractures chez l’adulte (ostéomalacie). C’est pourquoi d’ailleurs, des cas de fracture des os deviennent de plus en plus fréquents chez les personnes en carence de vitamine D (généralement les dépigmentées).
La peur de vieillir, au prix de sa vie !!!
C’est quoi ce pigment nécessaire, mal aimé ? Mélanine
La mélanine est un pigment naturel qui entre en jeu dans la couleur de notre peau, nos poils, nos cheveux et nos yeux. En effet, sa concentration est environ la même chez tous les êtres humains. Ce qui nous différencie, c’est la concentration en pigment, qui elle, est inscrite dans nos gènes. En effet, on reste tous différents, certains sont clairs et d’autres le sont moins ! Son rôle essentiel est de nous protéger contre les dommages cutanés comme les rayons ultra-violets (UV) lors d’une exposition au soleil.
Où se situe la mélanine ?
La mélanine est synthétisée par le mélanocyte. Le mélanocyte est situé à la jonction entre le derme et l’épiderme, c’est-à-dire dans la couche basale. Pour faire simple : au milieu de la peau A la base, les agents à vertu dépigmentant sont couramment utilisés en dermatologie dans le traitement des troubles de la peau, principalement dans l’hyperpigmentation (excès de mélanine) post-inflammatoire et dans le mélasma. L’efficacité de ces agents a conduit à détourner leur usage, à des fins non thérapeutiques, dans la dépigmentation volontaire (DV) avec comme objectif l’éclaircissement du teint naturel de la peau. Cette pratique, de plus en plus répandue en Afrique subsaharienne, est devenue un réel problème de santé publique car elle entraîne de graves complications à la fois dermatologiques et systémiques. Ce phénomène «de mode» révèle un aspect socio-anthropologique certain qui assimile la couleur noire de la peau à une vision négative et inférieure de l’être humain. En ce qui concerne la dépigmentation de la peau, l’inverse du processus se produit. On remarque une diminution de la production de mélanine, principalement attribuable à la détérioration des cellules responsables de la synthèse de ce pigment, ce qui entraîne un dysfonctionnement Comme évoqué précédemment la dépigmentation de la peau se manifeste par une altération de la couleur de la peau, résultant à une diminution, voire une absence totale de mélanine dans certaines zones.
Ce pigment protège l’ADN des rayons du soleil (UV)
La molécule d’ADN, également connue sous le nom d’acide désoxyribonucléique, se trouve dans toutes nos cellules. C’est le «plan détaillé» de notre organisme aussi appelé «code génétique» : l’ADN contient toutes les informations nécessaires au développement et au fonctionnement du corps. L’ADN est organisé en gènes, qui sont des segments spécifiques de cette molécule, et chaque gène code pour une protéine ou une fonction biologique particulière. La plupart des dommages à l’ADN causés par du rayonnement comportent des modifications chimiques des nucléotides qui provoquent l’apparition de liaisons chimiques qui ne devraient pas être là. Ces liaisons chimiques altèrent la forme de l’ADN. Cette altération a pour conséquence : un état de dormance irréversible, connu sous le nom de sénescence ; une mort par suicide cellulaire, également connue sous le nom d’apoptose ou mort cellulaire programmée ; une division cellulaire non contrôlée qui va conduire à la formation d’une tumeur cancéreuse.
Tous ces produits, soit de synthèse ou «d’origine naturelle» sont à la base des médicaments qui doivent être utilisés sous prescription médicale et à des doses bien maitrisées et bien contrôlées. Aujourd’hui, il est établi que les femmes utilisent ces produits pour d’autres fins, sans contrôle et sans se soucier, soit par ignorance, soit par négligence, des effets secondaires sur leur santé. Étant des antioxydants (comme la vitamine C), le rôle principal de ces produits est de protéger nos cellules des radicaux libres et autres molécules réactives à l’oxygène et en stimulant le métabolisme et la prolifération des cellules. Leur fonction principale est d’éliminer de manière efficace ces radicaux libres afin de rétablir un équilibre au sein de l’organisme. Ces radicaux libres sont responsables de la modification de l’ADN dans l’organisme, donc pouvant entrainer un cancer entre autres maladies dégénératives. Le glutathion est un antioxydant fabriqué naturellement par le corps dans le foie à partir de trois acides aminés : l’acide glutamique, la glycine et la cystéine. C’est un produit censé induire une dépigmentation cutanée. Il faut noter que si la vitamine C a effectivement des propriétés prouvées sur la prévention et le traitement des taches cutanées, il n’en est rien pour le glutathion. Pire encore, il est possible, d’après sa composition chimique (phénol), que son utilisation au long cours entraîne la fabrication de toxines cancérigènes appelées quinones. Au Ghana voisin par exemple, les autorités ont émis une alerte en octobre 2021 : les injections de glutathion «posent un risque significatif pour la santé» avec des «effets secondaires toxiques pour le foie, les reins et le système nerveux», ou pouvant engendrer le «syndrome de Stevens Johnson», un pourrissement de la peau.
LE GLUTATHION EST UTILISE POUR LE PARKINSON OU L’ALZHEIMER
Depuis un certain temps, l’utilisation de la glutathion cause énormément de dégâts avec des cancers de la peau mortels. Dr Hadi Hakim, dermatologue, s’est penché sur la question il y a quelques semaines à l’émission Encore+ de la 2S Tv.
Bés Bi le Jour |
Maxime DIASSY et Adama Aïdara KANTE |
Publication 27/04/2024
Depuis un certain temps, l’utilisation de la glutathion cause énormément de dégâts avec des cancers de la peau mortels. Dr Hadi Hakim, dermatologue, s’est penché sur la question il y a quelques semaines à l’émission Encore+ de la 2S Tv.
«Le glutathion se vend en pharmacie et pas ailleurs»
«Le glutathion est un médicament qui se vend en pharmacie et personne n’a le droit de le vendre en dehors de l’officine. Sinon, cela s’appelle les médicaments de la rue. C’est un produit qu’on utilise pour les maladies neurodégénératives comme le Parkinson, l’Alzheimer. C’est une injection pour soigner le patient. Mais quand on l’injecte à un patient, il y a un effet secondaire puisque ça rend claire la peau du malade. C’est pourquoi je dis que ce sont des produits qui ne se vendent pas n’importe où, encore moins qu’on injecte à une personne qui n’est pas atteinte de ces maladies précitées. Parce que ce produit n’est pas purifié pour le sang. Ensuite, il y a un protocole pour le prendre. On ne peut pas l’injecter chaque jour encore moins tous les deux jours. Parce qu’il peut provoquer plusieurs complications. Quand la peau s’éclaircit, alors que vous êtes en Afrique, il y a le soleil et cela peut provoquer le cancer de la peau. C’est pourquoi le taux du cancer de la peau est très élevé sur le continent, notamment au Sénégal. C’est aussi le cas chez des Européens qui sont en Australie qui a le même climat que Sénégal. Du coup, la première cause de maladie en Australie c’est le mélano, c’est-à-dire le cancer de la peau et c’est ce qu’on a commencé à avoir au Sénégal. Il faut éviter les produits éclaircissants au maximum».
«Ceux qui prescrivent le glutathion ne sont ni des infirmiers, ni des médecins»
«Le constat est là. On le trouve sur le marché parallèle, dans la rue. Il y’en a même qui, à visage découvert, le vendent sur Facebook, Tik-tok, Instagram à des prix variant entre 50 000 FCFA et 200 000 FCFA. Or, ces personnes-là ne sont ni des infirmiers, ni des des médecins ou des professionnels de la santé en général. Le jour où vous aurez une complication, elles fuient leurs responsabilités. Nous, en tant que médecins, si nous faisons un acte médical, nous assumons totalement toute notre responsabilité».
«Nous ne connaissons aucun médecin qui injecte le glutathion à une personne»
«Par rapport à l’injection du glutathion pour le xessal, nous dermatologues du Sénégal, jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous ne connaissons aucun dermatologue ou médecin qui injecte le glutathion à une personne. Je ne l’imagine d’ailleurs pas un seul instant. Personnellement je ne prescris ce médicament à personne. Et 99,9% des dermatologues que je connais idem. Parce que nous sommes contre l’éclaircissement volontaire. Nous sommes d’ailleurs en train de nous battre, dans le cadre d’une association qui s’appelle Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle (Aida) contre ce fléau. Parce que nous sommes fatigués dans nos consultations de voir les complications que la dépigmentation engendre dans ce pays. Or, notre rôle c’est de soigner les problèmes de dermatologie et non les complications de la dépigmentation».
«L’injection du corticoïde aux fesses peut donner l’obésité, le diabète ou l’hypertension»
«S’agissant du corticoïde, c’est aussi un médicament qu’on ne peut avoir que dans une pharmacie. C’est un excellent médicament pour soigner plusieurs maladies. Par exemple, les cas de Covid extrême, les maladies comme le lupus ou arthrose. Par ailleurs, contrairement à une idée répandue, quand on vous injecte tous les jours ou toutes les semaines ou encore tous les mois le corticoïde au niveau des fesses, cela ne les fait pas grossir. Mais ça cause de l’obésité et au bout de quelques semaines, vous aurez le diabète, l’hypertension partielle, des vergetures, des difficultés à la cicatrisation, un faible poids de naissance. C’est vrai que vous aurez la peau très claire, mais est-ce que ça vaut la peine de se retrouver avec autant de maladies. La réponse est non»
LA JEUNESSE FEMININE EST EN DANGER
La coordinatrice de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle tire la sonnette d’alarme. Dr Astou Diouf Kébé, dermatologue, s’indigne de la présence des produits de dépigmentation qui inondent le marché.
Bés Bi le Jour |
Maxime DIASSY et Adama Aïdara KANTE |
Publication 27/04/2024
La coordinatrice de l’Association internationale d’information sur la dépigmentation artificielle tire la sonnette d’alarme. Dr Astou Diouf Kébé, dermatologue, s’indigne de la présence des produits de dépigmentation qui inondent le marché.
Quelles sont les conséquences à court terme de la dépigmentation par voie intraveineuse ?
Les conséquences liées à cette pratique qui est la dépigmentation artificielle sont nombreuses à plus ou moins long terme. Et cela, quels que soient l’intensité et le type de produit utilisé. A court terme, on peut citer l’examen de contact. Le patient peut utiliser le produit auquel il est allergique et au cours de l’application, il peut développer des examens. Alors, l’autre complication avec des effets secondaires à type d’irritation ou de brûlure. Parce que des fois, les patientes peuvent utiliser des produits corrosifs ou bien à très haute concentration qui, une fois appliqués sur le corps peuvent entraîner une brûlure carrément. Les dermites caustiques sont fréquentes.
Les conséquences à moyen terme sont-elles dramatiques ?
A moyen terme, nous notons des complications infectieuses. C’est l’ensemble des complications bactériennes, parasitaires ou mycosiques. Ces produits-là que l’on utilise surtout sont des dermocorticoïdes (hydroquinone, mercures ou le glutathion). Ils entraînent une immunodépression locale. C’est-à-dire, ils affaiblissent les défenses qui sont sur la peau. C’est ce qui fait que la femme a plus de risques de faire des abcès à répétitions, des folliculites. Dans les complications bactériennes, il faut citer la dermique hypodermique bactérienne. C’est une infection bactérienne qui atteint le plus souvent les jambes et d’autres localisations possibles, parfois même le visage. C’est une complication potentiellement grave. Ça fait partie des urgences. Et la prise en charge se fait en hospitalisation. Comme complications, nous avons l’acné, des vergetures qui sont liées à l’utilisation des produits contenant des dermocorticoïdes.
Ces produits peuvent-ils provoquer des troubles ?
Dans le long terme, il faut citer les troubles à type d’hyperpigmentation. Parmi ces troubles on peut avoir l’hyperpigmentation en lunette. Ce sont des tâches noires qui se forment autour de l’œil. Ou encore une tâche un peu brunâtre qui peut se localiser au niveau du visage. Soit c’est le visage ou la nuque, le haut du dos. Tous les cancers cutanés liés à la dépigmentation artificielle sont localisés sur ces placards d’ochronose exogène. Le diabète fait partie des complications à long terme.
Pour les injections intraveineuses, le glutathion reste-t-il fondamental ?
Le glutathion fait partie des produits dépigmentants. Il faut savoir qu’il est plus utilisé dans le traitement de certaines maladies neurologiques. Il a été détourné de son action thérapeutique. Les risques, c’est plus les toxidermies. Tu as l’impression qu’on t’a versé de l’eau chaude. Donc, tu te brûles tout le corps. Et ça peut donner des complications rénales à type d’insuffisance rénale. Il faut savoir que la peau est vascularisée. Par conséquent, ces dermocorticoïdes que l’on utilise à long terme peuvent induire un diabète ou une hypertension artérielle. Parce qu’il y a ce qu’on appelle un passage systémique. Il y a une petite partie qui arrive toujours à passer à travers la peau et à aller dans le sang.
POUR LES INTRAVEINEUSES, IL FAUT DEBOURSER 350 000 CFA
Dans cet entretien avec Bés bi, Fatou Ka, propriétaire de «K Cosmétiques», a fait des confidences sur les contours de ce phénomène viral sur les réseaux sociaux.
Bés Bi le Jour |
Maxime DIASSY et Adama Aïdara KANTE |
Publication 27/04/2024
Propriétaire de «K Cosmétiques», elle s’est rendue célébrissime dans l’univers de la dépigmentation par la réalisation d’injections de glutathion et des prescriptions clandestines de collagènes et d’autres substances par voie intraveineuse. Dans cet entretien avec Bés bi, Fatou Ka a fait des confidences sur les contours de ce phénomène viral sur les réseaux sociaux.
Le coût financier
«La gélule transparency est à 60 mille FCfa. Par contre la gélule glutathion qualité injection est monnayée à 50 mille F Cfa. Parce qu’elle ne se prend pas par injection intraveineuse. Pour les femmes qui ont les moyens, elles peuvent prendre les deux traitements. A savoir la gélule transparency de 60 000 F Cfa et la gélule glutathion qualité injection qui n’est vendue qu’à 50 000 F Cfa. Bref, pour un total de 110 000 Cfa. Cependant, en ce qui concerne les intraveineuses, on peut débourser jusqu’à 350 000 CFA. Alors que la glutax 2 800 grammes coûte 250 000 F Cfa»
Dix séances pour avoir un teint blanc complet
«Pour le traitement complet, il nécessite dix séances. Etant donné que la patiente doit utiliser trois boîtes pour avoir un résultat satisfaisant. Les effets des gélules d’injection dépendent de la sensibilité de l’organisme de son usager. Pour certaines femmes, en l’espace de 15 jours seulement, elles commencent à voir les résultats. Tandis que, pour d’autres, il faut un mois pour se retrouver avec une peau totalement blanchie».
Cure en glutathion
«Si une cliente veut une cure en glutathion, elle est obligée de subir un traitement de trois à six mois. Par contre, pour obtenir un teint métissé clair, il faut au minimum un traitement de trois mois. Pour les teints blancs, la durée du traitement est de six mois. Les filles peuvent prendre les deux pots de glutathion qualité injection. C’est très efficace. Si elles suivent le traitement, en six mois, elles s’en sortent avec un teint blanc. Nos produits sont naturels et ne sont pas étrangers à nos corps. C’est pourquoi, ils n’ont pas d’effets secondaires. Puisque dans chaque corps humain, il y a une dose de glutathion, du collagène, du vitamine C, Q10 et de l’acide hyaluronique».
L’effet du taux élevé de glutathion sur la peau
«Si tu constates bien à notre naissance nous étions tous blancs. Parce qu’à la naissance, le taux de glutathion est élevé dans le sang. Mais vu notre Adn, nous sommes des Noirs. Et avec l’âge, tu vois que nous commençons à perdre le teint. Donc, à la place du glutathion, nos corps commencent à produire de la mélanine. Par contre, chez les Blancs, ils ne développent que du glutathion. Donc, une injection du glutathion suspend la production de la mélanine. Par conséquent, l’effet secondaire du glutathion te rend clair comme un blanc. Cette méthode de dépigmentation est plus rassurante que les crèmes et gommage. Le Sénégal n’a pas de chimiste qui peut faire le produit. Raison pour laquelle ce sont les maisons de production qui fabriquent ces produits d’injection et les écoulent sur le marché»
Deux à trois gommages par semaine
«Au Sénégal, les vendeuses de crèmes et de gammes de dépigmentation sont plus claires que les clientes. La raison est simple : elles prennent des injections de glutathion. Donc, elles boivent du glutathion et mettent des pommades. Il faut deux à trois gommages par semaine. Mais avoir également à sa disposition un lait éclaircissant qui, non seulement, n’est trop fort, mais dépourvu d’hydroquinone. Utiliser ensuite les pommade thaïlandaise en buvant les gélules accompagnées de séries de gommages deux à trois fois dans la semaine».
NDLR : Nom modifié pour les besoins de l’anonymat
CONFESSIONS FROIDES DE FEMMES
Cas par cas... Mort, jambe amputée, crises…Bés bi a fait une immersion dans les foyers pour s’enquérir de la gravité des effets de la dépigmentation par injection.
Bés Bi le Jour |
Maxime DIASSY et Adama AIDARA KANTE |
Publication 27/04/2024
Bés bi a fait une immersion dans les foyers pour s’enquérir de la gravité des effets de la dépigmentation par injection. C’est dramatique pour se faire belle. Les dames n’ont pas de limites. Elles ont laissé les pommades et les crèmes. Elles sont passées à la vitesse supérieure avec des injections. C’est avec beaucoup de peine et de regrets qu’elles se confessent.
Fatou Sabor, 40 ans, habitante des Parcelles assainies - «A cause xessal, j’ai perdu une jambe»
«C’est très jeune que je commençais à m’adonner à la pratique du xessal, alors que j’avais à peine 20 ans. Au début, c’était juste des boites pour m’enduire le corps et éclaircir ma peau. Mais au fil des années, j’ai fini par devenir accro. J’ai commencé à dépenser énormément d’argent pour acheter des produits dont certains se sont avérés par la suite dangereux pour ma santé. Car j’utilisais n’importe quel type de cocktail. Mais c’est lorsque j’ai pris une injection Kenacort, un médicament pour asthmatique, que je suis devenue aussi blanche qu’un toubab. Il ne me restait presque rien dans ma peau. Finalement, je me suis retrouvée avec une plaie à l’arrière de mon genou droit qui s’est aggravée avec le temps et qui, malgré les traitements médicaux, n’a jamais guéri. Les médecins ont tout tenté en vain. La plaie s’est aggravée devenant un gros trou dans ma jambe qui avait complément enflé. Pour éviter une gangrène et sans doute une mort certaine, ils m’ont amputée la jambe au-dessus du genou. Depuis lors, me voilà handicapée. Depuis 7 ans maintenant, je suis entre une béquille et un fauteuil roulant. Je ne sors plus de chez moi et j’ai arrêté le xessal puisque j’étais à un doigt d’un cancer de la peau généralisé. A cause de ce maudit xessal, ma vie s’est arrêtée, j’ai perdu ma beauté, mon argent et surtout ma santé».
Absa Guèye, 45 ans, habitante de Thiaroye : «Après une injection du glutathion, je suis devenue diabétique»
«Je suis commerçante. J’étais très belle avec un teint marron au point qu’on me surnommait même la fille au teint caramel. J’avais entre 18 et 20 ans. Lorsque je devais me marier à un polygame qui avait déjà deux épouses, je devais être sa troisième. Et à quelques jours semaines de mon mariage, alors que nous étions dans les préparatifs, mes copines, mes cousines m’ont conseillée, comme je ne suis pas noire, d’entretenir ma peau pour que je sois plus rayonnante le jour-j. C’est dans ce sens qu’elles m’ont amenée dans un institut de beauté sis à Dakar. Et la dame m’a proposé de prendre une injection et des gélules glutathion, c’est rapide et sans effets secondaires. A une semaine de mon mariage, j’étais devenue toute blanche sans tache, même mes quintos étaient clairs. Au bout de quelque temps, j’ai constaté que mes menstrues ont été perturbées, pis je faisais pipi constamment, qu’il m’était même difficile de faire correctement des prières. Après consultation, on m’a dit que je suis diabétique. Bizarre car cette maladie n’existe pas dans ma famille. Mais c’est après plusieurs analyses que les médecins ont révélé qu’il y a un taux exagéré de glutathion. Les blouses blanches m’ont sommée d’arrêter de prendre ces gélules de collagène, car il y a un taux de sucre élevé. J’ai arrêté par la suite mais à quel prix ? J’ai perdu ma peau naturelle, j’ai eu un diabète précoce et chronique, est-ce que la beauté vaut la santé?»
Ndèye Yacine Fall, habitante de Diamagueune : «J’ai perdu ma maman à cause des injections»
«Je suis une jeune demoiselle avec deux enfants de pères différents. J’ai une mauvaise expérience avec la dépigmentation. Parce que le xessal m’a arraché la personne que j’aime le plus au monde : celle qui m’a donné naissance. Cela fait trois ans qu’elle n’est plus de ce monde. Ma maman était une belle dame au teint clair. Mais ces mauvais amis ont commencé à l’appeler “Toubab quartier’’. De fil en aiguille, elle commence avec des pommades. Elle avait toutes les gammes. Sa peau s’éclaircit comme pas possible. Elle commence à prendre goût. Je me souviens qu’un jour, je faisais du thé et une de ses amies lui a dit connaître une dame qui fait des injections naturelles sans effets secondaires. C’est par la suite qu’elle a commencé ses traitements. Subitement, elle avait pris du poids. Elle avait des problèmes de respiration. Pour un moindre déplacement, elle se fatiguait vite. Un jour, j’ai accompagné ma maman faire un test de diabète. Le résultat était une bombe pour toute la famille. Le médecin nous a informés qu’elle était atteinte d’un diabète sévère. Je pense que le choc émotionnel, psychologique a déclenché la descente aux enfers. Elle voulait tout entendre sauf le diabète. Elle a commencé à maigrir. Sa peau est la première à la lâcher. Ma maman avait commencé à perdre goût à la vie. Entre les caprices de la maladie et les médicaments à prendre sans oublier le régime alimentaire à suivre, c’était trop pour elle», raconte la fille qui ne cesse d’écraser des larmes. Elle poursuit : «Dans le quartier les rumeurs commençaient à circuler comme quoi ma maman est atteinte du VIH. Moi je savais que c’était le diabète, mais nous ne pouvons pas expliquer aux gens ni à ses amis proches. Et un jour de vendredi vers 10 heures du matin, ma maman a tiré sa révérence. Voilà comment le xessal m’a arraché ma maman».
DANS L’INTIMITÉ DES ACCROS À L’INTRAVEINEUSE
Une grande partie des femmes au Sénégal sont touchées par cette réalité, bien qu'elles ne soient pas ignorantes des conséquences sanitaires de ces injections, qui semblent devenir un problème récurrent.
Bés bi- Le jour |
Maxime DIASSY et Adama Aidara KANTÉ |
Publication 27/04/2024
Dans les boutiques de beauté et dans l’intimité des chambres, le phénomène des injections intraveineuses a fini de prendre ses quartiers. Une bonne partie de la gent féminine au Sénégal est concernée pourtant, elle n’ignore pas les conséquences sanitaires de ces injections qui deviennent un chapelet interminable : cancer de la peau, vergetures, cicatrices et blessures, mort… Que de diabétiques, d’hypertendus à cause du glutathion. C’est à la limite un dépeçage. Mais c’est juste une piqûre de rappel. Sans compter le coût financier. L’essentiel, c’est d’être dans sa peau. Bés bi et Emedia.sn ont mené l’enquête…
Les images sont devenues virales sur la toile. Une jeune demoiselle, fourrée dans une djellaba noire assortie de perles couvrant le long de sa tenue, est assise sur une chaise. Un voile rouge sang couvre une bonne partie de son corps, de la tête, il tombe sur les épaules. La dame au teint émaillé de taches noires tend légèrement la main qui porte les stigmates de l’hyperpigmentation. Dans la foulée, une autre, qui porte des gants blancs médicaux jetables, est en train de retirer la seringue. Elle recolle la peau de la patiente avec un bandage. Cette dernière vient de prendre sa première dose d’injection de produits dépigmentants. Toute satisfaite de la perfusion. «Machallah ! C’est la première séance d’injection de ma cliente. Elle était venue avec beaucoup d’imperfections. Les crèmes avaient gâté sa peau. Donc, c’est sa série d’injections. Elle a quelque chose de rare. Ce qui me plait chez cette cliente, c’est qu’avec une boîte d’injections, elle a des résultats satisfaisants. Patientez jusqu’à la fin de la vidéo, vous allez voir», suggère-t-elle. Juste à côté, apparaît une autre femme debout sur sa chemise, en train de manipuler la tubulure full set pour pomper le liquide jaunâtre. La scène fait froid dans le dos.
Dans une autre vidéo, la même dame est en train de faire une injection intraveineuse. Plongée dans son élément. La propriétaire de la boutique de beauté passe son temps à faire des injections intraveineuses. D’autres images dévoilent une jeune fille au teint un peu clair assise sur son jean bleu. Le garrot placé, elle tend verticalement le bras, un gros élastique serré pour mieux voir la veine. Tandis qu’une autre, munie de ses gants, pique la seringue dans sa veine. En retirant l’objet. Le sang gicle. Puis la plaie disparait sous un bandage soigneusement placé. Sur un pied sous perfusion est accrochée une poche contenant du liquide jaunâtre.
Par peur de se tailler la peau, elle ne fait plus linge
Un matin aux Almadies 2 de Keur Massar, les rues et ruelles du quartier sont dégagées. Les voies sauvages de la latérite rougeâtre et poussiéreuse campent le décor. Des pots de fleurs sont exposés devant les habitats. A quelques pas de la station, une jeune dame est sur le point d’ouvrir la porte de son salon à Bés bi et Emedia.sn. Juste à l’entrée, une fille est royalement calfeutrée. Les pieds posés sur une table à verre, Tako Sow savoure sa tasse de jus. Sur sa culotte cargo, la télécommande entre les mains, elle fait défiler l’écran. Derrière ce confort se cache une dame traumatisée. «Cela fait deux mois que je soigne ma plaie au niveau du poignet. A la base, c’est une petite plaie que j’ai eue du mal à soigner. Malgré les pansements, elle se taille une surface dans ma chair. Avant, je faisais le linge mais avec cette injection, je n’en fais plus», s’apitoie-t-elle, le visage crispé.
Tako Sow porte les stigmates de sa dernière blessure qui a du mal à se cicatriser. Elle a une ouverture au niveau du poignet gauche. En faisant le linge, elle s’est ouverte la peau et depuis lors, la plaie ne se cicatrise pas. Après diagnostic, le résultat médical sonne comme un couperet. «Je souffre de diabète, c’est ce qui ressort de mon bulletin médical. Le médecin m’a suggérée de faire attention quand je fais le linge car certaines ouvertures peuvent me coûter cher. Je regrette, si c’était à refaire je ne ferai pas d’injection», regrette la jeune demoiselle, une perruque à l’afro sur la tête.
Atteint psychologiquement, Tako a même peur de laver ses sous- vêtements. «J’ai dû embaucher une jeune fille juste pour laver mes petites culottes. Je sais que c’est très intime. Mais que faire ? Je ne veux pas prendre le risque de me blesser à nouveau. Chaque semaine, je décaisse 3000 francs, soit 12000 par mois», regrette-t-elle, les yeux derrière une paire de lunettes.
Adama Touré est une secrétaire dans une société de la place. La jeune mariée est très consciente des dangers de la dépigmentation. Titulaire d’un master en bureautique, Adama, assise sur une chaise, les jambes croisées, s’épanche sur ses goûts. «Mon mari aime la peau métissée, par conséquent, je dois répondre aux exigences de mon homme d’autant plus que c’est lui qui assure la facture», assume-t-elle en pianotant sur le clavier de sa machine. La secrétaire de teint clair n’a pas fait trois mois de traitement pour avoir un teint métissé. «Certes mon mari a une faiblesse pour la peau claire. Mais pour être honnête, je me suis toujours dépigmentée la peau. Mais c’est en France que j’ai fait l’injection avec des spécialistes», raconte-t-elle. Avant de passer à sa philosophie de l’existence. «La vie est une question de choix. Et le plus important, c’est de l’assumer. Mes produits sont haut de gamme. Les effets secondaires sont minimes», justifie-t-elle.
PAR M. Demba Ndiaye
LA PRISE EN CHARGE SOCIO-MÉDICALE AU SÉNÉGAL, UN POIDS DEUX MESURES ?
10 ans après le lancement de la CMU, une étude exhaustive s’impose pour apporter les correctifs nécessaires à son réalignement au paysage national de l’indice de pauvreté nationale
Le Trésor public sénégalais dépenserait plus de 4,7 milliards F Cfa par an. Chaque année, 40 à 50 agents sont pris en charge par le Trésor public, pour la bagatelle de 4,7 milliards de francs Cfa. L’Etat dépenserait environ 180 millions pour la prise en charge d’un agent. “Quarante fonctionnaires de l’Etat bénéficient d’évacuation vers l’étranger, sur décision médicale du Conseil de santé dirigé par le médecin-chef du centre médico-social. Cent quatre-vingt millions sont dépensés par malade. Cette somme comporte les frais de transport, l’hospitalisation y compris la nourriture, en plus de la prise en charge médicale. S’il s’agit d’une haute autorité, la somme est presque doublée’’, nous confie-t-on.
Alors que l’écrasante majorité de la population, pauvre, ne peut se soigner correctement, les initiatives de prise en charge socio-médicales souffrant de ressources adéquates, voici que les dignitaires du Sénégal utilisent les fonds publics pour accéder aux soins dans des cliniques et hôpitaux en Occident et au Maghreb, aux allures de tourisme de relaxation pure.
Un contraste trompe-l’œil qui a du mal à prendre forme :
En 2013, l'État sénégalais avait mis en place un dispositif de couverture sanitaire dénommé Couverture Maladie Universelle (CMU) visant à fournir une prise en charge -partielle ou totale- des frais de #santé pour l'ensemble de la population, ainsi qu'un programme de Bourse de sécurité familiale (BSF) pour les familles défavorisées, assujetties à des critères de revenus, d’inscription et d’assiduité à l’école des enfants, afin de combattre les injustices sociales et les inégalités pour une meilleure répartition des richesses nationales. Autant de mesures théoriquement viables mais dont l’application reste encore un rêve pour la majorité!
Dans le cadre d’un plan de déploiement d’un modèle de prise en charge compensatoire, avec quelques experts et collaborateurs de la diaspora, lors d’une visite de terrain au Senegal en 2017-18, on s’est rendu compte que la majorité des Sénégalais ne connaissaient pas du tout, et peu bien, l’existence du concept de la CMU. Un bien mal communiqué.
Étant nous-mêmes proches directs de parents et amis restés au pays, qui mieux que nous connaît la charge financière du coût de la Santé au Sénégal ?
Ainsi les dépenses médicales comprennent : la consultation ; les examens biologiques ; l'imagerie médicale (radiographie, électrocardiogramme, échographie) ; les médicaments prescrits ; les éventuelles autres dépenses médicales. Pour chaque type de dépense, plusieurs niveaux d’intervention en jeu : au-delà du co-paiement, via une structure de prise en charge, une mutuelle ou une autre personne proche, tout encore en l'absence du digital.
Expérimenté des modalités de prise en charge socio-médicale, l’on se demande bien au Sénégal comment l’État d’antan était parvenu à instituer un ratio de prise en charge 80-20%. A savoir la décision imposée aux structures de santé de fournir gratuitement un ensemble de prestations en sus des délais de compensation par l'État (jamais à temps et trop de dilatoire) ont privé ces structures d'une part, de leurs ressources et créé des déséquilibres budgétaires dans leur gestion. La plupart ont réagi en restreignant l'offre de service aux bénéficiaires ; par exemple, aucune structure de santé ne fournit gratuitement les médicaments, et beaucoup d’autres, loin du tintamarre médiatique ont simplement fermé boutique par défaut de retard dans la contribution attendue de l’État providence… mais aussi des piètres sommes perçues entre 3000 et 7000 fCFA par membre, l’année. Un scenario prétentieux au départ qui malheureusement requiert une réévaluation majeure!
Quid des raisons politiques, tous les professionnels de santé rencontrés affichaient une adhésion au principe de la couverture maladie (dans l'esprit) mais la plupart avaient des connaissances limitées et parfois imprécises sur les dispositifs existants, les modalités d'accès ou les prestations couvertes. « Nous, on fait les consultations. Pour savoir qui a accès, comment ça marche, il faut voir avec le service social », conseillait un infirmier. Un médecin reconnaissait : « Vous savez, quand on est médecin, on n'a pas trop besoin de ça [mutuelle]. Quand on a un membre de notre famille qui est malade, on va voir un collègue et il nous règle notre problème.» Peu ou mal informés sur les dispositifs en place, ils n'abordaient quasiment jamais ce sujet avec les patients lors des consultations. Occasion manquée de relations publiques à revisiter.
Enfin, un levier tout aussi capital : la rigueur dans l’allocation des ressources aux plus démunis (BSF et autres filets de securite sociale). L’audit de la Cour des comptes du Sénégal portant sur les dépenses faites en 2020 et 2021 sur le "Fonds de riposte contre les effets du Covid-19" d'un montant de plus de 740 milliards de FCFA (plus de 1,1 milliard d'euros), financé par des bailleurs et l'Etat, et selon ce rapport publié sur le site de l'institution de contrôle rattachée à la présidence de la République :
"Le montant total des dépenses (faites par différents ministères et) sans lien avec la Covid-19 s’élève à 19 727 096 727 FCFA" (environ 30 millions d'euros), soulève des inquiétudes notoires..
10 ans après le lancement de la CMU, une étude exhaustive s’impose pour apporter les correctifs nécessaires à son réalignement au paysage national de l’indice de pauvreté nationale. Le manque d’eau potable au Sénégal est en soi un indice d’insolvabilité des politiques de santé publique. La concentration à Dakar de l’essentiel du personnel soignant étant un autre indicateur tout aussi incriminant. C’est pourquoi l’apport de la diaspora dans ce domaine est d’une nécessité vitale pour le rééquilibrage de l’offre de services de santé de base alliée à la télémédecine.
La nutrition basée sur nos produits locaux demeure une innovation majeure à intégrer à notre concept de la prise en charge socio-médicale, avec l’expertise d’acteurs de la diaspora, nous entendons aussi mettre le focus sur la nutrition, le parent pauvre de la prise en charge socio-médicale en Afrique.
PALUDISME, MOINS DE CINQ CAS SUR 1000 PATIENTS CONSULTES AU DISTRICT SANITAIRE DE RICHARD TOLL
Le district sanitaire de Richard-Toll (nord) enregistre ces dernières années moins de cinq cas de paludisme sur 1000 patients consultés, a indiqué le médecin-chef, docteur Latyr Diouf.
Richard Toll, 26 avr (APS) – Le district sanitaire de Richard-Toll (nord) enregistre ces dernières années moins de cinq cas de paludisme sur 1000 patients consultés, a indiqué le médecin-chef, docteur Latyr Diouf.
”C’est un district à pré-élimination depuis très longtemps, enregistrant ces dernières années moins de 5 cas de paludisme pour 1000 patients consultés”, a-t-il dit, lors d’une cérémonie organisée à Ronkh pour commémorer la journée mondiale de lutte contre le paludisme.
M. Diouf a précisé que les cas positifs diagnostiqués dans le distinct” sont souvent des cas importés”.
” Richard Toll, est une zone industrielle et agricole où il y a des travailleurs qui viennent des zones centre et sud du pays”, a expliqué le médecin-chef, appelant à identifier cette frange de la population et mener des activités de sensibilisation avec le Réseau des acteurs de la lutte contre le paludisme (RALP).
Selon lui, ”les échanges sur la problématique du paludisme, la sensibilisation de la population sur l’utilisation des moustiquaires imprégnées et le recours très précoce dans les services de santé, permettront d’éliminer la maladie d’ici 2030”.
Il a indiqué que la cartographie sanitaire des quartiers et des villages de la commune de Richard-Toll a permis de savoir combien de temps ces zones n’ont pas enregistré de cas positifs.
”Des études menées dans cette zone ont également permis de savoir réellement le nombre de cas et confirmer la zone d’élimination”, a-t-il ajouté, invitant l’ensemble des autorités sanitaires à s’engager davantage dans la sensibilisation pour éliminer le paludisme d’ici 2030 dans tout le district sanitaire de Richard-Toll qui compte une vingtaine de postes de santé et deux cases de santé.
UNE MUTUELLE DE SANTE INAUGUREE À FATICK POUR AMELIORER LA PRISE EN CHARGE DE SES ADHERENTS
Le nouveau siège de la mutuelle de santé des agents de l’Etat (MSAE) de Fatick, inauguré jeudi, va améliorer la prise en charge de ses adhérents à travers une application développée pour la gestion des prestations
Le nouveau siège de la mutuelle de santé des agents de l’Etat (MSAE) de Fatick, inauguré jeudi, va améliorer la prise en charge de ses adhérents à travers une application développée pour la gestion des prestations, a indiqué Malick Sall, responsable des prestations.
”Une application de gestion des adhésions et des prestations a été conçue et mise en production. Elle est utilisée sur l’ensemble de la chaîne de gestion des prestations tels que les services centraux, agences déconcentrées et pharmacies”, a-t-il dit à l’APS.
Il a signalé qu’une autre application dédiée aux hôpitaux et aux centres de santé, est en cours de développement.
M. Sall a expliqué qu” avec le développement exponentiel depuis 2013 des effectifs qui ont doublé entre 2016 et 2021 avec 50.000 adhérents, soit 250 000 bénéficiaires, la gestion des prestations qui était manuelle devenait de plus en plus complexe”.
Le responsable des prestations a indiqué que dans la plupart des sections, ”le contrôle préalable de l’éligibilité de l’adhérent ne se faisait plus”.
”De plus, dans leur facturation, les hôpitaux, centres et districts de santé appliquent une majoration surréaliste aux mutuelles complémentaires à la prise en charge de l’Etat, au motif que ce dernier tarde à payer les factures”, a-t-il ajouté..
”Ainsi le prix normal des actes avec prise en charge est multiplié parfois par cinq. Cette situation a eu des conséquences néfastes sur la gestion des prestations notamment la surconsommation, les fraudes et l’implication directe des prestataires partenaires dans la gestion des prestations avec le dépôt de bons de commandes vierges dans les pharmacies”, a-t-il encore souligné.
”Pour faire face à cette tendance négative, il a expliqué que les instances régulières de la MSAE ont pris compris que la gestion des prestations ne peut plus être manuelle en raison des nombreuses fraudes et malversations constatées”.
A cet effet, a-t-il justifié, la mutuelle a adopté ce vaste programme d’automatisation de ses procédures de gestion pour combattre ces facteurs.
LUTTE CONTRE LE PALUDISME, DEUX NOUVEAUX VACCINS DEPLOYÉS EN AFRIQUE
L’Organisation mondiale de la santé a annoncé le déploiement prochain de deux nouveaux vaccins antipaludiques dans dix-neuf pays africains afin d’offrir un nouvel espoir à des centaines de milliers d’enfants risquant de mourir des suites du paludisme
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le déploiement prochain de deux nouveaux vaccins antipaludiques dans dix-neuf pays africains afin d’offrir un nouvel espoir à des centaines de milliers d’enfants risquant de mourir des suites du paludisme.
L’agence onusienne en charge de la santé, par la voix de sa cheffe en Afrique, Matshidiso Moeti, a notamment fait savoir que les vaccins R21-MatrixM approuvé en 2021 et le RTS, S en 2023 seront déployés cette année (2024) dans dix-neuf pays de la région africaine.
Elle a fait l’annonce à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme dont l’édition de cette année est axée sur ‘’la nécessité d’accélérer la lutte contre le paludisme pour un monde plus équitable’’.
‘’À mesure que les pays enregistrent des avancées, les familles en tirent des dividendes sous la forme d’un bien-être accru. Cependant, la région africaine est à la croisée des chemins dans la lutte contre la maladie’’, a expliqué la directrice régionale pour l’Afrique de l’OMS.
Elle a rappelé que cette partie du monde abrite vingt des pays les plus impaludés, représentant plus de 85 % de la mortalité et de la mortalité palustres.
‘’Cette situation s’explique par de multiples problèmes tels que les phénomènes météorologiques extrêmes, les conflits et les crises humanitaires, les contraintes budgétaires, les menaces biologiques et les inégalités’’, a analysé le docteur Matshidiso Moeti.