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3 avril 2025
Santé
LA MOYENNE D’ÂGE D’UN PATIENT DIALYSÉ AU SÉNÉGAL SE SITUE ENTRE 35 ET 40 ANS
"Il y a 1500 malades qui sont traités au Sénégal, mais il faut savoir que chaque année, il y au moins 1000 Sénégalais qui vont détruire leurs reins et avoir besoin de dialyse’’, a révélé Pr Niang.
La moyenne d’âge d’un patient dialysé au Sénégal se situe entre 35 et 40 ans, a affirmé le président de la Société sénégalaise de néphrologie, Professeur Abdou Niang, appelant au dépistage précoce de cette maladie qui touche une population jeune et active.
‘’Il nous faut faire tout pour diminuer le nombre de malades qui arrivent en hémodialyse, c’est le dépistage et la prévention. La moyenne d’âge d’un patient dialysé au Sénégal est entre 35 et 40 ans, alors qu’en France il est de 70 ans’’, a révélé le professeur Niang.
Il intervenait, jeudi, à l’ouverture du 3e Cours international de dialyse, organisé par la Société sénégalaise de néphrologie en collaboration avec des sociétés savantes, dont la Société africaine de néphrologie et la Société internationale de dialyse péritonéale.
Selon lui, ‘’les populations en dialyse sont très jeunes. C’est la partie de la population jeune et active qui est touchée. Nous devons trouver les moyens de les traiter’’.
Le néphrologue sénégalais relève que ‘’sur les 850 mille personnes souffrant de maladies rénales au Sénégal’’, la moitié d’entre elles ‘’ne savent pas’’ qu’elles sont atteintes de cette maladie.
Il estime qu’‘’il va falloir éduquer cette population à se dépister tôt’’, une démarche qui ‘’permettra de réduire le nombre de malades qui va arriver en dialyse’’.
1000 personnes sans accès à la dialyse
Pour le président de la Société sénégalaise de néphrologie, ‘’les personnes qui sont en dialyse ne sont que la partie visible de l’iceberg’’. ‘’Aujourd’hui, il y a 1500 malades qui sont traités en dialyse au Sénégal, mais il faut savoir que chaque année, il y au moins 1000 Sénégalais qui vont détruire leurs reins et avoir besoin de dialyse’’, a-t-il révélé.
‘’Avec nos ressources limitées, ces malades n’auront pas accès à la dialyse. C’est très cher. L’Etat du Sénégal dépense 6 milliards de francs CFA par an pour soigner 1500 malades. Si on avait les moyens, on aurait soigné les 1000 autres’’, a-t-il indiqué.
C’est pourquoi il pense qu’‘’il faudra développer des techniques de prise en charge moins chères telles que la dialyse péritonéale comparée à l’hémodialyse, et aller vers la transplantation’’.
‘’La transplantation a des avantages. Après deux ans, elle coûte moins cher que de maintenir le patient en dialyse’’, fait-il remarquer.
Venue représenter le ministre de la Santé et de l’Action sociale, la directrice des établissements de santé, Dr Fatou Mbaye Sylla, a vanté les avancées du Sénégal dans la lutte contre la maladie rénale.
‘’Le Sénégal, depuis près de deux décennies, a beaucoup investi dans la lutte contre la maladie rénale avec des avancées significatives dans ce domaine, même si un grand chemin reste à faire’’, a-t-il rappelé.
‘’De 2 centres de dialyse, 3 néphrologues et 50 malades dialysés chroniques en 2005, nous sommes au début de l’année 2024 à 28 centres publics d’hémodialyse répartis dans les 14 régions du Sénégal et 5 unités de dialyse péritonéale prenant en charge plus de 1500 patients et plus de 50 néphrologues’’.
Elle a souligné que ‘’le Sénégal est entré dans le cercle des pays ayant réalisé une transplantation rénale sur son territoire en novembre 2023, après la mise en place d’un instrument de régulation, le Conseil national de don et de transplantation (CNDT)’’.
L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE NÉCESSITE UN ÉCOSYSTEME RÉGLEMENTAIRE
Un bon écosystème réglementaire est nécessaire au développement d’une industrie pharmaceutique, affirme Yérim Mbagnick Diop, responsable de Delivery unit (DU), l’unité de gestion du projet de relance de l’industrie pharmaceutique locale
Un bon écosystème réglementaire est nécessaire au développement d’une industrie pharmaceutique, affirme Yérim Mbagnick Diop, responsable de Delivery unit (DU), l’unité de gestion du projet de relance de l’industrie pharmaceutique locale.
“Pour développer l’industrie pharmaceutique, il faut également un environnement réglementaire et un écosystème réglementaire aligné aux standards internationaux”, a déclaré M. Diop, pharmacien et professeur de chimie analytique, dans un entretien accordé à l’APS.
Fabriquer des médicaments au Sénégal implique aussi le respect des standards internationaux pour avoir des débouchés, compte tenu de l’étroitesse du marché intérieur qui ne favorise pas la rentabilité d’une industrie pharmaceutique, dit-il.
“Un médicament, si nous le fabriquons au Sénégal pour 18 millions de Sénégalais, ce n’est pas rentable, et il ne va pas être compétitif. Il faut trouver un marché à l’étranger et pour cela, il faut que nos médicaments, nos produits de santé répondent aux qualités et standards internationaux pour qu’on puisse les vendre”, a expliqué le professeur Diop.
Pour réussir à vendre les médicaments à l’international, “il faut assurer leur qualité”, insiste le pharmacien.
“Pour produire un médicament, il y a beaucoup de choses à avoir au niveau de l’écosystème pharmaceutique, au niveau de l’environnement des affaires”, a-t-il ajouté.
“C’est le rôle de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique qui, nous l’espérons, aura sa déclaration officielle du niveau de maturité 3, délivrée par l’Organisation mondiale de la Santé, qui garantit la qualité du médicament au niveau mondial”, a-t-il indiqué.
Cette déclaration est en fait “une certification, un quitus qui permet de vendre au niveau international”, a-t-il précisé.
Le responsable de Delivery Unit (DU) rappelle que “le Sénégal est un pays pionnier” en la matière, car ayant accueilli, “il y a 70 ans”, des industries comme Pfizer, Sipoa, etc. Ces industries ont par la suite “fermé boutique pour partir”.
“Il y a eu un diagnostic pour savoir pourquoi ils sont partis. Était-ce lié à l’environnement des affaires par rapport à la compétitivité ?”, s’est-il interrogé.
Yérim Mbagnick Diop recommande, entre autres propositions, d'”adresser la question de l’environnement des affaires qui touche à l’accès à l’énergie, aux aspects de recherche-développement, aux ressources humaines, à l’innovation par rapport aux mesures incitatives fiscales, ou non fiscales”.
“Le Sénégal se situe dans la région ouest, qui regroupe 15 pays de la Cédéao, et chaque pays a ses ambitions de souveraineté. Il faut que le Sénégal offre le meilleur cadre pour attirer les investisseurs dans ce domaine”, a préconisé le responsable de Delivery Unit.
À son avis, “toutes ces questions-là, il faut les adresser pour arriver à cette souveraineté”.
350 MILLIARDS DE FCFA POUR RELANCER DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE
Le plan arrêté pour la relance de l’industrie pharmaceutique au Sénégal va nécessiter un budget de 350 milliards de francs CFA, dont 200 sont déjà mobilisés
Le plan arrêté pour la relance de l’industrie pharmaceutique au Sénégal va nécessiter un budget de 350 milliards de francs CFA, dont 200 sont déjà mobilisés, a-t-on appris du responsable de l’unité de gestion du projet de relance de l’industrie pharmaceutique locale, le professeur Professeur Yérim Mbagnick Diop.
“Le budget du plan de relance de l’industrie pharmaceutique, c’est quelque 350 milliards de francs CFA pour les projets publics et privés, et les 200 milliards sont déjà mobilisés”, a-t-il indiqué dans un entretien avec l’APS.
“Le Sénégal veut aller plus loin et être souverain. Nous allons proposer à l’État, aux décideurs de dire que […] d’ici décembre 2025, nous n’allons plus […] importer” une centaine de molécules, mesure qui sera mise en œuvre de concert avec la Pharmacie nationale d’approvisionnement par exemple”, a déclaré le professeur Diop.
“C’est une affirmation engageante, s’ils [les industriels] savent que sur les 100 molécules, ils peuvent produire et avoir un retour d’investissements. C’est la prochaine étape sur laquelle nous sommes en train de travailler avec la PNA qui entre temps a changé de statut. C’est important parce que la Pharmacie nationale a tout le marché public, les hôpitaux, il a un rôle à jouer”, a-t-il expliqué.
“On voudrait que sur les besoins de la PNA, on s’affirme. Cela peut permettre à l’existant qui est en train de battre de l’aile, de reprendre un souffle sur les médicaments essentiels”, a ajouté le professeur Diop.
Le responsable de l’unité de gestion du projet de relance de l’industrie pharmaceutique locale, communément appelé Delivery Unit (DU), a rappelé qu’en janvier 2024 déjà, le ministère de la Santé avait sorti un arrêté, appelé “arrêté de la corrélation”, pour réduire les importations de produits pouvant être fabriqués localement, à condition que le fabricant puisse satisfaire la demande locale.
“Quand nos industriels du médicament vont fabriquer [des produits], il va falloir au moins qu’ils aient le marché sénégalais, qu’ils soient compétitifs. C’est difficile d’être compétitif devant un Indien qui a des matières premières”, a-t-il relevé en guise d’exemple.
Selon cet enseignant-chercheur à la faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, “des mesures incitatives, notamment fiscales et même [en matière de] foncier” doivent être prises pour aider les industries à s’implanter.
“Dans le projet des Zones économiques spéciales (ZES), il y avait la création d’un parc pharmaceutique. C’est également intéressant pour la relance de l’industrie pharmaceutique”, a-t-il rappelé, ajoutant : “Ce qui est constant et important, c’est l’engagement et la volonté politique manifeste de l’État à aller vers la souveraineté pharmaceutique”.
Produire localement 20 % de nos médicaments en 2025
S’agissant des objectifs assignés au plan de relance arrêté, il a fait savoir qu’il a été convenu d’aller d’abord vers la production de “50% de nos médicaments en 2035, et en 2025 avoir 20 % de nos propres produits”.
“C’est-à-dire qu’en 2025, il faut que dans ce que nous consommons comme médicaments ou produits de santé, les 20 % soient produits localement. Il y a un objectif intermédiaire en 2030, avec 30 % de la production de 10 médicaments au moins à partir de nos plantes. Il y a de la matière”, a-t-il dit.
Pour ce faire, il a suggéré la mise en place de certains “mécanismes et leviers. Il faut se baser sur l’existant si on leur assigne de produire certaines molécules. Le problème, c’est le marché, mais le savoir-faire est là. Il faut juste réguler le marché”, a-t-il dit, avant d’évoquer la question de l’accessibilité financière du médicament.
“Nous espérons que la proximité du médicament avec son lieu de production va rendre accessibles les coûts des médicaments”, a déclaré le professeur Diop.
“Nous devons aller vers la géo-diversification avec nos voisins. C’est-à-dire que quand le Sénégal va produire des vaccins, la Côte d’Ivoire, par exemple, va produire un autre médicament, et c’est une répartition des tâches. Chacun va se charger d’une aire thérapeutique”, a expliqué le responsable de la Delivery Unit.
Selon lui, il revient aux responsables du plan de relance de mettre également en œuvre “ce dialogue inter-État, car en 2050, l’Afrique sera le plus gros marché avec 2,5 milliards d’habitants”, une raison de plus pour que les gouvernants s’arment pour produire leurs propres médicaments”.
Il note qu’au Sénégal, en dehors des autres industries, “il y a au moins six projets privés qui sont en cours” de mise en œuvre, sur les vaccins, les médicaments, les dispositifs médicaux, entre autres.
Le professeur Diop annonce que le Sénégal attend d’ici la fin de l’année 2024, la déclaration officielle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) confirmant que le pays a atteint le “niveau maturité 3” en matière de production pharmaceutique.
Ce quitus “va impliquer qu’il n’y ait plus de médicaments de la rue. On ne peut vouloir développer une industrie pharmaceutique et laisser les médicaments de la rue. C’est une condition pour sécuriser le marché”, a-t-il prévenu.
LES GRANDS PAS DU SÉNÉGAL POUR LA SOUVERAINETÉ VACCINALE
Depuis plusieurs années, le pays reste dans le processus de création de vaccins pour assurer sa souveraineté mais aussi se lancer dans le marché international. Aujourd’hui, tout est fin prêt selon les décideurs
Depuis plusieurs années, le Sénégal reste dans le processus de création de vaccins pour assurer sa souveraineté mais aussi se lancer dans le marché international. Aujourd’hui, tout est fin prêt selon les décideurs. L’Institut Pasteur de Dakar a été choisi pour la production à travers son projet Madiba. Seulement, il faudra attendre l’obtention du brevet de la maturité 3 pour faire la commercialisation mais, pour y être, le Sénégal doit démarrer la production des premiers vaccins qui doivent être soumis à l’Oms pour le contrôle qualité.
Les voix s’agitent de plus en plus sur le démarrage attendu de vaccins produits au Sénégal. Au plus haut niveau, les autorités font la promotion du hub vaccinal installé dans la localité de Diamniadio. Les réglages continuent de se faire et les acteurs s’activent sur la recherche pour la production de vaccins de qualité pouvant concurrencer les leaders d’Afrique mais aussi du monde.
Au niveau de la réglementation, le Sénégal a été évalué sur la base de l’ancien programme. Ce qui ne lui confère pas encore le niveau de maturité 3 dans la production de vaccins. Cependant, il détient le quitus de l’Organisation mondiale de la santé pour la production de vaccins. Et ce n’est qu’après l’évaluation favorable des premiers vaccins que le Sénégal pourra entrer dans le cercle des pays d’Afrique ayant obtenu le niveau de maturité 3 et être le premier pays de l’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, le Sénégal travaille pour être aux normes requises pour la production. Maintenant que c’est fait dans le projet Modiba piloté par l’Institut Pasteur de Dakar, l’étape suivante est celle de la production afin d’obtenir le niveau de maturité 3 qui confirme que le système de réglementation du Sénégal est stable, performant et intégré.
Selon la directrice générale de l’Agence de réglementation pharmaceutique, Dr Oumou Kalsoum Ndao Ndiaye : « ce qui est ressorti de l'évaluation de l’Oms à Dakar du 28 avril au 4 mai, est que sur les 9 fonctions réglementaires, les 7 étaient de niveau de maturité 3.
Pour les vaccins, qui est la huitième fonction, nous sommes de maturité 3, mais il faut que l'Institut Pasteur de Dakar déclenche la production de Madiba qui est prévue en cette fin juillet pour qu'on soumette de nouvelles données. Parce que celles sur lesquelles l’Oms avait fait l'analyse sont de 2019 du fait que l'Institut Pasteur était en arrêt de fabrication. Donc, on suspend ce niveau de maturité 3 sur les vaccins, on attend la production de l'institut Pasteur».
Et d’ajouter : « en début 2023, au mois de mai, le Sénégal était passé à 33 recommandations de l’Oms qu’il fallait satisfaire pour devenir un pays producteur de vaccins. En Décembre de cette même année, on était à une seule recommandation qui constituait à rendre les clés du laboratoire de contrôle qui était en perfectionnement avec le laboratoire du bio-vaccin. En décembre 2023, l'auto-évaluation du Sénégal a donné un niveau de maturité 3 sur les 9 fonctions réglementaires »
Pour les experts, la première chose pour un pays producteur de vaccins, c’est de libérer des lits de vaccins reconnus pour être commercialisés. Et c’est sur quoi est attendu le Sénégal pour l’obtention de son niveau de maturité 3. « Tout ce qui est effort autour du projet de Madiba, autour de l'Institut Pasteur, est soutenu par ce niveau de maturité 3. La deuxième chose, c'est le marché commun sous régional qui donne le quitus à la crédibilité du médicament. Quand une Agence est de niveau de maturité 3, il atteint le seuil d'être vulgarisée et reconnue sur le plan national et international » a fait savoir Dr Oumou Kalsoum Ndao Ndiaye.
LE PROJET MADIBA
L'Institut Pasteur de Dakar a été choisi par le Sénégal pour la production de vaccins. Rappelons juste qu’il ne sera pas à sa première expérience puisque depuis 1937, il produit le vaccin contre la fièvre jaune. L’Institut Pasteur est désormais l'un des quatre producteurs de ce vaccin agréés par l'OMS dans le monde, le seul en Afrique. Cependant, il est en arrêt de production depuis quelques temps. Avec ce projet Madiba, le pays compte accélérer la cadence avec un grand "vaccinopole" implanté à Diamniadio. Un outil qui devrait permettre d'abord de multiplier la production sénégalaise du vaccin contre la fièvre jaune, passant de 5 millions de doses annuelles à 15 voire 30 millions, selon les estimations à terme. D'autres vaccins pourront être produits sur place, comme celui contre la rougeole et la rubéole, ou encore celui contre le choléra. L’Agence de la réglementation pharmaceutique (Arp) annonce ainsi les premières productions pour fin juillet courant.
147 CAS POSITIFS DE COVID-19 PARMI LES PÈLERINS DE RETOUR DE LA MECQUE
Ce chiffre ressort des tests effectués à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) entre le 21 et le 27 juin 2024 sur un total de 590 pèlerins.
Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) du Sénégal a révélé, à travers un communiqué, que 147 cas positifs de Covid-19 ont été détectés parmi les pèlerins de retour des Lieux Saints de l’Islam. Ce chiffre ressort des tests effectués à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) entre le 21 et le 27 juin 2024 sur un total de 590 pèlerins.
Selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale, « les résultats des examens de confirmation montrent que tous les cas positifs sont attribués à différentes souches du variant Omicron, déjà présentes et circulant au Sénégal depuis plusieurs mois. Le laboratoire national de référence de la grippe et des virus respiratoires, responsable de la surveillance génomique régulière du Covid-19, a confirmé que la majorité de ces souches sont déjà connues et incluses dans leur base de données. »
Le MSAS assure que les variants Omicron identifiés jusqu’à présent n’indiquent pas de sévérité clinique particulière. En effet, les infections causées par ces variants sont majoritairement bénignes, et aucun cas grave n’a été enregistré ni pris en charge dans les structures sanitaires du pays.
« Pour garantir la santé publique, un dispositif spécial a été mis en place à l’AIBD pour renforcer le contrôle sanitaire des frontières aériennes jusqu’au 30 juin 2024, date du dernier vol retour des pèlerins », renseigne le communiqué.
« Les pèlerins testés positifs ont été notifiés de leur résultat et reçoivent une prescription thérapeutique appropriée. Ils font également l’objet d’un suivi sanitaire dans leurs localités de résidence grâce aux formulaires individuels de dépistage », ajoute la source.
Le MSAS a également annoncé que la surveillance épidémiologique de routine sera maintenue à l’aéroport et sur l’ensemble du territoire après la phase retour du pèlerinage, en ligne avec la politique nationale de santé. Afin de prévenir une éventuelle épidémie, les services techniques du ministère ont été instruits de renforcer la surveillance épidémiologique élargie à toutes les infections respiratoires, en plus de la Covid-19.
Enfin, le MSAS appelle les populations à la vigilance et à la sérénité, soulignant l’importance de continuer à suivre les mesures de prévention et de rester informées des développements sanitaires.
L'ÉDITORIAL DE René Lake
POUR UNE THÉORIE DU CHANGEMENT
EXCLUSIF SENEPLUS - Engager la Rupture et la mise en œuvre du Projet sans délai pour rompre avec un cycle de gouvernance abusive. Il est urgent d’élaborer une stratégie de transformation systémique fondée sur des actions cohérentes, mesurables
La prise de fonction d'un nouveau président est un moment crucial pour un pays, surtout lorsqu'il s'agit de rompre avec un cycle de gouvernance oppressive et dictée par des intérêts extérieurs. Diomaye Faye, nouvellement élu président, et Ousmane Sonko, leader incontesté du mouvement Pastef, aujourd’hui aux affaires, se trouvent à cette croisée des chemins.
Pour réaliser un changement durable et profond, il est essentiel de mettre en place une théorie du changement et de la transformation systémique dès les premiers moments du mandat. Contrairement à une accumulation de petites réformes sectorielles, une approche systémique vise à restructurer fondamentalement les institutions, les pratiques et les mentalités qui maintiennent le statu quo. Cet article explore pourquoi cette approche est essentielle, en fournissant une analyse des approches et en présentant des exemples de succès et d'échecs mondiaux.
Pourquoi une Théorie du changement immédiate est essentielle
En début de mandat, il apparaît essentiel d’être dans l'éviction des réformes fragmentées. Une éviction des réformes fragmentées qui éloigne et abandonne les réformes qui sont réalisées de manière isolée, désordonnée et déconnectée les unes des autres, sans vision globale ou cohérence systémique. L’exigence serait plutôt de résolument s’engager dans une approche intégrée et holistique des réformes pour garantir une transformation profonde et durable des institutions, des pratiques et des mentalités.
Les réformes sectorielles, comme celles de la justice, bien qu'importantes, risquent de se heurter à des résistances corporatistes et des inerties institutionnelles. Les Assises de la Justice, convoquées par le président Diomaye Faye du 15 au 17 juin 2024, n'ont pas échappé à cette difficulté, pourtant tout à fait prévisible. Les résistances de certains des principaux acteurs du secteur ont empêché la prise de décision et la mise en œuvre effective des réformes les plus structurantes, les plus pertinemment radicales, maintenant ainsi le système existant intact, malgré quelques corrections importantes. On ne change pas un système dans une conversation sectorielle limitée aux principaux acteurs de ce système.
La revendication sociale et l'exigence populaire du moment historique que vit le Sénégal tournent autour de l'indépendance de la Justice afin de tourner les pages noires des années Macky Sall, marquées par une instrumentalisation systématique de la justice. Une théorie du changement systémique, au contraire, propose une vision globale et cohérente du futur, assurant que toutes les réformes s'alignent vers un objectif commun de transformation profonde.
Ce n’est pas pour rien qu’il existe une théorie fort pertinente pour les acteurs sociaux mais aussi les entreprises publiques et privées de l’extériorité pour le changement systémique. Il faut, en quelque sorte, être hors d'un système pour pouvoir le changer. Cela repose sur l'idée que les personnes et les institutions qui font partie d'un système sont souvent trop influencées par ce même système pour pouvoir le mettre en cause radicalement, “penser hors de la boite“ et imaginer des solutions nouvelles.
Les individus et les institutions au sein d'un système sont souvent influencés par les normes, les valeurs et les pratiques établies. Ces influences peuvent limiter leur capacité à voir au-delà du cadre actuel et à envisager des alternatives. Par exemple, dans un système éducatif traditionnel, les enseignants et les administrateurs peuvent avoir du mal à imaginer des méthodes d'enseignement radicalement différentes parce qu'ils ont été formés et travaillent au sein de ce système depuis longtemps.
Les acteurs internes peuvent également montrer une résistance au changement en raison de divers facteurs, notamment les intérêts personnels, les avantages perçus ou réels qu'ils tirent du système actuel, les compétences acquises et la peur de l'inconnu. Cette résistance active ou passive peut se manifester de plusieurs façons, comme l'inertie institutionnelle, les résistances corporatistes, ou le rejet actif des réformes.
Être immergé dans un système peut limiter la perspective des acteurs internes, les empêchant de voir les problèmes de manière holistique. Par exemple, un juge travaillant dans un système judiciaire corrompu peut reconnaître certains problèmes, mais il peut être incapable de concevoir une réforme globale nécessaire pour éradiquer la corruption systémique.
Les acteurs externes, en revanche, ne sont pas soumis aux mêmes contraintes et influences. Ils peuvent avoir une vision plus claire des problèmes systémiques et des solutions potentielles. Les acteurs externes peuvent inclure des experts indépendants, des organisations non gouvernementales, des universitaires et, bien entendu, des citoyens engagés, des citoyens concernés.
La théorie de l’extériorité propose que pour provoquer un changement systémique significatif, il faut souvent une rupture avec le système actuel. Cela signifie que les solutions ne peuvent pas simplement être des ajustements mineurs ou des réformes sectorielles, mais doivent impliquer une transformation radicale qui peut nécessiter des perspectives et des approches totalement nouvelles.
Donner le ton dès le début
Annoncer le cadre systémique des réformes dès le début du mandat envoie un message clair de détermination et de vision à long terme. Il permet de fixer le cap de la transformation et d’orienter la mobilisation de la société et de l’administration pour le changement. Cela mobilise non seulement les partisans du changement, de la Rupture et du Projet Pastef, mais signale aussi aux opposants que des changements significatifs sont inévitables. Cela crée une dynamique de soutien et de légitimité autour des réformes. Une théorie du changement élaborée dans les premiers jours permet ensuite de mettre en place une feuille de route claire et des mécanismes de suivi et d'évaluation rigoureux qui garantissent que les actions entreprises sont coordonnées, mesurables et orientées vers des résultats concrets.
Dans le Sénégal d’aujourd’hui, toutes les conditions objectives et subjectives sont réunies pour non seulement s'engager dans une transformation systémique mais également pour la réussir. Le Projet de Pastef lui-même porte une ambition endogène basée sur la pluralité, l'inclusion, la démocratie, la souveraineté et le panafricanisme. Il est donc temps de poser les premiers actes de transformation systémique du Sénégal. Renvoyer cette radicale exigence à plus tard ne serait pas une option pertinente si l’intention de transformation est réelle. Les expériences à travers le monde nous l'enseignent par rapport à celles qui ont réussi et celles qui ont échoué en fonction des objectifs affirmés par leurs initiateurs. Les exemples à l’échelle mondiale sont parlants.
La transformation économique de la Pologne (1989-1990). Au début de son mandat, le gouvernement polonais nouvellement élu a mis en place le Plan Balcerowicz, également appelé la "Thérapie de choc", pour transformer l'économie de planification dite socialiste en une économie de marché. Ce plan comprenait des réformes économiques radicales annoncées dès le début et mises en œuvre rapidement, ce qui a permis de stabiliser l'économie et de poser les bases de la croissance économique à long terme.
La transition démocratique en Afrique du Sud (1994). Lorsque Nelson Mandela est devenu président, il a immédiatement lancé des réformes systémiques pour démanteler l'apartheid et établir une démocratie inclusive. Le gouvernement a instauré la Commission Vérité et Réconciliation, et des réformes économiques et sociales ont été mises en place pour promouvoir l'égalité. Ces actions ont été décisives pour transformer la société sud-africaine ces trente dernières années. Les difficultés actuelles du pays, qui vient d'organiser des élections mettant l'ANC en difficulté, ne doivent pas faire oublier le miracle d'une paix sociale préservée par des réformes systémiques dans un pays où la brutalité et la violence de la gouvernance de l'Apartheid étaient sans comparaison à l'échelle planétaire.
L'Égypte post-révolution (2011). Après la révolution de 2011, le gouvernement égyptien n'a pas réussi à instaurer rapidement une transformation systémique. Les réformes sont restées fragmentées et insuffisantes face aux défis institutionnels et économiques. En conséquence, le pays a sombré dans une instabilité politique et un retour à l'autoritarisme.
Le Venezuela sous Hugo Chávez (1999). Bien que Hugo Chávez ait annoncé des réformes importantes, celles-ci ont été mises en œuvre de manière désordonnée et souvent populiste, selon certains critiques, sans une théorie du changement systémique cohérente. Les réformes économiques et sociales se sont heurtées à de nombreux obstacles, conduisant à une crise économique et politique prolongée malgré les nombreuses réalisations au bénéfice des plus démunis.
Un Chemin vers la transformation systémique
Pour sortir le Sénégal de l'ère néocoloniale et de l'autocratie récente, tout en renforçant les fondements démocratiques de l'État, il est essentiel de suivre une approche systématique et inclusive dès les premiers moments du mandat présidentiel. Une théorie du changement indépendant des jeux partisans politiques, peut offrir une feuille de route pour cette transformation.
La vision d'un Sénégal démocratique, souverain et prospère, où les droits de l'homme sont respectés et où chaque citoyen a accès à des opportunités économiques et sociales équitables, un pays de tous et pour tous où le bien public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, doit guider cette démarche. Pour atteindre cet objectif, plusieurs piliers doivent être renforcés : les institutions démocratiques, la souveraineté économique et politique, l'éducation et la sensibilisation citoyenne, ainsi que la justice sociale et l'inclusion.
En effet, il est crucial d'assurer l'indépendance du pouvoir judiciaire, de renforcer les mécanismes de contrôle parlementaire et de promouvoir une administration publique transparente et responsable. Cela garantira que les institutions fonctionnent de manière équitable et efficace, servant les intérêts de tous les citoyens sans favoritisme ni corruption.
La réduction de la dépendance aux financements étrangers et aux multinationales est essentielle pour renforcer la souveraineté économique du Sénégal. Cela peut être réalisé en promouvant la coopération Sud-Sud et l'intégration sous-régionale et panafricaine. Une politique économique nationale basée sur l'autosuffisance alimentaire et énergétique doit être développée pour assurer la résilience économique du pays.
Lancer une vaste campagne nationale d'alphabétisation des jeunes et des adultes, et promouvoir l'éducation dans nos langues nationales sur les droits et devoirs civiques, sont des actions indispensables. De plus, il est nécessaire de promouvoir une culture de paix, de tolérance et de participation active pour renforcer le tissu social et encourager l'engagement citoyen.
Pour réduire les inégalités sociales et économiques, il est impératif d’appliquer avec intelligence certes mais de manière effective les lois déjà existantes d’interdiction de la mendicité en particulier celle infantile, de garantir le respect de l'école obligatoire et de renforcer les infrastructures scolaires, culturelles, sociales, sportives et sanitaires. Assurer une représentation équitable des femmes et des minorités, y compris les personnes handicapées, dans toutes les sphères de la société, est également crucial.
Actions clés pour la transformation systémique
Pour mettre en œuvre ces objectifs, des actions clés doivent être entreprises immédiatement. C’est à l’administration Faye-Sonko de proposer et de mettre en œuvre la formule qui lui paraît la plus pertinente. Une des possibilités pourrait être une Commission indépendante pour les réformes institutionnelles, incluant les réformes constitutionnelles et électorales, qui pourrait être mise en place dans le très court terme. Ne cherchant pas à réinventer la roue, cette Commission devrait s’appuyer sur les conclusions des Assises nationales et les recommandations de la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) pour mettre en œuvre le Pacte national de bonne gouvernance démocratique signé par le président Diomaye Faye quelques semaines avant le début de la campagne électorale. Une campagne référendaire pour réviser la constitution ou en adopter une nouvelle, selon les recommandations de la Commission, pourrait être de mise, selon les priorités telles que définies par l’administration Faye-Sonko.
Des politiques de soutien aux PME et aux entreprises locales doivent être développées, et les partenariats public-privé encouragés pour développer les infrastructures nationales. Une réforme monétaire au niveau national ou sous-régional est également nécessaire pour renforcer l'autonomie économique du pays et respecter l’un des engagements clés de Pastef qui répond à une exigence historique des jeunesses d’Afrique dite francophone.
L'éducation civique doit être intégrée dans les programmes scolaires dès le primaire et étendue à des campagnes nationales pour adultes. Des campagnes de sensibilisation via les médias et les réseaux sociaux doivent être lancées pour informer et engager les citoyens.
Mettre en place des programmes sociaux pour les groupes vulnérables, notamment en zone rurale, et assurer l'accès universel à l'éducation et aux soins de santé sont des mesures indispensables pour promouvoir l'inclusion sociale.
Pour mesurer le succès de ces réformes, il est important pour l’administration Faye-Sonko de présenter plusieurs indicateurs clés qui pourraient aller de l’augmentation de la transparence et de la responsabilité des institutions publiques, à la réduction des cas de corruption et d'abus de pouvoir, la diminution de la dépendance aux importations alimentaires et énergétiques, la croissance du secteur privé local, l’augmentation de la participation électorale et de l'engagement communautaire, la réduction des écarts de revenu et d'accès aux services essentiels, l’augmentation de la représentation des femmes et des minorités dans les instances décisionnelles, etc.
Étapes de mise en œuvre
La mise en œuvre de cette théorie du changement doit suivre plusieurs étapes clés. Un diagnostic participatif, impliquant toutes les parties prenantes (gouvernement, société civile, secteur privé, acteurs politiques…), doit, au besoin, actualiser l’analyse des problèmes actuels élaborée par les Assises nationales et la CNRI. Ensuite, un plan d'action à court, moyen et long terme doit être élaboré avec des objectifs clairs et des ressources allouées. La mise en œuvre des réformes et des programmes doit être suivie régulièrement, avec une évaluation continue des impacts. Pour cela, un observatoire des politiques publiques, géré par la société civile, peut être créé. Enfin, les stratégies doivent être adaptées en fonction des résultats et des retours des parties prenantes.
Pour transformer le Sénégal en une nation démocratique et souveraine, il est crucial d'élaborer et de mettre en œuvre dès les premiers moments du mandat présidentiel une théorie du changement systémique. Cela permettra de surmonter les résistances institutionnelles, de mobiliser un large soutien et de mettre en place les bases d'un développement durable et inclusif. Un tel projet mobilisateur et populaire sera également un rempart important face à toutes les tentatives intérieures mais surtout extérieures de déstabilisation du pays. Les exemples mondiaux montrent que le succès de telles entreprises dépend de la rapidité et de la cohérence des actions entreprises dès le début. En suivant cette approche, le Sénégal peut espérer un avenir prospère et équitable pour tous ses citoyens.
L'Administration Faye-Sonko, les Assises nationales et l’hyperprésidentialisme
L'administration Faye-Sonko a un avantage certain dans le contexte historique du moment. En effet, elle bénéficie des conclusions consensuelles des Assises nationales et des recommandations de la CNRI, qui fournissent un cadre général pour la transformation systémique du Sénégal. Le travail de concertation, de collecte et d’élaboration d’un cadre général de transformation systémique est disponible, et les principaux acteurs semblent aujourd'hui pour l'essentiel, disponibles, actifs et disposés à participer à la mise en œuvre de ce chantier tout à fait inédit en Afrique, tant par sa méthodologie que par ses conditions d'implémentation.
Il est important que la mobilisation autour des urgences n’empêche pas la transformation systémique. Il y a un équilibre à trouver pour rassurer les Sénégalaises et les Sénégalais que leurs voix ont été entendues le 24 mars 2024.
Les conclusions des Assises nationales et les recommandations de la CNRI et leurs porteurs sont les amis des oppositions. C’est le camp de tous ceux qui constatent horrifiés les dégâts majeurs de l’hyperprésidentialisme pour le vivre-ensemble sénégalais. Il affecte les fondements de l’État démocratique parce qu’il crée des conditions favorables à l’installation de réflexes autocratiques. Par contre, une fois au pouvoir, redistribuer et rééquilibrer les pouvoirs exorbitants et irraisonnables de l’Exécutif ne devient plus une priorité. Au contraire, il s’agit d’agir pour les protéger voire les sécuriser encore plus. L’administration Faye-Sonko aura cette tentation qui apparaît comme naturelle mais à laquelle il est impératif de résister.
De la même manière qu’Ousmane Sonko dans un acte historique a résisté à la tentation d’être la seule option à la candidature pour le mouvement Pastef, lui et Diomaye Faye doivent aider le Sénégal à rompre avec ce cycle infernal de l’hyperprésidentialisme auquel on ne s’oppose qu’à partir de l’opposition mais que l’on adoube une fois aux affaires. Ils ont là un acte politique de portée historique à poser dans ce temps de gouvernance que vit le Sénégal sous leur administration. Retarder l’expression véhémente de cette intention n’est pas une option viable parce que les tentacules du système vont se refermer sur eux.
Le Rôle des citoyens et de la société civile
Le traumatisme collectif des années Macky Sall, en particulier les trois dernières années, semble avoir épuisé les Sénégalaises et les Sénégalais à un point tel que le souhait exprimé ou non est celui de refuge dans le déni citoyen sous prétexte qu’il faut laisser aux nouvelles autorités le temps d’atterrir. Le déni citoyen est une forme de capitulation de son droit mais surtout de son devoir d’alerte, d’interpellation mais aussi de propositions. Ils ont été élus, laissez-les gouverner, entend-on. Non justement, l’une des grandes leçons des alternances passées est bien celle de ne pas laisser de procuration à une administration quelle qu’elle soit.
Le droit et le devoir de dire les choses, d’alerter, de critiquer, d’informer, d’éduquer et de proposer est un impératif citoyen à tous moments. Mieux, le changement véritable attendu est que les autorités politiques ne décident plus de la vie des citoyens de façon discrétionnaire et comme elles le veulent sans l’avis de ceux-ci. Ce qui exige un nouveau mode de gouvernance qui ouvre des espaces de participation citoyen dans l’élaboration des politiques et dans les processus de prise de décision afin que les choix et options répondent pertinemment aux besoins et aspirations les plus larges.
En revanche, en début de mandat, il y a lieu de ne pas stigmatiser ou chercher à catégoriser sur la base d’un échantillon de faits réduits et qui par ailleurs cristallisent les contradictions et de ce fait deviennent contre-productifs. Tout cela donne un goût particulier à l’air ambiant. On détecte la saveur acide et toxique de la pensée unique. Tous les acteurs sociaux et politiques ont le droit et surtout le devoir de ne pas laisser s’installer un tel climat dans le Sénégal d’aujourd’hui qui a engagé sa révolution souverainiste, a gagné une nouvelle bataille le 24 mars, mais qui ne pourra aller à la victoire que s’il s’insère dans une dynamique ouverte, constructive d’une révolution citoyenne où des règles consensuelles régissent notre vie commune dans les domaines essentiels partagés tout en laissant à chacun la liberté de ses appartenances idéologiques et de son identité politique.
Pour que la transformation systémique du Sénégal soit un succès, il est impératif que l'administration Faye-Sonko résiste à la tentation de protéger les pouvoirs exorbitants de l'Exécutif et engage immédiatement les réformes nécessaires. La mobilisation citoyenne doit rester vigilante et active, assurant que la voix du peuple continue d'être entendue et respectée. En suivant une théorie du changement bien structurée et en s'appuyant sur les conclusions des Assises nationales et les recommandations de la CNRI, le Sénégal peut espérer un avenir où démocratie, souveraineté et prospérité sont les piliers d'une société équitable et inclusive.
IL N'Y A AUCUN VIRUS OMICRON XBB EN CIRCULATION, SELON LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ
La direction de la prévention a démenti l’information faisant état de l’existence d’un virus qui serait cinq fois plus dangereux que la variante delta du coronavirus.
Dakar, 27 juin (APS) – La direction de la prévention du ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msas) a démenti l’information faisant état de l’existence d’un virus Omicron XBB qui serait cinq fois plus dangereux que la variante delta du coronavirus avec ”un taux de mortalité plus élevé”.
”Il est fait état dans les réseaux sociaux de ce jeudi 27 juin 2024, d’un message WatsApp affirmant l’existence d’un virus Omicron XBB cinq fois plus dangereux que la variante delta et a un taux de mortalité plus élevé’’, a relevé la direction de la prévention dans un communiqué.
La même source signale que le ministère de la Santé et de l’Action sociale ”n’est pas l’auteur de ce message malveillant de nature à installer le doute et la désinformation au sein de l’opinion”.
La direction de la prévention ajoute que le ministère ”prendra toutes les dispositions afin que de pareils messages ne puissent continuer à semer le doute dans l’opinion ou à discréditer le travail en cours’’. Elle invite les populations à la ‘’vigilance, à la sérénité et surtout à ne pas céder à la panique’’.
Des cas de Covid-19 ont été enregistrés chez des pèlerins de retour du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, récemment.
PLUS DE 4000 PERSONNES ADDICTIVES À LA DROGUE PRISES EN CHARGE DANS LES STRUCTURES SANITAIRES
Le Docteur Jean Augustin Tine demande à l’Etat du Sénégal de faire une enquête nationale sur la consommation de drogue, pour aller vers l’élaboration d’un cadre politique et législatif devant encadrer cette consommation.
Depuis plus d’un mois, des saisies importantes de drogue sont faites au Sénégal. Cela a des effets destructeurs sur les consommateurs qui ont une santé mentale et physique fragile.
Sur le territoire national, 4000 personnes qui sont addictives aux drogues sont prises en charge dans les structures sanitaires spécialisées en la matière.
C’est une information donnée par le chef de la division de la santé mentale au ministère de la Santé et de l’Action sociale.
Selon le Docteur Jean Augustin Tine, «en 2022, on avait enregistré 3683 cas qui sont accompagnés dans nos structures. En 2023, on a eu 4253 cas, soit une augmentation de plus de 800 cas dont 7% de femmes».
Par ailleurs, le chef de division demande à l’Etat du Sénégal «de faire une enquête nationale sur la consommation de drogue, pour aller vers l’élaboration d’un cadre politique et législatif devant encadrer cette consommation de drogue» car le nombre de drogues peut être supérieur. Beaucoup pour éviter la stigmatisation, préfère ne pas fréquenter les structures sanitaires dédiées.
LA PNA EN DIFFICULTE : L’INTERSYNDICALE APPELLE L’ETAT A SOLDER SA DETTE
La dette de l’Etat due à la SEN-PNA s’élève environ à 25 milliards FCFA, en raison des initiatives de gratuité des traitements pour des maladies telles que le VIH, la tuberculose, le paludisme, la dialyse, le cancer, entre autres
La Pharmacie Nationale d’Approvisionnement va mal. Selon l’intersyndicale composée du Sutsas-Sas-Sames, la dette de l’Etat due à la SEN-PNA s’élève environ à 25 milliards FCFA, en raison des initiatives de gratuité des traitements pour des maladies telles que le VIH, la tuberculose, le paludisme, la dialyse, le cancer, entre autres. Une dette étatique selon les syndicalistes, qui engendre des retards de paiement envers les fournisseurs, augmentant ainsi les risques de ruptures de médicaments.
«Cette situation nuit gravement à la réputation et à la stabilité de la SEN-PNA et complique sa mission de garantir une disponibilité et une accessibilité géographique optimales des médicaments sur l’ensemble du territoire » a fait savoir un communiqué de l’intersyndicale reçu hier, lundi 24 juin. Et d’ajouter : « dans ce contexte, il est illusoire d’espérer un système de santé fort et résilient sans un système d’approvisionnement solide, surtout lorsque 90 % des besoins en produits de santé sont importés ». Pour ces acteurs, le rôle de la SEN-Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (SEN-PNA) est de garantir la disponibilité des médicaments pour l’ensemble de la population sénégalaise. Sa mission première est de répondre aux besoins en médicaments de manière efficace et responsable, en garantissant l’acquisition, le stockage et la distribution de médicaments génériques et produits essentiels de qualité. « Conscients de notre rôle crucial dans la santé publique, nous appelons le Ministère de la Santé et de l’action sociale (Msas) à soutenir la SEN-PNA durant cette période critique. Il est impératif d’apurer les créances de l’État envers la SEN-PNA en élaborant un plan de remboursement des créances» a fait savoir la source.
Rappelons qu’en 2013, l'Acte III de la décentralisation a été l'un des premiers jalons pour corriger les disparités territoriales, en introduisant la communalisation intégrale. Cette réforme vise à promouvoir des territoires viables, compétitifs et porteurs de croissance, tout en améliorant la gestion de proximité et la territorialisation des politiques publiques. Pour sa part, la SEN-Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (SEN-PNA) est présente dans les quatorze régions administratives du Sénégal via ses Pharmacies Régionales d’Approvisionnement (PRA) et œuvre quotidiennement pour assurer l’approvisionnement des structures sanitaires à travers divers programmes innovants et essentiels.
Ainsi, ces dernières années, l’activité de la SEN-PNA a évolué de manière significative, en réponse à une demande croissante en médicaments et produits essentiels. Cette demande accrue résulte, selon les acteurs de la Pna, de l’augmentation de la population, du programme de couverture maladie universelle et des initiatives de gratuité mises en place par l’État pour alléger le coût des soins et améliorer leur qualité. En effet, la SENPNA accompagne le Programme de Couverture Maladie Universelle (CMU) lancé en 2015; lequel programme a considérablement augmenté le taux de couverture de l’assurance maladie, passant de 20% à 75%.
« Le changement de statut de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement en Établisse ment Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) a été initié par l'État pour améliorer davantage ses services. L'industrialisation engagée par l’Etat avec la construction du parc industriel de Diamniadio, en cours d'achèvement, doit accélérer l’implantation de la SEN-PNA dans cette zone économique spéciale intégrée », ont renseigné les acteurs. Et de manifester leur disponibilité à un dialogue avec la tutelle. « Nous restons ouverts à la discussion et à la collaboration constructive. Nous réaffirmons notre engagement envers la santé des populations et la disponibilité des médicaments essentiels, et nous sommes prêts à travailler ensemble pour le bien-être des citoyens sénégalais », a renseigné le communiqué.
COVID-19, DR ABDOULAYE BOUSSO ALERTE SUR LA STIGMATISATION DES PÈLERINS
Il a fait un post pour demander aux autorités « d’éviter de créer une crise qui n’existe pas ! ». « Attention à la stigmatisation des pèlerins ! Une situation de crise sanitaire a-t-elle été décrétée en Arabie Saoudite ? », s’est-il interrogé.
Les services du ministère de la santé, à travers un communiqué transmis, informent que plusieurs pèlerins revenus de la Mecque ont été testés positifs à la Covid-19. C’est sur ces entrefaites que le Dr Abdoulaye Bousso a fait un post pour demander aux autorités « d’éviter de créer une crise qui n’existe pas ! ». « Attention à la stigmatisation des pèlerins ! Une situation de crise sanitaire a-t-elle été décrétée en Arabie Saoudite ? », s’est-il interrogé.
Avant de poursuivre : « Chaque année, après le Hajj, des centaines de personnes rentrent de la Mecque avec des syndromes respiratoires. Aussi des centaines de personnes y meurent chaque année. Ce sera encore le cas pour les prochaines années. C’est courant dans ce genre de rassemblement ou des millions de personnes vivent dans la promiscuité, couplé aux importantes variations thermiques (chaleur et climatisation) ».
Et de conclure : « le coronavirus circule toujours au Sénégal et dans le monde. C’est bien le dépistage et l’identification du pathogène, mais il faudra aussi beaucoup insister sur la sensibilisation des pèlerins et de leur famille : repos, réhydration, alimentation et suivi médical au besoin ».