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4 avril 2025
Société
25 MAI 2025, DELAI DE RIGUEUR POUR L'IMMATRICULATION DES DEUX-ROUES
Le ministre des Transports, Yankhoba Diémè, a annoncé ce mardi 25 mars 2025 une prorogation exceptionnelle de deux mois pour l’immatriculation gratuite des véhicules deux-roues.
Le ministre des Transports, Yankhoba Diémè, a annoncé ce mardi 25 mars 2025 une prorogation exceptionnelle de deux mois pour l’immatriculation gratuite des véhicules deux-roues. Initialement prévue du 13 décembre 2024 au 13 mars 2025, cette opération s’étendra désormais jusqu’au 25 mai 2025. Passé ce délai, toute moto non immatriculée sera en infraction et fera l’objet de sanctions immédiates sans dérogation ni tolérance.
Cette mesure vise à renforcer la sécurité routière et publique en facilitant l’identification des deux-roues en cas d’accident ou de vol. Depuis le début de la campagne, 109 631 dossiers ont été enrôlés, dont 88 751 validés, représentant une augmentation significative par rapport à l’année 2024, où seuls 18 600 dossiers avaient été traités.
Des résultats encourageants, mais des défis à relever
Le rapport présenté par le ministre met en avant une adhésion massive des usagers, avec une moyenne de 6 339 dossiers validés par région. Les performances les plus notables ont été enregistrées à Ziguinchor, Dakar, Kaolack et Thiès, tandis que certaines régions comme Saint-Louis et Sédhiou ont rencontré des difficultés, notamment en raison de l’absence de documents justificatifs essentiels.
Parmi les principaux obstacles identifiés figurent la légalisation des certificats de vente, qui a conduit au rejet de 13 223 dossiers, ainsi que la forte concentration de motos dans certaines zones, ralentissant le traitement des demandes. Pour y remédier, le gouvernement entend intensifier les campagnes d’information et renforcer la présence des services d’immatriculation sur le terrain.
Un ultimatum clair : après le 25 mai, place aux sanctions
Face à l’afflux important de demandes et aux nombreuses motos encore non immatriculées, le Premier ministre a jugé nécessaire d’octroyer ce sursis de deux mois. Cependant, le ministre Yankhoba Diémè a insisté sur le fait qu’aucune autre prolongation ne sera accordée.
« J’invite tous les propriétaires de deux-roues à profiter de cette dernière opportunité pour régulariser leur situation. À compter du 25 mai 2025, toute moto non immatriculée sera immédiatement sanctionnée par une amende et pourra être immobilisée par les forces de défense et de sécurité », a-t-il déclaré.
Les autorités espèrent ainsi atteindre un taux d’immatriculation optimal avant la fin du nouveau délai accordé, afin de garantir un meilleur contrôle du parc de deux-roues circulant sur le territoire national.
par Christophe Banko
MABOUBA DIAGNE GAGNERAIT À FAIRE PREUVE DE TRANSPARENCE LORSQU’IL Y EST INVITÉ
Le ministre de l'Agriculture répond avec irritation aux questions d'Abdoul Mbaye sur la campagne arachidière. Derrière cette colère se cache une manipulation des chiffres qui transforme une modeste progression de 3,8% en succès spectaculaire
Dans Le Soleil du 21 mars 2025, le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a enfin livré des précisions sur le déroulement de la campagne agricole 2024-2025. À propos de l’arachide, il s’en prend à Abdoul Mbaye, ancien Premier ministre, l’accusant de verser dans la politique politicienne. Pourtant, ce dernier s’est simplement limité à inviter courtoisement, à plusieurs reprises, le gouvernement à communiquer sur les résultats de la campagne, afin d’évaluer les revenus générés dans les campagnes et d’identifier les soutiens nécessaires à apporter aux paysans.
En guise de réponse, le ministre fournit des statistiques biaisées, s’irrite, et tente de discréditer Abdoul Mbaye en s’interrogeant sur son bilan à la Primature. Une lecture attentive de ses propos permet pourtant de distinguer clairement qui fait de la politique politicienne sous couvert de technocratie.
Une colère inutile. Pourquoi “hausser le ton” lorsqu’on demande simplement de rendre des comptes ? Il est inutile, déplacé, voire puéril, de réagir ainsi. Cette interview accordée au Soleil aurait pu être l’occasion d’une réponse posée et factuelle. Était-ce l’interpellation qui a agacé le ministre ? ou le simple fait d’être contraint à plus de transparence ? Aux lecteurs d’en juger.
Des chiffres tronqués et une comparaison biaisée. C’est justement parce qu’il s’intéresse au revenu des paysans qu’Abdoul Mbaye a questionné la répartition de la production arachidière, notamment entre ce qui est acheté par les huiliers et ce qui est exporté. Mais le ministre a choisi d’omettre délibérément la part exportée. Ce « trou de mémoire » lui permet de comparer les tonnages collectés par les huiliers en 2024-2025 à ceux d’une campagne antérieure durant laquelle les exportations étaient bien plus importantes, donnant ainsi l’illusion d’une progression spectaculaire. Or, les exportations génèrent elles aussi des revenus pour les paysans dont le ministre ne semble se préoccuper. Heureusement, plus loin dans l’interview, il finit par donner le chiffre : 101 403 tonnes d’arachides décortiquées exportées au 20 mars 2024. Il devient alors possible d’établir une comparaison honnête : les 209 430 tonnes de cette campagne à la date du 16 mars doivent être comparées à la somme de 100 389 tonnes (collectées par les huiliers) et 101 403 tonnes (exportées) en 2023-2024, soit un total de 201 792 tonnes. Ainsi, la supposée progression de 109 040 tonnes tombe à 7 637 tonnes, soit une hausse réelle de seulement 3,8 %. Les lecteurs apprécieront la nuance.
Espérons donc que les prochaines communications du ministre intégreront cette correction statistique indispensable.
Mais il faut aussi se rappeler que les précédentes campagnes reposaient sur des données fausses qu’Abdoul Mbaye n’a jamais cessé de dénoncer depuis son départ de la Primature. Il n’a jamais défendu une culture du chiffre déconnectée du réel, destinée à masquer la pauvreté rurale et à gonfler artificiellement le PIB, contribuant ainsi à dissimuler le surendettement du pays et son déficit budgétaire. Les chiffres fournis par Mabouba Diagne pour la campagne 2023-2024 pourraient d’ailleurs permettre à l’ANSD et au FMI de procéder à des ajustements sur les PIB de 2024 et ceux antérieurs. Ce serait déjà un pas vers plus de transparence.
Cependant, au lieu de s’enorgueillir d’une hausse artificielle de 109 040 tonnes, le ministre aurait mieux fait d’expliquer les écarts entre ses objectifs initiaux pour la campagne 2024-2025 et les résultats obtenus, malgré les 120 milliards FCFA mobilisés. Il rappelle un objectif de collecte de 300.000 tonnes pour les huiliers, en baisse donc de 100.000 tonnes par rapport à ses déclarations antérieures. Là également la baisse de l’objectif devient une autre source de performance… Il promet toutefois de revenir sur tous ces chiffres à la fin de la campagne, d’ici un mois. Espérons simplement qu’il ne faudra pas, une fois encore, lui forcer la main pour qu’il rende des comptes. Une justification claire des retards et une présentation honnête des résultats auraient évité cette mise en scène fondée sur des données biaisées.
Dans le même entretien, Mabouba Diagne affirme qu’« au 16 mars 2025, les réceptions ont montré une dynamique encourageante de la collecte. Ainsi, 148.899,241 tonnes d’arachides coque ont été réceptionnées par les établissements de la Sonacos. Il y a 358,705 tonnes en graines décortiquées d’arachide soit 233,15 tonnes de coques pour un taux de conversion de 0,65 selon la Sonacos. ». Là encore, les chiffres manifestement faux par leur incohérence mériteraient d’être vérifiés et corrigés.
Une méconnaissance préoccupante du rôle des semences. L’essentiel de cette interview se trouve ailleurs, lorsqu’il déclare : « 60 297 tonnes de semences à certifier ont été collectées. » Cette phrase illustre une confusion préoccupante entre les « graines sélectionnées » et les « semences certifiées ». Cette ignorance traduit l’absence d’une stratégie agricole cohérente pour relancer la filière arachidière. Depuis l’arrêt de la production de semences certifiées en 2002 remplacées par des graines prétendument « sélectionnées », les qualités germinatives des semences se dégradent, les rendements s’effondrent, et les subventions à l’achat de ces graines et à leur revente aux paysans explosent.
Conscient de ce problème, Abdoul Mbaye avait initié en 2012 un programme de reconstitution du capital sénégalais de semences certifiées, indispensable pour restaurer durablement la production. Ce programme fut malheureusement abandonné après son départ parce que contraire aux intérêts des opérateurs semenciers. Dans son ouvrage « Servir », il qualifie ce système de « financement du sous-développement » et y décrit en détail les raisons de son engagement sur ce sujet. Mais encore faut-il que ceux qui lui ont succédé se donnent la peine de lire.
Mabouba Diagne conclut en lançant à Abdoul Mbaye : « Je l’invite à revoir ses notes. Et je lui demande ce qu’il a fait quand il était là. » La réponse est simple : qu’il lise « Servir » rédigé pour rendre compte d’une gouvernance et servir aux générations de futurs dirigeants sénégalais ; et surtout, qu’il interroge les paysans sur leurs conditions de vie durant les campagnes 2012-2013 et 2013-2014, puis qu’il les compare à celles de 2024-2025. Il comprendra alors ce qu’Abdoul Mbaye a fait, et qui, véritablement, travaille pour l’intérêt général.
Christophe Banko est Directeur exécutif de l’ACT (Alliance pour la Citoyenneté et le Travail).
par Moustapha Dieye
DANS LE BROUILLARD AMNISTIANT
Dans ce pays où chaque alternance efface la mémoire, Pastef tente de naviguer entre promesses de vérité et zigzags juridiques. Abrogation ? Interprétation ? Le nouveau pouvoir cherche sa voie pendant que les familles des victimes attendent justice
À Ndoumbélane, l’histoire n’a pas de mémoire, elle a des archives que les vainqueurs réécrivent à chaque alternance. Dans le pays de Laay Njomboor où les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient, les besoins en lumière des esprits finissent souvent dans l’obscurité des tiroirs sélectifs de la loi. Pastef, nouveau propriétaire du volant républicain, semble vouloir conjurer cette fatalité et conduire le pays vers la vérité des « crimes de sang ». Mais entre les zigzags d’abrogation, les demi-clignotants de la loi interprétative, et les freinages en urgence de la cohérence, on se demande s’il ne faudrait pas appeler un garagiste constitutionnel pour éviter une panne générale des esprits. En attendant, les familles pleurent, les morts se taisent, et les vivants… tergiversent.
Du tarxiis sémantique pour élucider des "crimes de sang"
La législature Pastef semble tenir à une promesse de campagne majeure : faire toute la lumière sur les crimes dits de sang perpétrés sur le ndoumbélanien. Même si l'ambition est claire, les moyens de sa réalisation n'ont pas fini de faire sourire à cause d'un tarxiis (glissement) sémantique digne d'un babillage de nourrisson. On est passé d'une volonté d'abrogation totale à un proposition de loi interprétative supplément amendement, en passant par une volonté d'abrogation partielle. Rien que ça ! C'est cocasse, mais il ne serait pas vraiment sérieux de s'y attarder au regard du drame convoqué par le sujet, n'est-ce pas ? Parlons-en. Des Sénégalais sont abattus comme des cailles pendant une partie de chasse. D'autres sont persécutés, maltraités et torturés. Personne n'y aurait cru s'il n'y avait un travail de documentation amateur et professionnel des évènements qui ont secoué Ndoumbélane entre 2021 et 2024. Comme pour narguer l'opinion, le Watchacha évoque le besoin de stabiliser le climat social et sortit de sa manche une loi pour oublier. La législature Benno, pour enfoncer le glaive dans la plaie déjà béante, vota ladite loi. C'était aussi bête et grave que cela. Ils n'imaginaient peut-être pas qu'Amadou Njamala, le député trop riche pour être honnête, allait essuyer un revers d'anthologie devant le duo Koromak mooy Ngundu à la présidentielle de 2024, malgré le soutien controversé de son patron, le Watchacha.
Pas de sang, pas de responsabilité
Amadou Ba, le député connaît tout de Pastef, est en train de faire le tour des plateaux pour "éclairer" l'opinion sur le tarxiis sémantique. À demi-mot et avec une curieuse légèreté, il a taillé une sorte d'irresponsabilité aux manifestants au motif que cela se passe ainsi ailleurs et que ces derniers n'ont jamais été inquiétés après les évènements de 2011. Ce qu'il oublie ou omet peut-être, c'est que ces "manifestants" avaient une drôle de manière d'exercer leur droit constitutionnel de résister. En effet, à Ndoumbélane, on a résisté en faisant des courses clandestines à Auchan, saccagé et incendié des commerces, des infrastructures publiques et des bus, des maisons et des véhicules privés, insulté les visages institutionnels de la République, appelé à l'insurrection. On a même bouffé le très délicieux poulet de Me Elhadj Diouf après avoir effectué une ziara razzia à son domicile. La liste des actes de "résistance" n'est pas exhaustive mais il serait inopportun de pondre un mémoire sur la question. D'autant plus qu'il ne s'agit là que d'une simple piqûre rappel, pour tous les esprits qui seraient trop tentés par le démon de l'oubli sélectif.
Déclarez l'état d'urgence, le Premier ministre est ‘‘insulté’’ !
Après les propos de Badara langue de feu à l'endroit d'Amadou Ba connaît tout et Koromak, Le parti aux milliers de cadres, entendez Pastef, et des ministres de la République ont réagi à l'unisson : il est hors de question de continuer d'accepter que Koromak se fasse "injurier." Ce qui est cocasse dans ce mélodrame, c'est que Koromak a n fois adressé les propos qu'il a reçus à des institutions de la République. À l'époque, cela ne dérangeait curieusement pas ces fervents gardiens de l'intégrité de la République et de ses symboles. Mais enfin, ce n'est pas cela le plus important. Ce qu'il faut surtout rappeler, c'est que Koromak est le visage d'une forte institution de la République de Ndoumbélane, le gouvernement. Tous les citoyens, de ce fait, sont tenus de lui accorder la dignité qui est attachée à son statut. La liberté d'expression ne saurait tout permettre et les hommes des médias et les leaders d'opinion devraient témoigner davantage de respect aux oreilles qui les entendent et aux yeux qui les lisent. Ave Ndoumbélane !
THIES EXHORTE A VAINCRE LA TUBERCULOSE
Le gouverneur de la région de Thiès, Saer Ndao, a appelé, lundi, toute la communauté à plus d’engagement pour vaincre, d’ici 2030, la tuberculose, un fléau mondial qui touche davantage l’Afrique subsaharienne, y compris le Sénégal.
Le gouverneur de la région de Thiès, Saer Ndao, a appelé, lundi, toute la communauté à plus d’engagement pour vaincre, d’ici 2030, la tuberculose, un fléau mondial qui touche davantage l’Afrique subsaharienne, y compris le Sénégal.
‘’La tuberculose étant une maladie transmissible, qui figure parmi les priorités de l’Etat du Sénégal, fait davantage de victimes dans le monde que toutes autres maladies infectieuses”, a dit Saer Ndao, lors d’une cérémonie de célébration de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, organisée à la Place Mamadou Dia de Thiès.
En présidant cette rencontre officielle, M. Ndao abordait le thème de l’édition de cette année, intitulé ‘’Oui ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose ! S’engager, investir, agir”.
Insistant sur l’ampleur de la maladie, le gouverneur de Thiès a noté que ‘’l’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée, avec 2,5 millions de personnes atteintes de tuberculose, et 17% des décès, soit un décès par minute”.
“Au Sénégal, a poursuivi Saer Ndao, l’incidence en 2024 de la tuberculose est estimée à 110 pour 100 000 habitants. Sur les 20.446 cas attendus, 16.656 ont été notifiés, soit 81% de couverture de traitement avec 19% de cas de manquants”.
L’autorité administrative a estimé que “devant un tel fléau, toute la communauté, à tous les niveaux, est interpellée et invitée à plus d’engagement, pour mettre fin à cette épidémie d’ici 2030”.
Ce qui justifie d’ailleurs, à ses yeux, le choix du thème de l’édition 2025 de la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, qui incite à l’engagement.
La tuberculose reste l’une des maladies infectieuses qui entraînent le plus de décès dans le monde, a affirmé, pour sa part, la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Docteure Ndella Diakhaté.
Elle a expliqué que ‘’la journée mondiale de lutte contre la tuberculose, célébrée chaque année le 24 mars, est une occasion de communication, pour rappeler l’urgence de mettre fin à cette infection’’.
Cette activité vise, selon la représentante de l’OMS, à “susciter une prise de conscience du grand public par rapport aux conséquences sanitaires, sociales et économiques dévastatrices de cette maladie évitable”.
‘’Au niveau mondial, chaque jour, près de 3.425 personnes meurent de tuberculose et près de 30. 000 personnes tombent malades, en dépit de la possibilité de prévenir et de guérir cette maladie”, a fait savoir Dr Ndella Diakhaté.
Elle a ajouté qu’en 2023, sur les 10,8 millions de personnes qui ont contracté la tuberculose, 1,25 million sont décédées des suites de cette maladie.
La tuberculose est une infection qui se propage ‘’par voie aérienne à travers la toux, les éternuements, les postillons et les crachats des personnes atteintes de tuberculose pulmonaire”, a-t-il noté.
Il suffit d’inhaler quelques germes pathogènes de pour être infecté, fait-elle valoir, insistant sur le fait que ‘’la tuberculose tue des riches et des pauvres sans exception”.
La représentante de l’OMS précise toutefois que la tuberculose a dû reculer avec l’avènement des médicaments anti-tuberculeux, du vaccin qui protège les nourrissons, ainsi que les campagnes dynamiques.
LA BLOCKCHAIN AU SERVICE DE LA COMMANDE PUBLIQUE SÉNÉGALAISE
Dans une étude novatrice présentée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), l’ingénieur informaticien Papa Diadia Ba propose une transformation radicale du système de commande publique sénégalais grâce à la technologie blockchain.
Dans une étude novatrice présentée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), l’ingénieur informaticien Papa Diadia Ba propose une transformation radicale du système de commande publique sénégalais grâce à la technologie blockchain. Sa thèse de doctorat, soutenue le 8 mars dernier, offre une solution concrète aux défis persistants de transparence et d’efficacité qui caractérisent les marchés publics au Sénégal. « La blockchain peut révolutionner notre administration publique bien au-delà des cryptomonnaies auxquelles on l’associe habituellement, » affirme M. Ba, dont les travaux s’inscrivent dans la lignée du « New Deal Technologique » national lancé récemment par les autorités sénégalaises.
Une innovation adaptée aux réalités locales
Le chercheur a développé un modèle spécifique reposant sur une blockchain d’entreprise à autorisation, différente des systèmes publics utilisés pour les monnaies virtuelles. Cette approche permet une gestion centralisée des utilisateurs tout en préservant les avantages essentiels de la décentralisation.
Après une étude comparative approfondie entre les méthodes traditionnelles de dématérialisation et celles basées sur la blockchain, Papa Diadia Ba conclut que cette dernière offre des atouts décisifs: « Notre système garantit une transparence totale, l’intégrité des données, une traçabilité complète des processus et une sécurité renforcée, » explique-t-il.
Des bénéfices multidimensionnels
Les avantages de ce système dépassent largement le cadre administratif. Au-delà de la réduction significative des coûts d’attribution des marchés publics, l’innovation contribue aux objectifs de développement durable et simplifie considérablement les procédures. « La standardisation des données facilite leur réutilisation tout en protégeant les informations sensibles, » souligne le chercheur, qui recommande l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée à cette technologie ou, à minima, l’intégration d’une composante blockchain dans le programme de modernisation en cours.
Cette innovation pourrait marquer un tournant dans la gestion des ressources publiques au Sénégal, en répondant simultanément aux impératifs économiques, environnementaux et de bonne gouvernance qui conditionnent l’efficacité de la commande publique.
SALY : UNE FEMME INTERPELLÉE AVEC 4,3 MILLIARDS EN BILLETS NOIRS
Les éléments de la Brigade de recherche du commissariat urbain de Saly ont procédé, dans la nuit du 23 mars 2025, à l’arrestation d’une femme en possession de coupures de billets noirs d’une valeur estimée à 4,3 milliards de francs CFA.
Les éléments de la Brigade de recherche du commissariat urbain de Saly ont procédé, dans la nuit du 23 mars 2025, à l’arrestation d’une femme en possession de coupures de billets noirs d’une valeur estimée à 4,3 milliards de francs CFA.
Selon les sources policières, cette interpellation fait suite à un renseignement faisant état d’une transaction suspecte près d’une auberge, impliquant une femme et plusieurs individus. Les forces de l’ordre ont ainsi mené une opération qui a permis d’appréhender la mise en cause aux alentours de 22 heures.
Placée en garde à vue pour détention de billets noirs, la suspecte devra répondre de ces faits dans le cadre de l’enquête en cours. La Police nationale poursuit ses investigations afin d’identifier et d’arrêter d’éventuels complices impliqués dans cette affaire.
ANKHOBA DIÉMÉ SATISFAIT DES PROGRÈS D’AIR SÉNÉGAL
Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé a dressé lundi, un bilan positif des réformes engagées dans son secteur, mettant particulièrement en avant les avancées réalisées par la compagnie aérienne nationale...
Le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a dressé, lundi, un bilan positif des réformes engagées dans son secteur, mettant particulièrement en avant les avancées réalisées par la compagnie aérienne nationale Air Sénégal. Il attribue ces progrès au changement de gouvernance opéré entre août et octobre 2023, qui a permis une amélioration notable de la rentabilité et de la ponctualité de la compagnie.
Une embellie pour Air Sénégal
Lors d’une rencontre avec la presse, le ministre a souligné la transformation significative d’Air Sénégal, autrefois fragilisée par des difficultés financières. “Contrairement aux inquiétudes passées, la compagnie aérienne nationale connaît aujourd’hui une nette amélioration, avec un taux de remplissage et une régularité exemplaires”, a-t-il affirmé.
En 2022, Air Sénégal affichait un déficit de 80 milliards de francs CFA. Grâce à des ajustements budgétaires et une meilleure gestion des lignes déficitaires, ce chiffre a été ramené à 57 milliards. Yankhoba Diémé a salué le rôle de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) dans ces efforts de redressement. Il s’est également félicité du changement de perception du public : “Les mêmes personnes qui critiquaient autrefois Air Sénégal en font aujourd’hui la promotion gratuitement”, a-t-il lancé.
Sécurité routière : un défi à relever
Outre l’aviation, le ministre a mis l’accent sur les défis liés à la sécurité routière, un sujet qui reste préoccupant malgré les investissements dans les infrastructures. “Il ne suffit pas de construire de belles routes, encore faut-il assurer la sécurité des usagers. Malheureusement, les accidents se multiplient”, a-t-il déploré.
Pour y remédier, Yankhoba Diémé plaide pour un renforcement du respect du code de la route et l’introduction de mesures strictes, telles que le permis à points. Il a insisté sur la nécessité d’une formation continue des conducteurs, estimant qu’il est crucial de ne pas attendre d’être sur la route pour apprendre à conduire.
Le ministre a ainsi appelé à une meilleure régulation du secteur et à une formation systématique des transporteurs, en vue de garantir un réseau de transport plus sûr et plus efficace à travers le pays.
Par Mohamed GUEYE
LE TEMPS D’UN TOURISME RÉELLEMENT ENDOGÈNE
Au moment où le régime du président Diomaye Faye célèbre sa première année de pouvoir, il prend sans doute également le temps de se rendre compte de l’état de ruine dans lequel l’économie du Sénégal est plongée
Au moment où le régime du président Diomaye Faye célèbre sa première année de pouvoir, il prend sans doute également le temps de se rendre compte de l’état de ruine dans lequel l’économie du Sénégal est plongée. Les autorités semblent se comporter comme certains de leurs pairs de certains pays pétroliers, et croire qu’il suffirait au Peuple de patienter un tout petit peu, avant que la manne tirée du pétrole et du gaz vienne nous sortir de la pauvreté.
Du fait de cette conviction, on est en train de perdre des atouts qui ont fait la grandeur du Sénégal et dont certains pourraient encore servir à son rayonnement.
Dans ces colonnes, on avait traité une fois de la question du tourisme. Il n’est pas inutile d’y revenir car c’est l’un des domaines qui pourraient, plus que le pétrole et le gaz, servir encore plus au rayonnement et au développement économique du Sénégal.
Pendant longtemps, le tourisme et la pêche ont été les mamelles qui ont servi à nourrir l’économie du Sénégal. Plus que la pêche et l’agriculture, notamment l’arachide, le tourisme aurait pu servir à bâtir dans ce pays, une industrie de loisirs forte et attrayante. Mais il aurait fallu, pour lui donner de bonnes bases, une volonté politique bien affirmée.
S’est-on jamais demandé est-ce que notre pavillon national, «Air Sénégal», connaitrait une chute aussi rapide, en moins de dix ans, avec des aéronefs tout neufs dont certains ont été payés rubis sur l’ongle, si le pays avait une réelle politique d’attractivité touristique ? Depuis l’indépendance, le Président Senghor avait initié des activités culturelles qui ont permis de braquer le regard de l’étranger sur le pays et sa richesse culturelle. Abdoulaye Wade avait tenté de relancer le Festival mondial des arts nègres qui, malheureusement, n’a pas eu de suite. Pourtant, qui ne se rappelle pas l’engouement provoqué par le Fesman en 2010 et le nombre d’étrangers qui sont venus prendre part à cette activité ?
L’actuel gouvernement, dès son arrivée aux affaires, s’est empressé de reporter la Biennale de l’art africain, le Dak’Art, et de le repousser à plusieurs mois après. Cela avait contraint plusieurs artistes à annuler leur participation, du fait du changement de calendrier. Cela a été autant de nuitées d’hôtels perdues, ainsi que des activités sociales et culturelles annulées. Un gros manque à gagner pour les organisateurs. Et cela est certainement le cas de tour-operators qui auraient pu inclure l’évènement dans leur package pour touristes.
Au moment où les activités touristiques et culturelles se réduisent comme peau de chagrin, le chef de l’Etat est fier de s’afficher en train d’inaugurer un nouvel réceptif hôtelier sur le Pôle urbain de Diamniadio. Et il en promet d’autres encore, de marques parmi les plus prestigieuses. Les capitalistes qui viennent ouvrir ces nouveaux réceptifs ont sans doute des idées en tête. Mais est-ce les mêmes idées que celles de nos autorités ? Le Sénégalais lambda serait attiré à poser la question au chef de l’Etat de savoir quelle est la valeur touristique du Pôle de Diamniadio, dont il faudrait avoir le regard de Mohamadou Lamine Massaly pour le comparer à Dubaï. Est-ce une extension de la ville de Dakar ou l’ébauche de la future conurbation qui devra relier Dakar à Mbour et Thiès ? Ou alors, c’est juste un espace de villégiature pour ceux qui, venant de Diass, ne souhaiteraient pas se rendre à Dakar, à Mbour ou à Thiès ?
Si des ressources doivent être placées sur ce site, il faudrait que le plan directeur d’aménagement des lieux soit partagé avec tous les acteurs, pour éviter des conflits fonciers avec les populations locales, susceptibles de faire fuir les visiteurs et les investisseurs.
Et puisque, du fait d’une politique erratique, la destination Sénégal est plus onéreuse que toutes ses concurrentes, malgré notre propre compagnie aérienne -qui risque de ne plus exister bientôt-, le pays devrait tenter de développer au moins d’autres secteurs afin d’attirer les visiteurs et de les fidéliser. On a parlé de l’art et de l’artisanat. Que faudrait-il pour relancer les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) situées à Thiès ? Comme dans bien de domaines, les artistes sénégalais sont réputés dans le monde. Pourquoi les laisser patauger dans l’informel alors que des cadres bien structurés existent, qui pourraient leur permettre de s’épanouir encore plus ? S’il est vrai qu’un artiste se doit de se «vendre» et s’imposer par son art et par lui-même, une politique promotionnelle ne serait pas superflue. Cela pourrait être un volet à inclure dans le travail de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) dont on se demande pourquoi l’Etat veut la fondre avec la Sapco, qui n’a pas le même objet
Si l’on relançait vraiment le tourisme, il ne serait certainement plus nécessaire pour certains secteurs économiques comme la pêche, ou même certaines Pme, de se battre pour trouver des débouchés à l’étranger. Et ne parlons pas de ces artisans qui souvent squattent les entrées de certains hôtels, et que parfois l’on chasse comme des importuns, sans tenir compte de la valeur ajoutée qu’ils représentent.
Nous n’avons pas vraiment parlé de la formation des jeunes aux métiers de l’hôtellerie. Beaucoup d’hôteliers traitent leurs employés comme des manœuvres exploitables à leur merci, mal payés, surexploités. Cela joue sur leur motivation et leur professionnalisme. Ils sont pourtant les premiers contacts des touristes avec les pays qu’ils visitent. Et ce sont eux qui donnent au visiteur l’envie de revenir ou non dans le pays.
En résumant un article qui pourrait être plus long, on dirait que le développement du tourisme au Sénégal doit se faire de manière endogène. En dehors d’offrir des cadres que les étrangers pourraient trouver dans n’importe quel pays, comme la mer, le sable ou le soleil, il serait temps de mettre en avant les traits spécifiques du Sénégal, exploités par des ressources endogènes.
par Déthie Faye
LA LOI PORTANT AMNISTIE, UNE BOMBE À DÉSAMORCER
La simple persistance dans l'opinion que la loi interprétative vise les forces de défense et de sécurité commande que le processus d'adoption de la proposition de loi soit arrêté
L'opinion publique nationale et internationale est tenue en haleine depuis quelques jours par le débat sur la proposition de loi interprétative de la loi portant amnistie.
Cette initiative qui tendrait à limiter le champ d'application de la loi portant amnistie, ressemble plus à une modification qu'à une simple interprétation de dispositions qui manqueraient de clarté.
Il faut rappeler que cette loi est combattue non pas parce qu'elle souffre d'une quelconque ambiguïté mais plutôt parce qu’elle fait la promotion de tout ce qui va à l’encontre de la consolidation de la démocratie et du renforcement de l’Etat de droit.
Son annulation est attendue pour pouvoir connaître la vérité, toute la vérité sur les événements douloureux de février 2021 à février 2024:
Qui a fait quoi ?
Qui regrette ses actes ?
Qu'est ce que le peuple est disposé à pardonner ?
Quel pacte pour que le Sénégal n'ait plus à revivre de pareils drames ?
Une fois ce travail d'investigation achevé, il sera possible d'adopter une loi prenant en compte la problématique de la cohésion nationale et le nécessaire bannissement de la violence comme moyen de conquête ou de conservation du pouvoir.
Nous devons toujours garder à l'esprit que chacun a quelque chose à dire et le droit d'être écouté.
De larges concertations pour préserver notre Sénégal de ces menaces qui ont perdu beaucoup de pays sont devenues une nécessité urgente dont il serait dangereux de vouloir faire l'économie.
La simple persistance dans l'opinion que la loi interprétative vise les forces de défense et de sécurité (FDS) commande que le processus d'adoption de la proposition de loi soit arrêté.
Les Sénégalais sont inquiets. Il appartient au président de la République de les rassurer. Depuis son accession à la magistrature suprême, le président de la République s'évertue à donner l'image d'un père de la nation au-dessus de la mêlée et garant de l'unité nationale.
Son adresse à la nation à l'occasion de la célébration de la fête de l'indépendance est une bonne opportunité pour inviter les forces vives de la nation à un dialogue en vue d’engager le Sénégal dans une œuvre commune de construction nationale. La préservation de la cohésion nationale et de la stabilité du Sénégal exige une telle posture.
Pour accompagner cette dynamique qui va dans le sens d'une décrispation de l'espace politique, le groupe parlementaire de la majorité doit donner un signal fort en retirant la proposition de loi interprétative de la loi portant amnistie.
Il faut bannir cette logique qui veut que la mission de l'opposition soit de ne faire que de l'obstruction et celle de la majorité de piétiner tous ceux qui pensent autrement.
Accordons la priorité aux priorités pour que le Sénégal continue d'être une exception.
Déthie Faye est président de la Convergence pour la Démocratie et la République, C.D.R/ Fonk Sa Kaddu.
QUAND LE PENTAGONE DÉVOILE ACCIDENTELLEMENT SES PLANS DE GUERRE
Le rédacteur en chef du Atlantic a vécu une situation inédite : spectateur silencieux des préparatifs d'une opération militaire au Yémen après son ajout par erreur à un groupe Signal des hauts responsables de l'administration Trump
(SenePlus) - Une incroyable faille de sécurité a récemment exposé les plans militaires américains les plus sensibles à un journaliste qui n'aurait jamais dû y avoir accès. Cette histoire extraordinaire, relatée par Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef du magazine The Atlantic, révèle comment l'administration Trump a partagé par inadvertance ses stratégies d'attaque contre les Houthis au Yémen dans une conversation de groupe où le journaliste avait été inclus par erreur.
Tout a commencé le 11 mars lorsque Jeffrey Goldberg a reçu une demande de connexion sur Signal, application de messagerie cryptée, d'un utilisateur identifié comme "Michael Waltz", le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Comme il l'explique dans son article: "Je ne supposais pas, cependant, que la demande provenait du véritable Michael Waltz. [...] Il m'est immédiatement venu à l'esprit que quelqu'un pourrait se faire passer pour Waltz afin de me piéger."
Deux jours plus tard, le journaliste se retrouve intégré dans un groupe Signal nommé "Houthi PC small group" - PC faisant référence au "Principals Committee", qui réunit généralement les plus hauts responsables de la sécurité nationale américaine. Un message de "Michael Waltz" annonçait: "Équipe - établissement d'un groupe de principes pour la coordination sur les Houthis, particulièrement pour les 72 prochaines heures."
Le groupe réunissait apparemment plusieurs personnalités de premier plan du gouvernement américain, dont des comptes identifiés comme ceux de Pete Hegseth (secrétaire à la Défense), Marco Rubio (secrétaire d'État), JD Vance (vice-président), Tulsi Gabbard (directrice du renseignement national), et d'autres hauts responsables. Goldberg raconte sa surprise: "Je n'avais jamais entendu parler d'une réunion convoquée via une application de messagerie commerciale."
Le lendemain, les échanges sont devenus encore plus étonnants. Le compte identifié comme celui de JD Vance a exprimé des réserves sur l'opération militaire imminente: "Je pense que nous commettons une erreur. [...] Il existe un risque réel que le public ne comprenne pas cela ou pourquoi c'est nécessaire." Cette position semblait contradictoire avec l'alignement public du vice-président sur les positions de Trump.
Le compte "Pete Hegseth" a répondu: "VP: Je comprends vos préoccupations - et je soutiens pleinement que vous les soulevez avec POTUS. [...] Attendre quelques semaines ou un mois ne change pas fondamentalement le calcul." Ces échanges révélaient des désaccords internes sur l'opportunité et le timing des frappes.
C'est le samedi 15 mars que l'incroyable se produit. À 11h44, le compte "Pete Hegseth" a partagé des informations opérationnelles détaillées sur les frappes à venir au Yémen, incluant les cibles, les armes qui seraient déployées et la séquence d'attaque. Goldberg écrit: "Je ne citerai pas cette mise à jour... L'information qu'elle contenait, si elle avait été lue par un adversaire des États-Unis, aurait pu être utilisée pour nuire au personnel militaire et de renseignement américain."
Le message indiquait que les premières détonations au Yémen auraient lieu deux heures plus tard. Le journaliste a alors attendu pour vérifier si ces attaques se produiraient réellement : "Vers 13h55, j'ai vérifié X et recherché le Yémen. Des explosions étaient alors entendues dans tout Sanaa, la capitale."
Après les frappes, le groupe s'est félicité de l'opération. "Michael Waltz" a évoqué un "travail incroyable", tandis que "MAR" écrivait "Bon travail Pete et votre équipe !!" et que "Susie Wiles" ajoutait "Félicitations à tous - plus particulièrement à ceux sur le terrain et au CENTCOM ! Vraiment génial. Dieu bénisse."
Face à cette situation extraordinaire, Goldberg a contacté plusieurs responsables pour obtenir des explications. Brian Hughes, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, a confirmé l'authenticité des messages : "Il semble s'agir d'une chaîne de messages authentique, et nous examinons comment un numéro a été ajouté par inadvertance à la chaîne."
William Martin, porte-parole de Vance, a tenté de minimiser les désaccords apparents : "Le vice-président soutient sans équivoque la politique étrangère de cette administration. Le président et le vice-président ont eu des conversations ultérieures sur cette question et sont en parfait accord."
Cette faille de sécurité soulève des questions juridiques importantes. Selon plusieurs juristes spécialisés en sécurité nationale consultés par Shane Harris, collègue de Goldberg, cette utilisation de Signal pourrait violer plusieurs dispositions de la loi sur l'espionnage, qui régit le traitement des informations relatives à la "défense nationale".
"L'application Signal n'est pas approuvée par le gouvernement pour le partage d'informations classifiées. Le gouvernement dispose de ses propres systèmes à cette fin", explique l'article. Les responsables auraient dû utiliser des installations spécialement conçues comme un "SCIF" (Sensitive Compartmented Information Facility) ou communiquer uniquement sur des équipements gouvernementaux approuvés.
De plus, Waltz avait configuré certains messages pour disparaître après une semaine ou quatre semaines, ce qui soulève des questions sur le respect des lois fédérales sur les archives: "Les SMS concernant des actes officiels sont considérés comme des documents qui doivent être conservés", explique Jason R. Baron, ancien directeur du contentieux de l'Administration nationale des archives et des documents.
Cette extraordinaire série d'événements met en lumière les risques sécuritaires que peuvent poser l'utilisation de technologies modernes par les plus hauts responsables gouvernementaux. Comme le souligne Jeffrey Goldberg: "Je n'ai jamais vu une violation comme celle-ci." Cette affaire rappelle ironiquement les critiques virulentes de Donald Trump contre Hillary Clinton pour son utilisation d'un serveur de messagerie privé lorsqu'elle était secrétaire d'État.