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3 avril 2025
Société
L'ECO, MONNAIE FANTÔME DE LA CEDEAO
Malgré le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao, l'organisation régionale s'accroche à son calendrier de transition vers l'eco. De nouveaux critères de convergence viennent pourtant compliquer davantage une équation déjà insoluble
(SenePlus) - L'ambitieux projet de monnaie unique ouest-africaine fait face à d'importants défis alors que l'échéance de 2027 se rapproche. Malgré la crise interne qui secoue la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), l'organisation semble déterminée à maintenir son calendrier de transition du franc CFA vers l'eco, révèle Jeune Afrique dans une analyse approfondie de la situation.
Début mars, le Conseil de convergence de la Cedeao, qui rassemble les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de la région, a remis à l'ordre du jour la feuille de route pour le lancement de cette future monnaie régionale. Si le délai de 2027 a été confirmé par l'instance, les progrès réalisés jusqu'à présent restent limités. Comme le confie une source au sein d'une banque centrale citée par JA, « les progrès sont marginaux ».
Le magazine panafricain rapporte que le Comité de haut niveau (CHN) sur les modalités pratiques pour le lancement de l'eco, présidé par Wale Edun, ministre nigérian des Finances, a présenté les avancées du projet lors du dernier Conseil de convergence d'Abuja. D'après le rapport, de nouveaux critères de sélection ont été introduits pour les États membres souhaitant participer à l'Union monétaire.
Ces critères s'ajoutent aux conditions initiales de convergence économique qui exigent déjà « un déficit budgétaire inférieur à 3% du produit intérieur brut (PIB), une inflation limitée à 10% et une dette inférieure à 70% du PIB », et ce pendant trois années consécutives, précise Jeune Afrique.
Désormais, les pays candidats devront également « ratifier et mettre en œuvre tous les textes et les cadres juridiques spécifiquement élaborés dans le cadre de la création de l'Union, et participer au mécanisme de change de la Cedeao pendant au moins deux ans sans sortir de la bande de fluctuation de 10% », peut-on lire dans le projet du Conseil de convergence cité par le magazine.
Cette nouvelle exigence intervient alors que « quasiment aucun pays de la Cedeao ne respecte les trois critères de convergence initiaux », souligne JA. Le Nigeria et le Ghana, économies majeures de la région, font notamment face à une forte inflation, ce qui complique davantage l'équation.
La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao pour former l'Alliance des États du Sahel (AES) a également complexifié la situation. Ces pays « restent membres de l'Uemoa, donc du franc CFA, pourtant partie prenante du projet d'Union monétaire de la Communauté ».
Pour Bruno Cabrillac, directeur général de la Fondation pour les études et la recherche sur le développement international (Ferdi) et ancien administrateur de la Banque centrale des États d'Afrique centrale, interrogé par le magazine, la question de savoir si la Cedeao parviendra à respecter ce nouveau délai trouve une réponse sans équivoque : « La réponse est claire : non ».
L'expert, qui a également dirigé les études au sein de la Banque de France, évoque deux options possibles : « Une option possible est de bâtir l'eco autour de l'Uemoa dans laquelle on décide d'avoir les mêmes règles comme la fixité du taux de change avec l'euro, une seule banque centrale et des normes de convergence communes », explique-t-il à Jeune Afrique.
La seconde option consisterait à « s'entendre sur le point d'arrivée, à l'image de l'Europe avec l'euro ». Cela impliquerait de répondre à des questions fondamentales : « Est-ce que l'eco aura une parité fixe ou un taux flexible ? Comment organise-t-on la gouvernance du système, et quelle instance décide de la politique monétaire commune ? Quel type de convergence va-t-on demander aux États ? ». Mais selon lui, ce schéma paraît « impraticable à moyen terme ».
Malgré les efforts de la Cedeao, qui a mis en place un quatuor de pays (Nigeria, Ghana, Côte d'Ivoire et Cap-Vert) pour plancher sur la future monnaie, l'expert reste pessimiste. Comme il le déclare à Jeune Afrique, « ce départ [des pays de l'AES] montre que le projet monétaire de la Cedeao est purement incantatoire et illustre à bien des égards les difficultés à surmonter ».
Alors que l'échéance de 2027 se rapproche inexorablement, la Cedeao semble déterminée à accélérer le processus. L'organisation a ainsi mandaté un groupe d'experts des banques centrales pour évaluer le coût de l'opérationnalisation des institutions nécessaires au lancement de l'eco, notamment pour la future Banque centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCAO). Reste à savoir si ces mesures suffiront à concrétiser ce projet monétaire régional dans les délais impartis.
L’ARTP FIXE UN ULTIMATUM AUX ABONNÉS DES OPÉRATEURS TÉLÉPHONIQUES
Les numéros non identifiés seront restreints à partir du 18 mars 2025 et totalement suspendus à compter du 31 mars 2025.
L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) rappelle à tous les abonnés des opérateurs de téléphonie mobile (Orange, Yas, Expresso, Promobile) que l’identification des numéros de téléphone est une obligation légale.
Les numéros non identifiés seront restreints à partir du 18 mars 2025 et totalement suspendus à compter du 31 mars 2025, annonce l’ARTP.
Dans le cadre de la mise en œuvre d’un plan d’action concerté avec les opérateurs et les autorités compétentes, l’ARTP a annoncé que les abonnés détenant des cartes SIM non correctement identifiées devront régulariser leur situation en fournissant une pièce d’identité valide (Carte nationale d’identité ou Passeport).
L’identification des abonnés s’inscrit dans une démarche de renforcement de la sécurité publique et de protection des consommateurs contre les usages frauduleux des numéros anonymes.
L’ARTP invite ainsi tous les abonnés concernés à se rendre dans les agences et points de vente dédiés de leur opérateur afin d’éviter toute interruption de service.
64 CONCESSIONS DÉTRUITES A KEUR FRANG, D'ENORMES DEGATS MATERIEL NOTES
Un violent incendie s’est déclaré ce mardi 12 mars 2025 dans le village de Keur Frang, situé dans la commune de Saly Escale. Attisé par des vents forts et une chaleur accablante, le feu s’est rapidement propagé
Un violent incendie s’est déclaré ce mardi 12 mars 2025 dans le village de Keur Frang, situé dans la commune de Saly Escale. Attisé par des vents forts et une chaleur accablante, le feu s’est rapidement propagé, ravageant 64 concessions et laissant des dizaines de familles sans abri en pleine période de Ramadan.
Un sinistre d’ampleur aux causes encore inconnues
L’origine exacte de l’incendie n’a pas encore été déterminée, mais les premiers témoignages indiquent que la force du vent a accéléré la propagation des flammes. « Les flammes se sont étendues en un rien de temps, portées par le vent. Malgré tous nos efforts pour éteindre le feu, nous n’avons rien pu faire », confie Malal Kanté, un habitant du village encore sous le choc.
Les villageois, avec l’aide de voisins des localités environnantes, ont tenté d’éteindre le feu avec des moyens rudimentaires, en raison du manque d’eau et de matériel d’extinction. Ce n’est qu’après l’intervention des sapeurs-pompiers de Koungheul que l’incendie a pu être maîtrisé, mais les dégâts étaient déjà considérables.
Des pertes matérielles colossales, mais aucune perte humaine
Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, les conséquences matérielles sont dramatiques. De nombreuses familles ont tout perdu : habitations, récoltes, volailles et biens personnels.
« Nous avons tout perdu. Nos greniers étaient remplis de nos dernières récoltes, mais le feu n’a rien laissé. Nous ne savons pas comment nous allons survivre dans les prochains jours », témoigne un sinistré, le regard perdu face aux décombres de sa maison.
Face à cette catastrophe, les habitants de Keur Frang lancent un appel à l’aide. Besoins alimentaires, vêtements, matériaux de reconstruction : toute assistance est essentielle pour soutenir les familles touchées.
Mobilisation des autorités et appel à la solidarité
L’adjoint au maire de Saly Escale, El Ibra Lom, s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts et exprimer son soutien aux sinistrés au nom du maire Sader Dieng. Il a indiqué attendre un rapport détaillé sur les pertes afin d’organiser une réponse coordonnée aux besoins des victimes.
Dans un élan de solidarité, plusieurs villages voisins se sont déjà mobilisés pour apporter un soutien moral et matériel. Toutefois, les besoins restent immenses et nécessitent une intervention rapide des autorités et des bonnes volontés afin d’apporter une aide d’urgence et d’envisager des solutions durables pour prévenir de telles catastrophes à l’avenir.
LE CANADA ET LE SÉNÉGAL RENFORCENT LEUR COOPÉRATION AÉRIENNE AVEC UN NOUVEL ACCORD ÉLARGI
Le Canada a récemment élargi son accord de transport aérien avec le Sénégal, permettant une meilleure connectivité et de nouvelles opportunités commerciales. Annoncée par la ministre des Transports et du Commerce intérieur, l’honorable Anita Anand...
Le Canada a récemment élargi son accord de transport aérien avec le Sénégal, permettant une meilleure connectivité et de nouvelles opportunités commerciales. Annoncée par la ministre des Transports et du Commerce intérieur, l’honorable Anita Anand, cette expansion offre aux compagnies aériennes des deux pays la possibilité de proposer des vols directs vers toutes les destinations de l’autre pays. Chaque pays pourra également répartir jusqu’à 14 vols passagers et 10 vols cargo chaque semaine.
Cet accord, qui facilite également la flexibilité des vols cargo, s’inscrit dans les efforts du Canada pour stimuler les échanges commerciaux et renforcer les liens avec l’Afrique. La ministre Mary Ng, responsable de la Promotion des exportations, a souligné que cet accord favorisera le tourisme, l’opérabilité des compagnies aériennes et ouvrira de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes.
En 2023, les échanges commerciaux entre le Canada et le Sénégal ont atteint 119,4 millions de dollars, avec un fort potentiel de croissance dans les secteurs minier, agricole, pétrolier et gazier. Ce nouvel accord s’intègre dans la politique “Ciel bleu” du Canada, visant à promouvoir des services aériens durables et compétitifs.
Ce développement marque un progrès significatif dans les relations entre les deux pays, avec des bénéfices pour les entreprises, les voyageurs et les exportateurs.
LE PREMIER MINISTRE OUSMANE SONKO ANNONCE DES MESURES CORRECTIVES DANS LE SECTEUR FONCIER
Lors du Conseil des ministres du 12 mars, le Premier ministre Ousmane Sonko a pris une série de mesures correctives visant à remédier aux abus observés dans la gestion du foncier et du domaine public maritime au Sénégal.
Lors du Conseil des ministres du 12 mars, le Premier ministre Ousmane Sonko a pris une série de mesures correctives visant à remédier aux abus observés dans la gestion du foncier et du domaine public maritime au Sénégal.
Annulation des lotissements illégaux et des attributions irrégulières
Le Premier ministre a ordonné l’annulation des lotissements illégaux de l’EOGEN et de l’EOGEN-Extension, qui étaient implantés sur une zone militaire. Ces décisions interviennent dans un contexte de lutte contre la gestion irrégulière des terres publiques. En parallèle, l’annulation du plan directeur d’urbanisme de la nouvelle ville de Thiès a également été décidée, ainsi que l’annulation des attributions irrégulières de terres concernant plusieurs sites stratégiques, dont :
• Le hangar des pèlerins,
• Les logements d’astreinte de l’ASECNA,
• Le site en face de l’ANACIM,
• Une dizaine de parcelles sur titre privé.
Délocalisation du projet de stade de Ouakam
Le projet de stade de Ouakam, initialement prévu sur le site de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), sera délocalisé vers le site de l’EOGEN 1, afin de préserver l’intégrité de la zone concernée.
Mesures pour protéger le foncier public et rétablir les espaces publics
Le Premier ministre a également annoncé des mesures pour protéger le foncier public. Le rétablissement de l’assiette foncière du tribunal de Guédiawaye (2,8 hectares) a été décidé, accompagné de l’annulation de tous les baux concédés sur ce terrain.
En outre, toutes les attributions sur la zone comprise entre la plage et la route des PUD de Guédiawaye et Malika ont été annulées, tout comme les morcellements autour de la station d’épuration de Guédiawaye.
Suspension des attributions à Diébène Gnadiol
Enfin, le Premier ministre a décidé de suspendre les attributions de parcelles à Diébène Gnadiol, dans la région de Saint-Louis, afin d’éviter toute nouvelle irrégularité dans la gestion du foncier.
Ces mesures témoignent de la volonté du gouvernement de rétablir l’ordre et la transparence dans la gestion des terres publiques et de garantir une meilleure protection des espaces publics et militaires.
MAMADOU NDIAYE JOUE L'AVOCAT DES TIAK TIAK
Mamadou Ndiaye, président du réseau sénégalais des organisations d’usagers des deux-roues, était l’invité de l’émission « Salam Sénégal ». Il a abordé la question de la fin imminente de l’opération d’immatriculation gratuite des motos-taxis ...
Mamadou Ndiaye, président du réseau sénégalais des organisations d’usagers des deux-roues, était l’invité de l’émission « Salam Sénégal ». Il a abordé la question de la fin imminente de l’opération d’immatriculation gratuite des motos-taxis et a plaidé pour un délai supplémentaire de trois mois afin de permettre à tous les conducteurs de régulariser leur situation.
Selon Mamadou Ndiaye, l’opération a connu une meilleure organisation cette année, ce qui a permis d’atteindre près de 90.000 motos-taxis inscrits au niveau national à moins de dix jours de la clôture. Toutefois, il attend les chiffres officiels des autorités pour une évaluation plus précise.
Il a également souligné les difficultés rencontrées par les usagers, notamment les lenteurs administratives. « Le temps perdu lors des légalisations dans les commissariats, où il fallait attendre trois à quatre jours pour une simple formalité, a considérablement ralenti le processus et découragé de nombreux conducteurs », a-t-il déploré.
Un autre point d’inquiétude concerne la récupération des cartes grises et plaques d’immatriculation. Selon le président du réseau, les pièces des motos ont été déposées auprès du service des Mines, mais les conducteurs n’ont reçu aucun document prouvant qu’ils sont en attente de leurs titres définitifs. « Que se passera-t-il si un policier nous arrête ? Va-t-il exiger des documents que nous n’avons pas encore reçus ? », s’interroge Mamadou Ndiaye, appelant le Président de la République et le Premier ministre à se pencher sur cette situation.
Face à ces difficultés, Mamadou Ndiaye demande une prolongation de trois mois pour l’opération d’immatriculation, avec une meilleure organisation administrative. Il appelle notamment les agents des services des Mines à être plus présents sur le terrain pour faciliter l’inscription des jeunes conducteurs et éviter de nouvelles lenteurs.
MENACE D'ARRÊT DE TRAVAIL DES AGENTS DE L'ASECNA À PARTIR DU 12 AVRIL 2025
Les travailleurs sénégalais de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) ont décidé d’observer un mouvement de grève de 24 heures renouvelables à compter du 12 avril 2025.
Les travailleurs sénégalais de l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) ont décidé d’observer un mouvement de grève de 24 heures renouvelables à compter du 12 avril 2025. Cette mobilisation est initiée par les syndicats membres de l’intersyndicale de la Représentation et de la direction générale de l’ASECNA pour exiger une prise en charge immédiate de leurs revendications.
À travers ce mouvement d’arrêt de travail, les employés de l’ASECNA au Sénégal formulent plusieurs demandes essentielles : Le paiement intégral des arriérés de l’ISA ; la mise en place d’un paiement mensuel régulier de cette indemnité ; l’intégration des augmentations liées à l’ISA dans les versements ; le renforcement des effectifs, notamment des contrôleurs de la circulation aérienne, face au sous-effectif actuel qui impacte la qualité des services.
Durant la grève, tous les travailleurs sénégalais de l’ASECNA, tous corps de métiers confondus, cesseront leurs activités au sein de la Représentation et de la direction générale. Toutefois, afin d’assurer un service minimum et de respecter les obligations régaliennes, certains vols bénéficieront d’une continuité de service : Vols des chefs d’État et de gouvernement ; vols militaires ; évacuations sanitaires ; vols humanitaires ; opérations de recherche et de sauvetage.
Les syndicats de l’ASECNA se disent ouverts à toute discussion avec les autorités compétentes afin de trouver un terrain d’entente. Ils appellent les responsables à prendre en compte leurs revendications dans les plus brefs délais pour éviter un prolongement du mouvement qui pourrait impacter la navigation aérienne dans la sous-région.
LA POSTURE CHANGEANTE DE PASTEF SUR L'AMNISTIE
Alors que Sonko promettait l'abrogation comme "première décision" après les législatives, son parti propose désormais une simple "interprétation" du texte. Cette reculade suscite des interrogations profondes sur les motivations réelles du pouvoir
L’attitude du Pastef sur la loi d’amnistie laisse apparaître des équivoques. D’une promesse électorale d’abroger cette loi adoptée dans une séance plénière houleuse marquée par un contexte préélectoral lourd, le parti au pouvoir semble reculer. Il a décidé, en lieu et place, d’introduire une loi interprétative. Une attitude qui nourrit des soupçons sur le rôle du pouvoir actuel dans les émeutes politiques qui ont frappé le Sénégal entre mars 2021 et février 2024.
Cela fait un an qu’elle a été votée. La loi d’amnistie va retourner à l’Assemblée nationale. Mais, cette fois-ci, il s’agira de revoir certaines dispositions de la loi d’amnistie. Et à l’initiative, le groupe de la majorité présidentielle. En effet, le député Amadou Ba, membre du Pastef, a déposé, fin février, une loi portant interprétation de la loi d’amnistie. Le président de la République qui a été saisi du dépôt de cette proposition a exprimé un avis favorable. Ainsi, moins de trois semaines après son dépôt, la proposition d’Amadou Ba va atterrir en séance plénière, le 2 avril prochain, en vue de son adoption.
Toutefois, il faut dire que cette loi interprétative de l’amnistie sonne comme une reculade du pouvoir en place. Car, lors de la campagne pour les Législatives, Ousmane Sonko, tête de liste du Pastef, avait promis l’abrogation de la loi d’amnistie. «Après avoir conquis une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, l’abrogation de la loi d’amnistie fera partie des premières décisions», avait promis, à Ziguinchor, le président du Pastef, par ailleurs Premier ministre. «Ces victimes ne peuvent pas être oubliées», avait averti Ousmane Sonko. Mais à l’issue des élections législatives remportées largement par son camp politique avec 130 députés, le Pastef semble abandonner cette idée. En lieu et place d’une abrogation de la loi d’amnistie, le régime a opté pour une révision partielle de l’amnistie. «Il sera proposé à votre auguste Assemblée, dans les semaines à venir, un projet de loi rapportant la loi d'amnistie votée le 6 mars 2024 par la précédente législature», avait indiqué, en décembre 2024, Ousmane Sonko lors de sa déclaration de politique générale devant les députés. Face à la pression, le Pastef a décidé, par le biais d’un de ses députés, de soumettre une loi interprétative de la loi l’amnistie. Selon lui, elle ne vise ni à abroger totalement ni partiellement la loi d’amnistie. «Elle se borne juste à préciser le sens et la portée de la loi d’amnistie. Cette loi ne vient pas rajouter quoi que ce soit. Elle vient préciser le champ d’application de l’amnistie. Il a fallu préciser que la loi ne couvre que les faits et infractions qualifiés de délits ou de crimes ayant une motivation purement politique. Il a aussi fallu préciser que l’amnistie ouvrait droit à la réparation à toutes les victimes», a expliqué Amadou Ba l’auteur de la proposition de loi interprétative à l’Agence de presse sénégalaise.
Toutefois, la proposition de loi portant interprétation de l’amnistie fait grincer des dents. Car elle s’apparente à une volonté du pouvoir d’extirper les faits ayant des motivations politiques du champ d’application de l’amnistie. Car, dans l’article premier de la proposition, il est indiqué que les faits se rapportant aux manifestations politiques ne sont compris dans le champ de loi que s’ils ont une motivation exclusivement politique.
L’article 3 de la loi d’amnistie de 2024 qui stipulait que «L’amnistie ne préjudicie pas aux droits des tiers» va faire l’objet d’un rajout. Dans la proposition de loi, le député Amadou Ba ouvre la réparation des droits à toutes les victimes des manifestations. Cette réécriture soulève des questions sur le rôle supposé de certains cadors du Pastef dans les troubles politiques qui ont eu lieu au Sénégal entre mars 2021 et février 2024. D’autant que, dans une vidéo devenue virale sur la toile, un jeune tik tokeur, proche du Pastef, a révélé avoir reçu un financement de l’ancien basketteur international sénégalais, Khoureychi Thiam, actuel administrateur du FAISE, pour l’organisation de manifestations. L’on se rappelle la sortie très maladroite du ministre de la microfinance, en décembre 2024. «J’ai été le seul responsable à avoir été sur le terrain pour brûler des pneus», avait déclaré, Alioune Badara Dione sur la 2STv.
Par conséquent, cette proposition semble cacher des desseins inavoués du régime d’extirper certains de ses responsables qui ont été arrêtés pour des actions subversives. D’autant qu’il faut rappeler que plusieurs personnes ont été arrêtées dans le cadre des manifestations avant d’être libérées grâce à l’amnistie. D’ailleurs, les nouvelles autorités ont été élargies de la prison grâce à la loi d’amnistie votée en mars. Il faut en outre souligner que cette proposition intervient suite à la décision du pouvoir en place de dégager 5 milliards de Fcfa en guise d’indemnité accordé aux victimes des manifestations politiques entre mars 2021 et février 2024.
Par Ibou FALL
PASTEF LANCE SA LESSIVEUSE ET SON ROULEAU COMPRESSEUR
Non seulement Macky continue d’être invité aux grandes rencontres du monde civilisé, genre le G20, devant lequel il plaide la cause du continent, mais c’est le gouvernement sénégalais qui voit les bailleurs de fonds prendre le large
Divine surprise : Mansour Faye, le frère de notre « Darling Kôr » internationale, ne peut plus voyager comme n’importe quel honnête citoyen du monde… C’est à l’aéroport qu’il apprend la mauvaise nouvelle, alors qu’il s’apprête à aller déposer son sac de p’tits péchés à La Mecque en plein Ramadan.
Il n’est pas le premier, ni le seul : c’est dans l’air du temps. Avant cet incident mineur qui coûte quand même à Marième Faye Sall une sortie exaspérée, il y a des précédents plus choquants qui ne les font pourtant pas sortir de leur réserve. Par exemple, l’embastillement, entre autres, de Moustapha Diakhaté pour délit d’opinion, ou de Lat Diop, soupçonné de prévarications.
Et puis, surtout, Farba Ngom, la figure la plus emblématique de l’Apr sans doute hormis Macky Sall dont il est le griot, actuellement en détention provisoire, ce n’est pas anodin. Mettre hors d’état de nuire le dépositaire d’une grande part du «titre foncier» de l’Apr, cet «opposant milliardaire» capable de financer la résistance des nouveaux pauvres, sans aucun doute, est un impératif catégorique dans la perspective des prochaines joutes électorales. Le manitou de Pastef, Ousmane Sonko, en pleine campagne lors des Législatives de novembre 2024, ne cherche pas ses mots : Farba Ngom vit ses dernières élections comme candidat… Des esprits chagrins relèvent alors que le pittoresque feudataire des Agnam, avant même l’acte d’accusation qui l’attend, est déjà condamné.
Certes, la machine à broyer Pastef, si ça ne tient qu’à elle, commencera par le commencement : faire de Macky Sall du hachis menu politique en l’envoyant en prison avec de lourdes accusations de crimes de sang et détournements de deniers publics ; en résumé, de haute trahison.
Hélas, l’impétrant a la bonne idée de s’exiler dès qu’il remet les clefs de la bicoque de l’avenue Senghor à son successeur. Bien sûr, ils se quittent en de bons termes : devant les caméras, Macky Sall reçoit les duettistes de «Sonko môy Diomaye» avec le sourire et des accolades avant la passation du témoin.
Il y a mieux, et c’est l’ancien chef de cabinet du président de la République, Pape Mada Ndour, récemment limogé, qui vend la mèche sur un plateau de télévision : ils le rencontrent auparavant en petit comité à son domicile de Mermoz, nuitamment, pour se faire des mamours… A quel point Macky Sall se compromet pour que le duo de choc de Pastef prenne le pouvoir au détriment de son candidat officiel ? Ça ne finit pas de fuiter et il viendra bien, forcément, le jour où il sera loisible d’en faire une comptabilité exacte. Pour l’heure, la machine à propagande Pastef, qui revient progressivement à ses fondamentaux, se contente de lui raboter comme elle peut sa réputation à l’international…
Ce sont d’abord les déclarations du chef du gouvernement qui font le tour du monde au point de glacer le sang des traditionnels partenaires financiers du Sénégal : le régime sortant est un gang de faussaires capables de mener en bateau les institutions financières les plus pointues au monde.
Problème : non seulement Macky Sall continue d’être invité aux grandes rencontres du monde civilisé, genre le G20, devant lequel il plaide la cause du continent africain mais, saperlipopette, c’est le gouvernement sénégalais qui voit les bailleurs de fonds prendre le large pendant que les agences de notation internationales le dégradent.
Le constat de l’état des lieux refile la déprime à l’opinion : ces bons messieurs que plébiscitent 54% des électeurs trouvent un pays en ruines, avec une Administration surpeuplée, une dette qui crève les plafonds, un dépeçage foncier scandaleux, des privilégiés aux fortunes suspectes…
La lessiveuse se met en branle pour nettoyer tout ça : ça limoge des salariés pour, entre autres, délit de sale gueule ; ça stoppe des chantiers pharaoniques ; ça affecte au diable vauvert les fonctionnaires et les militaires zélés de l’administration précédente ; ça traque les médias corrompus ; ça dissout les institutions trop peureuses pour être honnêtes et ça jette en prison des Sénégalais dont le bonheur manifeste est louche…
Le Sénégal sous «Sonko môy Diomaye» n’est pas celui de Macky Sall : la preuve, les militaires français sont priés de rendre les clés de leurs appartements et rentrer chez eux, paquetage sur le dos. Ils ne seront que cent soixante-deux Sénégalais à sortir leurs mouchoirs, malgré le milliard de francs Cfa annoncé en consolation de ce qui manifestement n’est qu’un au revoir…
Les états-majors sont déjà en train de discuter de la future collaboration militaire entre la France et le Sénégal alors qu’à la frontière avec le Mali, près de Kayes, ça commence à sentir le djihadisme exalté. A mon sens, le souverainisme sénégalais ne va pas longtemps se passer de l’aide étrangère pour garder intacte l’intégrité de son territoire à partir de l’Est.
Le Port de Dakar, on en parle ? L’Agence nationale des statistiques et de la démographie a le mauvais goût de publier des chiffres qui annoncent que l’activité portuaire se retrousse de 17%, ce que relaie quelque torchon qui se fait appeler média. Bien entendu, l’ombrageux Directeur général, Waly Diouf Bodian, monte naturellement sur ses grands chevaux pour rétablir sa vérité : le port se porte comme un charme, mieux que les journaux diffamateurs auxquels il ne sera plus accordé le plus petit fifrelin de subvention.
La preuve que tout va bien chez Monsieur le Marquis du Port, ça trouve même assez de temps entre le décompte de ses recettes excédentaires et quelques limogeages bien pensés, pour poster ses commentaires au vitriol sur l’actualité…
Et défense de ricaner !
LES ICS DÉMENTENT LES ALLÉGATIONS DE LICENCIEMENT ABUSIF
Les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) ont réagi aux accusations de licenciement abusif visant une centaine de chauffeurs. L’entreprise précise qu’aucun de ces travailleurs n’était sous contrat avec elle.
Les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) ont réagi aux informations récemment relayées faisant état du licenciement abusif d’une centaine de chauffeurs. Dans un communiqué officiel, l’entreprise affirme qu’aucun de ces travailleurs n’était sous contrat avec elle, expliquant qu’ils étaient employés par un prestataire externe. Les ICS rejettent ainsi toute responsabilité dans cette affaire et s’indignent face à ce qu’elles considèrent comme une tentative de nuire à leur image.
L’entreprise rappelle que son principal mode de transport repose historiquement sur le fret ferroviaire, qui représentait 90 % de ses services avant l’arrêt de la concomitance pour cause de projet du Train Express Régional (TER). La reprise progressive de cette activité est en cours depuis octobre 2024, ce qui devrait réduire la part du transport routier temporairement adopté depuis 2018.
Par ailleurs, les ICS réaffirment leur engagement en faveur de l’emploi au Sénégal, en rappelant qu’elles comptent près de 5 000 emplois directs, faisant d’elles l’un des plus importants employeurs du pays. En outre, l’entreprise collabore avec plus de 627 fournisseurs locaux, contribuant ainsi à l’économie nationale.
Les ICS insistent sur leur attachement au dialogue social et réprouvent les actes de désinformation visant leurs activités. Elles condamnent également les actions malveillantes contre leurs installations industrielles, qu’elles considèrent comme une menace sérieuse pour la sécurité des populations, des employés et des prestataires.