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3 avril 2025
Société
PLUS DE 2 MILLIARDS DE FRANCS CFA EN BILLETS NOIRS SAISIS PAR LES DOUANES SÉNÉGALAISES
Dans le cadre de la lutte contre le faux monnayage, les Douanes sénégalaises ont mené des opérations conjointes qui ont abouti à la saisie de billets noirs d’une contrevaleur de plus de 2 milliards 284 millions de francs CFA
Dans le cadre de la lutte contre le faux monnayage, les Douanes sénégalaises ont mené des opérations conjointes qui ont abouti à la saisie de billets noirs d’une contrevaleur de plus de 2 milliards 284 millions de francs CFA. Ces interventions ont été réalisées par les subdivisions des Douanes de Dakar-Extérieur et de Louga, avec l’appui de la Direction régionale des Douanes Ouest et Nord.
Les opérations ont été déclenchées le 28 février 2025, à la suite d’un renseignement signalant des activités suspectes de fabrication et de lavage de billets noirs dans la zone périurbaine de Dakar.
C’est ainsi que la Brigade mobile n° 2, relevant de la subdivision des Douanes de Dakar-Extérieur, est passée à l’action en suivant de près les membres du réseau ciblé. Le même jour, un premier individu a été appréhendé à Mbao en possession de 4 300 billets noirs, représentant une contrevaleur de plus de 282 millions de francs CFA.
L’enquête s’est poursuivie et, le 2 mars, deux autres individus ont été arrêtés à Gandigal avec des billets noirs d’une valeur estimée à plus de 1 milliard 967 millions de francs CFA.
Dans la même dynamique, une intervention de la Brigade mobile des Douanes de Louga a permis d’intercepter un dernier suspect dans une maison située à Louga. Ce dernier détenait 549 coupures de billets de cent dollars, déjà lavés, d’une contrevaleur de plus de 34 millions de francs CFA.
Les quatre individus interpellés ont été remis au Parquet financier pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin d’identifier d’éventuelles complicités et ramifications du réseau.
L’Administration des Douanes a réaffirmé sa volonté de lutter activement contre la criminalité économique et financière, en particulier le faux monnayage, qui constitue une menace pour la stabilité financière et économique du pays.
Par Fatou Warkha SAMBE
L’ILLUSION D’UN PRIVILÈGE
Ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent que peu importe leur fonction ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail
Au début de chaque Ramadan, nos pratiques basées sur nos réalités socioculturelles mettent en lumière les dynamiques de genre profondément ancrées dans notre société. Si cette période est un moment de recueillement, de partage et de solidarité, elle révèle aussi une répartition inégale des responsabilités domestiques, qui ne cesse d’être renforcée par des décisions institutionnelles. Derrière les discours de bienveillance qui justifient certaines mesures, la réalité est bien plus pernicieuse : ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent, avec insistance, que peu importe leur fonction, leur statut ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail.
Le choix de réorganiser les horaires de travail dans certaines entreprises, publiques comme privées, telles que le Port autonome de Dakar et La Poste, pour ne citer que ceux-là, autorisant les femmes à quitter le travail plus tôt que les hommes pour préparer le «ndogou», illustrent à quel point ces inégalités sont institutionnalisées.
Peu importe depuis quand ces mesures sont reconduites ou si elles ont été formulées à la demande des femmes, elles ne font que réaffirmer une perception genrée du rôle des femmes dans la société : celle du foyer, de la cuisine et du travail invisible.
Ces mesures posent problème car elles supposent que la charge domestique revient naturellement aux femmes, comme si leur travail professionnel devait toujours s’adapter à cette responsabilité. En libérant uniquement les femmes, ces institutions valident une répartition inégale des tâches et renforcent l’idée que leur rôle premier est de nourrir et de servir. Peu importe leur grade ou leurs responsabilités : aux yeux de ces décisions, préparer le «ndogou» est plus essentiel que tout autre travail.
Certaines personnes disent que ces décisions ne sont que la réponse à une demande des femmes elles-mêmes. Mais cette demande n’est elle pas le reflet d’un problème plus profond ? Si les femmes demandent à partir plus tôt, c’est parce qu’elles sont enfermées dans un schéma où la gestion du foyer repose exclusivement sur elles. Ce n’est pas un choix, mais une contrainte sociale normalisée. Elles savent que si elles ne préparent pas le «ndogou», personne d’autre ne le fera à leur place. Cette demande ne témoigne donc pas d’un besoin d’aménagement, mais d’une répartition inégalitaire du travail domestique qui reste un fardeau invisible.
Celles qui rient aujourd’hui, pensant profiter d’un «privilège», oublient que chaque concession faite au nom du «rôle naturel de la femme» renforce une assignation à des tâches qu’elles n’ont jamais choisies. Elles confondent soumission et confort, acceptant que leur disponibilité pour le foyer soit un critère de respectabilité sociale. Ce sont ces mêmes normes qui, demain, leur reprocheront d’avoir sacrifié leur carrière, qui les rendront coupables de ne pas «assez» se consacrer à leur famille, ou qui feront d’elles des employées moins considérées parce qu’on leur suppose des «obligations domestiques prioritaires».
Le problème n’est pas de descendre plus tôt, mais ce que cela signifie : un système qui ne laisse pas d’autres choix aux femmes que d’endosser des responsabilités que les hommes, eux, peuvent se permettre d’ignorer. Ces mesures contribuent à renforcer une inégalité professionnelle structurelle. A long terme, elles alimentent la perception selon laquelle les femmes sont moins disponibles pour des postes à responsabilités, ce qui justifie leur exclusion progressive des espaces de décision. Cette discrimination indirecte s’ajoute aux nombreux obstacles qui freinent déjà leur progression dans le monde du travail, notamment les écarts salariaux, les préjugés sur leur capacité à gérer des charges élevées et la surcharge des tâches domestiques.
Plutôt que d’interroger les déséquilibres dans la gestion des tâches au sein des foyers, ces institutions préfèrent renforcer la norme patriarcale selon laquelle les femmes doivent jongler entre emploi et responsabilités domestiques, pendant que les hommes restent entièrement déchargés de ces obligations.
Cette normalisation ne remet jamais en question l’absence des hommes dans ces responsabilités. Pourquoi ces mesures ne concernentelles pas aussi les hommes ? Pourquoi ne pas envisager une flexibilité qui permette à tous les travailleurs, sans distinction de sexe, de s’organiser en fonction de leurs responsabilités familiales ? En limitant cette mesure aux femmes, ces institutions entérinent l’idée que les hommes ne sont pas concernés par le travail domestique et que le seul rôle des femmes, audelà de leur fonction professionnelle, est d’assurer le bien-être du foyer. Pire encore, en institutionnalisant cette norme sexiste, elles rendent toute remise en question de la répartition des tâches encore plus difficile.
Comparer cette mesure au congé de maternité est une tentative absurde de détourner le débat. Le congé de maternité est une mesure de protection médicale et physiologique nécessaire après un accouchement, qui vise à assurer la santé de la mère et du nouveau-né. Il ne repose pas sur un rôle socialement imposé, mais sur un besoin biologique indiscutable. A l’inverse, descendre plus tôt pour cuisiner ne répond à aucun impératif biologique, mais découle d’une norme sociale imposée par le patriarcat, qui assigne les femmes au travail domestique et au soin des autres.
Assimiler ces deux réalités revient à confondre une nécessité médicale avec une injonction sexiste. Le congé de maternité n’est pas un privilège, mais une protection. En revanche, libérer les femmes plus tôt pour préparer le «ndogou» revient à officialiser leur rôle de cheffes de la cuisine, perpétuant ainsi une inégalité structurelle. De plus, cette comparaison masque un problème fondamental : si le congé de maternité existe pour protéger les femmes, où sont les mesures équivalentes pour alléger la charge domestique qu’elles portent en permanence, y compris au travail ?
Dans un pays où l’égalité des sexes est un principe constitutionnel, ces mesures sont une contradiction flagrante. L’article 1er de la Constitution sénégalaise affirme que «la République du Sénégal garantit l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion». De plus, l’article 25-1 précisait que «les hommes et les femmes ont les mêmes droits en matière d’emploi et de travail». Dès lors, toute mesure qui assigne un rôle spécifique aux femmes dans la sphère domestique, en les différenciant des hommes dans l’organisation du travail, constitue une violation directe de ces principes fondamentaux. Le milieu du travail doit être neutre, équitable et inclusif, et non renforcer les stéréotypes en dictant des pratiques basées sur des rôles genrés archaïques. En instaurant des horaires de travail différenciés selon le sexe, ces décisions institutionnalisaient une inégalité structurelle qui allait à l’encontre des engagements du Sénégal en matière de droits humains et d’égalité des sexes.
Ces décisions ne passaient pas seulement inaperçues aux yeux de certains, elles étaient même défendues par ceux et celles qui voyaient dans ces mesures une faveur à apprécier plutôt qu’une inégalité à dénoncer. Pourtant, revendiquer une égalité réelle ne signifie pas vouloir effacer les spécificités individuelles ou les besoins réels des travailleurs et travailleuses, mais bien remettre en question les injustices systémiques qui perpétuent l’oppression des femmes. Les féministes ne demandaient pas que le Ramadan soit plus difficile pour elles, mais que les responsabilités du foyer soient équitablement partagées.
LE DIRECTEUR GENERAL DU BUDGET N’EST PLUS
Le Directeur général du Budget, Abdou Diouf, est décédé vendredi soir, à Dakar, à la suite d’un malaise. Il s’est éteint à l’âge de 46 ans, laissant derrière lui un parcours exemplaire au service de l’État et de l’Administration publique.
Le Directeur général du Budget, Abdou Diouf, est décédé vendredi soir, à Dakar, à la suite d’un malaise. Il s’est éteint à l’âge de 46 ans, laissant derrière lui un parcours exemplaire au service de l’État et de l’Administration publique.
Haut fonctionnaire émérite, Abdou Diouf s’est distingué par son engagement indéfectible et son expertise reconnue dans le domaine des finances publiques. Son parcours illustre une carrière marquée parla rigueur, la compétence et un profond dévouement à la gestion des ressources de l’État.
Il a notamment exercé au sein de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), à Ouagadougou, où il a contribué activement à l’élaboration des politiques budgétaires et aux travaux d’intégration économique à l’échelle sous régionale. En sa qualité de chef de la Division chargée des Etudes économiques et des Statistiques à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, il a joué un rôle central dans l’analyse et l’évaluation des finances publiques. Fort de son expertise, il a ensuite été nommé coordonnateur de la Direction générale du Budget, avant d’être appelé, en janvier dernier, à en prendre officiellement la tête.
La disparition prématurée de Abdou Diouf constitue une perte inestimable pour l’administration financière du pays. Le ministère des Finances et du Budget tient à honorer la mémoire d’un homme dont l’intégrité, la compétence et le sens du devoir ont marqué ses collaborateurs ainsi que l’ensemble de la fonction publique.
Dans un hommage appuyé, le ministère souligne : «M. Diouf a consacré sa carrière au service de l’État avec intégrité, compétence et un profond sens du devoir. Homme d’une loyauté exemplaire et d’une grande générosité, animé d’un patriotisme sans faille, il a toujours placé l’intérêt général au cœur de son action.»
Inspecteur principal du Trésor, M. Diouf a été nommé Directeur général du Budget le 22 janvier 2025. Auparavant, il occupait le poste de coordonnateur de cette même Direction, fonctions qu’il a exercées avec un dévouement sans faille et un professionnalisme exemplaire. Son engagement, son sens du service public et sa vision éclairée des finances publiques laisseront une empreinte indélébile dans le paysage budgétaire et économique national.
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POUR QUE NOS LANGUES NE MEURENT JAMAIS
À contre-courant d'une édition dominée par le français, Ndeye Codou Fall Diop fait le choix des langues nationales. Son parcours, d'EJO Editions à la vice-présidence de Fonk Sunuy Làmmiñ, témoigne d'un engagement total
Dans un entretien accordé récemment à Amani TV, Ndeye Codou Fall Diop, directrice d'EJO Editions et vice-présidente de l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, partage sa vision pour la promotion des langues nationales au Sénégal et détaille son parcours atypique qui l'a déterminé à devenir une figure incontournable de l'édition en langues locales.
Titulaire d'un baccalauréat littéraire et ayant débuté des études de philosophie à l'université, Mme Diop raconte comment son questionnement sur sa propre langue maternelle s'est développé au fil de son parcours. "J'ai découvert le potentiel de ma langue maternelle et j'ai découvert également que la langue est un vecteur de culture et également vecteur identitaire", explique-t-elle.
La maison d'édition qu'elle dirige, EJO Editions, fondée par l'écrivain Boubacar Boris Diop, est spécialisée exclusivement dans la publication d'ouvrages en langues nationales. Un choix qui ne va pas sans difficultés, notamment financières. "Nous travaillons sur fonds propres", précise-t-elle, tout en mentionnant quelques soutiens occasionnels comme celui du Fonds d'aide à l'édition de la Direction du livre.
Malgré ces contraintes, son engagement reste total : "On ne crée pas une maison d'édition pour attendre de l'aide. On crée une maison d'édition parce qu'on a envie de le faire", affirme-t-elle. Une philosophie qui reflète sa vision de l'édition comme un acte militant plus qu'une entreprise commerciale.
Pour Ndeye Codou Fall Diop, chaque livre publié en langue nationale représente une victoire et un héritage pour les générations futures : "Les paroles s'envolent et les écrits restent. Demain, quand on parlera de l'histoire culturelle et littéraire du Sénégal, on parlera également d'EJO et de LuDef Wou."
Le message central de cette prof de Wolo au Cesti est clair : un pays ne peut se développer en marginalisant la majorité de sa population. "Dans un pays où ceux qui comprennent et parlent les langues étrangères représentent peut-être 20 % de la population, je crois que tout ce que nous devons faire doit tourner autour des langues nationales", insiste-t-elle.
Cette conviction l'a également amenée à cofonder l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, qui propose des cours gratuits d'alphabétisation en wolof, pulaar et serer. "Les cours sont gratuits, en présentiel et en ligne, et les gens peuvent s'inscrire et participer", précise-t-elle, soulignant l'engagement bénévole des membres de l'association.
Au-delà de l'alphabétisation, l'association organise également des événements culturels comme "Taataan" pour présenter des ouvrages en langues nationales et rendre hommage aux pionniers du domaine.
Interrogée sur la place des femmes dans le monde littéraire, Ndeye Codou Fall Diop est catégorique : "les femmes doivent s'exprimer parce que, comme on dit, elles sont mieux placées pour parler de leurs propres problèmes." Elle explique que les préoccupations et les perspectives féminines apportent une dimension essentielle à la littérature.
Pour encourager davantage les femmes à prendre la plume, elle recommande de "soutenir des événements comme 'Miss littérature' organisé par Salamata Ousman Diallo ou 'Le salon du livre féminin d'Amina Seck". Par ailleurs, elle suggère que l'on puisse mettre en place des ateliers d'écriture et aider les femmes à publier leurs ouvrages.
par Youssoupha Mbargane Guissé
ETHNICISME NEEDO KO BANDAM, VIOLENCES ET PRÉDATION SOUS MACKY SALL
EXCLUSIF SENEPLUS - En instrumentalisant les liens ethniques et communautaires traditionnellement facteurs de cohésion, le précédent pouvoir a établi un réseau clientéliste permettant le contrôle total de l'appareil d'État
Toute analyse faite, la particularité du système Macky Sall a été une gouvernance mue par l’ignorance, la cupidité et la peur. L’ignorance a développé l’esprit de soumission à l’impérialisme et le mépris des siens, le peuple sénégalais. La cupidité a nourri la prédation inouïe des biens et des ressources et aussi entretenu la peur de tout perdre. Cet état de fragilité psychologique a imprégné toute sa gouvernance orientée vers un seul but, celui de perpétuer cette prédation par le moyen déclaré de « réduire l’opposition à sa plus simple expression » ! Cette conception de la « réduction » est celle de la « négation », de « l’élimination » de l’adversaire politique perçu comme une menace. Une telle conception animée par la crainte de l’adversité se traduit nécessairement sur le terrain politique par le recours à la violence répressive et aux pratiques corruptrices. C’est dans cette direction que le président Macky Sall a cherché sa légitimé et sa cohérence en référence au Needo Ko Bandam, un trait culturel du Bien vivre ensemble, commun aux sociétés apparentées de cette partie de l’Afrique de l’Ouest appelée Sénégambie. Cette valeur d’appartenance identitaire est ici travestie dans un nouveau contexte comme facteur culturel de structuration de son groupe politique. L’objectif est dès le départ pour cette minorité d’accaparer l’appareil d’Etat et d’exercer son contrôle total sur le pays.
Le Needo ko Bandum. Une tradition de Téranga
Le Needo ko Bandum signifie en Pular, « l’homme, c’est sa parenté ». Autrement dit, seule l’appartenance à la même communauté ethnique, parlant la même langue définit l’individu. Cette parenté communautaire est primordiale car elle établit un lien sacré de solidarité entre tous ses membres. Ce lien de dépendance personnelle de l’individu à l’égard des membres de sa famille, de son ethnie et de sa communauté est tout à fait naturel et a constitué la base sociale et affective de la cohésion sociale des communautés africaines dans la longue histoire. La préservation des liens sacrés de cette parenté s’est faite par la gestion des inégalités à travers de puissants et subtils mécanismes de domestication de la violence. La culture de la paix (jàmm) s’est ainsi maintenue depuis des siècles à travers les générations dans la vie des différentes communautés en présence. Ainsi la Téranga (l’hospitalité) et le (Kal) le cousinage à plaisanterie, sont devenus à travers les âges, un patrimoine collectif précieux, un trait essentiel commun de civilisation à ces communautés diverses et apparentées. La sociabilité musulmane sufi des confréries a fortement renforcé cette culture traditionnelle d’unité, de cohésion sociale et de culture de la paix, lorsque à partir du 19é siècle, les confréries ont assuré la réorganisation des sociétés défaites militairement et ont porté l’élan puissant de leur renouveau.
Un montage dans l’imaginaire
La volonté de contrôle total sur le pouvoir d’Etat s’est appuyée sur l’appartenance du groupe dirigeant à la même communauté de langue et de culture qui dans le passé, aurait une suprématie sur les autres. Naturellement, il faut pour cela une terre d’origine ancestrale fondatrice de la légitimation de ce pouvoir, un territoire, un village de naissance. Cet ancrage dans l’espace et le temps conjugués donne un caractère sacré au pouvoir en place. Celui-ci est alors frappé du sceau de l’intemporel et devient par nature un pouvoir fort, non contestable, celui du Roi, Buur Guede ! On assiste ainsi à un reclassement politique des rapports de forces par leur transfert à un niveau purement symbolique, mais avantageux. Il s’effectue un effet de surimposition à la suite duquel le pouvoir d’Etat républicain porte en même temps la figure du royaume imaginaire construit par le Griot. Deux périodes historiques forts éloignées dans le temps et complètement différentes, sont recomposées en une même séquence présente, assurant au clan du président Sall, noyau dirigeant de l’APR, la légitimité historique de sa domination politique sur le pays.
L’instrument politique d’un groupe
Ce mélange implicite et diffus d’émotions et de croyances rétrogrades repose sur une perception floue de l’histoire, un fantasme sur sa propre identité de groupe. Une telle falsification a pour fonction de renforcer l’unité d’appartenance du groupe dirigeant et la légitimité de sa position hégémonique au sein de l’Etat. Cette opération mystificatrice est en même temps une dangereuse auto-aliénation du groupe lui-même et a sa propre décadence inévitable. Elle a en effet enfoncé davantage le pouvoir dans l’aveuglement politique et dans une logique implacable de répression massive des mouvements de contestation. Ainsi une gouvernance prise dans les flux des émotions, pulsions et des présupposés idéologiques, a entrainé la détérioration des fondements institutionnels, juridiques et moraux de la République. Elle a rejeté alors la transparence et les dispositifs consensuels et démocratiques garantis par la Constitution du Sénégal. Pour rester au pouvoir coûte que coûte, le président Macky Sall a encouragé les pratiques de manipulation dont l’ethnicisme Al Pular, au risque de la dislocation du pays. L’ethnicisme Needo Ko Bandam est donc ce lien d’appartenance culturel et linguistique utilisé sciemment pour assoir un clientélisme politique de privilèges et de corruption multiforme. En l’introduisant de manière diffuse et confuse dans la sphère dirigeante de l’Etat, le président Macky Sall et son clan l’on utilisé comme instrument d’efficacité politique, d’organisation et de déploiement opérationnel de l’APR.
Le binôme Macky-Farba
Cette démarche ethniciste dans les rapports politiques a permis de justifier la concentration extrême du pouvoir aux mains d’un groupe restreint. Ce dernier s’est donné la légitimité d’occuper la haute direction politique du pays afin de s’enrichir et de jouir abondamment des biens et privilèges. Le cas du griot Farba Ngom est très illustratif de cette fabrique de parvenus dont l’APR a été le foyer.
En effet, Farba Ngom a été au cœur de la stratégie, de l’organisation du modèle ethniciste qu’il incarnait lui-même de manière ouverte. Parti de rien de son village natal pour immigrer à Dakar où il a exercé plusieurs petits métiers, il est parvenu à être l’ami et le griot attitré du président Macky Sall et un des principaux animateurs de son parti, l’APR. Personnage très influent, il est devenu très rapidement un puissant homme d’affaires multimilliardaire et ne s’en cachait pas. Ami écouté, griot et bras droit du président, il jouait un rôle clé dans la configuration de la gestion politique ethniciste et politico-affairiste de l'Etat. Une des particularités de ce mode de gouvernance est le binôme formé par le président Macky Sall à la tête de l’Etat, gérant la haute politique et son griot animateur, gérant sur le terrain les réseaux affairistes. Autour de ce binôme tournaient en connexion différents cercles de soutien et de service : les alliés complices de Benno Bok Yakaar, certains responsables de la haute administration, des finances et du contrôle territorial, des marabouts et des griots influents, des commerçants importateurs, des quotataires, des gens du business privé, de nombreux courtisans, des journalistes et hommes de main à solde. Une telle structuration de gouvernance politique et de compromission affairiste et clientéliste a permis leur hégémonie chaotique sur le pays pendant douze ans. En effet, le président Macky Sall s’est appuyé sur les moyens de l’Etat pour exercer un acharnement sur le Pastef, son leader, ses cadres, sur la jeunesse et les populations, exerçant violences psychologique et morale, manipulations judiciaires, procès arbitraires, emprisonnements, tortures et tueries de manifestants. Tout cela dans une ambiance d’arrogance de certains membres du « cercle Al Pular » envers les opposants.
Le cercle Al Pular
En effet, pour assurer l’hégémonie politique du groupe dirigeant, le président Macky Sall a mis en place un dispositif institutionnel de nominations aux postes stratégiques de l’Etat. Ce maillage administratif assurait un contrôle politique stratégique à caractère ethnique Al Pular au cœur même de la gouvernance de l’Etat. C’est ainsi que de nombreux postes de décision, de contrôle et de sécurité au plus haut niveau de l’Etat ont été confiés à des responsables de l’APR originaires du Fuuta ou d’appartenance Al Pular. Ce mode d’organisation clanique reposait au plan économique sur la cooptation et la promotion d’éléments incompétents, mais rusés et efficaces dans le fonctionnement des réseaux affairistes d’enrichissement facile et rapide. L’économie du pays était ainsi sous l’emprise de trois catégories constituées par : - l’attelage d’hommes d’affaires milliardaires, industriels, chefs d’entreprises, banquiers, en particulier du régime libéral précédant, - des hauts fonctionnaires corrompus de l’administration bureaucratique classique en place depuis le président Senghor, et - des gens de la débrouillardise, issus des milieux précaires et des trafics illicites de tout genre qui ont prospéré à la faveur d’une économie mondiale de réseaux financiers et de trafics de tout genre. De cet ensemble composite, certains ont été promus et se sont retrouvés en connexion dans les instantes influentes de l’APR, sous la Direction du président Sall et de son griot Farba Ngom.
L’appareil APR
L’Alliance pour la République, APR garantissait - l’efficacité des pratiques de contrôle absolu du chef sur les membres du clan, -l’enrichissement scandaleux de ces derniers et la garantie de leur impunité, - la corruption organisée de tous les segments des élites du pays, - l’encadrement de la violence répressive sur l’opposition et les manifestants. Une telle structure renforce le pouvoir redoutable du Maitre sur les membres du clan, en contrepartie d’avantages de protection, de promotion et de possibilités ouvertes d’enrichissement personnel. Le Needo ko Bandam est somme toute un dérivé local du mode d’organisation caractéristique de la mafia, sans le code d’honneur de celle-ci.
Autour du président et du cercle Al Pular ont gravité des personnages troubles, souvent issus de nul part, courtisans, démarcheurs, nervis, prostituées, passeurs et aventuriers de tout bord. Ces arrivistes ignorants et arrogants promus au sein de l’APR se sont très vite immensément enrichis et ont renforcé la culture de la violence pour préserver leurs privilèges et le système lui-même. En effet, tous n’avaient qu’une seule patrie : le monde glauque de l’argent, celui des milliards, de milliers de milliards amassés, détournés, blanchis ! Il leur fallait avoir le contrôle de tous les leviers institutionnels de l’Etat pour s’accaparer impunément des biens et brader les ressources du pays. Ce réseau sélectif ethniciste et mafieux en connexion à de puissants intérêts étrangers, opérait dans tous les secteurs de l’Etat, de l’économie et du commerce par des pratiques de corruption, falsification et dissimulation.
Le favoritisme prévalait selon les proximités avec le cercle, s’agissant des recrutements et des promotions, de l’octroi des avantages et prébendes, des deals sur les marchés publics, le foncier, les patrimoines de l’Etat, les ressources minières, etc. Tout cela servait à consolider au détriment de la République, le pouvoir affairiste d’un clan, d’une famille et de nombreux lobbies. Ainsi, l’ethnicisme ambiant sous le régime du président Macky Sall a renforcé la cupidité avec laquelle un petit nombre a dépossédé le pays de ses biens, spolié ses richesses et marché sur des corps juvéniles fauchés par les balles, inertes, avec le drapeau du Sénégal entre les mains.
Ostracisme et pulsions de mort
Le gouvernement du président Macky Sall a même pratiqué un ostracisme ethniciste à l’égard de la région de la Casamance en bloquant délibérément les activités économiques et le commerce avec le reste du pays, cela pendant de longs mois. Ce fut une manière de punir les communautés et la jeunesse acquises au projet de Ousmane Sonko et conquises par son leadership. Cette répression contre la région fut un acte véritable de trahison de la Nation ! Le Neddo Ko Bandam imprégnait les rapports politiques, mais par sa nature fluide-obscure, son caractère ethno-raciste implicite ne pouvait s’exprimer au grand jour. Il n’avait pas la dignité d’une idéologie, n’en avait ni les capacités, ni les arguments, ni la raison morale, ni même le courage. C’est peut-être pour cela, qu’elle s’est rétractée, confinée à l’intérieur d’elle-même, nourrie de ses propres démons : l’ignorance, la cupidité et la haine. Mais l’intensification du conflit politique et les confrontations sur le terrain ont poussé le président Macky Sall à recourir pour se maintenir, à son fort penchant psychique, la « réduction » : procéder à des emprisonnements massifs, aux tortures et tueries. Les pulsions de mort ont donc explosé dans les maillons extrémistes du cercle dirigeant, les poussant à organiser la répression contre le peuple, recrutant des nervis mêlés aux Forces de Défense et de Sécurité, FDS. Certains cadres et militants, députés, journalistes, « insulteurs » du camp de l’APR, ont même publiquement appelé au meurtre des dirigeants de l’opposition patriotique, sans jamais être inquiétés. Le régime du président Macky Sall a laissé ainsi librement se développer une culture de la haine et de la criminalité politique dans le pays. Certains ont appelé cela « un gangstérisme d’Etat » !
Le Bloc de résistance
Cependant face à cela et aux manœuvres de division ethniciste, régionaliste et aux manipulations d’accusation de terrorisme, les dirigeants du Pastef et le peuple dans son ensemble, ont fait preuve de grande responsabilité et d’esprit citoyen, en restant focus sur les objectifs de la victoire électorale démocratique, préservant ainsi l’unité du pays et la cohésion sociale. Les communautés elles, dans leur diversité culturelle, religieuse confessionnelle, s’en sont toujours tenues au respect du pacte ancestral de paix et de solidarité entre elles. Dans tous les cas, les armatures communautaires, lignagères, familiales et les héritages spirituels du bien vivre ensemble ont constitué et restent des remparts à toute tentative de division et de séparatisme au Sénégal. L’échec de l’expérience du MFDC est à cet égard édifiant, de même celui du projet ethniciste Needo Ko Bandam qui s’est effondré. Aujourd’hui l’engagement citoyen et panafricaniste de la jeunesse sénégalaise constitue une puissante force contre tout mouvement ou idéologie prônant l’obscurantisme séparatiste. Désormais la réunification politique du continent pour l’abondance, la puissance et le rayonnement est le vaste horizon de ses rêves et de son engagement.
La transition révolutionnaire
Le cauchemar semble fini à présent, bien que se prolongent encore des attaques répétées dangereuses contre le nouveau pouvoir et les institutions. C’est une logique propre à toute situation de transition. Les forces centrifuges du régime déchu appuyées sur des réseaux de soutien extérieurs, s’organisent pour saper les ruptures salutaires mises en œuvre. Le peuple et ses dirigeants doivent faire face aux actes sabotage, de désinformation et de déstabilisation à tous les niveaux. La transition politique est complexe avec ses défis et ses promesses de grands succès. Elle exige des taches théoriques, celles de renforcer les nouveaux paradigmes de rupture conceptuelle et éthique, conditions de la reprise de l’initiative historique. Elle exige particulièrement à la direction politique et stratégique du Pastef de mener à bien les taches suivantes :
- une révolution culturelle, linguistique et pédagogique qui puise dans le génie culturel du peuple et potentiel subversif de ses traditions,
- une intelligence collective dans la direction politique stratégique du pays,
- une sécurisation de la révolution et de ses dirigeants,
- une mobilisation politique des masses,
- une économie productive moderne d’abondance,
- une politique des égalités sociales et territoriales,
- une stratégie de souveraineté politique régionale et panafricaine.
Ces conditions parmi d’autres, exigent chacune des politiques adaptées dont :
- la formation politique et idéologique des cadres et militants dans les pures traditions des résistances africaines, et des expériences révolutionnaires dans le monde,- la communication permanente avec les masses pour leur éveil de conscience élevé,
- la montée en puissance de la jeunesse sur les lignes de front de l’expertise scientifique et de l’innovation technologique de pointe,
- une refonte profonde de l’Administration et des Académies scientifiques, enfin et surtout
- la mobilisation des intellectuels et savants, des artistes, architectes, ingénieurs et créateurs dans la préfiguration du nouveau monde à naitre.
Le président de l'Alliance démocratique Penco estime que l'argument budgétaire avancé par la majorité pour rejeter la proposition de loi d'abrogation de l'amnistie introduite par Thierno Alassane Sall est "fallacieux" et "dangereux" pour l'avenir
Le président de l'Alliance démocratique Penco, Moussa Tine, a vivement critiqué dimanche le rejet par l'Assemblée nationale de la proposition de loi d'abrogation totale de l'amnistie introduite par le député Thierno Alassane Sall. Invité de l'émission "Point de vue" sur la RTS, il a dénoncé cette décision qu'il qualifie d'"erreur parlementaire".
Selon Moussa Tine, l'argument avancé par la majorité pour rejeter cette proposition - celui des implications budgétaires - est totalement infondé. "La justification est fallacieuse, elle est grave et elle est dangereuse", a-t-il déclaré, expliquant que cette interprétation de l'article 82 de la Constitution crée un dangereux précédent.
"On dit qu'on rejette parce qu'il y a des incidences budgétaires. Mais tout projet de loi entraîne forcément une implication budgétaire, directe ou indirecte", a-t-il argumenté. "C'est quoi la charge nouvelle d'abroger une loi ? La loi existait, elle était là. On l'a créée, on dit juste 'la loi, elle n'existe plus'. C'est quoi la charge budgétaire nouvelle qu'on a créée ?"
Pour le leader politique, cette abrogation représente un devoir moral et politique, notamment pour faire la lumière sur les décès survenus lors des manifestations. "Les Sénégalais sont morts parce que nous avons appelé à des batailles [...]. Il s'est trouvé qu'il y a des Sénégalais qui sont morts", a-t-il rappelé.
"Aujourd'hui, quand nous avons la majorité, nous avons une obligation à la fois morale, mais aussi une obligation politique d'abroger cette loi d'amnistie pour permettre que la lumière soit faite justement sur cette affaire-là", a insisté Moussa Tine.
Il a également tenu à rassurer que l'abrogation ne remettrait pas en cause la situation des actuelles autorités : "Personne ne peut mettre le premier ministre en prison. Et d'ailleurs, nous avions considéré que ces gens étaient injustement en prison."
"Mais par contre, vous allez aider à savoir justement ce qui s'est passé, pourquoi des Sénégalais sont morts. Les familles vont savoir pourquoi leur enfant est mort", a-t-il conclu, estimant que cette vérité est due aux victimes et à leurs proches.
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
AMINATA SOW FALL, LA VOLONTÉ ET L’ESPOIR
EXCLUSIF SENEPLUS - Elle est une médiatrice qui, par sa belle plume, fait passer une autre image de l’Afrique, celle des traditions, de l’intelligence, de la dignité, de la beauté, de l’énergie à combattre les injustices
Amadou Elimane Kane de SenePlus |
Publication 09/03/2025
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
La problématique du roman d'Aminata Sow Fall pourrait a priori s’expliquer simplement. Pourtant il n’en est rien. Les paradigmes qui structurent le récit sont complexes et jamais unilatéraux.
Asta, une femme sénégalaise, la quarantaine diplômée et autonome, est victime d’une injustice alors qu’elle se rend en Europe pour une conférence sur l’Ordre Economique Mondial. A travers le récit d’Asta, arrêtée par la police des frontières et transférée au « dépôt » pour être reconduite chez elle, on assiste aux interrogations du peuple africain sur les sujets majeurs qui agitent le continent noir : la mésestime de soi, l’immigration comme seule chance de survie, chargée d’illusions d’un Eldorado impossible, la corruption des dirigeants africains et l’immobilisme qui en résulte, l’incompréhension et le mépris des autorités des pays occidentaux, la dépendance des Etats africains liée aux aides internationales, au pouvoir dévastateur du Fond Monétaire International, l’inégalité monétaire, politique, économique, sociale, la dureté des conditions de l’immigration, le passé colonial qui hante les esprits et produit les pires injustices.
A travers ces questionnements, Aminata Sow Fall ne donne aucune leçon de morale mais elle propose la voie intellectuelle, celle de l’écriture, la voie humaine, l’élan de dignité nécessaire à la construction, une voix de la renaissance africaine.
La construction littéraire de l’auteure est particulièrement intéressante car les personnages prisonniers du « dépôt » sont les témoins du chaos migratoire et racontent « l’enfer » de la déshumanisation. Le récit est haletant, comme une tragédie antique, au plus près des réalités contemporaines et utilisant un langage poétique qui émerge quand renaît l’espoir.
A l’extérieur du cachot, Anne, une amie française de Asta, se bat pour démêler l’imbroglio teinté de racisme primaire et l’injustice faite à sa « camarade ». Militante et convaincue de l’innocence de Asta, elle se heurte à la rigidité administrative, aux mensonges des diplomates, aux fausses promesses. Pendant ce temps, le drame continue de se jouer dans l’enceinte du « dépôt ».
Anne aussi rêve d’un monde meilleur pour former une ronde humaine et solidaire. C’est ce désir très fort qui unit les deux femmes si différentes et si semblables à la fois. C’est dans cette tentative d’harmonie féminine, de combat et de partage que prend toute sa dimension le récit de l’auteure.
Car Aminata Sow Fall est une médiatrice qui, par sa belle plume, fait passer une autre image de l’Afrique, celle des traditions, de l’intelligence, de la dignité, de la beauté, de l’énergie à combattre les injustices.
Dans l’épilogue du récit où Asta retrouve enfin la liberté, la blessure est vive mais elle n’est pas brisée. Et comme cadeau, elle reçoit une terre africaine qu’elle va aménager et cultiver pour la postérité. C’est le retour à la terre des ancêtres, loin de la cruauté de la ville, loin de l’illusion destructrice des côtes européennes.
Les Douceurs du bercail sont les richesses qui émergent de la terre de l’Afrique si l’on se bat, si l’on y croit, si le rêve est intact et que l’on transforme le savoir en abondance et que l’expérience devient sagesse.
Le roman de Aminata Sow Fall est l’expression de la force, de la confiance sereine, de la beauté, de la vérité, de la lumière de l’Afrique, éléments essentiels de la Renaissance Africaine et de la conscience historique du peuple africain.
L’EUROPE CLOUEE AU PILORI, L’UKRAINE ET ZELINSKI VOUÉS AUX GÉMONIES ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Vieux Continent vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense
Le monde est sûrement dans une phase transitoire. Il vit des moments aussi difficiles qu’incertains, qui vont aboutir à un nouvel organigramme dans les relations internationales. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Ce processus commencé depuis longtemps, est aujourd’hui bousculé par les conséquences d’un mal profond et planétaire, porté par une seule force obscure, réincarnée en l’homme le plus puissant du monde. Il vient accélérer la recomposition géopolitique, géostratégique et économique du monde.
À lui seul, cet homme représente la pire des choses qui soit arrivée à l’humanité depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Vous avez bien lu « deuxième » et pas « seconde », parce que la troisième guerre mondiale a déjà commencé.
Trump: Malum ex machina
Vous pouvez parfaitement vous fier à ce néologisme barbare de mon cru, il dépeint le caractère de la bête politique (au sens péjoratif de l’expression) qu’est Donald Trump. Il est comme qui dirait, un mal, une calamité sortie de la machine pour déstabiliser le monde. Tout l’opposé du « deus ex machina ».
À la chute des valeurs morales, constatée dans toutes les sociétés contemporaines, correspond l’émergence d’une classe politique décomplexée qui promeut et accompagne la consécration des idéaux autrefois indéfendables, parce que considérés comme immoraux, amoraux, violents et injustes.
L’avènement de Trump, et les multiples mesures contestables et contestées à travers le monde, qu’il s’empresse de mettre en place en sont les exemples les plus frappants.
Lui qui a accès au renseignement le plus pointu, est certainement au courant de cette décrépitude des valeurs sur lesquelles il a d’ailleurs surfé pour accéder une seconde fois à la tête de la première puissance mondiale. Le monde et les relations internationales n’en sortiront pas indemnes.
Populiste à souhait, il est maître dans l’art de « vaincre sans avoir raison ». Pour cela, il n’hésite pas à dire des contre-vérités, donner de faux chiffres, mener une politique débridée et « épileptique » , en abusant de la naïveté et de l’inculture d’une grande partie de son électorat.
Il sait que les grandes civilisations sont menacés dans leur suprématie et leur existence pour certaines. Il fait tout pour sauver la peau de l’Amérique, quelqu’injustes que puissent être ses décisions. Il n’a pas de scrupule et s’est entouré de jeunes loups de sa trempe, avec un seul objectif assumé : L’Amérique d’abord par tous les moyens.
C’est un businessman sans affect qui déroule en fast-track et de façon désordonnée (du moins en apparence) des décrets et décisions divers pour sanctionner, interrompre, autoriser ou encourager.
La malchance ou la chance est que Donald est intelligent et, parait-il, « logique » selon Macron. Ayant réussi dans les affaires, il est convaincu d’être doté d’une intelligence supérieure et d’un flair politique sans égal.
Sa réélection presque facile, en battant tous les records a conforté ses certitudes.
A vrai dire, il n’est pas le seul coupable. Mais il arrive à point pour exacerber les hostilités et accélérer les événements car il sait qu’il n’a pas beaucoup de temps. Toutes ses violentes saillies, d’apparence anarchiques et décousues, sont en réalité les maillons d’une chaîne de décisions bien planifiées, qui doivent conduire à une plus grande suprématie américaine au crépuscule de son second mandat.
Avec la « pause » sur l’aide militaire à l’Ukraine, les USA viennent de faire un grand bond dans l’ignominie, l’abjection et la lâcheté, pour rappeler au monde entier qu’il est capable, après sa co-responsabilité dans les dizaines de milliers de morts palestiniens, de danser également, sur des cadavres ukrainiens, après les avoir livrés sans défense, à l’armée russe.
Rien ne l’arrêtera. Il est décidé à continuer son hold-up des terres rares de l’ukraine pour s’accaparer indûment des minerais critiques et autres ressources naturelles dont il a besoin pour approvisionner les industries de pointe de son pays, dans la production des technologies nouvelles comme l’intelligence artificielle et s’affranchir de la dépendance vis à vis de la Chine, devenue son challenger direct.
Donald Trump est pragmatique et cela lui suffit. Il n’a pas besoin De s’encombrer d’empathie ou de sentiments humains. Il est un robot-président qui s’est auto-programmé un logiciel d’optimisation de richesses à tout prix. Il n’a ni amis, ni alliés. Tout au plus, il peut avoir des partenaires conjoncturels, sur une ou des questions factuelles. Et c’est tout ! L’Europe, comme l’Afrique, est en train de l’apprendre à ses dépens. Elle organise sa riposte.
L’Europe poussée, à son corps défendant, a assumer son propre destin militaire
Le comportement arrogant et égocentrique de Trump et le violent clash avec Zelinski ont eu, au moins un avantage. C’est de faire se resserrer les rangs des Européens en leur apprenant, à leur dépens, qu’on ne délégue pas sa sécurité, de surcroît à un allié impérialiste et capitaliste. Ces derniers termes, qui résonnaient désuets, tellement on ne les rencontrait plus que dans les manuels d’histoire, ont été remis au goût du jour par les deux plus grandes puissances militaires.
Pour Trump, les choses peuvent ne pas se dérouler comme lui et ses équipes l’ont prévu. car si on souhaite garder quelqu’un sous sa domination, on ne doit pas le pousser a rechercher les moyens de s’en affranchir.
Un pouvoir n’existe que dans sa reconnaissance et l’Amérique risque de perdre celle de l’Europe et incidemment sa position de « god-father », de parrain.
En méprisant ses alliés historiques européens, Trump a commis un crime de lèse majesté. En se réunissant à Bruxelles ce 6 mars, l’Europe manœuvre pour continuer à exister et garantir elle-même sa propre sécurité. Elle se prépare un avenir d’affranchie.
La prémonition de De Gaulle vient de se réaliser, les États-Unis ne sont pas les alliés fidèles que l’on pense : « un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent. Celui-ci doit devenir adulte, sauf à céder sur ce qui lui est cher – inviolabilité des frontières, non-recours à la force, appui aux démocraties libérales naissantes ».
Ils viennent de se rendre compte que ni les Nations Unies, ni l’organisation mondiale du commerce, ni la Cour internationale de justice, ni le comité des droits de l’homme, ni les conclusions des conférences d’après guerre, ni les règles strictes de l’OTAN ne seront un paravent à la soif d’hégémonie économique de Donald Trump, qui ne cesse de les piétiner.
Il vient de les jeter en pâture au très vindicatif et ambitieux Poutine qui rêve du retour sur la scène internationale et surtout de la grande Russie. Or la grande Russie s’arrête aux portes de l’Europe unifiée, qui craint désormais pour sa sécurité. Celle-ci est devenue tellement hypothétique avec le désengagement tous azimuts des USA, mais aussi et surtout son intention de sacrifier le destin de l’Ukraine sur l’autel de ses ambitions économiques et politiques, que c’est l’urgence absolue pour l’Europe de trouver un parapluie nucléaire. «On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ».
La décision de l’Europe, sous l’égide du président français, d’ouvrir la discussion sur la nécessité d’une défense par et pour l’Europe, en dit long sur les états d’âme des Européens et leur désillusion vis-à-vis des États-Unis, leur allié majeur dans l’OTAN, qui n’en est plus un.
En fait, l’Europe vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense.
La France incarne la fierté européenne. Il pousse au sursaut, mais tous les protagonistes ne sont pas réceptifs. Certains, comme Victor Orban de la Hongrie, font la sourde oreille pour cause d’intérêts économiques trop imbriqués, pour ne pas dire dépendants des USA et de la Russie. Pendant ce temps, l’Ukraine perd chaque jour des centaines d’hommes et du terrain et risque de perdre la guerre, si la situation perdure .
Zelinski et l’Ukraine voués aux gémonies ?
Zelinski a fini par se coucher par terre finalement, en présentant ses plates excuses à ceux qui ont essayé de l’humilier dans le bureau ovale, plus pour sauver son peuple et son armée d’une déconfiture certaine et sans précédent que par faiblesse.
Sacrifier un peu de sa dignité et de sa fierté, pour que survive ses intérêts vitaux, sa population ou sa patrie est parfois un exercice auquel pourrait être contraint un chef d’Etat d’un pays faible ou pauvre.
Avec le retrait de l’aide américaine, l’Ukraine risque de perdre les moyens de se défendre aussi bien dans les tranchées que dans les airs et en mer, sans le précieux et très nécessaire renseignement militaire américain.
En effet, sans l’aide américaine, l’Ukraine est condamné à court, terme à négocier en position de faiblesse et à très moyen terme, à une défaite certaine. En attendant, il enterre ses enfants, de plus en plus nombreux à mourir sur le front et des civils dans les bombardements plus récurrents des villes.
Mais l’Ukraine peut, certainement compter sur l’aide et le soutien de l’Europe.
Les Européens n’interviennent cependant pas seulement pour des raisons humanitaires ou religieuses ou pour sauver les pauvres âmes ukrainiennes en souffrance. Elle intervient surtout pour un souci réaliste et géostratégique: la peur qu’a l’avenir, la Russie, puissance impérialiste, ne continue son expansion vers la Pologne, la moldavie et d’autres pays membres de l’OTAN. Ce qui rapprocherait les batteries de missiles russes à portée immédiate des pays européens.
On se rend compte que le monde est entré dans une phase où la force militaire est redevenue le langage économique le plus parlé par les grandes puissances pour « négocier » les questions économiques. Elles ont décidé de piétiner le droit et les codes diplomatiques pour coloniser, de gré ou de force, les ressources et les territoires de leurs voisins et au delà.
La loi de la jungle remplace celle des hommes pour la survie économique.
On assiste à une sorte de débandade des grandes puissances qui n’hésitent plus à se lancer dans des campagnes d’annexion des terres riches ou utiles à leur sécurité ou à leur développement économique, au mépris des règles de droit international et des codes diplomatiques qui assuraient jusqu’ici la justice et la paix entre les peuples.
Tous ces bouleversements augurent d’une redistribution des cartes et d’un avenir difficile auquel est promis l’humanité et surtout les États les plus faibles.
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OUSTAZ TAÏB SOCÉ, LE PRÉDICATEUR AUX MULTIPLES TRIBUNES
Formé exclusivement dans les écoles coraniques, ce maître de l'exégèse a su transformer sa connaissance traditionnelle en succès médiatique. Son émission "Tafsir 2.0" représente l'aboutissement d'un parcours riche en enseignements et en défis
Reconnu comme l'une des voix les plus influentes de la prédication islamique au Sénégal, Oustaz Taïb Socé poursuit son parcours médiatique avec son émission "Tafsir 2.0" diffusée sur Radio Sénégal International et la télévision nationale.
Formé exclusivement dans les écoles coraniques traditionnelles, d'abord auprès de son père puis de son oncle dans un village du Rip, ce natif de Ndina Sabar a commencé sa carrière comme maître coranique pendant une dizaine d'années avant de s'installer à Dakar.
C'est en 1994 que sa carrière médiatique prend son envol sur les ondes de Dunia FM. Son exégèse de la sourate Yassine rencontre un succès immédiat auprès du public, le propulsant rapidement parmi les prédicateurs les plus écoutés du pays.
Malgré une épreuve judiciaire en 2019 - où il a été accusé d'escroquerie avant d'être blanchi par la justice - Oustaz Taïb Socé a su rebondir. En plus de trente ans de carrière, il a multiplié les collaborations avec différents médias (iTélé, Sud FM, RFM, 7FM) et continue d'élargir son audience avec son style d'exégèse caractéristique.
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LE SPRINT DU NDOGOU À DAKAR
Les routes dakaroises se muent en champ de bataille quand l'heure de la rupture du jeûne approche. Des milliers de jeûneurs, affaiblis et impatients, défient les lois de la prudence dans une course effrénée vers leur domicile
À Dakar, le mois de Ramadan transforme les heures de pointe en véritable défi. Chaque soir, les automobilistes se lancent dans une course effrénée pour rejoindre leur domicile avant la rupture du jeûne.
Les embouteillages s'intensifient et la tension monte sur les routes. La faim et la soif, après une journée de jeûne, augmentent l'irritabilité des conducteurs, entraînant parfois des accrochages. "La faim et la soif me conduisent à ressentir de la colère et occasionnent un manque de concentration", témoigne un chauffeur de taxi.
Face à cette situation préoccupante, des appels à la prudence se multiplient. "On est dans le mois de Ramadan, on doit gérer. Soyons juste plus compréhensifs", rappelle un usager de la route.
Pour les fidèles, partager le "ndogou" (rupture du jeûne) en famille reste un moment précieux qui justifie cette précipitation quotidienne. Cependant, les autorités insistent sur l'importance d'arriver à destination sain et sauf, rappelant que la sécurité doit primer sur tout le reste.