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4 avril 2025
Société
THIERNO ALASSANE SALL, L’ÉLECTRON LIBRE QUI DÉFIE PASTEF
Qualifié d'"opposant de salon" par les partisans de Sonko, ce député non-inscrit, qui semble avoir identifié les contradictions du pouvoir actuel, s'affirme pourtant comme la voix la plus audible de l'opposition à l'Assemblée nationale
(SenePlus) - Dans l'arène politique sénégalaise dominée par le parti au pouvoir Pastef, une voix dissonante se fait entendre avec de plus en plus d'insistance. Le député non-inscrit Thierno Alassane Sall, surnommé "TAS", s'affirme comme un opposant tenace qui n'hésite pas à défier frontalement le gouvernement d'Ousmane Sonko sur ses promesses non tenues et ses contradictions. Sa dernière initiative en date, bien que rejetée, a réussi à mettre le parti présidentiel dans l'embarras.
Le bureau de l'Assemblée nationale a rejeté le 26 février la proposition de loi du député visant à abroger la loi d'amnistie. Cette initiative, déposée le 18 février, cherchait à supprimer la loi controversée du 13 mars 2024, qui accorde l'amnistie pour les faits commis entre février 2021 et février 2024 dans le cadre de manifestations ou pour des motifs politiques.
Bien que rejetée pour des raisons techniques - le bureau ayant jugé que cette abrogation "aggraverait la charge publique" - cette proposition a provoqué une réaction virulente de Pastef. Le parti au pouvoir a dénoncé une "précipitation opportuniste et manipulatrice" d'un "opposant de salon", révélant ainsi son irritation face à cette manœuvre politique.
L'ironie de la situation n'a pas échappé aux observateurs : la suppression de cette loi d'amnistie était justement une promesse électorale de Pastef. Comme le rappelle Jeune Afrique, Thierno Alassane Sall a ainsi réussi à "couper l'herbe sous le pied" du parti présidentiel, le forçant à s'expliquer sur son apparente réticence à tenir cet engagement.
La fronde de "TAS" ne se limite pas à la question de la loi d'amnistie. Lors d'une séance de questions au gouvernement le 21 février, il a directement interpellé le Premier ministre sur le budget 2025, jugé déconnecté des réalités économiques du pays : "Est-ce que vous ignoriez le sinistre économique et financier du pays au moment de confectionner le budget 2025, ou avez-vous choisi de présenter des projections sans rapport à la réalité ?"
Cette question a suscité une réponse agacée d'Ousmane Sonko, qui lui a rétorqué : "Monsieur Sall, quelques fois, il faut savoir applaudir ! Vous ne pouvez pas vous inscrire dans la critique gratuite."
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique dans son domicile dakarois, Thierno Alassane Sall dresse un bilan sévère des premiers mois de Pastef au pouvoir. Il accuse le Premier ministre de gouverner "sans objectif clair" et d'avoir laissé la situation économique du pays empirer. "La réduction des subventions et des dépenses sociales est une politique d'austérité", insiste-t-il, utilisant un terme explicitement rejeté par Ousmane Sonko.
L'ancien candidat à la présidentielle semble avoir identifié les contradictions du pouvoir actuel. "Cette loi d'amnistie, c'est un caillou dans leur chaussure. Ils savent que c'est une attente des Sénégalais, mais ils veulent éviter à tout prix que l'abrogation de la loi ne puisse leur porter préjudice à titre personnel", a-t-il déclaré au magazine panafricain.
Il rappelle que Pastef s'était initialement abstenu lors de l'examen du projet de loi d'amnistie par le bureau de l'Assemblée - avant de voter contre en plénière. "À l'époque, ils avaient tenté d'exclure les crimes commis par les FDS (forces de défense et de sécurité). À présent qu'ils ont la majorité, les FDS, c'est eux. Les voilà bien embêtés", analyse-t-il.
Pour TAS, le gouvernement est désormais "au pied du mur" après avoir fait preuve d'immaturité politique. "En tardant à prendre des décisions, ils accréditent l'idée que tout va bien, alors que la situation est catastrophique", affirme-t-il, en référence au récent rapport de la Cour des comptes qui dresse un tableau préoccupant de la situation économique du pays.
Le parcours politique de Thierno Alassane Sall est marqué par des ruptures et des désillusions. Comme le rappelle JA, il a été l'un des fondateurs de l'Alliance pour la République (APR) avec Macky Sall, avant de quitter le gouvernement en 2017 alors qu'il était ministre de l'Énergie. La raison de cette rupture : des soupçons de corruption dans les contrats pétroliers et gaziers.
C'est alors qu'il s'était rapproché d'Ousmane Sonko, lui-même connu pour ses dénonciations dans ce domaine. Mais cette alliance n'aura pas duré, les deux hommes se brouillant à la veille de la présidentielle de 2019. Depuis, Thierno Alassane Sall fait cavalier seul dans un paysage politique où les anciens partis dominants semblent encore sidérés par la victoire de Pastef.
Fondateur de la République des valeurs (Réewum Ngor), il n'avait recueilli que 0,58% des suffrages à la présidentielle de 2024, mais a réussi à conserver son siège de député aux législatives de novembre 2024. "Le groupe des non-inscrits est un groupe hétéroclite qui n'agit pas de manière unie", déplore-t-il auprès de Jeune Afrique, reconnaissant avoir "quelques affinités personnelles" mais "pas politiques" avec d'autres députés.
De sa carrière, il affirme n'avoir qu'un seul regret : avoir quitté l'Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) pour devenir ministre sous Macky Sall. "En tant que ministre, vous êtes limité dans vos initiatives, vous perdez beaucoup de temps dans des réunions. À l'ARTP, c'était plus flexible, j'étais autonome. L'autonomie, c'est important", confie-t-il à Jeune Afrique.
Dans un paysage politique où l'opposition traditionnelle peine à se faire entendre, Thierno Alassane Sall semble déterminé à poursuivre son combat solitaire contre l'hégémonie de Pastef, quitte à déranger un pouvoir qui dispose pourtant d'une confortable majorité absolue à l'Assemblée.
MACKY SALL N’EST PAS UN BON EXEMPLE POUR DÉFENDRE L’ALLÈGEMENT DE LA DETTE AFRICAINE
Le directeur général de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), Seydina Oumar Touré, a réagi aux récentes déclarations de l’ancien président Macky Sall sur la question de l’allègement de la dette africaine.
Le directeur général de l’Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), Seydina Oumar Touré, a réagi aux récentes déclarations de l’ancien président Macky Sall sur la question de l’allègement de la dette africaine. Invité jeudi sur le plateau de l’émission Champ contre Champ sur la RTS, il a estimé que Macky Sall n’était « pas un bon exemple » pour défendre une telle cause.
Macky Sall, qui a récemment rencontré le président sud-africain Cyril Ramaphosa aux côtés d’anciens chefs d’État africains, a appelé à un allègement global de la dette du continent pour faciliter la relance économique. Sur sa page Facebook, il déclarait : « Ensemble, nous plaidons pour un allègement global de la dette africaine afin de favoriser les conditions d’une relance économique du continent. »
Cette prise de position a été jugée paradoxale par Seydina Oumar Touré. « Le président Macky Sall n’est pas un exemple en la matière, pour la simple et bonne raison que c’est lui qui a fortement endetté le Sénégal. Maintenant, il revient dire qu’il va aider à alléger la dette. »
Selon le directeur général de l’ASP, cette initiative de Macky Sall relèverait davantage d’une stratégie politique que d’une réelle préoccupation économique. « Cette déclaration n’est rien d’autre que de la communication politique », a-t-il affirmé, laissant entendre que l’ancien chef d’État chercherait à rester dans le débat public.
Seydina Oumar Touré a également remis en question la pertinence du sujet dans le contexte actuel du Sénégal. « Je pense que ce n’est pas un sujet d’actualité. Ça ne fait que nous retarder. Qu’il laisse les gens travailler pour atteindre nos objectifs. C’est plus important. »
LE GEEP ET L'AMBASSADE DES PAYS-BAS SIGNENT UN PARTENARIAT
Le ministère de l'Éducation nationale, en partenariat avec l'Ambassade des Pays-Bas et le Groupe d'Études et d’Enseignements pour la Population (GEEP) s'attèlent à lutter efficacement contre les mariages et les grossesses précoces des filles à l'école
Le ministère de l'Éducation nationale, en partenariat avec l'Ambassade des Pays-Bas et le Groupe d'Études et d’Enseignements pour la Population (GEEP) s'attèlent à lutter efficacement contre les mariages et les grossesses précoces des filles dans le milieu scolaires. Le projet a été lancé hier, jeudi 27 février 2025, au lycée de Ngane Saer, en présence des autorités administratives, académiques, des enseignants, élèves et une forte mobilisation des associations de parents d'élèves. Financé à hauteur de 12 millions de FCFA pour une phase pilote, ce projet a pour objectif d'accompagner les jeunes adolescents et adolescentes sur la santé à la reproduction.
Tout est parti d'un constat selon lequel il existe une forte croissance de la sexualité dans les écoles, mais aussi des mariages et beaucoup de grossesse précoces. Ce qui, du coup, constituent des obstacles majeurs au développement et à la scolarisation des filles. Déjà en 2024, au moins 1264 cas de grossesses ont été enregistrés dans les établissements scolaires du pays. Et, selon les statistiques, Kaolack, Ziguinchor et Fatick enregistrent les plus forts taux.
D'ailleurs, c'est pour cette raison que le partenariat entre le GEEP et les Pays-Bas a préféré mettre plus l'accent dans ces régions dont Kaolack qui vient d'abriter le lancement du projet. Ainsi, dans cette trajectoire, le projet sera exécuté dans deux (2) départements de chacune de ces régions. Du côté du GEEP et son partenaire, l'espoir est permis, car lors de la cérémonie de lancement, ce sont les élèves eux-mêmes qui ont confectionné leurs propres poèmes, sketchs et «slams», pour sensibiliser leurs camarades et leurs propres parents sur les mariages et grossesses précoces qui constituent une entrave à leurs carrières scolaires et le développement du potentiel pour les filles.
En plus des apprenants et les personnels d'encadrement, la sensibilisation contre ces mariages et grossesses précoces sera portée par les équipes de santé, les structures des organisations non gouvernementales (ONG) et partenaires telles que la Coopération Belge avec ENABEL, Plan International, l'Association pour la promotion de la femme sénégalaise (APROFES) et autres acteurs qui vont accompagner les enseignants pour leurs formations et celles de leurs protégés. Mais également dans les mobilisations communautaires afin d’amener les communautés à prendre conscience des risques que constituent ces maux de l'école.
FARBA NGOM, L'HOMME LIGE DE LA CAUSE APÉRISTE
Puissant maire d'Agnam, député influent et bras droit de l'ancien président Macky Sall, Son parcours, jalonné d'extravagances et de défiance vis-à-vis des institutions, illustre les dérives d'un pouvoir qui semblait sans limite
Du village de Nguidjilone aux fastes du pouvoir, Farba Ngom a connu une ascension fulgurante, devenant un intime de Macky Sall et un acteur majeur de la scène politique sénégalaise. Mais son influence grandissante, ses extravagances et les accusations de corruption qui pèsent sur lui ont fini par le rattraper. Aujourd'hui, la levée de son immunité parlementaire et son implication dans une affaire de blanchiment de capitaux marquent un tournant décisif dans sa carrière.
Le jeudi 13 février 2025, l’Assemblée nationale du Sénégal a voté la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, maire d’Agnam et proche de l’ancien Président Macky Sall. Cette décision survient dans le cadre d’une enquête judiciaire menée par le Pool judiciaire financier pour un présumé blanchiment de capitaux portant sur 125 milliards de francs CFA. Entendu par les enquêteurs, Farba Ngom devra de nouveau comparaître devant le juge d’instruction, ce jour, jeudi 27 février.
Cette affaire, qui éclate en pleine reddition des comptes amorcée par le nouveau régime (Pastef), met en lumière le rôle de Farba Ngom, considéré comme l’un des piliers de l’ancien pouvoir. Alors que certains dénoncent une chasse aux sorcières, ses partisans restent mobilisés, affirmant qu’il paie aujourd’hui son engagement et son influence sur la scène politique sénégalaise.
Son pool d’avocats est constitué de quatre ténors du barreau : Maîtres Doudou Ndoye, Baboucar Cissé, Alassane Cissé et Pascal Gomis.
Une ascension fulgurante au sein de l’APR
Farba Ngom est issu d’une famille de griots de Nguidjilone, un village de la région de Matam. Il s’est imposé comme un acteur incontournable dans le Fouta, jouant un rôle stratégique dans la montée en puissance de Macky Sall, après son départ du Parti démocratique sénégalais (PDS) en 2008. Dans le Fouta, les griots de Nguidjilone, situé au bord du fleuve Sénégal, sont soumis à la caste guerrière Ceddo, une composante de la noblesse dont fait partie Amadou Abdoul Boubou Sall, le père de l’ex chef de l’État, originaire, lui, de Ndouloumadji Founébé, le village voisin. ‘’Je suis, par mon père, issu de la lignée des Sall, dont la généalogie est encore jalousement entretenue par la grande famille de griots, nos historiens’’, écrivait en 2018 Macky Sall dans son livre ‘’Le Sénégal au cœur’’, publié aux éditions du Cherche Midi.
Dès le début des années 2010, il devient un soutien indéfectible de Macky Sall, l’accompagnant dans son ascension politique. Il s’illustre particulièrement lors de la Présidentielle de 2012, où il joue un rôle clé dans la mobilisation des électeurs du nord du Sénégal en faveur de son mentor. Ce soutien inébranlable lui vaut une ascension politique rapide, devenant un acteur influent au sein de l’Alliance pour la République (APR).
De la communication à l’action politique
Avant son entrée en politique, Farba Ngom animait une émission en pulaar intitulée ‘’Alamari’’ sur la RTS. Son éviction brutale en raison de son soutien affiché à Macky Sall marque un tournant dans sa trajectoire. Il ne se limite plus à être un simple communicateur traditionnel, mais devient un véritable stratège politique, organisant des mobilisations de masse et implantant l’APR dans le Fouta avec l’appui de l’homme d’affaires Harouna Dia.
Dès son élection en 2012, Macky Sall récompense sa fidélité en lui offrant un poste de député et en le plaçant comme intermédiaire privilégié entre le Palais et certaines bases électorales du Nord. Farba Ngom devient alors trésorier officieux et homme de confiance du régime.
Sa proximité avec le pouvoir lui permet d’acquérir une influence considérable, mais attire aussi les critiques. Il est accusé d’être au cœur d’un système clientéliste, favorisant un réseau d’alliés dans la gestion des ressources publiques.
Aujourd’hui, avec la fin du règne de Macky Sall, Farba Ngom se retrouve fragilisé. L’affaire de blanchiment de capitaux dans laquelle il est impliqué marque un tournant décisif dans sa carrière politique. Son sort est désormais entre les mains de la justice, tandis que l’ancien régime peine à se repositionner après sa déroute électorale.
Le procès qui s’annonce sera scruté de près, tant par ses adversaires politiques que par ses partisans, convaincus qu’il demeure une pièce maîtresse du jeu politique sénégalais.
L’extravagance, l’arrogance et la défiance de l’État
Au-delà des soupçons de corruption, Farba Ngom est connu pour son arrogance et son mépris des institutions. Son nom revient régulièrement dans les controverses liées à son comportement. Il incarne une certaine extravagance, affichant des signes extérieurs de richesse qui interrogent sur l’origine de sa fortune.
En 2017, il a notamment refusé de céder la voie au cortège présidentiel et s’en est pris violemment au policier chargé de lui rappeler la réglementation. Ce genre d’incident s’est multiplié, renforçant son image de défiance vis-à-vis des forces de l’ordre et du protocole républicain.
Son arrogance s’illustre également par sa propension à narguer publiquement ses adversaires politiques. Lors de plusieurs campagnes électorales, il n’a pas hésité à menacer, ridiculiser et provoquer ses opposants, affichant une assurance démesurée.
Un rôle clé lors des dernières Législatives
Malgré ces controverses, il a continué à peser sur l’échiquier politique. Lors des Législatives du 17 novembre 2024, son fief de Matam, historiquement acquis à l’APR, a été l’un des rares bastions à basculer dans l’opposition. Toutefois, il a su sauver son siège à l’Assemblée nationale, grâce au scrutin proportionnel.
Son rôle au sein de la coalition Takku Wallu Sénégal, regroupant l’APR et le PDS, a été décisif. Il a mobilisé d’importants moyens financiers et logistiques pour tenter de conserver l’influence de l’ancienne majorité. Mais le vent du changement avait déjà soufflé et la sanction des urnes a confirmé la fragilisation de l’ex-régime.
Aujourd’hui, Farba Ngom se retrouve pris dans une tempête politique et judiciaire qui pourrait sceller son avenir. Entre ses démêlés judiciaires et la recomposition de la scène politique, son avenir demeure incertain. Ce qui est sûr, c’est que son nom restera gravé dans l’histoire politique récente du Sénégal, que ce soit en bien ou en mal.
Au moment où ses partisans dénoncent une chasse aux sorcières, ses détracteurs y voient une juste application de la loi. Seule la justice pourra déterminer si Farba Ngom est coupable ou non des faits qui lui sont reprochés.
Son lien avec la lutte sénégalaise
Bien qu’il soit connu pour son engagement politique, Farba Ngom a également joué un rôle important dans la lutte sénégalaise, un sport traditionnel profondément enraciné dans la culture du pays. Son implication dans ce domaine a été révélée par Eumeu Sène, l’un des champions les plus respectés de l’arène. Lors d’un meeting de mobilisation à Bosséa, Eumeu Sène a confié que Farba Ngom l’avait accompagné dès ses débuts, s’occupant du volet mystique de ses combats, alors qu’il n’avait que 14 ans. ‘’C’est lui qui m’appelait pour me conseiller sur ma manière de lutter et de gérer mes combats. C’est un véritable technicien et un passionné de la lutte’’, a-t-il déclaré dans une interview au journal ‘’La Tribune’’.
Cette facette moins connue du parcours de Farba Ngom illustre son ancrage profond dans la société sénégalaise, dépassant la seule sphère politique. Il a su, à travers son engagement dans la lutte, cultiver des relations étroites avec les acteurs de ce sport national, renforçant ainsi son influence sur certaines franges de la population.
Malgré son sort personnel, cette affaire met en évidence les enjeux de la transparence financière et de la lutte contre la corruption au Sénégal. Elle intervient dans un contexte de recomposition politique où l'ancien régime cherche à se repositionner après sa défaite électorale.
Farba Ngom, quant à lui, devra répondre devant la justice et l'histoire de son rôle dans la politique sénégalaise.
ALIOU CISSÉ PREND LES RÊNES DE LA SÉLECTION LIBYENNE
Le technicien aurait accepté un contrat de deux ans, assorti d'une prime substantielle en cas de qualification pour la CAN 2027. Ce défi s'accompagne d'une revalorisation financière significative
(SenePlus) - L'ancien sélectionneur du Sénégal s'apprête à relever un nouveau défi continental. Selon les informations exclusives de Sport News Africa, Aliou Cissé a trouvé un accord avec la Fédération libyenne de football pour diriger les Chevaliers de la Méditerranée.
Les négociations entre Cissé et les dirigeants libyens auraient abouti lors d'une visite du technicien sénégalais à Tripoli la semaine dernière. Le champion d'Afrique 2022 avec le Sénégal s'engagerait sur un contrat de deux ans, avec pour mission principale de qualifier la Libye pour la Coupe d'Afrique des Nations 2027. Sport News Africa indique également qu'"en cas de qualification, il bénéficiera d'une reconduction pour deux années supplémentaires".
Selon Sport News Africa, l'ancien capitaine de la sélection sénégalaise ne sera pas uniquement en charge de l'équipe A, mais devra également "chapeauter les sélections U23 et U20 afin de mettre en place un véritable programme autour des sélections libyennes, dans un rôle de quasi DTN".
Le média panafricain révèle que ce nouveau rôle devrait permettre à Cissé "de percevoir des émoluments bien supérieurs à ce qu'il touchait avec le Sénégal, pas loin du double".
D'après les informations recueillies par Sport News Africa, Aliou Cissé est "attendu en Libye le 5 mars afin de finaliser les derniers détails de son contrat et être officiellement présenté". Ce calendrier serré lui permettrait de prendre en main l'équipe dès les prochaines échéances internationales, notamment les 5ème et 6ème journées des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026.
Le challenge s'annonce immédiatement relevé pour l'ancien sélectionneur des Lions de la Téranga. La Libye occupe actuellement la deuxième place du groupe D des qualifications mondialistes avec 7 points, "à égalité avec le Cap-Vert et 1 point derrière le Cameroun", précise Sport News Africa. Pour ses débuts à la tête des Chevaliers de la Méditerranée, Cissé devra d'abord "recevoir l'Angola, avant d'aller défier les Lions Indomptables" du Cameroun dans un match qui pourrait s'avérer décisif pour la qualification.
Cette nouvelle aventure marque le retour d'Aliou Cissé sur un banc de touche après son départ du Sénégal. Bien qu'"un temps approché par la Mauritanie" selon Sport News Africa, c'est finalement avec la Libye que le champion d'Afrique a choisi de poursuivre sa carrière d'entraîneur, avec l'ambition de qualifier cette nation pour une grande compétition internationale.
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SONKO TRACE LA VOIE DU DIALOGUE SOCIAL
Face aux représentants syndicaux et patronaux, le Premier ministre a choisi la carte de la franchise sur la situation économique du pays. Il a promis des rencontres immédiates pour traiter les problèmes urgents, tout particulièrement dans l'éducation
Dans un discours prononcé ce jeudi au Grand Théâtre de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé les jalons d'une nouvelle approche du dialogue social lors de la Rencontre Tripartite réunissant syndicats, gouvernement et patronat.
Face à un parterre de représentants syndicaux et patronaux, le chef du gouvernement a d'emblée placé la transparence au cœur de son intervention : "Personne ne doit avoir peur de la vérité. Notre gouvernement ne vous cachera absolument rien", a-t-il affirmé sous les applaudissements.
Le Premier ministre a dressé un tableau sans concession de la situation économique du pays. "La dette n'est plus viable au Sénégal, elle représente 39% des recettes", a-t-il alerté, évoquant une "situation de référence" difficile qui concerne "les 18 millions de Sénégalais" et non uniquement le gouvernement.
Sur le plan de la fonction publique, Ousmane Sonko a plaidé pour une réforme structurelle du système en place depuis vingt ans, appelant à plus de cohérence et d'équité. "L'État ne peut pas et ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens", a-t-il martelé, tout en prônant la suppression des dépenses superflues.
Le dialogue sectoriel a été présenté comme la clé de voûte de sa méthode. "À partir de demain, il y aura des rencontres sectorielles pour discuter de vos préoccupations", a précisé le Premier ministre, qui a identifié l'éducation nationale, l'enseignement supérieur et la santé comme priorités immédiates.
Évoquant les tensions sociales récentes, Sonko a appelé à la responsabilité collective : "Nous éviterons autant que possible la confrontation et nous devons tous éviter de nous pousser mutuellement vers la radicalisation. Personne ne gagne dans la confrontation sociale."
Le chef du gouvernement a conclu en présentant une vision ambitieuse pour l'avenir économique du Sénégal : "Construisons d'abord une économie, créons les conditions de notre souveraineté. Nous devons travailler à nous réapproprier toutes nos ressources pour développer notre pays dans quelques années, en toute transparence, la main dans la main avec les partenaires que vous êtes."
Cette rencontre tripartite marque un tournant dans les relations entre l'État, les syndicats et le patronat, avec un Premier ministre résolu à affronter les défis économiques dans un cadre de dialogue renouvelé.
MGR BENJAMIN NDIAYE, PASTEUR DE PAIX ET DE VÉRITÉ
Artisan infatigable de la cohésion sociale, ce théologien né à Fadiouth en 1948 a cultivé des relations fraternelles avec toutes les familles religieuses du Sénégal, contribuant à renforcer le modèle de coexistence pacifique qui distingue le pays
Le Saint-Père a accepté sa démission au gouvernement pastoral de l'archidiocèse de Dakar. En effet, Mgr Benjamin Ndiaye a été remplacé par Mgr André Guèye, qui devient donc archevêque de Dakar. Mgr Benjamin Ndiaye aura marqué ainsi son passage d'une pierre blanche. Homme de paix, il a réussi, comme ses prédécesseurs, à solidifier dans la vérité le vivre-ensemble au Sénégal.
Le désormais ex-archevêque de Dakar Mgr Benjamin Ndiaye a apporté, sans aucun doute, sa pierre à la consolidation d'un Sénégal de paix et de tolérance. Remplacé par Mgr André Guèye, force est de dire que l'ancien patron de l'église n'a pas fait moins que ses prédécesseurs, notamment les archevêques Andrien Sarr et Hyacinthe Thiandoum, pour asseoir la parfaite coexistence pacifique entre les communautés musulmanes et chrétiennes. Né en 1948 à Fadiouth, le prélat catholique qui a été nommé archevêque de Dakar en 2014 a nourri ces dernières années des relations fraternelles avec toutes les familles religieuses au Sénégal. Mesuré avec un sens élevé de la cohésion nationale, celui qui a été ordonné prêtre en 1977 par le cardinal Hyacinthe Thiandoum n'a ménagé aucun effort pour préserver l'héritage laissé par ses aînés et par les pères fondateurs de la nation sénégalaise. De Touba à Ndiassane, en passant par Tivaouane et Yoff, l'ancien archevêque de Dakar, docteur en théologie (avec une thèse sur Jésus, Premier-Né d'une multitude de frères. Études de Romains 8, 28-30), a raffermi durant son magistère les liens étroits et séculiers qui existent entre l'islam et le christianisme au Sénégal.
L'on se souvient par exemple qu'en 2019, à la veille de l'inauguration de la mosquée Masaalikul Jinaan, il a rendu visite au Khalife général des mourides Serigne Mountaga Mbacké qui séjournait à Dakar pour les besoins de cet évènement. Dans le même ordre d'idées, quasiment toutes les homélies qu'il a eues à prononcer vont dans le sens de la consolidation de l'exception sénégalaise. Par ailleurs, dans un contexte marqué ces dernières années par des remous politiques, l'ex archevêque de Dakar a toujours tenu le haut du pavé avec des discours empreints de vérité à l'endroit de la classe politique et de l'ancien régime, pour ne pas remettre en cause ces acquis. Et aux Cassandre, toutes obédiences confondues, qui ont voulu s'appuyer sur la fibre religieuse pour des raisons politiques, la position de Mgr Benjamin Ndiaye a été de toujours rappeler avec lucidité les soubassements de la nation, tout en tenant un discours de vérité. Et dans ce cadre, l'on se rappelle de ses propos sans ambages après le report de la Présidentielle de 2024. ''La tension actuelle, je la partage avec mes concitoyens et je suis même sans doute, comme beaucoup d’autres, dérouté par ce qui se passe'', faisait-il savoir en marge de la messe de la commémoration des 175 ans de la paroisse de Joal. Et le patron de l'église à cette époque d'enchaîner : ''Il faut que les institutions soient respectables et respectées dans leur mission pour que nous puissions avancer ensemble.''
À 77 ans, il peut être fier de passer le témoin à Mgr André Guèye. Le dialogue islamo-chrétien ne s'est pas effrité durant son magistère. Inutile de rappeler que le Sénégal à majorité musulmane a été dirigé pendant 20 ans par un président catholique et a accueilli le Pape Jean Paul II en 1992.
FARBA NGOM ÉCROUÉ POUR BLANCHIMENT ET ESCROQUERIE
Les avocats s'insurgent particulièrement contre l'imprécision des accusations, estimant que leur client est incarcéré sans connaître véritablement les faits qui lui sont reprochés.
(SenePlus) - Le député d'opposition Farba Ngom, figure politique influente et fidèle allié de l'ex-président, a été placé sous mandat de dépôt jeudi à Dakar pour des accusations graves de "blanchiment, escroquerie sur les deniers publics et association de malfaiteurs".
D'après les informations communiquées à l'AFP par son avocat Me Doudou Ndoye, Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom, également maire, a comparu devant un juge du pool judiciaire financier (PJF), un organe spécialisé dans la lutte contre la corruption. À l'issue de cette audition, le magistrat a décidé de son placement en détention.
Cette décision a provoqué l'indignation de sa défense. Me Ndoye s'est dit "scandalisé par la procédure qui ne correspond à aucune des règles du droit sénégalais", comme il l'a déclaré à l'AFP. L'avocat a particulièrement dénoncé l'opacité entourant les accusations précises : "L'accusateur ne dit rien de ce qu'il a fait. On le met en prison en attendant de savoir ce qu'il a fait", a-t-il fustigé.
La procédure judiciaire contre Farba Ngom a été initiée en janvier dernier. L'Assemblée nationale, saisie par le PJF, avait levé son immunité parlementaire le 24 janvier afin qu'il puisse être entendu par la justice. Cette demande était motivée par des soupçons d'irrégularités financières.
Le parquet du PJF avait indiqué avoir reçu des rapports accablants de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), un organe dépendant du ministère des Finances. Ces documents avaient ensuite été transmis à l'institution parlementaire, actuellement dominée par le nouveau pouvoir, qui a procédé à la levée de l'immunité du député, connu pour être un homme de confiance de l'ancien président Macky Sall qui a dirigé le pays de 2012 à 2024.
Dans un communiqué publié le 12 janvier, le parquet du PJF avait révélé l'ampleur des soupçons : "Les investigations menées révèlent des mécanismes sophistiqués de blanchiment de capitaux par le biais de sociétés écrans qui auraient été utilisées pour des transactions suspectes d'une valeur estimée provisoirement à plus de 125 milliards de francs CFA" (plus de 192 millions d'euros). D'après la presse locale, plusieurs autres personnalités proches de l'ancien régime seraient également impliquées dans cette affaire.
L'arrestation de Farba Ngom a provoqué des remous parmi ses partisans. L'AFP rapporte que des dizaines de ses soutiens qui manifestaient jeudi aux abords du siège du PJF, face à l'Université de Dakar, ont été dispersés par la police, comme l'a constaté un photographe de l'agence sur place.
Depuis plusieurs semaines, l'entourage du député dénonce ce qu'il considère comme une "commande politique" exécutée par la justice. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de rupture revendiquée par les nouvelles autorités avec l'ancien système politique.
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SORTIR DE L'ASSIMILATION ÉDUCATIVE
Assane Mboup, enseignant-chercheur, expose les failles d'un système éducatif qui n'a jamais vraiment coupé le cordon avec Jules Ferry. Pour l'expert en communication-management, l'enjeu fondamental est de distinguer éducation et instruction
Dans un entretien captivant accordé à l'émission "Belles Lignes" de Pape Alioune Sarr, Assane Mboup, enseignant-chercheur, a livré une analyse percutante sur les défis structurels du système éducatif sénégalais.
"L'école a une histoire", rappelle d'emblée Mboup en dénonçant le poids persistant de l'héritage colonial dans l'éducation sénégalaise. Citant George Hardy et son ouvrage "Pour une conquête morale", il révèle comment l'école fut délibérément conçue comme instrument de domination : "Le seul moyen avec lequel il serait possible d'assurer la continuité de la domination coloniale française, ce serait l'école." Une stratégie qui, selon lui, continue d'influencer insidieusement les structures éducatives actuelles.
Le chercheur questionne avec audace l'incapacité collective à "tropicaliser" ce système depuis l'indépendance. La question linguistique cristallise particulièrement ces tensions postcoloniales. Mboup partage son expérience révélatrice : "J'ai écrit en wolof, personne n'a voulu éditer. Le même ouvrage en anglais n'intéressait pas les gens. Je devais retraduire cet ouvrage de l'anglais vers le français pour avoir un éditeur." Un témoignage éloquent des hiérarchies linguistiques persistantes qui dévaluent systématiquement les langues locales.
Cette aliénation culturelle se manifeste jusque dans nos jugements quotidiens : "Quand quelqu'un arrive au Sénégal et nous parle un très bon arabe, on dit tout de suite qu'il est oustaz [religieux], alors que la langue qu'il parle a la même valeur que le wolof ou le français."
Pour l'expert en communication-management, l'enjeu fondamental est de distinguer éducation et instruction. "L'erreur, c'est de penser que si la personne ne fréquente pas l'école, elle n'est pas éduquée," affirme-t-il en rappelant que l'instruction n'est qu'un outil au service du bien-être humain. "C'est pourquoi les gens ont migré du ministère de l'Instruction publique au ministère de l'Éducation nationale, parce qu'il s'agit plus d'une question d'éducation."
Le spécialiste plaide pour une école qui soit "un ensemble d'engrenage culturel et socioculturel qu'il faudrait mettre en harmonie par le respect des croyances et des cultures," loin des logiques d'uniformisation héritées du modèle colonial.
Face aux bouleversements technologiques contemporains, l'invité de Pape Alioune Sarr appelle à l'action proactive plutôt qu'à la réaction tardive : "Le changement technologique est irréversible. Il faut qu'on arrête d'être réactionnaire." Il observe que la France intègre déjà l'intelligence artificielle dès la classe de 4e, tandis que le Sénégal risque encore une fois de subir le changement au lieu de l'anticiper.
"Nous vivons une démocratisation de l'accès à l'information éducative," constate-t-il, rappelant qu'aujourd'hui "l'enfant peut rester chez lui avec son écouteur, sa tablette, et apprendre à lire l'anglais." Une réalité qui transforme profondément la relation pédagogique traditionnelle.
Pour cet expert en communication et technologies de transmission, l'avenir de l'éducation sénégalaise passe nécessairement par une révolution profonde qui placerait l'humain au centre, valoriserait les cultures locales tout en embrassant résolument les innovations technologiques.
Dans son dernier ouvrage "La tolérance questionnée", Assane Mboup développe cette vision d'une éducation décolonisée, humaniste et adaptée aux défis du XXIe siècle. Une contribution essentielle au débat sur l'avenir de l'école sénégalaise et africaine.
VERS UN FONDS POUR LA RESILIENCE ET LA DURABILITE
Le Fonds de développement de la CARICOM (CDF) et la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) ont signé un accord de subvention d’un montant de €708 000 pour soutenir la mise en place d’une facilité verte pour la résilience et la durabilité (GRSF).
Le Fonds de développement de la CARICOM (CDF) et la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) ont signé un accord de subvention d’un montant de €708 000 pour soutenir la mise en place d’une facilité verte pour la résilience et la durabilité (GRSF).
L’accord de subvention au profit du développement durable des Caraïbes a été officialisé à l’occasion de la session plénière de la 48e réunion ordinaire de la conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, qui s’est tenue récemment au Wyndham Grand Barbados Sam Lord’s Castle.
L’engagement du GRSF à fournir un financement mixte, un financement concessionnel et d’autres options de financement commercial soutient directement le développement de la CARICOM en renforçant la résilience, la durabilité et l’adaptabilité économique de la région. En offrant des solutions financières flexibles, le fonds permet aux États membres de la CARICOM d’investir dans les infrastructures critiques, les projets d’adaptation au changement climatique et les initiatives de développement durable. Cette approche stratégique s’aligne sur la vision de la CARICOM pour une région plus résiliente et autosuffisante, assurant une croissance à long terme tout en atténuant les vulnérabilités environnementales et économiques.
M. Rodinald Soomer, PDG du Fonds de développement de la CARICOM, a souligné l’importance du partenariat pour faire avancer le programme de développement durable des Caraïbes.
« Cette subvention d’Afreximbank permettra au CDF de renforcer son soutien aux États membres de la CARICOM qui doivent faire face aux défis environnementaux et économiques urgents de notre époque. La Facilité verte pour la résilience et la durabilité est une étape essentielle pour assurer la résilience à long terme et la durabilité économique », a-t-il dit.
Pour sa part, le Professeur Oramah, Président d’Afreximbank et du Conseil d’administration de la Banque, a fait remarquer : « Le GRSF fournira un moyen de catalyser et de mobiliser des investissements pour soutenir les pays des Caraïbes confrontés à des défis économiques et budgétaires découlant de l’impact de phénomènes météorologiques défavorables fréquents et intenses associés au changement climatique. Il servira également de mécanisme de financement des pertes et dommages liés au climat et de renforcement de la résilience qui atténuera les impacts et donnera aux États membres de la Communauté des Caraïbes les moyens de faire face à ces défis, en vue de combler le déficit de financement de la résilience de 20 milliards de dollars US dans la région ».
Afreximbank et le CDF ont consolidé leur partenariat stratégique en août 2023 par un protocole d’accord et l’acquisition par le CDF de parts dans le capital de la Banque multilatérale de développement, démontrant ainsi un engagement mutuel en faveur d’une collaboration future.
L’accord de subvention a été signé lors de la 48e réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM qui a réuni les dirigeants régionaux pour discuter de questions urgentes, y compris la relance économique, l’action climatique et le développement durable. La signature de l’accord de subvention marque une étape importante dans le renforcement de la coopération régionale et internationale pour une croissance durable.
Le CDF reconnaît que les défis de développement de la région deviennent de plus en plus complexes, et que la plupart de ces problèmes peuvent être résolus par des solutions basées sur le marché. L’équipe d’innovation financière du CDF travaille à élargir la collaboration avec divers secteurs et à établir des approches novatrices qui catalysent les investissements dans les pays, les régions, les secteurs et les communautés défavorisés.
De plus en plus, les investisseurs et les entreprises recherchent de nouvelles opportunités sur les marchés émergents. Toutefois, l’investissement dans ces marchés est complexe et le CDF a un rôle important à jouer dans la mobilisation des investissements dans les zones à fort impact. Encourager ces investissements nécessite de nouvelles formes de collaboration. Depuis sa création, le CDF collabore avec plusieurs partenaires à la réalisation de son mandat. Plus récemment, il a également établi un partenariat avec l’USAID pour la mise en place du Fonds pour la résilience de la Communauté des Caraïbes (CCRF), un fonds de financement mixte visant à mobiliser des capitaux auprès des institutions commerciales, des institutions de financement du développement et des investisseurs à impact en faveur de la résilience climatique et de la durabilité économique dans la région des Caraïbes.