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3 avril 2025
Société
L’ÉTAT D'URGENCE DES PRISONS SÉNÉGALAISES
Environ 14 000 détenus se partagent 10 000 places. Les détentions provisoires peuvent durer jusqu'à six ans. Une situation explosive qui, selon l'ONU, "peut entraîner des conséquences dramatiques"
(SenePlus) - Une poudrière qui menace d'exploser. C'est le constat alarmant dressé par Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la torture, à l'issue de sa mission d'inspection des prisons sénégalaises menée du 3 au 14 février, rapporte Jeune Afrique. Le tableau qu'elle dépeint est sans appel : une surpopulation carcérale atteignant 40%, des conditions de détention qualifiées d'inhumaines et un système pénitentiaire au bord de la rupture.
Les chiffres sont éloquents : environ 14 000 détenus se partagent 10 000 places dans 37 établissements pénitentiaires à travers le pays. Une situation explosive qui, selon la rapporteuse spéciale citée par Jeune Afrique, "peut entraîner des conséquences dramatiques, telles que des émeutes, des violences ou la propagation soudaine et incontrôlable de maladies infectieuses ou transmissibles."
Le problème est d'autant plus grave que les normes d'occupation sont parfois définies selon des critères budgétaires plutôt que sur la base du nombre de lits disponibles. Certains détenus ont confié à la rapporteuse qu'ils avaient "l'impression d'être détenus dans des conditions proches de l'esclavage".
Seydi Gassama, directeur exécutif d'Amnesty International Sénégal, confirme à JA la vétusté des installations : "Héritées de l'époque coloniale, celles-ci sont vétustes et surpeuplées." La construction de nouvelles prisons reste exceptionnelle, comme à Fatick ou à Sébikotane, la tendance étant plutôt à la rénovation des bâtiments existants.
Face à cette situation, la rapporteuse de l'ONU suggère de s'inspirer d'autres pays qui ont vendu leurs anciennes prisons coloniales pour les transformer en hôtels, utilisant les fonds pour construire des établissements modernes.
L'enquête révèle également des dysfonctionnements majeurs dans le système judiciaire. La détention provisoire peut s'étendre jusqu'à six ans dans l'attente d'un procès. Selon Seydi Gassama, cité par Jeune Afrique, cette situation s'explique en partie par "la culture punitive du ministère public", les procureurs requérant presque systématiquement la détention, même pour des infractions mineures liées aux réseaux sociaux.
Le manque de magistrats aggrave le problème en rallongeant mécaniquement la durée des instructions. La rapporteuse préconise des mesures radicales, notamment la réduction automatique de 20% des peines pour les condamnations de plus de trois ans et la libération des détenus en attente de jugement depuis plus d'un an, sauf pour les crimes les plus graves.
Depuis l'alternance politique récente, Jeune Afrique note quelques évolutions positives : "De plus en plus de délinquants présumés sont jugés en flagrant délit" et les peines prononcées sont souvent assorties du sursis ou relativement courtes, selon Seydi Gassama. Le gouvernement montre également sa volonté d'agir, avec la construction en cours d'une nouvelle prison de 2 500 places et le développement d'alternatives à l'incarcération, comme le bracelet électronique.
Toutefois, ces mesures semblent insuffisantes face à l'ampleur du défi. Le système carcéral sénégalais nécessite une réforme en profondeur pour sortir de cette situation que l'ONU qualifie d'inhumaine, conclut le magazine panafricain.
UN SOUS-OFFICIER DES DOUANES ET SON EPOUSE DEVANT LA BARRE
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme
Le sous-officier des Douanes N. Ndiaye, en service au fret de l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd), et son épouse N. F. Kane ont fait face hier au juge de la Cour d’appel de Dakar, pour escroquerie, association de malfaiteurs, faux et usage de faux au préjudice de Djily CSB et autres. Le parquet général demande l’application de la loi. Les mis en cause seront fixés sur leur sort le 3 mars prochain.
Traduits en justice pour faux et usage de faux, exercice illégal de commerce, association de malfaiteurs et escroquerie, le douanier N. Ndiaye et son épouse N. F. Kane ont été déclarés coupables et condamnés en première instance à deux ans de prison ferme. Ils avaient interjeté appel. Hier, les mis en cause ont comparu devant la barre de la Cour d’appel de Dakar. Le gabelou renseigne qu’il a divorcé de son épouse mais ils étaient mariés au moment des faits. Il clame son innocence dans ce dossier. «Je suis toujours un agent des douanes. Dans ce problème, j’ai cherché à aider ma femme. Je n'ai absolument rien à voir avec ça», s’est-il défendu. Le juge lui fait savoir que les plaignants ont eu confiance en lui et lui ont remis leurs marchandises parce qu’il s’est présenté en sa qualité de douanier. «Tu ne devais même pas être dans la douane. Ce que tu as fait est grave», a indiqué le magistrat à qui le prévenu a confié qu’il est toujours en fonction.
Sa co-prévenue, N. F. Kane soutient avoir interjeté appel parce qu’elle estime n’avoir pas commis les faits qui lui sont reprochés. «N. Ndiaye était mon mari. À l’époque, ma mère était dans sa dernière phase de maladie. Elle avait un cancer. C’est ainsi que j'ai dit à mon mari que je vais arrêter le travail puisque je ne pouvais plus allier les va et vient de l’activité de commerce et l’hôpital. Il m’a demandé de le laisser gérer mon commerce puisqu’il voulait faire un business parallèle. Il ne m’a jamais financée comme il l’a dit à la barre», s’est dédouanée N. F. Kane.
L’une des parties civiles, Djily, renseigne qu’à l’époque, N. Ndiaye était l'époux de N. F. Kane. «Son mari est venu me voir en se présentant comme douanier. Il avait brandi sa carte professionnelle, une décharge et un chèque sans provision. C’est sur ces déclarations que je me suis basé pour accepter la commande de marchandises qu’il avait faite auprès de moi. À date échue, je l’ai appelé mais il m’a renvoyé auprès de sa femme. Et quand j’ai contacté celle-ci, elle m’a dit aussi de retourner vers lui pour recouvrer ma créance», dit-il.
Me Khadim Kébé, avocat de N. F. Kane, soutient que sa cliente n’a jamais eu de problèmes avec ses fournisseurs. «Quand elle était sur le point d’accoucher et malade, elle a dit à son mari qu’elle comptait arrêter. Mais N. Ndiaye s’est immiscé dans son commerce. Et quand il est allé pour la première fois auprès des fournisseurs, il y est allé avec son épouse. Mais les autres fois, il y allait seul pour faire les commandes. Et pour leur mentir, il leur montrait sa carte professionnelle tout en leur disant qu’il est un colonel des douanes, en leur laissant des chèques de garantie avant d’encaisser les téléphones portables. Ainsi, je demande la relaxe de ma cliente», a plaidé l’avocat
Me Ousseynou Gaye, conseiller de N. Ndiaye, déclare que toute la plaidoirie de son acolyte a consisté à charger son client alors qu’ils oublient qu’ils étaient mariés. «La posture deN. Ndiaye, c’était juste de lui venir en aide puisqu’elle était dans un coma diabétique. Il lui est reproché des faits d'association de malfaiteurs, complicité d’escroquerie et d'exercice illégal de commerce. C’est un agent de constatation des douanes. Ndiaye a constaté que sa femme avait des problèmes etil est venu faire un engagement avec sa carte professionnelle pour donner son engagement. Raison pour laquelle je demande la relaxe», plaide Me Gaye. Le parquet général a requis l’application de la loi. Délibéré le 3 mars prochain.
LE PROJET DE MOBILISATION DES RESSOURCES EN EAU DU NIANIJA BOLONG LANCE À KOUNGHEUL, LE 21 FÉVRIER PROCHAIN
Le président de la République présidera le lancement officiel du Projet de Mobilisation des Ressources en Eau du Nianija Bolong (PROMOREN), le 21 février 2025, à Koungheul, dans la région de Kaffrine
Le président de la République du Sénégal, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, présidera le lancement officiel du Projet de Mobilisation des Ressources en Eau du Nianija Bolong (PROMOREN), le 21 février 2025, à Koungheul, dans la région de Kaffrine, informe un communiqué du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le PROMOREN, qui se déploie sur le bassin versant du Nianija Bolong, a pour objectif principal d’améliorer la disponibilité des ressources en eau de surface. Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement durable, visant à renforcer la résilience des écosystèmes face aux défis des changements climatiques tout en créant les conditions favorables au développement des activités agro-sylvo-pastorales.
Le projet prévoit de mobiliser annuellement 46,6 millions de mètres cubes d’eau douce, ce qui contribuera à stopper l’intrusion des eaux salées en provenance du fleuve Gambie. Cette initiative permettra également de valoriser 12.000 hectares de terres chaque année, avec la création attendue de 30.000 emplois directs et indirects, contribuant ainsi à la dynamisation de l’économie locale.
Le PROMOREN, dont le coût total est estimé à 36 milliards de F CFA, est financé à 92% par un prêt de la Banque Islamique de Développement (BID), tandis que l’État du Sénégal assure la contrepartie de 8%. Ce financement va permettre la réalisation de plusieurs travaux d’infrastructures, dont la construction d’un nouveau barrage anti-sel, le dragage et le surcreusement du cours d’eau, ainsi que la réhabilitation d’ouvrages hydrauliques. Des digues seront également construites et des efforts de restauration des écosystèmes seront déployés pour garantir la durabilité de l’ensemble du projet.
Le projet PROMOREN s’inscrit dans le cadre des orientations du référentiel « Sénégal Vision 2050 », un plan stratégique visant à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer la gestion des ressources naturelles. Par cette initiative, le gouvernement sénégalais met un accent particulier sur la souveraineté alimentaire, avec l’ambition d’assurer la disponibilité de l’eau brute en quantité suffisante et de qualité, essentielle pour le développement des activités agricoles et pastorales.
OUSMANE DIAGNE PLAIDE POUR L’OPTIMISATION DES RESSOURCES FINANCIERES
Le Garde des Sceaux ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a plaidé hier, lundi 17 février, pour une rationalisation des ressources de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA).
Le Garde des Sceaux ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a plaidé hier, lundi 17 février, pour une rationalisation des ressources de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Il présidait la réunion du Comité d’experts, une rencontre préparatoire de la 58e session du Conseil des ministres prévue ce jeudi 20 février 2025.
L e Garde des Sceaux, ministres de la Justice, Ousmane Diagne, par ailleurs présidant du Conseil des ministres de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), souhaite l’optimisation des ressources allouées à cette organisation. «Je vous invite à veiller rigoureusement à ce que les ressources à allouer aux institutions de l’OHADA correspondent à des programmes d'activités claires, réalistes et réalisables, dans le strict respect des termes de la lettre de cadrage budgétaire», a-t-il exhorté hier, lundi 17 février, à la réunion du Comité des experts, une rencontre préparatoire de la 58e session du Conseil des ministres, prévue ce jeudi 20 février 2025. Ousmane Diagne trouve nécessaire que «les prévisions budgétaires de l'année intègrent tous les appuis financiers attendus des partenaires techniques et financiers de l’OHADA». Le ministre sénégalais de la Justice de rappeler également que «le Règlement n°002-2003-CM OHADA du 18 octobre 2023, relatif au mécanisme de financement autonome de l’OHADA est toujours d'actualité ; sa mise en œuvre effective et complète reste toujours attendue».
Pour Ousmane Diagne, «les difficultés de mobilisation des contributions des États membres ont atteint un seuil critique. Et si elles devaient perdurer, ces difficultés de mobilisation des ressources affecteraient bientôt jusqu'au fonctionnement régulier des actions et, bien évidemment, leur productivité aux dépens de la sécurité juridique, pour la promotion de laquelle nos efforts sont unanimement salués à travers le monde». Il est revenu également sur l’importance de désigner un Commissaire au compte de l’OHADA à qui il appartient de vérifier, dit-il, «la sincérité et la régularité des comptes annuels des institutions afin d'en faire rapport au Conseil des ministres»
Le secrétaire général de l’OHADA, Mayatta Ndiaye Mbaye, a, pour sa part, insisté sur les réalisations de la Cour commune de justice et d'arbitrage (de l’OHADA). «Nous avons eu une année 2024 féconde, dans un contexte marqué par des difficultés aiguës de mobilisation des ressources, les différentes institutions ont poursuivi l'exécution quotidienne de leurs activités avec des résultats plus que satisfaisants par rapport à la modicité des moyens disponibles. En particulier, la Cour commune de justice et d'arbitrage a rendu 381 arrêts et 73 ordonnances au cours de l'année 2024, enregistrant ainsi la plus grande performance de la cour depuis le début de ses activités en 2001», a-t-il affirmé
Après avoir salué des contacts avec des partenaires financiers afin de mobiliser des ressources, il a aussi rappelé que «des démarches diplomatiques et techniques sont entreprises vis-à-vis de la République de Madagascar et de la République du Burundi dans la perspective d'une extension territoriale de l’organisation».
CES RÉFORMES QUI RISQUENT D’EMBRASER LE FRONT SOCIAL
Baisse annoncée des salaires, réduction des subventions sur l’électricité, suppression d’agences publiques…Un vent de contestation souffle de plus en plus fort au Sénégal
Un vent de contestation souffle de plus en plus fort au Sénégal. Les enseignants du supérieur, les médecins, les étudiants expriment leur mécontentement. D’autres secteurs qui ont connu une certaine accalmie, se font entendre avec force pour faire valoir leurs revendications socioprofessionnelles. Face à cette situation, on se demande si les réformes telles que la réduction des salaires et celle des subventions de l’électricité annoncées par le gouvernement ne vont-elles pas causer un embrasement du front social ?
Face aux défis budgétaires importants du Sénégal, il est urgent de trouver des voies et moyens pour une sortie de crise économique. Invité de l’émission Point de vue sur la RTS dimanche dernier, 16 février, le ministre secrétaire général du gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lo a annoncé plusieurs réformes allant de la suppression de certaines agences publiques, la réduction des exonérations fiscales et des subventions sur l’électricité et le carburant pour une certaine couche, à la baisse des salaires élevés, entre autres. Cette annonce intervient quelques jours après la publication du rapport de la Cour des Comptes qui révèle de « graves irrégularités » dans la gestion des finances publiques entre 2019 et mars 2024. « Les résultats de l’audit ont mis en exergue des manquements d’une gravité inouïe. Le poids de la dette du Sénégal est extrêmement important et a freiné nombre de nos ambitions et initiatives », a dit le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, samedi dernier. Il y a de cela quelques semaines, il avait aussi annoncé que l’Etat du Sénégal est confronté à des contraintes budgétaires majeures, laissant très peu de marges de manœuvres financières. Le constat est « alarmant », à en croire les autorités. Toutefois, les réformes annoncées risquent d’embraser le front social qui est déjà en ébullition.
Près d’un an après l’installation du nouveau régime, les protestations se font de plus en plus audibles. Plusieurs secteurs menacent et annoncent la couleur : éducation nationale, enseignement supérieur, santé. Le Syndicat autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (Sames) entame une grève de 48 heures ce mardi sur l’ensemble du territoire national, avec un service strictement limité aux urgences. Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) observe aussi une nouvelle grève de 48heures à partir de ce mardi 18 février. Quant aux étudiants, ils réclament leurs bourses et de meilleures conditions d’études. De l’autre côté, le Syndicat des travailleurs du secteur primaire a déposé un préavis de grève afin d’exiger le respect du protocole d’accord signé le 1er décembre 2022 par le ministère de la Fonction publique. Plusieurs syndicats se font entendre pour le respect des accords signés avec l’ancien régime. D’autre part, les vagues de licenciement se multiplient dans les structures publiques.
Au Port autonome de Dakar, à l’Aéroport international Blaise Diagne, au Commissariat à la Sécurité alimentaire et à la Résilience, des travailleurs se retrouvent au chômage. Dans d’autres secteurs comme la direction de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser) et la Caisse des dépôts et consignations (Cdc), il est proposé des plans de départ sociaux aux agents. Ce qui ne laisse pas indifférentes les centrales syndicales. Face à la presse vendredi dernier, elles ont dénoncé l’accumulation des problèmes rencontrés par les travailleurs notamment les licenciements qu’ils qualifient d’abusifs à l’image de ceux dans le secteur pétrolier, au port de Dakar ou dans les administrations. Parmi leurs préoccupations, il y a aussi le coût de la vie ainsi que les retards de paiement, voire le non-paiement des salaires. C’est pourquoi les centrales syndicales n’excluent pas d’aller vers une grève générale si le gouvernement ne répond pas à leurs revendications. Le front social bout donc comme un volcan qui peut se réveiller à tout moment. Ajoutées à cela, les réformes envisagées par le gouvernement, l´explosion peut faire mal.
PROCÈS MADIAMBAL – TÉLICO, LE PARQUET REQUIERT LA CONFIRMATION DU JUGEMENT
Après plusieurs renvois, le procès en appel de l’affaire de diffamation opposant l’ancien président de l’Union des magistrats sénégalais (UMS) au journaliste s’est déroulé ce lundi 17 février 2025.
Après plusieurs renvois, le procès en appel dans l’affaire de diffamation opposant l’ancien président de l’Union des magistrats sénégalais ( UMS), Souleymane Téliko au journaliste Madiambal Diagne s’est tenu ce lundi 17 février 2025. A l’issue des débats, le parquet général a requis la confirmation du jugement de première instance déclarant le journaliste coupable.
Dans sa décision rendue le 17 juin 2021, le tribunal correctionnel de Dakar a déclaré Madiambal Diagne coupable de diffamation sur la personne de Souleymane Téliko. Le patron du journal « Le Quotidien » avait été condamné à trois mois de prison ferme. avec une amende de 500.000FCfa. Madiambal Diagne avait aussi été condamné à allouer au magistrat la somme de 5 millions de FCfa au titre de dommages et intérêts.
Non satisfait de sa condamnation, il a fait appel
« Dans cette affaire, je me considère comme une victime parce que je pensais défendre la justice. C’est ce qui avait motivé ma sortie. (..) J’ai fait appel parce que je pense que j’ai été mal jugé », a justifié Madiambal Diagne, condamné pour avoir déclaré dans une émission que l’actuel directeur général du Centre de formation judiciaire (CFJ) avait été épinglé par un rapport de l’Union européenne pour avoir perçu indûment des indemnités dans le cadre d’une mission des Chambres africaines extraordinaires sur l’affaire Habré.
Devant la Cour d’appel de Dakar, le journaliste a continué à clamer son innocence. Il a admis qu’il ne s’agit pas certes d’un rapport de l’UE mais le fait est que Souleymane Téliko a bel et bien encaissé de l’argent des CAE alors que l’État du Sénégal lui avait déjà remis des frais de mission.
Le délibéré aura lieu le 3 mars. La défense quant à elle a plaidé l’infirmation et les avocats de Téliko confirmation.
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LA RELATION PLUTÔT QUE LA DOMINATION
Comment résister quand l'obscurantisme gagne du terrain ? Dans un entretien avec Edwy Plenel, Patrick Chamoiseau propose de réinventer notre rapport au monde par la poésie et l'art, seuls remparts contre la "bêtise" du capitalisme triomphant
Dans un entretien riche et profond accordé à Edwy Plenel pour la dernière édition de son émission "L'échappée", l'écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau livre une analyse saisissante de notre époque. Le lauréat du Prix Goncourt pour « Texaco » dévoile sa pensée depuis la Maison de l'Amérique latine à Paris, lieu symbolique que le cofondateur de Médiapart décrit comme subversif face à l'appropriation du terme « Amérique » par Donald Trump.
Le "marqueur de paroles", comme il aime se définir en représentant une expression martiniquaise, s'inquiète de l'entreprise grandissante du capitalisme extrême. Selon lui, ce système renforce ce qu'il nomme la "bêtise", un obscurantisme qui nous coupe du monde. Face à cette dérive, Chamoiseau appelle à développer un autre imaginaire, y compris dans la vie quotidienne : dans notre façon de consommer, de nous déplacer, de nous nourrir.
L'invité de Plenel observe une disparition préoccupante du poétique dans nos sociétés. Il propose une articulation entre le prosaïque (la sécurité, les besoins fondamentaux) et le poétique (la joie, l'amitié, la fête, la créativité, l'amour). Pour l'écrivain martiniquais, l'art de vivre aujourd'hui consiste non pas à opposer ces dimensions, mais à permettre au poétique d'irriguer pleinement la nécessité prosaïque.
Héritier de la pensée d'Édouard Glissant, Chamoiseau développe le concept de « relation », central dans sa réflexion. Cette notion implique la reconnaissance et le respect de la diversité du monde, s'opposant aux réponses identitaires et aux grands récits dominants. Face à la montée des nationalismes et des extrémismes, l'auteur de "Frères Migrants" insiste sur l'importance de percevoir les émergences positives dans les "épaisseurs du réel".
Le romancier souligne également le rôle crucial des stimulations artistiques et esthétiques pour élargir notre sensibilité et notre perception du monde. Il cite notamment le "Cahier d'un retour au pays natal" d'Aimé Césaire comme exemple d'un "organisme narratif" qui transcende la simple poésie pour devenir un outil de résistance et de compréhension du monde.
Chamoiseau dessine les contours d'un nouvel humanisme, non plus vertical mais horizontal, ancré dans la mondialité plutôt que dans la mondialisation économique. Cette vision, explique l'écrivain, s'incarne dans un monde de rencontres, de mobilité et d'hospitalité, en opposition directe avec les réponses identitaires et nationalistes actuelles.
THIEO S'OPPOSE A UN PROJET IMMOBILIER
Les cultivateurs en colère dénoncent une délibération municipale et interpellent l’État Un conflit foncier secoue Thieo, un village situé dans la commune de Notto Diobass, département de Thiès.
Les cultivateurs en colère dénoncent une délibération municipale et interpellent l’État Un conflit foncier secoue Thieo, un village situé dans la commune de Notto Diobass, département de Thiès. Les habitants, majoritairement des cultivateurs, s'opposent fermement à un projet immobilier portant sur 96 hectares de terres agricoles.
Selon eux, un promoteur immobilier tente d’exécuter un lotissement basé sur une délibération controversée prise en 2018 par l’ancienne municipalité dirigée par Alioune. Face à cette situation, les populations se sont mobilisées pour dénoncer l’accaparement de leurs terres et ont interpellé les autorités, notamment le chef de l’État, pour éviter une escalade du conflit.
« Nous sommes prêts à tout pour défendre nos terres »
Lors d’un rassemblement, les habitants ont exprimé leur colère par la voix de Babacar Ciss, l’un de leurs porte-paroles :
« Nous prenons à témoin l’opinion publique. Le promoteur veut exécuter un projet de lotissement de 96 hectares, mais nous disons non ! En 2018, une délibération a été prise en catimini par le conseil municipal, et nous avons réussi à en obtenir une copie qui nous avait été cachée. »
Selon les contestataires, leur refus de céder ces terres leur a valu des convocations à la gendarmerie et à la DESCOS (Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol).
Déterminés à protéger leur patrimoine agricole, ils exigent l’annulation du projet et préviennent qu’ils sont prêts à tout :
« Il est hors de question de perdre nos terres cultivables. Nous sommes prêts à y laisser nos vies ! »
Un conflit aux enjeux majeurs
Ce litige met en lumière les tensions croissantes autour de l’accès aux terres agricoles au Sénégal. Entre pression foncière et expansion immobilière, de nombreux villages se retrouvent face à des décisions municipales contestées.
Les habitants de Thieo appellent ainsi les autorités à intervenir avant que la situation ne dégénère.
Par Fatou Warkha SAMBE
CES MAUX QUE L’ON TAIT
Certains s'identifient au message de Matar Diagne, d'autres ont été sauvés par du soutien. Mais beaucoup restent sans aide. Sommes-nous assez attentifs à la souffrance autour de nous ?
Nous vivons dans une société où l’espoir s’efface lentement, comme un murmure étouffé par le bruit des exigences et des illusions perdues. Une jeunesse en quête d’avenir se cogne contre un mur d’indifférence, traînant derrière elle des rêves brisés et des ambitions érodées par l’incertitude. Nous avançons, fatigués, sous le poids des attentes familiales, des contraintes économiques et des inégalités qui s’étirent comme une ombre. Exprimer son mal-être est perçu comme une faiblesse, alors que c’est parfois le seul cri qui nous reste avant de sombrer.
Chaque disparition tragique, chaque acte de violence lié à la santé mentale secoue l’opinion publique comme une onde de choc qui s’éteint aussitôt qu’elle est née. Nous nous sentons tous concernés, car chacun porte en lui des blessures invisibles, des douleurs qu’il tait par peur d’être incompris. Mais combien de ces douleurs resteront-elles sans écho ? Combien de vies s’éteindront en silence, noyées sous l’injonction à tenir, à paraître invincibles dans un monde qui broie sans relâche ?
La lettre publiée sur la page de Matar Diagne, cet étudiant retrouvé sans vie dans sa chambre à l’Université Gaston Berger, dont l’autopsie a confirmé la thèse du suicide, a ravivé un malaise profond. Ce qui bouleverse dans ces réactions, ce n’est pas seulement la douleur d’un destin brisé, mais la façon dont chacun y projette sa propre lutte. Certains se reconnaissent dans les mots laissés, d’autres témoignent de l’importance d’un soutien qui les a sauvés. Mais pour tant d’autres, il n’y a ni oreille attentive, ni regard bienveillant, ni main tendue pour retenir leur chute. Nous courons après la réussite, pensant que les biens matériels combleront le vide. Pourtant, ce manque est là, profond, abyssal. Nous avons soif d’amour, de reconnaissance, d’un lieu où être soi ne soit pas un luxe. Même ceux qui condamnent son geste ne le font pas toujours par conviction religieuse, mais parce qu’ils vivent la même détresse, parfois pire, et s’accrochent malgré tout, tentant de survivre là où l’on ne laisse aucune place à la vulnérabilité. Les cas de détresse explosent, et pourtant, la santé mentale demeure un tabou. On nous apprend à sourire même quand tout s’effondre, à tenir même quand nous sommes à bout, à ravaler nos peines pour ne pas déranger. Mais qui prend soin de celles et ceux qui portent ce fardeau invisible ?
L’absence de prise en charge de la santé mentale est une blessure béante dans notre société. Peu de structures existent pour accompagner ceux qui souffrent, et celles qui existent restent inaccessibles, faute de moyens ou par manque d’information. L’impact de cette négligence est terrible : des vies brisées, des familles détruites, des générations entières condamnées à porter un poids qu’ils n’ont jamais choisi. L’anxiété chronique, la dépression, les pensées suicidaires, l’épuisement émotionnel ne sont pas de simples états d’âme : ce sont des silences qui tuent à petit feu.
L’histoire se répète inlassablement, comme une pièce de théâtre dont nous connaissons déjà la fin. En 2012, les révélations sur les milliards détournés faisaient la Une, les scandales s’empilaient, les promesses de justice se multipliaient. Mais au fil du temps, l’indignation a cédé la place à l’oubli, et les coupables ont disparu dans l’ombre, protégés par un système qui pardonne aux puissants. Aujourd’hui, les chiffres de la Cour des comptes révèlent de nouvelles malversations, des fonds publics dilapidés à une échelle insoutenable. Encore une fois, ces révélations captivent, suscitent la colère, mais pour combien de temps ? La population endure, souffre, se débat avec des urgences bien plus pressantes que ces scandales qui finissent toujours par être enterrés.
Sommes-nous condamnés à revivre le même cycle de mensonges et d’impunité ?
Ces scandales «politiques» occultent déjà la tragédie de cet étudiant, comme tant d’autres injustices. Mais ils ne peuvent effacer la peur qui brille dans les regards, celle de ces centaines de citoyens qui, du jour au lendemain, se retrouvent au chômage à cause de décisions politiques. Que ce soit la fermeture des bases françaises, les politiques d’austérité -comme la récente décision de Donald Trump de supprimer des agences comme l’Usaid et de suspendre d’autres institutions d’aide internationale- ou encore ces nouveaux directeurs d’agence qui licencient pour recruter des militants en guise de récompense politique. Ces licenciements de masse exacerbent une crise de l’emploi déjà insoutenable, où les opportunités sont rares et l’espoir d’un avenir stable s’amenuise chaque jour un peu plus.
Le harcèlement en ligne est devenu une arme invisible, mais dévastatrice. Derrière un écran, les mots fusent sans retenue, les humiliations s’enchaînent, les accusations se propagent comme une traînée de poudre. Pour certaines victimes, ce n’est pas seulement une question d’image ou de réputation : c’est un poids psychologique qui les écrase, les enfermant dans une spirale d’anxiété, de honte et parfois même de désespoir. Combien d’adolescents, de militants, de personnalités publiques ont sombré sous le poids de cette violence numérique ? Combien de vies ont été brisées par une rumeur amplifiée, par des insultes incessantes, par l’acharnement collectif d’inconnus qui ne mesurent pas l’ampleur des cicatrices qu’ils laissent derrière eux ? Des nuits entières sont consacrées à des «révélations» sans preuve, à l’étalage public de l’intimité des personnes, aux accusations infondées relayées pour faire de l’audience. Des vies sont brisées par des sextapes diffusées sans consentement, par des mensonges orchestrés pour salir une réputation, par des familles endeuillées qui voient l’histoire de leurs défunts déformée et exploitée pour le divertissement. Derrière chaque scandale viral, il y a des êtres humains piégés dans un lynchage collectif, qui ignore les séquelles psychologiques qu’il laisse derrière lui.
Combien de personnes souffrent en silence, accablées par le manque d’affection, par des attentes irréalistes, par des trahisons qui laissent des plaies profondes ? Dans un monde où le matériel prend le dessus sur les sentiments, où la valeur d’un individu semble parfois se mesurer à ce qu’il possède plutôt qu’à ce qu’il est, les liens humains se fragilisent. Les cadeaux remplacent les paroles réconfortantes, la réussite financière se substitue à la tendresse, et les connexions authentiques s’effacent derrière des obligations superficielles. Combien d’âmes se brisent sous le poids d’une relation toxique, d’un amour non partagé, d’un rejet familial ou de l’indifférence d’un ami ? L’absence d’écoute, le manque de reconnaissance, l’incapacité à exprimer ses émotions sans peur du jugement transforment parfois les liens affectifs en blessures qui ne cicatrisent jamais. Car la solitude ne vient pas toujours d’un isolement physique, mais souvent du sentiment d’être incompris, invisible, même entouré.
Regardons-nous vraiment ceux qui souffrent autour de nous ? Sommes-nous capables d’entendre les silences pesants, ces non-dits qui trahissent une détresse que l’on refuse de voir ?
L’Etat doit agir maintenant. Il ne peut plus ignorer la douleur de son peuple. Pourquoi la santé mentale n’est-elle toujours pas une priorité ? Pourquoi les budgets alloués aux infrastructures psychologiques sont-ils si dérisoires face à l’ampleur du problème ? Pourquoi la Justice ne protège-t-elle pas mieux les victimes des lynchages médiatiques, du harcèlement en ligne et de la détresse psychologique qui en découle ? Il est temps d’offrir de vraies solutions, d’écouter, de protéger, d’agir.
Moi aussi, comme vous, je ressens le poids des attentes, des jugements, de toutes ces injonctions qui dictent nos vies et nous enferment dans des cases trop étroites. Comme vous, j’ai été ébranlée par les mots qui blessent, les silences qui tuent, les déceptions qui marquent. Mais ce qui me permet de tenir, ce qui me permet de croire encore, c’est cette infime lueur qui, même vacillante, refuse de s’éteindre. Dans tout ce que je traverse, dans chaque chute et chaque doute, je cherche ce fil invisible qui relie encore mon cœur à l’espoir. Parfois, c’est un sourire échangé, une présence discrète mais précieuse, une main tendue quand je n’y croyais plus. Si vous ne l’avez pas encore trouvée, cherchez cette lumière, même minuscule, qui réchauffe l’âme et rappelle que nous ne sommes pas seuls. Que même dans l’obscurité la plus totale, il y a toujours une promesse d’aube. Prenons soin de nous, osons demander de l’aide, osons exister pleinement, car chaque souffle porte en lui la possibilité d’un renouveau.
Par Vieux SAVANE
S’AJUSTER PAR L’EXEMPLE
La meilleure manière de mobiliser les troupes, c’est de se mettre en première ligne. On jette tout le clinquant et le m’as-tu vu qui coûtent cher au trésor public et n’apportent aucune plus-value.
«Ce qui s’est passé est inadmissible, incompréhensible et porte préjudice au Sénégal », a indiqué Ahmadou Al Aminou Lô, Ministre, Secrétaire général du Gouvernement, en commentant hier dimanche, le rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques pour la période 2019- 2024. Et de préciser qu’« il va falloir serrer la ceinture, en commençant par l’Etat », avec une suppression d’agences, une rationalisation des subventions, des dépenses de transfert, des exonérations.
Selon le ministre, « L’heure est extrêmement grave parce que des gens investis de la confiance du peuple ont eu à avoir des comportements qui ont consisté à fausser les comptes ». Aussi a-t-il indiqué : "Si on écoute tout le monde dans ses revendications, c'est un naufrage collectif qui nous attend".
On veut bien le croire, mais à lui et au gouvernement auquel il appartient, de convaincre en donnant l’exemple. La meilleure manière de mobiliser les troupes, c’est de se mettre en première ligne. On jette les costumes, on baisse les salaires des ministres, on rationalise les agences, on en finit avec ces longs cortèges de voiture rutilantes, les voyages en première classe aux frais de la princesse. En un mot avec tout le clinquant et le m’as-tu vu qui coûtent cher au trésor public et n’apportent aucune plus-value.
On l’aura compris, il appartiendra au gouvernement d’être soucieux au premier chef de la bonne gestion de l’argent public, de montrer de la sobriété, de l’engagement. Il se doit de délivrer un message fort à savoir qu’on n’accède pas au pouvoir pour bénéficier de privilèges qui grugent le trésor public mais pour se mettre au service des populations. C’est la manière la plus probante d’opérer un changement de paradigme susceptible de ruisseler sur des pans entiers de la population et d’entrainer l’adhésion de la plupart des Sénégalais et de les amener à consentir à faire des sacrifices, même s’ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts.
A l’endroit de l’ancien régime, le ministre dit avoir personnellement alerté, en tant qu'ancien directeur national de la BCEAO, sur les dangers de sa gestion hasardeuse. Ce que viendrait conforter les révélations accablantes contenues dans le rapport de la Cour des comptes, relativement à l'endettement du Sénégal qui atteint désormais 99,65% du PIB, pulvérisant le plafond de 70% fixé par les normes communautaires.
Mais cela ne saurait être un argument suffisant pour la simple raison que tout pouvoir « hérite du passif comme de l’actif » du régime qui l’a précédé.
Habitués en effet aux beaux discours non suivis d’effets, les Sénégalais veulent à coup sûr sortir de l’ère de la communication tous azimuts pour entrer de plain-pied dans le monde de la concrétude. Ils veulent que s’édifie une gouvernance respectueuse des lois et règlements, avec des autorités exemplaires qui ne profitent pas de leurs positions pour se la couler douce mais se positionnent plutôt comme des modèles en arrivant les premiers au bureau et en ressortant les derniers.
Il est essentiel d'assumer pleinement les responsabilités du pouvoir en mettant en œuvre des politiques inclusives et efficaces. La stabilité d'un pays repose en effet sur la cohésion sociale et l'équité dans la gestion des affaires publiques. Seules la transparence, la justice et la rigueur permettront de surmonter les défis et de bâtir un État fort et respecté.
A l’évidence tout le monde a conscience que durs sont les temps d’aujourd’hui, comme l’attestent toute cette vague de jeunes gens et de jeunes filles prêts à tout pour s’exiler, sous la couverture de la migration circulaire ou à leurs risques et périls, à la recherche de champs d’avenir à cultiver. Les centrales et fédérations syndicales qui se sont réunies vendredi dernier à la Bourse du travail de la Cnts (Keur Madia) et affirmé leur intention de déclencher une grève générale pour la défense des intérêts de leurs mandants seront certainement plus enclines à entendre un gouvernement qui met sur la table les sacrifices auxquels il va consentir en premier.
C’est dire que ce vent de fronde qui semble vouloir souffler appelle à instaurer au plus vite des relations de confiance avec les partenaires sociaux et les citoyens. Aussi, la publication du rapport définitif de la Cour des Comptes mercredi dernier, invite-t-elle au contraire à nous garder de toute conjecture pour nous inscrire dans un véritable et fécond débat de fond. Celui qui convoque l’esprit critique avec l’objectif d’identifier, étape par étape, les goulots d’étranglements qui compriment le Sénégal depuis près de 65 ans, l’empêchant d’afficher la ferme volonté d’avancer vers une gestion vertueuse des deniers publics, piétinant comme interdit de mouvement, sous peine de se voir aspirer par les sables mouvants de la mal gouvernance. Au-delà de toute mise en scène, il revient au président de la République Bassirou Diomaye Faye, au Premier ministre Ousmane Sonko, aux ministres et à l’ensemble du gouvernement de prendre la pleine mesure de leurs responsabilités. Aux partenaires sociaux, à la société civile, aux médias, de rester vigilants et sans concession dans la consolidation d’un Etat de droit soucieux de la bonne gestion des deniers publics. Plus que jamais, le leadership doit s'incarner dans une action efficace, guidée par la responsabilité et la justice. Il en va de notre vitalité démocratique.