PLUS DE 1 500 JEUNES DANS LES GEOLES
Le direction générale de la protection judiciaire et sociale a publié hier le rapport national annuel sur la situation de la prise en charge des mineurs.

Le direction générale de la protection judiciaire et sociale a publié hier le rapport national annuel sur la situation de la prise en charge des mineurs. Ledit document révèle que sur les 17 057 cas recensés, 1 560 mineurs sont en conflit avec la loi dont 83% placés sous mandat de dépôt en 2023 dans les procédures de flagrant délit
Le nombre de mineurs en conflit avec la loi prend une proportion inquiétante au Sénégal. D'après le rapport annuel sur la prise en charge des mineurs, plus de 1 500 mineurs ont été présentés au ministère public durant l'année 2023. Dans cet effectif, il y a 1 480 garçons soit 94,9% et 80 filles représentant 5,1%. «Comparé à l'année 2022 où l'effectif de cette catégorie de mineurs était de mille trois cent quarante-cinq (1 345), une augmentation de 215 enfants est notée soit 16% en valeur relative», renseigne le rapport.
S'agissant des procédures de flagrant délit, informe le document, celles-ci sont les plus fréquentes, soit 83,8% dont 78,7% avec mandat de dépôt et 21,3% avec liberté provisoire. «Une procédure qui a augmenté de 95 dossiers par rapport à 2022», indiquent les enquêteurs de la direction de la protection judiciaire et sociale.
Pour les procédures en instruction, ils informent que celles-ci concernent 101 mineurs dont 85 avec mandat de dépôt représentant 5,4% des cas et 16 assortis de la liberté provisoire soit 1%. «Les procureurs ont aussi accordé la liberté provisoire avec remise aux civilement responsables à 99 mineurs représentant 6,3% de l'effectif total. Ils ont également classé sans suite avec admonestation 41 dossiers de mineurs», ajoute le document.
De l’avis de la Directrice de la protection judiciaire et sociale, Aissé Gassama Tall, ces placements sous mandat de dépôt sont dus au manque de centres. «Pour les dossiers qui sont à l'instruction, on a 76% des enfants qui sont placés sous mandat de dépôt. Alors que l'article 576 du Code de procédure pénale dit que le juge d'instruction ne peut placer un enfant en maison d'arrêt que si la mesure est indispensable ou s’il n'y a aucune autre disposition. Donc ça doit être une mesure exceptionnelle», affirme Aissé Gassama Tall sollicitant les autorités à construire plus de centres d’accueil. Elle renseigne, toutefois, que l’Etat ne dispose que de 12 centres sur l’ensemble du territoire national. «Nous avons quatre centres de sauvegarde. Nous avons quatre centres de premier accueil, trois centres polyvalents et un centre d'adaptation sociale qui, en 2023, ont pris en charge 5 297 enfants dans des sections scolaires et dans des filières d’initiation et d’apprentissage professionnel», affirme Mme Tall.
A l’en croire, malgré ces difficultés, les mineurs arrivent à avoir des résultats satisfaisants. «On a obtenu un taux de 48% de réussite et pour le certificat d'aptitude professionnelle à 76 % et le certificat de spécialité, on a 100% avec 9 enfants qui ont été présentés et tous les 9 enfants ont réussi aux examens», ajoute-t-elle.
11 297 ENFANTS PRIS EN CHARGE PAR AEMO EN 2023
En plus des centres d’accueil, elle informe que les services AEMO ont pris en charge 11 297 enfants en 2023. «Il s’agit d’enfants qui sont accompagnés sur le plan psychosocial, sanitaire, économique et de l’éducation. Donc, si on totalise tous ces enfants qui ont été pris en charge aussi bien par les centres que par les services AEMO, nous sommes à 11 057 enfants qui ont été pris en charge aussi bien sur le plan scolaire avec l’enseignement général, mais également sur le plan professionnel avec des offres de services dans des filières comme la mécanique, la menuiserie bois, la menuiserie métallique, la menuiserie aluminium, etc.», affirme Aissé Gassama Tall. Et d’ajouter : «Les zones urbaines sont beaucoup plus affectées par la vulnérabilité que les zones rurales avec Dakar qui totalise 33% de la prise en charge».