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5 avril 2025
Société
OUSMANE SONKO ATTENDU A FASS TOURÉ CE LUNDI
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, va procéder ce lundi 3 février 2025 au lancement officiel de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. La cérémonie se tiendra à 9 heures à Fass Touré
Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, va procéder ce lundi 3 février 2025 au lancement officiel de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. La cérémonie se tiendra à 9 heures à Fass Touré, dans l’arrondissement de Darou Mousty, département de Kébémer, région de Louga.
Ce projet ambitieux vise à garantir l’accès à de l’eau en quantité, en qualité et à bas coût pour des millions de Sénégalais, en particulier dans les zones rurales.
L’accès à l’eau potable reste une priorité majeure pour le Gouvernement du Sénégal. À travers ce projet, des forages seront réalisés dans toutes les régions du pays, à l’exception de la capitale.
En plus de la construction de châteaux d’eau, plusieurs kilomètres de réseaux de distribution seront étendus, et des branchements sociaux ainsi que d’autres infrastructures hydrauliques seront installées.
Ces mesures visent à fournir de l’eau en quantité, en qualité, et à bas coût, conformément aux engagements pris par le Président de la République, Monsieur Bassirou Diomaye Faye.
L’objectif principal de ce projet est de garantir un meilleur accès à l’eau potable pour environ deux millions de Sénégalais vivant dans les zones rurales.
Cette initiative représente une avancée significative dans la politique de développement rural et de réduction des inégalités d’accès à des services de base.
Elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale du Sénégal visant à améliorer les conditions de vie des populations rurales et à soutenir un développement durable et équitable à travers tout le pays.
Ce lundi 3 février 2025, le Premier Ministre, Monsieur @SonkoOfficiel, procèdera au lancement de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. Ce sera à Fass Touré, dans l’arrondissement de Darou Mousty, département de Kebemer, Louga.
L’accès à l’eau potable étant une priorité pour le gouvernement, ce projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations en milieu rural, en assurant un approvisionnement fiable en eau.
Selon les autorités, la phase 2 de ce projet couvrira toutes les régions du pays, à l’exception de Dakar, et touchera ainsi plus de 2 millions de personnes. Les travaux incluent la réalisation de nouveaux forages, la construction de châteaux d’eau, l’extension de réseaux de distribution sur plusieurs kilomètres et l’installation de branchements sociaux, parmi d’autres infrastructures hydrauliques.
Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait fait de l’accès à l’eau potable une promesse essentielle de son mandat. Le Premier ministre Ousmane Sonko va concrétiser cette promesse, avec des actes tangibles, en collaboration avec les acteurs locaux et nationaux, pour assurer le bien-être de la population.
HANN EN QUETE DE RENAISSANCE
Le parc forestier et zoologique de Hann, un sanctuaire de la biodiversité situé en plein cœur de Dakar, la capitale sénégalaise, accueille au quotidien un public divers d’enfants et d’adultes venus d’horizons divers pour y mener des activités de loisirs
Le parc forestier et zoologique de Hann, un sanctuaire de la biodiversité situé en plein cœur de Dakar, la capitale sénégalaise, accueille au quotidien un public divers d’enfants et d’adultes venus d’horizons divers pour y mener des activités de loisirs, sportives, récréatives ou de ballades au milieu des écosystèmes.
Une enquête sur la fréquentation des usagers du parc, menée en septembre 2024 par deux étudiantes stagiaires de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (l’ISEP) de Bignona, révèle que les enfants de 0 à 18 ans qui fréquentent le parc représentent 13, 45%.
La tranche d’âge de 18 à 64 ans constitue 81, 82% des visiteurs et les plus de 64 ans représentent 4,73%, indique un document dont l’APS a obtenu copie auprès de la direction des parcs forestier et zoologique de Hann.
L’étude précise que 26% de ces visiteurs viennent au parc pour faire des ballades, 21% pour visiter le zoo, 15% pour contempler la nature, 14% en quête de tranquillité, 9% pour faire du sport, 8% pour pique-niquer, 5% pour visiter le jardin botanique. Les campeurs font 2%.
Ces données illustrent bien la place et l’importance qu’occupe cet écosystème dans la vie des populations. Il assure ainsi une fonction récréative mais aussi écologique, et surtout de conservation de la biodiversité floristique et faunique.
Il remplit également une vocation socio-éducative, culturelle et économique.
Créé en 1903, sous la forme d’un jardin public relevant du service de l’agriculture par le gouverneur d’Afrique occidentale française (AOF), Martial Henri Merlin, cet écosystème a été classé parc forestier et zoologique, le 29 août 1941.
Après la période coloniale, l’Etat du Sénégal a confié à partir de 1974, la conservation de la richesse floristique et faunique du parc forestier et zoologique à la Direction des eaux, forêts, chasses et de la conservation des sols, qui mettra en place dans cette dynamique, la Direction des parcs forestier et zoologique de Hann.
Le parc s’étend sur une superficie de 50 hectares, sur un périmètre bien sécurisé contre la pression foncière et l’urbanisation galopante à Dakar, avec une clôture en mur.
Le parc forestier et zoologique de Hann est constitué d’un zoo, d’une formation forestière naturelle, d’un plan d’eau (lac) qui joue un rôle important dans la rétention des eaux pluviales et l’atténuation de risques d’inondation dans la zone. Il sert aussi de cadre de vie à des oiseaux d’eau.
Le parc abrite également un Centre d’éducation environnementale avec un jardin ethnobotanique éducatif qui sert de cadre de recherche scientifique aux institutions et organismes comme l’UCAD, l’ISRA/DRPF, l’IRD, l’EISMV, dans l’amélioration des connaissances sur les végétaux et de la faune. Des écoles de formation y envoient aussi leurs élèves et étudiants pour des stages de formation.
Le jardin ethnobotanique joue ainsi un rôle très important dans la valorisation des plantes.
La Direction des parcs forestier et zoologique, a d’autre part, autorisé des partenaires privés à s’installer dans le parc pour offrir des services attractifs (aires de jeux, ballades, détente) aux visiteurs, sur la base de protocoles signés.
Aujourd’hui, le parc est confronté à une mortalité élevée d’espèces forestières, une baisse des effectifs et vieillissement des animaux en captivité du zoo, à des problèmes d’inondation et dégradation de ses installations et équipements.
Des problèmes qui ont poussé la Direction des parcs forestier et zoologique de Hann à initier des politiques de sauvegarde des écosystèmes tout en s’ouvrant vers des partenaires privés pour améliorer l’attractivité et l’animation interne, dans un contexte marqué par une insuffisance chronique du budget de fonctionnement alloué par l’Etat.
Le parc zoologique, un des grands points d’attraction, s’étend sur 7 hectares dont 4 aménagés. Il abrite 237 animaux en captivité dans de bonnes conditions sécuritaires.
Les pensionnaires en captivité sont composés entre autres de lions, de crocodiles, de chimpanzés, d’hyènes tachetées et rayées, de typhons de séba, d’antilopes, phacochères, des singes (…). Ces animaux à nourrir et soigner sont répartis dans des cages, volières et enclos, séparés par des allées en pavé pour faciliter les déplacements des visiteurs, à l’intérieur du zoo.
L’axe principal qui relie l’entrée principale du zoo au bâtiment abritant le service administratif des agents du parc, situé au fond du parc zoologique, est aménagé de part et d’autre, avec des plantes, des fleurs, des bancs publics et un jet d’eau au niveau d’un rond-point.
Sur la partie droite de cet axe, se trouve après l’entrée du zoo, la mare aux crocodiles. Des cages abritant deux hyènes rayées, des singes rouges, des babouins viennent meubler un décor qui rappelle la jungle. Tout à fait au fond du zoo, près du bâtiment administratif, se trouvent les lions dans des cages bien sécurisées, sous la vigilance des gardes.
Major Amacoumba Mbodj, responsable du parc zoologique de Hann .
Sur place, le major Amacoumba Mbodj, responsable du parc zoologique de Hann, supervise en compagnie de ses hommes, la préparation de la ration alimentaire des singes. Le menu du jour est composé de fruits, de pains de farine et légumes.
‘’S’agissant de l’alimentation des six lions du zoo dont quatre mâles et deux femelles, nous avons un fournisseur qui nous livre des ânes et des chevaux bien portants, qu’on abat pour l’alimentation des carnivores », a expliqué le responsable du zoo de Hann.
»Auparavant, un diagnostic est fait sur la qualité de la viande avant de la donner aux lions’’, a-t-il précisé, debout à côté de la cage en grille métallique renforcée des lions.
Présentant +Matar+, nom donné à un des deux lions, il a souligné qu’il est l’unique survivant d’une lionne venue du Maroc et qui avait mis bas quatre lionceaux dont les trois sont morts. ’’Ce lion assez connu des visiteurs a aujourd’hui 15 ans et 17 ans pour le plus âgé du groupe des félins’’, a-t-il indiqué.
Le major a souligné qu’un lion dans la nature peut vivre jusqu’à 22 ans au minimum, si les conditions sont réunies. ‘’En captivité, leur espérance de vie, peut dépasser 22 ans. Ici, le lion le plus vieux a 17 ans’’, a-t-il ajouté.
Concernant toujours l’alimentation des carnivores, il a signalé l’existence d’un cheptel de quatre hyènes tachetées et rayées et d’un vautour sauvage, à alimenter avec de la viande. ‘’Chez les crocodiles, on ajoute parfois de la volaille’’, a-t-il ajouté.
Pour la prise en charge sanitaire des animaux, il a renseigné que la Direction des parcs forestier et zoologique, a recruté un docteur vétérinaire spécialisé en santé animale. ‘’Un agent technique d’élevage qui s’occupe de l’alimentation et un budget pour l’alimentation des animaux, ont été également mis en place par les autorités’’, a-t-il ajouté.
Les pensionnaires ont une alimentation très variée. Des rations équilibrées et complètes sont distribuées régulièrement pour les maintenir dans un état satisfaisant d’animaux en captivité. Des oligo-éléments et des avitaminoses sont ajoutés à l’alimentation pour parer à une carence éventuelle.
Des opérations de déparasitage et de vaccination sont régulièrement menées. Les cages et les enclos sont quotidiennement aseptisés et l’ensemble du parc est souvent traité pour lutter contre les insectes vecteurs de maladies.
Le zoo reçoit également des dons alimentaires de cuisses et caisses de poulets, des carcasses de moutons, de bovins, de la viande, des poissons, du foie importé, pains, des fruits, légumes et autres produits consommables par les animaux, indique un document.
Toutefois, le major Amacoumba Mbodj, n’a pas manqué de déplorer les conditions de captivité des animaux, particulièrement des lions dans des cages carrelées. ‘’Les carreaux occasionnent souvent des blessures aux ongles des lions’’, a-t-il déploré.
Des lions en captivité dans une cage carrelée
Il a rappelé que les lions vivaient jusqu’en 2021 dans deux fosses aménagées, à cet effet, un milieu plus proche de leur mode de vie dans la nature. »Mais il se trouve que depuis cette année, les félins ont été transférés, des fosses aux cages carrelées, à la suite de fortes pluies diluviennes enregistrées, entrainant une inondation des fosses causée par le débordement du plan d’eau du parc », a-t-il expliqué.
Il a assuré que les nouvelles autorités du parc sont en train d’œuvrer pour libérer, les fosses aux lions des eaux pluviales, avec l’appui d’un partenaire privé qui est venu inspecter les lieux, la semaine dernière. »Dès 2025, il est prévu un réaménagement du parc’’, a-t-il indiqué, ajoutant que ‘’le partenaire propose un plan d’aménagement du zoo, une réhabilitation des enclos et équipements vétustes en plus d’un repeuplement du zoo’’.
Il a rapporté que des visiteurs se plaignent souvent du fait qu’ils trouvent tout le temps, les mêmes espèces d’animaux dans le zoo. Ces animaux, dit-il, ont été pour la plupart abandonnés et récupérés à bas âge par le zoo.
En ce qui concerne le repeuplement du zoo, le major a expliqué que les responsables du parc ne peuvent pas prendre le risque d’introduire de nouvelles espèces, si les enclos ne sont pas bien réaménagés.
Il renseigne toutefois qu’un projet est en place pour un repeuplement du zoo où plusieurs cages sont vides, n’ayant plus de pensionnaires.
Par ailleurs, il a relevé qu’avec le temps les installations du zoo sont devenues vétustes. ‘’Des murs tombent et il nous faut refaire les grilles de sécurité, faire un réaménagement du zoo avant d’introduire de nouvelles espèces. Au courant de cette année, nous voulons en priorité, récupérer les fosses aux lions’’, a-t-il insisté.
Le responsable du parc zoologique a souligné l’importance du rôle éducatif du zoo visité régulièrement par des écoliers venus de partout au Sénégal. ‘’Les visiteurs viennent de tout le Sénégal, particulièrement des écoles françaises et coraniques. Ces derniers bénéficient d’une réduction de 50% des prix appliqués sur le billet ’’, a-t-il indiqué.
Selon des statistiques obtenues auprès de la Direction des parcs forestier et zoologique de Hann, le zoo a enregistré sur la période de février à septembre 2024 : 52 906 visiteurs avec réduction (élèves), 6. 484 visiteurs enfants, 14. 819 visiteurs adultes.
Les recettes d’entrée enregistrées par le parc zoologique de Hann sur cette même période s’élèvent à 12 000 000 francs CFA.
Cependant, le parc n’a pas enregistré de recettes d’entrée durant le 4-ème trimestre (octobre-décembre) de l’année 2024, car le stock de billets d’entrée est épuisé. Une situation qui n’a pas encore évolué et qui fait perdre des millions de francs CFA au Trésor public où toutes les recettes d’entrée du parc sont intégralement versées.
42% des enquêtés souhaitent un repeuplement du zoo de Hann
Au vu des nombreux défis, le lieutenant-colonel, Ndeury Diaw, directeur des parcs forestier et zoologique de Hann, a indiqué que des actions de sauvegarde des installations sont prévues, notamment la réhabilitation en priorité des fosses aux lions pour remettre ces félins dans leur cadre de vie.
Il a expliqué qu’un retour des lions dans leur habitat originel permettra de récupérer des cages pour augmenter l’espace de captivité des primates (singes).
Concernant les animaux sauvages herbivores, il a informé que le parc n’a pas de problème d’espace pour ces pensionnaires. »Ce qu’il faut faire pour ces animaux, c’est de réduire leur mortalité, en traitant le sol pour qu’il y ait moins de parasites », a-t-il expliqué.
L’ingénieur des eaux et forêts, a indiqué que l’autre action prioritaire prévue pour le zoo, porte sur son repeuplement. Il a expliqué qu’il ‘’ne peut se faire qu’à travers de nouvelles acquisitions d’espèces rares provenant de réserves naturelles privées et par la reproduction, tout en travaillant à améliorer les conditions de captivité’’.
Il a avoué que le parc zoologique est confronté à une baisse de ses pensionnaires en captivité. »Les animaux qui étaient là ont vieilli. Ils naissent grandissent et meurent. Malheureusement, les pertes enregistrées n’ont pas été remplacées. Ce qui a entrainé une diminution des pensionnaires’’, a-t-il expliqué.
‘’Mais malgré tout, a-t-il dit, il ne sert à rien de repeupler le parc zoologique sans au préalable améliorer les conditions de détention des pensionnaires’’.
Pour la sauvegarde du parc forestier et zoologique, le lieutenant-colonel pense qu’il faut renouveler les équipements vétustes du zoo, et lutter contre l’agression naturelle causée par le débordement du lac, en 2021.
Situé vers la partie est du parc, dans une zone de dépression, le plan d’eau s’est formé à l’intérieur, suite à l’obstruction du réseau d’évacuation des eaux pluviales accentuée par la construction d’habitations dans la zone tampon.
Le parc forestier, situé dans la zone de captage, a une richesse floristique composée de 317 espèces (Index seminum, 2001) provenant des différentes zones phytogéographiques. Il est constitué essentiellement d’une forêt classée qui a enregistré en 2021 une inondation. Ce phénomène naturel avait à l’époque fait tomber une partie du mur de clôture sous la forte pression des eaux pluviales.
‘’Aujourd’hui, encore des écosystèmes endommagés du parc forestier par cette inondation ne sont pas encore récupérés. La menace pèse toujours sur l’état de ces écosystèmes forestiers où nous constatons une forte mortalité d’arbres, causée par la longue stagnation des eaux’’, a alerté le lieutenant-colonel.
Le lieutenant-colonel Ndeury Diaw, directeur des parcs forestier et zoologique de Hann
Il a indiqué que des efforts ont été faits par la Direction depuis deux ans dans la lutte contre l’inondation des écosystèmes forestiers. ‘’Ils ont permis de réhabiliter le réseau de drainage des eaux pluviales du parc forestier, avec un chenal de plus de 100 mètres réalisé l’année passée, pour évacuer le surplus d’eaux du lac vers la mer’’, a-t-il indiqué.
‘’Il sera complété par un pavage, une augmentation de la capacité de rétention du lac pour éviter des débordements pouvant impacter d’autres parties du parc’’, a-t-il ajouté. Selon lui, »plus, le lac aura la capacité de maintenir l’eau, moins il y aura de l’eau dans les autres parties du parc ».
Un sous financement des activités de conservation de la biodiversité
Le lieutenant-colonel a indiqué que le parc est confronté à ces trois grands défis qu’il va falloir résorber.
‘’Pour résorber ces défis, la direction des parcs forestier et zoologique, sous la tutelle de la Direction des eaux et forêts, a jugé nécessaire d’élaborer un projet appelé Projet de renforcement et d’amélioration de la qualité des services du parc d’un coût de 1,3 milliard de franc CFA ’’, a déclaré le lieutenant-colonel, Ndeury Diaw.
‘’Ce projet d’une durée de cinq ans s’articule autour de piliers comme : la rénovation, réhabilitation, amélioration des installations techniques vétustes et hors d’usage du parc zoologique’’, a-t-il précisé.
Il a ajouté que la direction des parcs forestier et zoologique est à »la recherche de partenaires » pour financer ce projet. ‘’Mais en attendant, l’Etat a pris l’engagement de mettre des fonds à notre disposition pour 2024-2025 dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (BCI)’’, a-t-il signalé.
‘’Nous allons donc, avec le BCI procéder en fonction de la priorité du moment procéder à la réhabilitation des deux fosses aux lions occupées par des eaux pluviales depuis 2021’’, a-t-il annoncé.
Le lieutenant-colonel a invité les autorités centrales à accompagner la direction des parcs forestier et zoologique dans sa politique de conservation. ‘’Nous avons la volonté, mais il faut que l’Etat nous accompagne en mettant les moyens qu’il faut pour la préservation de la biodiversité. Il va falloir faire un effort. La conservation n’a pas de prix mais à un coût. Il va falloir que l’Etat supporte en mettant le minimum de moyen nécessaire, surtout pour les animaux sauvages du zoo’’, a-t-il lancé.
»Aux populations, nous demandons de s’intéresser au parc, c’est comme ça qu’on va faire vivre le parc dans son ensemble. J’invite les populations à s’impliquer spontanément pour résoudre les problèmes du parc’’, a-t-il ajouté.
Il a indiqué en outre que le parc dispose d’un budget de fonctionnement modeste provenant de l’Etat. ‘’Le seul site du parc qui génère des recettes reste le parc zoologique à partir des billets d’entrée et il se trouve que toutes ces recettes sont versées au Trésor public. Donc, le parc n’a pas la possibilité de créer des ressources financières et de les réutiliser’’, a-t-il déploré.
Le parc s’ouvre vers des partenaires privés pour améliorer son attractivité
Le parc forestier et zoologique de Hann, ne compte que sur l’appui de l’Etat pour prendre en charge tous les besoins de conservation. Une réalité qui a poussé, la direction à s’ouvrir aux partenaires privés pour les inciter à investir dans des services de divertissement, en vue de renforcer l’attractivité et le rayonnement du parc.
Il a annoncé que les protocoles liant la direction des parcs aux privés seront évalués pour plus d’impact positif. Selon lui, ‘’si on a jugé utile d’introduire certains partenaires, c’est pour uniquement augmenter l’attractivité du parc’’.
‘’Nous allons évaluer tous ces protocoles et revoir le type de collaboration, dans le but de les amener à mieux contribuer à l’attractivité du parc, et donc attirer plus de visiteurs’’, a-t-il encore souligné.
Il a souligné que les gens pensent souvent que le parc, c’est uniquement le zoo alors qu’il y a d’autres services offerts comme le bois sacré, un lieu cultuel où les chanteurs viennent tourner régulièrement des clips, une zone de pique-nique, rebaptisée +képar-gui,+ ou encore un reptilarium, le premier en Afrique de l’Ouest.
Une enquête sur la perception des usagers du parc menée par les deux étudiantes stagiaires de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel (l’ISEP) de Bignona, révèle également que 42% des enquêtés ont émis le souhait d’un repeuplement du zoo, 21% l’amélioration de la propreté, 9% l’aménagement du parc.
Sept pour cent sont pour la mise en place d’une grande boutique, 4% la réhabilitation des pistes, 4% la confection de bancs publics et de tables, 3% la formation des guides, 3% l’installation des panneaux d’indication, 3% la mise en place d’un bon restaurant, 2% l’installation d’un multiservice et 3% l’augmentation du nombre de toilettes publiques, ajoute la même source.
LE CERCLE VICIEUX DU VOL DE BÉTAIL
Les éleveurs vivent dans la peur, confrontés à des voleurs qui agissent en toute impunité. Ce fléau, qui alimente un commerce illégal de viande dangereuse pour la santé publique, déstabilise l'économie locale et pousse les jeunes à l'exode
Au Sénégal, le vol de bétail est à l’origine de pertes annuelles estimées à 2 milliards de francs Cfa. Pourtant, l’Assemblée nationale avait voté en 2017 une loi pour renforcer la répression par la criminalisation. Plusieurs années après, faute d’une application dudit texte, le phénomène continue au grand dam des éleveurs qui sont dépossédés de leurs biens. Le vol de bétail qui alimente la commercialisation incontrôlée de viande destinée à la consommation nourrit également la criminalité dans la sous-région minée par une insécurité grandissante.
A Dinguiraye, une localité en plein bassin arachidier, dans la région de Kaolack, le « louma » ou marché hebdomadaire se tient tous les dimanches.
Le 25 janvier 2025, peu après 13 heures, les éleveurs y sont malgré la chaleur qui commence à s’installer dans le Saloum (région centre du Sénégal). Ils se regroupent à l’ombre d’un arbre. La sécurité de leur cheptel est source d’inquiétudes. Le vol de bétail est leur préoccupation majeure.
En présence de la délégation du Fonds alimentaire mondial (Fao) et du président national du comité de lutte contre le vol de bétail, Aboubacar Bitéye, les éleveurs veulent tous se faire entendre. Chacun tient à raconter sa mésaventure. Des animaux perdus dont les auteurs du forfait pourtant connus, sont libres, c’est le quotidien de plus d’un.
Parmi eux, Aliou Bâ, un jeune éleveur qui, dans la nuit du 2 janvier 2025, a vu son troupeau pris par des voisins dont il est convaincu de leur culpabilité. « Un individu de mon village est venu aux alentours de 22 heures avec deux complices inconnus et a volé une trentaine de bœufs, d’une valeur estimée à 20 millions de francs CFA ». En plus du témoignage d’un proche du présumé coupable, et les réquisitions téléphoniques, le mis en cause était en liberté au moment de notre passage. Nous avons été informés qu’après avoir eu écho de sa mésaventure, les hautes autorités du pays, ont pris en charge le dossier et le présumé coupable, est actuellement aux mains de la justice.
Dans la cohue du marché de Dinguiraye, au milieu d’un brouhaha plus marqué par le beuglement des vaches, Arame Diop, une dame d’une soixantaine d’années, cherche, elle aussi à prendre la parole. On lui a dérobé une douzaine de chèvres, un investissement avec lequel elle comptait s’occuper sa progéniture orpheline de père. « Les voleurs se réfugient dans la forêt et prennent nos animaux. Nous les connaissons, mais ils ne sont jamais condamnés après être appréhendés. On m’a pris 12 chèvres. Elles sont jusqu’à présent introuvables. Avec mes économies, j’essaie de me mettre à l’élevage, mais on me prend tout. Je suis veuve et mon bétail me permet de survivre», se désole-t-elle
Dans le Saloum, le refrain est partout le même. A Missirah Wadène, dans la région de Kaffrine, l’élevage y est un moyen d’intégration au-delà de l’apport économique comme en atteste la présence des communautés maures et maliennes qui sont fortement présentes dans la ville.
Le marché hebdomadaire qui s’y tient tous les jeudis, est un lieu de rencontre sous-régionale
A Missirah Wadène, l’élevage fait « bouillir la marmite ». Le marché hebdomadaire est une occasion de faire des affaires, mais les vols ne manquent pas là aussi. Même la volaille n’y échappe pas. « En pleine couvage, on les sort les poules de leurs abris », déplore Alima Dicko, une mauritanienne.
Les malfrats adoptent maintenant la ruse de se faire passer pour des clients le jour du marché pour tromper la vigilance des éleveurs. Pour préserver l’activité économique de sa commune, le maire de la ville, Moustapha Ndong, a mis en place des comités de surveillance. « A mon arrivée à la municipalité, le marché était peu fréquenté. Les éleveurs craignaient le vol de bétail qui s’opérait en plein jour. Depuis qu’on a installé des comités de vigilance, l’intensité a diminué », se réjouit-il même s’il reconnaît par ailleurs, la persistance du problème. Une vingtaine de camions débarque chaque jeudi à Missirah Wadéne. Le président de l’association de la communauté mauritanienne, Abdoulaye Dicko, plaide pour plus de soutiens aux comités de surveillance qui « manquent de tout », à son avis. Pour soutenir ces jeunes qui assurent la sécurité du cheptel, dit Abdoulaye Dicko, « il a été décidé que chaque camion qui arrive à Missirah Wadéne, verse une somme de 15 000 francs aux comités, les éleveurs locaux quant à eux, déboursent 10.000 francs le mois ».
A Ndiédieng, le vol de bétail pousse les jeunes à l’exode rural
Le marché à bétail de Mbirkilane a été est construit sur les fonds de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). L’infrastructure est bâtie sur une superficie de quatre hectares. Des milliers de bovins et de petits ruminants y sont débarqués chaque dimanche selon les agents vétérinaires, le jour de marché. Ici, des hommes enturbannés, jeunes et vieux n’ont cure de la poussière ou du soleil au zénith qui impose sa loi. Le seul espoir que nourrissent ces éleveurs est de faire de bonnes affaires. Le président du foirail, Amadou Seydou Ba, déplore l’insuffisance des sanctions, une des causes de la récidive. « L’application de la loi criminalisant le vol de bétail est la seule solution au problème », soutient-il. Le président des éleveurs de Mbirkilane, Demba Bâ, appelle à une forte réaction de l’Etat.
Ndramé Escale pas éloigné de Keur Madiabel, est au bout d’une piste latéritique de plusieurs kilomètres. Les éleveurs n’y dorment que d’un seul œil. Le vol de bétail, et la proximité de la Gambie, créent une psychose chez les habitants. Le maire de la localité, Hamidou Diop, déplore les pertes d’investissements. « Des éleveurs qui ont contracté prêts bancaires pour investir dans l’élevage ont tout perdu. Ce qui est très regrettable. La proximité de la commune avec la Gambie facilite le recel ». Selon Hamidou Diop, « l’identification du bétail permettra de renforcer la lutte contre le vol ». Le président des éleveurs de Ndramé Escale, quant à lui, déplore le manque de vigilance des éleveurs. Non loin de Ndramé Escale, Ndiédieng aussi est en proie au vol de bétail. Le maire Abdoul Aziz Mbodj, déplore l’exode massif des jeunes de la commune qui s’explique par leur désœuvrement après la saison des pluies. « Ndiedieng est une zone agro-sylvo-pastorale. C’est une zone d’agriculture et d’élevage. Après l’hivernage, la plupart des gens réinvestissaient leurs ressources tirées de l’agriculture, dans l’élevage. Maintenant, du fait de l’ampleur du phénomène, certains hésitent à investir dans le bétail », se désole-t-il. C’est pourquoi, une fois l’activité agricole terminée, une grande partie de jeunes quitte notre commune, pour aller vers d’autres horizons », ajoute-t-il. Le vol de bétail a un impact négatif dans les finances de la municipalité.
Risques de zoonoses : les dangers de l’abattage clandestin du bétail volé
Un autre élément essentiel dans la lutte contre le vol de bétail est de combattre les abattages clandestins. « La finalité de tout bétail volé est d’intégrer, de manière générale, le circuit des abattages clandestins, échappant ainsi à tout contrôle vétérinaire officiel. Il est donc impératif de prendre des mesures à cet égard, car c’est une question de santé publique »,recommande docteur Ibrahima Thiam, spécialiste en production animale à la Fao
Les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, sont favorisées parla vente de cette viande qui échappe au contrôle du personnel vétérinaire.
« La tuberculose bovine est une pathologie liée à la consommation de viande provenant d’animaux qui n’ont pas été abattus dans des conditions contrôlées. Elle est transmissible du bovin à l’homme. Elle peut être diagnostiquée à l’abattoir. Il est impossible de détecter cette maladie sur un animal apparemment en bonne santé, d’où l’importance de l’inspection vétérinaire à l’abattoir », prévient-t-il. Comme zoonose, il a aussi, « le charbon bactérien qui peut entraîner une mortalité rapide en 24 à 48 heures. Les personnes peuvent contracter cette maladie lors du dépeçage de l’animal. Le virus peut persister dans le sol pendant jusqu’à 25 ans ». Selon le chef du service départemental de l’élevage et des productions animales de Mbirkilane, Samba Thioye, « La lutte contre le vol de bétail est très importante pour la santé humaine. Quand un animal est volé, il peut transmettre des zoonoses car, l’animal n’est pas identifié, ni inspecté et pas contrôlé ». Il rappelle également le rôle des éleveurs dans la lutte contre le vol de bétail. « Il reste encore beaucoup de choses à faire. Parce que pour un animal volé, normalement, l’éleveur doit se rendre au service technique. Il doit faire la déclaration de perte en dressant les marques particulières de l’animal. Et une fois fait, ce dossier doit être déposé à la gendarmerie. Et chacun des acteurs recevra une copie, une fois l’animal retrouvé, il est vraiment très facile à identifier », affirme t-il.
Ces manquements qui plombent la lutte
Il est important de souligner que le problème du vol de bétail est avant tout un problème local. Les voleurs sont issus des communautés elles-mêmes », note le docteur Ibrahima Thiam, spécialiste en production animale de la Fao qui partage les dénonciations des victimes de vols qui soutiennent identifier les auteurs. Il trouve en outre, qu’il est essentiel de placer les communautés au cœur de la stratégie de lutte contre le vol de bétail créant dans chacune des 557 communes du Sénégal, des comités communaux et locaux de prévention et de lutte contre le vol de bétail. Cela permettrait dit-il, « non seulement de lancer des alertes rapides, mais aussi, grâce à un réseautage, notamment en utilisant les technologies de l’information et de la communication de retrouver tout bétail volé ». Conscient de l’importance de l’implication de la population, Aboubacar Bitéye a mis en place, l’association nationale de lutte contre le vol de bétail, une entité agrée par l’Etat du Sénégal. Son objectif est « un maillage du territoire ». Les comités sont constitués de 10 membres. Au-delà de la surveillance sur le terrain, l’association de Aboubacar Bitèye a mis en place un groupe WhatsApp pour l’échange d’informations. Dans cette plateforme, en moyenne dix (10) cas de vol sont dénombrés par jour. Samba Ndiaye, le secrétaire général de l’association dans la commune de Missirah Wadéne, déplore le manque de moyens mais aussi la non coopération de certains chefs de villages.
Le maire de Ndiédieng, Abdoul Aziz Mbodj trouve toutefois que les populations doivent aider ces comités dans la dénonciation des personnes suspectes mais ajoute-t-il, « On ne doit pas permettre aux comités de lutte de s’arroger des prérogatives qui ne sont pas les leurs ou bien que les populations ne les respectent pas. Il faudra former les acteurs pour qu’ils comprennent leurs droits et leurs prérogatives. Qu’ils ne se transforment pas en forces de défense et de sécurité en s’adonnant à des actes qui seraient de nature à atteindre à la dignité de la personne qu’elle soit voleur ou criminel ». Cela permettra d’éviter, « des chaînes de sanctions populaires ». Le sous-préfet de Ndiedieng, Abdoulaye Diop, abonde dans le même sens.
« Nous sommes confrontés à un problème de dénonciation. Les gens savent généralement ceux qui font ces choses-là, mais ne les dénoncent jamais. C’est ça qui rend en fait difficile la lutte. L’État a pris toutes les dispositions pour lutter contre le vol de bétail. Il nous a dotés de numéros de téléphone, où on peut nous appeler sans que les gens ne sachent qui en est l’auteur. Toutes les conditions sont réunies pour en tout cas favoriser cette dénonciationlà ». Pour lui, « des liens de parenté justifient cette absence de dénonciation, plutôt que la peur de représailles ».
Les acteurs souhaitent l’évaluation de la loi criminalisant le vol de bétail
Il est essentiel de plaider pour une évaluation des aspects législatifs et réglementaires relatifs à la criminalisation du vol de bétail », requiert Dr Ibrahima Thiam. Le maire de Ndiedieng, Abdoul Aziz Mbodj, fait la même plaidoirie.
Si l’État mobilise ses ressources, les ressources juridiques, pour combattre ce phénomène, alors qu’il persiste, ma première proposition, c’est qu’il faudra évoluer. On doit faire l’évaluation de la loi. Il y a une loi qui est là, qui a criminalisé le vol de bétail ». Abdoul Aziz Mbodj de poursuivre, « la loi pénale, en vérité, son objectif, c’est la persuasion. L’objectif principal de la loi pénale, c’est la persuasion. Si cette loi ne persuade pas, parce que le phénomène persiste, il faut s’arrêter et évoluer ». Dr Astou Fall, la coordonnatrice de la Cellule de Lutte contre le vol de bétail (Clcvb), au ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage reconnaît les difficultés dans l’application de ladite loi. « Le constat que nous avons fait comme tout le monde, c’est que l’application de cette loi pose problème. Ceci est peut-être dû à l’insuffisance des ressources judiciaires et sécuritaires pour enquêter sur le vol de bétail. En général, au Sénégal, les forces de l’ordre et les institutions judiciaires manquent souvent de moyens. Il y a des moyens financiers, logistiques et humains pour enquêter sur les cas de vol de bétail surtout dans les zones reculées ».
L’absence de dénonciation plombe aussi la répression dit-elle. « Il y a aussi le manque de dénonciation par les victimes parce que les éleveurs et les agriculteurs touchés parle vol de bétail, hésitent parfois à signaler les cas en raison de la méfiance envers le système judiciaire. Ils sont un peu dubitatifs envers le système judiciaire disant que si on envoie le dossier à la justice, le voleur va revenir tout le temps.
Les procédures judiciaires peuvent coûter excessivement cher. Ça peut être une autre raison. Il a aussi des mécanismes de justice traditionnelle privilégiés par les victimes ». La loi criminalisant le vol de bétail a été votée à l’Assemblée nationale le 22 mai 2017. Cette loi avait pour objectif de réduire, voire d’éradiquer définitivement le vol de bétail. Les peines encourues avec cette loi c’est 5 à 10 ans de prison ferme avec la non négociation de sursis, ni de remise de peine.
Conséquences du vol de bétail
2 milliards de pertes par an
Au Sénégal, annuellement, 3,2 millions de $, soit 2 milliards francs Cfa par an sont perdus par les éleveurs a cause du vol de bétail, soit en moyenne 22 000 a 30 000 têtes de bétail. Ce vol de bétail sévit aussi dans la sous-région. Au Mali, par exemple, entre 2019 et 2022, le nombre d’animaux volés a été estimé à 887 250 têtes de bovins et 446 000 petits ruminants. Au Burkina Faso, les estimations sont 8 millions de têtes volées entre 2017. Selon la Fao, en termes d’économie illicite, le vol de bétail (22%) constitue en Afrique de l’Ouest, le 3eme fléau après le trafic d’armes (56%) et l’enlèvement contre rançon (39%) et devant le commerce illicite (20%) et le commerce illicite de pétrole (20%).
Il est renforcé par l’insécurité qui sévit dans la région, les failles sécuritaires aux frontières permettant une traversée hors points officiels et en dehors de tout contrôle des forces de défense et de sécurité, des agents des postes vétérinaires frontaliers, le changement climatique qui paupérise certains éleveurs, la nature extensive des systèmes d’élevage dominant avec une faible surveillance du bétail (divagation). Comme causes, la Fao indexe également, la mobilité nationale et transfrontalière comme la transhumance et le nomadisme qui favorisent les vols et les razzias dans ces zones où la présence de l’Etat est quasi inexistante.
Le problème est accentué par l’inefficacité des méthodes actuelles d’identification du bétail avec l’absence de méthodes efficaces de traçabilité du bétail. Il a aussi la possibilité d’écouler le bétail volé à travers des réseaux criminels d’abattages clandestins hors abattoirs à Dakar, dans les régions et même les villages les plus reculés du Sénégal. La faiblesse du personnel vétérinaire et para-vétérinaire au Sénégal qui est en général 1 agent technique d’élevage pour un arrondissement, soit 2 à 3 communes. Parmi les problèmes, il a aussi les absences ou les faiblesses organisationnelles interétatiques qui auraient permis de mieux coordonner la lutte entre les pays.
L’absence de structures dédiées totalement à la lutte contre le vol de bétail dans les pays concernés de l’Afrique de l’Ouest. Le Sénégal est le seul pays qui dispose d’une Cellule dédiée mais sans moyens et la faiblesse de l’application des cadres juridiques et institutionnelles sont d’autres causes.
DR ASTOU FALL, COORDONNATRICE DE LA CELLULE DE LUTTE CONTRE LE VOL DE BÉTAIL (CLCVB), MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE, DE LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE ET DE L'ÉLEVAGE « L'État a mis en place plusieurs initiatives pour lutter contre le vol de bétail »
« L’État a mis en place plusieurs initiatives pour lutter contre le vol de bétail comme la création de brigades spécialisées qui sont des unités de gendarmerie rurales. L’État a déployé des brigades de gendarmerie dans les zones rurales touchées parle vol de bétail, comme le Ferlo, le Fouta, la région Tamba. Le ministère de l’Élevage est en train de mettre en place le système national d’identification du bétail, un programme national d’identification du bétail », dit-elle. Ces mesures restent encore à généraliser, « mais sont en phase de démarrage », ajoute-t-elle. Selon toujours Astou Fall, « la réponse sera aussi de créer des coopératives transfrontalières et des projets visant à l’identification et la traçabilité du bétail ». L’Etat développe également, « un projet de planification qui vise à réduire les pertes liées au vol de bétail, d’améliorer la gestion des troupes pour faciliter l’intégration des produits d’alimentation sur les marchés internationaux de la traçabilité ». La coordonnatrice de la cellule de lutte contre le vol de bétail annonce aussi, « un plan de gestion des ressources animales qui vise à renforcer le contrôle des mouvements des troupeaux, notamment dans les zones transfrontalières, en utilisant des outils de technologie avec un intérêt pour la géolocalisation »
LA FAO ET LE SENEGAL MUTUALISENT LEURS EFFORTS POUR DES REPONSES ADEQUATES
La Fao compte accompagner l’Etat du Sénégal parla mise en place d’une coalition sous-régionale de prévention et de lutte contre le vol de bétail en Afrique de l’Ouest pour prendre en charge la dimension transfrontalière et sous-régionale du fléau et le partage d’informations dans un court terme.
Il a aussi la mise en avant des communautés au cœur de la lutte contre le vol de bétail, par la mise en place/renforcement/appuis des comités locaux et nationaux de lutte contre le vol de bétail sur tous les maillons de chaînes de valeur, pour mettre en œuvre les actions de sensibilisation, de plaidoyer et de communication. La nécessité d’une solution adaptée pour l’Afrique de l’Ouest dans un contexte de systèmes d’élevage pluriels notamment par le recours aux innovations technologiques (puces, colliers, drones, bolus …) qui sont des opportunités pour réduire le vol de bétail. On note également, la nécessité d’œuvrer à l’harmonisation entre États des systèmes nationaux d’identification et de traçabilité du bétail pour faciliter le suivi au-delà des frontières à moyen et long terme. Comme solutions, il est aussi préconisé, l’élaboration et la mise en œuvre concertée d’un programme régional sur l’identification et la traçabilité du bétail en Afrique de l’Ouest. La réponse contre le vol de bétail est aussi le renforcement des cadres juridiques liés à la prévention et à la lutte contre le vol de bétail en Afrique de l’Ouest. La FAO prévoit aussi un plaidoyer envers les décideurs surla nécessité de la mise en place de financements dédiés à la problématique de lutte contre le vol de bétail, notamment la création d’un fonds sous-régional dédié à la prévention et lutte contre le vol de bétail.
.L’élevage joue un rôle central dans l’économie des pays de l’Afrique de l’Ouest. Au Sénégal, l’élevage contribue à hauteur de 4% du PIB nationale et 22% du PIB du Secteur primaire avec des effectifs, en 2023, estimés a plus de 4,5 millions de bovins, plus de 9,8 millions d’ovins, environ 6 millions de caprins, 1,6 millions d’équidés et 946 543 porcins.
C’est une activité pratiquée par environ 800 000 ménages et plus de 1,3 million d’individus.
CRISE MAJEURE À L'USAID
Les chefs de la sécurité ont été écartés après leur confrontation avec l'équipe d'Elon Musk, dans une purge touchant des centaines d'employés. Cette agence aux 38 milliards de budget consacré à l'aide internationale risque maintenant la dissolution
(SenePlus) - L'Agence américaine pour le développement international (USAID) traverse la plus grave crise de son histoire. Les chefs de la sécurité ont été écartés après leur confrontation avec l'équipe du milliardaire proche du nouveau président américain Elon Musk, dans une purge touchant des centaines d'employés. Cette agence aux 38 milliards de budget risque maintenant la dissolution pure et simple.
Le site internet de l'USAID s'est brutalement éteint samedi après-midi, alors qu'une version réduite de ses activités apparaissait sur le site du Département d'État, signalant une possible absorption de l'agence. Selon le New York Times, les signes physiques de l'USAID ont commencé à être retirés de son siège à Washington, tandis que des rumeurs circulent sur le rappel des directeurs de mission à travers le monde.
Deux employés du siège, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison d'une directive interdisant toute discussion sur les changements en cours, décrivent un climat de "peur et de chaos". La moitié du personnel aurait été éliminée en une semaine. Plus inquiétant encore, trois autres employés ont signalé l'installation présumée d'un programme d'intelligence artificielle nommé Gemini sur leurs comptes de messagerie.
Pete Marocco, un responsable du Département d'État ayant occupé plusieurs postes sous la première administration Trump, semble orchestrer ce démantèlement de l'USAID. Il apparaît comme une figure centrale dans la confrontation avec les responsables de la sécurité et dans les efforts de l'équipe Musk pour accéder aux documents classifiés.
Le sénateur Chris Coons, démocrate du Delaware et membre des commissions sénatoriales des relations étrangères et des crédits, s'alarme : "Tous les signaux, de la mise en congé administratif des hauts responsables à l'ordre de silence imposé au personnel, suggèrent davantage les prémices d'une fermeture qu'une simple restructuration."
Créée en 1961, l'USAID est l'agence gouvernementale principale pour l'aide humanitaire et l'assistance au développement. Bien que recevant ses orientations de politique étrangère du Département d'État, elle a toujours fonctionné de manière autonome. Les législateurs démocrates soulignent que sa fermeture unilatérale serait illégale, l'agence ayant été créée par le Congrès et recevant des crédits spécifiques.
Les conséquences géopolitiques d'un tel démantèlement inquiètent. La sénatrice Amy Klobuchar avertit : "Éliminer l'USAID - qui prévient les famines, combat l'extrémisme et crée des marchés pour les exportations américaines - rendrait le monde plus dangereux pour les Américains et serait un cadeau à la Chine et à la Russie."
Cette crise survient alors que l'administration Trump a déjà ordonné en janvier le gel de presque tous les programmes d'aide étrangère, n'accordant qu'une dérogation limitée pour l'aide humanitaire vitale. Le président Trump n'a jamais caché son mépris pour l'ampleur de l'aide étrangère américaine, arguant que l'envoi de dollars des contribuables à l'étranger va à l'encontre de son agenda "America First".
L'avenir de millions de bénéficiaires de l'aide américaine reste désormais en suspens, tandis que le Congrès, qui finance l'agence jusqu'au 14 mars, se prépare à une possible bataille constitutionnelle sur le sort de cette institution cruciale pour l'aide internationale.
LA POLICE TEND LA MAIN AUX MÉDIAS
Une récente rencontre historique a rassemblé plus de 200 policiers et des journalistes, dont Absa Hann, victime de violences policières en février 2024. L’objectif ? Désamorcer les tensions et trouver des solutions pour une meilleure collaboration
(SenePlus) - Une rencontre s'est tenue entre forces de l'ordre et professionnels des médias, dans une tentative de réconciliation après plusieurs années de relations tendues. Comme le rapporte RFI, cette initiative inédite de la police nationale visait à restaurer la confiance entre deux corps de métier que les récentes crises politiques ont profondément opposés.
La symbolique était forte : dans l'assemblée, plus de 200 policiers en uniforme faisaient face à Absa Hann, journaliste victime de violences policières en février 2024 lors des manifestations contre le report de la présidentielle. Une configuration qui illustre l'ampleur du fossé à combler.
Le commissaire Ndiaga Diop, cité par RFI, a d'ailleurs reconnu l'urgence de la situation : "Les tensions passées entre la police et les journalistes nécessitent d'être désamorcées. Il y a également un besoin urgent de restaurer la confiance entre les deux corps de métier."
Le bilan des trois dernières années est en effet accablant, comme le souligne Ibrahima Lissa Faye, président de la coordination nationale des associations de presse : "Beaucoup de journalistes ont été agressés, une soixantaine de journalistes brutalisés, leurs matériels détruits et il n'y a pas eu de suite judiciaire. Et il n'y a pas eu en tout cas de suites administratives, malheureusement."
Pour Mateew Mbaye, responsable des questions de protection pour l'ONG Article 19, la solution passe par "plus de communication". Il pointe notamment l'absence de "canaux de communication clairs qui fait que chacun pourra plus faire son travail sur le terrain sans pour autant gêner l'autre."
Des propositions concrètes ont émergé de cette rencontre, rapporte RFI : création d'une zone sécurisée pour les journalistes, établissement d'un guide de bonne conduite, mise en place de formations croisées pour sensibiliser chaque corps de métier aux contraintes de l'autre. Les journalistes insistent particulièrement sur la nécessité d'un suivi effectif des plaintes déposées contre les forces de l'ordre.
Cette initiative intervient dans un contexte de normalisation progressive au Sénégal, après une période marquée par la répression des manifestations de l'opposition et la restriction de l'espace d'expression publique.
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
LANDING SAVANE OU LA POÉSIE EN LETTRES RÉVOLUTIONNAIRES
EXCLUSIF SENEPLUS - Ces mots sont puissants des souffrances traversées, forgés de dignité humaine. Ainsi l’homme peut « renaître » sans être affaibli par son histoire mais armé de « feu du soleil »
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
C’est à un beau voyage que nous convie Landing Savané.
Si l’on s’en tient à la prose poétique, ce sont les vents qui ont semé les graines « ébènes » de la terre africaine de par le monde. Mais l’histoire du peuple noir, et Landing Savané nous le rappelle avec justesse et avec grandeur, a été arrachée, déchirée, écartelée par l’esclavage et soumise au colonialisme. Traversant l’Atlantique, les enfants africains ont échoué aux Caraïbes, en Amérique, tels des oiseaux morts, espèce décimée par le pouvoir occidental.
Pourtant, la poésie de Landing Savané n’est pas tournée vers elle-même, elle est ouverte sur les terres, les océans, sur l’humanité et sur l’espoir à reconquérir.
Les mots de Landing Savané ne sont pas des gémissements, ils sont puissants des souffrances traversées, forgés de dignité humaine. Ainsi l’homme peut « renaître » sans être affaibli par son histoire mais armé de « feu du soleil ».
Premier hommage que le poète rend à l’astre flamboyant comme à un être vivant, « le nègre est homme de feu ». Il rappelle sa vitalité, « le feu follet de nos nuits indigènes », ses ténèbres aussi :
« Par le feu et le sang
L’homme réduit par l’homme
En bête de somme servile »
Mais il n’oublie pas son rôle de combattant pour aller vers la lumière.
« Par le feu et le sang
La justice et la vérité
Rétablies »
La volonté de Landing Savané parcourt le recueil comme
« Les rafales de vent
Claquent, claquent à l’infini, claquent… »
Hommage aux grands hommes de l’Afrique, Cheikh Anta Diop « Pharaon du savoir », Patrice Lumumba, « Rawlings le pionner », « Sankara le rebelle », Steve Bantu Biko « L’homme du renouveau noir », Mangaliso Sobukwe « L’homme de la rupture radicale » et encore :
« Mandela, le plus illustre
Mais aussi d’autres symboles vivants
Nkosi, et Masemola
Et le vieux Mothopeng »
Tendre réminiscence pour les peuples et ses courageux combattants :
« Hier aujourd’hui et demain
Le peuple créole d’Amilcar
Magnifique de courage
Domestiquant la nature » Cabo Verde
« Guevara abattu
Au cœur des montagnes
Judas-Pinochet
Crucifiant Allende » Latinos
Landing Savané, panafricain engagé, est encore et surtout un poète qui célèbre le courage, la lutte « des militants du refus » et « des passions écartelées ».
« Guevara et Allende
Héritiers de Sandino
Ressuscités sous nos yeux
Dans l’air frémissant
Le chant poignant
Des fusillés
Le verbe tranchant
Et la foi triomphante
Des fils du soleil » Latinos
La force poétique vient de cette alliance universelle qui réconcilie combat, rupture, délivrance, dignité, puissance et espérances. C’est une poésie du renouveau, avec le tissage coloré d’un passé historique réhabilité, le métissage indispensable d’une inspiration ancestrale tournée vers la modernité, celle de la réconciliation des peuples africains redevenus confiants.
En intellectuel et militant, Landing Savané précise dans son avant-propos que « le rêve d’une Afrique terre de liberté et d’opportunités pour ses enfants » fera du continent africain, le continent du 21ème siècle. C’est la force de cette conviction qu’il place ici en poésie avec une grande harmonie esthétique.
Puis, tel un enfant du pays, il célèbre la terre ancestrale :
« Terre africaine
Berceau de l’homme
Terre des pharaons
Et des grands empires »
En homme conscient de l’importance de la mémoire et de la vérité, il dialogue avec l’Afrique, « mère nourricière », telle un être vivant :
« Je te salue Afrique
Pour tes miracles
Inscrits en lettres d’ébène
Sur tous les continents »
En créateur, il chante la solitude « du lutteur dans l’arène », « du penseur rebelle », « du chercheur hérétique ».
Landing Savané est un poète, un « Homme dans l’Univers », aux côtés des condamnés, des martyrs, des sages, des faibles.
« Je chante la solitude
Prélude aux communions
Restituant à l’homme
Dignité et puissance »
Enfin, il nous entraîne vers les lumières, les ombres de la ville de Ndar au Sénégal :
« Citadelle séculaire
De Mame Coumba Bang
Ville fantôme
A l’ombre du Delta
Ndar-Guedj, Ndar-Ndar
Les eaux glauques
Et la ville de sable
Bercent ta silhouette alanguie »
Ainsi, la poésie de Landing Savané est mémoire, elle est savoir et elle traverse notre siècle, avec sa seule force ensoleillée. Elle vise toujours juste avec une esthétique sobre mais profonde, comme un souffle de nos paroles africaines qui repoussent toutes les appartenances et toutes les frontières. La poésie de Landing Savané est aussi une ode à la liberté et aux combats que les hommes ont livrés pour conduire l’avenir vers l’insoumission. Afin de repousser les soubresauts, les chaos perpétrés par les hommes, on recompose encore et encore car l’histoire est un sable mouvant qu’il faut toujours rebattre pour voir poindre de nouvelles aurores. Cette histoire est ainsi magnifiée par la poésie intense de Landing Savané tandis que notre récit trouve sa place dans la chronologie de l’Humanité.
Amadou Elimane Kane est écrivain, poète.
Errances et Espérances, Landing Savané, éditions Panafrika / Silex / Nouvelles du Sud, Dakar, 2006
Thom Hartmann démonte les rouages d'une machination qui a vidé la classe moyenne américaine de sa substance. De la peur du communisme à l'émergence du trumpisme, il révèle comment les ultra-riches ont méthodiquement démantelé l'État social américain
(SenePlus) - Dans une analyse publiée dans le Hartmann Report, le journaliste Thom Hartmann dévoile les mécanismes d'une vaste entreprise de déstabilisation démocratique orchestrée par l'élite conservatrice américaine depuis les années 1960, dont les répercussions façonnent encore aujourd'hui le paysage politique des États-Unis.
L'histoire commence en 1964, lorsque le livre de John Stormer "None Dare Call It Treason" enflamme les cercles républicains avec ses théories sur une prétendue infiltration communiste du Département d'État. Mais les racines idéologiques remontent plus loin encore, jusqu'à Russell Kirk, théoricien conservateur qui, dès 1951, développait dans "The Conservative Mind" une vision alarmiste de l'ascension de la classe moyenne.
Kirk, s'inspirant du penseur Edmund Burke, considérait qu'une société sans hiérarchies strictes était vouée au chaos. Comme le rapporte Hartmann, Kirk prédisait que si "les étudiants, les femmes, la classe ouvrière et les personnes de couleur" accédaient au même niveau de pouvoir que les hommes blancs fortunés, une révolution communiste deviendrait inévitable.
Cette vision marginale a gagné en influence dans les années 1960, période de profonds bouleversements sociaux. "Les jeunes brûlaient leurs cartes de conscription, les femmes brûlaient leurs soutiens-gorge, Martin Luther King Jr. menait un mouvement pour la justice raciale", écrit Hartmann, décrivant une époque où les mouvements progressistes semblaient confirmer les pires craintes des conservateurs.
La réponse politique est venue avec Ronald Reagan, dont la présidence a marqué un tournant décisif. Selon Hartmann, "le but explicite des hommes blancs richissimes finançant la soi-disant Révolution Reagan était d'affaiblir la classe moyenne pour mettre fin aux protestations des années 60 et 70, restaurer la 'stabilité sociale' et augmenter la rentabilité des entreprises."
Le programme reaganien s'est traduit par une offensive systématique contre les acquis sociaux : guerre contre les syndicats, fin de la gratuité universitaire, durcissement pénal ciblé. Les conséquences ont été dévastatrices : "Sans la destruction des syndicats par Reagan, le revenu médian américain aujourd'hui dépasserait largement les 100 000 dollars par an", souligne Hartmann.
La stratégie s'est appuyée sur une rhétorique anti-communiste sophistiquée, incarnée par la célèbre formule de Reagan : "Les neuf mots les plus effrayants en anglais sont : 'Je viens du gouvernement et je suis là pour aider'". Cette approche a conduit à un transfert massif de richesses, que Hartmann chiffre à "plus de 50 000 milliards de dollars des travailleurs vers les coffres des ultra-riches".
L'influence de cette idéologie perdure aujourd'hui à travers un vaste réseau de think tanks et de médias conservateurs, financés par les milliardaires républicains suivant les recommandations du mémo Powell de 1971. Cette machine de propagande a si bien fonctionné que même le président démocrate Bill Clinton en est venu à déclarer : "L'ère du grand gouvernement est terminée."
Pour Hartmann, l'émergence du trumpisme représente l'aboutissement logique de cette longue entreprise de sape démocratique. Ironie de l'histoire, c'est précisément le type de menace autoritaire que Stormer dénonçait en 1964 qui se matérialise aujourd'hui, non pas sous la forme d'une infiltration communiste, mais d'une dérive fasciste orchestrée par les héritiers politiques de ceux qui prétendaient défendre la démocratie.
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LES ANCÊTRES ONT UN MESSAGE POUR VOUS...
Mariane Senghor, comme le mentionne fort à propos la commissaire d’exposition dans sa présentation, est « une artiste au-dessus des contingences matérielles ». Artiste visuelle, sa prodigieuse exposition est encore visible jusqu’au 7 février à la Galerie
Mariane Senghor, comme le mentionne fort à propos la commissaire d’exposition dans sa présentation, est « une artiste au-dessus des contingences matérielles ». Artiste visuelle, sa prodigieuse exposition est encore visible jusqu’au 7 février à la Galerie nationale.
Ce qui rend cette artiste particulière, c’est son audace à évoquer des thèmes peu habituels. Elle parle de guides, d’ancêtres, de messages, de spiritualité et d’éveil. Elle semble être, vraisemblablement, à un autre niveau de conscience, car, oui, ses sujets ne relèvent pas du monde physique et matériel, mais plutôt du domaine de la métaphysique et de l’immatériel. Elle aurait pu se croire folle ou les autres auraient pu le penser, mais non.
Elle écoute les messages du monde invisible pour les transmettre au monde visible. Elle possède quelque chose de surnaturel que seule une élévation spirituelle permet d’atteindre. Ce sont précisément ces phénomènes qu’elle illustre dans ses tableaux ou à travers des coiffures qu’elle a matérialisées. C’est une production immense et riche qu’elle offre au regard.
Lors du vernissage, en présence de nombreuses personnalités et artistes de renom, elle a eu l’idée d’organiser un panel avec des chercheurs spécialistes des domaines liés à son exploration. Parmi eux, un chercheur en sciences sociales, spécialiste des savoirs endogènes, a fait une présentation sur l’art, l’univers et le champ quantique.
Deux semaines plus tard, un autre panel a eu lieu avec le Dr Éric Gbodossou, un autre chercheur profondément enraciné dans les valeurs de la civilisation négro-africaine qu’il s’efforce de vulgariser, d’enseigner et de transmettre.
Mariane Senghor ne cesse de rappeler à ses interlocuteurs : « Nous ne sommes pas seuls. Nous sommes connectés les uns aux autres : les humains entre eux, les animaux aux humains, les plantes aux humains, et surtout les humains aux autres réalités invisibles : Dieu, les guides, les anges, etc.
Mariane invite ses visiteurs à l’éveil spirituel. Quelqu’un nous parle. C’est juste que, dans la frénésie de nos vies modernes, nous n’écoutons pas ou ne savons pas écouter.
Pour elle-même, il a fallu la pandémie de Covid-19 pour l’immobiliser, provoquer un silence intérieur, et lui permettre de se mettre sur la bonne fréquence afin de capter les messages qui lui étaient destinés ou destinés à d’autres, et qu’elle devait transmettre.
Pour elle Mariane Senghor, la spiritualité africaine, la mère des spiritualité est tout a fait compatible avec les religions abrahamiques. Toutes peuvent cohabiter dans un bel élan et toute en harmonie. « Tout ce qui est doit être », dit-elle.
Il faut noter que cette jeune artiste prometteuse, avant de se révéler au grand jour sur ce sujet, a traversé des moments de doute, d’incertitude et de tourmente. Il a fallu qu’elle soit rassurée et qu’elle obtienne le réconfort du Dr Gbodossou, qui lui a expliqué ce qui lui arrivait de si étrange.
D’ailleurs, le médecin pense que si les choses évoluent dans le bon sens, elle accomplira de grandes choses pour l’humanité, notamment dans le domaine de la santé. Elle, qui a tout entre ses mains, comme son père le lui avait répété à maintes reprises.
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YANNE, UNE ARTISTE EXPLORATRICE DE L’INHABITUEL
Ancienne directrice de la Galerie nationale, Awa Cheikh Diouf est la commissaire de l’exposition « Identité spirituelle universelle » de Mariane, qui a le toupet de s'attaquer à un sujet inhabituel. Awa Cheikh Diop pointe l’originalité du projet
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 02/02/2025
Ancienne directrice de la Galerie nationale, Awa Cheikh Diouf est la commissaire de l’exposition « Identité spirituelle universelle » de l’artiste Mariane Diakher Senghor, qui a le toupet de s' attaquer à un sujet inhabituel après seize ans de recherches : la spiritualite dans la creation artistique. Mariane parle des guides, des anges, de Dieu...
L’exposition ouverte depuis le 7 janvier se poursuit jusqu’au 7 février 2025. Le vernissage a été suivi de deux panels autour de la thématique globale de l’événement. Dans cet entretien, Awa Cheikh Diouf, la commissaire, explique l’originalité du projet de Mariane, qu’elle qualifie d’« artiste au-dessus des contingences matérielles ».
En effet, il est rare qu’un artiste produise des œuvres qui ne relèvent pas du monde visible et matériel. Or, Mariane, pour sa part, a conçu un projet profondément basé sur le monde invisible, peignant des personnages et des réalités intangibles.
À travers ce projet, l’artiste invite tout simplement les humains à l’élévation spirituelle, à la connexion avec les ancêtres, au retour - voire au recours - à notre spiritualité d’origine, sans pour autant prôner un renoncement aux religions abrahamiques adoptées par les Africains.
In fine, le monde matériel ne doit pas totalement éclipser le monde invisible. Elle prône, en quelque sorte, une réconciliation entre le visible et l’invisible.
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ARTISTE, JE SUIS ; GUÉRISSEUSE, JE NE SAIS PAS
L’homme propose, Dieu dispose. Mariane Senghor a choisi d’être artiste, mais il se pourrait que Dieu ait choisi autre chose pour elle. Seul le temps le dira. Ce qui est certain, c’est que cette artiste a tout entre les mains, et cela ne date pas d’hier
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 02/02/2025
L’homme propose, Dieu dispose. Mariane Senghor a choisi d’être artiste, mais il se pourrait que Dieu ait choisi autre chose pour elle. Seul le temps le dira. Ce qui est certain, c’est que cette artiste a tout entre les mains, et cela ne date pas d’hier. Elle l’a toujours su, son père l’a expérimenté à plusieurs reprises, avant qu’un sachant de ces réalités ne le confirme. Mais est-elle prête à pratiquer de l’art thérapie et bien au dela ?
Artiste plasticienne, après seize ans de recherche, Mariane Diakher Senghor présente une exposition sur le thème « Identité spirituelle universelle ». Le vernissage a eu lieu le 7 janvier 2025 et l’exposition se poursuit encore à la Galerie nationale. Une exposition dans laquelle elle a peint des réalités du monde immatériel et invisible : les guides, les anges, les ancêtres, ou encore des animaux totems. Elle affirme n’avoir fait que transmettre les messages reçus des ancêtres.
Détenteur et défenseur des savoirs endogènes, praticien des médecines traditionnelles, le Dr Gbodossou, que Mariane a rencontré, lui a confirmé ce qu’elle a toujours pressenti et l’a rassurée face à ses doutes, ses craintes et ses hésitations concernant les manifestations en elle de quelque chose d’inhabituel.
En personne avertie, le médecin a dit à l’artiste qu’elle pourrait accomplir de grandes choses, notamment en apportant la guérison au monde, après avoir évalué leurs échanges.
Les choses se précisent et s’éclairent peu à peu pour elle. La réalisation de son projet d'exposition « Identité spirituelle universelle » est sans doute l'un des premiers actes de son éveil et de la matérialisation des messages qu’elle estime avoir reçus des ancêtres.
La plasticienne, par ailleurs enseignante en art, compte attendre patiemment que les choses se fassent et que ceux qui ont décidé de la missionner lui donnent la force requise, étant entendu que le monde est impitoyable.
Que l’on soit dans les religions révélées ou dans la spiritualité ancestrale, lorsqu’on s’élève, des forces antagonistes s’élèvent aussi, selon des témoignages.
C’est une grande responsabilité. Mariane est-elle prête à assurer cette mission qui lui aurait été confiée par les ancêtres ? Nous lui avons posé la question.