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26 février 2025
J’AI ETE TRES SURPRIS PAR LA DECISION DE GORGUI SY DIENG…
Présentement à Dakar, avec des amis américains venus pour découvrir le basket sénégalais, Ngagne Desagana Diop s’est confié au journal Le Quotidien. Sur ses projets, l’avenir des jeunes qui s’expatrient, sur la retraite de son capitaine Gorgui Sy Dieng
Recueillis par Woury DIALLO |
Publication 25/04/2024
Présentement à Dakar, avec des amis américains venus pour découvrir le basket sénégalais, le coach des Lions s’est confié au journal Le Quotidien. Sur ses projets, l’avenir des jeunes qui s’expatrient, sur la retraite de son capitaine Gorgui Sy Dieng… Ngagne Desagana Diop fait «panier plein».
Qu’est-ce qui explique votre séjour à Dakar ?
Je suis venu avec mon ancien coach lorsque j’étais au collège, aux Etats-Unis, en 1999. Il est resté longtemps là-bas. Aujourd’hui, c’est le coach principal. On a gardé de très bonnes relations jusqu’à aujourd’hui. Son rêve était de venir au Sénégal. Malheureusement, pendant des années, on ne pouvait pas le faire. C’est seulement cette année que j’ai pu avoir du temps libre. Il en est de même pour lui et on a décidé, avec quelques amis aussi, d’organiser ce voyage. Ce n’est pas facile d’avoir du temps libre aux Etats-Unis. C’était donc l’occasion de lui faire découvrir le Sénégal, mais aussi de visiter certains centres de basket.
Qu’est-ce que vous avez pu faire depuis que vous êtes là ?
On est allés à Seed Academy à Thiès lundi. On a pu faire quelques séances avec les pensionnaires et les coaches. C’étaient de bons moments d’échanges et de partage, et ils ont beaucoup apprécié. Aujourd’hui (mardi), on est venus à Bopp pour la même chose. On ira ensuite voir les équipes de la Jeanne d’Arc et de Mermoz. Je suis un peu lié à ces centres, c’est la famille. J’ai des amis dans certains centres. Du coup, c’était normal de leur faire découvrir ces centres. Ils ont été impressionnés par le physique, la vitesse des jeunes, même s’ils notent quelques déchets techniques. Je leur ai fait comprendre qu’au Sénégal, dès la naissance, l’enfant joue d’abord avec un ballon de football, avant de choisir plus tard le ballon de basket. Contrairement aux Américains où l’enfant découvre le basket très tôt.
Est-ce que vous avez des projets ensemble à mettre en place au Sénégal ?
Je crois que c’est possible. Ils ont beaucoup apprécié le séjour. Ils ont eu l’occasion de visiter l’île de Gorée, le Lac Rose… Ils ne connaissaient rien de l’Afrique. Les gens sont souvent étonnés lorsqu’ils découvrent le continent. Ils souhaitent revenir chaque année avec d’autres projets et programmes pour les jeunes basketteurs, alors qu’ils ne sont là que depuis trois jours. Maintenant, penser à un centre, ce n’est pas encore dans mes plans, mais on ne doit jamais dire jamais. Juste qu’avec le travail aux Etats-Unis, ce n’est pas évident de se lancer dans certains projets. Il faut du temps pour pouvoir faire les choses correctement. Mais c’est possible. Ce sont des gens qui sont prêts à aider, à accompagner le basket sénégalais, autant sur le plan matériel que financier. J’ai pensé être président d’un club, mais on verra. Il faut d’abord tout mettre en place, avoir des hommes de confiance qui peuvent gérer, sachant qu’on n’est pas sur place. Voilà tous les éléments qu’il faut d’abord régler avant de se lancer dans ce genre de projet. Mais on verra à l’avenir.
En tant qu’ancien basketteur qui a eu l’opportunité d’évoluer sur place avant de partir aux Etats-Unis, comment vous voyez l’évolution du basket local ?
Je suis parti à 16 ans. Aujourd’hui, avec les académies, les jeunes partent très tôt. Je crois que c’est à ce niveau que se situe le problème. Je ne dis pas que les jeunes ne doivent pas s’expatrier, mais on doit davantage travailler sur les fondamentaux avant que les jeunes ne partent. On a de très bons coaches, mais c’est au niveau des fondamentaux qu’on doit travailler davantage. Cela leur permettra de s’adapter rapidement en Europe ou aux Etats-Unis.
Mais quand les infrastructures et les moyens manquent…
Effectivement ! D’ailleurs, mes gars étaient surpris quand ils ont vu le terrain de Bopp. A Seed, c’est une salle fermée, mais à Bopp, c’est en plein air. Il y a des salles partout aux Etats-Unis. Il faut que l’on revoie les infrastructures. On espère qu’avec le nouveau régime, les choses vont changer. Même avec l’Equipe nationale A, c’est un problème de disposer d’une bonne salle. C’est ce qui explique que les jeunes ne sont pas adroits. Ce n’est pas compliqué d’avoir des salles fermées dans ce pays.
Il faudrait pour cela que des anciens comme vous puissent poser le débat…
A chaque fois qu’on a l’occasion d’en parler, on le fait. Avec le président de la Fédération (Me Babacar Ndiaye), avec Amadou Gallo Fall et certains anciens joueurs, on en parle souvent. Si aujourd’hui, on est reconnu, c’est grâce au basket. A nous de porter le combat pour que les choses changent. On a beaucoup d’espoir avec le nouveau régime. On prie pour que leur vœu pour le pays puisse se réaliser. Il faut aider le basket à se développer. On joue au basket partout au Sénégal, même sous le soleil et sur des terrains en plein air. Si les pratiquants et les infrastructures sont dans les meilleures conditions, cela va beaucoup aider la discipline.
Parlons de votre équipe, les Westchester Knicks, en G-League, qui a été sacrée championne cette année. Qu’est-ce que ce titre représente pour vous dans votre jeune carrière d’entraîneur ?
Je rends grâce à Dieu. C’est le fruit d’un long travail. La première année n’a pas été facile. Cette année, on a eu de très bons joueurs et Dieu a fait qu’on a gagné à la fin. Le rôle du coach est important, mais il devient plus facile lorsqu’on a des joueurs qui respectent et suivent les consignes. J’avais des gagneurs cette année et ils m’ont beaucoup facilité la tâche. On rêve de ces moments quand on devient coach.
Avec ce titre, est-ce que vous aspirez à rejoindre une équipe de la Nba cette année ?
Je m’étais donné deux à trois ans en G-League. J’y suis allé en 2022, alors que j’avais un contrat à Houston. Mais je voulais apprendre et je ne regrette pas mon choix. On verra maintenant à mon retour, ce que l’avenir me réserve. S’il y a une opportunité qui se présente, je veux bien rejoindre une équipe de la Nba. Je ne souhaite pas y retourner juste pour y retourner. Je veux un vrai challenge pour continuer ma progression. A défaut, je peux rester en GLeague encore une année. Je suis en contact avec mon agent et on prendra la bonne décision le moment venu.
Est-ce que c’est facile pour les techniciens africains d’intégrer les équipes de la Nba ?
La philosophie des Américains est simple : tu mérites le poste, on te le donne. Ils ne perdent pas de temps à voir d’où tu viens ou ta nationalité. On ne m’a pas nommé coach en G-League parce que cela leur fait plaisir. Il faut travailler et mériter le poste. Si je veux rejoindre une équipe de la Nba, je dois continuer à travailler. On voit beaucoup de jeunes coaches en Nba.
Qu’est-ce qui explique cette tendance ?
Le basket a changé. Il faut pouvoir se connecter avec les joueurs. Il y a bien sûr des anciens, mais la donne a changé. La connexion passe plus facilement avec les jeunes.
Justement, comment ça se passe pour les jeunes basketteurs sénégalais qui sont un peu partout aux Etats-Unis ?
Ça se passe bien. Le jeune qui est à Atlanta, Mouhamed Guèye, est très intéressant. Malheureusement, il n’a pas beaucoup joué cette année à cause des blessures. Il y a de l’espoir. Je connais son coach. On discute beaucoup du potentiel du gamin. Il y a Georges (Niang) qui n’a pas encore la chance de rejoindre la sélection. On a de très bons rapports et il a envie de venir en sélection. J’ai eu la chance de le coacher à Utah. On a prévu de faire quelque chose avec la sélection pendant les vacances. J’espère que cette fois-ci, il sera là et pour l’Afrobasket en 2025. Il y a d’autres jeunes joueurs comme Ndongo Ndiaye. C’est Makhtar Ndiaye qui s’en occupe et il est en train de les suivre.
La transition est toute trouvée pour parler de l’Equipe nationale masculine dont vous êtes le coach. Vous avez été absent lors du tournoi de pré-qualification aux Jeux Olympiques, à Lagos en août dernier, pour raisons de santé. Ça va mieux maintenant ?
Oui, ça va beaucoup mieux maintenant. J’ai subi une opération au niveau de la jambe. Je ne pouvais le faire que pendant cette période. Dieu merci, tout s’est bien passé.
Alors, qu’est-ce qui est prévu cette année avec la sélection ?
J’ai rencontré le président de la Fédération et je lui ai soumis un programme durant les vacances. On ne peut pas rester sans rien faire pendant cette période, même s’il n’y a pas de compétition. Après la Summer League, on a prévu de se regrouper pendant deux semaines à Dakar. On est en train de négocier des matchs amicaux avec la Tunisie et le Maroc, toujours à Dakar. Cela va nous permettre de préparer la fenêtre de novembre.
Est-ce qu’on peut s’attendre à voir de nouveaux joueurs pendant cette période ?
On va ouvrir la liste. Il y a beaucoup de jeunes joueurs. Les places sont chères. Il va falloir que chacun se donne à fond pour prétendre être dans l’équipe. Ce sera malheureusement sans Gorgui Sy Dieng.
Comment avez-vous accueilli sa décision de prendre sa retraite internationale ?
J’ai été très surpris par sa décision. Je crois qu’il peut encore jouer quelques années. Il peut apporter beaucoup à l’équipe. On en a discuté, maintenant c’est son choix. Il connaît son corps mieux que tout le monde. Mais c’est dommage pour nous parce que c’est un leader qui a beaucoup donné à la sélection. Dommage qu’il décide de partir et de se consacrer à autre chose. On lui souhaite bonne chance dans ses projets. Avec la sélection, il est temps qu’on regagne un autre titre. Cela ne sera pas facile en Angola. On aurait aimé jouer à domicile, mais on donnera tout pour décrocher ce trophée, Inchallah. Les autres travaillent beaucoup, à nous de travailler plus qu’eux pour redevenir la meilleure Nation africaine.
LES PREMIERES NOMINATIONS A LA TETE DE PLUSIEURS ENTREPRISES ET ADMINISTRATIONS PUBLIQUES
Les parutions de ce jeudi commentent les premières nominations à la tête de plusieurs entreprises et administrations publiques, lors du Conseil des ministres, et les annonces sur le coût de la vie et le référentiel des politiques publique
Dakar, 25 avr (APS) – Les premières nominations à la tête de plusieurs entreprises et administrations publiques, lors du Conseil des ministres, et les annonces sur le coût de la vie et le référentiel des politiques publique sont largement commentées par les quotidiens reçus, jeudi, à l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Le président de la République a nommé des directeurs généraux, mercredi, à la tête de plusieurs entreprises et administrations publiques, a-t-on appris du ministre de la Formation professionnelle et porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Njekk Sarré.
”Le +Projet+ étend ses tentacules”, titre Vox Populi soulignant que ”Diomaye et Sonko étoffent l’armature de leur système”.
”A la gendarmerie nationale, le général de Division Martin Faye remplace Moussa Fall, Papa Diouf, devient Haut commandant en second. Pape Alé Niang à la RTS, Fadilou Kéita à la Caisse de dépôts et consignations (CDC), Waly Diouf Bodiang au Port, Bacary Séga Bathily à l’APIX, Cheikh Bamba Dièye à l’AIBD, Dr Cheikh Dieng à l’ONAS, …Abdou Gning nouveau directeur des Domaines. La Poste, SICAP, SN-HLM, Pôle urbain de Diamniadio, SAPCO, entre autres, touchés par les changements de direction”, écrit le journal.
Sud Quotidien parle de ”grand chamboulement”.
‘’Les Sénégalais attendaient depuis la mise en place du gouvernement suivie de la tenue du premier Conseil des ministres. C’est désormais effectif. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à des nominations à différentes directions nationales”, rapporte la publication.
Le journal relève que ‘’ces premières mesures individuelles, prises en conseil des ministres mercredi, le troisième du genre depuis son accession à la magistrature suprême, constituent un grand chamboulement, avec les choix portés sur le journaliste Pape Alé Niang pour diriger la RTS, Bacary Séga Bathily à la tête de l’APIX, Waly Diouf Bodiiang au Port autonome de Dakar et Cheikh Mamadou Abiboulaye Dièye à l’AIBD, etc”.
Changements à la tête des plus grandes directions, ”le coup de balai de Diomaye”, titre L’As.
Selon EnQuête, ”Sonko et Diomaye placent leurs hommes”. ‘’Pape Alé, Waly Diouf Bodiang, Fadilou Keita… nommés DG, la revanche des prisonniers’’, commente Bës Bi.
”Le grand ménage a commencé dans les directions’’, indique les Echos, ajoutant : ”le Projet d’appels à candidature aux oubliettes, place au partage du gâteau’’.
WalfQuotidien relève que dans sa lutte contre la vie chère, le président de la République ”a enjoint le Premier ministre, Ousmane Sonko, aux ministres en charge du Commerce et de l’Industrie, des Finances et du Budget et de l’Agriculture de lui proposer, avant le 15 mai 2024, un plan d’urgence opérationnel de lutte contre la vie chère”.
”Le Projet en chantier’’, note pour sa part Le Quotidien qui souligne que le document qui doit servir de référentiel des politiques publiques sera achevé dans cinq mois. ‘’Il sera rédigé par l’expertise locale sous la coordination du Premier ministre et d’un Comité technique composé de six ministères’’, précise la publication.
Le Soleil met en exergue l’indemnisation des victimes des manifestations politiques qui ont secoué le pays de janvier 2021 à février 2024.
En Conseil des ministres, le président de la République a demandé au Premier ministre de mettre en place une commission qui devra identifier les victimes et procéder à l’évaluation des préjudices subis, ainsi qu’à la prise en charge effective des blessés en cours de traitement, mentionne le quotidien national.
Par Yahya Ahmadou SY
DE LA RENEGOCIATION DES CONTRATS PETROLIERS
Est-il important de souligner que les contrats liés aux domaines pétrolier et minier sont différents des contrats publics. La distinction se fait sur la base du fait qu’un contrat administratif implique la participation d’au moins une entité publique.
Dans un contrat d’Etat pour les ressources en hydrocarbures, les clauses financières sont très contrôlées par toutes les parties impliquées. Cela signifie que ces parties examinent attentivement les aspects financiers du contrat. En ce qui concerne la relation entre la politique et le juridique, il existe une forme de dépendance. Cependant, il y a un domaine qui se montre plus résistant que les autres : le secteur des hydrocarbures.
Est-il important de souligner que les contrats liés aux domaines pétrolier et minier sont différents des contrats publics. La distinction se fait sur la base du fait qu’un contrat administratif implique la participation d’au moins une entité publique. Cependant, tous les contrats conclus par une entité publique ne sont pas automatiquement des contrats administratifs. Les contrats administratifs se reconnaissent par certaines caractéristiques spécifiques : ils sont d’abord qualifiés par le critère organique (présence d’une personne publique). Ensuite, l’existence d’une clause que l’on qualifierait d’inégalitaire (clause exorbitante) soit par leur objet. Enfin, le pouvoir de modification et de résiliation unilatérale plus étendu que s’il s’agissait de simples contrats de droit privé.
Pour les contrats pétroliers, qualifiés de contrat d’Etat, on retrouve plusieurs critères permettant de protéger l’entreprise étrangère :
- La clause relative à la compétence juridictionnelle qui désigne l’appareil judiciaire ou l’institution chargée du règlement des litiges contractuels. Le contrat d’Etat se caractérise dans ce cas particulier, par des règles différentes de celles qui régissent les contrats de droit interne. Par conséquent, dans le domaine de l’investissement international en général et pétrolier en particulier, le recours à une sphère juridictionnelle autre que celle de l’Etat contractant, est une pratique courante. C’est en effet à travers l’arbitrage international que les litiges naissant d’un contrat pétrolier sont réglés dans la pratique. Cette garantie fournie au contractant de l’Etat en matière de contrat d’investissement pétrolier en parlant de l’arbitrage international est appelée :
«De l’égalité des armes» entre l’Etat et l’investisseur privé. Cette égalité signifie que le contrat d’Etat est soumis à un système extérieur à la sphère dans laquelle l’Etat parti au contrat a le monopole du pouvoir judiciaire afin que les deux parties soient à égalité devant le juge. Dans la pratique, cette garantie d’égalité est applicable même dans le cas de modification ou d’annulation unilatérale du contrat par l’Etat.
- La clause relative au droit applicable qui implique le fait que les parties disposent ici d’une certaine autonomie pour choisir la loi applicable à leurs contrats, comme d’ailleurs dans le cas des autres contrats internationaux. Il n’est pas rare que la partie étrangère privée choisisse un autre droit applicable que celui de l’Etat hôte afin d’être en mesure de protéger son investissement contre le pouvoir souverain que détient l’Etat contractant sur ses propres lois.
- La clause relative au pouvoir normatif de l’Etat. Du fait de son caractère corollaire à l’intangibilité, elle a pour but de fournir une protection juridique externe à la partie étrangère privée contre la capacité de l’Etat à changer sa propre loi. Elle permet ainsi de différencier les contrats d’Etats stricto sensu des autres contrats de commerce international. Il s’agit d’une assurance donnée par la partie étatique à la partie privée pour assurer la stabilité de son investissement et immuniser le contrat contre l’exercice du pouvoir normatif dans certains domaines tels que la fiscalité et les contrôles environnementaux. Si on regarde dans l’absolu, cette clause n’est pas une immunité absolue, mais plutôt une immunité juridique. Dans un cadre politique, elle peut être contournée. Dans ce contexte, c’est une garantie juridique, mais le Droit ne résiste pas à la force politique.
Depuis l’adoption en janvier 2019, du projet de loi portant Code pétrolier abrogeant et remplaçant la loi n°98-05 du 8 janvier 1998, le Sénégal a orienté sa politique pétrolière sur le contrat de recherche et de partage de production. Les contrats permettent à l’entreprise étrangère de définir le coût des investissements et de pouvoir se rembourser sur la base du coût pétrolier. C’est après cette étape qu’on peut parler de partage de production sur la base du profit pétrolier.
Toutefois, force est de constater que dans l’intérêt de l’entreprise étrangère, cette dernière tend vers la dérive des coûts. Plus le coût est exorbitant, plus la rémunération est désavantageuse pour l’Etat. A cela s’ajoute la nature offshore du pétrole sénégalais qui rend la production plus complexe et par conséquent plus coûteuse. D’où le piège du contrat de recherche et de partage de production.
Toutefois, il peut y avoir des failles dans les contrats pétroliers qui peuvent être exploitées pour obtenir des avantages financiers. Tout d’abord, l’audit du coût pétrolier qui permet de diminuer la lourdeur du remboursement basée sur l’absence du contrôle de la définition dudit coût par l’entreprise privée. Ensuite le non-respect des cahiers de charges par cette dernière sur le contenu local, Rse, Isg.
Enfin le non-respect des critères environnementaux. L’Etat peut, sur la base de taxation, gratter un maximum de revenu.
Yahya Ahmadou SY
Juriste/publiciste
MOTION DE CENSURE, ÉTERNEL SERPENT DE MER DE LA POLITIQUE SÉNÉGALAISE
Alors que le nouveau président Diomaye Faye ne détient pas la majorité, son Premier ministre Sonko pourrait être la cible d'une nouvelle motion de censure. Que réserve cette énième tentative face à l'histoire tourmentée de cet instrument au Sénégal ?
La trajectoire du jeune Etat qu’est le Sénégal, est jalonnée par une histoire de motions de censure. De l’indépendance à nos jours, seule une des 5 motions de censure soumises au vote de la Représentation nationale a abouti : celle de 1962, avec la crise mémorable qu’elle entraîna. Le Président Macky Sall est le seul des quatre présidents concernés à voir ses gouvernements convoqués, à deux reprises, sans succès. Qu’adviendra-t-il de la prochaine initiative, alors que le Président Bassirou Diomaye Faye ne détient pas la majorité au sein de l’Hémicycle ? C’est la question qui taraude bien des esprits.
Motion de censure. L’expression est très usitée ces derniers jours. Instrument politique, au sens positif ou vertueux du terme. Arme politique, au sens négatif ou vicieux du mot. Tout dépend, politiquement parlant, du camp auquel on appartient. Mais toujours est-il que quatre des cinq chefs d’Etat qui ont dirigé le Sénégal, ont eu à se voir opposer la motion de censure. De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall. Seule la première des cinq motions de censure a abouti. Et elle remonte au 17 décembre 1962. Ce qui entraîna la fameuse crise de 1962. Sauf qu’à l’époque, il y avait le règne du parti unique : l’Union progressiste sénégalaise (Ups). Donc, des députés d’une même famille politique avaient décidé de déposer le gouvernement du président du Conseil d’alors, Mamadou Dia.
Il faut attendre vers la fin du règne de Abdou Diouf, 2ème président de la République, pour entendre le landerneau politique, l’Hémicycle surtout, bruire de motion de censure encore. Cela se produit en 1998. Cette fois-ci, cette initiative parlementaire provient de l’opposition. Elle est l’œuvre du groupe parlementaire dirigé par un ancien du Parti socialiste, le ministre d’Etat Djibo Leyti Ka, en alliance électorale avec l’Alliance Jëf-jël de Talla Sylla, lors des Législatives de la même année. L’enfant de Thiargny voulait renverser, au mois de juillet 1998, le gouvernement du Premier ministre Mamadou Lamine Loum. Cette démarche parlementaire de l’ancien ministre socialiste -qui avait dit, en passant, au chef du gouvernement Loum qu’il n’était «pas le Pm que le pays attendait», le qualifiant même de «Premier ministre délégué», devant la puissance d’alors au cœur de l’Etat socialiste du ministre d’Etat Ousmane Tanor Diengne produira pas l’effet qu’il espérait
La marche continue du pays, riche de son or, qui demeure la démocratie, vers le progrès et le développement, est toujours rythmée par un débat à fort accent politique. Entre-temps, le système démocratique national enfante sa première alternance politique. Mais, c’est le deuxième Pm du Président Abdoulaye Wade qui va faire l’objet de convocation par la Représentation nationale, le jeudi 18 avril 2002. Du fait de l’initiative parlementaire de l’honorable député Moussa Tine, responsable du parti Alliance Jëf-jël, Mme Madior Boye et ses ministres ne verront pas les députés acter le renversement de l’attelage gouvernemental. La majorité parlementaire, incarnée par la Coalition Sopi, a mis en échec la volonté de Tine.
Macky face à 2 motions de censure
Quatrième président de la République, quatrième et cinquième motions de censure. Le 25 mars 2012, à la suite du deuxième tour de la Présidentielle de la même année, Macky Sall arrive au pouvoir. Ainsi, le Sénégal enregistre sa deuxième alternance. Le Président Sall porte son choix sur la personne du banquier Abdoul Mbaye. Ce dernier voit les représentants du Peuple formant le Groupe parlementaire Démocratie et liberté, présidé par Modou Diagne Fada et devenus la nouvelle opposition, l’inviter à se présenter devant la plénière, le mercredi 26 décembre 2012, pour un vote de défiance. Ainsi, à la Place Soweto, les troupes libérales sont déterminées à faire un bébé dans le dos de leur ancien frère de parti, Macky Sall. La motion de censure est rejetée. La majorité parlementaire, Benno bokk yaakaar (Bby), a dicté sa loi au camp d’en face.
Le troisième successeur de Abdoul Mbaye à la Primature, Amadou Ba, sera, à son tour, convoqué devant le Parlement, quelques jours après sa Dpg, au mois de décembre 2022. Le Groupe parlementaire Yewwi askan wi (Yaw, opposition), sous la houlette de Birame Soulèye Diop et des députés du parti Pastef, s’estimant non convaincu par les réponses servies à eux par le Pm Ba, dépose une motion de censure contre lui. Ce sera la seconde initiative parlementaire sans succès visant à faire tomber le gouvernement sous la Présidence Sall.
En attendant la première motion de censure sous l’ère Diomaye
Aujourd’hui, trois semaines après la troisième alternance du 24 mars 2024, l’une des expressions les plus prisées au sein de l’Hémicycle refait surface. Son retour intervient à la suite d’une sortie du ministre de la Formation professionnelle, porte-parole du gouvernement, Moustapha Sarré, contre la nouvelle opposition, Bby, qui l’a jugée maladroite. Celle-ci attend de pied ferme le Premier ministre Ousmane Sonko, à l’occasion de sa Déclaration de politique générale, prévue, d’après la Constitution, trois mois après sa nomination. Jusqu’ici, l’intéressé n’a pipé mot sur sa future sortie devant les élus du Peuple. Mais, la Dpg du Pm Sonko, apparemment, n’aura pas lieu de sitôt. Le gouvernement a prévu de faire voter le projet de Loi de finances au mois d’octobre prochain. (Voir par ailleurs).
Par Ibou FALL
JE SUIS JOURNALISTE MAIS JE ME SOIGNE
A peine installé, le nouveau président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, soucieux de venger les gens de peu, s’offre un coup de taloche dans la fourmilière truculente de l’information : les lanceurs d’alerte...
A peine installé, le nouveau président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, soucieux de venger les gens de peu, s’offre un coup de taloche dans la fourmilière truculente de l’information : les lanceurs d’alerte, apparemment indispensables à la transparence démocratique et la bonne gouvernance, méritent la reconnaissance de la Nation, un statut, une protection spéciale, une stèle, que dis-je, une institutionnalisation.
Sans cette race à part de héros intrépides, apparemment, le pays de Mamadou Bitiké serait une bamboula permanente, où les coquins et les copains se partageraient les entrailles des gens d’en bas et festoieraient impunément de génération en génération.
Pour preuve, l’ancien président de la rue publique, alias Pros, devenu à son corps défendant Premier ministre, Pmos, donnera le ton, pour se lancer à la conquête du pouvoir, en publiant un pavé sur le pétrole sénégalais… Il précise alors, en présentant le p’tit chef-d’œuvre, que c’est quasiment contraint et forcé qu’il se résigne à le publier, la race des journalistes étant tellement corrompue que personne parmi ces crapauds n’oserait publier de telles vérités.
Bien entendu, dans la presse, personne ne se sent vexé : pensez-vous, c’est le Président de la rue publique Ousmane Sonko, alias Pros, soi-même, qui parle…
Et puis, c’est de notoriété publique : nous autres, journalistes, sommes ces vendus, ces corrompus, ces renégats qui ont vendu leur âme, et peut-être même plus, pour trois sous. Pour dire les choses simplement, nous sommes la caste complice du défunt régime qui enterre sciemment les scandales qu’eux, alors hérauts de l’opposition, dénoncent au péril de leur vie, de leur liberté ; nous faisons même pire en cautionnant les sordides complots qui les font jeter en prison, histoire de faciliter le troisième mandat illégitime (et même illégal, c’est selon) de Macky Sall, le Corrupteur suprême.
Bref, depuis le 2 avril 2024, la marée révolutionnaire qui porte au Palais le Président Bassirou Diomaye Faye, promet de réinventer la roue. C’est sans doute cela le «Projet» dont tout le monde parle, mais personne ne sait grandchose…
Bien sûr, parmi les journalistes, il y en a quelques-uns, les rares exceptions, que les réseaux sociaux plébiscitent et élèvent au rang de légendes vivantes. Ces tâcherons de la propagande qui squattent quelques tribunes depuis tout ce temps, défendent hardiment toutes les victimes du mackyavélisme, pourfendent l’arbitraire et l’indécent, dénoncent la corruption tout comme le népotisme, touchent même du doigt l’innommable en fouillant jusqu’en dessous des ceintures, dans les caleçons de ces pervers de gouvernants et leurs obligés. Et tout cela en posant pour la postérité, le côté photogénique de la tronche face à la caméra, fiers du devoir accompli, certains de leur bon droit.
A chacun son bonheur, n’est-ce pas ? Evitons de faire des jaloux en citant des noms… Oui, mais toute cette populace bigarrée ne suffit pas pour contrôler l’opinion. Ça ne le fait pas, même si l’on y rajoute quelques redoutables papoteurs aux envolées psychédéliques, qui trouvent le temps de faire le beau devant les caméras entre deux ventes de poudre de perlimpinpin ou des gags de mauvais goût. C’est vrai, le peuple des influenceurs s’y est également mis… A défaut de vendre de la pacotille, comme les premiers explorateurs devant les indigènes, ces négociants du nouveau millénaire vendent aux Nègres frustes de ces temps farouches en pleine régression, du réconfort à moindre frais, de la revanche à bon marché, de la haine à foison…
Il est si facile de parler à l’émotion épidermique, lorsque l’on s’adresse à des contemporains à la comprenette grippée.
Que dire des brillantissimes auteurs de «contributions», de «tribunes» et d’ «opinions» qui envahissent les journaux pour… alerter le grand public des dangers qui le guettent ? Des pavés sophistiqués qui défont et refont le monde révèlent au passage qu’il y a tant de gens brillants (dont les coordonnées se trouvent au bas de l’article) qui ne sont pas aux postes qu’ils méritent.
J’en oublierais presque les ténors de la Société civile…
Ben voyons, vous savez bien : les trois pelés et deux tondus qui, du haut de leurs Ong, défendent les droits de l’Homme de manière si originale… Résolument postés du côté des incendiaires, ils gagnent grassement leur vie à éteindre des feux qu’ils encouragent à leurs heures perdues. Bien sûr, il y aura toujours quelque journaliste aussi incorruptible que complaisant pour relayer leurs balivernes, au nom de l’humanisme universel, de la démocratie et de la tolérance.
Et des per diem des séminaires de renforcement de capacités.
Là, maintenant, avec la révolution du tandem Diomaye-Sonko, il est temps de gonfler les troupes qui illuminent l’obscurantisme à grand renfort de «lanceurs d’alerte», pour que ces corrompus de journalistes ferment leurs gueules et, à l’occasion, boutique. Ça ne crachera pas sur les révélations à propos du voisin trop riche pour être honnête ; ou celles du beau gosse qui vous fait cocu ; ni sur celles du collègue trop brillant qui occupe le poste de vos rêves.
L’essentiel est d’alerter l’opinion
Dans ma p’tite tête, il me revient deux lanceurs d’alerte : le premier, Zola, qui signe l’un des éditos les plus célèbres de l’histoire, à propos de l’affaire Dreyfus, sous le titre «J’accuse». Le second, sous le pseudonyme de «Gorge Profonde», déclenche l’un des scandales les plus retentissants de l’Histoire américaine qui finit par la démission du Président Nixon. Il finira par lui-même révéler son identité, les journalistes avec lesquels il aura collaboré n’ayant jamais failli concernant le serment de protéger leur source… Ils étaient pourtant face au monstre Amérique.
Ces deux célébrissimes lanceurs d’alerte ont un point commun : c’est par voie de presse qu’ils sont passés.
Informer est, au pire, un banal métier qui apprend au journaliste à discerner ce qui est d’intérêt public et comment le servir à une population dont le niveau d’instruction est inégal.
Au mieux, le journalisme est un sacerdoce, une religion dont la base est le respect de la personne humaine, la sacralité des faits, la publication de la vérité, quoi qu’elle en coûte. Vous voulez savoir quelle est la différence entre un lanceur d’alerte et un journaliste ? Le lanceur d’alerte, quand il vous désigne du doigt la plaie, il fait tant et si bien qu’au lieu de vous informer, vous ne pouvez que contempler sa tronche qu’il promènera sur tous les plateaux de télé en vous exclamant : «Quel héros !» Ben, le journaliste, quand il vous révèle la même info, ça se fait si simplement que vous en oublierez de regarder la signature, parce que son auteur fait tout pour ne pas exister, histoire de ne pas vous faire oublier ce qu’il vous a appris…
VIOLENCES SEXUELLES OU LIÉES AU GENRE DANS LES CONTEXTES DE CONFLIT
Amnesty international montre que cette année encore, des violences sexuelles et des violences fondées sur le genre ont été perpétrées dans des contextes de conflit, notamment des viols, des viols en réunion, des enlèvements et de l’esclavage sexuel.
Dans rapports annuelle 2024, Amnesty international montre que cette année encore, des violences sexuelles et des violences fondées sur le genre ont été perpétrées dans des contextes de conflit, notamment des viols, des viols en réunion, des enlèvements et de l’esclavage sexuel. De nombreuses victimes n’ont pas eu accès à l’aide médicale et psychosociale dont elles avaient besoin.
RÉPRESSION DE LA DISSIDENCE, LIBERTÉ DE RÉUNION PACIFIQUE
Dans toute la région, des manifestant·e·s sont descendus dans la rue pour faire entendre leurs préoccupations sur une multitude de sujets, dont le coût élevé de la vie, la mauvaise gouvernance et les violations des droits humains. Dans de nombreux cas, les forces de sécurité ont dispersé ces rassemblements au moyen d’une force excessive : des dizaines de manifestant·e·s et de passant·e·s ont été tués ou blessés, notamment en Angola, en Éthiopie, au Kenya, au Mali, au Mozambique, au Sénégal et en Somalie.
LIBERTÉ D’EXPRESSION
Cette année encore, le droit à la liberté d’expression a été menacé. S’opposer ouvertement aux politiques, aux mesures ou à l’inaction des pouvoirs publics ou diffuser publiquement des informations jugées préjudiciables aux autorités pouvait entraîner une arrestation, une détention arbitraire, voire la mort. En Eswatini, le défenseur des droits humains Thulani Maseko a été assassiné à son domicile. Au Cameroun, le journaliste Martinez Zogo a été enlevé dans la banlieue de Yaoundé et son corps mutilé a été retrouvé cinq jours plus tard. Il travaillait sur la corruption présumée de personnes proches du gouvernement. John Williams Ntwali, un journaliste d’investigation qui travaillait sur des questions en rapport avec les droits humains, est mort dans des circonstances suspectes au Rwanda. La veille, il avait confié à un confrère qu’il craignait pour sa sécurité.
L’UNIVERSITÉ DE BAMBEY HÔTE D’UN COLLOQUE INTERNATIONAL SUR LA ”SUMMA DIVISIO”
Les participants vont discuter de l'avenir : des nouvelles tendances et de la pertinence de distinguer le droit public et le droit privé, ainsi que de la convergence ou de la relativité de cette distinction.
Bambey, 24 avr (APS) – Un colloque international sur la “summa divisio” (expression latine désignant les divisions principales entre droit public et droit civil) s’est ouvert mardi, à l’université Alioune Diop (UADB) de Bambey, à l’initiative du groupe de recherche en sciences juridiques et politiques du département d’ingénierie juridique de cette institution universitaire.
Durant les trois jours de travaux, des experts venus des universités publiques du pays et de la sous-région vont débattre de plusieurs thématiques.
L’avenir de la ”summa divisio”, ses nouvelles tendances, convergence et/ou relativité de distinction du droit public et du droit privé et la pertinence de la distinction entre le droit public et le droit privé sont entre autres thématiques sur lesquelles les participants vont plancher.
L’expression summa divisio est fréquemment employée dans le domaine juridique pour signaler les divisions principales entre droit public et droit civil.
“Ce colloque entre dans le cadre du fonctionnement de l’université qui a aussi une vocation de recherche. Cette rencontre de trois jours est un cadre de dialogue inter-générationnel pour permettre aux étudiants de mieux comprendre la summa divisio”, a expliqué le chef du département ingénierie juridique de l’UADB, Professeur Mballo Thiam
Il a indiqué que ce colloque qui en est à sa première édition, sera pérennisé pour contribuer au renforcement de capacités des apprenants.
Présidant la cérémonie d’ouverture du colloque, le recteur de l’université Alioune Diop, Pr Ibrahima Faye a magnifié l’organisation de cette rencontre internationale qui, selon lui, participe à l’animation scientifique de l’université. Il a réitéré l’engagement du rectorat à accompagner ce genre d’initiative pour le rayonnement de l’université.
SEYDI GASSAMA DEMANDE L’ABROGATION DE L’ARRETE LOI OUSMANE NGOM
Le Directeur exécutif d’Amnesty international Sénégal, Seydi Gassama, demande l’abrogation de l’arrêté Ousmane Ngom interdisant les manifestations politiques au centre-ville de Dakar, du rond-point de la Médina aux abords de la Place de l’Indépendance...
Le Directeur exécutif d’Amnesty international Sénégal, Seydi Gassama, demande l’abrogation de l’arrêté Ousmane Ngom interdisant les manifestations politiques au centre-ville de Dakar, du rond-point de la Médina aux abords de la Place de l’Indépendance, du Palais et de l’Assemblée nationale...
«Nous invitons les nouvelles autorités compétentes, en l’occurrence le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, à abroger l’arrêté afin de permettre à tous les Sénégalais de manifester pacifiquement, sans restriction, partout où ils le jugent nécessaire. La Cour de justice la CEDEAO a demandé à l’Etat du Sénégal de retirer cet arrêté. Malheureusement, il est toujours en cours. Il est impossible de manifester devant l’Assemblée nationale, par exemple, comme cela se fait dans tous les pays du monde», a-t-il dit hier, mercredi 24 avril, lors du lancement du rapport annuel 2024 d’Amnesty international sur les droits humains.
Seydi Gassama fustige aussi l’absence d’enquêtes sur les morts pendant la crise pré-électorale. «Pour toutes les victimes, nous sommes assurés à ce qu’il y ait des expertises médicales légales. Nous avons insisté, commis des médecins légistes pour assister les familles lorsqu’il y avait des contestations sur les autopsies, pour que chaque victime ait un certificat de décès. Nous avons veillé pour que chaque famille des victimes ait un avocat. Selon le retour que nous avons de ces avocats, avant la loi d’amnistie, aucune enquête ouverte n’a été initiée ces trois dernière années». Cela démontre, à son avis, «une volonté manifeste d’accorder l’impunité aux membres des Forces de défense et de sécurité, une volonté qui s’est matérialisée par le loi d’amnistie en fin de mandat du président Macky Sall, pour effacer ces crimes».
LE SÉNÉGAL DE TOUS LES ABUS !
Amnesty international a publié hier, mercredi 24 avril, son rapport annuel 2024 sur la situation des droits humains dans le monde.
Les arrestations pour participation à des manifestations interdites, les morts sans enquêtes, la mendicité des enfants et des dispositions controversées du Code de la famille, sont dénoncés par Amnesty international dans son rapport annuel sur les droits humains de l’année 2023 publié hier, mercredi 24 avril 2024.
Amnesty international a publié hier, mercredi 24 avril, son rapport annuel 2024 sur la situation des droits humains dans le monde. Pour le cas du Sénégal, l’organisation pointe du doigt la répression des manifestations, les entraves à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique qui s’est poursuivie à l’approche de l’élection présidentielle de mars 2024. Des défenseures des droits humains, des militantes et des journalistes ont été arbitrairement arrêtés et placés en détention. Les Forces de défense et de sécurité ont utilisé une force excessive lors de ces manifestations, et des personnes ont en conséquence été blessées ou tuées.
Dans son rapport, Amnesty international note que plusieurs manifestations organisées par Yewwi Askan Wi, principale coalition de l’opposition, et par les organisations de la société civile, F24 et FRAPP ont été interdites, sous prétexte d’empêcher des troubles à l’ordre public. Les autorités ont refusé de lever l’interdiction, en vigueur depuis 2011, des manifestations politiques dans le centre-ville de Dakar, malgré une décision de la Cour de justice de la CEDEAO. Amnesty international rappelle qu’à la suite des manifestations organisées en juin 2023, en soutien à Ousmane Sonko, après sa condamnation à deux ans d’emprisonnement pour «corruption de la jeunesse», l’accès à Internet au moyen des données mobiles a été restreint par les autorités et TikTok n’était accessible qu’en utilisant un réseau privé virtuel. Le signal de Walf TV, qui a couvert les manifestations, a été coupé sans préavis par le ministère de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique pendant le mois de juin.
AU MOINS 56 PERSONNES TUÉES ET AU MOINS UN MILLIER D’AUTRES BLESSÉES ENTRE MARS 2021 ET JUIN 2023, LORS DE MANIFESTATIONS
Entre janvier et octobre 2023, plus d’un millier de personnes ont été arrêtées et placées en détention, principalement en raison de leur participation à des manifestations ou de leur lien présumé avec le PASTEF. Des journalistes ont été arrêtés, placés en détention et condamnés à des peines d’emprisonnement à l’issue de procès engagés contre eux notamment pour diffamation ou diffusion de fausses nouvelles. Amnesty international dénonce aussi l’arrestation de défenseurs de l’environnement et tient à rappeler, qu’en juillet, Oudy Diallo, président de l’association Kédougou Alerte Environnement et de la Commission de l’Environnement du Conseil départemental de Kédougou, a été condamné à six mois d’emprisonnement. Il avait été inculpé de «diffusion de fausses nouvelles, collecte et diffusion de données à caractère personnel, outrage à un adjudant de la Brigade de la Gendarmerie de Saraya dans l’exercice de ses fonctions et diffamation à l’égard d’une institution militaire de la Gendarmerie nationale parce qu’il avait publié sur Facebook une photo de cet adjudant qu’il accusait de complicité avec des entreprises chinoises dans l’exploitation illégale présumée de l’or dans la région de Kédougou». Entre mars 2021 et juin 2023, au moins 56 personnes ont été tuées dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre lors de manifestations, et un millier d’autres au moins ont été blessées se désole Amnesty international qui signale, «qu’aucune information n’a été communiquée au sujet de l’enquête judiciaire portant sur la mort de 14 hommes, dont 12 tués par les Forces de défense et de sécurité, lors des manifestations qui avaient eu lieu dans plusieurs villes en mars 2021, après l’arrestation d’Ousmane Sonko».
INÉGALITÉ ENTRE HOMMES ET FEMMES DANS LE CODE LA FAMILLE, NON ADOPTION DU PROJET DE CODE DE L’ENFANT ET DU PROJET DE LOI SUR LE STATUT DES DAARAS
Relativement aux droits des femmes et des filles, l’organisation signale que, le Code la famille confère la «puissance paternelle et maritale» aux hommes uniquement et désignait le père en tant que chef de famille, ce qui privait les femmes de droits et d’autorité sur leur ménage et leurs enfants. L’article 111 du Code de la famille fixait l’âge minimum légal pour contracter un mariage à 16 ans pour les filles contre 18 ans pour les garçons, privant ainsi les filles du droit à l’égalité dans le mariage. Les droits des enfants sont aussi violés. «La pratique consistant à forcer les garçons talibés, les élèves des écoles coraniques, ou daaras à mendier demeurait courante», signale le rapport qui estime que, le gouvernement n’a pas adopté le projet de Code de l’enfant et le projet de loi sur le statut des daaras. Le secteur de la protection de l’enfance a continué de pâtir d’un financement insuffisant, ce qui s’est traduit par un manque de protection des enfants talibés, qui subissaient des violations de leurs droits fondamentaux, notamment de leur droit à la vie, à la survie et au développement, ainsi que de leur droit de ne pas subir quelque forme que ce soit de violence physique ou mentale.
RECOMMANDATIONS POUR LA RÉFORME DES LOIS ET RÈGLES EN MATIÈRE D’USAGE DE LA FORCE, LORS DES OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE L’ORDRE
Face à toutes ces violations, l’organisation de Seydi Gassama juge que la réforme des lois et des règles en matière d’usage de la force, notamment des armes à feu lors des opérations de maintien de l’ordre doit être entreprise dans les plus brefs délais. Elles doivent être mises en conformité avec les normes et standards internationaux. Toute en rappelant que de graves abus contre les droits humains ont eu lieu entre mars 2021 et février 2024 et que justice la souvent été critiquée pour son manque d’indépendance du pouvoir exécutif qui l’a empêchée de jouer son rôle de rempart contre ces abus, elle souligne que des réformes s’imposent conformément aux recommandations pertinentes faites par la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) en 2013.
Amnesty international recommande aussi l’adoption du Code de l’enfant et de la loi portant statut des écoles coraniques (daaras) doit être une priorité du nouveau gouvernement. Des ressources suffisantes doivent, en outre, être allouées aux programmes de protection de l’enfance.
LES DIRECTIVES DE DIOMAYE FAYE
Le chef de l’Etat a demandé au Premier ministre et aux ministres en charge des Finances, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et du Travail de procéder à une revue de l’écosystème des structures, moyens d’intervention et offres
En Conseil des ministres qu’il a présidé hier, mercredi 24 avril, le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a demandé au Premier ministre de prendre les mesures idoines visant à mutualiser et optimiser les ressources et interventions de toutes les structures publiques de soutien et de promotion de la formation professionnelle, de l’entreprenariat et de l’emploi des jeunes. Il a, à cet égard, demandé d’harmoniser les bases de données sectorielles relatives aux demandes et offres d’emplois.
Le Chef de l’Etat a demandé au Premier ministre et aux ministres en charge des Finances, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et du Travail de procéder, dans les meilleurs délais, à une revue de l’écosystème des structures, moyens d’intervention et offres de formation professionnelle et technique, en vue d’améliorer l’allocation des ressources destinées aux cibles de la formation professionnelle et technique. Il a, sur ce point, indiqué l’urgence d’implémenter à la Primature un système de suivi des politiques de promotion de l’emploi des jeunes et de veiller à l’insertion professionnelle rapide des jeunes diplômés de l’enseignement en français et en arabe. Le Président de la République a également demandé au Premier ministre de veiller à la territorialisation des politiques de formation professionnelle et technique et d’emploi des jeunes.
Le Chef de l’Etat a, par ailleurs, demandé au Gouvernement d’engager avec les partenaires sociaux (les centrales syndicales des travailleurs et le Patronat) des concertations régulières pour une «trêve sociale». Il a souligné la nécessité de procéder à l’actualisation consensuelle du Code du travail et de la Convention nationale Etat-employeurs. Il a aussi appelé à la tenue, après le 1er mai, de la conférence sociale autour du thème majeur de «l’employabilité et l’emploi des jeunes».
Le Président de la République a, dans le même élan, informé le Conseil des audiences qu’il a accordées, le mardi 24 avril 2024, aux responsables des centrales syndicales les plus représentatives et aux dirigeants des organisations du Patronat, dans le cadre des concertations pour la consolidation de la stabilité sociale et des efforts collectifs de lutte contre la vie chère, la relance de l’économie nationale et la création d’emplois pour les jeunes. Bassirou Diomaye Faye a aussi demandé au Premier ministre d’assurer, avec chaque ministre concerné, la coordination du suivi permanent de la prise en charge des doléances et recommandations des partenaires sociaux (centrales syndicales et organisations patronales)