Maiduguri (Nigeria), 7 mars 2015 (AFP) - La ville de Maiduguri, ancien fief du groupe islamiste armé Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, a été secouée samedi par trois explosions qui ont fait au moins 47 morts et 50 blessés, selon un nouveau bilan.
"Le bilan des morts est passé à 47, avec au moins 50 blessés. Il y a des femmes et des enfants parmi les morts", a déclaré Abubakar Gamandi, responsable du syndicat des pêcheurs de l'Etat de Borno, qui se trouvait sur les lieux de la première explosion au marché "Baga".
Son bilan a été confirmé par une source médicale et le chef d'une milice locale d'autodéfense, Danlami Ajaokuta. La première explosion a eu lieu vers 11H20 (10H20 GMT), lorsqu'une kamikaze a fait exploser sa ceinture d'explosifs sur le marché aux poissons "Baga", tuant au moins 18 personnes, selon M. Gamandi.
"La bombe a fait des ravages car elle a explosé dans un lieu peuplé", a déclaré un commerçant, Jamuna Jarmi. Le groupe islamiste armé Boko Haram, dont l'insurrection ensanglante le nord du Nigeria depuis 2009, a déjà eu recours à plusieurs reprises à des kamikazes ces derniers mois pour mener des attaques.
Une heure plus tard, une autre explosion a frappé un second marché de Maiduguri, le "Monday market", faisant au moins 15 morts et semant le chaos. Enfin, vers 13H00 (12H00 GMT), une troisième déflagration a touché un parking situé à côté d'une gare routière bondée.
Certains témoins des deux dernières explosions ont également évoqués des kamikazes, mais l'information n'a pu être confirmée. Selon le milicien Danlami Ajaokuta, les autorités ont ordonné la fermeture de tous les commerces de la ville, à cause de la nature apparemment coordonnée des attaques, qui en fait craindre d'autres.
L'armé nigériane, très critiquée pour n'avoir pas su juguler l'insurrection islamiste dans le nord-est du Nigeria, a annoncé avoir repris un certain nombre de villes à Boko Haram ces dernières semaines, aidée par l'intervention de soldats des pays voisins, en particulier tchadiens.
Ces combats se déroulent à trois semaines des élections présidentielle et législatives du 28 mars, qui ont déjà été reportées une première fois pour des raisons sécuritaires. Boko Haram a juré d'en empêcher la tenue.
L'insurrection islamiste et sa répression par les forces de l'ordre nigérianes ont fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria depuis 2009.
LES TRAVAILLEURS SOLLICITENT L'INTERVENTION DU KHALIFE GÉNÉRAL DES MOURIDES
Diourbel, 7 mars (APS) – Les travailleurs de l’usine de la Suneor ont sollicité vendredi l’implication du khalife général des mourides, Serigne Sidy Moctar Mbacké, dans la résolution des problèmes de cette entreprise.
Une délégation des travailleurs de l’usine a informé le guide religieux des risques de "balkanisation" de l’usine.
Serigne Sidy Moctar Mbacké a reçu vendredi à Tawfekh (région de Louga) une délégation de la section diourbelloise du Syndicat des travailleurs des industries des corps gras et activités similaires du Sénégal. La délégation était conduite par le secrétaire général de ce syndicat, Thié Mbaye Ndiaye.
"Nous étions venus voir le khalif général des mourides pour l’informer, de vive voix, de notre inquiétude face aux rumeurs ou aux décisions de balkanisation de la Suneor", a expliqué M. Ndiaye après la rencontre avec le guide religieux.
"Il nous a écoutés, il nous a entendus. Il a prié pour nous. Ensuite, il fera ce qu’il doit faire pour que l’intérêt de l’agriculture, de la filière arachide en particulier, soit pris en compte, que la Suneor reste telle qu’elle est et puisse continuer à profiter à tous les acteurs", a-t-il ajouté.
Thié Mbaye Ndiaye a mis en garde contre "les risques de destruction de toute la filière arachide si cette opération [de +balkanisation+] se terminait".
Selon lui, les travailleurs attendent une intervention du khalif général des mourides auprès du président Macky Sall, "pour qu’il prenne la décision la meilleure, à savoir laisser la Suneor telle qu’elle est et la fructifier pour le bon comportement de la filière arachide".
Le secrétaire général du Comité interprofessionnel de l’arachide (CNIA), El Hadji Fall, estime que les difficultés des travailleurs de l’usine concernent tout le monde rural.
Le président Macky Sall doit éviter de se "faire des ennemis" parmi les acteurs de la filière arachide, en laissant des personnes déstructurer librement la Suneor, selon M. Fall.
Cette usine "représente le cœur du Sénégal. Malgré sa privatisation, les gens parlent de l’Etat. Les paysans ne connaissent que l’Etat", a-t-il souligné.
LES QUOTIDIENS ANTICIPENT SUR LA CÉLÉBRATION DU 8-MARS
Dakar, 7 mars (APS) - Les quotidiens consacrent des dossiers à la Journée internationale de la femme, à célébrer dimanche, tout en revenant sur les primaires du Parti démocratique sénégalais (PDS).
"Les femmes souffrent encore des inégalités", titre Le Soleil qui publie une série d'articles concernant "la lutte pour l’égalité des sexes", l’"autonomisation des femmes", etc. Il s’intéresse aussi aux "petites commerçantes" et aux ouvrières, "ces braves de l’ombre".
En matière de promotion de la condition féminine, "le Sénégal est sur la bonne voie", selon Le Soleil, qui cite Marie Pierre Racky Chaupin de l’institution chargée de l’émancipation de la femme aux Nations unies, ONU-Femmes.
"Malgré les avancées significatives" résultant de la loi sur la parité des genres dans les fonctions électives, "la réforme du Code de la famille" et "la transmission de la nationalité aux époux et aux enfants, les femmes sénégalaises mènent encore le combat de l’émancipation", écrit Sud Quotidien.
Les femmes rurales, elles, vivent "le calvaire", selon le même journal, qui analyse les conditions dans lesquelles elles accèdent à la propriété foncière, au financement de leurs activités économiques, etc.
Le Quotidien publie les portraits de trois femmes, une Diourbeloise, patronne d’une unité de transformation de produits agricoles, une Kédovine, premier adjoint au maire de Kédougou (sud-est), et une Saint-louisienne, opératrice économique.
Le parcours de ces trois fait croire au Quotidien que les femmes "sont au cœur du développement économique et portent des ambitions politiques".
Certains journaux annoncent que Madické Niang ne fait plus partie de la commission chargée de diriger les primaires au PDS.
"Madické claque la porte", titre La Tribune, en expliquant que l’ancien ministre "a démissionné purement et simplement de son poste".
Selon L’Observateur, un communiqué signé du secrétaire général du PDS, Abdoulaye Wade, annonce le remplacement de Madické Niang par Sada Ndiaye. "Je suis en train de réfléchir à mon éventuelle candidature" aux primaires, aurait dit l’intéressé, cité par L’Observateur.
Selon Le Populaire, l'ancien ministre Sada Ndiaye est l'"+arme fatale+ avec laquelle Abdoulaye Wade va "imposer Karim" --- son fils, qui est en prison pour le délit présumé d'enrichissement illicite --- à ses camarades de parti, comme candidat du parti à l'élection présidentielle.
Ce journal constate l'"absence des ténors du PDS" de la commission chargée de conduire les primaires. Il annonce, comme L'Observateur, que cette instance est constituée de huit membres, dont Sada Ndiaye : Oumou Baïla Wane, Woré Sarr, Ndèye Gaye Cissé, Nafissatou Touré, Adama Fall, Abdoulaye Faye et Tafsir Thioye
Le PDS a annoncé jeudi que son candidat à la prochaine élection présidentielle sera désigné d'ici au 20 mars, à l'issue d'élections primaires au sein du parti.
UCAD : LE SAES REMET EN QUESTION LA DISTINCTION REMISE À VALÉRIE PÉCRESSE
Dakar, 7 mars (APS) – Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) a dénoncé la remise d'un doctorat honoris causa de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar à l'ancienne ministre française Valérie Pécresse.
La députée des Yvelines (France), ancienne ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'Etat, puis de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, entre 2007 et 2012, a été faite Docteur honoris causa de l'UCAD. Elle a reçu la distinction, vendredi, à Dakar.
Selon le coordonnateur de la section SAES de Dakar, Yankhoba Seydi, Mme Pécresse a mené une réforme qui "a fini de clochardiser les enseignants" des universités françaises, quand elle était ministre de l'Enseignement supérieur.
Elle a réussi à "mettre à genou l'enseignement supérieur français", rapporte Le Soleil, citant M. Seydi.
"Valérie Pécresse a mené une réforme extrêmement controversée, qui a plongé les universités dans une ébullition jamais atteinte. Nos confrères de la France s’étaient élevés comme un seul homme pour la combattre", a soutenu ce délégué du SAES.
La décision de faire Mme pécresse Docteur honoris causa de l’UCAD a été "approuvée par un décret présidentiel signé le 11 janvier 2011", à la suite d’une proposition émanant de la Faculté des sciences économiques et de gestion de la même université, selon Le Soleil.
La cérémonie de remise de la distinction, initialement prévue dans le campus pédagogique de l’Université Cheikh Anta Diop, a finalement eu lieu dans un hôtel dakarois, en raison de la position du SAES.
Ce syndicat regroupant environ les trois quarts des enseignants des universités sénégalaises est à couteaux tirés avec le ministère de l’Enseignement supérieur, qui a lancé une réforme universitaire controversée.
Selon le SAES, cette réforme adoptée par l’Assemblée nationale en fin 2014 va réduire l'autonomie et les prérogatives du personnel académique et favoriser l'immixtion du gouvernement dans le fonctionnement des universités.
Valérie Pécresse a dit pourquoi l'UCAD l'a distinguée. "Ce titre m’a été décerné pour mon rôle dans la réforme de l’Université française", a-t-elle affirmé.
"Je pense qu’il faut négocier, convaincre et favoriser le dialogue. Mais il faut aussi savoir de temps en temps tenir tête et faire face à certains corporatismes et conservatismes", a-t-elle commenté en recevant la distinction honorifique de l'UCAD.
Elle dit avoir "fait une réforme très difficile et très contestée" dans son pays.
Valérie Pécresse appelle aussi à ne "pas faire de la politique avec l’Université", recommande de "la prendre comme le bien commun d’un pays" et de la mettre hors des "petits débats" et des "clivages politiques".
Ouagadougou, 7 mars (APS) – Onze des 14 prix spéciaux de la 24e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) ont été décernés vendredi en fin d’après-midi, au cours d'une cérémonie organisée au siège du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.
Sponsorisés par diverses institutions et organisations partenaires de la manifestation, ces prix sont dotés de trophées et de récompenses financières variant entre un et 15 millions de francs CFA. L’événement s’est déroulé en présence de nombreux professionnels du cinéma.
Voici la liste des prix décernés :
-Prix de la Ville de Ouagadougou (deux millions de francs CFA) : ‘’The Price Of Love’’ (Le Prix de l’amour) de Hailay Hermon (Ethiopie)
-Prix Ecobank Sembène Ousmane (cinq millions) : ‘’L’œil du cyclone’’ de Sékou Traoré (Burkina Faso)
-Prix de la Loterie nationale du Burkina Faso (Prix de la chance, trois millions) : ‘’La sirène du Faso Fani’’ de Michel Zongo (Burkina Faso)
-Prix Thomas Sankara de la Guilde africaine des réalisateurs et producteurs (trois millions) : ‘’Zakaria’’ de Leila Bouzid (Tunisie)
-Prix Santé et sécurité au travail de l’Interafricaine de la prévention des risques professionnels (IPRF) (trois millions) : "Mane de la Savane" de Félicia Kouakou (Côte d’Ivoire)
-Prix de l’UEMOA du meilleur documentaire (cinq millions) : ‘’La sirène du Faso Fani’’ de Michel Zongo (Burkina Faso)
-Prix de l’UEMOA du meilleur court-métrage (quatre millions) : ‘’Les Avalés du Grand Bleu’’ de Kossivi Tchincoun (Togo)
-Prix de l’UEMOA du meilleur long-métrage : ‘’L’œil du cyclone’’ de Sékou Traoré (Burkina Faso)
-Prix Ibn Batuta de la Royal Air Maroc (prix en nature : séjour à Ouarzazate, pour un coût d'environ six millions) : ‘’Zakaria’’ de Leyla Bouzid
Après une assignation d’expulsion de la part de la société civile immobilière de Saly (Sis), les travailleurs de l’hôtel Savana Saly sont dans le désarroi. Et pour connaître les tenants et les aboutissants de ce contentieux, une délégation du personnel a été reçue hier par le Directeur général d’Amsa Assurances.
Le Directeur général d’Amsa Assurances a reçu, hier, une délégation du personnel de l’hôtel Savana Saly. Et c’est pour discuter de la situation actuelle dudit l’hôtel qui a reçu une assignation d’expulsion de la part de la Société civile immobilière de Saly (Sis). Lors de cette rencontre, les deux parties ils se sont expliqués sur le contentieux qui oppose Daniel Bredotty, gestionnaire de l’hôtel Savana Saly aux sociétés actionnaires de la Sis. Et, il ressort des discussions que la Société d'aménagement de la Petite côte (Sapco), la Société civile immobilière de Saly (Sis) et les travailleurs de l’hôtel Savana, sont tous victimes des agissements du gestionnaire, Daniel Bredotty, qui ne détenait en réalité que le fonds de commerce.
Selon Ousseynou Badji, délégué du personnel, «la Direction de l’hôtel Savana faisait croire aux travailleurs qu’elle est propriétaire du titre foncier. Mais, cette rencontre nous a permis de comprendre le fond du problème. Parce que la direction générale de Savana nous a trompés». Visiblement préoccupé par les arriérés de salaires et un avenir incertain, M Badji de poursuivre, «nous avons beaucoup investi pour construire l’hôtel que nous avons donné en location à la société Savana. Depuis 1982, nous n’avons pas reçu de dividendes. La Sapco n’a pas reçu de redevance dans cette exploitation. Et nous avons en face de nous, un exploitant qui fait ce qu’il pense pouvoir faire».
De son côté, le directeur d’Amsa Assurances, Détié Aw de revenir sur les tenants et les aboutissants de ce contentieux. «Il y a une procédure judiciaire qui date de 1992 jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, nous Amsa, étant investisseur, nous avons payé en tant qu’actionnaire majoritaire dans la société civile immobilière de Saly. Et durant toute cette procédure, toutes les redevances étaient au nom de la Sis et de la Sapco», a expliqué le Directeur général d’Amsa Assurances. Maintenant, renseigne t-il, «quant il s’est agi de transformer les baux en titre foncier, la Sis a payé sur la base d’un emprunt de ses actionnaires. Aujourd’hui, le titre de propriété étant sorti, nous avons assigné en expulsion l’occupant qui est l’hôtel Savana. Parce qu’il ne s’est pas acquitté de ses obligations envers les propriétaires en l’occurrence la Sis et la Sapco».
Concernant la procédure d’expulsion, il fait savoir que la décision de justice est attendue en avril prochain. «La Sis a initié cette procédure pour dans le futur voir les mesures à prendre», a précisé M Aw. S’agissant des arriérées de salaires des travailleurs de l’hôtel Savana, le Dg d’Amsa Assurances donne des réponses claires : «Nous ne sommes pas concernés. Mais, nous comprenons bien leurs désarrois parce que depuis 2ans, ils n’ont pas de salaire. Mais nous aussi, depuis 30 ans, nous n’avons pas reçu un seul franc de ce que nous avons investi. Ça nous a posé des préjudices. C’est vrai que tout le monde perd dans cette opération là». Toutefois, rassure-t-il, «de ce qui adviendra du projet qui se fera sur le site, on verra bien avec les travailleurs de Savana. Il y aura une réflexion stratégique qui sera mené dans ce sens».
Valérie Pécresse, ancienne ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sous le magistère de Nicolas Sarkozy, devait être élevée au titre de Docteur Honoris Causa de l'UCAD, hier jeudi, à l'UCAD II, mais le syndicat autonome des enseignants du supérieur ne l'a pas entendu de cette oreille.
"En juillet 2007, le président français Nicolas Sarkozy a insulté l'Afrique dans cette salle de conférence de l'UCAD II. Le SAES combat la loi-cadre, une loi qui a pour racine la loi LRU, relative aux libertés et responsabilités des universités, d'août 2007. Plus de 100 000 personnes s'étaient mobilisées contre cette loi que Valérie Pécresse avait élaborée.
Et, aujourd'hui, les autorités de cette université veulent l'honorer. Nous n'allons pas accepter cette mascarade au sein de cette institution", a déclaré hier le coordonnateur du SAES à Dakar, Yankhoba Seydi. Les enseignants du Saes s'étaient mobilisés pour dire non à la consécration de Valérie Pécresse (photo) qui devait être élevée au titre de Docteur Honoris Causa de l'UCAD. "Nous crions victoire, parce que nous avons empêché que la manifestation ait lieu à la salle de conférence de l'Ucad II", s'est félicité le coordonnateur du SAES à Dakar.
"Nous les avons poussés à délocaliser la cérémonie à l'hôtel Terrou-Bi. Un hôtel qui a une histoire sombre. Terrou-Bi était un champ de tir où les colons fusillaient nos ancêtres condamnés à mort. Donc, ce n'est pas un lieu indiqué pour ce genre d'évènement. C'est un évènement qui doit se dérouler à l'université et non ailleurs", a ajouté Yankhoba Seydi. Il a pointé un doigt accusateur sur la Banque mondiale qui, selon lui, est à l'origine de cette loi, et à laquelle les autorités sénégalaises ont peur de dire non".
L'enseignant et ancien ministre, Aliou Sow, a dénoncé "le blocage des salaires des enseignants à cause de quelques jours de grève". "C'est un comportement illégal, un abus de pouvoir, un chantage", a-t-il crié. "Il faut qu'on aille jusqu'au bout pour que le gouvernement sache que la valeur de l'universitaire lui interdit de se plier à une telle tentative et de réduire son combat à des intérêts matériels", a déclaré M. Sow.
"Nous parlons de la grandeur de notre espace universitaire, de principes et de l'avenir des enseignants", a-t-il ajouté. "Il entend profiter de l'amphi de rentrée des étudiants de son parti, pour sensibiliser les étudiants sur les conséquences de cette loi", a annoncé l'ancien ministre de la Jeunesse.
"Nous revendiquons la franchise universitaire, parce qu'elle ne peut pas être remise entre les mains des pouvoirs politiques", a ajouté le professeur Malick Ndiaye, membre du SAES et professeur au département de Sociologie. Ce faisant, il a mis "en garde le président Macky Sall" et lui a demandé de "laisser les universités aux mains des professionnels du domaine".
"Donner la majorité d'un conseil d'administration au privé, c'est cela la privatisation de l'université. Utiliser la force contre les universités et contre la vérité, cela n'a jamais marché, a-t-il ajouté.
VIDEO
ABDERRAHMANE SISSAKO, LE RÉALISATEUR DE "TIMBUKTU", "ASSUME" FACE AUX CRITIQUES
Ouagadougou, 7 mars 2015 (AFP) - Porté au pinacle puis voué aux gémonies après le succès triomphal de son film "Timbuktu", le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako dit "assumer" face aux critiques qui lui sont adressées, notamment sur sa proximité avec le président Aziz.
"Timbuktu" a reçu sept Césars français et une nomination aux Oscars. C'est aussi l'un des films favoris pour l'Etalon de Yennenga, le trophée majeur du Fespaco, l'un des principaux festivals de cinéma africain, qui sera décerné samedi à Ouagadougou. La non-programmation de cette fiction, qui raconte la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes, avait un temps été envisagée pour des raisons sécuritaires.
QUESTION : "Timbuktu", diffusé au Fespaco, ce n'était pas du tout évident au départ. Comment appréciez-vous l'accueil du public jeudi pour sa première diffusion ?
REPONSE : "Le film a eu un accueil extraordinaire. L'attente a été j'imagine longue parce que l'Afrique a attendu un peu trop longtemps le film qui existe depuis quelque temps et circule dans le monde. Le Fespaco est pour moi une vitrine extrêmement importante. C'est comme un miroir sur l'Afrique. Cette projection avait un sens et a un sens très important pour moi. Et le public l'a rendu de la plus grande et la plus belle des manières par son accueil."
Q : L'Afrique fait de plus en plus face à la montée de l'islamisme radical. "Timbuktu" est-il un message pour la jeunesse du continent ?
R : "Absolument. C'était une urgence pour moi de raconter le drame de notre pays, le drame surtout de la ville de Tombouctou, qui a été prise en otage par des jeunes avec des valeurs qui ne sont partagées ni dans le pays, ni dans la sous-région, ni dans l'islam tout simplement. En quelque sorte, c'est aussi l'islam qui est pris en otage par ces gens. C'est la dignité humaine qui est défendue à travers les gens de Tombouctou. Faire un film sur la résistance pacifique, c'est important parce que ça met en valeur des gens qui se sont libérés.
Car la libération de Tombouctou, ce n'est pas que Serval (l'opération militaire française qui a libéré le nord Mali des djihadistes, ndlr). Elle a été aussi faite par celles et ceux qui, de façon parfois silencieuse, ont bravé la mort pour arriver à cette libération parce qu'ils y croyaient. Ils y croyaient parce que Tombouctou est un creuset de valeurs humanistes qui ne peuvent être tuées par ces gens venus d'ailleurs. J'ai joué mon rôle, je ne suis ni courageux ni autre chose."
Q : On dit que vous avez évité de faire un film sur l'esclavage des Noirs dans votre pays la Mauritanie pour faire un film d'actualité sur le jihadisme, peut-être moins polémique ...
R : "On peut faire un film sur tout, il y a des milliers de sujets. Moi, j'ai des sujets qui ne me plaisent pas, j'ai des sujets sur lesquels je compte travailler. Il ne s'agit pas d'accuser, c'est trop facile quelque part. Moi je suis un homme d'action. Que ce soit +Timbuktu+ ou +Bamako+ avant, je ne les ai faits ni pour glorifier, ni pour magnifier le continent. Ce n'est pas moi le porte-parole de l'Afrique. Celui qui pense qu'il peut faire d'autres sujets n'a qu'à les réaliser."
Q : On vous critique beaucoup pour avoir accepté le poste de conseiller culturel auprès du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
R : "Pour moi, ce n'est pas une polémique. Ma légitimité en tant que personne, au-delà des fonctions que j'occupe, ne se justifie pas à travers des articles de presse. Mon peuple accepte ma fonction, mon pays l'accepte, c'est le plus important pour moi. Je l'assume et le fais."
L’une des productions qui a battu le record de spectateurs, c’est le long métrage du Mauritanien Abderrahmane Sissako, pour son film «Timbuktu». Le film qui traite des extrémistes religieux qui sèment la terreur dans le Nord Mali a suscité beaucoup de polémique et a failli même être retiré du Fespaco, pour des raisons de sécurité, n’eût été la réaction du Président de transition.
C’est d’ailleurs ce qui a suscité un engouement des Burkinabé qui sont venus très nombreux pour voir ce film, qui a été finalement projeté, hier dans la soirée, dans la salle du «Ciné Burkina».
En effet, «Timbuktu» qui raconte aussi l’histoire de la vie dans le Nord du Mali sous le règne des djihadistes, a reçu tous les honneurs, avec une salve d'applaudissements.Cette production du réalisateur mauritanien qui a remporté 7 Césars est partie pour être favorite dans la catégorie long-métrage, pour l’Etalon d’or de Yennenga.
Il faut noter que bon nombre de gens sont restés au dehors, car toutes les portes étaient bloquées. Patrouilles aux abords de la manifestation, fouille minutieuse des spectateurs, portiques détectant les métaux étaient de rigueur. Ainsi, c'est pour la première fois, qu' un dispositif de sécurité inédit est mis en place au Fespaco.
L’excès de zèle des forces de l’ordre gâche la fête
C’est aux environs de 18 heures que le réalisateur, habillé d’un boubou traditionnel blanc, sourire aux lèvres, sous forte escorte policière, a rallié la salle de projection. Difficile de se frayer un chemin, tout autour de la salle, les rues qui mènent vers le «Ciné Burkina», des forces de sécurité y étaient. Un zèle qui a été pénible pour ceux qui avaient déjà acheté leur ticket d’entrée à 1 000 F et qui, dans un décor de bousculades et de cris, voulaient voir Sissako. D’un autre côté, impossible pour les journalistes de prendre des réactions dans ces conditions.
DAKAR ACCUEILLE LE 3E CONGRES REGIONAL DE LA CONFEDERATION SYNDICALE INTERNATIONALE
Grâce à sa stabilité et à son influence démocratique sur les autres pays, le Sénégal va accueillir du 23 au 27 novembre prochain, le 3e congrès régional de la confédération syndicale internationale (Cis) région Afrique.
En prélude au 3ème Congrès régional de la confédération syndicale internationale (Csi), région Afrique, qui se tiendra du 23 au 27 novembre 2015 à Dakar, la mission au Sénégal de la délégation syndicale internationale s’est réunie, hier, à la Bourse du travail. Et c’est dans le but d’informer les membres des confédérations affilées à la Confédération syndicale internationale au Sénégal.
Selon le secrétaire général (Csi) / Afrique, Kwasi Adu-Amankwah : «L’objectif de cette rencontre est d’informer de la tenue du congrès qui se tiendra à partir du 23 jusqu’au 27 novembre 2015. Dakar a été choisi, car le Sénégal est un pays stable et a de l’influence démocratique sur les autres pays. Et en matière de logistique, le Sénégal est très accessible». Il indique que, «nous espérons accueillir entre 300 et 400 délégués africains, des invités internationaux et des représentants d’organismes et d’organisations sous-régionales, régionales et internationales. Parce que malgré les multiples problèmes, l’Afrique est en train de progresser. Et puisque l’union fait la force, nous devons renforcer l’organisation des pays pauvres».
Dans le même registre, le secrétaire général de la Confédération nationales des travailleurs du Sénégal (Cnts), Mody Guiro, de souligner: «Le conseil général de la Csi/Afrique a retenu d’organiser le prochain congrès à Dakar, pour des raisons de stabilité. Car, le Sénégal est un exemple de démocratie et de liberté au niveau du continent africain. Nous avons rencontré le ministre du Travail ce matin pour s’entretenir avec lui mais également lui transmettre le message du conseil général».
Aussi, ajoute t-il : «Nous invitons solennellement le président de la République M. Macky Sall, pour qu’il vienne présider cette ouverture. Nous pensons que ce sera une occasion de revisiter le comportement, la force et la faiblesse du mouvement syndical africain dans la construction de l’Afrique. Notamment, sur les questions liées à l’économie en général, aux politiques sociales, à l’agriculture, aux inégalités, à la répartition des richesses et des questions de l’emploi à partir d’un atelier pré congrès».
Il faut rappeler que le thème de ce congrès mettra l’accent surtout sur la situation du mouvement syndical africain et les défis de l’heure, mais aussi comment le continent peut, en impliquant les organisations syndicales, assurer les bases d’un développement durable dans la paix et la cohésion.