C’est une femme qui a cru à son étoile : maîtrisard en droit, victime des Pas, elle est devenue patronne d’une unité de transformations de produits locaux qui emploie plusieurs dizaines de personnes. Camarade de promo de Anna Sémou Faye à la Fac de droit de l’Ucad, Fatou Diouf Ndiaye mène le combat pour l’autonomisation des femmes
Elle aurait pu se retrouver au cœur de la République. Mais, Fatou Diouf Ndiaye se retrouve dans un autre domaine exaltant : Elle est gestionnaire d’une unité de transformation de produits locaux.
Pourtant..., c’est une tête bien faite. Diplômée de la Faculté des sciences juridiques, elle a partagé les Td avec Anna Sémou Faye, Directrice générale de la Police nationale. Elle aurait pu devenir avocate, enseignante. Membre de la Fédération des associations féminines du Sénégal (Fafs), elle a parié sur l’autonomisation des femmes en mettant en place une unité de transformation des produits locaux.
Dans le quartier Sesséne de Diourbel où elle a pignon sur rue, Fatou Diouf Ndiaye est une référence. Elle croule sous les titres : Responsable du Projet d’appui aux filières agricoles, elle est aussi présidente du Cadre national interprofessionnel de la filière niébé. Brillante de noirceur sous ses lunettes de correction bien ajustées, Fatou Diouf Ndiaye, qui est la seule femme de Diourbel à avoir participé au Salon international d’agriculture (Sia) de Paris, s’est échappée de loin pour arriver à son niveau actuel.
Elle dit : «J’ai fait un parcours normal : Université avec une maîtrise en droit option judiciaire.»
Elle n’ira pas loin dans ses ambitions. Frappé par les Programmes d’ajustement structurel (Pas), le Sénégal diminue ses dépenses et gèle pratiquement le recrutement dans la Fonction publique. Les étudiants sont priés de chercher ailleurs. Le régime socialiste dessine des schémas d’insertion aux maîtrisards.
«Malheureusement pour nous, cela a coïncidé avec les Programmes d’ajustement structurel où la fonction publique ne recrutait plus. Le régime d’alors avait initié l’opération maîtrisard qui consistait à insérer les diplômés de l’enseignement supérieur dans des activités productrices. Nous avons été avec deux camarades orientés vers le secteur de la pêche. Pendant cinq années, nous avions évolué à Mbour», dit-elle.
Ils sont nombreux à avoir dilapidé les 5 millions offerts pour leur permettre de mettre en place leur propre business. Ses affaires marchaient. Mais, les événements sénégalo-mauritaniens vont anéantir les énormes sacrifices consentis jusque là par cette descendante de la famille royale du Sine. C’est une victime collatérale. Elle va perdre toute sa flotte.
Battante, elle refuse de sombrer dans la fatalité. Quinqua fringante et engagée, Fatou Diouf, taille moyenne, se lance dans de nouveaux défis. Loin de se décourager, et armée d’une foi inébranlable comme seule viatique, elle fonce avec une seule conviction chevillée au cœur.
«Je n’étais pas restée en me demandant qu’est ce que l’Etat peut faire pour moi mais qu’est ce que je peux faire pour cet Etat qui a tant investi sur mon éducation et a beaucoup contribué à mes études.»
Elle quitte le cadre douillet de la Petite côte pour retrouver la chaleur familiale. Avec le soutien de son mari, elle intègre les mouvements associatifs des femmes. Elle gravit rapidement les échelons en devenant secrétaire générale régionale de la Fédération des associations féminines du Sénégal (Fafs). Elle s’initie aussi à l’alphabétisation. Fatou Diouf va d’abord se former avant de tenir une classe malgré les moqueries de ses connaissances et du voisinage qui ne pouvaient pas comprendre qu’une diplômée de l’enseignement supérieur s’initie à l’alphabétisation.
Ils disaient : «Ki Jang Ba Yeuye Kayit, nieuw fi di jang I-O.» Ces moqueries l’ont poussée à se surpasser. Fatou Diouf explique : «C’était un peu ridicule mais je me suis dit que pour atteindre les cimes de tout métier, il fallait apprendre le Ba Ba de l’alphabétisation.»
Pendant une année, Fatou Diouf va tenir une classe d’alphabétisation. Subjugué par le talent de cette enseignante, le responsable régional de l’alphabétisation, lors d’une tournée de visite des classes, s’arrête à Domb. Il est interloqué : Il ne pouvait pas comprendre qu’elle tienne une classe. L’année suivante, l’inspection d’académie va la mettre en rapport avec une Ong italienne Levia qui investit dans la promotion sociale.
Camarade de promo de la Dgpn
En ce moment d’incertitude, sa vie prend un autre virage. Pendant deux années, elle va collaborer avec cette Ong qui était basée à Thiès. Après cette expérience, elle sera de 1999 à fin 2005, coordonnatrice de programme en alphabétisation.
En 2006, avec le dépérissement des projets, elle va se lancer dans la transformation des produits locaux. Avec une foi en bandoulière et l’aide de Dieu, Fatou Diouf et ses camarades vont bénéficier des sessions de renforcement de capacité de l’Institut de technologie alimentaire (Ita). Présente ment, leur unité ne désemplit pas.
A la jeune génération, cette femme de teint noir, physique de sahélien, donne un conseil simple: «Il faut s’armer de courage parce qu’il ne sert à rien de se décourager dans la vie. Il faut aussi que l’individu prenne conscience de lui-même. Qui veut peut. Quand, on est confiant, qui veut, peut. Lorsque ces deux éléments sont réunis, on peut réussir dans la vie.»
Dans sa vie, un homme lui a permis d’atteindre les étoiles. De se donner un autre destin. Elle ne tarit pas d’éloges à son égard : «Mon mari m’a épaulée et beaucoup encouragée.»
Elle se remémore des conseils avisés qu’il lui prodiguait : «Il ne m’a jamais posé de problèmes. Jamais son soutien ne m’a fait défaut. Même quand je suis sortie de l’université et que je devais intégrer les projets ‘’insertion des diplômés’’, il m’a dit maman : est-ce-que tu ne peux pas continuer et obtenir ton Diplôme d’études approfondies. Lui n’a jamais constitué un frein. Evidemment, c’était très difficile d’allier ménage et études mais grâce à son appui, je n’ai pas connu trop de difficultés. Il a été toujours été à mes côtés.»
Victime des Pas
Interpellée sur les problèmes de la femme diourbelloise, l’ancienne étudiante du professeur Jacques Mariel Nzouankeu confie : «Ce sont les problèmes de toutes les femmes sénégalaises. Nous sommes confrontées à une époque où la conjoncture est difficile. Avec l’évolution, il y a eu des changements et toutes les femmes sont confrontées à des difficultés économiques.»
Sur le plan social, elle leur conseille «de se battre pour retrouver la place qui est la leur dans la société parce qu’il y a beaucoup de mutations et pour faire avec les défis que ces mutations posent, il faut que les femmes continuent à se battre. Il faut qu’elle aient confiance en ellesmêmes».
Un autre défi ? «C’est l’éducation des enfants parce que les contraintes sociales ne nous laissent pas beaucoup de temps et nous avons une famille qui est là. Il faut les encadrer, les accompagner surtout les jeunes afin qu’elles ne versent pas dans le mauvais côté. Nous avons du pain sur la planche. Il faut que les femmes se décarcassent pour réussir ce pari.»
Ibrahima Faye président de Baol environnement confie : «Pendant vingt ans, nous cheminons ensemble mais elle s’adapte à tous les contextes. Elle est engagée et prend en compte l’intérêt général. Elle a beaucoup de considération pour sa famille. Ses devoirs de femme, elle ne les néglige jamais. Elle est ponctuelle et a des principes sur lesquels, elle ne transigerait pour rien au monde.»
C’est officiel maintenant, Aliou Cissé est nommé sélectionneur des Lions du football. Le choix porté sur lui n’a pas trop surpris vu que la quasi-totalité des 13 millions de sélectionneurs l’avait préféré aux autres, au lendemain de la déroute des Lions à Bata.
L’ancien capitaine de la prestigieuse équipe de 2002 arrive donc en sauveur, pour ne pas dire en messie. Tous les adeptes du ballon rond l’accueillent à bras ouverts, espérant panser les maux qui gangrènent le football sénégalais.
Il a quatre années pour réussir ce pari oh combien difficile. La partie à coup sûr, ne sera pas une tasse de thé et sans doute, le vieux Lion le sait. Il arrive au mauvais moment au regard des échecs successifs que connaissent nos Lions.
On ne sait pas s’il est prêt psychologiquement, mais il n’aura pas cette période de grâce. Il doit se mettre au travail et tout de suite pour ne pas rater la Coupe d’Afrique des Nations 2017 et peut-être même la Coupe du monde de l’année suivante.
Aliou Cissé a nécessairement besoin de se concentrer sur son travail, mais pour se faire, il a besoin de soutiens dans ce qu’il fait. Parmi les 13 millions de sélectionneurs, c’est lui qui a été choisi. Les autres n’ont qu’à éviter de discuter ses choix ou tout simplement, de vouloir lui donner des leçons de coaching, comme on sait bien le faire dans ce pays.
Si c’est lui qui a été choisi quasi unanimement, c’est parce qu’il a des atouts. L’homme est connu pour sa hargne, son leadership incontesté, même si son expérience peut être remise en cause. Son Cv n’est pas en effet attrayant, ce qui ne devrait pas bien entendu, l’empêcher de réussir.
A la différence des autres, c’est le Sénégal du football qui l’a désigné comme étant «l’homme de la situation.» Sauf qu’il peut se retrouver du jour au lendemain «l’homme à abattre.» Le Sénégal est ainsi fait !
Un célèbre adage wolof dit : «Moytoul kounanla yaw la, yaw la, yaw la, ndax kilakoy wax, molay rendi fooko yakaroul» (méfie-toi de celui qui te dis que c’est toi qui peux le faire, parce que c’est celui-là même, qui va te tuer au moment où tu t’y attends le moins). Amara Traoré sait certainement de quoi on parle !
A n’en pas douter, des proches de Aliou Cissé ont dû attirer son attention sur ça. Il est là pour un temps bien déterminé, un temps relativement suffisant pour faire quelque chose. Depuis plus de quinze ans, qu’il est dans l’environnement de la Tanière, il doit savoir ce qui est possible, là où il faut mettre le pied et ceux à qui, il peut faire confiance ou pas.
Parce qu’en fin de compte, c’est lui seul, qui sera comptable des résultats des Lions. Désormais, il saura que gérer une Equipe nationale n’est pas si évidente, surtout dans un pays où les moyens ne suivent toujours pas.
L’appel qu’il faut lancer aux mille et un consultants dans les médias, au-delà des millions de sélectionneurs, c’est de savoir raison garder. Ceux-là qui sont d’anciens footballeurs pour la plupart, n’ont absolument rien gagné pour le Sénégal.
A les entendre parler, on se dit à juste raison, que le poste de sélectionneur devait leur échoir, tellement les idées sont ingénieuses sur les plateaux de télé et les studios de radio.
Mais eux-mêmes savent que les compétitions internationales ont leurs réalités, tout comme ils savent qu’avoir un bon coach et de bons joueurs ne suffisent toujours pas pour gagner surtout en.... Afrique !
Le blocage de notre système éducatif, depuis l’élémentaire jusqu’au niveau supérieur, ne cesse de susciter larmes et amertume chez toutes les personnes, comme les apprenants et leurs parents, contraintes de subir une situation contre laquelle elles semblent toutes désarmées.
Les années blanches et le bouleversement du calendrier universitaire ont fini par faire le lit de l’enseignement privé qui, dans l’esprit de nombreux parents, a fini par se présenter comme gage de l’excellence, du fait grandement de la stabilité qui y règne.
Or, la plupart de ceux qui aujourd’hui abhorrent d’envoyer leurs enfants dans l’enseignement public sont fiers de se présenter comme des produits de l’enseignement public sénégalais, qui a pendant des années été «vendu» comme l’un des meilleurs, sinon le meilleur de l’Afrique francophone. C’est dire que les vessies ne parviennent plus à passer pour des lanternes.
Et si nous en sommes arrivés à cette situation, la faute en est d’abord à la communauté universitaire. Hier, les dirigeants du Saes, dans leur volonté de fustiger l’ancien ministre français Valérie Pécresse, et de lui dénier le droit de recevoir le Doctorat Honoris Causa qui lui était destiné, ont rappelé qu’elle a été à la base d’une réforme appelée, «loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (Lru)», qu’ils ont commodément rapprochée de la Loi-cadre que veut imposer le ministre de l’Enseignement supérieur, M. Mary Teuw Niane.
Les syndicalistes sénégalais ont rappelé que la loi de Mme Pécresse a jeté des centaines de milliers d’universitaires sénégalais dans la rue qui protestaient contre ladite loi bloquant, selon eux, pour des mois certaines universités françaises.
Et c’est là que la comparaison est vraiment mal venue et mal à propos. Nos éminents professeurs d’université ne peuvent nous donner un seul exemple d’université française qui a été obligée de faire des heures supplémentaires pour rattraper à marches forcées son quantum horaire. Ils ne peuvent nous donner aucun exemple d’enseignants qui soient allés en grève en France, et qui soient venus à la fin du mois et sans vergogne réclamer le salaire non mérité du travail qu’ils n’ont pas accompli.
Les enseignants en France, même quand ils ont décidé de manifester en envahissant les rues, ont toujours veillé à préserver les acquis de l’Université, et les franchises universitaires en sont des plus importants. Or ici, il semble que la préservation des acquis matériels des enseignants prime sur toute autre considération.
Si les différents pouvoirs n’ont jamais fait montre de sérieux dans la résolution des problèmes des universités, ne faudrait-il pas considérer que c’est quelque part aussi du fait qu’ils n’ont jamais eu en face d’eux des interlocuteurs animés d’autre souci que de se remplir les poches, quitte à voir dépérir l’outil de travail qu’ils sont censés servir ?
Quelque part également, s’ils font montre aujourd’hui d’une animosité qui frise la haine à l’égard du ministre de l’Enseignement supérieur, un membre à part entière de la communauté universitaire sénégalaise, n’est-ce pas quelque part par jalousie de voir l’un des leurs se hisser audessus d’eux, et mettre à nu les secrets de leurs stratégies ?
C’est la même attitude qu’ils avaient eu à l’endroit de l’ancien recteur de l’Ucad, M. Abdou Salam Sall qui, en plus, avait été pendant des années secrétaire général du Saes. Il lui a suffi de changer de station pour que ses anciens camarades se liguent contre lui et toutes ses propositions.
La différence aujourd’hui avec les anciens ministres de l’Enseignement supérieur, c’est que celui qui est en place semble bénéficier d’une grande confiance de la part du chef qui l’a placé à son poste, et il peut se permettre de mettre en œuvre les idées qui ont été conçues par le gouvernement.
Alors qu’en son temps, le Président Wade n’était animé que par la démagogie et le souci de s’acheter une tranquillité à coups de milliards, les dirigeants actuels du Saes remarquent de jour en jour l’intransigeance de l’Etat face à leurs caprices.
Et cela les inquiète. Alors, comme hier, ils se laissent aller à des comportements de gamins, comme ont eu à le faire les «étudiants» qui avaient été fiers de chasser de l’Ucad des sommités universitaires comme Souleymane Bachir Diagne et Paulin Hountondji, sous le regard narquois et approbateur... du Saes.
Qui lui-même a assimilé l’exemple et le remet à l’œuvre contre Valérie Pécresse. La nuit est vraiment tombée sur l’Université sénégalaise !
INTERROGATIONS SUR LE REMANIEMENT DE WADE
MADICKÉ NIANG CANDIDAT, SADA NDIAYE AU CONTRÔLE DES CANDIDATURES
Madické Niang est-il candidat à la candidature du Pds à la prochaine Présidentielle ? Les proches du Président Wade ne le confirment pas. Pour certains, «peut-être», avec un rire au bout du fil.
Dans tous les cas, cela paraît évident puisque un communiqué signé par le secrétaire général du Pds lui- même indique : «Le Comité directeur (tenu jeudi) avait arrêté la liste des membres d’une Commission de contrôle des candidatures à la candidature du parti à la prochaine élection présidentielle. Rappelant qu’un candidat ne peut être membre de cette commission, celle-ci a été modifiée.»
Dans cette modification, un nom inattendu a sauté : celui de Me Madické Niang qui était choisi pourtant pour diriger ladite commission composée de neuf membres. Elle est réduite à huit et présidée par Sada Ndiaye avec Abdoulaye Faye, Woraye Sarr et autres comme membres.
Cette candidature de Madické Niang appelle des interrogations. Avait-il été choisi contre son gré ?
Wade a- t-il encore manigancé pour le mettre dans le lot des suppléants comme prévu, au cas où Karim Wade serait condamné et perdrait ses droits civiques et civils, donc serait disqualifié à participer à l’élection ?
Peut-être qu’il y aura des réponses à ces questions aujourd’hui puisque la première réunion de cette Commission de réception et de contrôle des candidatures se tient à 12h à Fann, au domicile de Madické Niang, pour la présentation de «la lettre de mission».
"Il n'y a que des insanités, que des propos désobligeants et malsains. Une personne normale doit éviter de raconter des contrevérités sur des gens. On a l'impression que les gens sont sans foi, ni loi. Ils disent tout ce qu'ils veulent quand ça leur chante".
Ces propos sont de Serigne Mbaye Sy Mansour qui réagissait récemment à la sortie musclée de Me Abdoulaye Wade contre l'actuel président de la République. Le chef religieux ajoutait avec à propos : "Avant d'ouvrir la bouche, il faut être sûr de dire des choses qu'un homme de son âge pourrait dire. Personne n'aimerait qu'on dise pareilles choses à ses parents."
Serigne Mbaye Sy Mansour se garde bien de citer un nom et ses propos peuvent être appliqués à l'écrasante majorité des hommes politiques de ce pays. Car le débat de caniveau qui a cours ne date pas d'aujourd'hui. Sur l'ex-président, inutile d'en rajouter. Par contre, quel est l'homme politique qui aujourd'hui prend la peine de mesurer ses propos quand il parle de ses adversaires ?
On assiste à une surenchère verbale qui se banalise et insupporte. D'ailleurs ce lexique ordurier se retrouve souvent dans les communiqués des partis politiques. Pour dire à quel point c'est aujourd'hui érigé en école. Exit donc les écoles du parti, on apprend dans ces formations à invectiver et à frapper sous la ceinture.
Le plus désolant dans le champ politique, c'est cette forme de faiblesse qui veut qu'on se sente obligé de sortir des insanités, dès qu'on nous tend un micro. Surenchère verbale. Cherche-ton vaille que vaille, selon la formule désormais consacrée, à faire le buzz ? En tout, dans ce registre, on peut prendre l'exemple de Mouhamadou Lamine Massaly et quasiment tous les autres responsables de jeunes.
Cela est-il symptomatique de carences congénitales ? Peut-être, mais le fait est que certaines pseudos personnalités politiques prennent un malin plaisir à toujours ramené le débat, quel qu'il soit, à un niveau personnel. Dans le dessein de blesser et de faire mal.
Ce désir de faire mal et d'atteindre l'autre dans sa chair pollue depuis trop longtemps le discours politique, incapable de s'élever au-dessus de certaines contingences bassement politiciennes. Faut-il alors faire le deuil du débat d'idées ? Qu'en est-il des courants et de l'idéologie politique ? Ces questions sont d'autant plus aiguës que l'intérêt personnel prévaut quasiment sur tout, notamment sur "les questions qui interpellent la vie économique et sociale des Sénégalais".
Sinon, comment comprendre cette farce d'avoir plus de 200 partis politiques, au Sénégal. D'ailleurs, il faut voir comment la transhumance est planifiée et exécutée par des hommes et femmes politiques déterminés à manger à tous les râteliers ; qui changent de discours et de formations politiques comme on change de chemise, dans une soif insatiable de biens matériels.
Et c'est le lieu donc d'interroger le profil du personnel politique. Nos hommes politiques ont-ils les formations adéquates. En France, par exemple, les hommes politiques de premier plan sont, soit des énarques, ou en tout cas issus des plus grandes écoles. Qu'en est-il du Sénégal ? Abdoulaye Wilane du Ps parle "d'une remise à niveau des acteurs du jeu politique". Mais par qui ?
Pour l’ancien militant du Parti démocratique sénégalais (Pds), la motivation dans la précipitation du choix d’un candidat de ce parti à la Présidentielle de 2017 est claire.
D’après Aliou Sow, cette décision s’inscrit dans «une logique de combat politique pour investir un candidat comme pour démontrer à l’opinion internationale que le gouvernement continue sa persécution d’un candidat d’un parti par voie judiciaire».
L’ex-ministre estime qu’«après la sélection des candidats du Pds, Karim va être choisi». Il dit : «Je suis convaincu à 90% que c’est la décision qui sera prise.»
De l’avis du leader du Mouvement des patriotes pour le développement (Mpd), l’idée de regrouper la famille libérale devient «insensée et incohérente» à partir du moment où le Pds procède à des élections pour choisir son candidat.
«Si on veut regrouper la famille libérale, il faut que tout le monde se regroupe et après, on choisit un candidat qui va aller aux élections, que ça ne soit pas forcément un candidat issu des rangs du Pds», a-t-il déclaré.
Le débat politique est train de voler très bas avec des accusations tous azimuts. Entre les propos incendiaires de l'ancien chef de l'Etat, Me Abdoulaye Wade et les réactions des proches du pouvoir, le Sénégal assiste à un jeu de coups et d'esquives qui portent un sacré coup au débat idéologique.
La scène politique sénégalaise est devenue un terreau fertile de propos malveillants et d'accusations irrationnelles. Après que Wade a craché du feu sur Macky Sall, qu'il traite de tous les noms d'oiseaux, que son poulain Massaly a proféré des insanités à l'encontre d'une adversaire politique, Mme Aminata Tall, la députée du parti au pouvoir, Sira Ndiaye, leur emboîte le pas.
Pour riposter aux attaques de l'ancien chef de l'Etat, qui a traité son successeur "de descendants d'esclaves et d'anthropophage", la parlementaire de l'Apr vient d'accuser Wade d'être en train de procéder à des sacrifices "de toutes sortes" pour déstabiliser l'actuel régime.
Vrai ou faux ! Les acteurs politiques se lancent de plus en plus dans des querelles de borne-fontaine, reléguant en arrière-plan le débat idéologique. Si le chef de l'Etat Macky Sall a choisi de répondre par une indifférence factice, du côté de son entourage, l'on pointe un index accusateur sur son prédécesseur, qui aurait biaisé le débat politique.
"C'est lui qui a commencé, ses petits-fils suivent", souligne l'un des conseillers politiques de Macky Sall, M Abdourahmane Ndiaye, joint au téléphone. Il s'explique :
"Vous n'avez jamais entendu un cadre de l'Apr tenir des propos désobligeants à l'encontre de Wade. Nous ne lui avons jamais manqué de respect. Même pendant notre période de disgrâce, c'est-à-dire de 2008-2012, (quand Macky Sall a été défenestré), nous avons toujours été respectueux envers Me Wade qui incarne une institution. Nous essayons de prendre de la hauteur en estimant que Wade est en train de vivre un drame avec l'emprisonnement de son fils. Ce qui justifie qu'il a l'insulte à la bouche. Mais il faut reconnaître que c'est lui qui a rabaissé le niveau du débat. Wade est désespéré mais Macky Sall reste lucide."
Pour autant, pour le responsable conseiller du chef de l'Etat, il faut s'attendre au pire d'ici le 23 mars prochain, date du verdict du procès de Karim Wade. "Le débat ne sera pas relevé tant que le verdict ne sera pas prononcé. On entendra plus bas que les caniveaux", dixit Abdourahmane Ndiaye.
"Il faut désamorcer les tensions"
Interpellé sur la question, l'ancien Premier Ministre de Wade, M Souleymane Ndéné Ndiaye, se retient de glisser sur ce terrain.
"Ce que je peux dire, c'est qu'on ne peut régler l'excès par un excès. Je pense que la classe politique a intérêt à débattre de questions qui interpellent la vie économique et sociale des Sénégalais. Il faut mettre le holà sur ces dérapages d'où qu'ils viennent. L'ancien chef du gouvernement, par ailleurs membre du comité directeur du Pds, prône un retour à l'élégance républicaine pour désamorcer la tension ambiante.
Pour lui, il y a lieu de dépassionner les débats en vue de ne pas mettre le feu au pays. "Tal bou doumou adama tal kène doussi soutiwate mat, diaroul khambe" (ndlr, il ne sert à rien d'attiser le feu). Mon souhait est que la paix et la raison prévalent sur la passion. Que tous les acteurs politiques soient raisonnables. On n'éteint pas le feu par le feu. J'ose croire que la raison finira par prendre le dessus sur les rancœurs et rancunes."
Son collègue libéral M. Pape Saer Guèye, va plus loin. L'ancien 'ambassadeur itinérant estime que le contexte d'exception est à l'origine de cette escalade de dérives verbales.
"Nous sommes dans un contexte d'exception. Pour rayonner au plan international, le président Macky Sall s'est engagé dans une destruction du leadership de Wade, un leader historique qui a apporté des touches novatrices au Sénégal. Pour empêcher le Pds de reconquérir le pouvoir en 2017, il s'attaque à un adversaire de taille. Karim Wade est le seul parmi les 150 ministres du régime libéral à être arrêté pour enrichissement illicite. C'est éloquent. Ses alliés ne cessent de nous stigmatiser et de nous traiter de tous les noms d'oiseaux. Nous sommes blessés moralement."
Ainsi, de l'avis de ce responsable du Pds à Kébémer, "Quand on enfonce le couteau dans votre cœur, vous ne pouvez pas étouffer votre cri. Les propos de Wade sont le signe d'une hémorragie. Macky a intérêt à battre le rappel de ses troupes, on ne peut pas prêcher la paix si on ne pose pas des actes dans ce sens et qu'on cesse de condamner les libéraux." Dans la foulée, Pape Saer Guèye soutient : "Ces invectives et quolibets ne peuvent cesser qu'après la tenue d'un dialogue politique."
"Y'en a marre des débats puérils !"
Le bas niveau des débats qui commence à polluer l'atmosphère politique exaspère plus d'un. Du côté du mouvement Y'en a marre, les esprits préfèrent se focaliser sur des enjeux de taille plus que de s'attarder sur des débats sans saveur. Fadel Barro, le coordonnateur du mouvement, est avare, à ce propos, en paroles.
"Nous évitons de rentrer dans ce débat, les sujets à polémique ne constituent pas notre tasse de thé. On préfère se concentrer sur des sujets de préoccupation tels que la crise de l'enseignement, la commercialisation de l'arachide, la crise de l'emploi. Si les vieux ne sont plus des références en termes de vertu et de valeurs, les jeunes refusent de les suivre. Que les jeunes générations prennent leurs responsabilités, travaillent sérieusement et les conjuguent au passé."
Absence de formation dans les partis politiques
Les dérapages verbaux ne sont que les symboles d'un système politique en déliquescence, selon bon nombre d'observateurs. Abdoulaye Wilane, le porte-parole du Parti socialiste (Ps), ne dit pas autre chose quand il appelle à l'assainissement des mœurs et à une remise à niveau des acteurs du jeu politique.
"Quand on n'a pas d'arguments, on a tendance à verser dans la violence, on finit dans le terrorisme moral. En politique, on doit convaincre sans contrainte. C'est par le choc des idées que jaillit la lumière." Le socialiste déplore, comme d'autres, "le nivellement vers le bas du débat politique sur fonds de détails, de considérations crypto personnelles, de propos injurieux qui font le lit de la violence verbale".
Et tient à rappeler que "la politique, c'est l'élaboration d'un programme bien défini, avec des idées et des justifications pour étayer. J'invite tous les cadres des partis politiques à investir le champ de la réflexion à travers leur parti ou des clubs trans-partis pour en faire des espaces de rencontres et d'échanges. La paresse intellectuelle est contagieuse, elle est à l'image des fast-foods qui sont à l'origine de la mal bouffe."
Aussi pour Abdoulaye Wilane, l'émergence d'une nouvelle race de politiciens qu'ils qualifient de chasseurs de primes a également contribué à rabaisser le niveau du débat. "Si le nombre d'entrepreneurs économiques a chuté dans ce pays, le champ politique est infesté d'entrepreneurs politiques, qui sont de vrais chasseurs de primes. Des partis politiques sont devenus de véritables entreprises avec des businessmen au discours vide."
Zator Mbaye de l'Afp abonde dans le même sens. Le député progressiste invite les acteurs politiques à se focaliser sur les enjeux de l'heure.
"Le niveau du débat est déplorable. Or des débats thématiques axés autour des enjeux mondiaux, politiques et géostratégiques nous dictent une attitude responsable pour mettre notre main à la pâte pour que le Plan Sénégal émergent (Pse) puisse se réaliser dans l'intérêt de tous les Sénégalais. Des défis nous interpellent tous, il est de notre devoir de prendre en charge les intérêts des Sénégalais", a-t-il soutenu.
Bref, pour Zator Mbaye, "il faut condamner tous ces discours de bas niveau pour faire comprendre aux différents acteurs que le Sénégal n'est pas une zone de non-droit. Ils doivent se faire à l'idée que c'est un pays qui est culturellement, cultuellement et politiquement encadré".
Redevenu opposant, Abdoulaye Wade a tant bien que mal essayé de jouer au démocrate. Il avait même annoncé un congrès pour le 8 août prochain afin de désigner un nouveau candidat et son successeur à la tête du Pds. Subitement, il chamboule le calendrier des épreuves. Des Libéraux l’accusent de tentative de violation des textes.
Exit la date du 8 août initialement fixée pour la tenue d’un congrès. Abdoulaye Wade veut que son cheval soit connu de son écurie dans deux semaines (20 mars). Malgré les justifications du porte-parole de ce parti, Babacar Gaye, l’article 10 des statuts du Pds dispose : «L’instance suprême du parti est le congrès qui se tient au moins une fois au cours de chaque législature en session ordinaire ou en session extraordinaire sur convocation du secrétaire général national ou du Bureau politique.»
Cette disposition fait dire à des pontes Libéraux qui ont requis l’anonymat que «le plan de Wade est cousu de fil blanc». Le congrès, défendent-ils, est la seule instance habilitée à désigner un candidat et le Bureau politique ne peut faire qu’une proposition.
Dans les textes du Pds, il est mentionné que «le congrès (2 000 délégués au moins) définit les options fondamentales, les orientations et les moyens d’action du parti. Il renouvelle les membres du Bureau politique (Bp) et fixe la composition du Comité national».
«Aucun responsable ne va déposer sa candidature»
Du point de vue statutaire, «entre deux congrès, il (le Bureau politique) est l’organe souverain et, à ce titre, peut prendre, s’il y a urgence ou si la situation l’exige, toute mesure nécessaire au bon fonctionnement du parti». Cela fait que des Libéraux s’interrogent sur le «caractère urgent» de la désignation du candidat pour le scrutin présidentiel à venir, ce 20 mars.
«En réalité, le Président Wade veut choisir son fils Karim pour dire que la Cour de répression de l’enrichissement illicite va emprisonner le candidat du Pds, si son fils est condamné le 23 mars. Personne ne va déposer», prometon. Ce plan risque de connaître des obstacles, car des potentiels prétendants parient «qu’aucun responsable ne va déposer sa candidature».
Au-delà des statuts, Abdoulaye Wade avait annoncé, à travers ses vœux de nouvel An 2015, la tenue d’un congrès pour élire démocratiquement les premiers responsables de son parti. Auparavant, invité de l’émission Sen jotay de la Sen Tv, l’ancien chef de l’Etat a insisté sur la tenue d’un congrès à l’occasion duquel «les militants devront choisir librement et démocratiquement leur secrétaire général et leur candidat».
Wade a été désigné candidat en 2007, 2012, par le congrès .
C’est à croire que la Crei accélère la cadence de stratégie déroulée par Wade. Dans cette course contre la montre, le Comité directeur du Pds a ressuscité une instance qui ne se réunit plus. «Il (le Bureau politique) se réunit une fois tous les 3 mois et chaque fois qu’il est convoqué par le secrétariat national ou le secrétaire général», indiquent les textes.
Rares sont les Libéraux qui se souviennent de la dernière réunion du Bureau politique du Pds. Mieux, ils ont du mal à se souvenir de la dernière résolution ou une prise de position de cette instance. A quelques mois de l’élection présidentielle de 2012, la candidature controversée a été validée par des délégués à l’occasion d’un congrès tenu au King Fahd Palace (ex-Méridien Président).
La résolution a été lue par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Me Ousmane Ngom, aujourd’hui sur le départ des rangs bleus. Ce conclave a été précédé d’un vote des membres du Comité directeur lors d’une réunion tenue au palais de la République. Au cours de cette rencontre, Idrissa Seck avait d’ailleurs voté contre le choix porté sur Wade alors que Me Doudou Ndoye s’était abstenu. Pourtant, le Pds avait tenu à l’organisation d’un congrès pour statuer sur la même question.
En quête d’un second mandat en 2007, le secrétaire général du Pds avait été également investi par un congrès. Même durant les années de braises de l’opposition, Wade s’était toujours investi à la suite d’un congrès.
Toutefois, le Pds n’a jamais su réussir un congrès consacré aux renouvellements de ses instances nationales. Lorsque les Libéraux étaient au pouvoir, toutes les tentatives d’une restructuration démocratique avaient échoué.
Ce qui explique que carte blanche soit donnée au secrétaire général con sidéré comme la «seule constante». Il nomme ainsi des «variables» à tous les postes internes et pour tous les défis
Les libéraux du Parti démocratique sénégalais (PDS) n'ont pas mis trop de temps pour mettre la machine en branle. Après avoir émis un appel à candidature, le Pds est en train de créer les conditions d'investiture du fils de l'ancien président de la République en s'appuyant sur ses différentes structures.
D'après certaines indiscrétions, l'ordre a même été donné à toutes les instances du parti de se réunir à la base pour porter la candidature de Karim Wade. Déjà, au niveau de l'Union des jeunesses travaillistes libérales (UJTL), l'on est décidé à porter la candidature de l'ancien ministre d'Etat sous Abdoulaye Wade, aujourd'hui dans les liens de la détention dans le cadre de la traque des biens mal acquis.
"De tout temps, nous avons soutenu la candidature de Karim Wade. L'idée est largement partagée par la majorité des jeunes et nous pensons que c'est dans l'intérêt du parti, de présenter cette candidature", a déclaré hier le secrétaire général de l'UJTL, joint par EnQuête.
Selon Toussaint Manga, "dans le contexte national actuel, Karim Wade est le candidat idéal du parti et le Pds gagnerait beaucoup à l'investir". "Macky Sall, ayant compris que Karim est un potentiel adversaire redoutable, a toujours œuvré pour l'écarter de la course présidentielle de 2017. Nous ne devons pas lui donner le plaisir d'atteindre cet objectif", estime Toussaint Manga.
Le secrétaire général de l'UJTL a aussi appelé les différents candidats à la candidature de dialoguer afin de trouver un consensus autour du fils de Me Wade "pour le seul intérêt du parti".
Cependant, si au sein de l'UJTL on s'est clairement décidé, au niveau de la Fédération nationale des cadres libéraux (FNCL), la question est différée jusqu'au mercredi prochain. Ce jour, les camarades d'Abdoul Aziz Diop vont se pencher sur la question afin de dégager une position commune. Celle-ci ne va sûrement pas être en défaveur du fils de l'ancien président de la République.
"On vient d'ouvrir le processus et les candidats ne se sont pas pour le moment déclarés. Nous attendons que cela soit fait pour prendre une position commune", a confié Abdou Khafor Touré, porte-parole de ladite structure. La même démarche est adoptée chez les femmes même si la majeure partie d'entre elles reste favorable à la candidature de Karim Wade.
Les responsables du Saes (Syndicat autonome de l’enseignement supérieur) ont empêché hier les autorités universitaires d’honorer l’ancien ministre des Universités et de la Recherche de la France dans l’enceinte de l’Ucad 2. Ils qualifient «d’insulte grave» la décision prise par les autorités de décerner le titre de Docteur Honoris Causa à Valérie Pécresse qui symbolise «la précarisation, la marchandisation et la privatisation des universités».
Le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (Saes) qualifie «d’insulte grave» la décision des autorités de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de décerner à l’ancien ministre des Universités et de la Recherche de France, Valérie Pécresse, le titre de Docteur Honoris Causa dans l’enceinte de cette université.
Réunis hier dans le hall de l’Ucad 2 où était prévue la cérémonie de remise de ce titre, les syndicalistes du Saes ont soutenu que le monde universitaire, qui lutte pour le retrait de la Loi-cadre qui enlève aux universités leur autonomie, ne peut pas accepter de recevoir encore moins d’honorer Mme Pécresse qui symbolise «plus que toute autre personne la précarisation, la marchandisation et la privatisation des universités ainsi que la dégradation volontaire de l’autonomie des universitaires».
Selon Yankhoba Seydi, coordonnateur du Saes de Dakar, «Pécresse, c’est l’ex-ministre des Universités et de la Recherche de la France qui a mené une réforme extrêmement controversée qui a plongé les universités françaises dans une ébullition jamais atteinte qui visait à terme l’évaporation de l’autonomie des enseignants et des chercheurs».
«En effet, c’est sous le joug d’un certain nombre d’impératifs économiques que sa réforme dite Loi relative aux Libertés et responsabilités des universités (Lru) a consacré la précarisation de l’enseignement et de la recherche avec la multiplication exponentielle des précaires au détriment de vrais postes de titulaire.
La Lru a également consacré une évaluation catastrophique de la productivité scientifique dans la mesure où elle a institutionnalisé le primat du quantitatif sur le qualitatif (...) La Lru, ce sont des orientations vers un nouveau type de management universitaire qui affaiblit les représentations des enseignants et des chercheurs dans les instances de décisions académiques», a-t-il expliqué.
Attirant l’attention sur la similitude entre l’esprit de la loi de Pécresse avec celle de l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane, M. Seydi soutient qu’il est «gonflé à bloc par la Banque mondiale qui a décidé de pomper et de mal pomper la Lru à travers sa loi cadre».
D’après lui, M. Niane «fait peut-être mine d’ignorer dans une tension suicidaire que la Lru a multiplié les assemblées générales, les grèves et les manifestations en France, qu’elle a jeté dans la rue près de 100 mil le personnes lors de certaines manifestations».
«Elle a bloqué pendant des mois des dizaines d’universités, revigoré toute la communauté universitaire française pour la défense de ses intérêts», a-t-il ajouté. Et le coordonnateur du Saes de Dakar de s’interroger : «L’Ucad que tous les esprits lucides savent être une poudrière ouverte qui n’attend qu’une brindille pour s’embraser pourrait-elle sans coup férir survivre à une telle surchauffe ?»
Par ailleurs, les syndicalistes du Saes, qui ont ainsi obligé avec leur rassemblement dans le hall de l’Ucad 2 les autorités de l’université à délocaliser la cérémonie à l’hôtel Terroubi, ont affirmé à l’attention de Mme Pécresse que «l’Ucad ne saurait être un laboratoire d’expérimentation de ses idées et que les universitaires sénégalais n’ont que faire de sa leçon : L’Université, facteur de croissance et de développement».
Ils ont par la même occasion prévenu leur ministre de tutelle sur le fait que «le destin qui unit sa loi cadre à la Lru de Pécresse est du même rapport que le destin qui unit un mauvais produit à sa contrefaçon». «Tôt ou tard, tous deux se retrouveront à la poubelle», ont-ils dit