Thieppe (Kébémer), 6 mars (APS) – Les travaux de construction d’une piste devant relier la ville de Kébémer (Nord) à la commune de Thieppe, sur le littoral, ont été officiellement lancés vendredi lors d’une cérémonie organisée dans cette commune de la région de Louga.
La manifestation a notamment été présidée par le ministre de l’Agriculture et de l’Equipement rural, Papa Abdoulaye Seck et de l’ambassadeur du Canada au Sénégal, Philippe Beaulne dont le pays assure le financement d’une partie importante de ce projet.
La réalisation de cette piste de 37 kilomètres permettra le désenclavement de cette zone qui polarise 150 villages des communes de Thieppe, Diokoul et Bandègne et une large partie du Mbaor. L’exécution de ce projet entre dans le cadre du Programme d’aménagement et de développement économique des Niayes (PADEN).
‘’Cette infrastructure va renforcer les capacités d’exploitation des potentiels de production, réduire les transactions tout en permettant d’enregistrer un accroissement des opportunités pour les populations’’, a souligné Papa Abdoulaye Seck.
‘’Cette cérémonie satisfait une très vieille doléance des populations de cette localité. Cette piste va ouvrir une nouvelle ère porteuse d’espoir pour les populations’’, a-t-il indiqué.
‘’La piste pourra accroître la sécurité alimentaire, favoriser l’entrepreneuriat, les échanges et en particulier l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Finalement les populations auront un meilleur accès aux services’’, a pour sa part dit l’ambassadeur du Canada au Sénégal.
La zone de Thieppe possède une façade maritime de plus de 50 kilomètres mais ne dispose pas de voie d’accès à la route nationale 2. Cette situation oblige les producteurs à dépenser entre 500 et 600 francs Cfa par sac, augmentant ainsi les coûts de production.
La réalisation de cette piste permettra de contribuer à lever les principales contraintes identifiées pour l’agriculture dans la zone. Elle permettra le transport de la production des exploitations familiales mais aussi de desservir 600 hectares du Domaine agricole communautaire de Thieppe, lit-on dans un dossier de presse.
8 MARS : LE CSDH POUR LA PRISE EN COMPTE DES DROITS ECONOMIQUES ET SOCIAUX DES FEMMES
Dakar, 6 mars (APS) - Le Comité sénégalais des droits de l’homme (CSDH) se dit convaincu qu’une effectivité des droits des femmes passe irréversiblement , en plus de leurs droits civils et politiques, par la prise en compte de leurs droits économiques et sociaux.
Dans un communiqué reçu à l’APS, à l'occasion de la célébration de la Journée de la femme, le CSDH ‘’salue les efforts du gouvernement du Sénégal et l’appelle à persévérer ses efforts pour l’autonomisation des femmes rurales et urbaines’’.
Le comité ‘’exhorte le gouvernement à s’investir davantage pour la lutte contre la pauvreté, l'analphabétisme et la précarité sociale des femmes’’.
Il invite aussi les pouvoirs publics à ‘’accentuer le combat contre les violences faites aux femmes et aux filles, les mutilations génitales, les mariages forcés et le non accès à la terre (et) au plan protection, autoriser l’accès à l’avortement médicalisé’’.
Dans son communiqué, le CSDH ‘’recommande vivement à l’Etat du Sénégal, à l’ensemble de la société civile et aux acteurs de développement d’œuvrer à travers une synergie d’actions pour que l’autonomisation des femmes devienne une réalité au Sénégal’’.
UN CONSENSUS A ÉTÉ TROUVE SUR LA NOTION DU DROIT DE GRÈVE
Dakar, 6 mars (APS) - Organisations syndicales, employeurs et gouvernements des pays membres de l’OIT sont parvenus à un consensus sur la notion de droit de grève, a assuré vendredi à Dakar, Mamadou Diallo, directeur du département des droits humains et syndicaux de la Confédération internationale syndicale (CSI).
"Je peux dire que maintenant, il y a un consensus qui est sur la table, qui a été accepté par toutes les parties, et nous avons mis en place un mécanisme qui permet de protéger désormais le droit de grève", a dit M. Diallo.
Il répondit à une interpellation sur les attaques contre le droit de grève lors d'une conférence de presse sur les préparatifs du 3ème congrès de la CSI qui se tiendra du 23 au 27 novembre 2015 au King Fahd Palace.
''Pour le moment, nous sommes autour de ce consensus et nous espérons pouvoir l’évaluer en fin 2016. A priori, nous pouvons retenir que la notion du droit de grève a été dans une certaine mesure sécurisée d’autant plus dans près de 90 pays du monde, le droit de grève est instruit dans leur constitution", selon Mamadou Diallo.
"En 2012, l'Organisation internationale des employeurs a soulevé une critique acerbe contre le rapport du comité des experts chargé de voir et d'examiner l’application des recommandations des conventions du l’OIT par les pays membres", a t-il rappelé.
''C'est à la lumière de ce rapport que chaque année en juin nous avons la conférence internationale et on discute de certains cas et où les gouvernements sont interpellés pour justifier leur attitude vis-à-vis des conventions des mouvements syndicaux et donc pour les employeurs, la notion du droit de grève ne figure pas dans la convention 96 qui est relative à la liberté d’association".
''Et nous avons engagé cette bataille et pendant presque deux ans, (…) sur cette base, en tant que organisation syndicale internationale, la CSI a aussi déposé sur la table de l’intention de soumettre la question à la question à la Cour internationale de justice’’, a ajouté le directeur du département des droits humains et syndicaux de la CSI-Afrique.
"Pour ceux qui s'en souviennent, nous avions fait le 18 février dernier une journée mondiale de lutte pour défendre notre droit de grève. Fort heureusement à la suite de cela, nous avons tenu à Genève une réunion tripartie avec des employeurs et à la suite nous sommes arrivés à un consensus", a-t-il fait savoir.
Mody Guiro, président de la Confédération internationale syndicale (CSI) a invité les mouvements syndicaux à plus de vigilance par rapport à ce droit de grève.
"La liberté syndicale inclue le droit de grève. Malgré ce consensus, nous devons rester vigilant et ce consensus devrait être consolidé, officialisé", a-t-il insisté.
L'UE CONSTRUIT 5 MAGASINS DE STOCKAGE ET DE SÉCHOIRS D'OIGNONS
Dakar, 6 mars (APS) - L'Union européenne (UE) a annoncé avoir construit 5 magasins de stockage et de séchoirs d'oignons d'une capacité de 100 tonnes chacun, dans la zone des Niayes, pour une valeur de 450 millions FCFA, a appris l’ APS.
''Ces infrastructures ont été développées dans le cadre du Programme de renforcement et de développement des capacités commerciales (PRDCC) financé à hauteur de 3 milliards 278 millions FCFA par l'UE à travers le 9ème et le 10ème Fonds européen de développement (FED)’’, indique un communiqué de la délégation de l’UE à Dakar.
Selon la même source, ‘’ce projet s'inscrit dans la convention de financement signée entre l'Union européenne et le Sénégal et relative à l'appui à la Stratégie de Croissance Accélérée et à l'augmentation de la compétitivité de l'économie’’.
Le communiqué relève que la production d’oignons au Sénégal ‘’connait une hausse croissante’’, une augmentation en volume qui ‘’est le résultat d'une politique de diversification des cultures par les producteurs’’.
‘’Cependant, ajoute le texte, les infrastructures de stockage sont insuffisantes avec un impact notoire sur la régulation du marché et la conservation des oignons’’.
Le document souligne que pour ‘’pallier ce manque, l'UE en appui à l'Agence de régulation des marchés (ARM) a construit 5 magasins de stockage et de séchoirs d'oignons à Dagana, Louga, Kébémer et à Mboro’’.
Il précise que ces magasins ‘’ont été mis à la disposition des comités de gestion à Bokhol (St Louis), à Thieppe, Mabouyes Niayes et Lompoul sur mer (Louga) et à Darou Khoudoss (Thiès)’’.
Selon le communiqué toujours, ‘’les sites d'implantation des magasins ont été identifiés par l'ARM en accord avec les bénéficiaires et en tenant compte du niveau de production et d'organisation des réseaux de producteurs’’.
Cité dans le texte, Souahibou Diaw, président de l'Union des maraîchers du Littoral, a déclaré : "Le stockage dans de bonnes conditions est indispensable aux producteurs. A défaut, la plupart écoule à vil prix l'oignon pour éviter qu'il ne pourrisse’’.
‘’Ces magasins construits par l'UE sont une aubaine. Certains producteurs ont stocké leurs oignons à un coût de 125 FCFA le kg et ont pu le revendre 45 jours plus tard à 275 FCFA le Kg. Notre souhait est de disposer de magasins avec une plus grande capacité de stockage dans la mesure où la production ne cesse d'augmenter’’, a-t-il ajouté.
Lagos, 6 mars 2015 (AFP) - Le pasteur évangéliste nigérian TB Joshua va devoir coopérer avec la justice dans l'enquête sur les causes de l'effondrement meurtrier d'un de ses immeubles de Lagos le 12 septembre dernier, a déclaré vendredi un juge de la Haute Cour de la métropole économique du Nigeria.
L'accident survenu dans l'auberge accueillant les fidèles étrangers du pasteur à la réputation sulfureuse a causé la mort de 116 personnes, principalement des Sud-Africains. TB Joshua, un pasteur évangéliste très populaire en Afrique, baptisé "Le Prophète" par ses fidèles, a à plusieurs reprises ignoré les convocations de la justice nigériane dans le cadre de l'enquête en cours.
Ses avocats avaient déposé un recours devant la Haute Cour de Lagos, dans lequel ils réclamaient l'arrêt de l'enquête, estimant que le juge avait outrepassé ses pouvoirs en voulant convoquer TB Joshua comme témoin.
Dans sa décision rendue vendredi, la juge Lateefat Okunnu a déclaré que la plainte des avocats de TB Joshua était "rejetée". Le juge en charge de l'enquête, Oyetade Komolafe, a le pouvoir de convoquer quiconque est susceptible d'aider à déterminer l'identité des victimes ainsi que le moment et la cause de leur mort, a-t-elle rappelé, encourageant M. Komolafe à sanctionner tous ceux qui ne coopéreraient pas à l'enquête.
Le pasteur, qui compte des présidents et des hommes politiques de toute l'Afrique parmi ses fidèles, a affirmé que l'effondrement avait été causé par un avion mystérieux vu en train de "rôder" au-dessus du bâtiment au moment des faits. Mais les experts et les témoins ont écarté l'hypothèse d'un sabotage aérien ou d'une explosion.
Selon eux, l'auberge qui s'est effondrée n'avait pas de permis de construire et plusieurs autres bâtiments situés dans l'enceinte de l'Église du prédicateur ne sont pas aux normes.
L'avocat de TB Joshua, Olalekan Ojo, a indiqué avoir la possibilité de faire appel mais vouloir consulter son client au préalable. Les résultats de l'enquête sont attendus d'ici une quinzaine de jours.
COTE D'IVOIRE : "SUSPENSION" DU PRÉSIDENT DU PARTI PRO-GBAGBO, QUI DÉMENT
Abidjan, 6 mars 2015 (AFP) - Les luttes de pouvoir au sein du Front populaire ivoirien, fondé par Laurent Gbagbo, ont connu un nouveau rebondissement avec l'annonce jeudi soir par une faction du parti de l'éviction de son président Pascal Affi N'Guessan, aussitôt démentie par l'intéressé.
La "suspension" de M. N'Guessan a été décidée en Comité central "extraordinaire" du FPI, qui s'est réuni alors qu'il comparaissait avec des dizaines d'autres accusés devant le tribunal d'Abidjan pour leur rôle présumé dans la crise postélectorale de 2010-2011, d'après un communiqué envoyé dans la nuit à l'AFP.
Abou Drahamane Sangaré, ancien ministre et proche de Laurent Gbagbo, également accusé dans ce procès, a été désigné "président intérimaire", selon ce texte. Son arrivée vendredi au palais de justice s'est faite sous les vivats de ses partisans : "Prési, prési, prési !"
"Ce n'est que de la pure propagande et de la désinformation", s'est exclamé Pascal Affi N'Guessan, qui s'est dit "président effectif". "Toute personne qui prétend le contraire se rend coupable d'usurpation", a-t-il menacé, interrogé par l'AFP.
Principal parti d'opposition, le FPI est divisé en deux camps : le premier veut concourir à la présidentielle d'octobre derrière M. N'Guessan, quand le second refuse un tel scénario et fait de la libération de l'ex-président Laurent Gbagbo "le coeur de la stratégie de lutte du parti".
Les deux factions se sont déjà affrontées en justice en décembre, à l'avantage d'Affi. En février, une rencontre de la jeunesse du FPI s'est terminée en pugilat entre des pro-Affi et des pro-Gbagbo.
MM. N'Guessan et Sangaré sont poursuivis avec 81 autres accusés, dont l'ex-Première dame Simone Gbagbo, pour leur rôle dans les violences postélectorales de 2010-2011, qui ont fait plus de 3.000 morts.
Dix ans de prison ont été requis contre Mme Gbagbo. MM. N'Guessan et Sangaré sont réunis vendredi sur le banc des accusés, le premier paraissant assez isolé, tandis que le second, plus volubile, échangeait tapes amicales et éclats de rire avec ses voisins.
L'avocat général a requis respectivement 24 et 14 mois d'emprisonnement contre Pascal Affi N'Guessan et Abou Drahamane Sangaré, qui comparaissent libres. Si de telles condamnations devaient être prononcées, ils ne retourneraient pas en prison, ces peines étant couvertes par leur détention provisoire.
Laurent Gbagbo est écroué depuis fin 2011 à La Haye, où il doit être jugé en juillet par la Cour pénale internationale pour des "crimes contre l'humanité" présumés commis lors de la crise née de son refus de céder le pouvoir à l'actuel président Alassane Ouattara.
NAFISSATOU DIOP CISSÉ ET ARONA NDOFFENE DIOUF INTÈGRENT LA DIRECTION DE L'APR
Dakar, 6 mars (APS) – La notaire Nafissatou Diop Cissé et l’universitaire Arona Ndoffène Diouf, ministre-conseiller du président Macky Sall, sont maintenant membres du secrétariat exécutif national (SEN), "l'organe de direction" de l’Alliance pour la République (APR), selon un communiqué de ce parti.
Mme Cissé a démissionné de Rewmi, le parti que dirige l’ancien Premier ministre Idrissa Seck.
Le professeur d’université Arona Ndoffène Diouf, à la tête d'un mouvement dit citoyen, a soutenu la candidature de Macky Sall à la présidentielle de février-mars 2012.
Le communiqué annonce aussi l’entrée, au SEN de l’APR, de Lat Diop, un proche du chef de l’Etat.
Lors de sa dernière réunion, jeudi, en présence de Macky Sall, le SEN "s’est réjoui de la décision prise par le président du parti portant sur la nomination de la camarade Thérèse Faye Diouf, coordonnatrice de la COJER", la Convergence des jeunesses républicaines de l'APR.
TONNERRE D'APPLAUDISSEMENTS POUR "TIMBUKTU" AU FESPACO
Ouagadougou, 5 mars 2015 (AFP) - "Timbuktu", qui décrit la vie dans le nord du Mali sous le règne des jihadistes, a récolté un tonnerre d'applaudissements jeudi soir au Fespaco de Ouagadougou, un festival sous haute protection du fait de la diffusion de ce film vedette.
"Pour moi, cette projection est une victoire en soi. C'est mon palmarès", a réagi son réalisateur Abderrahmane Sissako, venu présenter son oeuvre dans la capitale burkinabè, qui a dit n'avoir "jamais été aussi ému et bouleversé".
"Timbuktu" "a fait le tour du monde, mais regardez l'accueil ici. A travers le Fespaco, c'est comme si toute l'Afrique regardait ce film", s'est écrié devant la presse le Mauritanien, protégé par des éléments anti-terroristes de la garde républicaine.
La fiction a attiré les foules jeudi. Nombre de spectateurs, venus plusieurs heures avant la projection n'ont pu entrer dans la salle, surveillée par une trentaine de policiers. Car des "problèmes sécuritaires" se posaient autour de sa diffusion, avait déclaré le ministre de la Culture Jean-Claude Dioma il y a une semaine.
Le gouvernement avait envisagé de retirer le film aux 7 Césars (l'équivalent français des Oscars américains) de la programmation, même s'il n'avait reçu aucune "menace sur le Burkina", pays du Sahel voisin du Mali, à cause de cette oeuvre.
Patrouilles aux abords de la manifestation, fouille minutieuse des spectateurs, portiques détectant les métaux: le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), pour sa 24e édition, s'est dès lors vu doter d'un dispositif de sécurité inédit.
Abderrahmane Sissako, s'était dit "consterné" par la perspective d'un retrait de son film. "Le public ne doit pas avoir peur de venir. Je demande aux gens de venir massivement aux prochaines projections", a lancé Binta Gadiaga, une Burkinabè de 49 ans, qui a salué "une grande oeuvre", "un film grandiose et sublime".
Le président Michel Kafando, qui avait apporté son soutien à la diffusion du film, n'était finalement pas dans la salle pour la visionner. - 'Barbarie' - "Timbuktu" raconte la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes qui l'ont contrôlé plusieurs mois entre 2012 et 2013.
A Bamako, où il a été projeté une fois, le film n'a pas fait l'unanimité, certains lui reprochant d'édulcorer la réalité. "Les jihadistes-terroristes ont coupé des mains et des femmes ont été violées. C'était la barbarie.
On ne voit pas ça clairement dans le film", avait déclaré mi-février à l'AFP un enseignant de Tombouctou. Faute de pouvoir le voir chez lui, Moustaph Touré, boubou bleu et toque blanche, affirme être arrivé mercredi à Ouagadougou en provenance de Tombouctou, à plus de 500 km au nord, "dans l'intention de voir +Timbuktu+".
La fiction, qui avait été sélectionnée aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, a été l'objet d'une polémique en France. Le statut d'Abderrahmane Sissako, conseiller culturel du président Mohamed Ould Abdel Aziz, y a été vivement critiqué.
Fondé en 1969, le Fespaco se tient tous les deux ans au Burkina Faso, pays pauvre dont il constitue la carte de visite à l'international. L'édition 2015 est la première depuis la chute du président Blaise Compaoré en octobre dernier à la suite d'une révolte populaire.
Manifestation où le public se mêle aux réalisateurs, comédiens et acheteurs, le Fespaco se conclura samedi quand l'Etalon d'or de Yennenga, la distinction la plus prestigieuse, sera décerné à l'un des 19 films en compétition.
"Il y a des films sur la guerre, sur les problèmes religieux, politiques...", souligne Ardiouma Soma, son délégué général. Pour lui, le Fespaco est "une photographie de la situation de l'Afrique au cours de ces deux dernières années".
Le choix d'Aliou Cissé comme sélectionneur de l'équipe nationale A du Sénégal de football ne fait pas l'unanimité parmi les observateurs sénégalais. Si l'ancien international des années 68, Yatma Diop, se réjouit de la décision des fédéraux, son cadet, Malick Ndione la trouve "prématurée".
YATMA DIOP, ANCIEN INTERNATIONAL
"L'expérience est un faux débat"
L'ancien international Yatma Diop s'est réjoui de la nomination d'Aliou Cissé comme sélectionneur des Lions de la Téranga. Dans un entretien accordé à l'enquête, le joueur emblématique de la génération 68, devenu consultant aujourd'hui, a indiqué que celui qui était jusqu'ici entraineur de l'équipe olympique des Lions, était l'homme de la situation.
"Aliou Cissé a été joueur en Première Ligue, en championnat de France et a été capitaine de la belle équipe de 2002. De ce fait, il maîtrise le haut niveau, connaît parfaitement l'environnement dans lequel évoluent nos internationaux actuels et donc peut très bien diriger des gosses qui gagnent des centaines de millions. Tous ces joueurs qui composent l'équipe actuelle ont vu jouer Aliou Cissé et l'ont adoré. A partir de là, il a déjà un ascendant psychologique sur eux ; ce qui est une très bonne chose", a t-il soutenu.
S'agissant du débat sur le manque d'expérience du nouveau sélectionneur, Yatma Diop ne le considère pas comme un frein. Pour lui, ce sont les qualités d'homme et de meneur qui sont les plus importantes à ce niveau. Et Aliou Cissé en est pourvu.
"Quand on a été capitaine de l'équipe aux fortes têtes, celle de 2002, on a les qualités pour diriger n'importe quel groupe, surtout qu'on le surnommait à l'époque l'aboyeur, c'est à-dire celui qui, dans le terrain, recadrait tout le monde. Non, l'expérience est un faux débat. La vraie question, c'est plutôt de se demander si Aliou Cissé a de la personnalité. A-t-il le tempérament ? A-t-il l'expertise du terrain ? À toutes ces questions, la réponse est oui. Donc, l'expérience est un faux débat, il faut que les gens arrêtent", a déclaré le consultant, avant d'ajouter que "le garçon (Aliou Cissé) est discret, n'est ni flambeur ni dans le voyez-moi".
Le fait qu'Aliou Cissé veuille s'inscrire dans la durée (le nouveau sélectionneur a un bail de 4 ans) enchante également Yatma Diop qui milite pour un travail méthodique et rigoureux dans le temps.
"Je n'attends rien du nouveau sélectionneur les deux premières années. Laissons-le travailler. Laissons-le réorganiser méthodiquement notre équipe nationale et que tout le monde l'aide dans sa mission. Mais j'ai confiance parce qu'il sait où il va. J'ai appris dans la presse que durant toute la période où il est resté entraîneur des Olympiques, il n'a pas été payé et pourtant, il ne l'a jamais crié sur les toits. Dans les négociations pour devenir sélectionneur, Aliou Cissé n'a pas posé des problèmes d'argent, il a plutôt insisté sur le staff et l'adjoint qui devraient l'accompagner. Tout cela démontre qu'il a un projet", a conclu l'ancienne gloire du Jaraaf et des Lions. Qui pense qu'après Alain Giresse qui a "méprisé" tout le monde, il était temps de faire confiance à l'expertise nationale.
MALICK NDIONE, ANCIEN INTERNATIONAL
La nomination d'Aliou Cissé est "prématurée"
"Aliou Cissé, coach des Lions, je ne comprends plus mon pays et son football. Qu'a-t-il fait? Même Zidane est allé apprendre son métier d'entraîneur", a souligné l'ancien attaquant du Dakar université club (Duc) plus connu sous le sobriquet de "Blindé". Parlant du choix porté sur le capitaine de Lions à la CAN et au Mondial 2002, "Blindé" a laissé entendre que "c'est comme une victoire de la voie publique".
"Il a fallu que ça pousse dans les radios et dans les télévisions et surtout qu'il y a le lobby des joueurs de 2002 pour que la Fédération tranche en sa faveur", a commenté l'ancien attaquant de l'équipe nationale du Sénégal dans les années 1990.
Meilleur buteur du championnat national en 1998 avec 14 réalisations, Ndione a appelé la Fédération sénégalaise de football (FSF) à se méfier de "certains commentateurs et pseudo analystes" toujours présents sur les plateaux des radios et des télévisions. "C'est au Sénégal seulement que je vois des gens titulaires d'une simple licence C se permettre d'analyser des matchs à la télévision", dit-il, s'insurgeant contre ceux appelés la génération 2002.
"Cette génération 2002 pense qu'elle doit dire qui élire ou qui enlever", se plaint-il. Selon lui, "s'ils étaient aussi bons, ils seraient toujours au service de leurs anciens clubs". "L'homme blanc n'est pas fou. Il va toujours vers son intérêt. S'ils étaient bons, leurs anciens clubs les auraient gardés en demandant leur reconversion", a-t-il commenté.
Il les appelle à aller se former comme les grands footballeurs dont Zinédine Zidane qui a décidé de faire carrière comme entraîneur.