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5 avril 2025
SEYDINA DIAGNE RETIENT SON SOUFFLE
Ils ne sont plus que trois candidats en lice pour le poste de secrétaire général de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) dont l’élection est prévue ce samedi 15 mars à partir de 10 heures GMT au CIC d'Alger
Après une tentative infructueuse le 25 mai 2021 où il a été battu par le Marocain, Ingr. Ahmed Abouelgasim Hashim, le Sénégalais Seydina Oumar Diagne va tenter un deuxième fois, ce samedi 15 mars à Alger à se faire élire au poste de secrétaire général de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA). Il aura en face de lui deux autres candidats : Ahmed Abou Elgasim Hashim (Soudan) et David Ojong (Cameroun). L’Égyptienne Khaled Zein a préféré, hier, vendredi 14 mars, retirer sa candidature.
Ils ne sont plus que trois candidats en lice pour le poste de secrétaire général de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA) dont l’élection est prévue ce samedi 15 mars à partir de 10 heures GMT au centre international de conférence (CIC) d’Alger. Il s’agit du Sénégalais Seydina Oumar Diagne, d’Ahmed Abou Elgasim Hashim (Soudan) et David Ojong (Cameroun). L’Égyptienne Khaled Zein a pris la décision de se retirer. Au lieu donc d’un fauteuil pour quatre, on assistera à une bataille entre trois candidats.
Si l’actuel secrétaire général du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) réussit à se faire élire, ce sera une belle victoire pour la diplomatie sportive sénégalaise qui vient de subir un camouflet avec la défaite de Me Augustin Senghor dans sa tentative d’intégrer le Conseil de la Fifa.
Jadis présent dans la gouvernance du sport mondial avec feu Keba Mbaye (Comité exécutif CIO), feu Abdoulaye Seye Moreau (Fifa Monde), feu Youssoupha Ndiaye (Comité exécutif CIO), feu Lamine Diack (IAAF/CIO) et Mamadou Diagna Ndiaye (membre CIO), le Sénégal est en perte de vitesse. Il ne nous reste plus que Mbagnick Ndiaye (Président Confédération africaine d’Escrime), Dr Mohamed Diop (Président Confédération africaine de natation), Amadou Galo Fall (Président Basket African League). D’où une grosse pression sur Seydina Oumar Diagne dont le principal rival n’est autre que le Soudanais Ahmed Abou Elgasim Hashim, qui est donne ultra-favori.
Pour rappel, M. Diagne avait tenté à se faire élire le 25 mai 2021 mais il sera battu par le Marocain, Ingr. Ahmed Abouelgasim Hashim qui a été réélu a sa propre succession.
VOICI LA LISTE DES CANDIDATURES POUR LE COMITÉ EXÉCUTIF DE L’ACNOA
Alfred Foloko (Zambie)
Khaled Ezankuli (Libye)
Julien Minavoa (Bénin)
QUATRIEME VICE-PRÉSIDENT :
Fardouza Moussa Egueh (Djibouti)
SECRÉTAIRE GÉNÉRAL :
Ahmed Abou Elgasim Hashim (Soudan)
David Ojong (Cameroun)
Seydina Omar Diagne (Sénégal)
TRÉSORIER GÉNÉRAL :
Habu Ahmed Gumel (Nigeria)
MOUSSA TOURE INVITE A REPONDRE AUX DEFIS DU FINANCEMENT ET DE LA DIFFUSION
Dans une interview exclusive, Moussa Touré, cinéaste sénégalais de renom, revient sur les défis actuels du secteur et propose des pistes pour redonner au cinéma sénégalais sa gloire passée.
Le cinéma sénégalais, autrefois considéré comme l’un des fleurons du 7e art en Afrique, traverse aujourd’hui une période difficile. Dans une interview exclusive, Moussa Touré, cinéaste sénégalais de renom, revient sur les défis actuels du secteur et propose des pistes pour redonner au cinéma sénégalais sa gloire passée.
Le cinéma sénégalais a connu son âge d’or dans les années 1960 et 1970, porté par des figures emblématiques comme Ousmane Sembène, considéré comme le père du cinéma africain. Sembène, avec des œuvres comme La Noire de… (1966) et Xala (1975), a su capturer les réalités sociales et politiques du Sénégal post-colonial, tout en offrant une critique acerbe des systèmes de pouvoir. D’autres réalisateurs comme Djibril Diop Mambéty, avec son film Touki Bouki (1973), ont également marqué l’histoire du cinéma africain par leur audace narrative et esthétique.
Ces films, souvent produits avec des moyens modestes, ont néanmoins réussi à s’imposer sur la scène internationale, remportant des prix dans des festivals prestigieux et ouvrant la voie à une nouvelle génération de cinéastes africains. Cependant, depuis ces années glorieuses, le cinéma sénégalais semble avoir perdu de son éclat, confronté à des défis structurels et financiers.
Selon Moussa Touré, les problèmes actuels du cinéma sénégalais résident en particulier dans le financement. « Nous avons peu d’argent, et les coproductions avec le cinéma français, par exemple, ne profitent pas toujours aux cinéastes sénégalais », explique-t-il. Il déplore que les cinéastes sénégalais ne bénéficient pas des recettes générées par leurs films, malgré leur participation financière. « Nous gagnons de faire un film, mais nous ne gagnons pas de recettes », souligne-t-il.
La diffusion des films sénégalais est un autre problème majeur. Moussa Touré constate que les salles de cinéma traditionnelles sont quasi inexistantes, et que les films africains peinent à trouver un public. « Les gens ne vont pas voir des films africains », regrette-t-il. Il souligne l’importance de créer des salles de cinéma dédiées aux productions locales, afin que les films sénégalais puissent être accessibles au grand public.
REDYNAMISER LE CINEMA SENEGALAIS : LES PROPOSITIONS DE MOUSSA TOURE
Pour Moussa Touré, la solution passe par une réforme en profondeur du secteur. Il propose l’organisation d’assises nationales du cinéma, réunissant à la fois les anciennes et les jeunes générations de cinéastes. « Le cinéma n’est pas juste pour les vieux ou pour les jeunes, c’est pour tout le monde », insiste-til. Selon lui, il est essentiel de créer un dialogue intergénérationnel pour redonner au cinéma sénégalais sa vitalité.
Touré plaide également pour une plus grande implication des cinéastes dans les instances décisionnelles, comme le Fonds de Promotion de l’Industrie Cinématographique et Audiovisuelle (FOPICA). « Le FOPICA n’a jamais voulu impliquer les cinéastes », déplore-t-il. Il estime que les cinéastes, en tant que professionnels du secteur, devraient être au cœur des décisions concernant la production et la distribution des films.
Enfin, Moussa Touré suggère la création d’un centre cinématographique qui permettrait aux cinéastes d’avoir accès à des ressources techniques et financières pour réaliser leurs projets. « Un centre cinématographique permettrait d’avoir un minimum d’argent pour faire un film », explique-t-il. Il insiste sur le fait que ce centre doit être géré par des cinéastes, et non par des administrateurs qui ne comprennent pas les réalités du métier. Moussa Touré reste optimiste quant à l’avenir du cinéma sénégalais, mais il estime que des changements structurels sont nécessaires pour retrouver le succès des années passées. « Il faut se mettre ensemble, tous se mettre ensemble », conclut-il. Pour lui, le cinéma sénégalais a encore beaucoup à offrir, à condition que les acteurs du secteur travaillent main dans la main pour surmonter les défis actuels.
LA CENA DONNE DES PISTES
La Commission électorale nationale autonome (CENA) invite l’Etat et la classe politique à apporter des correctifs au processus électoral afin de renforcer la vitalité du modèle démocratique sénégalais.
La Commission électorale nationale autonome (CENA) invite l’Etat et la classe politique à apporter des correctifs au processus électoral afin de renforcer la vitalité du modèle démocratique sénégalais. Dans son rapport sur les dernières élections législatives rendu public hier, vendredi 14 mars, elle appelle ainsi à réfléchir sur la rationalisation des partis, vu la faiblesse de leur représentativité, et recommande à la DGE (Direction générale des élections) de dématérialiser le dépôt des dossiers de candidatures pour les élections.
Le rapport de la Commission électorale nationale autonome (CENA) sur les dernières élections législatives qui a été rendu public hier, vendredi, est fort de quelques enseignements majeurs sur le processus électoral sénégalais. A l’issue de son audit, l’organe de contrôle et de supervision des élections a jugé « très faible » la représentation de la plupart des 41 partis ou coalitions de partis ayant participé aux joutes législatives de novembre dernier.
Aussi considère-t-elle qu’il urge, à la lumière des résultats, de travailler à leur rationalisation, pour juguler les « effets pervers » de la pléthore des candidatures sur la vitalité démocratique et la dépense publique. « À l’issue du scrutin, note-t-elle dans son rapport, la liste Pastef, dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko, a obtenu cent-trente (130) sièges sur centsoixante-cinq (165) sièges. La liste gagnante est suivie par les listes Takku Wallu Senegaal (16 sièges), Jàmm Ak Njariñ (7 sièges) et Sàmm Sa Kaddu (3 sièges)… Seules deux listes ont atteint au moins 10% des suffrages exprimés, seules cinq listes ont atteint au moins 1% des suffrages exprimés sur les quarante-et-une (41) listes qui ont concouru ».
L’organe en charge de la supervision et du contrôle du processus électoral en conclut que la représentativité de la plupart des partis et coalitions concernés est très faible, avant de pointer « deux principaux effets pervers ». « Le trop grand nombre de partis politiques et de candidats aux élections rend de fait inaudible les principales offres politiques et ne milite pas à̀l’approfondissement des débats sur les problèmes économiques, sociaux ou environnementaux qui interpellent les populations. Le raccourci et la recherche du retentissement médiatique immédiat deviennent les stratégies les plus utilisées », avance d’abord la CENA. Avant d’indexer ensuite le volet relatif à l’efficacité de la dépense publique, en déplorant le coût onéreux du scrutin du 17 novembre dernier. Qui plus est, note la CENA, « le refus, par la majorité́ des candidats, de l’utilisation des bulletins àformat réduit, a empêché́l’État de faire une économie de huit (8) milliards de francs ». Pour y remédier, « il apparait urgent, dit la CENA, de réunir les parties prenantes sur la rationalisation des partis politiques et des candidatures aux élections pour une expression démocratique plus dynamique », précisant qu’à la date du 26 mai 2023, il a été dénombré 339 partis politiques au Sénégal.
DEMATERIALISER LE DEPOT DES DOSSIERS DE CANDIDATURES
Dans son rapport, la Commission électorale nationale autonome (CENA) préconise également la dématérialisation du dépôt des dossiers de candidatures au moyen d’une plateforme sécurisée et dans les délais légaux. Selon l’organe de supervision et de contrôle, une telle procédure « permettrait de gagner en efficacité et en transparence dans l’examen de la recevabilité des candidatures ».
Et d’arguer : « Les dossiers physiques seront ensuite déposés dans l’ordre du tirage au sort suivant un chronogramme défini et en multipliant les guichets ».
Selon l’organe de contrôle et de supervision des élections, une telle innovation pourrait permettre de dépasser les couacs notés au niveau de la commission instituée au sein de la Direction générale des élections pour réceptionner les dossiers de candidatures aux différentes élections. Ce qui donne souvent lieu à des perturbations dans le bon déroulement des travaux de réception, d’enregistrement de la notification des noms des coalitions de partis politiques légalement constitués ou d’entités regroupant des personnes indépendantes.
Par Baba DIOP
NDAMARASS
Ton’s est addict de Ndamarass. Il est accro. Tata a fait le tour de tous les garabou garabou pour le sortir de cet état de fait.
Ton’s est addict de Ndamarass. Il est accro. Tata a fait le tour de tous les garabou garabou pour le sortir de cet état de fait. Tata avait aussi visité les profondeurs de la Casamance, et de celles du Sénégal Oriental à la recherche du superchampion dans l’art de terrasser les démons. Ton’s avait bu des cocktails parfois sucrés, parfois amers à tordre les boyaux. Mais rien n’y faisait. Si Tata avait fait le tour de tous ces gens qui pactisent avec le diable, c’était qu’elle en avait marre des souris qui comme Ton’s ne crachaient pas sur le ndamarass. Et Ton’s en semait partout. Comme peuvent l’être tous les addicts, Ton’s achetait par dizaines les sachets de ndamarass chez son fournisseur sous le pont de l’avenue Cheikh Anta Diop. Et par crainte d’en manquer, en planquait dans l’armoire de Tata, sous le lit conjugal, dans les commodes, dans les placards de la cuisine, de ceux des toilettes, dans ses poches droites, gauches et même dans son makhtuma.
La lavandière qui avait en charge le linge de Ton’s voyait dans sa grande bassine flotter des miettes de ndamarass. La belle âme qui s’occupait du repassage de Ton’s a failli un jour repasser les restes d’un sachet de ndamarass dans la poche du grand boubou de Ton’s. Hier en quittant la mosquée après la prière du vendredi, Ton’s introduisit sa main dans la poche à la recherche de son chapelet. Sa main empoigna un sachet de ndamarass, et comme la rue était déserte, Tons enfourna une pelletée dans la bouche et l’enfant qui le suivait de lui dire « Pa woorulo » et Tons de répliquer « Sakhamé gouma »
Par Boubacar KHOUMA
NEW DEAL TECHNOLOGIQUE, LE CHALLENGE DU JUBANTI
Le New Deal Technologique a ressuscité nos rêves d’antan d’une administration publique digitalisée au Sénégal. La digitalisation des procédures (process) peut être considérée comme l’élément moteur de la stratégie
Le New Deal Technologique (NDT) a ressuscité nos rêves d’antan d’une administration publique digitalisée au Sénégal. Au-delà des effets d’annonce avec les formulations digitales qui sont en vogue, il est important de prendre en considération l’historique de l’écosystème, au risque de restreindre cette dynamique à un rattrapage d’un déficit d’investissement dans la perspective d’une transformation digitale de toute la société sénégalaise.
La digitalisation des procédures (process) peut être considérée comme l’élément moteur de la stratégie. Celle-ci doit aussi jouer un rôle important d’entraînement dans la consommation populaire de l’IA (Intelligence Artificielle). Le New Deal doit aussi jouer un rôle d’impulsion du secteur privé, pour créer des champions sectoriels d’envergure continentale dans la digitalisation des administrations publiques. C’est la bonne animation de ce trépied qui fera le succès de ce New Deal. New Deal parce qu’il y a eu effectivement des anciens Deals technologiques. D’abord par l’émergence en 2004 de l’ADIE (Agence De l’Informatique de l’Etat), ensuite qui a été remplacée en 2021 par Sénégal Numérique, sans oublier la création de l’ARTP en 2011. Sans revenir dans le détail des missions de chacune de ces entités. Globalement elles ont été présentées avec le mirage d’amener l’efficacité dans l’administration publique par une appropriation des nouvelles technologies pour utiliser le jargon d’antan ou, pour faire moderne, de transformer digitalement l’Etat et d’amener la connectivité à toutes et partout. S’il faut un nouveau Deal, pourquoi les Deals antérieurs n’ont pas atteint leurs objectifs ?
En 2001, nous avons eu le privilège de piloter le premier programme e-gov du Sénégal ou e-Sénégal. C’était un programme en « fast track » qui bénéficiait des reliquats de financement de la Banque Mondiale sur le bug de l’an 2000. Il fallait sur une durée d’une année environ procéder à l’ensemble des décaissements. Nous avions mis en place une stratégie pour poser les fondations d’une administration numérique par la fourniture des services de bases bureautiques aux administrations centrales et l’infrastructure pour soutenir les futures digitalisations des procédures administratives. Une grande partie des infrastructures prévues ont été mises en place mais il n’y a pas eu de résultat sur la digitalisation des procédures. Pourquoi ? Principalement parce qu’à la fin du programme, l’entité bénéficiaire s’était recentrée presque exclusivement sur la partie infrastructure. Ce n’est pas nouveau, les projets informatiques pour un grand nombre, n’aboutissent à rien de tangible et ceci à l’échelle mondiale. Dans l’administration publique sénégalaise, on est dans l’exception pour les projets de transformation digitale qui ont eu des résultats à la hauteur des objectifs ciblés. Ceci impacte négativement le développement de la transformation digitale de l’administration et par extension de tout l’écosystème digital du pays notamment les sociétés “informatiques”. L’Etat étant le plus grand client du secteur privé. Depuis longtemps, la digitalisation de l’administration publique sénégalaise était essentiellement localisée au niveau du ministère des Finances et dans une moindre mesure au ministère de l’Intérieur. En écoutant il y a quelques jours, le ministre des Finances lister les solutions quant aux manquements sur les dettes de l’Etat et le besoin d’amélioration de la gestion des finances publiques, j’ai cru revenir 20 ans en arrière. En 2005, un diagnostic avait été fait sur le déficit d’interfaçage entre les trois régies financières (Douanes, Impôts et Comptabilité) et le problème de conciliation des chiffres entre leurs systèmes respectifs.
J’ai le même ressentiment lorsque j’entends le besoin de transparence dans le foncier également. Il faut se rappeler que l’un des premiers projets informatiques dans l’administration a été sur le cadastre fiscal. C’était avant les années 1990. Tout le déploiement avait été fait en termes de matériels et de logiciels. Toutefois le système n’a jamais fonctionné. La digitalisation du foncier est un cas d’école, vu la multitude de projets qui se sont attaqués à cette problématique et les dizaines (voire centaines) de milliards de francs CFA qui se sont dissipés dans le sable du foncier.
Je pourrais en citer encore pour donner une idée des montants importants qui ont été investis en vain dans cette problématique de digitalisation dans l’administration publique. Ceci pour dire que le problème est loin d’être une absence de mobilisation de ressources. L’un des commentaires lors de la cérémonie de présentation du New Deal, m’a conforté dans cette certitude. Il faisait état plus ou moins d’un investissement à l’emporte-pièce dans le Sénégal Numérique.
DIGITALISATION
Le système Gaïndé de la Douane sort un peu du lot dans ce tableau figé. Nous avons eu à piloter le premier projet de modernisation de ce système vers les années 2002. Sa grande particularité était son orientation à valoriser pleinement l’expertise privée locale. Ainsi, au-delà d’avoir été un précurseur dans l’utilisation de méthodes de développement d’avantgarde en ce temps, il a été un tremplin pour un certain nombre de sociétés informatiques dans leurs expansions dans la région sub-saharienne. Elles ont pu capitaliser leurs expériences dans ce projet d’envergure. Comme dans tous les secteurs, la commande publique est un levier essentiel pour faire des champions en termes de savoir-faire exportables. Pourtant c’est un système qui est né au forceps à cause des grandes résistances à son déploiement. Ce système ne serait peut-être pas arrivé à ce “succès”, si son Directeur Général de l’époque, n’avait pas usé de toute sa poigne pour imposer sa mise en service, au risque de bloquer tout le cordon douanier. Ce procédé d’implémentation au forceps est courant dans la mise en production des systèmes informatiques des administrations publiques et généralement sous le diktat des bailleurs de fonds ou bien parce que l’on est dos au mur. Si la pression n’est pas là, ça échoue généralement à « Terou Baye sogui ».
L’expérience que l’on peut tirer de tout ce gâchis est que sans une volonté ferme de Jubanti au plus haut niveau, à la limite du « quoi qu’il en coûte », le New Deal Technologique rejoindra les anciens Deals, quelle que soit l’ingéniosité des sommités qui le pilotent. Ceci pour trois raisons fondamentalement :
• On apprend très vite dans les administrations que l’information donne le pouvoir. La digitalisation qui pourrait libérer les informations des tiroirs menacent les intérêts d’un grand nombre. Les tranchées se creusent rapidement.
• Les esprits corrompus ne s’intéressent qu’aux moyens de décaissement rapides et d’envergures. L’implémentation des infrastructures est de loin plus favorable à ce type de scénario.
• Les projets doivent être orientés à la production de contenus par la digitalisation des procédures administratives dans leurs cycles de vie. Et non dans l’implémentation d'infrastructures qui pourront servir plus tard à une production de contenus hypothétiques.
D’où l’importance d’une stratégie « content driven* » et non « infrastructure driven ». Je suis arrivé à être un peu jusqu’au-boutiste : marre de voir des infrastructures informatiques (Datacenter, Backbone Telecom, …) flambant neuf mais qui roulent à vide en direction des cimetières. Ce dernier point n’est pas une exclusivité sénégalaise mais un problème de fond dans l’optimisation des investissements informatiques presque à l’échelle mondiale*. La digitalisation des procédures administratives publiques a des exigences sans commune mesure avec l’implémentation d’une infrastructure. Elle est essentiellement tributaire de la capacité à conduire des changements en profondeur dans les entités publiques. D’aucuns peuvent se permettre de surdimensionner, sans un regard dans le porte-monnaie. Mais un pays pauvre ou émergent pour certains, où des enfants passent la nuit avec la faim, des femmes accouchent aux cimetières et des malades capitulent sous la douleur, il faut être sans cœur pour gaspiller un centime du bien public.
Dans un pays, où tout est urgent, la rentabilisation des investissements est fondamentale. C’est pourquoi, il faudrait savoir raison garder sur la marée de l’Intelligence Artificielle (IA). Effectivement, c’est une grande opportunité pour l’Afrique en termes de raccourci ou Quick-win. Cependant il faut savoir jouer dans sa catégorie en attendant mieux. Il n’est pas possible de rivaliser même dans le moyen terme avec les ténors dans ce domaine.
Des mastodontes en digitalisation comme l’Inde sont plus ou moins largués dans cette mouvance. Mais ceci n’empêche aucunement de pouvoir comme consommateur l’exploiter autant que les grands et se préparer à prendre notre part dans les versions 10 ou 11 de l’IA. Ça ne tient qu’à une chose : rendre les langages de codage informatique populaire, pour tous et partout. Il faudrait donc revisiter le contenu pédagogique des collèges et des lycées, pour arriver à capter la conscience jeune au détriment du football et du lamb. D’autant que l’impact de l’IA dans le système éducatif sera assez violent. L’exemple type est l’apprentissage des langues.
LANGAGE DU FUTUR
J’ai entendu récemment le Ministre de l’Education Nationale prêcher pour l’introduction de l’anglais dans les cursus élémentaires. Une perspective à moyen terme de l'IA est de permettre de lire et discuter dans n’importe quelle langue. Je parlerai français et mon interlocuteur chinois m’entendra dans sa langue. Je parcourrai des textes en allemand pour les lire en français. Le concept du bilinguisme sera « has been » ainsi que d’autres fondements du contenu éducatif actuel. D'où la nécessité d’un changement de paradigme avant qu’il ne soit trop tard. La base infrastructurelle existante permet d’initier la digitalisation de l’administration publique. Il s'y ajoute que les concepts d’infrastructures élastiques permettent d’arrimer son expansion à la montée en charge des applications, pour contourner les investissements en avance de phase. Il faudrait donc lancer en priorité les grands chantiers de facilitation des procédures des administrations publiques et adapter l’infrastructure en fonction de la progression du premier.
L’effet moteur du bouillonnement de la digitalisation, doit aussi favoriser l’émergence d’entreprises championnes dans un des secteurs clés des domaines publics que sont : les finances, la santé, la gestion des identités, l’agriculture, l’environnement, etc. L’administration publique en termes d’envergure peut offrir le cadre idéal pour amener à maturité le savoir-faire technique des plus entreprenants.
In fine, dans le New Deal technologique, le challenge n’est pas technique. La condition nécessaire à son succès est d’abord la volonté et la fermeté de ses sponsors, au plus haut niveau de l’Etat, d’imposer le cap dans le cadre maîtrisé d’une conduite du changement, en perspective d’une transformation de la structure publique en profondeur. Le challenge sera principalement la capacité à organiser et accompagner les sociétés informatiques locales dans l’implémentation de projets d’envergures nationales. Il y en a qui ont la capacité technique mais à cette échelle il faut avoir une expérience dans l’organisation du détail des détails. Il faudrait qu’à mi-parcours on puisse percevoir entre autres les champions dans la digitalisation de l’écosystème santé, l’écosystème de l’état-civil étendu, l’écosystème de la justice, l’écosystème des finances publiques, etc.
Enfin, l'appropriation des nouvelles technologies par la masse populaire, notamment l’IA, sera un tournant dans la capacité de notre pays à se faire une place dans le monde de demain. Ça nécessite un changement de paradigme total dans le cursus académique. Il faut savoir parler le langage du futur au risque de rester dans les tribunes.
*Sujet traité plus en détail dans mon ouvrage « Une gouvernance informatique disruptive »
MULTIPLE PHOTOS
LES UNES DE LA PRESSE DE CE WEEK-END
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien,
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien,
LES IMPORTATIONS FRANCHISSENT LES 799,7 MILLIARDS DE FCFA EN JANVIER 2025
Cette hausse est portée par l’augmentation des achats d’huiles brutes de pétrole, de matières plastiques artificielles et d’autres produits stratégiques.
Le Sénégal a enregistré une hausse de 10,7 % de ses importations au mois de janvier 2025, atteignant un montant total de 799,7 milliards de FCFA, contre 722,4 milliards de FCFA en décembre 2024. Ces chiffres sont issus du bulletin mensuel de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD).
Cette progression est principalement due à l’augmentation des importations de plusieurs produits stratégiques. En effet, les achats d’huiles brutes de pétrole se sont chiffrés à 49,7 milliards de FCFA en janvier, alors qu’aucune importation de ce produit n’avait été enregistrée en décembre. Les matières plastiques artificielles ont également connu une hausse, passant de 21,3 milliards de FCFA en décembre à 38,1 milliards de FCFA en janvier. De même, les importations des autres produits pétroliers se sont établies à 118,5 milliards de FCFA, contre 106,1 milliards de FCFA le mois précédent.
D’autres catégories de produits ont également contribué à cette augmentation, notamment les métaux communs, dont les importations ont atteint 24,1 milliards de FCFA en janvier contre 12,9 milliards de FCFA en décembre, ainsi que les autres matériels de transport, qui se sont élevés à 177,7 milliards de FCFA, contre 169,8 milliards de FCFA le mois précédent.
Toutefois, cette hausse des importations a été en partie atténuée par la baisse de certains produits, notamment les autres véhicules terrestres, dont les importations ont diminué à 25,6 milliards de FCFA en janvier contre 34,6 milliards de FCFA en décembre. De même, les achats des autres machines et appareils ont reculé, passant de 63,4 milliards de FCFA à 56,4 milliards de FCFA, tout comme ceux des machines et appareils pour autres industries, qui sont passés de 18,7 milliards de FCFA à 13,0 milliards de FCFA.
Sur une base annuelle, les importations du Sénégal ont enregistré une progression significative de 31,8 % par rapport à janvier 2024.
Les principaux produits importés en janvier 2025 comprennent les autres matériels de transport, les produits pétroliers, les huiles brutes de pétrole et les machines et appareils divers. Les principaux partenaires commerciaux du Sénégal au cours de cette période sont Singapour (12,2 %), l’Inde (11,2 %), la Chine (9,9 %), la France (9,9 %) et le Nigéria (6,2 %).
PAR SIDY DIOP
UNE DÉMOCRATIE À UNE MAMELLE
On nous avait vendu la démocratie sénégalaise comme un arbre pluricentenaire. Solide, enracinée, impossible à déraciner. Un modèle. Un exemple à brandir sur le continent. Mais voilà qu’elle semble penchée, asymétrique, déséquilibrée, faute de branches...
On nous avait vendu la démocratie sénégalaise comme un arbre pluricentenaire. Solide, enracinée, impossible à déraciner. Un modèle. Un exemple à brandir sur le continent. Mais voilà qu’elle semble penchée, asymétrique, déséquilibrée, faute de branches vigoureuses pour soutenir la cime. Depuis que Sonko et Diomaye ont raflé la mise, l’opposition ressemble à un champ de mil après la saison sèche. On cherche du vert, on ne trouve que de la poussière. On en arrive à se poser des questions qu’on croyait réservées aux vieilles républiques fatiguées : peut-on vivre avec un pouvoir sans opposition ? Peut-on se contenter d’une démocratie à une seule mamelle, quand l’autre est aussi sèche qu’un marigot en avril ? Officiellement, l’opposition existe toujours. Thierno Alassane Sall s’agite, Abdou Mbow s’époumone, Mansour Faye rédige des tribunes – un peu comme ces gladiateurs qui combattent dans une arène vide, devant un public qui bâille. Mais une opposition qui n’effraie personne, qui ne mobilise pas, qui ne fait trembler aucun ministre, est-ce encore une opposition ? Ce qui frappe, c’est l’étrange torpeur.
D’habitude, au Sénégal, les opposants ne restent pas silencieux bien longtemps. Ils prennent la rue, investissent les radios, enflamment les plateaux télé. Depuis l’indépendance, chaque régime a eu son lot de contestataires acharnés, déterminés à faire tomber le pouvoir en place. Il y a eu les bras de fer avec Senghor, les révoltes contre Abdou Diouf, les colères qui ont emporté Wade, la tempête qui a balayé Macky. À chaque époque, une opposition s’était levée, bruyante, féroce, prête à en découdre. Aujourd’hui, rien. Une inertie pesante. On attend que quelqu’un ose s’affirmer, mais personne ne se lève. Il faut dire que l’opposition sort de douze années de Macky Sall complètement laminée. L’ancien président avait su user de tous les leviers pour affaiblir ses adversaires : emprisonnements, dissolutions, restrictions administratives, coups de pression judiciaires. Les survivants de cette ère n’en sont pas sortis indemnes. Certains ont rallié le camp présidentiel au fil des ans, d’autres ont fini par jeter l’éponge. Le reste a été absorbé par la machine Sonko
. L’homme a capté toutes les colères, incarné toutes les frustrations. Il a fait exploser l’ancien système, ne laissant derrière lui qu’un champ de ruines politiques. Sonko, c’est un peu comme un raz-de-marée : après son passage, on retrouve les meubles dispersés, les murs fragilisés et plus grand-chose debout. Son ascension fulgurante n’a laissé aucun espace à une opposition digne de ce nom. Difficile, aujourd’hui, d’incarner une alternative crédible face à un pouvoir qui lui-même se présente comme la rupture. Quand tout un régime est porté par un récit révolutionnaire, que reste-t-il à ceux qui voudraient contester ? Les anciens barons du Pds ruminent leur déclin, coincés entre la nostalgie de leurs années de gloire et l’impossibilité de se réinventer. Les rescapés de Macky Sall font de la figuration, tentant vaguement d’exister sans vraiment convaincre. On dirait que tout le monde a peur de se frotter au nouveau pouvoir, comme si Ousmane Sonko avait coupé l’électricité sur le ring avant de s’asseoir seul sur le trône. Il y a bien quelques velléités ici et là.
Thierno Alassane Sall tente de jouer les francs-tireurs, mais il reste isolé. D’autres murmurent, critiquent à demi-mot, mais sans jamais franchir le pas d’une véritable opposition frontale. Il faut dire que la popularité de Sonko reste un rempart difficile à franchir. S’attaquer au pouvoir aujourd’hui, c’est risquer d’être accusé de vouloir saboter l’« espoir du peuple ». La marge de manœuvre est étroite. Pourtant, une démocratie sans opposition, c’est un corps politique déséquilibré, un débat public qui tourne en rond. Le rôle d’une opposition n’est pas seulement de contester, mais aussi de proposer, de structurer un contre-pouvoir, de garantir que le gouvernement en place ne sombre pas dans l’auto-satisfaction et l’entre-soi. Une opposition forte oblige le pouvoir à être meilleur, à se justifier, à ajuster ses décisions. Sans adversaire politique digne de ce nom, le pouvoir peut s’endormir sur ses lauriers. Or, l’histoire l’a prouvé : les régimes sans opposition institutionnelle ne se renforcent pas, ils pourrissent de l’intérieur. Quand l’opposition officielle est trop faible, c’est la rue qui prend le relais. Et la rue, au Sénégal, a toujours su se faire entendre.
PAR MOUSSA DIOP
FUITES OU EXILS, QUAND L’HISTOIRE JUGE LES DÉPARTS
L’ancien ministre Mansour Faye a été retenu à l’Aibd alors qu’il prévoyait de se rendre à l’étranger. Les spéculations n’ont pas manqué sur les véritables raisons de ce voyage avorté, que certains soupçonnaient d’être une fuite déguisée ou un exil assumé
Partira ! Partira pas. L’ancien ministre Mansour Faye a été retenu à l’Aibd alors qu’il prévoyait de se rendre à l’étranger. Les spéculations n’ont pas manqué sur les véritables raisons de ce voyage avorté, que certains soupçonnaient d’être une fuite déguisée ou un exil assumé. Entre la fuite et l’exil, certains choisissent la première, d’autres forcément le second. Et l’histoire ne leur rend pas hommage de la même façon. Dans la fuite, il y a un leitmotiv plus personnel, renforcé par un accent prononcé d’intérêt crypto-autocentré. L’exil, en revanche, fait plutôt référence à la terre promise du réfugié. Ce fut le cas de Majhmout Diop (1922 – 2007), l’un des pères de la gauche sénégalaise. En 1962-1963, le Parti africain de l’indépendance (Pai), contraint à la clandestinité après sa dissolution et son interdiction décidée par Mamadou Dia, s’interroge sur un rapprochement avec l’opposition légale de l’époque, constituée du Bloc des masses sénégalaises (Bms) et du Parti du regroupement africain (Pra), dirigés respectivement par Abdoulaye Ly et Amadou Mahtar M’Bow.
Majhmout Diop, son fondateur, choisit le chemin de l’exil et se réfugie au Mali. Nous sommes alors dans le contexte bien marqué par la fin de la Fédération du Mali. « En tant qu’entité territoriale, elle n’existe plus. Nous restons mobilisés pour l’idée de la Fédération qui, malgré tout, demeure une semence virile de l’unité africaine », promet Modibo Keïta, devenu chef de l’État de la toute nouvelle République du Mali. Exilé auprès de son « frère », Majhmout Diop forme un duo avec Modibo Keïta opposé à celui Mamadou Dia-Léopold Sédar Senghor : le premier était responsable de la dissolution du Pai, tandis que le second était à l’origine de la fin de la Fédération du Mali. Pourtant, le retour de Majhmout Diop au Sénégal coïncide avec une nette amélioration de ses relations avec Senghor. Docteur en pharmacie, il obtient finalement un récépissé pour l’ouverture de sa pharmacie au Plateau. Un tournant que certains membres de la gauche, sous influence asiatique, lui reprochent sévèrement. Ils accusent alors Majhmout Diop et son parti d’avoir trahi la révolution mondiale en s’alignant sur Moscou, au lieu de suivre l’orthodoxie maoïste.
Parmi ces détracteurs figurent Moustapha Diallo, ancien dirigeant de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf), et l’avocat Babacar Niang, plus connu sous le nom de Mbaye Niang. Tous deux, après avoir quitté le Pai, deviendront une décennie plus tard des membres fondateurs du Rassemblement national démocratique (Rnd) aux côtés de Cheikh Anta Diop. Depuis ces épisodes, l’exil au Mali, pour un homme politique sénégalais, était devenu presque obsolète après les cinq premières années de l’indépendance. Pourtant, il est revenu à la mode, comme un fashion vintage, un soir d’août 2023. Ce fut le cas de Ngagne Demba Touré, coordonnateur national de la Jeunesse patriotique sénégalaise (Jps), la branche jeune du Pastef, qui choisit lui aussi le Mali comme terre d’exil.
« Face à un État qui a délibérément institutionnalisé la terreur, j’ai pris la décision infaillible de résister par tous les moyens. Face à une justice qui s’est transformée en bras armé du pouvoir tyrannique de Macky Sall, j’ai décidé de quitter le Sénégal. Devant l’immensité des responsabilités qui m’attendent dans cette lutte qui s’annonce de longue haleine, j’ai pris l’option de ne pas me livrer à l’ennemi. Pour la pérennité des idéaux patriotiques qui nous unissent, je suis contraint à l’exil », écrit-il sur sa page Facebook, le 17 avril 2023. À la faveur de la victoire du Pastef à la présidentielle du 24 mars 2024, Ngagne Demba Touré fait son retour au Sénégal, porté par l’enthousiasme général qui accompagne l’accession au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye.
Ainsi, il marche sur les pas d’un autre célèbre exilé politique de la Rome antique : Cicéron. En 58 av. J.-C., ce dernier est banni par une loi de Clodius, et ses biens sont pillés. Après 17 mois, une nouvelle loi lui permet de revenir en 57 av. J.-C. Accueilli en triomphe, il retrouve son poste au Sénat. À travers ses écrits, Cicéron met en scène son exil, le liant à l’histoire et construisant une image de lui-même grâce à des stratégies rhétoriques et philosophiques. Près d’un siècle plus tard, Sénèque, un autre romain, est exilé par l’empereur Claude entre 41 et 49 apr. J.-C. Le célèbre penseur restera, toute sa vie, obsédé par le désir de retrouver Rome. Avec la dernière séquence de l’actualité sénégalaise, le proverbe arabe n’a jamais été aussi pertinent : « L’exil avec la richesse, c’est une patrie. La pauvreté chez soi, c’est un exil. »