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5 avril 2025
ABDOUL MBAYE APPELLE À UNE ABROGATION DE LA LOI D’AMNISTIE
«Parlons simple : quand on annonce être contre une loi on l’abroge dès qu’on en a le pouvoir.» C’est là, l’opinion de l'ancien Premier ministre sur le débat qui entoure la volonté de Pastef, de faire adopter une loi interprétative de la loi d’amnistie.
iGFM - (Dakar) La proposition de loi du député Amadou Bâ, sur la loi d’Amnistie, fait couler de la salive. Abdoul Mbaye, le leader de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail a donné son opinion sur le débat.
«Parlons simple : quand on annonce être contre une loi on l’abroge dès qu’on en a le pouvoir.» C’est là, l’opinion de Abdoul Mbaye sur le débat qui entoure la volonté de Pastef, de faire adopter une loi interprétative de la loi d’Amnistie. Ce, en lieu et place d’une abrogation pure et simple de la loi de 2024. «La maintenir en facilitant son interprétation cela signifie que l’on y tient», déclare l’ancien premier ministre.
Abdoul Mbaye a donc lancé un message aux nouveaux gouvernants, non sans leur prodiguer un conseil sur la procédure : «Abrogez donc la loi d’amnistie de 2024 et votez-en une autre prenant en compte vos nouveaux objectifs. Et ce sera plus clair pour tout le monde. Et ne pas oublier de se faire conseiller pour la nouvelle loi par la Cour Suprême et le Conseil constitutionnel, bref par de vrais sachants des grands principes du droit et de la justice.»
THIAROYE 44, DECONSTRUCTION ET RECONSTRUCTION MEMORIELLES DES ARTS
La déconstruction du discours colonial mensonger sur les évènements de Thiaroye 44 est l’œuvre des littéraires.
La série de panels sur la commémoration du 80e anniversaire du massacre de tirailleurs sénégalais s’est tenue, le samedi 15 mars, au musée des Civilisations noires, une conférence autour du thème : «Thiaroye 44 : Représentations littéraires et (dé)constructions mémorielles». des universitaires et journalistes ont démontré l’apport de la littérature et la création artistique dans la déconstruction du discours colonial et la reconstruction de notre propre discours à partir de la fiction, de l’imaginaire.
La déconstruction du discours colonial mensonger sur les évènements de Thiaroye 44 est l’œuvre des littéraires. La création artistique et les ouvrages ont aussi permis de reconstruire des pans d’histoire et de construire une mémoire collective sur la question. Pr Ibrahima Wane indique que l’intérêt de la réflexion autour de la littérature, c’est qu’il s’agit de la question de la recréation. Comment les faits sont perçus ? Comment ils sont retravaillés par l’imagination créatrice ? Comment ils sont transmis ? Comment ils constituent la mémoire, donc le rôle de la création dans la construction de la mémoire ? D’autant que la particularité de la littérature et des arts, c’est de travailler à partir du langage, de retravailler des faits avec l’émotion. Ce qui est, à son avis, important puisqu'il s’agit de massacre, d’une tragédie. Il s’agit, en outre, d’élever un panthéon à la mémoire de disparus dans des conditions tragiques. C’est en cela que la littérature est un travail beaucoup plus efficace que d’autres langages puisqu'elle utilise la réalité historique et l’imaginaire, dit-il. Il s’agit, également, de savoir comment nommer efficacement les choses. Quand on parle de littérature, on pense à la fiction alors qu’elle s’inspire de l’histoire et de la réalité sociale. A travers les œuvres d’art, on peut reconstituer plusieurs pans de l’histoire parce que c’est souvent une mise en scène, une codification de choses réelles, signale Pr Wane. Donc, on ne peut pas étudier l’histoire en excluant la littérature. D’autant que la littérature a pour matière l’histoire et l’histoire doit faire de la littérature une matière importante. Pour lui, il est important que les œuvres sur la question soient diffusées à l’école et traduites dans les langues locales et faire en sorte que la peinture populaire trouve des moments et des lieux de rencontre avec le public. Il pense qu’il faut usiter de toutes les expressions en multipliant et exploitant leurs diversités puisque chacune a son langage, son pouvoir et son public.
Modéré par Pr Ibrahima Wane, le panel, dans le cadre de la commémoration des 80 ans du massacre, était animé par Pr Ibrahima Diagne, département de langues et civilisations germaniques et de Dr Alioune Diaw, département de Lettres modernes de l’UCAD et le journaliste et écrivain Pape Samba Kane. Pour lui, il s’est agi d’exprimer sa propre relation en tant que gamin avec cette histoire de Thiaroye 44, à partir des rumeurs du village avec des versions extrêmement différentes, contradictoires. Il a, dit-il, appris tout à l’école primaire sauf une histoire qui le touche de près. Né à 12 km du théâtre du massacre du 1er décembre 1944, il savait plus des figures historiques comme Charlemagne, Jeanne d’Arc... que de ce qui s’est passé à Thiaroye. Il a ainsi démontré ce rapport de bourrage de crâne et de tentative de «nous vider de notre propre histoire». Le journaliste a insisté sur le fait que c'est une entreprise vaine. Dans la mesure où la façon dont les tirailleurs sont morts donne un devoir à ceux qui leur ont survécu et qui ont une relation parentale, idéologique de proximité... de perpétuer leur mémoire. Ce qui, ailleurs, se fait dans du marbre, du bronze et de l’acier
Pape Samba Kane, lui, souhaite que cela se fasse autrement, «par notre propre chair, par notre imaginaire en construisant quelque chose.» A l’en croire, l’approche est plus efficace par la fiction notamment les romans, les films...qui impriment dans notre imaginaire les émotions nécessaires à nous faire conserver cela plutôt que les études scientifiques qui ont, certes, leur importance. Seulement, pour ancrer dans la chair la douleur des soldats, c’est, à son avis, la création artistique qui est plus efficace. Sur la question du caractère fictionnel des créations artistiques, le journaliste rétorque. «Il n’y a pas de création artistique qui se situe en dehors de la réalité, si elle ne se nourrit pas de la réalité, elle parle à la réalité. La réalité et la fiction sont liées. Ceux qui font la création sont réels et le public destinataire est aussi la représentation d’une réalité. Le rapport réalité fiction est, dit-il, difficile à diviser, ils se confondent.» Il déplore le manque de roman écrit à partir de cette triste réalité, d’autant qu’il y a des poèmes, des pièces de théâtre, des films... Et prône d’usiter les nouvelles technologies pour rendre accessibles des aspects de la question sur des supports vidéo, documentaires, discussions.
LA LITTERATURE, IMPLANT MEMORIEL
Pr Ibrahima Diagne s’est penché sur la fonction de la littérature à suppléer l’histoire quand il y a un vide, notamment le nombre de tirailleurs massacrés, les lieux d’inhumation, ainsi que les motifs du massacre... Le pouvoir de la littérature, indique le chercheur, c’est de donner une représentation des faits permettant à la mémoire d’avoir une prise sur l’histoire. Pour ce faire, PrDiagne use de la métaphore de la littérature «implant mémoriel». La littérature comble le vide. Ce qui permet de donner corps aux souvenirs et de pouvoir continuer à perpétuer la mémoire des tirailleurs sénégalais. La littérature a, dit-il, ce pouvoir de construire et déconstruire des imaginaires. Celui qui entoure le récit de Thiaroye d’un point de vue français est ethnocentrique. C’est elle qui a mis au goût du jour des faits historiques, et à déconstruire le discours français sur la question pour construire un discours tout à fait sénégalais qui démonte le tissu de mensonges sur le massacre, a signalé Pr Diagne. Le critique littéraire pense aussi que reproduire la réalité est quasiment impossible. Pour lui, même si la littérature est un discours de subjectivité, il se nourrit d’imaginaire, donc de fiction. Mais cela n'enlève en rien le potentiel de la littérature à cerner la réalité et à en donner une lecture qui peut aller au-delà des attentes. C’est donc une fiction, représentation d’une réalité et qui ne peut pas se substituer à cette réalité. La production littéraire a ainsi contribué à construire une mémoire. Pr Alioune Diaw pour sa part a démontré comment les productions littéraires ont participé à la construction et ou à la déconstruction de la mémoire des évènements de Thiaroye 44. L’évènement est à plusieurs enjeux politiques, militaires, scientifiques, juridiques. Il a aussi suscité des créations littéraires telles que le poème Thiaroye» publié en 1948 dans Hosties noires. Il y a aussi une bande dessinée, «Mort par la France» produit par des Occidentaux. Il y a aussi la pièce de théâtre du journaliste, écrivain, «Thiaroye terre rouge» paru dans les années 80. C’est des mémoires collectives élevant les tirailleurs au rang de héros, au même titre qu’El Hadji Omar Tall...
L’importance de la fiction est reconnue de tous. Seulement, l’événement était entretenu par un tissu de mensonges par l’autorité coloniale, déplore Pr Diaw. Mensonge qui est entretenu au fil de l’histoire. L’enseignant au département de lettres modernes déplore dans la foulée le fait qu’il n’y avait pas de travail historique de déconstruction de cette contrevérité. D’autant que les historiens qui ont mené cette déconstruction du mensonge sont étrangers, Martin Mourre et Armelle Mabon. A côté du mensonge étatique de la France et l’absence de déconstruction par les historiens locaux, c’est un chant exploité par les créateurs artistiques et littéraires pour déconstruire le discours colonial et reconstruire notre propre discours. Pour diffuser ces messages, il prône les nouvelles technologies et la BD pour toucher les plus jeunes. C’est bien de réfléchir sur cette mémoire mais le travail doit permettre d’envisager le futur, souligne Pr Alioune Diaw.
FELWINE SARR DOUBLEMENT RÉCOMPENSÉ AU SALON DU LIVRE AFRICAIN DE PARIS
L’écrivain et penseur sénégalais a été couronné du Grand Prix Afrique de la nouvelle pour son recueil Le bouddhisme est né à Colobane, un ouvrage composé de sept nouvelles explorant des thèmes universels.
L’écrivain et penseur sénégalais Felwine Sarr a brillé au Salon du livre africain de Paris, décrochant deux prestigieuses distinctions. Il a été couronné du Grand Prix Afrique de la nouvelle pour son recueil « Le bouddhisme est né à Colobane », un ouvrage composé de sept nouvelles explorant des thèmes universels tels que l’amour, la vie, la mort, le détachement et la sagesse.
Mais ce n’est pas tout. À travers Jimsaan, la maison d’édition qu’il a cofondée avec Boubacar Boris Diop et Nafissatou Dia, il s’est vu attribuer le Prix Afrique de l’édition 2024, récompensant le travail d’éditeurs engagés dans la promotion de la littérature africaine.
Cette double consécration souligne l’influence grandissante des auteurs et éditeurs sénégalais sur la scène littéraire internationale. Felwine Sarr, figure incontournable du renouveau intellectuel africain, continue ainsi d’enrichir le paysage culturel et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les lettres africaines.
HAUSSE DES TAXES SUR L’ALCOOL ET LE TABAC
C’est à travers une note de service que le Directeur général de la Douane a annoncé des réformes portant hausse des taxes sur l’alcool et le tabac
La direction générale des douanes a récemment revu à la hausse les taxes appliquées aux produits du tabac et aux boissons alcoolisées. Dans une note de service, le directeur général a annoncé la mise en place de nouvelles mesures, conformes aux directives communautaires et aux lois de finances en vigueur.
C’est à travers une note de service que le Directeur général de la Douane a annoncé des réformes portant hausse des taxes sur l’alcool et le tabac. Il s’agit notamment de l’introduction d’une taxe supplémentaire sur les boissons alcoolisée et l’augmentation du droit d’accise sur le tabac importé.
En effet, en plus du droit d’accise de 50% déjà en vigueur, une taxe additionnelle s’applique désormais aux boissons alcoolisées, quel que soit leur contenant. Le calcul de cette taxe repose sur la teneur en alcool.
Pour les boissons dont le tirage en alcool est compris entre 6° et 15°, une taxe de 800 FCFA par litre devra être payée. Alors que celles dont le tirage dépasse 15° devront payer 3000 francs.
L’autre nouveauté porte sur la méthode de liquidation de cette taxe. En effet, elle n’est plus calculée sur la teneur en alcool par litre, mais sur la quantité totale de boisson alcoolisée, rendant ainsi l’imposition plus uniforme.
Pour ce qui est du tabac, le droit d’accise sur les produits du tabac importés s’élève désormais à 70%. Avec des exceptions sur les tabacs reçus en vrac, en manoques ou en feuilles/ Ils sont exonérés lorsqu’ils sont destinés à la production locale de cigares, cigarillos, cigarettes, ou de tabacs à fumer, à mâcher ou à priser. Les tabacs homogénéisés ou reconstitués, ainsi que les tabacs côtés expansés, bénéficient aussi de cette exonération lorsqu’ils sont destinés à l’industrie. Avec cette augmentation des taxes, l’État sénégalais vise un double objectif : encadrer la consommation de produits nocifs pour la santé, en rendant leur accès plus coûteux, augmenter les recettes fiscales, en renforçant la taxation sur ces produits.
SEPT MILLIARDS DÉPENSES DANS LE VENT
La Commission électorale nationale autonome (CENA) informe que 25 listes n'ont pas atteint 0.5% des suffrages exprimés lors des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024
La Commission électorale nationale autonome (CENA) vient de publier son rapport sur les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024. L’organe est ainsi revenu sur les effets pervers de la pléthore de candidatures; non sans informer que 25 listes n’ont pas atteint 0,5% des suffrages exprimés soit un montant total de sept (7) milliards de francs dépensés dans le vent.
La CENA analyse froidement les résultats du scrutin du 17 novembre 2024. Son examen montre que seules deux listes ont atteint au moins 10% des suffrages exprimés. Et que seules cinq listes ont atteint au moins 1% des suffrages exprimés sur les quarante-et-une (41) listes qui ont concouru.
A en croire toujours la CENA, la représentativité de la plupart des partis ou coalitions de partis est très faible. Non sans ajouter que la pléthore des candidatures lors des élections a principalement deux effets pervers relativement à la vitalité du débat démocratique et à l'efficacité de la dépense publique.
Le Président de la CENA, Abdoulaye Sylla et Cie soutiennent que le trop grand nombre de partis politiques et de candidats aux élections rend inaudibles les principales offres politiques et ne milite pas à l’approfondissement des débats sur les problèmes économiques, sociaux ou environnementaux qui interpellent les populations. Ainsi, soulignent-ils, le raccourci et la recherche du retentissement médiatique immédiat deviennent les stratégies les plus utilisées.
En plus, précisent-ils, dans un pays en développement, où les ressources sont rares, une bonne allocation des crédits disponibles est nécessaire.
Selon la CENA, lors des élections législatives, vingt-cinq (25) listes de candidats n’ont pas atteint 0,5% des suffrages exprimés.“Chacune de ces listes a coûté 280 millions de francs au contribuable, soit un montant total de sept (7) milliards de francs”, lit-on dans le rapport.
En outre, la CENA indique que le refus, par la majorité des candidats de l'utilisation des bulletins à format réduit a empêché l’État de faire une économie de huit (8) milliards de francs. Il apparaît, dès lors, urgent de réunir les parties prenantes sur la rationalisation des partis politiques (339 partis au 26 mai 2023) et des candidatures aux élections pour une expression démocratique plus dynamique, affirme l’organe de contrôle et de supervision des élections.
Auparavant, la CENA a rappelé qu’à l’issue du scrutin, la liste Pastef, dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko, a obtenu cent trente (130) sièges sur cent-soixante-cinq (165) sièges. “La liste gagnante est suivie par les listes Takku Wallu Senegaal (16 sièges), Jàmm Ak Njariñ (7 sièges) et Samm Sa Kaddu (3 sièges)”, a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, elle a indiqué que si des incidents ont été constatés pendant la campagne électorale, le scrutin s’est, partout, déroulé dans le calme. Non sans dire que le dispositif électoral a été jugé satisfaisant par les observateurs tant en ce qui concerne la disponibilité du matériel et la présence des forces de sécurité que le fonctionnement des bureaux de vote.
En définitive, la CENA relève que les leaders des listes de candidats ont fait preuve d’une citoyenneté remarquable après la proclamation des résultats provisoires : “ils ont félicité la liste gagnante”. Et qu’aucun recours n’a été déposé auprès du Conseil constitutionnel, qui a confirmé les résultats issus des travaux de la Commission nationale de recensement des votes.
LES AGRO-INDUSTRIELS COMPTENT ACHETER 5 000 TONNES CETTE ANNEE AUPRES DES PRODUCTEURS LOCAUX
Le maïs est en passe de devenir une culture de rente avec une production qui connaît un véritable essor. Le maïs bénéficie d’un regain d’intérêt chez les agro-industriels sénégalais.
Le maïs est en passe de devenir une culture de rente avec une production qui connaît un véritable essor. La preuve, les agro-industriels sénégalais prévoient d’acheter 5 000 tonnes cette année auprès des producteurs locaux.
Le maïs bénéficie d’un regain d’intérêt chez les agro-industriels sénégalais. Ces derniers se sont engagés d’ailleurs à acheter 5 000 tonnes cette année auprès des producteurs locaux. A en croire l’agence Ecofin, cela a été consigné mi-février par les deux parties dans un protocole d’accord pour donner un coup de pouce à la commercialisation de la céréale. Les industriels se sont ainsi engagés à verser 225 FCFA pour chaque kg de maïs acheté auprès des producteurs contre 198 FCFA pour la même quantité importée. L’objectif affiché est de faire passer le volume d’approvisionnement local à 10 000 tonnes, d’ici 2026, prévoit l’accord. En 2023/2024, note-t-on, le rendement en maïs a enregistré une hausse en glissement annuel de 8% à 3 tonnes par hectare, soit la seconde plus forte progression dans le secteur céréalier.
Rapportant une étude de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR) parue en 2021, Ecofin estime qu’il s’agit de la troisième céréale la plus consommée par tête après le riz et le mil avec 9,2 kg par an principalement dans les zones rurales du sud du Bassin arachidier et dans l’est du pays.
Du point de vue de l’offre, le maïs occupe aussi le 3e rang en volume derrière ces deux céréales avec une production de 855 000 tonnes en 2023/2024, indique l’agence d’informations spécialisée en économie qui cite le dernier Bulletin mensuel des statistiques économiques et financières publié par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) en janvier 2025.
Si le maïs local bénéficie d’un regain d’intérêt, dit-elle, c’est parce que le gouvernement a affiché son intention de réduire les dépenses consacrées à l’achat de la céréale depuis l’Argentine et le Brésil. Non sans informer que la demande du produit a fortement augmenté avec le développement du sous-secteur avicole. “Depuis l’interdiction des importations de viande de volaille en 2005, la production commerciale de poulet de chair a explosé, entraînant un besoin croissant dans la céréale qui est la principale composante des aliments pour animaux”, lit-on dans l’article publié par Ecofin.
Il ajoute qu’avec la récolte en maïs qui demeure insuffisante, les industriels ont augmenté le recours aux importations sur la dernière décennie. Selon les données de l’ANSD compilées par l’Agence Ecofin, les achats en volume et en valeur ont plus que triplé depuis 2013, passant de 132 429 tonnes à 430 863 tonnes en 2023 et de 21,8 milliards FCFA (36,2 millions $) à 82,5 milliards FCFA.
Au Sénégal, la production d’aliments pour animaux est estimée à 300 000 tonnes chaque année selon les données du Forum for Agricultural Research in Africa (FARA) repris par Ecofin qui renseigne en définitive que le marché est aujourd’hui dominé par la Sedima, FKS Mills, NMA Sanders ainsi qu’Olam qui a achevé en mars 2024, l’acquisition pour 17 millions d’euros d’Avisen Sarl, second plus important acteur sur le marché avec son unité de production de 100 000 tonnes/an basée à Rufisque.
LES TRANSPORTEURS DÉNONCENT UN BLOCUS ORGANISÉ AU PORT
Ces professionnels dénoncent un système qui paralyse leur activité depuis l'avènement du nouveau régime. Entre restrictions d'accès et allégations de corruption, les camionneurs pointent du doigt la gestion opaque de DP World, l'opérateur portuaire
Le syndicat des acteurs du transport national et transnational (Satrains) est monté au créneau hier pour tirer la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles ils font face depuis l’avènement du nouveau régime. Confrontés à des problèmes pour accéder au port de Dakar et charger leurs marchandises, ils dénoncent la gestion opaque du port et des pratiques abusives qui paralysent leur activité. Malgré plusieurs démarches auprès des autorités, leurs revendications restent sans réponse.
Les transporteurs routiers sont très en colère contre les autorités qu’ils accusent de protéger DP World. En effet, réunis au sein du syndicat des acteurs du transport national et transnational (Satrains), ils dénoncent le blocage de leurs véhicules au port et des tracasseries administratives pesantes. Selon eux, DP World refuse de charger leurs conteneurs, précisant qu’ils n’ont pas d’agrément. Malgré des échanges avec les autorités, leurs revendications restent sans réponse.
S’exprimant face à la presse le week-end, le porte-parole du jour, Pape Mamadou Malaye, a indiqué que le syndicat a adressé des correspondances au directeur du Port autonome de Dakar, au Premier ministre et à son ministère de tutelle. Seul le Directeur du Port, Wally Diout Bodian, les a reçus. « Nous avons été reçus à trois reprises par le directeur général du port. Il donne instruction à DP World de suspendre sa décision, mais aujourd’hui, seuls 100 voitures sont autorisées à embarquer. Pendant ce temps, les transporteurs maliens n’ont pas ces problèmes », déplore-t-il.
En plus des restrictions d’accès au port, des transporteurs dénoncent des pratiques de corruption. Mamadou Paye, chauffeur routier, affirme avoir été sollicité pour un pot-de-vin. « On m’a proposé 100 000 F CFA pour pouvoir charger chez DP World. J’ai refusé et nous sommes en panne depuis deux mois à cause de leurs pratiques », confie-t-il. La douane sénégalaise est également accusée d’imposer des frais exorbitants aux transporteurs. « Ils nous demandent parfois jusqu’à 500 000 F CFA sous prétexte que la déclaration est mal faite. Et ce n’est pas tout : nous subissons des tracasseries routières à chaque étape. Que devient le reste ? » s’interrogent-ils.
À en croire Mamadou Malaye, Wally Diout Bodian a donné des instructions pour améliorer la situation, mais elles tardent à être appliquées. Les transporteurs ont également dénoncé les multiples contrôles routiers auxquels ils font face, notamment à Diamniadio, Mbour, Kaffrine, Tambacounda et Kidira. « À chaque étape, on nous trouve une nouvelle irrégularité et on nous impose des amendes. Cela freine complètement notre travail », explique Mamadou Malaye.
Malgré ces difficultés, les transporteurs assurent être prêts à respecter les règles en vigueur. « Nous organisons chaque mois des campagnes de sensibilisation sur la sécurité routière. Mais nous avons besoin d’un cadre de travail juste et transparent », insiste Malaye. Face à ces nombreux manquements, ces travailleurs réclament une intervention immédiate du gouvernement pour mettre fin à ces blocages et assurer un accès équitable au port. Sans solution, ils avertissent que la crise pourrait avoir des conséquences économiques majeures sur le commerce national et transnational.
Le maire de Dionewar déféré au parquet aujourd’hui
Interpellé samedi, le maire de Dionewar est en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Foundiougne. Il est suspecté d’implication dans l’organisation d’un voyage de migrants clandestins dont une pirogue a été interceptée à Bassar, dans la commune de Bassoul, renseigne emédia. L’enquête est en train de déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire. Il sera déféré aujourd’hui au parquet du tribunal de grande instance de Fatick. Il revient ainsi au procureur de sceller son sort. Sur les 241 migrants interpellés, 111 Sénégalais ont été libérés. Une procédure est en cours pour permettre la libération des ressortissants des autres nationalités.
Un vieillard retrouvé calciné
Un vieillard nommé A. Sané a été retrouvé mort calciné dans sa chambre qui avait pris feu dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Selon nos sources, le sinistre s’est produit au quartier Ainoumady 06 Médoune Ndiaye de Yeumbeul-Nord. Les sapeurspompiers se sont rendus sur les lieux pour circonscrire le feu avant d’évacuer le corps dans une structure sanitaire de la place pour les besoins de l’autopsie. La police de Yeumbeul Asecna a ouvert une enquête.
L’armée met en place un système de retraite par capitalisation
L'état-major général des Armées a initié un projet social structurant pour les personnels des armées et de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers. Selon la Dirpa, il s’agit d’un mécanisme de solidarité intergénérationnelle qui vise à augmenter substantiellement le revenu du militaire après le service actif et lui permettre d'aborder plus sereinement la vie après la retraite.
Plusieurs chaînes de télévision coupées par la TDS/SA
La crise dans le secteur des médias est visiblement loin de connaître son épilogue. En plus de la crise financière, plusieurs chaînes de télévision ont vu leurs signaux coupés par la société de diffusion TDS SA. Le motif est «le non-respect des obligations financières, notamment les redevances mensuelles». Parmi les chaînes concernées figurent la Rdv, Walf Tv, Itv, Touba Tv, A7, Bantamba TV, etc. Contacté au téléphone par Dakaractu, Alassane Samba Diop, Directeur Général du groupe Emedia Invest, dénonce «une volonté de réduire toutes les télévisions au silence». Il explique : «nous nous sommes réveillés un beau jour et on nous a coupé le signal sans préavis, sans sommation. Amadou Diop qui était directeur de la TDS/SA nous avait demandé de supporter les coûts de diffusion via la Sonatel, en nous assurant qu’il nous rembourserait par la suite. Nous avions d’ailleurs fourni toutes les factures comme preuves. Nous constatons qu’il y a, en réalité, une volonté de réduire toutes les télévisions au silence et de créer des chômeurs. Ces gens ne veulent pas accompagner les entreprises privées. Nous dénonçons cette mesure unilatérale.»
La TDS-SA dément la coupure de signal de télé
Des informations relayées samedi faisaient état de coupures de signaux des chaînes de télévision nationales par la TDS-SA, l’opérateur public de diffusion de la Télévision numérique terrestre (TNT) au Sénégal. La TDS est sortie de sa réserve pour apporter un démenti. Dans un communiqué, elle affirme n’avoir procédé à aucune coupure de signal, malgré le fait que les arriérés de paiement des frais de diffusion de ces chaînes sont estimés à plus de 500 millions de FCFA. Elle précise d'ailleurs que les sommes dues par les chaînes de télévision ne sont pas des « redevances » mais des « frais de diffusion » nécessaires pour couvrir les charges associées à la transmission des signaux. En contrepartie, indique Dr Aminata Sarr, les chaînes bénéficient de leur présence sur le bouquet TNT, une plateforme publique accessible à l’ensemble du pays. Ainsi TDS-SA appelle à la responsabilité de tous les acteurs du secteur afin de garantir la pérennité du service public de diffusion au Sénégal. Dr Aminata Sarr souligne que l’opérateur reste ouvert à des discussions avec les chaînes concernées pour trouver une solution durable à cette situation complexe.
Grande inquiétude des ASP
Un vent de stress traverse actuellement l’agence d’assistance à la sécurité de proximité. Par une note de service N°071 transmise au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le Directeur général de l’Agence d’assistance à la sécurité proximité a rappelé ses agents en service dans les commissariats. Pour l’heure, selon nos informations, la mesure touche plus la région de Dakar. Au moins, la mesure concerne 300 agents. Hormis quelques agents qui sont restés dans les commissariats en raison de deux agents par commissariat, tous les autres ont été récupérés par la Direction de l’Agence d'Assistance à la sécurité de proximité. Sauf qu’après leur rappel par leur service, ces agents sont toujours en attente d’un redéploiement. Une attente qui a fini par créer une hantise chez les agents de l’Asp. Ils craignent de ne jamais être redéployés sur le terrain. Cette mesure est prise, selon la cheffe de la cellule de communication de l'ASP, Maty Sarr Niang, dans le cadre de la rotation des éléments de l’Asp. Elle a, en outre, fait remarquer que certains agents d’assistants à la sécurité de proximité occupent des postes depuis 10 ans pendant que d’autres n’en ont pas. Ce qui, à ses yeux, est anormal. C’est pourquoi, dans une logique de correction, la Direction générale de l’Asp a décidé de procéder à des affectations et rotations afin que tous les agents puissent bénéficier des mêmes avantages.
Une histoire de famille atterrit à la police
A. Diallo est en détention pour coups et blessures volontaires au préjudice de son frère M. D. Diallo qui a porté plainte contre lui auprès du procureur de la République. Selon nos sources, c’est suite à une dispute que le sieur A. Diallo a roué de coups son grand frère qui s’en est sorti avec « une tuméfaction douloureuse frontale gauche, ecchymose plus plaie superficielle sous orbitaire gauche, plaie superficielle linéaire d’environ 01 centimètre de longueur de la face antérieure de l’avant-bras gauche ». Le mis en cause a reconnu les faits et déclare avoir agi sous l’emprise de la colère contre son oncle qui l’aurait expulsé du domicile de sa grand-mère. Des allégations qui n’ont pas convaincu les limiers qui vont le placer en garde à vue A. Diallo a été déféré au parquet pour coups et blessures volontaires.
Arrestation de deux personnes pour vol
Deux élèves âgés respectivement de 31 ans et de 25 ans ont été déférés au parquet pour vol en réunion par la police des Parcelles. El H. Mbow et son ami Ch. A. B. Sakho ont été surpris nuitamment sur la terrasse d’une maison à Grand-Médine en train de dérober une antenne de la Sonatel. Ils ont été dénoncés à la police des Parcelles assainies. Sans tarder, les hommes du Commissaire Abdou Sarr qui étaient en patrouille dans le secteur se sont rendus sur les lieux pour interpeller les mis en cause. El H. Mbow a été une fois déféré pour détention d’un véhicule volé. Ils ont reçu un ticket gratuit pour la prison.
Les Lions retrouvent la tanière aujourd’hui
En direction des deux rencontres, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2026, les joueurs convoqués par l'entraîneur Pape Thiaw vont démarrer le travail aujourd’hui à Diamniadio. Le groupe ne sera sans doute pas au complet pour ce premier galop. Des Lions en lice dans leurs clubs hier vont sans doute manquer l’appel. Pour rappel, le Sénégal jouera samedi prochain contre le Soudan au stade Benghazi en Libye. Puis, la bande à Kalidou Koulibaly fera face au Togo au stade Me Abdoulaye Wade, trois jours plus tard.
Ama Baldé suspendu pour 6 mois ferme
Auditionné par la commission règlement et discipline du Comité national de gestion de la lutte (CNG), Ama Baldé connaît désormais sa sanction suite aux incidents survenus lors de son face-à-face avec Franc. Le fils de Falaye Baldé est suspendu par l’instance faitière pour 6 mois dont 2 mois ferme. Pour rappel, François Emile Gomis dit Franc a écopé d’une suspension de trois mois dont un mois ferme.
La Senelec met hors délestage Pointe Sarène
La centrale électrique de la société nationale d'électricité (Senelec) de Malicounda a fait des efforts pour assurer la production afin de satisfaire sa clientèle. La Senelec a mis en service un nouveau poste à Malicounda, multipliant par 10 l'électricité distribuée à Pointe Sarène, qui passe de 50 à 400 kilovoltampères. Désormais, le village de Pointe Sarène (Malicounda Mbour), qui abrite le nouveau pôle touristique de la Petite Côte, est presque à l'abri des délestages. Grâce à ce renforcement en électricité, le projet de la Société d'aménagement et de promotion des Côtes et zones touristiques du Sénégal (SAPCO Sénégal SA), visant à créer un nouveau site balnéaire, se consolide.
Vers la réglementation de l’activité des VTC et des motos
Le directeur des Transports routiers, Valdiodio Ndiaye, a annoncé samedi l’élaboration de décrets visant à organiser le fonctionnement des applications de transport comme Yango, Heetch, Yassir ou encore BKG Speed, communément appelées VTC (voitures de transport avec chauffeur).A l’en croire, il est important de contrôler l’activité de Yango et des autres plateformes. Dans le même sens, le ministère des Transports prépare également un décret relatif à la livraison par deux-roues. Pour M. Ndiaye, on ne peut pas laisser ces activités se dérouler sans contrôle ni régulation. Valdiodio Ndiaye a procédé samedi à la signature d’un protocole d’accord avec la mairie de Yoff et Proxy Emobility.
Un médecin découvre de la drogue dans le caleçon d'un patient
En possession de neuf pierres de haschisch, le motocycliste M. Dieng a eu la malchance de croiser sur son chemin des éléments de la Sûreté urbaine, dans la nuit du jeudi au vendredi, vers 3 h, à Ouest-Foire. Dans sa fuite, le dealer a fait une fausse manœuvre et a chuté de son scooter et a perdu connaissance. La palpation de sécurité s'est soldée par la saisie de trois pierres de haschisch. Évacué à l'hôpital Principal par les limiers, le médecin a découvert sept autres pierres dans son caleçon. Après les soins qui lui ont été prodigués, M. Dieng a été gardé à vue au commissariat central, renseigne seneweb. Par ailleurs, les éléments de la patrouille ont procédé à la saisie d’un kilogramme de chanvre indien, la même nuit, à Colobane. À la vue des policiers, le suspect a jeté son colis et a réussi à s'éclipser dans la nature. Toujours dans ce quartier de Dakar, la Sûreté urbaine a arrêté, hier samedi, le nommé C. S. Ndour en possession de 30 cornets de « yamba ». Placé en garde à vue, le duo incriminé sera déféré probablement demain lundi au tribunal de grande instance hors classe de Dakar.
Six cantines destinées à la vente de médicaments traditionnels ravagés
Six cantines destinées à la vente de médicaments traditionnels au marché « Corona » de Tambacounda ont été ravagées par un incendie survenu samedi, en fin d’après-midi, occasionnant des pertes estimées à plusieurs millions de francs CFA, a constaté Aps. L’incendie est causé par le gardien qui a mis le feu derrière nos cantines. On lui a dit à plusieurs reprises de ne pas le faire mais il s’est entêté. L’année dernière, il l’avait fait également, on a maîtrisé le feu et cette fois-ci, il refait la même chose et malheureusement le feu a débordé et ravagé nos six cantines, a témoigné Abdoulaye Sow Kane, responsable du site de vente. L’incendie s’est produit samedi, en fin d’après-midi. La présence des sapeurs-pompiers a permis de maîtriser le feu vers 23h. Six cantines ont été complètement réduites en cendre. Les pertes sont estimées à plusieurs millions.
Par Fatou Warkha SAMBE
QUAND LA VIE PRIVEE DEVIENT UN LIVE SUR TIKTOK
L’ascension fulgurante des influenceurs sur TikTok marque une transformation majeure du paysage numérique. Autrefois un simple espace de divertissement, TikTok est aujourd’hui un lieu stratégique où l’information, la polémique et le scandale cohabitent
L’ascension fulgurante des influenceurs sur TikTok marque une transformation majeure du paysage numérique. Cette application, autrefois un simple espace de divertissement, est aujourd’hui un lieu stratégique où l’information, la polémique et le scandale cohabitent pour générer du buzz. Si TikTok s’est imposé comme un outil incontournable pour des millions d’utilisateurs, il a aussi été perçu comme une menace par les autorités sénégalaises, qui l’ont temporairement suspendu lors des luttes contre le pouvoir de Macky Sall.
A l’époque, TikTok était devenu le refuge numérique des activistes et opposants, un espace où les internautes partageaient des informations en temps réel, mobilisaient des foules et diffusaient des critiques virulentes contre le gouvernement. Cette plateforme a également vu émerger une vague d’insulteurs politiques, des figures jusqu’alors inconnues qui, grâce aux algorithmes, ont gagné en influence en attaquant violemment les autorités en place. Aujourd’hui, même si cette pratique persiste toujours, elle semble s’être déplacée vers un autre terrain : celui de la vie privée devenue un spectacle interactif.
Cette vie privée exposée n’est pas seulement celle des influenceurs, mais surtout celle des célébrités et des anonymes devenus malgré eux des sujets de scandale. Chaque jour, de nouveaux «cas» émergent, où des vies privées sont dévoilées sans consentement, des secrets sont révélés de la pire des manières. Ces pratiques transforment la vie intime des individus en un spectacle continu, alimenté par un écosystème numérique où la viralité prime sur la véracité.
Toutes les informations partagées dans ces lives sont ensuite reprises, partagées et publiées par des comptes qui ne se soucient pas de leur exactitude. Peu importe que les révélations soient vraies ou non, l’essentiel est de générer du contenu, du clic et de l’engagement. Ainsi, la frontière entre vérité et manipulation se brouille encore davantage, laissant place à une culture du scandale, où les réputations peuvent être détruites en quelques heures, sans possibilité de rétablir les faits.
Le plus en vogue d’entre eux, celui qui prétend détenir l’exclusivité des «CAS», a récemment affirmé lors de ses dernières sorties que ce sont les proches des célébrités elles-mêmes qui lui fournissent ces informations. Certaines personnes iraient même jusqu’à payer entre 500 000 et 1 million de francs Cfa pour qu’il divulgue des «affaires» en direct.
Cette révélation met en lumière un marché de l’exposition et de la diffamation, où la vie privée devient une monnaie d’échange, et où les liens de confiance au sein des cercles intimes sont exploités à des fins de buzz et de profit.
Le phénomène des lives ne se limite pas au Sénégal. Partout dans le monde, des influenceurs exploitent les réseaux sociaux pour diffuser des polémiques et dévoiler des scandales. Des figures comme Coach Amonchic ont bâti leur notoriété sur ce type de contenu, prouvant que cette tendance dépasse les frontières. Cependant, il n’y a qu’au Sénégal que ces pratiques prennent une tournure aussi destructrice, où l’on ne se contente pas de commenter des faits publics, mais où l’on jette en pâture des vies privées, exposant des individus qui n’ont jamais demandé à être placés ainsi dans l’espace public. Ici, la délation et la divulgation d’informations personnelles sont devenues des armes pour détruire des réputations, parfois orchestrées par les propres proches des victimes.
Ce phénomène met également en lumière un voyeurisme malsain qui s’est installé dans la société sénégalaise. Il ne s’agit plus seulement de suivre un contenu, mais de s’acharner sur des individus exposés, parfois contre leur gré. Ce qui choque davantage, c’est la méchanceté des proches eux-mêmes, ceux qui, pour des raisons souvent viles - jalousie, vengeance, ou simple soif de notoriété- n’hésitent pas à vendre des informations intimes. Ce commerce de la diffamation est désormais bien rôdé, alimenté par une audience avide de scandale et une société qui a banalisé l’humiliation publique.
Dans cette quête d’attention permanente, la frontière entre vérité et mise en scène devient floue. Certaines «révélations» semblent savamment orchestrées pour maximiser l’audience. Alors, où se situe la limite entre authenticité et manipulation ?
Nous sommes dans une nouvelle forme de téléréalité interactive, où les frontières entre spontanéité et stratégie sont brouillées. Pourquoi cette fascination ? La transparence totale, la sensation de participer en temps réel à des vies rendues accessibles, l’illusion d’une proximité avec ces créateurs de contenus nourrissent cette addiction collective. Mais à quel prix ?
Dans la jungle du numérique, plus c’est choquant, plus ça marche. Les algorithmes de TikTok favorisent les contenus les plus polarisants et émotionnels. Le drame attire les vues, et les vues attirent l’argent.
Ils ont compris ces mécaniques et les exploitent parfaitement : des teasers avant les lives, des révélations chocs, des conflits amplifiés. Ce n’est plus seulement une histoire de contenu, mais une véritable stratégie médiatique où l’on capitalise sur le scandale. Et nous, spectateurs, sommes à la fois complices et consommateurs de cette mise en scène
Ces lives ne se contentent pas de capter l’attention. Ils impliquent le public. Chacun commente, prend parti, alimente la polémique.
Des extraits de ces directs sont repris sur d’autres plateformes, amplifiant le phénomène et nourrissant un cercle sans fin. Nous sommes-nous habitués à consommer la vie des autres comme un spectacle ? Sommesnous devenus des voyeurs insatiables ?
Ce qui est encore plus alarmant, c’est que même le mois béni du Ramadan n’a pas mis un frein à cette spirale infernale. La saison des «top cas» continue sans interruption, et l’on est en droit de se demander quelle société sommes-nous en train de devenir ?
Comment un peuple peut-il normaliser à ce point la mise en scène de la souffrance et du dénigrement ? Qui est le pire : ceux qui animent ces lives en passant des heures à décortiquer la vie des autres sans jamais prendre la peine de vérifier la véracité de leurs propos, ou ceux qui restent dans l’ombre, qui alimentent ces révélations en orchestrant des campagnes de diffamation contre des proches, des collègues ou des célébrités ?
Nous sommes à une époque où les vies privées sont transformées en monnaie d’échange, où la méchanceté et la trahison deviennent lucratives. Il ne s’agit plus seulement de curiosité malsaine, mais bien d’un mécanisme destructeur qui réduit des individus à de simples sujets de consommation, piégés dans un engrenage où ils n’ont aucun contrôle sur leur propre récit.
Cette quête de transparence absolue a un prix. Des influenceurs, exposés à une pression constante, sont pris au piège du cycle du buzz. Ils doivent sans cesse aller plus loin pour captiver leur audience.
Les conséquences sont lourdes : harcèlement en ligne, diffamation, pressions psychologiques, réputation détruite en quelques minutes. Le moindre dérapage peut mener à une vague de cyberviolence incontrôlable.
Nous avons tous une part de responsabilité dans cette mécanique infernale. A chaque vue, à chaque commentaire, à chaque partage, nous renforçons le pouvoir de ces influenceurs qui n’hésitent pas à briser des vies pour quelques milliers de likes. Il est urgent de questionner notre propre rôle dans cette industrie de la destruction. Jusqu’à quand continuerons-nous à nourrir ce système ? Jusqu’à ce que nous-mêmes, ou l’un de nos proches, soyons les prochains sujets d’un live ?
LE CINEMA SENEGALAIS EST EN PLEINE TRANSFORMATION, MAIS IL RESTE DES DEFIS A SURMONTER
Dans une interview, Alain Sembène, fils du légendaire cinéaste Ousmane Sembène, partage son point de vue sur l'état actuel du cinéma sénégalais, les défis auxquels il est confronté, et l'héritage cinématographique de son père
Dans une interview, Alain Sembène, fils du légendaire cinéaste Ousmane Sembène, partage son point de vue sur l'état actuel du cinéma sénégalais, les défis auxquels il est confronté, et l'héritage cinématographique de son père. Alain, qui a grandi dans l'ombre d'un des pionniers du cinéma africain, offre un regard à la fois critique et optimiste sur l'avenir de cette industrie culturelle au Sénégal.
Alain Sembène commence par souligner l'énergie nouvelle qui anime le cinéma sénégalais aujourd'hui. « Dakar est actuellement un creuset d'énergies nouvelles, avec l'émergence de nombreuses salles de cinéma qui donnent une scène aux productions locales », explique-t-il. Il se réjouit de voir les récits sénégalais prendre vie sur grand écran, offrant au monde une fenêtre sur une perspective unique. Cependant, il reconnaît que des défis financiers et structurels persistent. « Nous explorons activement des solutions innovantes pour financer nos films et renforcer la durabilité de notre industrie », ajoute-t-il. Parmi les défis majeurs, Alain cite le financement, l'accès aux salles de cinéma en dehors de Dakar, et la formation des jeunes cinéastes. « Il est essentiel d'augmenter le nombre de salles à travers le pays pour que tout le monde puisse profiter des créations locales », insiste-t-il. Il plaide également pour des fonds de garantie, des crédits d'impôt, et plus d'écoles de cinéma pour former la nouvelle génération de réalisateurs.
L'HÉRITAGE D'OUSMANE SEMBÈNE : ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ
Quand on évoque l'évolution du cinéma sénégalais depuis l'époque de son père, Alain ne cache pas sa fierté. « Sembène utilisait sa caméra comme une arme de réflexion sociale, s'attaquant à des sujets lourds avec une authenticité brute », rappelle-t-il. Aujourd'hui, bien que ces thèmes restent ancrés dans le cinéma sénégalais, Alain observe une ouverture vers une diversité de genres qui n'existait pas auparavant. Il souligne également les avancées technologiques et les collaborations internationales qui ont permis aux films sénégalais de voyager davantage. « Les collaborations internationales qui étaient autrefois une lutte acharnée pour Sembène sont aujourd'hui plus fréquentes, ouvrant des portes à nos histoires sur des scènes mondiales », explique-t-il. Il mentionne également le soutien gouvernemental, comme le FOPICA, qui tente de nourrir cette industrie, bien que des améliorations soient encore nécessaires.
CAMP DE THIAROYE : UN FILM PANAFRICAIN AUX THÈMES INTEMPORELS
Alain partage également des souvenirs personnels du tournage de Camp de Thiaroye, l'un des films les plus emblématiques de son père. « Sur le plateau, il y avait une atmosphère électrique, alimentée par le sentiment que nous étions en train de créer quelque chose d'exceptionnel », se souvient-il. Ce film, financé par le Sénégal, l'Algérie et la Tunisie, incarnait l'esprit panafricain, et les acteurs, venus de différents pays africains, étaient fiers de participer à un projet qui racontait une histoire africaine par des Africains. Malgré son succès critique, Camp de Thiaroye a été confronté à des défis majeurs, étant interdit en France pendant une décennie et censuré au Sénégal pendant trois ans. Cependant, le film a récemment bénéficié d'une restauration numérique grâce à la Fondation de Martin Scorsese, ce qui a permis de le présenter à nouveau à un public mondial. « Ces événements ont aidé à raviver l'intérêt pour ce film crucial et à célébrer son importance historique et culturelle », explique Alain. Les thèmes abordés dans Camp de Thiaroye restent pertinents aujourd'hui, selon Alain. « Le film traite des effets durables du colonialisme, de la quête de justice pour les groupes marginalisés, et du racisme institutionnel », souligne-t-il. Ces questions, encore d'actualité dans de nombreuses sociétés, font du film une œuvre intemporelle.
PRÉSERVER L'HÉRITAGE CINÉMATOGRAPHIQUE
Alain insiste sur l'importance de préserver l'héritage cinématographique de son père et des autres pionniers du cinéma sénégalais. « Il est crucial de garder notre essence culturelle, même avec les coproductions internationales », affirme-t-il. Il plaide pour des lois qui protègent la culture cinématographique sénégalaise et encouragent les récits profondément ancrés dans l'identité sénégalaise. En conclusion, Alain Sembène reste optimiste quant à l'avenir du cinéma sénégalais. « Avec un peu d'ingéniosité et beaucoup de passion, je crois que notre cinéma peut non seulement survivre, mais vraiment prospérer et raconter le Sénégal au monde entier », déclare t-il. Il appelle à une mobilisation collective pour surmonter les défis et faire briller les histoires de la terre sénégalaise sur les écrans du monde entier.