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5 avril 2025
MANSOUR FAYE DE NOUVEAU BLOQUÉ À L’AÉROPORT
Pour la seconde fois en quelques jours, l'ancien ministre s'est vu interdire de quitter le territoire. Il dénonce une restriction arbitraire de ses droits et annonce des recours juridiques.
Pour la seconde fois en quelques jours, Mansour Faye s'est vu interdire l'embarquement alors qu'il s'apprêtait à quitter le pays. Après un premier incident lundi lors de son voyage avorté vers Djeddah, il a une nouvelle fois été bloqué ce mercredi 13 mars 2025 à 16h30, alors qu’il se rendait à Abidjan
Malgré sa carte d’embarquement en main, un agent lui a signifié l’interdiction de quitter le territoire, invoquant des "instructions". Tentant d’obtenir des explications auprès du commissaire de l’aéroport, il s'est vu répondre que ce dernier n'était pas disponible.
Furieux, l'ancien ministre a dénoncé ce qu'il qualifie de "dictature qui ne passera pas" et annoncé son intention de saisir les instances compétentes pour faire valoir ses droits. "Je ne lâcherai pas, c'est mon droit le plus absolu", a-t-il déclaré. Il était accompagné d’un huissier de justice qui a constaté la situation et ses avocats sont aussi informés.
Après cet énième refus, Mansour Faye a finalement quitté l’aéroport.Il se dit déterminer à poursuivre le combat pour récupérer sa liberté de mouvement.
par Abdoulaye Bathily
BOUBACAR MOUSSA BA, TISSERAND DE LA FRATERNITÉ AFRICAINE
Pour une Afrique libre, unie et indépendante, il s’était pleinement investi pour l’intégration de notre sous région comme en témoignent ses nombreuses études sur les diagnostics et les perspectives d’institutions
Témoignage d’Abdoulaye Bathily adressé au Professeur Mohammed Ould Maouloud, président de l’Union des Forces du Progrès (UFP) en République islamique de Mauritanie, à l’occasion des obsèques de Ba Boubacar Moussa ce vendredi 14 mars 2025.
Camarade, mardi dernier (4 mars) tu m’envoyais un message m’informant de l’hospitalisation du camarade Boubacar Moussa Ba à l’hôpital Fann de Dakar.
Après ma vaine tentative de le joindre sur son propre téléphone, tu m’as communiqué le contact de son fils Moctar qui se trouvait à son chevet. Je fus rassuré par les dernières informations le concernant malgré son état jugé préoccupant.
Hélas, Allah a décidé de le rappeler à Lui. Nous nous inclinons devant Sa Décision.
La disparition de Boubacar Moussa me remplit d’une profonde tristesse.
J’ai été témoin de plusieurs décennies de la vie de lutte et de combats menés par ce camarade exemplaire à tous égards. Ma relation avec lui date de janvier 1969. Le Sénégal venait à peine de sortir de la tourmente de mai 1968 dont l’Université de Dakar était l’épicentre. Le mouvement étudiant cherchait à panser des blessures physiques et morales infligées par la répression, la fermeture partielle de l’Université et les démons de la division. Comble de malheur, Samba Baldé étudiant en médecine alors président de l’Union des Étudiants de Dakar et figure emblématique de son unité et de son engagement militant venait de nous quitter brutalement emporté par une crise cardiaque en plein cours au centre hospitalier universitaire Le Dantec.
Dans ce moment de désarroi, les dirigeants d’alors avaient décidé de se concerter pour choisir les camarades les plus aptes à relever les défis du moment et les proposer au renouvellement du Comité Directeur de l’Union des Étudiants de Dakar (UED), notre organisation supranationale.
En ma qualité de président nouvellement élu du Comité Exécutif de l’Union Démocratique des étudiants Sénégalais (UDES), je fus désigné par le Comité de concertation des Organisations progressistes représentant les Unions nationales de recueillir les propositions.
C’est ainsi que le camarade Mbou Diagana, vice-président de l’UED me proposa l’étudiant Ba Boubacar Moussa de la faculté des sciences au nom du groupe national mauritanien.
Il m’avait fallu plusieurs rencontres dans ma chambre au 107 Pavillon D de la cité universitaire pour vaincre les réticences de Boubacar et le rassurer ; signes de l’humilité et de la rigueur qui le caractérisaient. Il décida, dit-il, de servir la cause commune.
Il fut élu à l’Assemblée Générale de la Corporation des Étudiants de la Faculté des Sciences pour siéger au Conseil des Étudiants de l’Union des Étudiants de Dakar, ensuite comme membre du Comité Directeur de l’Organisation lors du renouvellement de ce bureau en février 1969.
Le choix de Boubacar dans cet organe dirigeant du mouvement s’avéra particulièrement mérité.
Son engagement marqué par une lucidité exemplaire dans l’analyse des contextes soutenus par ses talents de tribun lui valut très vite le respect et l’admiration des camarades de toutes les Unions Nationales.
La pertinence de ses réflexions adossée à son courage dans l’action lui donna très vite la stature morale du dirigeant qui va continuer de s’affirmer à l’épreuve des luttes à Dakar.
Suite au rebondissement de la crise universitaire en 1971 et à l’exclusion d’une bonne partie du leadership du mouvement étudiant, Boubacar poursuivra en France son engagement au sein de la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) et dans le milieu des travailleurs africains immigrés où il s’y distinguera avec brio.
Puis de retour en Mauritanie il poursuit sur le terrain national son combat avec constance et ténacité. Des voix plus autorisées que la mienne parleront mieux de ce chapitre de la vie de Boubacar Moussa.
L’engagement militant de Boubacar ne s’est pas limité pas à l’Université et au théâtre mauritanien. Pour une Afrique libre, unie et indépendante, il s’était pleinement investi pour l’intégration de notre sous région comme en témoignent ses nombreuses études sur les diagnostics et les perspectives d’institutions comme l’OMVS, le CILSS, la CEDEAO en vue de promouvoir le développement des peuples de notre espace dans la démocratie, la solidarité et la fraternité durables entre les composantes nationales, culturelles et raciales.
Panafricain et militant authentique, Boubacar était un bâtisseur de ponts, un tisserand de la fraternité humaine. Son attachement au Sénégal ne tient pas seulement aux circonstances familiales ; il reflète la logique de son engagement transnational. Il était un militant total et de tous les jours, un esprit généreux.
J’ai en mémoire de nombreux exemples pour soutenir mon témoignage à cet égard.
Entre autres, lorsqu’à la fin des années 70 un groupe de jeunes journalistes talentueux sous la direction de feu Babacar Touré a décidé de lancer le projet de Sud Communication aujourd’hui **Sud Quotidien** au Sénégal ; ils trouvèrent auprès de Boubacar un de leurs tous premiers soutiens politique et moral.
Dans l’exercice de mes fonctions politiques et diplomatiques, j’ai eu la chance d’avoir pu bénéficier de mes échanges avec Boubacar sur les problèmes de nos deux pays, de l’Afrique et du monde.
Malgré les déceptions et les souffrances de la maladie qui le rongeaient il ne s’était jamais départi de son optimisme révolutionnaire toujours contagieux pour ses interlocuteurs.
En cette douloureuse circonstance, je présente mes sincères condoléances à sa veuve la **camarade Fama Anne** et à leurs enfants, à toute sa famille, à l’UFP et ses militants, à tous les camarades de lutte en Mauritanie, en Afrique et au-delà, au peuple et au gouvernement mauritanien. Que Allah Tout Puissant lui pardonne ses péchés et lui accorde la Paix éternelle au Paradis Firdaws.
Adieu Boubacar
Adieu Frére
Adieu l’Ami
Adieu Camarade !
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LES MARCHANDS DE RÊVES QUI VOLENT LA JEUNESSE
Derrière les écrans lumineux et les promesses de gains faciles se cachent des vies brisées, des études abandonnées et des familles ruinées. Pape Samba Kane reprend un combat entamé il y a 18 ans, avec son livre choc "La folie des jeux d'argent"
Dans un ouvrage coup de poing intitulé "La folie des jeux d'argent", l'écrivain et journaliste Pape Samba Kane (PSK- renouvelle son combat contre les jeux de hasard au Sénégal, 18 ans après une première publication qui lui avait valu de sérieuses représailles.
Cette réédition enrichie cible particulièrement les "Narbi", ces salles de paris sportifs électroniques qui ont envahi les quartiers populaires de Dakar et d'autres villes sénégalaises. Selon l'auteur, ces établissements ont remplacé les "casinos de quartier" qu'il avait dénoncés en 2006, mais avec des conséquences encore plus dévastatrices.
"Ils ont mis des Narbi dans les mêmes quartiers difficiles, les mêmes quartiers pauvres, avec la même dissémination partout", révèle Pape Samba Kane, qui voit dans ce phénomène un véritable "virus contagieux" touchant toutes les couches sociales, et particulièrement les jeunes.
L'enquête de PSK expose les mécanismes implacables de l'addiction aux jeux en ligne. Contrairement aux loteries traditionnelles, les paris sportifs électroniques maintiennent une pression constante sur les joueurs, les incitant à parier en temps réel sur différentes phases d'un match. "Pendant 90 minutes, comment peut-on regarder un match aussi tendu en perdant son argent et en gagnant un peu de temps en temps?", s'interroge l'auteur.
Les conséquences de cette addiction sont alarmantes : détournements d'argent, mensonges, endettement, prostitution et parfois suicides. L'écrivain rapporte des cas dramatiques, comme celui d'un étudiant qui a disparu avec l'argent destiné au loyer familial, ou d'un autre qui a abandonné ses études pendant une année entière pour fréquenter ces établissements.
Pape Samba Kane dénonce également l'absence de régulation efficace. "La loi stipule que seul le président de la République peut donner une autorisation pour l'ouverture d'un casino. Pourquoi y a-t-il des casinos dans nos téléphones sans que le président n'ait son mot à dire?", s'indigne-t-il, plaidant pour une commission de régulation comme il en existe au Bénin ou en France.
Face à cette situation, l'écrivain s'étonne du silence des autorités religieuses, politiques et morales, pointant du doigt le rôle des opérateurs téléphoniques et des célébrités qui font la promotion de ces jeux. Il révèle toutefois que le champion de lutte Modou Lô aurait récemment refusé 300 millions de francs CFA pour une campagne publicitaire de paris en ligne.
Malgré les risques, PSK poursuit son combat, soutenu par des personnalités du monde culturel qui projettent d'adapter son livre au théâtre et au cinéma. "C'est l'arbitrage de Dieu", conclut-il, espérant que cette fois son message sera entendu avant que cette "arme d'autodestruction surnoise" ne fasse davantage de ravages dans la société sénégalaise.
PAR Souleymane Gueye
LE SÉNÉGAL À L’ÉPREUVE DES CONDITIONNALITÉS DU FMI
EXCLUSIF SENEPLUS - À l'heure où le nouveau gouvernement doit négocier avec cette institution, une question se pose : comment transformer une relation de subordination en partenariat équitable au service du développement durable?
Au cours des quarante dernières années, le Sénégal a suivi les recommandations du FMI visant à réduire le déficit budgétaire et à atténuer l’accumulation de la dette publique, en contrepartie d’un soutien financier. Pourtant, l’économie sénégalaise demeure fragile, marquée par une pauvreté persistante, une détérioration continue des conditions de vie, des inégalités sociales croissantes et une érosion des capacités institutionnelles. Ces déséquilibres structurels soulignent l’urgence de stimuler une croissance économique endogène et durable, condition essentielle pour résorber les déficits et renforcer la résilience économique. Cela exige non seulement une gouvernance efficace, mais aussi des réformes structurelles profondes, s’inscrivant dans une vision à moyen et long terme—des réformes qui pourraient s’opposer aux prescriptions budgétaires conventionnelles du FMI. Ainsi, il est impératif pour le gouvernement sénégalais de repenser ses relations avec le FMI afin d’éviter le suivisme continuel des régimes précédents. Comment le Sénégal peut-il engager cette transformation et concilier impératifs budgétaires et objectifs de développement durable ?
Rôle historique du FMI : Encourager la coopération économique internationale
Il y a 80 ans quelques pays se rencontraient à New Hampshire pour discuter des questions économiques et de l’économie internationale à la suite de la seconde guerre mondiale. De ces discussions, naissait le « Système de Breton Wood » dont le Fonds Monétaire International (FMI) est l’émanation et la Banque Mondiale dans une moindre mesure. Leur objectif primordial était de consolider un état interventionniste dans l’économie pour atténuer les dérives et limites d’un « capitalisme sauvage » effréné et incontrôlable.
Les précurseurs (Keynes et White) croyaient fortement à la nécessité de l’intervention de l’état dans l’activité économique (1). Ainsi les pays étaient libres d’imposer des contrôles des capitaux afin de minimiser la fuite des capitaux en cas de récession ou de crise de la balance des paiements. Le FMI leur avait même permis d’être protectionniste. Ce qui contredit totalement ce qui se passe actuellement dans l’économie internationale où le FMI essaie d’améliorer la coopération monétaire internationale, d’encourager le commerce international et la croissance économique, et de décourager les politiques qui constituent des obstacles à la prospérité économique.
Auparavant, le FMI accordait des prêts aux pays pour leur permettre de surmonter les crises de balance des paiements. Mais l’accord avait ses limites dans la mesure où le FMI n’avait pas créé un mécanisme contraignant les pays excédentaires à procéder à des ajustements – augmenter la demande intérieure- pour que les pays déficitaires solvent leur crise économique immédiatement sans recourir à des prêts avec des coûts exorbitants. Au lieu de cet ajustement, le FMI se limitait à imposer des « conditionnalités » donc l’objectif était la stabilisation, c’est-à-dire la correction des déséquilibres macroéconomiques pour résoudre la crise de la balance des paiements.
Chocs pétroliers, transition historique du FMI et échecs du « Washington consensus » programme
À la suite des chocs pétroliers des années 1970, de la volatilité des prix des matières premières, de l’inflation galopante qui s’en est suivi, et du développement de l’informatique, plusieurs acteurs prennent des décisions majeures – réforme de l’économie chinoise par Den Xiao Ping, abandon du contrôle de change en Angleterre, dérégulation et diminution des taxes aux États Unis, et échec de l’Union Soviétique – qui vont changer la configuration de l’économie internationale et financière. Ces actes corollés aux problèmes domestiques (augmentation des déficits budgétaires et commerciales) et aux calamites naturelles qui sévissaient dans beaucoup de pays du Tiers monde ont été l’occasion saisie par les institutions financières internationales pour imposer des reformes (2) – programme d’ajustement structurel – en faisant du FMI le principal agent pour les mettre en œuvre.
Mais le FMI a perdu sa crédibilité après avoir imposé son programme d’ajustement structurel avec des conséquences économiques désastreuses. En Amérique Latine, l’intervention du fond avait conduit à une récession économique avec des conséquences économiques et sociales désastreuses. Les économies de ces pays se sont détériorées avec une augmentation des inégalités et une forte détérioration des déficits budgétaires et externes qui ont conduit à une crise financière internationale. L’intervention du FMI en Asie a aussi été désastreuse du fait de la suppression du contrôle des capitaux et de l’application des mesures recommandées (Washington Consensus) par les économistes du fond.
Le Sénégal et beaucoup de pays africains n’ont pas échappé au diktat du FMI. En effet, l’ajustement structurel des années 80 dont la justification était l’ancrage du pays dans la mondialisation et le rétablissement des équilibres budgétaires et extérieures ont conduit a l’affaiblissement des moyens d’intervention de l’État dans l’économie (élimination progressive des sociétés publiques à vocation agricole, réduction des programmes sociaux, suppression de la petite et moyenne industrie a travers le retrait des mesures protectives , élimination des banques nationales dédiés à distribuer le crédit aux Pme, ouverture du marché intérieur aux industries étrangères plus compétitives(3)). Cette politique a eu des conséquences désastreuses sur la réduction de la pauvreté et l’amélioration du niveau de vie des populations.
Malgré l’échec de cette politique d’ajustement structurel, il est presque impossible de contourner le FMI lors qu’un pays a besoin de lever des fonds auprès des bailleurs et des marches financiers. Cependant, le Sénégal peut contourner le FMI, ou à défaut, minimiser l’impact que le FMI peut avoir sur la conception et l’implémentation des politiques publiques, malgré le besoin de financement croissant de l’économie
Le Sénégal doit-il défier le FMI ?
Compte tenu des performances historiques du FMI (3), il serait judicieux que le gouvernement sénégalais aborde avec prudence le recours au Fonds pour ses besoins de financement. Dans certains contextes, les recommandations du FMI ont suscité des débats quant à leur efficacité. Le Sénégal pourrait ainsi envisager de réévaluer les accords conclus avec le Fonds, afin de garantir qu’ils s’alignent sur les priorités nationales. Le FMI, en tant qu’institution internationale, opère selon des principes économiques qui reflètent souvent une approche libérale et des intérêts globaux. Cette orientation pourrait être en décalage avec les principes de souveraineté, de bonne gouvernance et d’équité prônés par le Pastef.
En effet, le FMI est en mesure de soulager temporairement la situation économique difficile en octroyant ce prêt de $1,8 milliard, mais le résultat de l’application de ces conditionnalités pourrait conduire à l’aggravation de la pauvreté, l’accroissement des inégalités, la détérioration des finances publiques, et l’installation d’un malaise social aux conséquences incalculables sur la capacite du pays à mener à terme son programme de transformation systémique de l’économie. Dans cette perspective, le Sénégal pourrait suivre l’exemple de certains pays d’Asie du Sud Est en entreprenant des réformes économiques internes tout en renforçant son autonomie économique. Ces réformes doivent tourner autour de quelques axes :
Un effort soutenu de rationalisation des dépenses publiques qui passera par : un réaménageant les ministères qui pourront tourner autour de 15, une consolidation/suppression de certaines agences publiques, une réduction drastique des coûts de fonctionnement des administrations et une chasse effrénée aux fonctionnaires absentéistes nommés par clientélisme politique ou faveurs personnelles, une purge des fonctionnaires fictifs de l’administration centrale et des entreprises para publiques, un non renouvellement des contrats des consultants des agences publiques
Un meilleur ciblage des subventions aux services de base (électricité, gaz, transport) sur le court terme et une réduction graduelle de ces subventions sur le long terme.
Une restructuration des plans sociaux en repensant les prestations familiales pour les Sénégalais sous le seuil de la pauvreté et en introduisant une carte alimentaire. Dans cette optique, il faut privilégier les transferts directs et les aides directes.
Il faut continuer à mener ces réformes nécessaires pour continuer l’assainissement des finances publiques, en s’appuyant sur la majorité parlementaire et populaire prête à accompagner le gouvernement.
Pour pallier le déficit de financement de l’économie sénégalaise et éviter de faire appel au FMI actuellement, le Sénégal peut suivre une stratégie de mobilisation des ressources internes qui tournerait autour de ces axes :
Récupérer l’argent détourné en mettant en œuvre des mécanismes d’incitation (médiation pénale, amnistie pour blanchir l’argent détourné et planqué dans des comptes à l’étranger, des coffres forts, sous les matelas, et en espèce) à retourner les fonds et des mesures coercitives pour les récalcitrants (reddition intelligente des comptes)
Élargir l’assiette fiscale (sans pour autant augmenter le taux d’imposition fiscale), optimiser le recouvrement des recettes fiscales, et minimiser les dépenses fiscales et les exonérations fiscales.
Mobiliser l’épargne locale et de la diaspora en mettent en pratique la campagne de mobilisation et de sensibilisation déjà entamée autour du financement endogène de l’économie.
Éviter une nouvelle restructuration de la dette et à défaut renégocier la dette à l’échelle régionale/ BRICS. Pour cela, il faudra restaurer et renforcer la confiance des investisseurs privés par la mise en place de stratégies efficaces de bonne gouvernance et de lutte contre l’impunité et conséquemment accélérer la baisse du risque pays. Ce qui favorisera des opportunités de refinancement sur les marchés privés.
Développer les exportations en accélérant la mise en place des projets économiques viables centrés autour d’une politique de substitution aux importations et de la relance des exportations énergétiques, minières, halieutiques et agricoles.
Accélérer les reforme structurelles pour transformer le secteur primaire et favoriser la production, en allouant une plus grande part du budget à ce secteur.
Commencer à concrétiser un plan de relance économique sur le moyen et long terme.
Ces mesures permettront à l’économie sénégalaise de mieux résister aux chocs extérieurs, tels que la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie, ou encore la baisse des prix des matières premières à l’exportation. Par ailleurs, elles contribueront à poser les bases solides de la transformation industrielle, au développement d’une industrie culturelle innovante et numérique, ainsi qu’à la promotion des PME, éléments clés pour atteindre les objectifs du Plan de Développement « Sénégal 2050 ». Ces mesures, renforcées par un appel à la mobilisation populaire autour d’un pacte social visant à bâtir une économie endogène, pourraient éventuellement permettre au Sénégal d’éviter de se soumettre aux exigences du FMI.
Bibliographie
John Maynard Keynes et Dexter White, conseiller économique de FDR qui a joué un rôle important dans la conception du New Deal
Washington Consensus et Mesures d’ajustement structurel « stratégie de développement des pays africains » Gueye, S Colloque sur les pays africains Monterey Institute of International Studies April 2016
Abdoul A Kane « Restaurer le pouvoir des organes de contrôle, un gage de bonne gouvernance » Seneplus.com
GUY MARIUS SAGNA CONTESTE LA NOMINATION DU DIRECTEUR DE L’ARP
Le député a adressé une question écrite au ministère de la Santé pour dénoncer la nomination de Dr Diouf. Il met en avant des sanctions disciplinaires passées contre ce dernier pour trafic présumé de médicaments.
Le député Guy Marius Sagna a saisi le ministère de la Santé par une question écrite pour dénoncer la nomination de Dr Alioune Ibnou Abitalib Diouf à la tête de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP). Selon lui, ce dernier a fait l’objet d’une sanction disciplinaire pour trafic présumé de médicaments.
Dans son courrier, le parlementaire rappelle que Dr Diouf avait été épinglé par l’Ordre des pharmaciens du Sénégal pour des pratiques jugées irrégulières dans la gestion de quatre pharmacies situées à Touba et Mbacké, dont la pharmacie El Hadj Mouhamadou Lamine Bara Fallilou Mbacké, qui lui appartient.
L’inspection menée à l’époque aurait révélé plusieurs manquements, notamment l’absence de renouvellement de son inscription annuelle à l’Ordre des pharmaciens et des irrégularités dans la traçabilité de commandes de médicaments comme le Cardiurine, l’Irex sirop et le Verzol comprimés. Ces anomalies avaient conduit à sa comparution devant le Conseil de discipline, qui l’avait sanctionné.
Guy Marius Sagna estime que le président de la République n’avait pas toutes les informations au moment de sa nomination et demande l’annulation du décret. Il pointe également des décisions de gestion problématiques prises par Dr Diouf depuis son entrée en fonction à la tête de l’ARP.
DEUX PIROGUES DE MIGRANTS INTERCEPTÉES AU LARGE DE FIMELA ET JOAL
Les forces de sécurité sénégalaises ont arrêté deux pirogues transportant 450 migrants irréguliers, dont de nombreuses femmes et enfants. L’opération a permis l’interpellation de 14 convoyeurs présumés.
Les forces de sécurité sénégalaises ont intercepté deux pirogues transportant au total 450 migrants irréguliers au large de Fimela et Joal. La première embarcation, avec 250 personnes à son bord, a été arrêtée à Fimela, tandis que la seconde, interceptée à Joal, transportait 200 candidats à l'exil. Parmi eux, de nombreux enfants et femmes.
Lors de cette opération, 14 présumés convoyeurs, tous de nationalité sénégalaise, ont été interpellés : cinq dans la première pirogue et neuf dans la seconde. Trois moteurs ont également été saisis et acheminés à la brigade de gendarmerie de Joal.
Cette intervention fait suite à une alerte reçue par la brigade de gendarmerie de Fimela il y a deux jours, signalant l'organisation d'un voyage clandestin de plus de 600 personnes.
Après l'interception de la première pirogue, les autorités ont immédiatement informé la douane de Fimela et la brigade de gendarmerie de Joal, qui ont pris le relais pour stopper la seconde embarcation.
Selon nos sources, l'enquête se poursuit pour identifier et démanteler l’ensemble du réseau responsable de cette tentative de migration irrégulière.
DEUX PIROGUE DE MIGRANTS INTERCEPTEES A JOAL
Les forces de sécurité ont intercepté deux pirogues transportant au total 450 migrants irréguliers au large de Fimela et Joal. La première embarcation, avec 250 personnes à son bord, a été arrêtée à Fimela, tandis que la seconde, interceptée...
Les forces de sécurité sénégalaises ont intercepté deux pirogues transportant au total 450 migrants irréguliers au large de Fimela et Joal. La première embarcation, avec 250 personnes à son bord, a été arrêtée à Fimela, tandis que la seconde, interceptée à Joal, transportait 200 candidats à l'exil. Parmi eux, de nombreux enfants et femmes.
Lors de cette opération, 14 présumés convoyeurs, tous de nationalité sénégalaise, ont été interpellés : cinq dans la première pirogue et neuf dans la seconde. Trois moteurs ont également été saisis et acheminés à la brigade de gendarmerie de Joal.
Cette intervention fait suite à une alerte reçue par la brigade de gendarmerie de Fimela il y a deux jours, signalant l'organisation d'un voyage clandestin de plus de 600 personnes.
Après l'interception de la première pirogue, les autorités ont immédiatement informé la douane de Fimela et la brigade de gendarmerie de Joal, qui ont pris le relais pour stopper la seconde embarcation.
Selon nos sources, l'enquête se poursuit pour identifier et démanteler l’ensemble du réseau responsable de cette tentative de migration irrégulière.
LA DÉCHARGE DE MBEUBEUSS, UN FACTEUR CLÉ DES INONDATIONS À DAKAR
La pollution de la nappe phréatique par la décharge a contribué à l’aggravation des inondations, selon un expert de la SONAGED. En empêchant l’exploitation des forages, cette contamination a favorisé la remontée des eaux souterraines.
Dakar, 14 mars (APS) – La remontée de la nappe phréatique dans la région de Dakar, consécutive à sa pollution par la décharge de Mbeubeuss, fait partie des facteurs qui ont favorisé et accentué les inondations à Dakar au cours des dernières années, indique un expert de la Société nationale de gestion intégrée des déchets (SONAGED).
‘’La décharge de Mbeubeuss, c’est 104 hectares. C’est vraiment une bombe écologique (…)’’, explique Cheikh Mohamed Fadel Fall, spécialiste développement industriel et économie circulaire à la SONAGED.
Cette décharge ‘’est à l’origine de la forte pollution du lac Mbeubeuss et de la nappe phréatique de Dakar de même que les inondations dans la capitale sénégalaise’’, analyse-t-il dans un entretien avec l’APS en prélude de la journée mondiale du recyclage prévue le 18 mars prochain.
‘’A cause de la décharge de Mbeubeuss, le lixiviat, un liquide dangereux provenant des déchets et qui s’infiltre à travers le sol, a fortement pollué la nappe phréatique de Dakar’’, a-t-il relevé.
Il explique que cette pollution de la nappe phréatique à Dakar a poussé les pouvoirs publics à cesser d’approvisionner les populations en eau à partir des forages. ‘’Ce qui a ainsi entrainé une remontée de la nappe, contribuant à favoriser, au cours de ces dernières années, les inondations à Dakar durant l’hivernage’’, a-t-il ajouté.
‘’C’est de cette manière que la décharge de Mbeubeuss a fini d’accentuer les inondations à Dakar’’, a indiqué Cheikh Mohamed Fadel Fall. Le spécialiste a rappelé que le pompage de la nappe phréatique contribuait par le passé à faire baisser son niveau à Dakar.
Selon lui, il existait ”un mécanisme de montée de la nappe en saison des pluies et une baisse avec l’activité des forages qui favorisait aussi l’infiltration des eaux pluviales durant l’hivernage’’.
‘’Ainsi, les habitants de Dakar, en s’approvisionnant à l’époque en eau potable à partir de la nappe phréatique, faisaient baisser en même temps le niveau de la nappe phréatique’’, a-t-il encore souligné.
Parallèlement au système de transfert d’eau du lac de Guiers vers Dakar, ces forages ont été pendant longtemps utilisés en appoint par certaines populations dakaroises avant leur abandon.
‘’Aujourd’hui que la nappe phréatique de Dakar [est] polluée par le lixiviat provenant de la décharge de Mbeubeuss, il faut penser à sa résorption”, a-t-il préconisé. Il signale que le Projet pour la promotion de la gestion intégrée et de l’économie des déchets solides au Sénégal (PROMOGED) s’évertue déjà à cela.
En 2015, les autorités avaient envisagé la fermeture de la décharge de Mbeubeuss, qui avait été ouverte en 1968. Aujourd’hui, les nouvelles autorités sont plutôt dans une dynamique de résorption progressive et d’aménagement de cette décharge située à une trentaine de kilomètres de la ville de Dakar.
LES INSCRIPTIONS POUR LE VOYAGE SPIRITUEL AUX LIEUX SAINTS DE LA CHRÉTIENTÉ DÉBUTERONT À PARTIR DU LUNDI 24 MARS
Le Comité interdiocésain national des pèlerinages catholiques (CINPEC) a annoncé, vendredi, que le pèlerinage catholique 2025 aux lieux saints de la chrétienté se tiendra du 22 août au 11 septembre 2025.
Le Comité interdiocésain national des pèlerinages catholiques (CINPEC) a annoncé, vendredi, que le pèlerinage catholique 2025 aux lieux saints de la chrétienté se tiendra du 22 août au 11 septembre 2025. L’itinéraire prévu comprend les villes de Dakar, Jérusalem, Nazareth, Rome, et Lourdes avant le retour à Dakar.
Les inscriptions seront ouvertes à partir du lundi 24 mars 2025, à la permanence du CINPEC, située à côté du Collège de la Cathédrale de Dakar. Elles se feront du lundi au vendredi, de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h.
Dans un communiqué, le CINPEC, agissant pour le compte de la Province ecclésiastique de Dakar (PED), a fixé le coût de participation à 3 500 000 francs CFA par pèlerin.
Le Comité souligne que ce pèlerinage se déroule en cette année jubilaire, placée sous le signe évangélique de l’Espérance. Avec le soutien de l’Etat et la collaboration des partenaires classiques, le CINPEC prévoit de convoyer un total de 450 pèlerins, répartis en neuf groupes de 50 personnes.
Le CINPEC a mis en place plusieurs critères d’éligibilité pour les futurs pèlerins, notamment : Un passeport valide jusqu’en mars 2026 au minimum, un certificat d’aptitude établi par un médecin habilité par le ministère de la Santé, un formulaire fourni par le CINPEC permettant d’effectuer le versement intégral des frais de participation sur le compte bancaire du Comité.
En outre, l’âge limite pour participer au pèlerinage a été fixé à 70 ans. Ce pèlerinage 2025 constitue une occasion unique pour les fidèles de renforcer leur foi et de vivre une expérience spirituelle intense dans des lieux emblématiques de la chrétienté.
LES ACTEURS POLITIQUES INVITÉS À RÉFLÉCHIR SUR LA RATIONALISATION DES PARTIS
Dans son rapport sur les législatives de novembre dernier, la Commission électorale nationale autonome souligne la faible représentativité des partis et coalitions en lice.
La Commission électorale nationale autonome (CENA), jugeant ”très faible” la représentation des partis politiques à la lumière des résultats des législatives de novembre dernier, considère qu’il est urgent de travailler à leur rationalisation, pour juguler les “effets pervers” de la pléthore des candidatures sur la vitalité démocratique et la dépense publique.
Dans son rapport sur les dernières législatives rendu public vendredi, la CENA juge “particulièrement très faible” la représentativité́ de la plupart des 41 partis ou coalitions de partis ayant participé à cette élection.
”À l’issue du scrutin, note-t-elle dans son rapport, la liste Pastef, dirigée par le Premier ministre Ousmane Sonko, a obtenu cent-trente (130) sièges sur cent-soixante-cinq (165) sièges. La liste gagnante est suivie par les listes Takku Wallu Senegaal (16 sièges), Jàmm Ak Njariñ (7 sièges) et Sàmm Sa Kaddu (3 sièges)”.
L’examen de ces résultats montre que “seules deux listes ont atteint au moins 10% des suffrages exprimés, seules cinq listes ont atteint au moins 1% des suffrages exprimés sur les quarante-et-une (41) listes qui ont concouru”, relève l’organe en charge de la supervision et du contrôle du processus électoral.
Elle en conclut que la représentativité de la plupart des partis et coalitions concernés est ”très faible”, avant de pointer “deux principaux effets pervers que la pléthore des candidatures lors des élections législatives a induits par rapport à̀ la vitalité́ du débat démocratique et à l’efficacité́ de la dépense publique”.
“Le trop grand nombre de partis politiques et de candidats aux élections rend inaudible les principales offres politiques et ne milite pas à̀ l’approfondissement des débats sur les problèmes économiques, sociaux ou environnementaux qui interpellent les populations. Le raccourci et la recherche du retentissement médiatique immédiat deviennent les stratégies les plus utilisées”, avance d’abord la CENA.
Elle évoque ensuite le volet relatif à l’efficacité de la dépense publique, en déplorant le coût onéreux du scrutin du 17 novembre dernier.
“Dans un pays en développement, où les ressources sont rares, une bonne allocation des crédits disponibles est nécessaire. Lors des élections législatives, vingt-cinq (25) listes de candidats n’ont pas atteint 0,5% des suffrages exprimés. Chacune de ces listes a coûté́ 280 millions de francs au contribuable, soit un montant total de sept (7) milliards de francs”, signale la CENA.
Selon l’organe en charge du contrôle et de la supervision du processus électoral, “le refus, par la majorité́ des candidats, de l’utilisation des bulletins à format réduit, a empêché́ l’État de faire une économie de huit (8) milliards de francs”.
Sur cette base, “il apparait, dès lors, urgent de réunir les parties prenantes sur la rationalisation des partis politiques et des candidatures aux élections pour une expression démocratique plus dynamique”, indique la CENA, précisant qu’à la date du 26 mai 2023, il a été dénombré 339 partis politiques au Sénégal.