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26 février 2025
L'IMMOBILIER À LA LOUPE APRÈS DES ANNÉES DE DÉRIVES
"D'où vient cet argent ?", s'interroge Meissa Babou, professeur d'économie, quand "des centaines d'immeubles sont construits dans les quartiers huppés, pour un montant pouvant aller jusqu'à 1,5 million d'euros, sans prêt bancaire
(SenePlus) - L'essor spectaculaire de l'immobilier de luxe ces dernières années a soulevé de vives inquiétudes quant à l'origine douteuse des fonds investis et les atteintes à l'environnement. Comme le rapporte Le Monde dans un reportage, le nouveau gouvernement tente désormais de reprendre le contrôle d'un secteur qui a longtemps prospéré dans l'anarchie.
À Dakar, les agents immobiliers vantent sans retenue les atouts des somptueux appartements et villas "pieds dans l'eau" sur la convoitée corniche. "600 m2, 5 chambres, carrelage en marbre italien, jacuzzi, piscine, salle de sport, jardin... pour plusieurs millions d'euros", détaille l'un d'eux à Le Monde. Des biens immenses qui trouvent rapidement preneurs auprès d'investisseurs fortunés, souvent étrangers, quand plus de la moitié des Sénégalais vivent sous le seuil de pauvreté.
"Notre mer nous a été confisquée par ces villas illégales qui détruisent notre littoral", dénonce l'architecte Pierre Atepa Goudiaby, engagé dans la défense du patrimoine côtier. Un constat partagé par le Colonel Papa Saboury Ndiaye, qui regrette "des constructions de plusieurs étages même sur des sites classés, c'est une aberration que nous dénonçons depuis des années."
Face à l'ampleur de ces dérives, le ministre des Finances a ordonné fin avril l'arrêt des chantiers en cours à Dakar et l'examen des dossiers fonciers litigieux. Une première étape pour "faire la lumière sur la recrudescence des litiges qui menacent la paix sociale", selon une note officielle.
L'objectif affiché est de mettre un frein à "la spéculation et la prédation foncière" qui ont permis à certains d'acheter des terrains à bas prix pour les revendre des sommes colossales, grâce à des titres de propriété obtenus illégalement sur le domaine public maritime.
"D'où vient cet argent ?", s'interroge Meissa Babou, professeur d'économie, quand "des centaines d'immeubles sont construits dans les quartiers huppés, pour un montant pouvant aller jusqu'à 1,5 million d'euros, sans prêt bancaire."
Une étude de l'Institut d'Etudes de Sécurité estime qu'en 2013, 96% des 480 millions de dollars investis dans l'immobilier provenaient de sources illicites, l'argent du trafic de drogue s'étant massivement infiltré dans la pierre. "En 2019, environ 120 agences immobilières supplémentaires ont été créées par des trafiquants à Dakar", selon cette enquête.
Face aux soupçons massifs de blanchiment et à l'appauvrissement ressenti par de larges franges de la population, les nouvelles autorités issues de la coalition Faye-Sonko se doivent d'agir fermement. Reste à voir si les mesures d'assainissement annoncées suffiront à juguler des années d'excès et de dérives dans un secteur devenu incontrôlable.
"Plus de transparence est une bonne chose, mais la saturation nous guette. La poursuite dépendra des orientations du nouveau régime", estime avec prudence un promoteur immobilier cité par Le Monde.
LES RAPPORTS SUR LA GESTION DES DENIERS PUBLICS AU MENU DE LA REVUE DE PRESSE DE L’APS CE JEUDI
Les quotidiens évoquent les rapports publiés par les institutions de contrôle de la gestion financière des collectivités territoriales et des entreprises nationales, qui mettent en cause plusieurs personnalités et collaborateurs de l’ex-président M.Sall
Dakar, 2 mai (APS) – Les quotidiens évoquent les rapports publiés par les institutions de contrôle de la gestion financière des collectivités territoriales et des entreprises nationales, qui mettent en cause plusieurs personnalités et collaborateurs de l’ex-président de la République, Macky Sall.
Selon Sud Quotidien, l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a remis aux autorités judiciaires 40 dossiers concernant des maires et des directeurs généraux, afin que des enquêtes soient menées sur la manière dont ils géré les deniers publics.
‘’L’OFNAC [a procédé à] un changement d’approche en se gardant, cette fois-ci, de divulguer l’identité des personnes impliquées dans des affaires de corruption et des infractions connexes’’, signale-t-il.
Selon Bés Bi Le Jour, la non-divulgation des noms des personnes dont il est question dans les rapports de l’OFNAC ‘’fait débat’’. ‘’C’est un choix’’, écrit-il en ajoutant que ‘’cette volonté de ne pas nuire [aux personnalités concernées] se heurte à une exigence de transparence’’.
L’Observateur est préoccupé par ‘’la violente et mauvaise gestion’’ faite de la société publique de transport Dakar Dem Dikk (DDD) par l’avocat Moussa Diop, son ex-directeur général.
‘’Il a été constaté des dépassements budgétaires importants sur la période contrôlée’’, de 2017 à 2020, concernant DDD, ajoute le même journal.
Me Diop a démenti les accusations de l’institution de lutte contre la fraude et la corruption. ‘’Je n’ai détourné aucun franc’’, note Bés Bi Le Jour en citant l’ex-directeur général de DDD.
Il évoque la partie du rapport de l’ODFNAC concernant l’aéroport international Blaise-Diagne, où le chef de la division chargée de la logistique ‘’n’a qu’un BFEM’’, un brevet de fin d’études moyennes, ‘’pour un poste nécessitant un bac + 4’’.
‘’Des recrutements de complaisance’’
‘’L’escroquerie portant sur les deniers publics, le détournement de deniers publics, la corruption, l’association de malfaiteurs, l’enrichissement [illicite], l’escroquerie et la fraude fiscale’’ sont les délits visés par l’OFNAC dans les 40 dossiers remis au procureur de la République pour des besoins d’enquête, précise Tribune.
Même de l’argent destiné aux soins des personnes souffrant d’insuffisance rénale a été dilapidé, affirment plusieurs journaux, dont Source A, sur la base des rapports des institutions de contrôle des finances publiques.
L’OFNAC ‘’a […] révélé des faits supposés de corruption, d’escroquerie [et] d’abus de confiance’’ dans la prise en charge des personnes vivant avec une insuffisance rénale, lit-on dans L’As.
Libération parle d’un ‘’pillage à huis clos’’ pour décrire la gestion faite des deniers publics par des fonctionnaires, des directeurs généraux et des élus.
‘’Des indemnités d’un montant cumulé de 224 milliards de francs CFA ont été versées en toute illégalité à des agents de l’État et à de hautes autorités entre 2015 et 2018. Des agents bénéficiaient aussi cumulativement d’un logement administratif et de l’indemnité y afférente. D’autres agents avaient deux salaires au ministère de la Santé’’, révèle le même journal.
Au Programme des domaines agricoles communautaires, destiné à créer des milliers d’emplois dans le domaine de l’agriculture, la Cour des comptes a relevé ‘’des recrutements de complaisance’’, dont ont bénéficié des personnes ‘’peu qualifiées’’, relève EnQuête en donnant l’exemple d’un journaliste affecté à ‘’un poste de suivi-évaluation’’.
‘’Que va faire le parquet ?’’ se demande Le Quotidien.
‘’C’est un véritable carnage financier que la Cour des comptes a relevé à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale, dans son rapport 2023’’, écrit WalfQuotidien en ajoutant que le directeur général de ladite entreprise ‘’s’est octroyé un salaire mensuel de 15 millions de francs CFA et un 13e mois de 5 millions de francs CFA, sans compter 1.000 litres de carburant par mois’’.
Les quotidiens se sont préoccupés aussi des ‘’anomalies’’ décelées à Mbour 4, un quartier de la ville de Thiès (ouest), dont les habitants ont déjà fait l’objet d’une expulsion.
Le président de la République a effectué une ‘’visite inopinée’’ de la zone dont les habitants ont été sommés de partir précipitamment.
Une ‘’grande perte pour les arènes sénégalaises’’
Des terrains de 100, 200, voire 300 hectares ont été attribués à des ‘’politiciens’’ sur un ‘’lotissement litigieux’’ de Mbour 4, révèle Le Soleil en citant Bassirou Diomaye Faye.
‘’On ira jusqu’au bout’’, promet le chef de l’État dont la promesse de situer les responsabilités dans ce litige foncier est relayée par Vox Populi.
‘’Ce sont des [personnalités] de l’ancien régime (le pouvoir dirigé par Macky Sall) et des hommes d’affaires proches [de lui] qui se sont partagé ce lotissement de Mbour 4’’, lit-on dans L’As, qui cite M. Faye.
Kritik’ constate que ‘’Bassirou Diomaye Faye arrête la pagaille de Mbour 4’’, L’info notant que le président de la République a pris la décision de ‘’faire suspendre toutes les opérations sur le site’’ faisant l’objet d’un litige.
‘’Croyez-moi, ça ne passera pas’’, jure le chef de l’État, selon Bés Bi Le Jour, à propos de sa volonté de mettre fin à l’accaparement des terres du domaine public par des privés.
Les quotidiens évoquent aussi la mort de l’organisateur de combats de lutte Gaston Mbengue.
‘’Promoteur [de lutte] depuis 1992, il a révélé beaucoup de champions’’, rappelle le quotidien Record.
‘’Surnommé le Don King des arènes, Gaston Mbengue mérite amplement ce surnom. Pendant plus de trente ans, l’ancien commerçant a ébloui les arènes par ses événements, son Championnat de lutte avec frappe surtout’’, lit-on dans Stades.
Le Soleil déplore ‘’une grande perte pour les arènes sénégalaises’’ et témoigne que le défunt était, ‘’à lui seul’’, un ‘’pan entier’’ de la lutte au Sénégal.
Mais, précise Le Soleil, ‘’avec la mort de Gaston Mbengue, ce n’est pas la lutte qui perd une figure de proue mais tout le Sénégal’’.
MANQUEMENT DANS LA GESTION DES MARCHÉS PUBLICS AU PRODAC
Tantôt logé au ministère de la Jeunesse, tantôt au ministère de l’Emploi, le Prodac a un réel problème d’ancrage. Qui freine son efficacité. Et pour le rien n’arranger, le flou entourant ses attributs limite sa capacité technique.
Tantôt logé au ministère de la Jeunesse, tantôt au ministère de l’Emploi, le Prodac a un réel problème d’ancrage. Qui freine son efficacité. Et pour le rien n’arranger, le flou entourant ses attributs limite sa capacité technique. C’est ce que relève le rapport de la Cour des comptes.
On en sait un peu plus sur la gestion du Prodac. La Cour des comptes a publié son rapport. Le premier souci est l’ancrage institutionnel. En effet, logé au ministère de la Jeunesse, de l’emploi et de la promotion des valeurs civiques, il a été transféré au ministère de l’Emploi, de l’insertion professionnelle et de l’intensification de la main-d’œuvre, avant de retourner au niveau du ministère de la Jeunesse.
C’est dans cette logique que la Cour des comptes a recommandé de doter le Prodac d’un ancrage institutionnel adéquat tenant compte du caractère multisectoriel de ses activités, en vue d’éviter les lenteurs et permettre au programme de dérouler ses activités sans discontinuité. Le décret n°2014-498 du 10 avril 2014, portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Prodac, a prévu un organe délibérant et un organe exécutif au Prodac. Ainsi, il n’a pas prévu une personnalité morale lui permettant de contracter. De fait, la nature juridique du Prodac est caractéristique d’une réalité hybride combinant des attributs renvoyant tantôt à une structure non personnalisée, tantôt à une personne morale de droit public. Par conséquent, cela l’empêche de conclure des conventions avec des structures de l’Administration intervenant dans le domaine de l’agriculture, à l’instar de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (Anida), l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) ou l’Agence nationale du conseil agricole et rural (Ancar).
C’est dans cette logique que la Cour des comptes a recommandé de prendre les mesures nécessaires en vue de conférer au Prodac un statut juridique de nature à lui permettre de remplir ses missions avec efficacité.
L’IMPACT DES MÉDIAS SOCIAUX SUR LE DIALOGUE DES CULTURES EN DÉBAT À BAKU
Des experts mondiaux ont discuté de l'impact des médias sociaux sur le dialogue interculturel, soulignant à la fois leur potentiel pour construire des ponts entre les cultures et le risque qu'ils deviennent des barrières érigées entre les peuples...
L’impact des réseaux sociaux sur la promotion du dialogue entre les peuples a été l’un des thèmes sur lesquels les participants au 6e Forum mondial de Baku sur le dialogue interculturel ont planché jeudi, deuxième et dernier jour de cette rencontre internationale abritée par la capitale de l’Azerbaïdjan, a constaté l’envoyé spécial de l’APS.
Des panélistes en provenance de plusieurs parties du monde ont notamment débattu du sujet en évoquant notamment la possibilité offerte par les médias sociaux de construire des ponts pour favoriser le dialogue des cultures mais aussi éviter que les réseaux sociaux ne soient en fin de comptes des instruments pouvant provoquer l’érection de murs entre les peuples et leurs cultures.
En plus du décloisonnement qu’ils favorisent, les médias sociaux ont été décrits par les experts du forum comme des plateformes pouvant véhiculer la rumeur, les fausses informations (Fake news), la stigmatisation et bien d’autres facteurs constituant des limites au dialogue entre les cultures.
Le panel consacré à l’impact des médias sociaux sur le dialogue des cultures figurait parmi les sept panels au programme, au deuxième jour du Forum mondial de Baku sur le dialogue interculturel.
Mercredi, la question de l’autonomisation des femmes comme élément pouvant contribuer au renforcement du dialogue des cultures a été abordée par des participants.
Autour du thème axé sur le renforcement des droits des femmes par l’interculturalité, les participants à ce panel, des femmes en majorité, ont insisté sur le fait que ”sortir les femmes de la pauvreté était une voie vers un progrès mondial”.
Des participantes au forum ont notamment ont présenté la pauvreté des femmes comme un frein à la promotion du dialogue interculturel. ‘’Sans autonomisation, point de développement, de compréhension et de dialogue’’, a par exemple expliqué Bahar Muredova, la modératrice du débat tenu mercredi dans l’une des salles de conférence du palais des congrès de Baku.
Au total, 700 participants représentant une centaine de pays prennent part à la sixième édition du Forum de Baku sur le dialogue interculturel, ouverte mercredi en présence du chef de l’Etat d’Azerbaïdjanais.
Ilham Aliyev est l’initiateur du processus de Baku sur la paix mondiale, matrice du Forum, une plateforme internationale d’échanges sur le dialogue interculturel, dont la 6e édition est placée sous le thème : ‘’ Le Dialogue pour la paix et la sécurité mondiale’’.
LES TAGS ROUGES DE LA DGSCOS SUR TOUS LES MURS
Des Mamelles à Mermoz, ça construit face aux eaux. Ça construisait, puisque là, l’arrêt caractérise ces travaux au bord de la mer. Et au tag rouge, sur les murs, on inscrit les notes de suspension des constructions par la Dgscos
Des Mamelles à Mermoz, ça construit face aux eaux. Ça construisait, puisque là, l’arrêt caractérise ces travaux au bord de la mer. Et au tag rouge, sur les murs, on inscrit les notes de suspension des constructions par la Direction générale de surveillance et de contrôle de l’occupation des sols (Dgscos).
Il y a marqué sur du ciment deuxième, troisième, quatrième, cinquième. A partir de là, il faut deviner qu’il y a un sixième, un septième… L’œil ne verra que peu l’écriture qui s’efface à force que le bâtiment s’élance vers le ciel. Un immeuble, aux Mamelles, qui regarde la mer de haut. L’immeuble a des gardiens, des casques de sécurité ne manquent pas et ça travaille. Timidement. Le sieur Ndiaye qu’on indique pour s’exprimer, indique son supérieur… qui n’est pas là. Qui est en réunion. Dans une réunion qui s’éternise… et on ne peut pas éternellement attendre devant l’immeuble. L’hospitalité de M. Ndiaye a des limites : il faudra se déplacer.
Plus loin, de l’autre côté de la mamelle qui porte le phare, Ndiouga Gaye est plus accueillant. Casque, tenue orange, chaussures de chantier. Lui travaille à ciel ouvert. Il explique travailler dans le chantier de l’Usine de dessalement. C’est l’Eiffage. Ça va. Il accorde un peu de son temps de pause. Son doigt indique des bâtiments plus avancés vers la mer. Là-bas, s’affirmera ce qu’indiquait un certain architecte.
Quatorze heures, Jean s’apprête à faire quelque chose d’inhabituel. D’habitude, le jeune homme quitte son poste de contrôleur à seize heures. Aujourd’hui, 30 avril, l’habitude change. Il a pris son sac. Il allait rentrer. Rien à surveiller, si ce ne sont trois maçons qui font des briques. Rien à surveiller dans ce désert de soleil, de vent et d’herbes mortes, qui donne l’aspect d’une ville abandonnée. Et, c’est abandonné. Du moins, Jean et les autres ont été contraints d’abandonner. La Direction générale de la surveillance et du contrôle de l’occupation des sols (Dgcos), qui a «pour mission générale la prévention et la lutte contre les occupations et constructions irrégulières, ainsi que la gestion des contentieux y afférents», est passée par là. Selon Jean, Pierre avait raison. Atepa l’avait annoncé : arrêt des travaux. De bruit, il n’y a que celui produit par les chantiers de l’Eiffage, le muezzin qui appelle au loin à la prière, le tout orchestré par un vent intermittent. Arrêt, immobilité ! Dessus trois immeubles qui devront attendre pour continuer leur progression vers les cieux, des grues. Aucune main pour les manipuler. Leur particulière immobilité dit l’immobilité d’un tout. Il n’y a plus ce bruit infernal caractéristique d’une zone en chantier auquel les oreilles de Jean avaient droit en temps normal. Jean écourta sa journée. Et Jean s’en alla…
Entre la Cité des enseignants de Mermoz et la mer, il n’y a que la route. Il n’y a que la route et des bâtiments. L’un d’eux a sa grue, comme on en voit un peu partout sur la Corniche. On n’y travaille pas. On y écoute de la musique. La date du 1er mai, qui est férié, y est peut-être pour quelque chose. Mais, 1er mai ou pas, nul n’allait travailler. Ici aussi, la Dgscos est venue. Les travaux sont suspendus. Fallou Mbodj, le gardien des lieux, confirme. Et même sans sa confirmation, la Dgscos a, par un tag laissé sur un des murs de ce chantier qui domine la mer, signé son passage. En rouge, à la bombe, l’inscription qui signale : «Arrêt Dgscos… le 29/4/2024.» Il y a un 27 marqué sur le mur et entouré. Il y a aussi un numéro de téléphone : le «stylo» rouge qui corrige les fautes de construction le long des eaux ne se cache pas. Plus loin, vers l’université, au niveau de la plage dite de Mermoz, un bâtiment s’est déjà érigé devant d’autres, plus anciens. La vue qu’on pouvait avoir de l’horizon à partir des anciens bâtiments a sûrement perdu de sa qualité. Là aussi, lu rouge sur un mur, le chiffre 32 entouré. Le 32 est perché bien haut, sur une montagne. Un coup d’œil sur la gauche, et on aperçoit quelque chose qui aurait été une fourmilière humaine, en jour normal de travail. Le camion qui traîne dans ce grand espace creusé semble presque petit. Le fer tissé pour devenir le socle à des installations futures est presque invisible. A partir de l’avenue Houphouët Boigny, la longue grue bleue semble naine. Quelque chose de déjà construit et à moitié peint a émergé du creux qui fait face au bleu qui scintille sous le soleil… Qui sait, si ce n’est encore un chantier qui devra attendre la fin des mises au point sur le littoral pour s’achever. Ou pas…
LA 15E ÉDITION DE STLOUIS’DOCS OFFICIELLEMENT LANCÉE CE MERDREDI
La 15e édition du festival international du film documentaire de Saint-Louis (nord) ”Stlouis’docs” a officiellement démarré mercredi, avec la projection du film ‘´Mambar Pierrette’’, de la réalisatrice et productrice camerounaise basée en Belgique
La 15e édition du festival international du film documentaire de Saint-Louis (nord) ”Stlouis’docs” a officiellement démarré mercredi, avec la projection du film ‘´Mambar Pierrette’’, de la réalisatrice et productrice camerounaise basée en Belgique, Rosine Mbakam, mise à l’honneur cette année.
Documentaire belgo-camerounais de 93 minutes réalisé en 2023, ‘’Mambar Pierrette’’ raconte le quotidien à Douala, la capitale économique du cameroun qui trépigne à l’approche de la rentrée scolaire.
Dans les ateliers, les clientes se bousculent pour que les vêtements des enfants et autres tenues de cérémonie soient prêts à temp, en particulier dans celui de la couturière Pierrette.
Plus qu’une simple couturière, Pierrette est aussi la confidente de ses clientes et d’une génération, souligne le synopsis du film.
Mais de fortes pluies menacent d’inonder son atelier, un malheur parmi d’autres.
Ce film a été projeté en plein air en présence du public et d’officiels, dont le directeur de la cinématographie, Germain Coly, et la directrice du centre culturel régional de Saint-Louis, Sira Bâ, à la place Baya Ndar. Il est le premier d’une rétrospective dédiée à la cinéaste camerounaise.
Il a été sélectionné à la quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes 2023.
Stlouis’docs qui sera clôturé samedi, propose des projections, débats, des causeries, des cafés rencontres. Des séances scolaires sont aussi au programme du festival de même qu’un forum de production visant à accompagner “la création émergente”.
L’agenda du festival prévoit également de mettre en lumière “Sénégal en Docs”, une section spéciale dédiée à valoriser la production nationale et la création émergente.
La place “Baya Ndar”, ex-place Faidherbe, le centre Jangkom, l’institut français, le centre culturel “Le Château”, le centre culturel Aminata de Gandiol sont les différents lieux retenus pour abriter les activités de la 15e édition du Festival international du film documentaire de Saint-Louis.
‘’Stlouis’Docs” nourrit l’ambition de “valoriser le cinéma documentaire africain, dans toute sa richesse, sa complexité, sa création et sa diversité”, selon les initiateurs de la manifestation.
L’évènement se veut également un espace privilégié de rencontres, d’échanges et de découvertes autour de la création documentaire, ajoutent ses promoteurs regroupés autour de deux structures, que sont “Suñuy films” (Sénégal) et “Krysalide diffusion” (France).
LE DOCUMENTAIRE SUR SCENE
La 15e édition du Festival international du film documentaire de Saint-Louis, communément appelé Stlouis’Docs, s’est ouverte mardi soir à la Place Baya, sous le regard attentif d’une pléiade de figures emblématiques du 7ème art et de personnalités...
Ousmane SOW (Envoyé spécial à Saint-Louis) |
Publication 02/05/2024
Depuis ce mardi, la ville de Saint-Louis vit au rythme de la 15e édition du Festival international du film documentaire. L’ouverture officielle s’est déroulée sur la vaste esplanade de l’ancienne Place Faidherbe, dans une ambiance populaire propre au cinéma de plein air. Et jusqu’au 4 mai, le public comme les professionnels du 7ème art pourront voir de nombreux films et débattre pour accompagner la création émergente du cinéma africain.
La 15e édition du Festival international du film documentaire de Saint-Louis, communément appelé Stlouis’Docs, s’est ouverte mardi soir à la Place Baya, sous le regard attentif d’une pléiade de figures emblématiques du 7ème art et de personnalités des sphères culturelle, artistique et médiatique. Et du 30 avril au 4 mai 2024, les cinéphiles et les curieux auront l’opportunité de plonger au cœur de quarante œuvres documentaires provenant de 22 pays différents. La section compétitive va également rassembler 21 films. Mais Stlouis’Docs ne se limite pas à une simple séance de cinéma. Le festival offre également un espace de réflexion et d’échange avec des projections-débats, des rencontres informelles, des séances scolaires et un forum de production dédié à soutenir la création cinématographique émergente du Sénégal.
La cérémonie a été également marquée par la présentation des membres du jury au titre de la compétition officielle, présidé par Rama Thiaw, et d’un jury de la critique de l’Association sénégalaise de la critique cinématographique (Ascc). Saint-Louis vibrera donc pendant 5 jours au rythme du cinéma. Des projections de proximité en plein air s’organiseront dans plusieurs quartiers de Saint-Louis, à Gandiol et au Centre culturel Le Château, informe Souleymane Kébé, co-organisateur du festival avec sa structure Suñuy Films. Parmi les films sénégalais en compétition nationale courts métrages pour le Prix du documentaire national, doté par Wido, figurent 2002, Bataille contre l’oubli de Abdoul Aziz Basse, Colobane de Mbaye Diop, Miroir intime de Cheikh Ahmed Tidiane Samb Bray, Njuddu Jeeri de Hamidou Sow, Xalis-Franc Jeu de Cheikh Ameth Tidjane Diouf et Yaakaar de Daba Kébé. Et pour la compétition officielle internationale, Ndar Saga Walo de Ousmane Williame Mbaye, Lébou de Ndèye Soukeynatou Diop, Ndar, les fils de l’eau de Marie-Cécile Crance et Dox Dadje-Marcher se croiser, un film de Eléonore Coyette et Aïssatou Ciss, sont en lice.
Au programme du festival de cette année, il y aura également un forum de production pour l’accompagnement de 10 jeunes autrices et auteurs sénégalais, mauritaniens et camerounais, issus de divers structures de formation en cinéma et audiovisuel au Sénégal, notamment Ciné banlieue, l’Université Gaston Berger, l’Institut Mouso et Ciné Lab221. «Une rencontre qui permettra à̀ 10 projets en écriture, portés par de jeunes autrices et auteurs du Sénégal, du Cameroun et de la Mauritanie, d’être mis en lumière auprès d’un panel de producteurs et de diffuseurs. L’organisation du forum alternera un temps de présentation des projets en séance plénière en matinée, suivi de rencontres individuelles en après-midi du vendredi 3 mai», informe le producteur Souleymane Kébé. La soirée d’ouverture a été également marquée par la projection du film long métrage Mambar Pierrette de la scénariste-réalisatrice camerounaise Rosine Mbakam. Un film de 90 minutes qui plonge le public dans les méandres de l’âme humaine à travers le prisme de l’objectif documentaire.
JE PENSE QUE J’AURAIS DÛ…
Jackson brise le silence sur sa première saison à Chelsea
L’attaquant de Chelsea, Nicolas Jackson, a fait le bilan de sa première saison à Stamford Bridge, reconnaissant ses difficultés à être décisif en Premier League.
Dans une interview sincère avec Sky Sports, le joueur sénégalais a admis qu’il n’avait pas atteint les objectifs qu’il s’était fixés, malgré les opportunités qu’il a eues. Au cours de ses huit derniers matchs, toutes compétitions confondues, Jackson a marqué un seul but et délivré deux passes décisives, son unique but ayant été inscrit lors d’une victoire éclatante 6-0 contre Everton.
Bien qu’il ait eu plusieurs occasions, transformer ces opportunités en buts a représenté un véritable défi pour l’attaquant de 22 ans, qui a conclu la saison avec un total de 10 buts en Premier League. Cette performance est en deçà des attentes qu’il avait pour lui-même.
«Je pense que j’aurais dû convertir plus des occasions que j’ai eues. C’est correct, mais loin de ce que j’espérais en rejoignant le club. L’objectif était de jouer la Ligue des Champions la prochaine saison. Mais nous envisageons de nous battre l’année prochaine. Même si j’avais marqué 10 ou 15 buts, l’essentiel est que l’équipe performe au mieux et que les supporters soient contents. Les buts suivront», at-il expliqué à Sky Sports..
Nicolas Jackson a également souligné son engagement à s’améliorer quotidiennement pour mieux servir l’équipe. «Je travaille à me créer davantage d’opportunités et à marquer plus. J’espère que les choses iront mieux l’année prochaine», a-t-il ajouté.
Arrivé à Chelsea l’été dernier en provenance de Villarreal pour 36 millions d’euros, correspondant à sa clause libératoire, Jackson avait impressionné lors de sa dernière saison complète en Espagne, marquant 13 buts et délivrant 5 passes décisives en 38 matchs. Cependant, sa transition vers le football anglais a été difficile, et il n’a pas encore montré le niveau qui était le sien à Villarreal.
Sa carrière internationale a également été compliquée. Sélectionné pour la première fois en Equipe du Sénégal en septembre 2022, il a participé à la Coupe du monde 2022, mais n’a toujours pas ouvert son compteur-buts malgré 14 sélections. Cela ne diminue en rien les espoirs placés en lui comme pilier de la future génération des Lions.
Avec du temps et de la persévérance, Nicolas Jackson a encore une marge importante de progression, tant en club qu’en sélection.
LA LISTE DE L’AS DOUANES CONNUE !
L’entraîneur de l’As Douanes, Mamadou Guèye «Pabi», a dévoilé, ce mardi, la liste des joueurs retenus pour la Basketball Africa League (Bal) de la Conférence Sahara qui débute ce samedi à Dakar Arena.
L’entraîneur de l’As Douanes, Mamadou Guèye «Pabi», a dévoilé, ce mardi, la liste des joueurs retenus pour la Basketball Africa League (Bal) de la Conférence Sahara qui débute ce samedi à Dakar Arena.
Sans grosse surprise, on retrouve Jean-Jacques Boissy, Samba Daly Fall, Ibrahima Thomas, Adama Diakité, Harouna Abdoulaye Amadou, Madut John Angok Akek, Seydougou Mamoudou Fofana Santis, Michael Ochereobia et Christopher Ewaoche Obepka.
Naturellement, pour réduire le groupe, le technicien sénégalais a choisi parmi les locaux. Après Babacar Diallo «Sy Malick», arrivé cette année, Madiara Malick Dieng, Ahmed Cheikh Kamara et Moussa Cissé ont été recalés.
Une liste dans laquelle il faut ajouter le Sénégalais Khadim Rassoul Mboup. Il fait partie des jeunes retenus du programme Elevate qui offre l’opportunité à chaque équipe de choisir un pensionnaire de la Nba Academy.
L’As Douanes partage la Conférence Sahara avec l’Us Monastir de la Tunisie, l’Armée Patriotique (Apr) du Rwanda et les Rivers Hoopers du Nigeria. La première sortie des Gabelous est prévue le samedi 4 mai à 17h 30 Gmt face aux Rivers Hoopers.
Liste
Alkaly Mamadou Ndour, Mamadou Lamine Diop, Abdoul Aziz Sy, Ibrahima Thomas, Jean-Jacques Boissy, Samba Daly Fall, Khadim Rassoul Mboup, Adama Diakité, Harouna Abdoulaye Amadou (Niger), Madut John Angok Akek (Soudan du Sud), Seydougou Mamoudou Fofana (Côte d’Ivoire), Michael Ochereobia (Nigeria), Christopher Ewaoche Obepka (Nigeria).
Par Ibou FALL
JE SUIS SENGHORIEN MAIS JE ME SOIGNE
Alors que la vente aux enchères de 343 ouvrages, appartenant au défunt mais pas toujours regretté Léopold Sédar Senghor, doit se tenir le 16 avril 2024, le nouveau chef de l’Etat du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ô surprise, décide de stopper
Alors que la vente aux enchères de 343 ouvrages, appartenant au défunt mais pas toujours regretté Léopold Sédar Senghor, doit se tenir le 16 avril 2024, le nouveau chef de l’Etat du Sénégal, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, ô surprise, décide de stopper cet outrage à la Nation sénégalaise.
Le geste est inattendu, pour ne pas dire surréaliste, venant d’un militant démissionnaire du parti Pastef dont le leader, le Pros, qui, entre autres déclarations tonitruantes, décrète à ses débuts, urbi et orbi, histoire de lancer sa carrière politique, que tous nos anciens chefs d’Etat méritent le peloton d’exécution pour avoir trahi le Peuple sénégalais.
Mieux, le parti Pastef, pour marquer sa différence, porte aux nues l’ancien président du Conseil des ministres, Mamadou Dia, emblématique victime du Senghorisme triomphant. Tout est là pour que, ce 16 avril passé, le patrimoine de Senghor finisse aux enchères, comme un vulgaire string de Madonna balancé en fin de concert alors que ses groupies bavent pendant une heure juste pour son décolleté audacieux exposé en intro.
Mais non, bizarrement, Sédar Gnilane, un fils du Sine tout comme Diomaye Diakhère, depuis peu, mérite de la République.
Il en aura fallu du temps
Le p’tit autochtone court sur pattes à l’accent indigène, sujet français, au demeurant récent agrégé de grammaire, en 1945, ne paye pas de mine à côté de l’altier Maître Lamine Guèye, citoyen français, maire de Dakar, docteur en Droit. C’est le député kaki qui a le mauvais goût de soutenir les paysans, les ouvriers, disons, les sans-culottes de la colonie.
Aux réunions de la Sfio, où il arrive comme un cheveu dans la soupe, ses avis comptent pour de la petite bière. Il ne peut pas comprendre que le curieux agrégé sérère qu’il est, fasse figure de folklore dans le décor pour la Constituante de 1946…
Quand il rend le tablier et entre en campagne, les gens instruits qui ont tout compris dès la naissance ont des sourires en coin. Son soutien agissant aux cheminots qui font mettre un genou à terre aux colons n’est qu’un début. Il prend d’assaut la colonie du Sénégal en donnant le pouvoir aux «sujets», notamment en propulsant Mamadou Dia au-devant de la scène. Le Sérère et le Toucouleur sont les deux faces d’une même pièce, celle qui défend la dignité des Sénégalais et conduit à l’indépendance.
Certes, l’un est aussi pondéré que l’autre est fougueux ; quand le cultivé Sérère catholique se plaît du conservatisme des guides religieux musulmans, le docte Toucouleur venu du Baol s’entiche de la philosophie du développement d’un curé catholique révolutionnaire.
Lorsque les indépendances deviennent inéluctables, les Soudanais, Modibo Keïta en tête, ne veulent rien savoir : le p’tit Sérère catholique agrégé de grammaire ne peut pas diriger un empire où les Mandingues sont presque une majorité, suivis des Halpulars, tous musulmans. Le bras de fer prendra une autre tournure : ça se jouera entre Sénégalais et Soudanais
Chez nous autres, de la rive ouest du fleuve éponyme, l’ethnie et la religion passent derrière le sentiment d’être Sénégalais. Les gens de l’autre rive du fleuve, après les incidents vite maîtrisés, rentreront par train à Bamako et les Sénégalais proclameront la République avant d’élire entre élus en vase-clos à l’Assemblée nationale, leur Président, Léopold Sédar Senghor.
Entre Senghor et Dia, même s’ils ne le disent pas, ça fait longtemps qu’ils ne parlent plus le même langage. Déjà, à propos du référendum que De Gaulle propose, ils ne pensent pas pareil. C’est un «compromis dynamique» qui règle la question : ils votent «oui», mais l’indépendance du Sénégal, ou plutôt de l’Aof, est le but, et au plus vite.
Quand le Sénégal devient une République, son Président se tourne les pouces pendant que la République est sous la coupe réglée du chef de l’Exécutif, tout aussi affublé du titre de «Président», mais lui est celui du Conseil de gouvernement.
Tiens, comme c’est curieux : on avait deux présidents pour une même République, entre 1960 et 1962… Je sais bien : quand ça nait après 1974, devant ces curiosités de l’existence, ça s’y perd facilement…
C’est un timonier solitaire, droit dans ses bottes, qui fait régner l’ordre, parfois au prix d’un bain de sang, lorsque la République tremble dans ses fondements, dix années durant. Il affrontera toutes les menaces, les délations, tous les complots, avec le même sang-froid et cette manière unique de mériter le respect de tous, surtout de ses adversaires. En français facile, on appelle cela avoir de la classe. C’est sans doute le plus beau legs de Senghor…
Le poète-Président laisse derrière lui une superbe œuvre littéraire, à n’en pas douter, qui illustre sa rigueur dans le travail ; une culture encyclopédique que le monde entier lui reconnaît et magnifie partout sur la planète
Rien ni personne ne me fera changer d’avis : sa classe reste inégalée, malgré les agressions de ses successeurs qui s’évertueront, sous le magistère de Abdou Diouf, deux décennies durant, à le présenter comme ce renégat au service du Blanc, ce farfelu que ses lubies d’artiste dominent au point qu’il aura coulé le pays, pour démolir son image et son œuvre, histoire de rafistoler la leur.
Il reste, à mes yeux, l’exemple achevé du citoyen du monde, pétri de savoir-vivre, qui rendra le pouvoir avec cette élégance que nos contemporains ne sont plus en mesure d’égaler. Ce n’est pas que ses successeurs n’ont pas tenté. C’est juste que la marche est trop haute.