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4 avril 2025
Economie
LA COTE D’IVOIRE, LOCOMOTIVE DE L'UEMOA
La Côte d'Ivoire s'affirme comme le moteur économique de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), contribuant à près de 40 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone
La Côte d'Ivoire s'affirme comme le moteur économique de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), contribuant à près de 40 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone. Ce poids économique s'explique par la diversification de son économie, une gouvernance économique stable et des politiques d’investissement ambitieuses. Toutefois, les démons de la division telle l’ivoirité risquent de freiner la vitesse de cette locomotive.
La Côte d’Ivoire est à l’UEMOA, ce que l’Allemagne est à l’Union européenne. C’est-à-dire une véritable locomotive.
Grâce à une économie dynamique et résiliente, le pays joue un rôle clé dans la stabilité et la croissance de la sous-région. Depuis la fin de la crise postélectorale de 2011, la Côte d’Ivoire a engagé d’importantes réformes structurelles qui ont permis de moderniser ses infrastructures, d’attirer des investissements étrangers et de renforcer son tissu industriel. Aujourd’hui, elle se positionne comme l’un des pays les plus attractifs d’Afrique pour les affaires et les échanges commerciaux. Avec un secteur agricole florissant, la Côte d'Ivoire demeure un pilier de l’économie ouest-africaine. Le pays est non seulement le premier producteur mondial de cacao, mais aussi un acteur majeur dans la production de café, d’hévéa, d’huile de palme, de coton et d’anacarde. L’agriculture emploie près de 60 % de la population et génère une part significative des recettes d’exportation. Toutefois, au-delà de la production brute, le défi majeur pour le pays reste la transformation locale des matières premières. Des efforts sont en cours pour encourager la transformation du cacao, de la noix de cajou et du coton, afin d’augmenter la valeur ajoutée et de créer plus d’emplois industriels. Le développement de zones agro-industrielles et l’implantation d’usines de transformation sont des étapes clés pour renforcer l’économie nationale et réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
UNE INDUSTRIALISATION EN PLEINE CROISSANCE
L’industrialisation de la Côte d’Ivoire est un levier stratégique de son développement. Le gouvernement ivoirien a mis en place plusieurs initiatives pour stimuler le secteur manufacturier, notamment à travers la création de zones industrielles modernes, comme celle de Yopougon ou de Grand-Bassam. L’industrie ivoirienne repose principalement sur l’agro-industrie, la transformation des ressources minières et pétrolières, ainsi que la fabrication de produits manufacturés destinés aux marchés locaux et régionaux. L’essor de la cimenterie, de la sidérurgie et de l’industrie chimique témoigne de la diversification progressive du secteur industriel.
Par ailleurs, le pays bénéficie d’un secteur énergétique performant, avec une production électrique suffisante pour couvrir ses besoins et exporter vers ses voisins. Grâce aux investissements dans les énergies renouvelables et l’expansion du réseau électrique, la Côte d’Ivoire vise à consolider sa position de hub énergétique en Afrique de l’Ouest.
UN CENTRE FINANCIER ET LOGISTIQUE INCONTOURNABLE
À cela s’ajoute son rôle de hub commercial et financier stratégique. Abidjan, véritable poumon économique du pays, est considéré comme la capitale financière de l'Afrique de l’Ouest francophone. Elle abrite, entre autres, des sièges d’institutions sous-régionales telles que la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), qui joue un rôle clé dans le financement des entreprises de la zone UEMOA, et la Banque africaine de développement (BAD), institution majeure pour le développement économique du continent. Bien que Dakar abrite le siège de la BCEAO, le gouverneur de cette institution sera toujours ivoirien. Le port autonome d'Abidjan, l’un des plus importants du continent africain, est un atout majeur pour le commerce international. Son extension récente et la construction d’un deuxième terminal à conteneurs renforcent sa capacité à accueillir un volume croissant de marchandises. De plus, les infrastructures routières et ferroviaires reliant Abidjan aux pays voisins facilitent les échanges et positionnent la Côte d’Ivoire comme un carrefour commercial stratégique.
UNE CROISSANCE FORTE, MAIS DES DEFIS A RELEVER
Avec une croissance annuelle estimée à 7 %, la Côte d'Ivoire influe positivement sur l’ensemble des États membres de l’UEMOA. Grâce aux réformes économiques, aux investissements en infrastructures et à la modernisation de l’administration, elle stimule l'intégration économique régionale et favorise un climat des affaires propice aux investissements.
Cependant, malgré cette dynamique, des défis importants subsistent. La diversification de l’économie est essentielle pour réduire la dépendance aux matières premières et accroître la résilience face aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux. De plus, le chômage des jeunes reste une préoccupation majeure. Avec une population en forte croissance, le pays doit intensifier ses efforts pour créer des emplois durables, notamment dans l’industrie et les services. L’amélioration du climat des affaires, la digitalisation de l’économie et le renforcement du secteur de l’éducation et de la formation professionnelle sont autant de leviers pour consolider cette trajectoire ascendante. La lutte contre la corruption et le renforcement de la gouvernance économique sont également des axes prioritaires pour garantir une croissance inclusive et durable.
LES ENTREPRISES FRANÇAISES RÉAFFIRMENT LEUR VOLONTÉ D’INVESTIR AU SÉNÉGAL
L'annonce a été faite par Marc Legouy, conseiller économique à l’ambassade de France à Dakar. Il s'exprimait à l’issue d’une rencontre entre le MEDEF et l’APIX.
Dakar, 19 fev (APS) – Les entreprises françaises souhaitent continuer d’investir au Sénégal, a déclaré mercredi, Marc Legouy, conseiller économique à l’ambassade de France à Dakar.
‘’Le message que nous souhaitons faire passer à travers cette mission, c’est que les entreprises françaises souhaitent continuer d’investir au Sénégal, avec cette logique de co-investissement et de co-partenariat’’, a-t-il dit.
M. Legouy s’exprimait à l’issue d’une rencontre entre une délégation du Mouvement des entreprises de France (MEDEF) et des responsables de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX).
Selon lui, la délégation du MEDEF a beaucoup apprécié l’accueil et la qualité des interlocuteurs publics sénégalais mais aussi les opportunités.
»Les entreprises françaises sont déjà très présentes au Sénégal et elles souhaitent y rester’’, a-t-il réitéré.
Il a indiqué les patrons de certaines des 26 entreprises composant la délégation étudient ‘’l’idée d’investir au Sénégal […]’’
Le conseiller économique de l’ambassade de France à Dakar est revenu sur ses rapports avec l’APIX.
‘’Quand nous avons une entreprise qui a un projet d’investissement, un projet de partenariat, un projet industriel au Sénégal de transformation de valeur ajoutée, nous allons voir nos amis de l’APIX pour travailler ensemble et donc faire que ce projet soit un succès et abouti’’, a-t-il expliqué.
Il s’est beaucoup réjoui de la réussite de la visite de la délégation ponctuée par des rencontres avec le ministre du Commerce et d’Industrie et ses collègues de l’économie et l’agriculture’’.
‘’Ce matin, il y a eu le forum d’affaires où votre directeur général était l’invité principal. Nous sommes, cet après-midi, à l’APIX. Nous avons pu voir également cet après-midi, le ministre de l’énergie’’, a-t-il salué.
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LE DÉSERT DE LOMPOUL SACRIFIÉ À L'AUTEL DU ZIRCON
L'exploitation intensive par Grande Côte Opération anéantit une économie locale florissante et un patrimoine culturel inestimable. Pendant ce temps, l'État sénégalais, actionnaire à 10%, n'a toujours pas perçu le moindre dividende en dix ans
Dans le nord-ouest du Sénégal, entre Dakar et Saint-Louis, s'étend le désert de Lompoul. Jadis havre de paix aux dunes dorées caressées par la brise marine, cette merveille naturelle unique en Afrique occidentale se métamorphose aujourd'hui sous l'effet d'une exploitation minière intensive. Derrière les sourires des touristes glissant sur les pentes ensablées se cache une réalité bien plus sombre.
Grande Côte Opération (GCO), filiale détenue à 90% par le groupe français Eramet et à 10% par l'État sénégalais, a étendu son emprise sur le désert de Lompoul avec le projet "Lompoul Crossing". Après avoir exploité pendant des années le zircon à Diogo dans la région de Thiès, l'entreprise a jeté son dévolu sur ce joyau naturel pour un projet quinquennal aux conséquences dévastatrices.
Les chiffres donnent le vertige : les dragues flottantes de GCO aspirent jusqu'à 7000 tonnes de sable minéralisé par heure. En 2021, l'entreprise a valorisé plus de 804 000 tonnes de concentré pour un chiffre d'affaires de 140 milliards de francs CFA (environ 24 millions d'euros). En 2023, avec un chiffre d'affaires équivalent, GCO a dégagé 21 milliards de francs CFA de bénéfice.
Le Sénégal, cinquième producteur mondial de zircon, a vu GCO devenir le quatrième producteur mondial en seulement une décennie. Ce minerai aux propriétés anti-abrasives et à la brillance comparable au diamant est principalement destiné au marché de la construction (peinture, carrelage, céramique) et à la joaillerie, où on le retrouve sous forme de dioxyde de zirconium.
Malgré dix années d'exploitation fructueuse et une participation de 10% dans l'entreprise, l'État sénégalais n'a jamais perçu le moindre dividende. Cette situation s'explique par un montage financier particulièrement controversé : au lieu d'investir en fonds propres, GCO a mis en place une structure avec seulement 10 millions de capital pour 495 milliards de dettes.
"Les entreprises minières en général procèdent ainsi, mais dans le cas de GCO, cela doit particulièrement attirer notre attention. Depuis 2017, GCO réalise environ 29 milliards de résultats nets. Ce montage permet en réalité une distribution anticipée des dividendes", explique un expert financier.
Plus troublant encore, selon les investigations menées, GCO vendrait son zircon à une autre filiale d'Eramet à un prix trois fois inférieur à celui du marché. Cette pratique maximiserait les profits du groupe français tout en réduisant drastiquement les revenus du Sénégal. "À part la redevance versée à l'État, il n'y a absolument rien qui revient au Sénégal", déplore un responsable local.
Face à ces irrégularités présumées, la Sonatrach (Société nationale de recherches et d'exploitations minières) a décidé de lancer un audit financier de toutes les sociétés minières du pays, dont GCO.
L'exploitation du zircon ne détruit pas seulement l'environnement ; elle arrache aussi des communautés entières à leurs terres ancestrales. Des témoignages accablants font état de délogements nocturnes de familles.
"Ils se sont rendus sur un village qui appartient à la commune de Diokoul avec des autorités administratives pour déloger une famille en pleine nuit, la reloger en location à Lompoul-sur-Mer, laissant derrière elle leur bétail, leurs traditions, leurs bagages, leurs champs, tout", dénonce le maire de Lompoul.
Interrogé sur ces pratiques, un représentant de GCO évoque un décalage entre le rythme d'exploitation et la construction des logements de remplacement : "Le rythme de progression des activités minières ne peut pas être toujours en phase avec la construction. Il faut d'abord trouver un site, obtenir les autorisations nécessaires, lancer les marchés et procéder à la construction. En attendant, nous relogeons les familles ailleurs et prenons en charge les loyers."
Une explication qui peine à convaincre les populations locales, qui voient leurs maisons rasées et leurs champs détruits sans véritable plan de réinstallation préalable.
L'impact environnemental de l'exploitation minière dépasse largement la seule défiguration du paysage. Le pompage massif d'eau de la nappe phréatique - jusqu'à 8900 m³ par jour - menace gravement l'équilibre écologique de toute la région.
"La zone des niayes est une zone où est pratiquée l'agriculture maraîchère, avec des productions qui alimentaient les marchés locaux. Ces marchés ne fonctionnent plus parce qu'il n'y a plus de légumes", témoigne un agriculteur local.
Cette zone, qui assure près de 80% de la production nationale en légumes frais, voit son avenir compromis. Des experts s'interrogent : "Va-t-on continuer à avoir des légumes au Sénégal? Profitez bien, ce sont peut-être les derniers légumes sénégalais."
Des solutions alternatives existent pourtant. "La mine pourrait utiliser l'eau de mer, puisqu'on n'est pas très loin de l'océan, à seulement 3 km. Ils pourraient filtrer l'eau marine au lieu de pomper la nappe phréatique", suggère un hydrologue familier du dossier.
Le maire de Lompoul va plus loin, accusant GCO de fouler "au pied toutes les règles d'éthique dans l'exploitation des mines" et de n'avoir "aucun respect pour la dignité humaine". Il affirme que l'étude d'impact environnemental de l'entreprise "n'a jamais été validée en public" et que GCO se serait "débrouillée avec des autorités pour avoir un quitus pour continuer, ce qui est extrêmement grave".
Le tourisme, pilier économique de la région, paie un lourd tribut à l'exploitation minière. Sur les sept campements touristiques qui fleurissaient naguère sur les dunes, un seul subsiste aujourd'hui : l'Écolodge de Lompoul.
"C'est comme voir un enfant qui grandit et qu'un bon jour on voit en train d'être étranglé. Et le papa, c'est moi ; les enfants, ce sont mes employés. Si le tourisme meurt à Lompoul, c'est fini pour la région", se désole Yves, propriétaire de l'Écolodge.
Après trois ans de combat, il refuse toujours les modalités et le montant du dédommagement proposés. "On est dans un processus apaisé, on ne se bat pas contre l'État. Nous sommes avant tout des Sénégalais, des citoyens. Nous savons que le pays a besoin de projets pour se développer, mais il faut que les choses se fassent dans le respect - respect des investisseurs que nous sommes, respect des populations impactées."
Le problème dépasse le simple cas de l'Écolodge. Avec 30 employés en CDI, chacun soutenant environ 10 personnes, la fermeture du campement affecterait directement près de 450 personnes.
Arona, guide depuis 15 ans, organisait des balades à dos de dromadaire pour les touristes. Cette activité est désormais compromise par les vibrations des machines et la dégradation du paysage. Les artisanes du village, qui vendaient leurs créations aux visiteurs, se retrouvent sans clientèle.
Pour tenter de préserver une partie de l'activité touristique, GCO a créé une "oasis du désert" artificielle à Diogo, à 10 km au sud de Lompoul. Construite en style saharien, elle comprend une dune artificielle et un plan d'eau de 2000 m² au milieu d'une palmeraie de 8 hectares. "On a essayé d'améliorer l'offre touristique", explique un responsable de GCO. Mais cette initiative paraît dérisoire face à l'ampleur des dégâts.
"Vous entendez des machines qui arrachent les arbres, c'est d'une violence inouïe", témoigne un touriste. "Ce qui nous fait mal, c'est que tout ne soit pas terminé avant notre départ. On aurait aimé partir avec des souvenirs plein la tête, se rappeler des jolies dunes, des beaux couchers de soleil, des moments de rire avec les enfants et les amis. C'est de cela qu'on voulait se souvenir. Mais la dernière image qu'on gardera de Lompoul, c'est cette destruction, ces machines."
Pourtant, l'article 25, alinéa 1 de la Constitution (loi constitutionnelle n°2016-10 du 5 avril 2016) stipule clairement que "les ressources naturelles appartiennent au peuple" et "sont utilisées pour l'amélioration de leurs conditions de vie".
Dans ce conflit qui oppose développement économique et préservation du patrimoine naturel et culturel, l'équation semble impossible à résoudre. D'un côté, un gisement de zircon à forte teneur qui promet des revenus substantiels ; de l'autre, un écosystème fragile, des communautés enracinées et une économie touristique florissante.
Si aucun compromis n'est trouvé entre les différentes parties prenantes, le désert de Lompoul - joyau naturel unique en Afrique occidentale - risque de sombrer définitivement sous les dragues de GCO, laissant derrière lui des familles déboussolées, un écosystème dévasté et un tissu social disloqué.
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LOI D'AMNISTIE DE MACKY : VIVEMENT L'ABROGATION
L'abrogation de la loi d'amnistie, votée par le régime du président Macky Sall dans les dernières semaines de son mandat, sera certainement actée par le nouveau pouvoir. C’est le souhait d’Aminata Touré, Haut-représentant du Président de la République.
L'abrogation de la loi d'amnistie, votée par le régime du président Macky Sall dans les dernières semaines de son mandat et effaçant les crimes commis sous son régime, sera certainement actée par le nouveau pouvoir. Le Haut-Représentant du Président de la République, Aminata Touré, soutient cette démarche et encourage la majorité à l'Assemblée nationale à aller dans ce sens.
Aminata Touré plaide en faveur de l’abrogation ou la modification de cette loi d’amnistie votée par l’ancien régime dirigé par Macky Sall. Si le pouvoir sortant avait présenté cette loi comme une mesure d’apaisement dans un contexte de grande fragilité du pays, l’opposition d’alors, une partie de l’opinion publique ainsi que les familles des victimes y voyaient plutôt une tentative pour Macky Sall de se protéger, ainsi que ses proches, des poursuites liées aux crimes de sang ayant causé la mort d’environ 80 personnes.
La nouvelle opposition, qui avait pourtant voté cette loi, rappelle à Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko que c’est grâce à elle qu’ils ont pu sortir de détention et accéder aux responsabilités après l’élection de Diomaye Faye. Ainsi, si l’abrogation permet de rendre justice aux familles des victimes, elle pourrait aussi avoir des conséquences pour les deux dirigeants du parti Pastef, désormais à la tête de l’exécutif.
Mais face à cette remarque, Aminata Touré rétorque que ces deux faits n’ont rien à voir, soulignant qu’une loi peut toujours être corrigée ou modifiée. Elle insiste surtout sur le fait que Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient été, selon elle, injustement incarcérés sous Macky Sall.
DÉSESPOIR SUR LE CAMPUS
Le suicide de Matar Diagne a brisé la loi du silence sur la détresse psychologique au sein des universités. Dans un pays où l'on compte un thérapeute pour 475,000 habitants, ce drame révèle l'ampleur d'une crise que les autorités continuent d'ignorer
(SenePlus) - La mort de lève Matar Diagne le voile sur la détresse psychologique des jeunes et l'insuffisance des dispositifs d'accompagnement dans l'enseignement supérieur au Sénégal.
Dans la nuit du 10 au 11 février, Matar Diagne, l'étudiant en master de droit à l'université Gaston-Berger (UGB) de Saint-Louis, a mis fin à ses jours après avoir publié un message d'adieu poignant sur Facebook. « Je ne serai plus vivant quand vous lirez ce message. Je préfère mourir dans la dignité plutôt que de vivre dans le déshonneur », écrivait-il, évoquant à plusieurs reprises son « isolement » et la « souffrance de la maladie ».
Ses derniers mots exhortant à l'écoute – « N'isolez personne, n'ignorez personne (...). Rapprochez-vous des gens qui s'isolent, parlez-leur (...) sans les juger » – ont été massivement partagés et commentés en ligne.
Pour Fatou Fall, présidente de Safe Open Space (SOS), interrogée par Le Monde, « le drame de Matar illustre d'abord le tabou de la santé mentale, surtout celle des hommes ». La militante établit un parallèle avec un cas similaire survenu six ans plus tôt, quand « un Sénégalais anonyme avait annoncé sur Twitter [X, aujourd'hui] son suicide » en espérant que « peut-être [sa mort] aiderait certains pour mieux se comporter avec les gens ».
Les chiffres révélés par Le Monde sont alarmants : selon les dernières données officielles disponibles datant de 2019, le Sénégal ne compte que « 38 psychologues et psychiatres pour 18 millions de Sénégalais », soit « un ratio d'un thérapeute pour 475 000 habitants », alors que l'Organisation mondiale de la santé en préconise 25 fois plus.
À Saint-Louis, le suicide de Matar a créé « une onde de choc » à l'université Gaston-Berger, témoigne Al Jabbar Adebo, étudiant cité par le journal français. Le rassemblement organisé trois jours après le drame a laissé un goût amer à certains participants. Un étudiant ayant requis l'anonymat confie que cette réunion présentée comme « une thérapie collective » ressemblait davantage à « une opération communication », un agent administratif s'étant contenté d'inviter les étudiants à « la résilience » et à « se forger un moral de fer ».
« Nous avons besoin de psychologues disponibles sur le campus », plaide Al Jabbar Adebo dans les colonnes du Monde. « On doit faire face à un mal-être grandissant des étudiants, dont l'isolement s'est renforcé du fait de la dégradation de nos conditions de vie, notamment des logements et de la restauration ».
La situation n'est pas meilleure à l'université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar qui, selon Le Monde, « accueille plus de 90 000 des 240 000 étudiants du pays, mais ne compte aucune cellule d'accompagnement psychologique ».
Le reportage du journal met en lumière les conditions de vie difficiles des étudiants : « les chambres exiguës en colocation, les privations de nourriture – les 7 000 francs CFA mensuels en coupons ne permettent pas plus d'un repas par jour au restaurant universitaire –, et la pression sociale alors que le niveau pédagogique ne cesse de se dégrader ».
À cela s'ajoutent des retards considérables dans le versement des bourses, « parfois de 14 mois », précise Le Monde. Un étudiant prénommé Mohamed, membre d'un collectif de tous les masters 2 de l'UCAD, explique au journal : « Les autorités font croire que nous serions des privilégiés, alors qu'avec le système des bourses nous faisons vivre nos familles restées au village et payons nos études ».
Ce même étudiant conclut avec amertume : « Tout concourt à notre déclassement. Le suicide de Matar en est le symptôme ». Et Al Jabbar Adebo de lancer cet appel poignant rapporté : « Combien de Matar faudra-t-il au gouvernement pour réagir et comprendre l'ampleur du feu qui couve au sein de la jeunesse sénégalaise ? »
Ces penseurs marginaux, inspirés par des figures comme Samir Amin, proposent de revitaliser les économies africaines en développant des instruments monétaires alternatifs et en reconnaissant la dimension sociale et politique de la monnaie
Ils rament à contre-courant courant des idées reçues sur le plan économique. critique du système néolibéral, défenseur d'une vision endogène de la monnaie, Ndongo Samba Sylla et Cheikhou Omar Diagne sont deux hétérodoxes qui refusent la pensée unique. Et lors de la présentation de l'essai Penser la monnaie au service du panafricanisme, écrit par l'ex-directeur des Moyens généraux de la présidence de la république, ils ont eu l'occasion de faire valoir un peu plus leur «indiscipline» intellectuelle, surtout sur la question monétaire.
«Je vais trahir un secret. C'est Ndongo Samba Sylla qui a proposé le titre de l'ouvrage. Parce que moi, j'avais un autre beaucoup plus violent, très violent. Mais Ndongo m'en a dissuadé. Car pour lui, comme c'est le président de la République qui va préfacer le livre, il se devait d'être plus diplomatique», a révélé lors de cette cérémonie de dédicace Dr Cheikhou Omar Diagne, avec un brin d'humour. Mais, même si pour la première fois peut-être, il a «cédé» à la pression de Ndongo Samba Sylla et pour faire plaisir certainement à son «ami», le chef de l'Etat Bassirou Diomaye, force est de dire que Cheikhou Omar Diagne est un polémiste qui assume ses positions. L'iconoclaste chercheur a bâti sa réputation dans l'espace médiatique et sur le plan intellectuel dans sa propension à remettre en cause «les certitudes» de l'État et de la société sénégalaise dans sa marche historique. Cheikhou Omar Diagne est un dissident. Il ne pense pas comme les autres. Il ne veut pas penser comme les autres. Et surtout sur le plan économique où il a une autre approche. Et c'est sans doute la raison pour laquelle, l'auteur d’Herméneutique du rêve entretient une affinité intellectuelle avec Dr Ndongo Samba Sylla, même si leurs méthodes sont différentes. L'auteur avec Fanny Pigeaud de l'Arme invisible de la Françafrique, une autre histoire du CFA, assume aussi sa subversion épistémique. Il met en perspective comme l'écrivain marocain Driss Ksikes «Les chantiers de l'indiscipline», en privilégiant «une mise à distance vis-à-vis des disciplines et des savoirs constitués, pour réserver une latitude d’esprit critique face à ce qui ne tient pas compte des aspects latéraux inconnus ou imprévisibles des réalités abordées». Ce «pas de côté » pour reprendre Driss, qui permet de voir et de sentir davantage que ce qu’autorisent les disciplines académiques et les normes culturelles et sociales instituées. Ndongo Samba Sylla est un provocateur, un agitateur des consciences. Un marginal. Car peu d'économistes osent comme lui sortir des sentiers battus pour critiquer la pensée économique dominante. Influencé par des devanciers comme Samir Amin, il essaie de proposer une alternative à l'existant qui ne le satisfait pas, visiblement. Et lors de la présentation samedi du livre de Cheikh Omar Diagne, Dr Sylla est resté dans cette dynamique. «Dans cet ouvrage, Cheikh Omar Diagne passe en revue l'histoire de l'institution monétaire. Et il passe en revue les théories économiques sur la monnaie. Il ne fait aucune concession à l'économie orthodoxe néoclassique qui est enseignée dans les universités», fait-il savoir tout en se réjouissant du fait que Cheikh Omar Diagne soit un hétérodoxe comme lui.
«Ce qu'on enseigne à nos étudiants, ce sont des plats empoisonnés qui ne leur permettent pas de comprendre l'économie é»
S'exprimant sur la monnaie, Dr Ndongo Samba Sylla avertit : «Ce qu'on enseigne dans les universités, ce sont des fables sur la monnaie, totalement des fables». À l'en croire, il y a même des banques centrales qui ont écrit pour dénoncer cela. La Banque de l'Angleterre, d'après lui, a publié un rapport. «Et ce rapport dit que tout ce qui est enseigné dans les manuels d'économie est faux. Et ça, c'est des choses que les économistes hétérodoxes connaissent depuis longtemps», renseigne-t-il avant d'ajouter : «Ce qu'on enseigne à nos étudiants en économie, ce sont des plats empoisonnés qui ne leur permettent pas de comprendre L'économie. Parce que nous sommes dans des économies monétaires de production. Et ça a été mis en avance par Karl Marx quand il parle AMA' c'est-à-dire Argent, Marchandise pour faire plus de profit. C'est ça le circuit monétaire. Mais les économistes néoclassiques nous disent que la monnaie est une marchandise, qu'un c'est un voile, que ça ne compte pas».À l'en croire, une approche purement économique n'amène pas très loin. Dans le même ordre d'idées, l'ancien enfant de troupe a rappelé que l'Afrique précoloniale est une Afrique du pluralisme monétaire. «Et c'est le colonialisme qui a dégommé tout ça», se désole l'économiste non sans revenir sur l'analyse de Cheikh Omar Diagne sur les monnaies locales complémentaires.
«La monnaie est un levier puissant pour renforcer les communautes à la base»
Pour l'auteur de Scandale du commerce équitable, écrit en 2013, le monde s'achemine vers le pluralisme monétaire. «Et si nous voulons avoir vraiment la démocratie, l'équité. Si nous voulons faire face aux enjeux climatiques, il faut renforcer les communautés à la base . Et la monnaie constitue un levier puissant pour renforcer cela. Et généralement cette préoccupation n'est pas prise en charge par les économistes qui sont toujours dans une perspective étatiste», prône-t-il non sans signaler en outre que ceux qui disent spécialistes comme les banquiers et les universitaires ne connaissent pas souvent la monnaie. Parce qu'ils ont selon lui une approche très limitée. Abondant aussi dans le même sens, l'auteur du livre a commencé son intervention dans la provocation. «Dans une dynamique de revendication de souveraineté linguistique, je vais m'exprimer en wolof », dit-il d'emblée dans un ton taquin mais qui laisse entrevoir manifestement le caractère intellectuellement subversif de Cheikh Omar Diagne. «La question de la monnaie ne doit pas être simplement discutée en français et dans les amphithéâtres par des intellectuels, universitaires et autres. Mais on doit être capable de la rendre digeste voire triviale», explique l'ex collaborateur du chef de l'Etat Diomaye Faye révélant que la question de la monnaie unique est enseignée dans la Bible.
«Combattre l'inflation, c'est combattre le plein emploi»
S'exprimant sur la situation économique du pays, Dr Diagne souligne qu'il ne fait pas partie de ceux qui croient aux critères de convergence de l’UEMOA. De son avis, il urge de développer une approche de la «dette intelligente». «C'est quoi la bonne dette? Comment s'endetter ? Ce sont les questions essentielles qui doivent être posées sur la dette. Mais les critères de convergence sont une hérésie», s'insurge-t-il. Il estime aussi que l'inflation est un levier économique que tout gouvernement doit utiliser. Car de son avis, combattre l'inflation, c'est presque combattre le plein emploi. «Moi je pense que si on est dans un bon système monétaire, l'inflation ne doit pas poser problème», souligne le chercheur qui tire aussi sur la BCEAO. «La banque centrale n'a aucune utilité. Elle est tout sauf centrale. Elle combat l'inflation. Elle a une mission pauvre. Sa mission est de combattre l'inflation dans un pays en sous-développement», dit-il.
Rappelons aussi que Cheikhou Omar Diagne a battu en brèches certaines propositions du secrétaire du gouvernement Al Aminou Lo sur les mesures à prendre pour redresser le pays. « En écoutant Almine Lo, j’ai visualisé les solutions ratées du FMI en accord avec la Banque centrale dans les années 80. La situation du Sénégal ne nécessite pas de plan d’austérité », trouve-t-il tout en soulignant que l'ex directeur de la BCEAO est sur la mauvaise voie. Il recommande de mettre en place de nouveaux instruments pour redynamiser l’économie, accroître la marge de manœuvre de l’Etat etlibérer par la monnaie, l’économie ignorée au sein des communautés. «Il urge de mettre en cohérence la politique bancaire, fiscale, monétaire et budgétaire», ajoute l'iconoclaste économiste qui comme presque toujours rame à contrecourant de sa chapelle politique.
SONKO SUR LE MAUVAIS PIPELINE
Le Premier ministre accuse l'ancien régime d'avoir prévu d'exporter tout le gaz, laissant le pays dépendant des importations d'hydrocarbures. Cette justification d'une nouvelle politique gazière, contredit pourtant les plans établis sous Macky
Le Premier ministre du Sénégal a indiqué hier que l’ancien régime avait pris l’option de «liquéfier presque tout ce gaz là et de l’exporter, en nous laissant dans une situation à continuer à importer des hydrocarbures pour alimenter nos centrales». Une option que son régime ne va pas suivre. Néanmoins, les données sur la politique énergétique du temps de Macky Sall ne donnent pas raison à Ousmane Sonko.
Le Sénégal, sous Macky Sall, avait l’ambition de «liquéfier presque tout ce gaz-là et de l’exporter, nous laissant dans une situation à continuer à importer des hydrocarbures pour alimenter nos centrales». C’est ce que le Premier ministre a affirmé hier devant un parterre de diplomates, lors de la cérémonie d’ouverture de la 4ème édition du Forum de la Pme. Ousmane Sonko, voulant vendre son nouveau plan concernant l’utilisation du gaz issu de Gta, a déclaré «initier très tôt, avec nos partenaires, des discussions pour pouvoir capter le maximum du gaz à travers un pipeline à construire et alimenter le marché national dans le cadre du gaz to Power», tout en fustigeant «l’option trouvée» après le départ de Macky Sall. Faut-il le rappeler, le Sénégal avait très tôt pris la décision d’utiliser le gaz pour réduire de manière drastique sa dépendance au pétrole. C’est dans ce cadre que la Senelec avait entamé un changement de ses équipements en vue de basculer sur le gaz. Cela entre dans le cadre de la stratégie du gaz to power. Mais ce n’était pas le seul point du plan de l’ancien régime.
Pour éviter de vivre le même scénario que le Nigeria qui vend ses hydrocarbures et achète les produits finis, le Sénégal avait décidé de satisfaire d’abord son marché intérieur, avant d’envisager une exportation. C’est dans cette logique que Petrosen a été mandatée par l’Etat pour construire une usine d’urée. Qui est essentiellement composée de phosphates et de gaz. Le site devant accueillir l’usine a été déjà identifié. Il s’agit de Ndayem. Et c’est l’ingénieur Fary Ndao qui pilote le projet. Le Sénégal avait même décidé de s’attaquer au marché local de consommation du gaz domestique. L’objectif étant de mieux gérer le marché en permettant à Petrosen de commercialiser le gaz butane. Un prototype avait même déjà été présenté. L’objectif n’est pas de concurrencer les multinationales présentes sur le territoire, mais de consolider le marché pour éviter toute rupture de stock. Même le pipeline dont parle le Premier ministre était un projet de l’ancien régime. L’objectif est de fournir en gaz les industries du Sénégal, tout en ayant un lien avec le gazoduc qui doit être construit entre le Maroc et le Nigeria. A terme, ce gazoduc doit permettre au Sénégal de vendre le reste de son gaz sans problème à l’Europe. C’est dans ce cadre que le Chancelier Olaf Scholz avait été reçu par Macky Sall aux premières heures du boycott du gaz russe.
Le Premier ministre semble également avoir oublié que la centrale à charbon de Sendou devait déjà commencer sa mutation afin de pouvoir se convertir en usine à gaz, pour produire de l’énergie propre, dans le cadre du «Mix énergétique» mis en place par le régime de Macky Sall. On se demande comment le Premier ministre a pu faire l’impasse sur toutes ces informations. Sans doute qu’il a été mal informé. Ce qui ne serait pas étonnant, si l’on tient compte de la réponse du ministre de l’Industrie et du commerce, qui était ministre-conseiller de l’ancien régime. «Notre décision est claire : Nous avons opté pour le gas to industry pour en faire de l’urée», dit-il.
«Tout cela était prévu par l’ancien régime», lui a rétorqué le journaliste. A quoi Serigne Diop réagit : «Non. Non. L’autre c’est le gas to power et le 3ème c’est le gas to industry», a-t-il déclaré avec une gêne perceptible quand il reformule la question du journaliste en ces termes : «Vous voulez parler de l’exploitation du gaz.»
BIRAHIM SECK EN DEFENSEUR DE LA COUR DES COMPTES
Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, se pose en défenseur de la Cour des comptes, après la publication du rapport sur la gestion des Finances publiques, de 2019 à 2024
Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, se pose en défenseur de la Cour des comptes, après la publication du rapport sur la gestion des Finances publiques, de 2019 à 2024. Il appelle aussi ses concitoyens à s’ériger en bouclier de l’institution de contrôle «contre toute tentative de manipulation politicienne».
Birahim Seck a salué la publication du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des Finances publiques de 2019 à 2023. Dans une déclaration, le coordonnateur du Forum civil a analysé cet exercice de transparence du gouvernement. Pour lui, ce rapport constitue «un outil citoyen de lutte contre les flux financiers illicites». De ce fait, Birahim Seck soutient qu’il «appartient, donc, aux citoyens d’exiger du gouvernement et de la justice successivement des réformes et des poursuites».
Dans son document, Birahim Seck estime que «le citoyen doit être le bouclier de la Cour des Comptes contre toute tentative de manipulation politicienne en exigeant des clarifications sur l’ensemble des constations effectuées par la Cour en matière de recettes, de dépenses budgétaires, de gouvernance des Comptes spéciaux du trésor et en matière de mauvaise gouvernance dans la gestion de la trésorerie et de l’endettement».
Poursuivant ses propos, M. Seck fait remarquer que «contrairement aux idées qui sont véhiculées par les détracteurs de la Cour des comptes, le rapport publié le 13 février 2025 n’épargne personne dans la chaîne de responsabilité pour la période de gestion 2019 à mars 2024».
De l’avis du coordonnateur du Forum civil, ce rapport «s’adresse aux décideurs politiques, aux décideurs techniques, aux banques, aux tiers, à l’Assemblée nationale, etc.» Ainsi, affirme-t-il, «si un travail complémentaire et approfondi est réalisé par les juridictions compétentes, les résultats peuvent éclabousser des tenants du régime actuel». C’est pourquoi, prévient-il : «Les citoyens doivent s’investir pour que la lumière soit faite sur les zones d’ombre présentées dans le rapport de la Cour des comptes.» Et de lancer un appel aux autorités : «A ce niveau, nous comptons sur l’engagement du président de la République et de son Premier ministre. Ils ne doivent protéger personne.»
Répondant certainement à ceux qui disent que la Cour des comptes s’est dédit, Birahim Seck fait savoir qu’elle «est restée fidèle à sa démarche». Et d’expliquer : «En matière de recettes du budget général, la Cour des comptes est loin de se dédire. Il est facile de le constater à la page 10. La Cour des comptes dit : «L’analyse des recettes fait ressortir une concordance entre les données sur les recettes retracées dans le rapport et les lois de règlement/projets de lois de règlement 2023. En effet, les montants globaux des recettes de 2019 à 2023 tels que présentés au «tableau n°1» du rapport sur la situation des Finances publiques sont conformes à ceux arrêtés par les lois de règlement sur la même période».» Dans sa déclaration, Birahim Seck souligne aussi que «le rapport de la Cour des comptes montre que les rapports sur les dépenses fiscales 2022 et 2023 ne sont pas encore mis à la disposition du public». Et cette obligation, fait-il remarquer, «incombe ainsi au nouveau régime au vu des retards enregistrés».
Au regard de ces constatations, le coordonnateur du Forum civil se demande si on va «succomber devant le brouhaha politicien pour garder sous silence la perte de centaines de milliards ?».
Plaidant pour que cette affaire soit élucidée, il soutient que «l’Etat doit rester fort et déterminé pour identifier les responsabilités». «C’est aussi valable pour les constatations de la Cour en matière de dépenses publiques.» En matière de dépenses du budget général, la Cour des comptes a aussi «fait ressortir une concordance entre les montants figurant au tableau n°7… du rapport sur la situation des Finances publiques et ceux arrêtés par les Lr/Plr», a-t-il martelé.
L’AFFAIRISME D’ETAT, C’EST TERMINÉ
Ousmane Sonko avertit le secteur privé. Que les rentiers du secteur privé sénégalais se le tiennent pour dit
Que les rentiers du secteur privé sénégalais se le tiennent pour dit. Le Premier ministre, Ousmane Sonko qui plaide pour le patriotisme économique, avec l’adoption prochaine d’une loi visant à promouvoir et à protéger l’économie nationale, a déclaré que « l’affairisme d’état, c’est terminé ! »
«L affairisme d’Etat, c’est terminé dans ce pays ! », tonne le Premier ministre, Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi 18 février la cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise placé sous le thème : « Pme et innovations, leviers de souveraineté »
Et le chef du gouvernement de poursuivre : « Nous soutiendrons tous les acteurs privés qui veulent travailler honnêtement et sérieusement. Nous combattrons et nous mettrons fin aux pratiques que nous avons retrouvées ici. Une bonne partie de ce secteur privé s’enrichissait à coup de surfacturation de marchés gracieusement accordés en accointance avec les pouvoirs publics »
« Le vrai secteur privé, celui qui sait entreprendre et qui veut entreprendre dans la rigueur et le patriotisme aura tout le soutien de l’État », prévient-il.
Il faut noter que le gouvernement, sous la direction et les orientations du Président de la République, a déjà travaillé à élaborer le projet de loi sur le patriotisme économique qui sera incessamment soumis à l’Assemblée nationale pour mieux protéger et mieux promouvoir notre économie. C’est ce qu’a fait savoir le Premier ministre Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi 18 février le forum surla Pme sénégalaise. « Nous sommes à l’ère du patriotisme. Le patriotisme est le moteur qui cimente et qui fait fonctionner toutes les nations et tous les États. Qu’il soit revendiqué ou pas, chaque pays, chaque État a pour mission principalement de promouvoir et de travailler à ses intérêts et les intérêts de son peuple. Le patriotisme se différencie du nationalisme puisse qu’il n’est pas exclusif. Il peut se décliner sous plusieurs formes parmi lesquelles le patriotisme économique », indique-t-il
Selon lui, le secteur privé national ne doit pas être un figurant. « Il nous faut travailler à capter les investissements venant de partout, mais qui implique fondamentalement notre secteur privé. Il faut aussi que ce secteur privé se hisse à la hauteur des attentes », a laissé entendre le Premier ministre.
Par ailleurs, Ousmane Sonko met en garde les acteurs sur certaines pratiques « malsaines » qui, selon lui, se faisaient avant l’accession du nouveau régime au pouvoir.
RÉPLIQUE DE ADAMA LAM DU CNES : « NOUS NE SOMMES PAS DE PETITS BRAS »
De son coté, Adama Lam, président de la confédération nationale des employeurs du Sénégal a invité l’Etat à changer de méthode et d’approche par rapport à sa collaboration avec le privé national. « Il faut que les méthodes changent. Il faut que l’approche et la perception que nous avons du secteur privé particulièrement le secteur privé local changent profondément. Nous ne sommes pas de petits bras. Nous avons individuellement de petits moyens mais réunis, nous pouvons soulever des montagnes. Il faudrait que l’on mette la personne à la bonne place et qu’on essaie d’arrêter définitivement cet affairisme qui a gangrénée notre pays et qui nous a précipité au bord du gouffre », lance-t-il.
DEVELOPPEMENTDES PME-PMI - Le Premier ministre annonce des réformes
Le Premier ministre, Ousmane Sonko a présidé hier, mardi 18 février la cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise qui est placé sous le thème : « Pme et innovations, leviers de souveraineté ». A cette occasion, il a annoncé que des réformes nécessaires seront engagées par le gouvernement pour améliorer la gouvernance du secteur et le climat des affaires.
Les réformes nécessaires seront engagées pour améliorer la gouvernance du secteur et l’environnement des affaires. L’annonce a été faite par le Premier ministre, Ousmane Sonko qui présidait hier, mardi18févrierla cérémonie d’ouverture la 4eme édition du forum de la Pme sénégalaise. Selon lui, ces réformes consistent à rendre accessibles les facteurs de productions, à mettre en place des mesures d’incitations fiscales plus adaptées et à renforcer la politique du contenu local en vue de favoriser le développement de nos entreprises.
Le gouvernement s’engage ainsi pour la mise en œuvre accélérée des programmes de financements massifs et sécurisé des Pme-Pmi dont l’objectif est de porter l’encours crédit accordé par les institutions financières au Pme-Pme de 600 milliards en 2024 à 3000 milliards Fcfa en 2028.
Par ailleurs, Ousmane Sonko s’est réjoui de la signature dans le cadre de ce programme du pacte de financement de 1000 milliards destinés à financer les Pme-Pmi pour cette année 2025. Il invite donc toutes les parties signataires du pacte de financements au respect des engagements souscrits pour que les 1000 milliards annoncés soient effectivement décaissés au profit des Pme-Pmi et soient surtout judicieusement utilisés en faveur de l’économie. Le Premier ministre a salué la pertinence du thème de cette édition : « Pme et innovation, leviers de souveraineté » qui est parfaitement lié avec es enjeux de l’heure et l’agenda national de transformation
« L’innovation est un moyen de renforcer la compétitivité de notre économie. Les Pme-Pmi, en particulier, celles qui investissent dans la recherche et le développement peuvent contribuer à des avancées technologiques significatives en collaborant avec les institutions académiques et les centres de recherche. Elles peuvent développer des innovations qui améliorent non seulement les produits mais renforcent également les capacités technologiques du pays », soutient-il.
Cependant, il a souligné la nécessité pour le Sénégal d’aller plus loin en définissant les standards qui correspondent à nos aspirations en labellisant le made in Sénégal.
Le Premier Ministre a réaffirmé la disponibilité du Gouvernement à demeurer aux cotés des entrepreneurs pourles accompagner et les apporter des solutions nécessaires afin qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la transformation systémique de notre cher Sénégal.
LA QUESTION DES RÉPARATIONS POUR L’AFRIQUE EST RELANCÉE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le 38ème Sommet de l'UA pose clairement la question des réparations coloniales, avec un soutien international grandissant incluant l'ONU. Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir
Le 38ᵉ Sommet de l'Union africaine (UA) a effectivement discuté de la question des réparations en mettant un accent particulier sur le thème annoncé « Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine grâce aux réparations ».
« Le Conseil économique, social et culturel de l'UA (ECOSOCC) a affirmé que « les réparations sont le sujet brûlant à Addis-Abeba ». Le général-major Dr. al-Tayeb Abdul Jalil, professeur soudanais de droit international, a élaboré une carte des réparations, estimant que Londres doit 700 milliards de dollars au seul Soudan en raison des pertes subies durant la domination coloniale britannique.
Dr. al-Tayeb Abdul Jalila indiqué qu’il ne parlait pas au nom du seul Soudan mais de plusieurs pays africains, ajoutant : « La compensation matérielle n'est pas une tentative de mesurer les souffrances en argent, mais une opportunité de consacrer ces fonds au développement de nos pays. »
La Première ministre de la Barbade, Mia Motley a quant à elle lancé un appel passionné en faveur des réparations, en demandant à l’Europe et aux USA de commencer par reconnaître leurs torts historiques.
"Dites pardon. Dites pardon et soyez sincères. Et après avoir dit pardon, reconnaissez que l'avenir du monde n'est pas possible sans la stabilité de l'Afrique et de sa diaspora", a-t-elle souligné.
La Première Ministre Mottley a souligné la nécessité d'actions tangibles telles que la création de ponts aériens et maritimes pour faciliter les voyages et les échanges entre l’Afrique et les Caraïbes.
Le Secrétaire de l’Organisation des Nations Unies, M. Antonio Guterres a pour sa part pris position très clairement an faveur des réparations en déclarant notamment devant l’Assemblée Générale, au cours de son allocution du 15 février 2025 :
« Le monde ne doit jamais oublier que l’Afrique est victime des effets conjugués de deux injustices colossales. Tout d’abord, les profonds ravages du colonialisme et de la traite transatlantique des esclaves. C’est un mal dont les racines remontent à plusieurs siècles et dont les Africains et les personnes d’ascendance africaine continuent de pâtir aujourd’hui encore…La décolonisation, en elle-même, n’a pas été une panacée. L’indépendance politique n’a pas débarrassé les pays des structures fondées sur l’exploitation et des décennies de sous-investissement économique, social et institutionnel. Il est grand temps de mettre en place des cadres de justice réparatrice… »
Ainsi la question des réparations de la part de l’Europe et des Etats Unis en faveur de l’Afrique a été relancée par le 38eme Sommet de l’Union Africaine.
Il reste aux sociétés civiles africaines de s’en saisir et de faire sorte que les chefs d’Etat posent des actes concrets, en direction de l’ONU notamment pour la réalisation des engagements pris au cours de ce 38eme Sommet.