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3 avril 2025
Economie
L'AIDE OCCIDENTALE, UN CARCAN POUR L'AFRIQUE ?
Pour Célestin Monga, la suspension de l'aide américaine pourrait être un électrochoc salutaire. Il appelle les dirigeants africains à sortir de la "sémantique de l'illusion" et à construire un nouveau modèle économique basé sur l'industrialisation
(SenePlus) - L'économiste camerounais Célestin Monga dresse un réquisitoire cinglant contre le système d'aide internationale au développement, dans un entretien accordé au journal Le Monde. Pour ce professeur d'économie à Harvard, ancien vice-président de la Banque africaine de développement, la récente suspension de l'aide américaine pourrait paradoxalement constituer une opportunité pour le continent africain.
"Pleurnicher pour l'aide n'est pas une stratégie de développement", affirme sans détour l'économiste, qui relativise l'importance des flux financiers occidentaux. Selon lui, les 20 milliards de dollars versés par les États-Unis en 2023 et les 60 milliards provenant de l'ensemble des pays "donateurs" représentent des sommes "infimes" pour un continent de 1,4 milliard d'habitants.
Plus préoccupant à ses yeux : les 610 milliards de dollars de recettes d'exportation qui ne sont pas rapatriés, et les capitaux illicites qui quittent le continent chaque année, cinq fois supérieurs à l'aide américaine. "Il faut sortir de cette sémantique de l'illusion : personne n'aide personne", tranche-t-il.
L'économiste pointe également du doigt le rôle ambigu des institutions financières internationales. "Le FMI conditionne son appui à des critères budgétaires qui laissent peu de marge pour investir", explique-t-il, décrivant un système qui "promeut une industrie de la misère et de la charité". Il rappelle que le Ghana, considéré comme un élève modèle, a signé 17 accords avec le FMI avant de se retrouver en défaut de paiement fin 2022.
Pour Célestin Monga, la solution réside dans l'industrialisation du continent et l'accès aux marchés internationaux. "Les gouvernements africains devraient créer des zones économiques spéciales et y attirer des capitaux privés domestiques et extérieurs", suggère-t-il, estimant que le succès économique de pays comme le Sénégal, le Nigeria ou l'Éthiopie "créerait des millions d'emplois directs et indirects en Afrique, mais aussi en France, au Royaume-Uni et en Italie".
Face à la décision américaine, certains dirigeants africains comme William Ruto (Kenya), Paul Kagame (Rwanda) et Ousmane Sonko (Sénégal) "prennent acte et considèrent qu'il faut saisir ce moment pour commencer à s'affranchir de cette dépendance", rapporte l'économiste. Il appelle l'Union africaine à engager une réflexion sur "une stratégie pragmatique pour financer massivement des infrastructures productives".
L'urgence est d'autant plus grande que de nouveaux défis se profilent, comme l'expiration prochaine de l'African Growth and Opportunity Act (AGOA) ou le futur règlement européen contre la déforestation qui risque de "durement pénaliser le secteur du cacao en Côte d'Ivoire". Pour Célestin Monga, ces évolutions confirment la nécessité pour l'Afrique de repenser fondamentalement ses relations économiques avec le reste du monde.
LE SÉNÉGAL DES DEUX VITESSES
Alors que Dakar concentre l’essentiel des logements modernes et des équipements, les régions rurales peinent à bénéficier des mêmes avantages. Ces inégalités soulignent un défi majeur pour l’équité territoriale et le développement inclusif
Le dernier rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) met en lumière de profondes disparités dans l’accès aux infrastructures et aux services de base au Sénégal.
L’analyse de la distribution régionale des logements selon un rapport de l’ANSD exploité par EnQuête, fait apparaître une forte concentration dans la région de Dakar. La capitale regroupe 99,1% des appartements dans un immeuble, 78,1% des maisons à étages, 24,3% des baraques et 18,5% des maisons basses, tandis que les cases n’y représentent que 2,9%. L’analyse sur la possession de biens d’équipement révèle des disparités significatives tant au niveau régional que selon le milieu de résidence. La région de Dakar se distingue nettement avec les taux d’équipement les plus élevés dans toutes les catégories, reflétant son statut de capitale et son niveau de développement.
À l’échelle nationale, il a relevé une hiérarchie claire dans la possession des différents équipements. La télévision apparaît comme le bien le plus répandu, présent dans 65,4% des ménages sénégalais, suivie par la bonbonne de gaz (53,1%) et le réfrigérateur (39,8%).
Concernant le taux de pénétration du téléphone mobile, il est remarquablement élevé sur l’ensemble du territoire, atteignant 99,3% au niveau national. Cette couverture est quasi universelle avec très peu de variation entre les zones : 99,6% pour Dakar urbain et autre urbain, et 99,0% en milieu rural.
S’agissant du taux d’accès individuel au téléphone mobile (personnes de 12 ans et plus disposant d’un téléphone), des disparités plus marquées apparaissent. Au niveau national, 66,4% des individus disposent d’un téléphone portable, avec des écarts significatifs selon le milieu de résidence. Dakar urbain enregistre le taux le plus élevé avec 79,8%, suivi des autres zones urbaines avec 68,5%. Le milieu rural présente le taux le plus faible avec 58,4%.
Pour l’utilisation effective du téléphone portable, elle suit globalement la même tendance que l’accès, avec un taux national de 64,8%. Les écarts entre milieux de résidence et quintiles de richesse restent similaires, suggérant une forte corrélation entre la possession et l’utilisation du téléphone mobile.
Le téléphone fixe, quant à lui, connaît une très faible pénétration avec seulement 2,2% des ménages abonnés au niveau national. Son utilisation est principalement concentrée dans les zones urbaines, particulièrement à Dakar (5,8%), et quasi inexistante en milieu rural (0,2%). Cette fracture est encore plus marquée selon le niveau de vie, avec 6,3% d’abonnés dans le quintile le plus riche contre pratiquement 0% dans le quintile le plus pauvre.
Pour ce qui est de l’accès à internet au Sénégal, au niveau national, le taux d’accès à internet s’établit à 46,8%. Ce taux masque cependant des écarts considérables entre les différentes zones de résidence. Dakar urbain se distingue avec le taux d’accès le plus élevé, atteignant 71,0% des ménages. Les autres centres urbains enregistrent un taux nettement inférieur avec 52,8% des ménages. Le milieu rural accuse un retard significatif avec seulement 31,3% des ménages ayant accès à internet.
Eau et l’assainissement
Au niveau national, en 2023, le robinet dans le logement (80,2%) constitue la principale source d’eau de boisson des ménages. La région de Dakar affiche la meilleure couverture avec plus de neuf ménages sur 10 (94,5%) qui utilisent l’eau de robinet dans le logement.
Les disparités urbaines-rurales persistent : 86,6% des ménages urbains ont accès au robinet dans le logement contre 69,1% en milieu rural. Les régions de Kolda (49,5%), Sédhiou (49,6%) et Tambacounda (21,8%) dépendent fortement des puits non protégés, tandis que la région de Kédougou se distingue par l’importance des puits à pompe/forages (32,9%). Au-delà des robinets, les autres sources alternatives d’eau de boisson intègrent les puits non protégés (7,4%), les puits protégés (5,1%) et les puits à pompe ou forage (2,8%).
L’analyse des installations sanitaires au Sénégal en 2023, révèle une situation contrastée. Au niveau national, la chasse avec fosse prédomine (44,8%), suivie de la chasse raccordée à l’égout (18,1%). Les zones urbaines bénéficient d’installations modernes avec 28,7% de raccordement à l’égout et 50,8% de chasses avec fosse, tandis que les zones rurales ne sont pas raccordées aux égouts et utilisent principalement la chasse avec fosse (34,5%) ou recourent à des latrines couvertes (21,7%).
S’agissant de l’évacuation des eaux usées au Sénégal, au niveau national, dans la rue/nature, elle domine (41,6%), suivie du réseau d’égout (19,2%) et des fosses/puisards (14,5%). L’analyse des modes d’évacuation des ordures ménagères au Sénégal révèle qu’au niveau national, le ramassage par camion (40,3%) et les dépôts sauvages (27,3%) sont prédominants. Dakar se distingue avec 86,6% de collecte par camion, illustrant une gestion plus formalisée. À l’opposé, les régions de Sédhiou (59,5%), Kédougou (56,3%) et Matam (53,1%) recourent majoritairement aux dépôts sauvages.
Selon le milieu de résidence, les zones urbaines ont plus accès au ramassage par camion (61,7%) tandis que les zones rurales utilisent principalement les dépôts sauvages (58%).
Sources d’énergie des ménages
Au niveau national, le gaz (45,2%) et le bois (38,4%) suivis du charbon (14,3%) sont les principaux combustibles utilisés par les ménages pour la cuisson. L’électricité (0,3%), la bouse de vache (1,1%) et les autres sources (0,6%) restent marginales.
Concernant le principal mode d’éclairage utilisé par les ménages au Sénégal, il est noté une prépondérance de l’électricité (74,4%) au niveau national, suivie de la lampe torche (12,4%) et du solaire (8,5%). Les disparités ‘’urbain-rural’’ sont remarquables : 94,1% des ménages urbains utilisent l’électricité comme principal mode d’éclairage, contre seulement 40,5% en milieu rural, où l’usage des lampes torches (29,1%) et du solaire (20,3%) est important.
Dakar affiche le meilleur taux d’électrification (98,7%) relié au réseau de la SENELEC, contrastant avec Kédougou (21,6%) où les ménages ont plus recours à l’énergie solaire (39,1%).
Les régions de Tambacounda, Kolda,Kaffrine et Kédougou présentent des proportions de ménages utilisant l’électricité comme principale source d’éclairage, inférieures à 40%, avec un recours important aux lampes torches (30-40%). L'énergie solaire émerge comme alternative dans certaines régions, notamment Kédougou (39,1%), Sédhiou (31,8%) et Kolda (21,7%).
Protection sociale
Les travailleurs sénégalais bénéficiant d’une sécurité sociale reçoivent des allocations en cas de survenance de certaines situations (maladie, maternité, accident, etc.). Cette édition de la Situation économique et sociale nationale s’intéresse aux allocations familiales gérées par la Caisse de Sécurité sociale (CSS) et qui couvrent les travailleurs non fonctionnaires. Il convient de préciser que les fonctionnaires bénéficient d’une sécurité sociale qui est du ressort de la Direction de la Solde.
Pour la CSS, le montant total des charges techniques des prestations familiales (PF) selon le rapport, s’élève à 15 105 925 904 F CFA en 2022. Cette somme est répartie entre plusieurs types de prestations.
Les allocations familiales représentent la part la plus importante des charges, avec 58,7% du total, soit 8 869 176 900 F CFA, ce qui montre leur prédominance dans les dépenses liées aux prestations sociales. Suivent les indemnités de congé de maternité, qui regroupent 34,6% des charges, avec 5 230 812 707 F CFA, soulignant l’importance du soutien aux mères pendant cette période. Les allocations de maternité s’élèvent à 696 796 200 F CFA (4,6%), représentant ainsi un poste non négligeable, tandis que les allocations prénatales couvrent 1,6% des dépenses, soit 243 835 450 F CFA, apportant un soutien aux femmes enceintes.
Les ristournes sur les allocations familiales ne représentent que 0,3% des charges, avec 37 486 767 F CFA, et les allocations de chômage sont quasi inexistantes avec seulement 150 800 F CFA.
Les allocations CAF (Caisse d’Allocations Familiales), bien qu’ayant un faible poids global (moins de 1%), incluent 27 237 330 F CFA pour les allocations familiales, 182 250 F CFA pour les allocations prénatales et 247 500 F CFA pour les allocations de maternité.
Par ailleurs, les rentes (84,3%) et les indemnités journalières (10,4%) ont constitué l’essentiel des prestations d'accidents de travail en 2022. Les indemnités journalières sont payées durant la période de traitement d’une blessure alors que les rentes prennent en charge une incapacité permanente.
Assistance sociale
En 2023, la répartition des interventions de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP), révèle des tendances marquantes par catégorie d’intervention. Les accidents restent majoritaires avec 24 322 sorties y afférant, soit 44,7% du total, bien que cette proportion soit en légère baisse par rapport à 2022 (47,4%). Les interventions pour cas de maladie ont notablement augmenté, atteignant 8 473 sorties, soit 15,6% des interventions, contre 13,8% en 2022. Par ailleurs, les interventions pour incendie sont également en hausse, avec 4 587 sorties (8,4% des interventions), contre 6,9% en 2022, soit une augmentation des incidents liés au feu ou une réponse accrue aux situations à risque. Les opérations diverses, avec 5 460 sorties (10,0%), restent presque stables par rapport à l’année précédente, attestant de la polyvalence des équipes de la BNSP face à des missions variées. Enfin, les activités diverses, représentant 11 597 sorties (21,3%) sont aussi restées presque constantes en poids (21,2% en 2022), illustrant le rôle élargi de la BNSP en prévention et soutien communautaire.
En ce qui concerne la durée des interventions en 2023, des variations notables sont enregistrées par rapport à 2022. La majorité des interventions ont duré moins d’une heure, bien que ce chiffre soit en baisse, passant de 34 555 en 2022 à 29 147 en 2023, ce qui représente une diminution d’environ 15,6%. Cette baisse est compensée par une augmentation des interventions de durées plus longues, notamment celles comprises entre 1 et 6 heures, qui sont passées de 16 513 en 2022 à 21 627 en 2023, soit une augmentation de 30,9%. De même, les interventions d’une durée de 6 à 12 heures ont presque doublé, passant de 1 219 en 2022 à 2 182 en 2023. Pour les interventions durant entre 12 et 24 heures, une hausse est également observée, de 351 en 2022 à 621 en 2023, soit une augmentation de 76,9%. Les interventions de plus de 24 heures restent rares mais ont également augmenté, passant de 78 en 2022 à 111 en 2023, soit une hausse de 42,3%.
Au total, la BNSP a réalisé 54 439 interventions en 2023, ce qui représente une légère augmentation de 1,8% par rapport à 2022 (52 716 interventions). Les données indiquent une tendance vers des interventions plus longues, ce qui pourrait nécessiter des ajustements en termes de gestion de ressources humaines et matérielles pour répondre efficacement à des missions d’une durée plus étendue.
Par ailleurs, en 2023, la BNSP a enregistré une hausse de 16,6% de ses interventions relatives à l’assistance aux malades par rapport à 2022, atteignant 8 473 assistances. Bien que les cas de maladies non déterminées restent les plus fréquents, leur part a légèrement diminué (de 51,4% à 44,4%). Les interventions pour troubles mentaux ont fortement baissé en pourcentage, tandis que d’autres catégories, comme les crises d’épilepsie, les autres crises et les malaises, ont augmenté de manière significative.
CHEIKH OUMAR DIAGNE APPELLE À UNE RÉFORME MONÉTAIRE PLURALISTE EN AFRIQUE
Lors de la présentation de son ouvrage "Penser la monnaie au service du panafricanisme, sortir des monnaies uniques", il a mis en avant les dimensions économiques, géostratégiques et culturelles de la monnaie.
L’ancien directeur des moyens généraux à la présidence de la République, Cheikh Oumar Diagne, a présenté son dernier ouvrage intitulé « Penser la monnaie au service du panafricanisme, sortir des monnaies uniques ». Lors de cet échange avec le public, il a mis en avant l’importance de repenser la monnaie non seulement sous son prisme économique, mais aussi dans ses dimensions géostratégiques, sociologiques, anthropologiques et politiques.
Selon lui, la monnaie est un outil incontournable pour la mise en œuvre de véritables politiques de développement en Afrique. « Il est impératif, pour assurer la cohérence des stratégies économiques envisagées, de se doter d’une monnaie qui reflète nos réalités et nos ambitions », a-t-il souligné.
Cheikh Oumar Diagne prône une approche basée sur la diversité monétaire plutôt que sur un système unique imposé. Il rappelle qu’avant la colonisation, l’Afrique disposait d’une structure monétaire plurielle, adaptée aux réalités locales, mais que cette diversité a été balayée par le colonisateur.
L’auteur s’appuie également sur des références culturelles et religieuses, notamment l’islam, pour démontrer que la pluralité monétaire est une norme historique et légitime. Il s’étonne ainsi du paradoxe qui règne dans les modèles économiques actuels : « Ceux qui prônent le libéralisme et la libre concurrence dans tous les domaines refusent d’appliquer ce principe à la monnaie », déplore-t-il.
Avec cet ouvrage, Cheikh Oumar Diagne invite les intellectuels, les chercheurs et les décideurs africains à revisiter la question monétaire et à en redéfinir les missions. Pour lui, il est temps que la monnaie retrouve son rôle fondamental dans le développement économique du continent.
PAR EL HADJI GORGUI WADE NDOYE
NOTRE SOCIÉTÉ A PEUR DE SE REGARDER DANS LE MIROIR
Nous parlons Teranga, mais avons organisé notre douce jungle ! Dans ce pays, il y a aujourd’hui peu de discours, peu de dialogues, peu de bienveillance. Dire devient impossible, nommer diabolique
El Hadji Gorgui Wade Ndoye |
Publication 15/02/2025
Rien que le mois de février 2022, le Sénégal a recensé 11 morts par suicide (Enquête Plus). L’année 2021, le pays a enregistré 100 morts par suicide. Entre juin et août 2020, il y a eu 10 morts par suicide (PressAfrik). Le Sénégal occupait le 62ème rang mondial des morts par suicide, il y a une vingtaine d’années, selon une étude du Pan African Medical Journal (Pamj), sur une période de 10 ans (janvier 1996-décembre 2005). Les Nations unies comptent 194 Etats-membres ! En 2024, l’organisation mondiale de la santé (Oms) a recensé près de 720 000 personnes qui se suicident chaque année. Le suicide est la troisième cause de mortalité chez les 15-29 ans.
L’étude démontrait qu’à Dakar, les morts par suicide restent peu fréquentes au regard de la mortalité générale. Les hommes se suicident deux fois plus que les femmes, et le suicide reste l’apanage de l’adulte jeune dont l’âge se situe entre 21 et 30 ans. «Les suicidés résident le plus souvent en zone périurbaine et ils commettent cet acte dans la majorité des cas en période de froid (pendant les mois de janvier, février et mars), plus avant midi et en soirée qu’en après-midi», soulignait l’étude. Aussi 97.2% des suicidés ont utilisé un seul moyen pour se suicider, et le suicide complexe (utilisation de plusieurs moyens) a concerné seulement un cas dans l’étude. La pendaison reste le mode le plus utilisé.
Teranga versus bête intérieure
Le Sénégal est devenu une société indifférente aux multiples drames individuels qui finissent par devenir une vraie tragédie nationale. Il y a quelques années, c’est devant le Palais présidentiel que des Sénégalais se sont immolés par le feu, puis la longue série des jeunes qui meurent sur le chemin de Barsa ou Barsakh devant l’indifférence générale, constate mon ami Adama Aly Pam sur le fil de nos discussions dans notre plateforme du Rasa. Les suicides au quotidien ne sont traités que comme faits divers, à se demander s’il y a une stratégie nationale de prise en charge des maladies psychiatriques ?
Nous parlons Teranga, mais avons organisé notre douce jungle ! Dans ce pays, il y a aujourd’hui peu de discours, peu de dialogues, peu de bienveillance. Nous nous complaisons à nous tenir les uns les autres dans ce que les uns et les autres peuvent ou pourraient dire et qui puissent nuire les uns ou les autres. L’absence de plus en plus de cours dans les maisons, participe à chauffer les esprits qui grondent dans les chambres, et dans cette intimité, souvent d’ailleurs, jaillissent les premières flammes de l’incendie qui mettra le logis en cendres !
La compassion, l’élégante solidarité, la fraternité naturelle s’en vont sous nos regards.
Préjugés, jugements, jalousie, méchanceté, l’attente qu’autrui se brûle les ailes pour dire «Niaaw»… sont devenus des marqueurs ! Beaucoup préfèrent ainsi ruminer leur mal-être, taire leur désarroi, trouver les anticorps personnels dans le huis clos de leur être pour se soigner … loin des regards ! Jusqu’à l’abîme ! La mort devient ainsi une délivrance pour le laissé-pour-compte et un festin d’ego pour les survivants… en attendant leur tour !
Les discours nimbés de sagesse sont décrétés brodés d’hypocrisie et d’esprit partisan.
Même dans les monologues de quelques esprits pourtant brillants suinte parfois une violence comme si chacun essayait de se faire peur de faire peur à autrui. Dire devient impossible, nommer diabolique !
Notre société, oui, veut le Bien mais promeut peu les volontaristes pour le Bien. Notre société actuelle est comme tétanisée de devoir dire «Waw Goor» «Waw Kumba», pourtant de magnifiques expressions, pour encourager ses semblables femmes ou hommes, inscrites dans son Adn.
De plus en plus des familles se disloquent à cause de l’héritage matériel, des gens de même sang concèdent à s’hiérarchiser selon qui a le plus de «Blé» et de «Ndombal Tank» !
Le fonctionnaire qui fait correctement son job est estampillé zélé, le Gorgorlu qui essaie de suivre les règles est traité de «naïf». Les «trois normaux» et les «bol dof» devenus rares à cause de la crise économique, ne sont plus avec les «bancs jaxle», des moments de défoulement, de confessions, de régulation, de cogitations pour trouver des solutions ou de transfert du réel si lourd parfois à porter tout seul !
On regarde les gens s’enfoncer… On les pleure à leur mort le temps d’envoyer un selfie ou la photo du gars dans le trou qui lui servira de lit éternel !
Il y a une sorte de mal qui est en nous, une bête sauvage qu’on refuse de voir !
Mais dans tout cela, il y a fort heureusement, une Noblesse d’âme, une grandeur sublime chez certains qui, malgré le brouhaha, autorisent encore de pouvoir entendre un discours, d’être dans le dialogue… d’espérer ! Il est grand temps plus que jamais de repenser notre Vivre-Ensemble, de nous Aimer, de faire Nation en commençant à l’intérieur de nos maisons, nos quartiers, nos villes, villages, nos lieux d’éducation, de formation, de travail, etc. Nous en avons le génie et le devoir de ne laisser personne errer tout seul sur des chemins sinueux ! Tenons-nous les mains les uns les autres, nous en avons le devoir et les capacités car oui nous sommes le Sénégal éternel.
Mes prières aux morts, mes pensées à nos malades, mes encouragements à celles et à ceux qui luttent. Paix et progrès dans le Sénégal et dans un monde paisible et de justice
«Ya Rabbi Ihdinaa Siraatakal Moustakhiim siraatal laziina an amta alayhim ». Amiin Amiin Amiin. «Walaa ad daalin». Amiin
El Hadji Gorgui Wade Ndoye (Egwn) est journaliste sénégalais à Genève, initiateur du Gingembre Littéraire du Sénégal sur Le Vivre Ensemble.
LE SÉNÉGAL MOBILISE 33 MILLIARDS DE FCFA SUR LE MARCHÉ FINANCIER DE L’UEMOA
Cette opération, destinée à financer le budget de l’État, a enregistré un taux de couverture de 176,60 %.
La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) du Sénégal a levé une somme de 33 milliards de FCFA ce vendredi 14 février 2025, à l’issue d’une émission simultanée d’adjudication de bons assimilables du trésor (BAT) d’une durée de 364 jours et d’obligations assimilables du trésor (OAT) sur 3 ans, rapporte le site Lejecos.
Cette opération vise à couvrir les besoins de financement du budget de l’État. Pour ce faire, le Trésor Public avait mis en adjudication un montant initial de 30 milliards de FCFA. Les offres totales reçues s’élèvent à 52,979 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 176,60%. Après sélection, 33 milliards de FCFA ont été retenus, tandis que 19,979 milliards de FCFA ont été rejetés, correspondant à un taux d’absorption de 62,29%.
Les investisseurs dont les offres ont été acceptées bénéficieront d’un rendement moyen pondéré de 7,21% pour les bons et de 7,93% pour les obligations.
Les bons émis seront remboursés le premier jour ouvré suivant leur échéance, fixée au 15 février 2026, avec des intérêts payés d’avance et précomptés sur la valeur nominale. Pour les obligations, le remboursement du capital interviendra le premier jour ouvrable après l’échéance du 17 février 2028. Le paiement des intérêts se fera annuellement à un taux de 6,30%, à partir de la fin de la première année.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana bathily
DIOMAYE FACE À LA DEMANDE DE RÉPARATIONS DE L’AFRIQUE
EXCLUSIF SENEPLUS - Les initiatives du mouvement pour les 'réparations' de 1991 à 2009 peuvent inspirer la résolution que l'UA devrait adopter pour le compte de l’Afrique-monde. Il s’agit d’une occasion historique pour le président sénégalais
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 14/02/2025
La 38ème session ordinaire de l'Assemblée de l'UA (session des chefs d'État et de gouvernement) se tiendra à Addis Abeba du 15 au 16 février. L’ordre du jour comprend le lancement officiel du thème de l'année 2025 : "Justice pour les Africains et les personnes d'ascendance africaine par le biais des réparations".
C’est une nouvelle occasion pour l’Union Africaine d’interpeller les pays européens et américains qui ont colonisé l’Afrique, l’ont exploité et ont esclavagisé ses populations pendant plusieurs siècles, se rendant ainsi coupables de crimes contre l’humanité et de génocides, de procéder à des réparations à son égard comme ils l’ont fait à l’endroit du peuple juif.
Bien que l'ordre du jour de cette session comprenne de nombreux sujets brulants, l’avancée de l'agenda 1963, le renforcement de la zone de libre-échange, l’accélération du développement économique et les guerres en RDC et au Soudan, il est impératif que la question des réparations soit discutée par les chefs d’Etat et qu’un plan d’action soit établi.
L’urgence de la question
Cette question vient en effet à son heure avec la montée du racisme contre les Africains dans le monde entier, l’adoption de politiques anti-immigration en Europe et aux Etats-Unis et la fin de l’aide au développement annoncée par le nouveau gouvernement américain de M. Trump.
Il y a en même temps la résurgence de la question et l’extraordinaire mobilisation de la communauté noire africaine-américaine et des mouvements progressistes à l’intérieur des Etats-Unis et des communautés afrodescendantes à travers le monde entier.
Dans ce contexte, l’Union Africaine doit adopter sur cette question une résolution forte, non pas au nom de ses seuls 55 Etats membres mais au nom et pour le compte de « l’Afrique-monde » (Global Africa), selon le concept du panafricaniste tanzanien Ali Mazrui, c’est-à-dire de l’Afrique continentale et de toutes ses diasporas, aussi bien celles issues de la traite négrière que celles crées par les mouvements de migrations hors du continent survenues pendant la période coloniale puis néocoloniale .
Cette résolution sera ensuite présentée aux Nations Unies à l’adresse non des seuls Etats-Unis, mais de l’ensemble des États européens. Elle devra prendre en compte la longue histoire du mouvement de réparations et la dépasser.
Une brève histoire du mouvement de la réparation pour l’esclavage, le colonialisme et le néocolonialisme
L’idée de réparations à l’endroit des Africains-Américains et autres Afrodescendants et des Etats africains pour l’esclavage, la colonisation et le néocolonialisme est en effet ancienne et instructive. Elle a été formulée aux Etats-Unis dès le lendemain de la proclamation de l’Emancipation des esclaves en 1863, avec l’engagement du gouvernement américain d’alors, jamais réalisée, de concéder à chaque famille d’esclave libre « 40 acres de terre et une mule ».
En Afrique, elle n’a été mise sur la table de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A) qu’en 1991 quand elle a fait l’objet de la « résolution 1339 », approuvée par le Conseil des ministres tenue du 27 mai au 1 juin 1991.
Puis à l’issue d’une réunion tenue à Abuja le 28 juin 1992, l’OUA a mis en place un « groupe d’éminentes personnalités » présidée par le milliardaire et homme politique nigérian chief M.K.O Abiola avec pour mission de mettre en œuvre le projet de réparations convenu.
Notons que le groupe d’éminentes personnalités comprenait l’historien nigerian J.F.Ade Ajayi, le Professeur Samir Amin, le Congresman Africain-américain Ron Dellums, le Professeur Joseph Ki-Zerbo, Graca Machel, Miriam Makeba, le Professeur Ali Mazrui, l’ancien président du Cap-Vert Aristide Perreira, Amadou Mactar Mbow, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Ghana sous Kwame Nkrumah, Alex Quaison Sackey et le diplomate jamaicain Dudley Thompson.
C’est à initiative de ce groupe que se tint la première conférence panafricaine sur les « dédommagements pour les descendant-e-s des victimes de la mise en esclavage des Africains, la colonisation et le néocolonialisme », organisée du 27 au 29 avril 1993 à Abuja au Nigeria.
La Déclaration de cette conférence indiquait que les pays qui se sont livrés à l’esclavage puis au colonialisme et au néocolonialisme avaient contracté une « dette morale » et une « dette à payer ». Elle demandait aussi le retour des « effets volés, biens culturels et autres trésors pillés ».
Elle indiquait que les réparations pouvaient prendre la forme de « transferts financiers » et d’annulations de dettes et devaient attribuer à l’Afrique une meilleure représentation dans les organes de décision des organisations internationales en particulier un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies.
Mais la « première conférence panafricaine » eut finalement peu de résultats. Et ce n’est qu’en 1999 que la demande de « réparations » de l’Afrique et des diasporas africaines pour l’esclavage, le colonialisme et le néocolonialisme fut relancée par la Conférence de la Commission Vérité (Truth Commission Conference) qui s’est réunie à Accra, avec des délégués de neuf États africains, des Etats-Unis, des Antilles et de la Grande Bretagne.
Cet argument et ce montant seront repris par Mouammar Qadhafi en sa qualité de président de l’Union Africaine le 23 septembre 2009 à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Il demande alors que la colonisation soit déclarée crime contre l’humanité.
Auparavant, la « Conférence mondiale contre le racisme » organisée par l’ONU à Durban (Afrique du Sud, 31 Aout au 7 septembre 2001), a abordé la question des « réparations » mais n’a pu adopter de résolution contraignante du fait de l’opposition de certains Etats dont le Sénégal, par la voix de son président Abdoulaye Wade. Mais la Conférence a tout de même reconnu aux peuples africains et afro descendants « le droit de réclamer des réparations ».
Reprendre le mouvement et aller plus loin
Les différentes initiatives que le mouvement en faveur des « réparations » qui ont été mises en œuvre de 1991 à 2009 sont riches d’enseignements pour fonder la résolution forte que la présente session de l’UA devrait adopter pour le compte de l’Afrique-monde.
L’Union Africaine sur la base d’une telle résolution pertinente pourrait ensuite mettre en place un nouveau « groupe d’éminentes personnalités » qui à l’image de celui de 1992 intégrerait des représentants patentés de la Diaspora africaine américaine et un plus grand nombre encore de représentants des autres diasporas notamment des Antilles « françaises » et « britanniques », d’Amérique du Sud, et de toutes les communautés Afropeans.
La mission de ce groupe sera d’organiser une seconde conférence panafricaine sur les « dédommagements pour les descendant-e-s des victimes de la mise en esclavage des Africains, la colonisation et le néocolonialisme » afin de formuler un texte pour le compte de l’Union Africaine qui l’adoptera formellement avant de le présenter aux Nations Unies.
Ce texte fera référence à la loi française du 21 mai 2001 de la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité dite loi Taubira, défendue alors par Christiane Taubira députée française de Guyane.
Le texte s’appuiera sur les conclusions et recommandations de la première conférence, sur les observations de la Truth Commission d’Accra, sur les arguments présentés par le président Mouamar Kadhafi à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies le 23 septembre 2009 ainsi que sur la reconnaissance de la « Conférence mondiale contre le racisme » de l’ONU de Durban du « droit des peuples de « réclamer des réparations ».
De même que les réparations allemandes à l’Etat d’Israël pour la Seconde Guerre mondiale ont été garanties par la communauté internationale (en fait les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale : les USA, la Grande Bretagne, l’Union Soviétique et la France), de même les Nations Unies devront garantir les réparations pour les peuples africains et afrodescendants qui auront été adoptées.
Outre la compensation morale que les réparations apporteront aux milliards d’Africains et d’Afrodescendants à travers le monde, ces réparations se traduiront sous forme d’investissements déterminants en Afrique et dans les différentes communautés africaines à travers le monde.
On voit dès lors comment les réparations pourraient impulser le développement de l’Afrique.
Mais est-il possible d’obtenir effectivement cette « réparation » ? Cela ne se fera assurément pas sans une lutte politique déterminée. Tout dépendra d’abord de la détermination des chefs d’État africains à mener le combat au niveau des Nations Unies à travers l’Union Africaine. Ils doivent se convaincre que c’est là, le seul combat qui vaille et que l’annulation de la dette et la mise en place d’un Plan Marshall pour l’Afrique ne sont que des leurres.
Ils savent en outre, au moins depuis que Donald Trump a été réélu à la présidence des Etats-Unis, que l’aide publique au développement est condamnée à très court terme.
Le rôle historique du président Bassirou Diomaye Faye
Fort du prestige que lui a conféré le combat victorieux du Pastef pour la conquête de la souveraineté du Sénégal, pour le panafricanisme et pour la restitution de la mémoire historique des Africains, Bassirou Diomaye Faye est légitime pour s’ériger en leader du combat pour la « réparation ».
Il s’agit d’une occasion historique pour lui de se signaler à l’attention de l’Afrique et du monde et de mettre à jour l’héritage des leaders historiques du panafricanisme.
L'ALERTE ROUGE DU PROF CHEIKH TIDIANE NDIAYE
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire.
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire. Et le Pr. Cheikh Tidiane Ndiaye, agrégé des Sciences économiques, Directeur du Lares, qui s'est exprimé dans les colonnes de L’Obs, n’exclut pas un risque de récession de l'Économie sénégalaise.
«Cette situation très grave qui témoigne de la gestion financière très catastrophique du régime sortant doit pousser les nouvelles autorités à définir de nouvelles modalités de contrôle des mouvements de capitaux à court terme. Une absence de contrôle de ces mouvements de capitaux à court terme est toujours source d'instabilité pour le pays. Du point de vue de la forme, il faut que les autorités évitent de faire certaines déclarations intempestives sur Ia gestion financière du pays, ce que l'on pourrait considérer en économie comme une cause circonstancielle du déclenchement d'une crise. En économie, certaines déclarations des hautes autorités pourraient déclencher une crise ou un retournement conjoncturel susceptible de faire basculer l'économie dans une profonde récession.»
Les effets néfastes
«Les effets de la publication de ce rapport vont se faire sentir sur la trajectoire de la croissance économique à travers différents canaux de transmission. D'abord, le défaut de lisibilité de la situation économique va entrainer une crise économique. La publication du rapport affectera la confiance, d'une part, des agents économiques (ménages, entreprises, etc.) et d'autre part, des bailleurs extérieurs comme le Fmi et la Banque mondiale. Ainsi, le financement extérieur de l'économie sera affecté et par voie de conséquence, la croissance, il y aura enclenchement d'une spirale négative qui se traduira par une dégringolade de la notation financière du pays ainsi que les cours des actions et des obligations.
"De tels problèmes pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
Ensuite, la dégradation de la situation macroéconomique (déficits publics élevés, déficits extérieurs, tensions sociales, etc.) provoquera la non-soutenabilité du dispositif initial. Face aux multiples contraintes sur le financement extérieur et l'inefficacité des sources internes de financement (épargne, commerce extérieur, solde budgétaire), les autorités ne pourront maintenir la dynamique économique qu'au prix d'un fort relèvement de certaines catégories d'impôts, ce qui va déboucher sur une récession. Il y a un grand risque de récession, c'est pourquoi les autorités ne devraient pas en faire une affaire publique.
Enfin, face à cette situation, le sentiment des investisseurs étrangers que le rythme d'endettement n'est pas soutenable peut les conduire à vendre massivement les bons du Trésor libellés en dollar ou en euro qu'ils avaient souscrits provoquant ainsi leur chute. De même, cette situation macroéconomique catastrophique peut entraîner des sorties de capitaux à court terme susceptibles d'être "très désastreuses pour l'économie. Les nouvelles autorités doivent désormais décourager les entrées de capitaux à court terme car de tels problèmes relatifs à la mauvaise gestion des Finances publiques pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
LA SAR MARQUE UN PAS DE GEANT
La Société Africaine de Raffinage (SAR) franchit une étape historique avec le raffinage réussi du premier pétrole brut sénégalais, le Sangomar. Cette avancée stratégique marque un tournant décisif dans le développement du secteur énergétique national...
La Société Africaine de Raffinage (SAR) franchit une étape historique avec le raffinage réussi du premier pétrole brut sénégalais, le Sangomar. Cette avancée stratégique marque un tournant décisif dans le développement du secteur énergétique national et conforte le Sénégal sur la voie de la souveraineté énergétique.
Après un processus rigoureux de traitement, les résultats obtenus confirment la qualité et la conformité du brut raffiné. Les produits dérivés, notamment le fuel et le gasoil, sont en cours de transfert vers les infrastructures de stockage dédiées. Ce succès témoigne de l’expertise technique de la SAR et de son engagement à garantir une excellence opérationnelle constante.
La SAR exprime sa profonde gratitude à l’ensemble de son personnel dont le savoir-faire et le dévouement ont été des éléments déterminants dans cette réussite. La Direction Générale adresse également ses remerciements aux plus hautes autorités du Sénégal, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers qui ont soutenu cette opération d’envergure.
Avec cette avancée majeure, la SAR se positionne comme un acteur clé du secteur pétrolier en Afrique de l’Ouest. Ce succès ouvre de nouvelles perspectives pour la diversification des activités de la société, contribuant ainsi à faire du Sénégal un hub pétro-industriel régional.
L’aboutissement de cette initiative illustre l’ambition du pays à renforcer son indépendance énergétique tout en consolidant son développement économique. À travers cet exploit, la SAR réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans sa transformation industrielle et énergétique.
LE SÉNÉGAL FACE AU RISQUE DE RÉCESSION APRÈS L’AUDIT DE LA COUR DES COMPTES
Cheikh Tidiane Ndiaye, expert en sciences économiques, alerte sur un risque imminent de récession et appelle les nouvelles autorités à revoir urgemment les mécanismes de contrôle des flux financiers pour éviter une instabilité encore plus grave.
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire. Et Cheikh Tidiane Ndiaye, agrégé des Sciences économiques, Directeur du Lares, qui s'est exprimé dans les colonnes de L’Obs, n’exclut pas un risque de récession de l'Économie sénégalaise.
«Cette situation très grave qui témoigne de la gestion financière très catastrophique du régime sortant doit pousser les nouvelles autorités à définir de nouvelles modalités de contrôle des mouvements de capitaux à court terme. Une absence de contrôle de ces mouvements de capitaux à court terme est toujours source d'instabilité pour le pays. Du point de vue de la forme, il faut que les autorités évitent de faire certaines déclarations intempestives sur Ia gestion financière du pays, ce que l'on pourrait considérer en économie comme une cause circonstancielle du déclenchement d'une crise. En économie, certaines déclarations des hautes autorités pourraient déclencher une crise ou un retournement conjoncturel susceptible de faire basculer l'économie dans une profonde récession.»
«Les effets de la publication de ce rapport vont se faire sentir sur la trajectoire de la croissance économique à travers différents canaux de transmission. D'abord, le défaut de lisibilité de la situation économique va entrainer une crise économique. La publication du rapport affectera la confiance, d'une part, des agents économiques (ménages, entreprises, etc.) et d'autre part, des bailleurs extérieurs comme le Fmi et la Banque mondiale. Ainsi, le financement extérieur de l'économie sera affecté et par voie de conséquence, la croissance, il y aura enclenchement d'une spirale négative qui se traduira par une dégringolade de la notation financière du pays ainsi que les cours des actions et des obligations.
Ensuite, la dégradation de la situation macroéconomique (déficits publics élevés, déficits extérieurs, tensions sociales, etc.) provoquera la non-soutenabilité du dispositif initial. Face aux multiples contraintes sur le financement extérieur et l'inefficacité des sources internes de financement (épargne, commerce extérieur, solde budgétaire), les autorités ne pourront maintenir la dynamique économique qu'au prix d'un fort relèvement de certaines catégories d'impôts, ce qui va déboucher sur une récession. Il y a un grand risque de récession, c'est pourquoi les autorités ne devraient pas en faire une affaire publique.
Enfin, face à cette situation, le sentiment des investisseurs étrangers que le rythme d'endettement n'est pas soutenable peut les conduire à vendre massivement les bons du Trésor libellés en dollar ou en euro qu'ils avaient souscrits provoquant ainsi leur chute. De même, cette situation macroéconomique catastrophique peut entraîner des sorties de capitaux à court terme susceptibles d'être "très désastreuses pour l'économie. Les nouvelles autorités doivent désormais décourager les entrées de capitaux à court terme car de tels problèmes relatifs à la mauvaise gestion des Finances publiques pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
TEST REUSSI POUR LA SAR
La Sar a réussi à raffiner avec «succès» le premier pétrole brut de Sangomar, marquant une étape importante dans la concrétisation de son ambition.
La Sar a réussi à raffiner avec «succès» le premier pétrole brut de Sangomar, marquant une étape importante dans la concrétisation de son ambition. Il s’agit de l’exploitation d’une cargaison de 650 mille barils traités et expédiés dans les zones de stockage de la Société africaine de raffinage et de Senstock.
Il y a quelques semaines, la Société africaine de raffinage (Sar) annonçait son ambition de raffiner tout le brut de Sangomar. Elle vient de réussir la première étape de cette ambition, comme l’a révélé la Direction générale de la structure, qui a partagé sa fierté «d’annoncer le succès du raffinage du premier pétrole brut sénégalais». «Après un traitement réussi et des résultats conformes, le transfert des produits dérivés tels que le fuel et le gasoil est actuellement en cours vers les zones de stockage dédiées. Cette avancée marque une étape-clé dans le développement de la Sar, illustrant à la fois son expertise technique et son engagement résolu en faveur de l’excellence opérationnelle», annonce la Sar.
650 MILLE BARILS RAFFINES
Elle avait déjà mis à niveau ses installations dans la perspective de l’exploitation de ces hydrocarbures. «Le savoir-faire des employés et l’excellence opérationnelle ont été déterminants dans ce succès. La Sar tient à rendre un hommage appuyé à l’ensemble du personnel, aux plus hautes autorités du Sénégal, ainsi qu’à tous ses partenaires techniques et financiers qui ont contribué à la réussite de cette opération stratégique. Ce succès renforce la position de la Sar en tant qu’actrice-clé pour l’atteinte de la souveraineté énergétique. Il ouvre également de nouvelles perspectives pour la diversification de ses activités, dans l’optique de faire du Sénégal un véritable hub pétro-industriel régional», enchaîne le communiqué du Service de la communication de la Sar.
Le Quotidien a appris qu’il s’agit d’une première cargaison de 650 mille barils qui équivalent à 90 mille tonnes de brut déjà exploités. Le stockage temporaire se fait au niveau évidemment de la Sar, et il y a ensuite une expédition vers Senstock «pour que les clients viennent chercher leurs produits» finis. Pour la Sar, l’enjeu est de voir si elle peut gagner plus que d’habitude avec le raffinage des gisements de Sangomar. Et pour les consommateurs, ce sera de savoir l’impact de cette exploitation sur les prix à la pompe, qui restent du ressort de l’Etat.