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3 avril 2025
Economie
L'ALERTE ROUGE DU PROF CHEIKH TIDIANE NDIAYE
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire.
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire. Et le Pr. Cheikh Tidiane Ndiaye, agrégé des Sciences économiques, Directeur du Lares, qui s'est exprimé dans les colonnes de L’Obs, n’exclut pas un risque de récession de l'Économie sénégalaise.
«Cette situation très grave qui témoigne de la gestion financière très catastrophique du régime sortant doit pousser les nouvelles autorités à définir de nouvelles modalités de contrôle des mouvements de capitaux à court terme. Une absence de contrôle de ces mouvements de capitaux à court terme est toujours source d'instabilité pour le pays. Du point de vue de la forme, il faut que les autorités évitent de faire certaines déclarations intempestives sur Ia gestion financière du pays, ce que l'on pourrait considérer en économie comme une cause circonstancielle du déclenchement d'une crise. En économie, certaines déclarations des hautes autorités pourraient déclencher une crise ou un retournement conjoncturel susceptible de faire basculer l'économie dans une profonde récession.»
Les effets néfastes
«Les effets de la publication de ce rapport vont se faire sentir sur la trajectoire de la croissance économique à travers différents canaux de transmission. D'abord, le défaut de lisibilité de la situation économique va entrainer une crise économique. La publication du rapport affectera la confiance, d'une part, des agents économiques (ménages, entreprises, etc.) et d'autre part, des bailleurs extérieurs comme le Fmi et la Banque mondiale. Ainsi, le financement extérieur de l'économie sera affecté et par voie de conséquence, la croissance, il y aura enclenchement d'une spirale négative qui se traduira par une dégringolade de la notation financière du pays ainsi que les cours des actions et des obligations.
"De tels problèmes pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
Ensuite, la dégradation de la situation macroéconomique (déficits publics élevés, déficits extérieurs, tensions sociales, etc.) provoquera la non-soutenabilité du dispositif initial. Face aux multiples contraintes sur le financement extérieur et l'inefficacité des sources internes de financement (épargne, commerce extérieur, solde budgétaire), les autorités ne pourront maintenir la dynamique économique qu'au prix d'un fort relèvement de certaines catégories d'impôts, ce qui va déboucher sur une récession. Il y a un grand risque de récession, c'est pourquoi les autorités ne devraient pas en faire une affaire publique.
Enfin, face à cette situation, le sentiment des investisseurs étrangers que le rythme d'endettement n'est pas soutenable peut les conduire à vendre massivement les bons du Trésor libellés en dollar ou en euro qu'ils avaient souscrits provoquant ainsi leur chute. De même, cette situation macroéconomique catastrophique peut entraîner des sorties de capitaux à court terme susceptibles d'être "très désastreuses pour l'économie. Les nouvelles autorités doivent désormais décourager les entrées de capitaux à court terme car de tels problèmes relatifs à la mauvaise gestion des Finances publiques pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
LA SAR MARQUE UN PAS DE GEANT
La Société Africaine de Raffinage (SAR) franchit une étape historique avec le raffinage réussi du premier pétrole brut sénégalais, le Sangomar. Cette avancée stratégique marque un tournant décisif dans le développement du secteur énergétique national...
La Société Africaine de Raffinage (SAR) franchit une étape historique avec le raffinage réussi du premier pétrole brut sénégalais, le Sangomar. Cette avancée stratégique marque un tournant décisif dans le développement du secteur énergétique national et conforte le Sénégal sur la voie de la souveraineté énergétique.
Après un processus rigoureux de traitement, les résultats obtenus confirment la qualité et la conformité du brut raffiné. Les produits dérivés, notamment le fuel et le gasoil, sont en cours de transfert vers les infrastructures de stockage dédiées. Ce succès témoigne de l’expertise technique de la SAR et de son engagement à garantir une excellence opérationnelle constante.
La SAR exprime sa profonde gratitude à l’ensemble de son personnel dont le savoir-faire et le dévouement ont été des éléments déterminants dans cette réussite. La Direction Générale adresse également ses remerciements aux plus hautes autorités du Sénégal, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers qui ont soutenu cette opération d’envergure.
Avec cette avancée majeure, la SAR se positionne comme un acteur clé du secteur pétrolier en Afrique de l’Ouest. Ce succès ouvre de nouvelles perspectives pour la diversification des activités de la société, contribuant ainsi à faire du Sénégal un hub pétro-industriel régional.
L’aboutissement de cette initiative illustre l’ambition du pays à renforcer son indépendance énergétique tout en consolidant son développement économique. À travers cet exploit, la SAR réaffirme son engagement à accompagner le Sénégal dans sa transformation industrielle et énergétique.
LE SÉNÉGAL FACE AU RISQUE DE RÉCESSION APRÈS L’AUDIT DE LA COUR DES COMPTES
Cheikh Tidiane Ndiaye, expert en sciences économiques, alerte sur un risque imminent de récession et appelle les nouvelles autorités à revoir urgemment les mécanismes de contrôle des flux financiers pour éviter une instabilité encore plus grave.
Après l’audit de la Cour des comptes, l’endettement du Sénégal et le déficit du pays ont été recalculés. Les deux indicateurs ont finalement flambé. Avec le débat sulfureux qui entoure le scandale, la situation fait craindre le pire. Et Cheikh Tidiane Ndiaye, agrégé des Sciences économiques, Directeur du Lares, qui s'est exprimé dans les colonnes de L’Obs, n’exclut pas un risque de récession de l'Économie sénégalaise.
«Cette situation très grave qui témoigne de la gestion financière très catastrophique du régime sortant doit pousser les nouvelles autorités à définir de nouvelles modalités de contrôle des mouvements de capitaux à court terme. Une absence de contrôle de ces mouvements de capitaux à court terme est toujours source d'instabilité pour le pays. Du point de vue de la forme, il faut que les autorités évitent de faire certaines déclarations intempestives sur Ia gestion financière du pays, ce que l'on pourrait considérer en économie comme une cause circonstancielle du déclenchement d'une crise. En économie, certaines déclarations des hautes autorités pourraient déclencher une crise ou un retournement conjoncturel susceptible de faire basculer l'économie dans une profonde récession.»
«Les effets de la publication de ce rapport vont se faire sentir sur la trajectoire de la croissance économique à travers différents canaux de transmission. D'abord, le défaut de lisibilité de la situation économique va entrainer une crise économique. La publication du rapport affectera la confiance, d'une part, des agents économiques (ménages, entreprises, etc.) et d'autre part, des bailleurs extérieurs comme le Fmi et la Banque mondiale. Ainsi, le financement extérieur de l'économie sera affecté et par voie de conséquence, la croissance, il y aura enclenchement d'une spirale négative qui se traduira par une dégringolade de la notation financière du pays ainsi que les cours des actions et des obligations.
Ensuite, la dégradation de la situation macroéconomique (déficits publics élevés, déficits extérieurs, tensions sociales, etc.) provoquera la non-soutenabilité du dispositif initial. Face aux multiples contraintes sur le financement extérieur et l'inefficacité des sources internes de financement (épargne, commerce extérieur, solde budgétaire), les autorités ne pourront maintenir la dynamique économique qu'au prix d'un fort relèvement de certaines catégories d'impôts, ce qui va déboucher sur une récession. Il y a un grand risque de récession, c'est pourquoi les autorités ne devraient pas en faire une affaire publique.
Enfin, face à cette situation, le sentiment des investisseurs étrangers que le rythme d'endettement n'est pas soutenable peut les conduire à vendre massivement les bons du Trésor libellés en dollar ou en euro qu'ils avaient souscrits provoquant ainsi leur chute. De même, cette situation macroéconomique catastrophique peut entraîner des sorties de capitaux à court terme susceptibles d'être "très désastreuses pour l'économie. Les nouvelles autorités doivent désormais décourager les entrées de capitaux à court terme car de tels problèmes relatifs à la mauvaise gestion des Finances publiques pourraient occasionner les sorties brutales de capitaux.»
TEST REUSSI POUR LA SAR
La Sar a réussi à raffiner avec «succès» le premier pétrole brut de Sangomar, marquant une étape importante dans la concrétisation de son ambition.
La Sar a réussi à raffiner avec «succès» le premier pétrole brut de Sangomar, marquant une étape importante dans la concrétisation de son ambition. Il s’agit de l’exploitation d’une cargaison de 650 mille barils traités et expédiés dans les zones de stockage de la Société africaine de raffinage et de Senstock.
Il y a quelques semaines, la Société africaine de raffinage (Sar) annonçait son ambition de raffiner tout le brut de Sangomar. Elle vient de réussir la première étape de cette ambition, comme l’a révélé la Direction générale de la structure, qui a partagé sa fierté «d’annoncer le succès du raffinage du premier pétrole brut sénégalais». «Après un traitement réussi et des résultats conformes, le transfert des produits dérivés tels que le fuel et le gasoil est actuellement en cours vers les zones de stockage dédiées. Cette avancée marque une étape-clé dans le développement de la Sar, illustrant à la fois son expertise technique et son engagement résolu en faveur de l’excellence opérationnelle», annonce la Sar.
650 MILLE BARILS RAFFINES
Elle avait déjà mis à niveau ses installations dans la perspective de l’exploitation de ces hydrocarbures. «Le savoir-faire des employés et l’excellence opérationnelle ont été déterminants dans ce succès. La Sar tient à rendre un hommage appuyé à l’ensemble du personnel, aux plus hautes autorités du Sénégal, ainsi qu’à tous ses partenaires techniques et financiers qui ont contribué à la réussite de cette opération stratégique. Ce succès renforce la position de la Sar en tant qu’actrice-clé pour l’atteinte de la souveraineté énergétique. Il ouvre également de nouvelles perspectives pour la diversification de ses activités, dans l’optique de faire du Sénégal un véritable hub pétro-industriel régional», enchaîne le communiqué du Service de la communication de la Sar.
Le Quotidien a appris qu’il s’agit d’une première cargaison de 650 mille barils qui équivalent à 90 mille tonnes de brut déjà exploités. Le stockage temporaire se fait au niveau évidemment de la Sar, et il y a ensuite une expédition vers Senstock «pour que les clients viennent chercher leurs produits» finis. Pour la Sar, l’enjeu est de voir si elle peut gagner plus que d’habitude avec le raffinage des gisements de Sangomar. Et pour les consommateurs, ce sera de savoir l’impact de cette exploitation sur les prix à la pompe, qui restent du ressort de l’Etat.
PAR Thierno Alassane Sall
AVEC LES MISES EN ACCUSATION SÉLECTIVES, ON EST MAL PARTIS
À quoi sert la Cour des comptes, au budget conséquent et aux pouvoirs importants, si ce n’est pour n’agir de manière sérieuse que sur commande ? Le Sénégal dispose-t-il de contrôleurs vraiment autonomes ?
Le rapport de la Cour des comptes sur l’état des finances publiques conforte ceux qui, comme nous, à la République des Valeurs, avons régulièrement exprimé, de manière insistante, des réserves motivées, tant par des articles de presse qu’à travers des déclarations à l’Assemblée nationale ou en d’autres instances, sur la sincérité des informations livrées par le gouvernement.
Il apparaît au grand jour que notre administration fonctionne presque comme celle du Zaïre sous Mobutu ou de la République Centrafricaine sous Bokassa.
Si ce carnage, érigé en finalité de la gouvernance, a pu prospérer, c’est bien parce que les règles les plus élémentaires applicables aux finances publiques ont été allègrement violées par plusieurs échelons censés assurer les contrôles a priori. Les responsabilités doivent être situées à tous les niveaux, tant publics (directions et services concernés des finances et du budget) que privés (banques), et les sanctions les plus élevées appliquées.
Il reste que ce rapport suscite une incrédulité chez nombre de citoyens, car la Cour des comptes a, de manière régulière, donné le quitus au gouvernement : la dernière fois en date concerne l’exercice 2022. Le projet de loi de règlement 2023 avait même été inscrit à l’ordre du jour de la dernière session extraordinaire de la 14e législature, avant d’être retiré in extremis, pour des raisons encore plus évidentes aujourd’hui.
La question qui se pose est de savoir à quoi sert la Cour des comptes, au budget conséquent et aux pouvoirs importants, si ce n’est pour n’agir de manière sérieuse que sur commande ? Existe-t-il donc, dans ce pays où les risques liés au dérapage des finances publiques sont élevés, comme en de nombreux pays d’Afrique, des instances de contrôle a posteriori vraiment indépendantes ?
Cette question se pose également pour l’Assemblée nationale, qui a voté à l’aveugle les lois de règlement, sans jamais se donner les moyens de soulever le couvercle de la marmite gouvernementale, qui exhalait déjà des odeurs sulfureuses. Il est temps, comme je l’ai demandé il y a quelques jours à l’Assemblée nationale, que cette institution se réinvente et s’approprie la plénitude de ses missions constitutionnelles.
Autrement, ce rapport n’aura servi que de faire-valoir à une commande du nouvel exécutif, qui, naturellement, n’acceptera pas de faire preuve de la même transparence lorsque le temps viendra de solder ses propres comptes. Déjà que, pour la gestion du régime passé, un tri sélectif des dossiers se déroule sous nos yeux. Des personnalités ayant accepté de se rallier au nouveau régime bénéficient d’une coupable clémence, alors même que des rapports de corps de contrôle les incriminent.
Tant que tous les présumés fautifs ne seront pas traités avec le même battage médiatique et la même rigueur judiciaire, la justice n’aura pas été exercée. L’histoire des deux premières alternances nous apprend en effet que la traque des biens mal acquis s’est souvent soldée par des règlements de comptes à grand fracas, sans que les deniers réputés détournés n’aient été recouvrés.
Cette fois également, avec les mises en accusation sélectives, on est mal partis.
par Abdoul Aziz Diop
DES ORIGINES DE L’IDENTITÉ TRANSGRESSIVE ET DE SES ÉRUPTIONS
Sorti de son dilemme, la Cour des comptes a-t-il fait sortir le citoyen lambda du sien depuis cinq mois au moins ? Seuls les vrais patriotes, loin des jeux politiques, oseront dire : « Place aux besoins du peuple, non à la vengeance politique ! »
Depuis le 2 avril 2024, il ne se passe rien dans les allées du pouvoir et au sommet de l’État qui devrait surprendre ou estomaquer les justiciables que nous sommes tous. Deux dates, pas plus, suffisent à nous rappeler qu’ayant fait semblant de n’avoir rien vu et entendu, nous serions plus honnêtes avec nous-mêmes en trouvant « normal » aujourd’hui ce que nous considérions comme « normal » en août 2016 et mars 2021 pour n’avoir été qu’un petit nombre à nous indigner par la parole et l’écrit.
Le 29 août 2016, le « décret portant révocation sans suspension des droits à pension d'un fonctionnaire » stipule en son article premier que « Monsieur Ousmane Sonko, Inspecteur des Impôts et des Domaines principal de 2e classe 2e échelon (…) est révoqué sans suspension des droits à pension pour manquement à l'obligation de discrétion professionnelle prévue à l'article 14 de la loi n°61-33 du 15 juin 1961 ». L’alinéa 1 dudit article est on ne peut plus claire puisqu’« indépendamment des règles instituées dans le Code pénal en matière de secret professionnel, tout fonctionnaire est lié par l’obligation de discrétion professionnelle pour tout ce qui concerne les documents, les faits et informations dont il a connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ».
À son actif et à sa décharge, le législateur fait interpréter la disposition explicite par différents codes dont le Code général des Impôts et des Domaines auquel le fonctionnaire révoqué était tenu de se conformer dans l’exercice de ses fonctions. Que dit le Code ? En son alinéa 1 l’article 601 du Code général des Impôts et Domaines fait savoir expressément que « sous réserve de l’obligation qui leur est imposée par le Code de procédure pénale, les agents des Impôts et des Domaines intervenant dans l’assiette, la liquidation, le contrôle ou le recouvrement des impôts, droits, taxes et redevances, sont tenus, dans les termes de l’article 363 du Code Pénal, de garder secrets les renseignements de quelque nature qu’ils soient, recueillis dans l’exercice de leur fonction ».
Ce n’est que « lorsqu’une plainte régulière a été portée par l’Administration contre un assujetti et qu’une information a été ouverte, [que] les agents des Impôts et Domaines sont déliés du secret professionnel, vis-à-vis du juge d’instruction qui les interroge sur les faits faisant l’objet de la plainte ». À supposer que le révoqué ne s’était pas imprégné de tout ce qui est dit plus haut, Ousmane Sonko aggrave son cas à la parution de son livre intitulé « Solutions : Pour un Sénégal nouveau » (Compte d’auteur, 2018) dans lequel (Chapitre II), il dit accueillir sa « radiation » avec « soulagement car, écrit-il, j’avais moi-même entrepris le projet de sortir de l’Administration qui, après quinze ans (…) devenait une contrainte pesante pour mes activités politiques, du fait du corset de sujétions ». Celui qui aurait dû démissionner, préféra une première opération transgressive grâce à laquelle il accéléra son ascension dans un contexte où le calme plat céda la place à la surenchère politique correspondant, en quelque sorte, à une demande d’agitation démocratique par l’opinion à quelques mois de l’élection présidentielle de février 2019.
La suite, bien connue, se passa de commentaire jusqu’à la survenue, le 2 mars 2020, du premier cas de Coronavirus au Sénégal. Le pays venait de rentrer dans le tourbillon de la pandémie de Covid-19. L'état d'urgence assorti d'un couvre-feu nocturne de 21H00 à 05H00 est instauré le 5 janvier 2021 pour les régions de Dakar et Thiès où se concentre la grande majorité des contaminations. La mesure est reconduite pour un mois le 20 janvier. Le samedi, 20 février 2021, le gouvernement du Sénégal annonce une prolongation pour un mois du couvre- feu nocturne. En clair, cela veut simplement dire qu’à compter du 20 février 2021, et ce jusqu’au 20 mars 2021, interdiction est faite aux populations des régions de Dakar et de Thiès de circuler de 21H00 à 05H00. En droit facile, le but de la mesure avait été de permettre aux Forces de défense et de sécurité (FDS) de protéger les populations de la grave crise sanitaire à laquelle faisait face le monde entier. C’est le moment choisi par Ousmane Sonko pour sortir nuitamment de chez lui, violant le couvre-feu et attestant par là même du second acte transgressif d’où découlent les déferlements de violences sans précédent de mars 2021 et de juin 2023.
À deux reprises, la violation de la loi égale pour tous dévoile l’identité transgressive d’un opposant politique encore loin du contrôle du pouvoir. Celui-ci lui tomba entre ses mains en avril 2024 puis, en guise de renfort politique, en novembre 2024 quand furent connues les tendances lourdes du scrutin législatif anticipé du 17 novembre 2024.
Pour obtenir la majorité écrasante dont il ne se sert depuis le début de la quinzième législature que pour lever l’immunité parlementaire des députés de l’opposition, Ousmane Sonko démarre prématurément sa campagne électorale par un point de presse pour informer l’opinion nationale et internationale des dérives et errements financiers dont les gouvernements de l’ancien président Macky Sall sont déclarés coupables par le Premier ministre, le même homme. Énième transgression de la loi qui fait que « la responsabilité de la Cour des Comptes est de réaliser l’audit du rapport sur la situation des finances publiques produit par le gouvernement, conformément au Code de Transparence dans la Gestion des Finances publiques et à la loi organique n°2012-23 du 27 décembre 2012 sur la Cour des Comptes ».
Mais jamais auparavant, la Cour des comptes n’a fait face au dilemme cornélien, l’obligeant à choisir entre le gouvernement en validant son rapport et le Premier ministre Ousmane Sonko dont les chiffres sur le déficit public, l’encours de la dette (principal augmenté des intérêts) et la disposition des ressources publiques en général par l’État faussaire du Sénégal ont déjà fait le tour du Sénégal, des zones UEMOA et CEDEAO, du reste de l’Afrique et du monde, rendant notre pays intérieurement, bilatéralement et multilatéralement infréquentable à la suite d’une cascade de dégradations sans précédent. Résultat des courses : le 12 février 2024, la Cour des comptes fait buzz, et pour longtemps encore, en démultipliant dont son rapport d’audit les griefs faits à notre administration faussaire par le nouveau chef même de ladite administration. Sorti de son dilemme, la Cour des comptes a-t-il fait sortir le citoyen lambda du sien depuis cinq mois au moins ? Pas du tout à l’analyse !
Le grand dilemme citoyen
Lorsque le rapport d’audit de la Cour des comptes nous est tombé entre les mains, nous avons parcouru les pages qui feront encore faux et mauvais débat jusqu’à la fin du mois de février 2025 au moins, en consultant la table des matières. Stupéfié par ce que nous avons lu, nous en faisons l’économie en cinq images dont celle de la page de garde dans un post publié sur notre page LinkedIn et intitulé : « La Cour des comptes a parlé : la messe et la prêche sont dites. » Déception au bout de 19 heures : pas plus de 1344 impressions, attestant du faible intérêt pour le post.
Constatant l’absence des signatures du président de la Chambre des Affaires budgétaires et financières de la Cour et du Greffier à la fin du rapport de la haute juridiction, nous en faisons état dans un deuxième post publié sur le même réseau professionnel LinkedIn. Explosion : plus de 18319 impressions au bout de 19 heures comme pour dire à qui veut l’entendre que dans cette affaire Ousmane Sonko, suspecté de mensonge d’État et considéré comme structurellement incompétent, ne peut en aucun cas avoir gain de cause. N’en déplaise à la très consciencieuse, la très compétente et la très respectable Cour des comptes.
Frappé de stupeur, l’enseignant, homme politique exceptionnel et ancien député Samba Diouldé Thiam écrit, dans un court article publié dans les colonnes de Le Public Quotidien, daté du 13 février 2025, que « la Cour a rendu une copie conforme. J'avais déjà exprimé les hypothèses qui attendaient cette Très Honorable Dame (TDH) prieuse et veilleuse sur l'usage des ressources publiques : contredire Sonko qui n'avait aucune qualité politique légale pour rendre public l'état de nos finances ou le [conforter] ». La sentence de notre magnifique aîné dans la vie et en politique, Samba Diouldé Thiam - cet homme bien - se passe de commentaire : « On ne vous en veut pas, simplement notre pays continue d'avoir très mal, la haine du vaincu vaut bien la peine que l'on punisse le Sénégal, en dégradant sa belle gueule d'exception sénégalaise. » Titre explicite de l’article : « La Cour des Comptes a produit un document commandité publiquement par le Premier ministre et maître du destin des sénégalais(es). »
« Maître du destin des sénégalais(es) » ! Pas autant que cela à notre grand soulagement. C’est que la croissance exponentielle (voir courbe en illustration d’article) des impressions, dans un post demandant à la Cour des comptes de faire signer son rapport d’audit en ligne sur son site par son président de chambre mandaté et son greffier, en dit long sur le ras-le-bol prématuré d’une opinion désabusée.
Des origines d’une identité transgressive aux instants du grand désaveu populaire de la transgression permanente, bien malins sont celles et ceux, mus par le seul amour du Sénégal, loin des tracas et combines politiciennes, qui sauront se faire entendre en disant simplement : « Stop, c’est le temps du Sénégal qui a faim et soif et non de la justice des vainqueurs ! »
LES JEUNES FACE A LEUR PRINCIPALE BARRIERE
Le manque d’informations fiables sur les opportunités de formations et d’emplois, c’est le point largement abordé à l’occasion du premier sommet des acteurs du changement sur l’éducation, la formation et l’employabilité des jeunes
Le manque d’informations fiables sur les opportunités de formations et d’emplois, c’est le point largement abordé à l’occasion du premier sommet des acteurs du changement sur l’éducation, la formation et l’employabilité des jeunes qui s’est ouvert du 12 au 13 février à Dakar, autour du thème : «Co-créer des solutions innovantes, systémiques et durables dans les domaines de l’éducation, la formation et l’employabilité des jeunes en Afrique de l’Ouest »
Malgré les efforts consentis par le gouvernement, la question de la formation et de l’employabilité des jeunes reste toujours une épine plantée dans le pied des autorités de l’Etat. Selon Tchanlandjou Kpare, directeur régional de Ashoka Sahel qui cite un rapport de l'Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), environ 60% des jeunes sénégalais âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi, et un grand nombre d'entre eux souffrent d'un manque d'informations fiables sur les offres d'emploi et de formation.
Le directeur régional de Ashoka Sahel, s’appuyant sur une étude menée par le Bureau International du Travail (BIT), rapporte seulement 30% des jeunes affirment avoir accès à des informations fiables sur ces opportunités. Un défi particulièrement aigu, dit-il, dans nos zones rurales où l'accès à l'information reste largement limité.
Ce défi de l'accès à l'information, selon M. Tchanlandjou Kpare, doit nous amener à repenser l'approche éducative. A son avis, l'éducation ne peut plus se limiter à la simple transmission de savoirs académiques.
Rappelant un vœu du ministre de l’éducation nationale, Moustapha Guirassy qui, lors d’une sortie publique, a souligné la nécessité d'une réforme profonde du système éducatif sénégalais, afin de mieux l'adapter aux exigences d'un monde en constante évolution, M. Kpare indique que cette réforme doit concerner la révision des programmes scolaires, la modernisation des infrastructures et, surtout, une meilleure intégration des technologies de l'information et de la communication pour préparer nos jeunes aux défis du marché du travail.
Dans ce sillage, Mme Aminata Diena Ndiaye, conseillère technique au ministère de l’Education nationale a souligné l’importance de toujours poserla solution, de réfléchir, de s'écouter, de parler et d'approfondir pour trouver des solutions durables.
Par ailleurs, l'école étant un espace de socialisation, Mme Diena Ndiaye appelle à transmettre des valeurs qui puissent permettre de rester debout et d'être résilients. Il faut rappeler que ce forum est le fruit d'un processus collaboratif impliquant Ashoka et plus d'une vingtaine d'organisations engagées dans des initiatives locales, régionales et internationales.
DIX IMMEUBLES CEDES A 198 MILLIARDS DE FCFA
Parmi eux, figurent l’Ancien Palais de Justice (Cap Manuel), le Building Administratif, ainsi que l’Immeuble du Ministère des Finances et du Budget (Place Washington), entre autres.
Dix bâtiments emblématiques de la capitale sénégalaise ont été cédés à la Société de Gestion du Patrimoine immobilier de l’État (SOGEPA) pour une valeur globale de 198,09 milliards de FCFA. Parmi eux, figurent l’Ancien Palais de Justice (Cap Manuel), le Building Administratif, ainsi que l’Immeuble du Ministère des Finances et du Budget (Place Washington), entre autres.
Le rapport définitif d’audit sur la situation des finances publiques couvrant les gestions de 2019 au 31 mars 2024, publié par la Cour des comptes, met en lumière un modus operandi pour le moins controversé. Dans le cadre d’une stratégie de mobilisation de ressources financières, l’État du Sénégal a procédé à la cession de plusieurs immeubles situés principalement dans le quartier du Plateau à Dakar. Ces transactions, réalisées au profit de la SOGEPA, s’inscrivent dans un dispositif financier « innovant » visant à optimiser l’exploitation du patrimoine immobilier public. Les biens cédés comprennent des bâtiments emblématiques de la capitale sénégalaise, notamment : l’Ancien Palais de Justice (Cap Manuel), d’une superficie de 37 941 m², vendu pour 59,27 milliards de FCFA ; le Building Administratif, situé en face du Palais Présidentiel, couvrant 10 842 m², cédé pour 72,1 milliards de FCFA ; l’Immeuble du Ministère des Finances et du Budget (Place Washington), acquis pour 15,4 milliards de FCFA ; l’Immeuble Rose, situé sur l’avenue Cheikh Anta Diop, d’une superficie de 13 954 m², vendu pour 12,3 milliards de FCFA.
Au total, dix immeubles ont été cédés, représentant une valeur globale de 198,09 milliards de FCFA. Cette opération repose sur un fonds commun de titrisation, un mécanisme financier permettant de mobiliser des capitaux en émettant des titres adossés aux revenus générés par ces actifs.
Concrètement, après la cession des immeubles à la SOGEPA, ces derniers sont mis en location à l’État, qui verse des loyers servant de rendement aux investisseurs. À l’issue de la période de maturité prévue, l’État rachète ces biens, assurant ainsi le remboursement intégral du capital engagé parles investisseurs. Cette initiative s’inscrivait dans une logique de gestion plus dynamique du patrimoine immobilier public. Plutôt que de conserver ces actifs de manière passive, l’État les utilisait comme leviers financiers pour mobiliser des ressources, tout en conservant la possibilité de les récupérer à terme.
Toutefois, cette stratégie soulève des interrogations quant à son impact sur les finances publiques, notamment en ce qui concerne le coût des loyers payés par l’État et les modalités du rachat futur des biens.
Avec cette opération d’envergure, le Sénégal explorait de nouvelles voies de financement, tout en veillant à préserver son patrimoine immobilier stratégique. Reste à voir si ce modèle s’avére avantageux sur le long terme pour les finances publiques et l’optimisation des ressources de l’État.
Pourrappel, la Société nationale de Gestion et d’Exploitation du Patrimoine bâti (SOGEPA) est créée parloi n°2021-36 du 22 novembre 2021. Elle a procédé le 21 avril 2022 à la mobilisation d’un emprunt obligataire sous forme de Sukuk d’un montant de 330 milliards de F CFA. Pour réaliser cette opération, l’Etat a procédé à la vente de certains de ses immeubles bâtis à la SOGEPA, par décret n°2022-163 du 03 février 2022 portant cession à titre onéreux au profit de la Société, dans le cadre du développement du Sukuk, de divers immeubles bâtis appartenant à l’Etat. Il convient de rappeler que l’article 4 de la loi n°2021- 36 du 22 novembre 2021 autorisant la création de la SOGEPA, permet le transfert par l’Etat à la SOGEPA, par cession à titre gratuit ou onéreux, ou partout autre mode, des droits et immeubles nécessaires à la réalisation de son objet social. Les biens dont la liste figure au tableau, ci-après, sont vendus pour une valeur de 198 092 000 000 F CFA sur la base d’un rapport d’évaluation et après avis favorable de la Commission de Contrôle des Opérations domaniales (CCOD), après consultation à domicile.
L’ETAT ANNONCE DES REFORMES STRUCTURELLES ET AMBITIEUSES
Le ministre des finances estime que ce rapport marque un tournant décisif. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple exercice de constatations mais le début d’une transformation profonde et irréversible de la gouvernance financière
Suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques au titre des gestions de 2019 au 31 mars 2024 qui a révélé des irrégularités dans la gestion des comptes publics, le gouvernement s’engage à mener des réformes structurelles et ambitieuses pour renverser la tendance. L’annonce a été faite hier, jeudi 13 février, par le ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, lors d’une conférence de presse.
«Il faut retenir que ce rapport est une photographie fidèle de la situation financière du pays. Il confirme et valide les constats établis par l’inspection générale des finances et met en lumière des insuffisances. Qu’il est désormais impératif de corriger avec rigueur et détermination ». Ces propos sont du ministre des Finances et du budget Cheikh Diba qui s’exprimait hier, jeudi 13 février, lors de la conférence de presse du gouvernement suite à la publication du rapport d’audit de la Cour des comptes sur les finances publiques. Ainsi, il annonce que le gouvernement s’engage à mettre en œuvre des réformes structurelles et ambitieuses pour garantir la soutenabilité budgétaire et la prospérité de notre nation.
« Le déficit budgétaire moyen annuel de 11,1% enregistré sur la période 2019-2023 et le niveau d’endettement atteignant 99,67% du Pib en décembre 2023 illustrent la gravité des déséquilibres financiers accumulés ces derniers années. Face à ces défis majeurs, nous n’avons qu’une seule voie : c’est d’agir vite avec responsabilité et méthode », indique-t-il. L’argentier de l’Etat informe que le gouvernement a déjà engagé une réforme en profondeur de la gestion budgétaire et de la dette publique avec un objectif très clair qui est d’assurer la viabilité des finances publiques tout en préservant notre souveraineté économique.
« Ces réformes s’articulent autour de 3 axes majeurs. Premièrement, le renforcement du contrôle budgétaire et de la gestion des investissements publics. Deuxièmement, la modernisation et la digitalisation de la gestion des finances publiques. Et troisièmement, les réformes structurelles visant à une réorganisation des services impliqués dans la gestion de la dette », a-t-il fait part.
Il ajoute que ces réformes structurelles seront traduites comme suit et mises en œuvre de manière séquencée.
« Premièrement, il faudra améliorer la qualité comptable et de l’information financière à travers la mise en place d’un système d’information intégré de gestion des finances publiques garantissant un meilleur contrôle des dépenses et des financements. Cette modernisation permettra d’améliorer la qualité et la fiabilité des données financières, de faciliter leur accessibilité et d’assurer la sincérité des comptes publics, un contrôle plus stricte des projets financés sur ressources extérieures avec la désignation d’un agent comptable chargé du suivi comptable des projets financés à cet effet », a-t-il laissé entendre. Selon lui, cette mesure vise à assurer un contrôle rigoureux et une meilleure gestion des engagements financiers du pays. Il faudra aussi, dit-t-il, veiller à la réorganisation du réseau comptable afin d’accélérer la centralisation des données, d’améliorer leur fiabilité et d’optimiser la gestion de la trésorerie de l’Etat. Il ajoute que l’intégration de supports indispensables facilitera la fluidité des opérations comptables et garantira une meilleure traçabilité des flux financiers. Le ministre indique le deuxième axe porte sur la réforme de la dette publique et elle s’opérera à travers le retour à l’orthodoxie en matière de gestion de la dette par une centralisation des fonds de négociations, d’utilisation et de gestion de la dette publique.
« Cette centralisation permettra de surmonter les difficultés liées à la dispersion des compétences dans l’administration de la dette publique. Cette réforme devra garantir une meilleure coordination de l’information financière et une gestion efficiente des ressources publiques. Elle passera parla création d’un service unique au sein de l’Etat compétent pour la gestion des emprunts et des garanties associées. Ce qui assurera ainsi une approche plus transparente et harmonisée de la politique d’endettement », a-t-il expliqué.
Enfin le troisième axe porte sur le renforcement de l’efficacité et de la transparence des finances publiques. Selon Cheikh Diba, il s’opérera à travers le renforcement du dispositif de collecte et de fiabilisation des institutions sur les finances publiques, l’instauration d’une déclaration de responsabilité personnelle de tous les agents impliqués dans la production de l’information financière.
« CHAQUE FRANC DEPENSE VA DESORMAIS ETRE JUSTIFIE »
Le Ministre des finances et du budget estime, par ailleurs, que ce rapport marque un tournant décisif. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple exercice de constatations mais le début d’une transformation profonde et irréversible de la gouvernance financière au Sénégal.
« Notre responsabilité est de faire mieux pour aujourd’hui et pour les générations futures. Nous devons rétablir la confiance, renforcer la souveraineté financière et garantir une gestion publique exemplaire. Chaque franc dépensé va désormais être justifié. Chaque engagement budgétaire doit être optimisé et chaque réforme doit être appliquée avec la plus grande rigueur. Nous devons cette rigueur aux Sénégalais, cette transparence à nos partenaires et cette exemplarité à l’histoire. C’est avec détermination que nous relèverons ce défi », rassure-t-il.
ABDOURAHMANE SARR DÉVOILE LA STRATÉGIE DU GOUVERNEMENT POUR RÉDUIRE LA DETTE
Lors de la Conférence de presse du gouvernement, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération a détaillé les mesures envisagées pour ramener la dette du Sénégal à 70 % du PIB d’ici 2029-2035.
Lors de la Conférence de presse du gouvernement ce jeudi 13 férié, Abdourahmane Sarr a pris la parole. Le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération a parlé de l’impact économique du rapport de la Cour des Comptes, ainsi que les leviers qui seront actionnés pour permettre au Sénégal de se sortir de cette situation.
Abdourahmane Sarr a d’abord insisté sur l’ampleur des déficits et des dettes accumulés par le Sénégal entre 2019 et 2024. Il révèle ainsi que la dette accumulée était à 99,7% du PIB en fin 2023. Cela s’explique par le fait que « Beaucoup de dépenses ont été engagées en dehors des circuits budgétaires normaux, sans autorisation parlementaire. Ceci a été rendu facile par des pratiques budgétaires qui consistaient d’une part à effectuer des transferts budgétaires dans des comptes de dépôt de l’Etat afin de pouvoir effectuer des dépenses supplémentaires non autorisées et pouvoir assurer le service de la dette cachée contractée sans autorisation parlementaire ». Et d’ajouter que certaines de ces dettes venaient du secteur bancaire local, du décaissement sur des projets financiers, sur des ressources extérieures car l’argent était disponible via des partenaires afin de donner un caractère légal à ces pratiques. « Les autorités sortantes donnaient des lettres de confort ou des lettres de couverture budgétaire afin que les travaux en question non prévus par les lois de finances votées puissent se faire », poursuit le ministre.
Abdourahmane Sarr continue en insistant sur les déficits élevés du dernier régime. Néanmoins, il assure que le régime de Bassirou Diomaye Faye s’attellera à réduire le déficit du Sénégal. celui-ci, projeté à 7,1% du PIB pour 2025, « sera ramené à 3% du PIB dans un horizon raisonnable de sorte à réduire également la dette à 70% du PIB comme demandé par les critères de convergence dans un horizon raisonnable. Les projets qui seront inclus dorénavant dans le budget seront strictement alignés à la vision 2050, compatible avec les lois de finances ». Concernant la taille de la dette, il l’explique par le fait que les membres du régime sortant avaient tendance à facturer des travaux déjà effectués, ou en cours mais qui avaient été déjà payés.
Objectif : ramener la dette à 70% du PIB
Concernant la projection, Abdourahmane Sarr assure que l’objectif du gouvernement d’Ousmane Sonko est de ramener la dette à 70% du PIB à l’horizon 2029-2035. Pour y arriver, le ministre de l’Économie du Plan et de la Coopération sait comment faire. « Je voudrais dire que cette trajectoire est crédible car le déficit est déjà presque à ce niveau. Ensuite, la croissance sera forte avec une croissance en moyenne de 6,5%. Elle est déjà au-delà grâce à la production de pétrole et de gaz qui vient de démarrer, confortant la trajectoire de réduction de la dette sur la période 2025-2029 à venir ».
Rappelant que la dernière analyse conjointe afin de viabiliser la dette du Sénégal, réalisée en 2023 par la FMI et la Banque mondiale en 2023, avait maintenu le Sénégal en risque de surendettement modéré, Abdourahmane Sarr rassure : la dette du Sénégal, malgré la hausse du ratio d’endettement, est toujours soutenable. Il y aura donc un ajustement budgétaire pour aider à la stabilisation de cette dette. « La nouvelle stratégie d’endettement que nous avons élaborée devrait aider à réduire considérablement l’exposition du portefeuille d’endettement de la dette en devises et à améliorer la viabilité de cette même dette. Nous allons attirer les non-résidents sur notre marché en monnaie locale afin d’approfondir notre marché en collaboration avec la Banque centrale dans un environnement de stabilité macroéconomique ».
Par ailleurs, le Comité national de la dette sera mis à contribution. M. Sarr annonce également que « le front-office de la gestion de la dette sera unifié avec un back-office dans une seule entité. Le ministère de l’économie du plan et de la coopération s’occupera de ce qui est communément appelé middle-office qui élabore la stratégie d’endettement en ligne avec le cadre macroéconomique et la viabilité de la dette et mettra tous les projets proposés au budget. De ce fait les manuels de procédure que nous avons déjà et qui sont en ligne avec les standards internationaux, seront donc totalement exécutés. La direction générale de la comptabilité et du Trésor, compte tenu, de ses aptitudes spécifiques liées notamment à ses interactions avec les marchés et ses prérogatives en matière de comptabilité de la dette, devrait assurer aisément l’exécution des activités propres au fond du pack office ».
Le ministre de l’Economie tient également à préciser que la procédure de redressement de l’endettement sera fait en conformité avec le cadrage macroéconomique de la Banque centrale. Cette dernière sera consultée par les différentes fonctions de gestion de la dette.
Enfin, M. Sarr annonce que les ministres vont finaliser leur lettre de politique sectorielle d’ici la fin du mois de février, conformément au processus de sélection des priorités enclenché par le Premier ministre Ousmane Sonko.